C'est vrai qu'on a pas souvent entendu parler de Tobias Magg, Venin du Basilik ! C'était le préfet de Poufsouffle, homologue de Kathie. C'est aussi le frère de Betty dont s'est occupé Crystall tout au début du tome 1. Elle ne l'aime pas des masses X) Il aura son utilité avant la fin du tome 2 !
Hello Maluna ! T'inquiète : Crystall prend ses précautions. Avoir des gamins est une idée qui la terrifie suffisamment pour qu'elle ne loupe jamais sa contraception (c'est utile d'être un Maître des Potions) XD
En même temps, Tobias a disparu de la circulation pendant presque 50 chapitres (quelle idée d'aller étudier en Amérique aussi !) alors c'est normal de l'oublier un peu !
Bonne lecture !
Les McKinnon
Mardi 30 Juin 1981 : maison
Quand Sirius est rentré ce soir, il avait la mine sombre. J'ai failli l'interroger à ce sujet, mais je me suis dit qu'il finirait bien lâche le morceau. J'étais en train de lancer la vaisselle quand il m'a dit.
- J'ai regardé pour les enfants nés en Juillet 1980.
J'ai tressailli. J'avais oublié ce léger détail. Vu sa tête, j'avais compris le résultat de la recherche en question avant qu'il ne me le dise.
- Il n'y a eu que trois naissances ce mois-ci l'an dernier : Mary, Neville et un autre garçon.
- Quand est né ce garçon là ?
- Le 5 Juillet.
J'ai failli grogner de dépit. Voldemort sait que l'enfant doit être né à la fin du mois : c'était dans la prophétie. Il ne perdra sans doute pas de temps avec lui. Sauf s'il veut être sûr d'éliminer tous les obstacles.
Vendredi 3 Juillet 1981 : chez les Potter
L'Ordre s'est retrouvé à intervenir en même temps que les Aurors aujourd'hui. Une chance que tous les Aurors envoyés sur place aient été de l'Ordre. Autrement dit James et Sirius qui étaient envoyés en reconnaissance. Les Aurors ne débarquent pas en force à moins d'avoir une bonne raison.
Les Mangemorts étaient en train de saboter les lignes hautes tensions des moldus. Autrement dit, c'était super dangereux. Faites vous toucher par un truc comme ça et vous êtes grillés sur place ! Mais il faut leur laisser le fait qu'ils sont créatifs. Ils étaient en train d'entremêler les lignes pour former la marque des Ténèbres avec quand nous avons débarqués Andreas et moi. Depuis que Lily a appris que Mary était une cible potentielle de Voldemort elle reste avec elle et Remus avec son boulot ne peut plus être disponible à n'importe quelle heure du jour et de la nuit !
Le combat s'est rapidement engagé. Mais je me suis vite sentie délaissée par ces messieurs. Ils semblaient focaliser tous leurs efforts sur James. J'imagine qu'ils ont eu des ordres spécifiques. Et ils n'y allaient pas de mains mortes. James a vite été obligé de se cantonner derrière un bouclier pour échapper à tous les Avada qui fondaient sur lui.
Le loup dans ma tête a naturellement choisi ce moment là pour se manifester. Il n'aimait pas qu'on nous ignore comme si on était des moins que rien qui ne valaient pas la peine. Nous étions dangereux. Et il n'avait pas tord. Je me suis chargée de leur rappeler que James n'était pas le seul sorcier présent. Du coup, ils ont soudainement dû lui lâcher un peu la grappe.
Mais ils n'ont pas pour autant oublié leur obsession de départ. Et James aurait dû rester bien tranquillement planqué derrière son bouclier maintenant qu'on avait compris qu'ils lui en voulaient particulièrement. Il a esquivé un nouvel Avada mais s'est pris un sortilège de découpe en pleine tête et s'est écroulé. On a donc été obligés de se replier.
J'ai transplané avec James jusque chez lui, suivie d'Andreas et de Sirius. On s'est précipités juste à temps derrière le bouclier de la maison. Parce qu'ils nous ont poursuivis.
Jamais nous n'avions dû utiliser le repli jusqu'ici. Et jamais on aurait pu imaginer qu'ils n'allaient pas renoncer. On aurait pu transplaner n'importe où. On aurait dû. On a choisi la solution la plus évidente au lieu de leur rendre la tâche plus difficile.
- Oh mon dieu ! s'est exclamé Lily qui a été alertée par les bruits de transplanage. James !
- Sirrrrrius et moi allons fairrre rrrregrrretter à ces Mangemorrrt d'êtrrre venus jusque là, m'a appris Andreas.
Lily a pris la place de Sirius pour soutenir James et on l'a ramené à l'intérieur sur le canapé. Il était recouvert de sang. Il avait des plaies plus ou moins profondes à peu près partout sur le corps. Je ne sais pas qui est le Mangemort qui a jeté ce sort de découpe, mais ça devait être un spécialiste pour arriver à un tel résultat.
- Il faut l'emmener à Ste Mangouste ! s'est affolée Lily.
- Ste Mangouste n'est pas un endroit sûr, ai – je répondu. Fait moi un peu de place.
Je n'ai même pas tenté de sort de guérison basique. J'ai directement utilisé Vulnera Sanentur. C'est un sort qui passerait presque pour une incantation aux yeux d'un profane. J'ai fait lentement passer ma baguette au dessus de son corps et des plaies tout en prononçant la formule. La première fois, les plaies ont cessé de saigner. La seconde fois, le sang a commencé à refluer vers les plaies. La troisième fois, les plaies ont commencé à se refermer. Normalement, elles auraient déjà dû être presque guéries à ce stade là. Il fallait rajouter quelque chose.
- Tu as de l'essence de Dictame ? ai – je demandé.
Lily a hoché la tête, pâle comme un linge et s'est précipitée à l'étage. Heureusement que l'essence de dictame est recommandée pour soigner les plaies des enfants. Sinon, elle n'en aurait pas eu. J'ai appliqué une généreuse dose sur les plaies encore visibles et elles ont continué à se résorber. Il y a des risques qu'il garde des cicatrices de ce sort là.
- Pourquoi il ne se réveille pas ? a demandé Lily en voyant qu'il ne bougeait pas.
- J'ai pas pu remettre tout le sang dans ses veines. Il lui faut une potion de régénération sanguine et au moins une journée de repos une fois réveillé. Et qu'il évite de tirer sur les plaies : elles pourraient se rouvrir. Il faudra appliquer de l'essence de Dictame pendant une semaine au moins si on veut que ça se referme entièrement.
- D'accord.
- Je vais aller chercher ma potion de régénération sanguine et regarder comment ça se passe dehors. Tu le surveilles. Je reviens vite.
J'ai posé une main sur son épaule et j'ai cédé ma place près de James qu'elle s'est empressée de prendre.
Dehors, le combat était toujours en cours. Mais à deux contre deux. Andreas et Sirius avaient réussi à en abattre plusieurs déjà, appliquant une stratégie dont Sirius et moi avions parlé. Il mettait en place le bouclier et Andreas les canardait. Partage des tâches qui semblait bien marcher.
Mon arrivée a provoqué la fin du combat. Les Mangemorts encore debout ont reculé. Ils avaient l'air d'attendre des nouvelles de ma part :
- Il vivra, ai – je dit.
- Vous avez eu de la chance cette fois, a craché l'une des Mangemort. N'y comptez pas à notre prochaine rencontre.
- Charmant, ai – je commenté tandis qu'ils transplanaient. Sirius, tu te charges de filer les Mangemorts qui restent aux aurors ? Moi, je vais récupérer des potions pour James.
- Comment va t –il ?
- J'ai refermé les plaies, mais il a perdu beaucoup de sang et il est encore inconscient. Le reste attendra.
J'ai rapidement fait l'aller-retour jusque dans mon labo où j'ai pris avec moi un flacon de potion de régénération sanguine et d'essence de Dictame. Lily risque d'en avoir besoin. Andreas surveillait les 4 Mangemorts capturés quand je suis arrivée. Il m'a adressé un regarda avant de rapidement détourner les yeux.
Sirius était aux pieds de James qui avait vaguement repris conscience depuis. Tant mieux, parce qu'il est difficile de faire boire une potion à quelqu'un d'inconscient. Mary, dans les bras de sa mère observait son père avec un visage trop sérieux pour un bambin de bientôt un an.
- Salut, a dit James en me voyant.
- Allez ! Cul sec.
- Qu'est ce que c'est ?
- De quoi te remettre un peu d'aplomb.
Il a bu avec une grimace et un peu de difficulté avant de me demander pourquoi c'était toujours aussi dégueulasse. C'était la preuve qu'il allait déjà mieux.
Les aurors ont fini par débarquer. Ils ont immédiatement pris en charge les prisonniers et ont mené leur petite enquête sur le pourquoi du comment. Il a fallu un peu mentir. Sirius a prétendu qu'il n'y avait que lui et James sur le lieu du combat initial. Qu'ils ont dû se replier jusqu'ici et que les Mangemorts les avaient suivis en agrippant à lui lors du transplanage. Andreas et moi avons prétendu être déjà chez les Potter quand ils ont débarqués.
Ils ont demandé pourquoi on l'avait pas envoyé à Ste Mangouste directement et j'ai dû prendre le relais en expliquant que je ne pensais pas l'hôpital sûr, arguant que j'avais moi-même failli m'y faire assassiner. Et que de toute façon avec moi dans le coin, James avait quelqu'un de compétent pour le soigner. Ses blessures quasi-refermées en attestaient. Et le sang sur le canapé et ses vêtements tailladés laissaient présager à eux seuls le carnage que ça avait été. James a eu le droit de rester chez lui, mais Sirius a dû repartir avec ses collègues. Andreas ne s'est pas attardé il n'a bientôt plus resté que Lily et moi puisque James s'est endormis sur le canapé et Mary babillait dans son parc.
- James a eu de la chance dans son malheur, lui ai – je dit après 5 minutes passée à l'entendre se lamenter. Les autres sorts qui auraient pu le toucher étaient des Avada. Là, je n'aurais pas pu le sauver.
Bien entendu, c'était LA chose à ne pas lui dire. Ça l'a encore plus inquiétée et j'ai décidé de sagement me taire pour les quelques heures suivantes.
Samedi 4 Juillet 1981 : orphelinat
Je suis allée récupérer Maxime à la descente du Poudlard Express. C'est aussi les vacances pour lui maintenant. Il m'a annoncé avoir parfaitement réussi ses examens de fin d'année.
Quand je suis arrivée à l'orphelinat Tobias était encore là. Il y a élu domicile ou quoi ? Il m'a adressé un clin d'œil, devinant sans doute les questions que je me posais, mais je n'ai pas eu le temps de le fusiller du regard en réponse. Les enfants m'ont vue et l'ont délaissé pour me forcer à les emmener faire de la magie.
Alors on est sortis dans le parc et on s'est assis sous le même grands chêne que d'habitude. Maxime et Aileen nous ont aussi accompagnés, mais comme ils sont à présent des sorciers de premier cycle, ils n'ont plus le droit de faire de magie du tout en dehors de leurs écoles respectives.
- C'est assez injuste, a dit Aileen. Après tout, nous sommes censés savoir nous contrôler et utiliser la magie mieux qu'eux.
- C'est une très bonne décision : imagine ce que des enfants pourraient faire comme dégâts en essayant d'impressionner leur famille ou leurs frères et sœurs avec leur magie. Vous n'êtes qu'en première et en deuxième année, vous n'avez pas encore les compétences nécessaires.
Ils sont partis bouder dans leur coin après. Je pense qu'ils croyaient que je serais d'accord avec eux. C'est vrai que d'ordinaire je suis plutôt pas d'accord avec le Ministère, mais là c'est une bonne chose.
Dimanche 5 Juillet 1981 : maison
Dumbledore a annoncé la réunion de l'Ordre au dernier moment. Il faut qu'on soit présents chez les Potter dans une heure.
*De retour de la réunion*
Pour la première fois depuis longtemps, l'Ordre était au grand complet. Il y avait même Dorcas Meadowes qui est arrivée avec Maugrey. Je ne l'aurais jamais reconnue dans la rue. Ses cheveux étaient aussi fins que les fils d'une toile d'araignée et elle avait le regard hanté et fuyant. Elle n'arrêtait pas de tordre ses mains l'une contre l'autre. Je pense qu'elle ne va plus être bonne à grand-chose. Et puisqu'on était tous là, James a eu l'idée saugrenue de faire une grand photo de groupe.
- L'meilleur moyen qu'on se fasse tous avoir, a grommelé Maugrey alors que je prenais place à côté lui. Suffit que la photo tombe aux mains d'un Mangemort et on est tous crevés.
- Fait pas ton rabat-joie pour une fois, ai – je dit. Et sourit.
J'aurais pas dû dire ça : sur la photo, son sourire forcé lui donne un air totalement effrayant. Sirius a dédoublé la photo pour ceux qui la voulaient, à savoir nous, les Potter, les Londubats, Dumbledore et, curieusement, Maugrey lui-même. Il a grogné en voyant le regard goguenard que je lui ai lancé avant d'annoncer qu'on avait perdu assez de temps avec ces conneries.
On a donc démarré la réunion et les nouvelles sont plutôt inquiétantes. Si Dumby nous a tous convoqués aussi hâtivement, c'est parce que le troisième gamin né en Juillet, ainsi que toute sa famille ont été massacrés, littéralement, hier. Je sais maintenant que Voldy commence sérieusement à essayer d'éliminer les potentiels enfants de la Prophétie (mais Dumby n'en a toujours pas parlé de cette prophétie). Et vu que James a failli y rester il y a quelques jours, on sait aussi qu'il compte éliminer toute la famille avec.
Maugrey et Dumby ont donc annoncé la décision qu'ils avaient conjointement prise : interdiction aux couples Potter et Londubat de quitter leurs maisons respectives et leurs enfants. Pas question d'exposer délibérément des cibles prioritaires de Voldemort. Ça n'a plu à aucun des quatre concernés. Y'avait quand même 3 aurors dans le tas. Et des aurors doués qui savent qu'on manque déjà de chasseurs de mage noir au Ministère. Mais les deux autres ont été inflexibles. Et ils ont dû céder.
Les Londubat vont vraiment aller s'installer chez la mère de Franck dans son manoir blindé de sorts et j'ai été mobilisée pour poser de nouveaux remparts chez Lily et James. Je vais essayer de combiner les différentes barrières entre elle pour les renforcer. C'est comme pour les vitres : une seule laissera mieux passer le bruit et sera plus facile à briser qu'un double vitrage.
- Et pour Voldemort, concrètement, on fait quoi ? ai – je demandé en tapotant la table pour attirer l'attention. C'est bien beau de cacher ses cibles, mais quand est ce qu'on lui rentre dedans ?
- Avec la perte de quatre de nos membres, j'ai bien peur qu'on ne soit réellement plus en mesure de faire autre chose que lui barrer au maximum la route, a tranquillement répondu Dumbledore.
- Quoi ? Mais…
- Gamine, a grogné Maugrey en guise d'avertissement.
Je lui ai lancé un regard et il m'a fait un signe que j'ai interprété comme un "plus tard". Alors je me suis rencognée à ma place et j'ai laissé les autres se lamenter sur notre sort et monter des plans bidons.
A la fin de la réunion, Maugrey m'a tirée à part. Je me suis laissée entraîner sans opposer de résistance et on s'est rencognés dans un coin de la pièce.
- Regarde les, Gamine. Regarde les bien, m'a t –il ordonnée.
Ce que j'ai fait. J'ai observé l'Ordre. J'ai observé les 21 membres restant encore sur place après le départ de Dumbledore. Des visages inquiets, parfois de la terreur dans le regard. Des vieux, des retraités, un escroc, des inutiles, une ex-captive… Elle était bien belle notre bande bras-cassé.
- Tu vois ? a continué Maugrey. Y'a personne là-bas qui peut continuer à se battre. On est pas assez nombreux et y'a pas de combattants. Y'a personne qui a les tripes dans cette organisation.
- Parle pour toi Fol Œil.
C'était la première fois que j'entendais ce surnom là, mais il lui va bien avec son œil magique. Les frères Prewett se sont approchés et ils avaient entendus les paroles de Maugrey.
- Nous, on est d'accord avec elle, a déclaré Fabian obtenant un hochement de tête de Gideon. On est prêts à leur rentrer dans le lard.
- Moi aussi.
Andreas s'est approché de nous et est venu compléter ce qu'on peut considérer comme le nouveau groupe de combat de l'Ordre. James était consigné à la maison avec Lily, Sirius est auror et Remus n'était plus disponible comme avant à cause de son travail. L'ancien ne pouvait décemment plus exister. On avait besoin de renouveau. Maugrey nous a tous les quatre observé de pieds en capes avant qu'un sourire, bien plus sincère que celui qu'il avait fait sur sa photo, n'étire ses lèvres.
- J'savais bien qu'il y avait encore des gens sur qui compter ici. Vous allez en boulotter du Mangemorts, vous le savez ça ?
- On est là pour ça, c'est le moment de rendre la monnaie de leur pièce à ces connards, ai – je rétorqué.
L'Ordre prend enfin les devants même si j'ai l'impression que c'est plus ou moins dans le dos de Dumbledore.
- Qu'est ce que te voulait Maugrey ? m'a demandé Sirius.
- On abandonnera pas aussi facilement la partie face à Voldemort, ai – je rétorqué. James, Lily, on se voit demain pour que j'installe une seconde série de barrière autours de chez vous.
Tout le monde est parti et Sirius m'a confié que James ne resterait jamais tranquillement chez lui alors que les gens se battent dehors. Il n'était pas du genre à se terrer pour échapper à la mort alors que les autres le protège.
- S'il tient à sa vie et à ce que sa femme ne soit pas veuve il ferait bien de contenir son satané caractère de Gryffondor.
- Tu es hypocrite Crys' ! A sa place, tu ferais exactement la même chose. Quand est ce que tu as été capable de laisser les choses se faire hein ?
J'ai haussé les épaules. Je sais qu'il a raison. Mais la question ne se pose pas puisque la situation n'existe pas pour moi.
Mardi 7 Juillet 1981 : maison
Je suis allée déposer les encres à la boutique de tatouage. Dante était présent cette fois – ci.
- Ça faisait longtemps, a t –il souri en me voyant. Quand reviens –tu te faire tatouer ? Tu ne profites pas beaucoup de la gratuité de nos services.
- Souhaite que je ne vienne plus jamais me faire tatouer. La prochaine fois, il y aura eu de nouveaux morts.
- Tu pourrais opter pour quelque chose de moins macabre. Tu sais quelque chose fait juste pour être joli à regarder.
- Désolé, je ne conçois pas le tatouage comme fait pour être joli.
- Mais…
- Fous lui la paix Dante, est intervenu Arlem. Il y a des gens accordent une signification à ce qu'ils se font tatouer, pas comme toi.
- Mes tatouages ont une signification, s'est indigné l'interpellé.
Je les ai laissé alors que la discussion s'enflammait et que Dante commençait à se déshabiller sans doute pour lui détailler la signification de chaque tatouage qu'il porte. Je ne cesserais sans doute jamais de penser que ces deux là sont bizarres !
Vendredi 10 Juillet 1981 : maison
Ce soir, j'ai fait remarquer à Sirius que le premier anniversaire de Mary arrivait à grand pas et qu'il faudrait peut –être qu'on se mettre à chercher un cadeau. Ça aurait été indigne qu'on oublie notre filleule.
On va donc aller sur le Chemin de Traverse demain pour trouver quelque chose qui marquera le coup.
Samedi 11 Juillet 1981 : chemin de Traverse
Sirius et moi avons visiblement une idée assez différente de ce qui pourrait convenir à Mary. Tellement différente qu'on a décidé de choisir nos cadeaux séparément. Il veut lui acheter un balai jouet et moi je me suis plutôt orientée vers les Contes de Beedle le Barde et un petit appareil qui permet de faire apparaître les constellations sur le plafond et peut aussi servir de veilleuse. Et bien entendu on soutient tous les deux qu'elle préférera notre cadeau. On verra bien vite qui a raison de toute façon.
Je l'attends devant le magasin de jouet et on ira sans doute profiter des glaces de Florian Fortarôme, qui sont toujours aussi bonnes, avant de rentrer.
*Maison*
On était pas les seuls à avoir opté pour le marchand de glace. On a rencontré là bas un couple relativement improbable : Peter et Marlène McKinnon. Ils ont tous les deux rougi en concert quand on les a rejoint. On tombait en plein milieu d'un rendez-vous alors qu'ils auraient visiblement préféré que personne ne soit au courant.
Sirius n'a pas semblé se rendre compte qu'on dérangeait :
- Qu'est ce que vous faîtes ici ensemble ? s'est – il étonné.
- Ben…
- Aller quoi ! C'est vraiment trop bizarre de vous voir ensemble ! a t –il continué avant de baisser le ton. C'est pour l'Ordre ?
- Sirius, je crois qu'on dérange, suis – je intervenue.
- Hein ? De quoi tu parles ? C'est pas comme si…
Et là le sous-entendu de mes paroles est arrivé jusque dans son petit cerveau et ses yeux se sont agrandis.
- Sérieusement ? Vous deux ? Ensemble ? a t –il demandé avec un sourire suffisant.
- Et alors ? a demandé Peter plus agressif que je ne l'ai jamais connu jusqu'ici.
- Ben en fait… a commencé Sirius.
- Ça suffit, on va vous laisser, l'ai – je coupé. Marlène, Peter, passez une bonne après-midi.
- On préférerait que ça reste entre nous, m'a souri la plus âgée.
- J'essayerais de faire taire cette commère, ai – je promis.
J'ai attrapé Sirius par le bras et je l'ai tiré plus loin, avant de le lâcher quand on a été hors de vue et d'oreille.
- Peter et Marlène ! s'est – il exclamé. C'est totalement surréaliste ! Quand James saura ça…
- Pas question Sirius. Ça ne nous regarde pas et s'ils préfèrent que ça reste secret, ce n'est pas à toi d'aller le crier sur tous les toits !
- Mais enfin… Comment Peter est -il arrivé à avoir Marlène McKinnon ! Sans magie, c'est pas possible !
- Ce n'est pas parce qu'il n'est pas aussi beau que toi qu'il ne peut pas "avoir" une fille comme Marlène, ai – je grogné. C'est quoi cette façon de penser ? C'est l'un de tes meilleurs amis non ? Peut –être qu'elle regarda simplement au-delà du physique.
- Ah ben non : ça c'est sûr, a ricané Sirius.
Je lui ai flanqué un bon coup de coude dans les côtes. Non, mais sérieusement, c'est quoi cette manière de dénigrer ses amis à la fin ?
- D'abord Remus et maintenant Peter, ai – je dit d'une voix glaciale quand il s'est plaint. Tu ferais vraiment bien de revoir ta conception de l'amitié parce que sinon tu n'en auras bientôt plus des amis !
- Mais ils le savent ! Je ne fais que dire des évidences !
- Justement, ils savent très bien ce que les gens pensent d'eux. Pas besoin de le leur rappeler constamment. Et ce n'est pas parce que quelqu'un pense qu'il n'est pas beau qu'il faut le conforter dans cette idée. Si tu veux un avis objectif Peter pourrait devenir plutôt séduisant s'il mangeait moins et faisait quelque chose pour ses cheveux ! Idem, quand Remus rencontrera quelqu'un de suffisamment intelligent pour ne pas s'arrêter sur son problème de fourrure, il n'aura aucun mal à sortir avec.
- Attends ! Tu viens de dire quoi à propos de Peter ?
J'ai levé les yeux au ciel et je me suis mise à avancer sans répondre. Parfois je me demande vraiment comment il a fait pour être aussi proche de deux garçons qu'il considère de cette manière là. Faudrait un jour que j'enquête sur la façon dont il voit James et celle dont James perçoit Remus et Peter.
Lundi 13 Juillet 1981 : Maison
J'ai l'impression que Maugrey va se servir des Prewett, d'Andreas et de moi-même comme du groupe qu'il envoie lorsqu'il ne peut pas utiliser les Aurors. L'inconvénient avec les aurors, c'est qu'ils doivent respecter la loi et donc ont des conditions pour avoir le droit d'intervenir. Le rassemblement de quelques présumés Mangemorts ne les autorise pas à perquisitionner.
Par contre, nous, nous n'avons pas ces limites.
On a donc été envoyé interpeller quatre Mangemorts. Enfin "interpeller" est un mot un peu trop gentillet pour ce qu'il s'est passé. On est arrivé et on a foncé dans le tas, baguettes en avant. Et on a été aussi efficaces que des bulldozers. Je n'avais jamais réellement vu les deux frères combattre. Je comprends pourquoi on les affectait sur les missions les plus dangereuses. Ils sont impressionnants.
Pendant que je me battais, j'avais l'impression que le loup dans ma tête regardait la scène et appréciait le combat comme on regarderait un bon film au cinéma. La pleine lune est cette semaine alors il recommence à vraiment s'agiter. Il a hâte que ce soit sa nuit du mois. J'imagine que si j'étais enfermée toute l'année avec seulement le droit de sortir une fois par mois je serais dans le même état que lui.
Le ménage a été rapidement fait : on les a pris par surprise et par la force. On les a tous saucissonnés.
- On les laisse là et on appelle les aurrrorrrs ? a suggéré Andreas alors que je vérifiais qu'ils avaient bien la Marque.
- Non. On ne peut pas prendre le risque qu'on nous lie à Fol Œil, a dit Fabian. Et ils risquent de se douter de quelque chose si on leur laisse ces Mangemorts le jour même où le Ministère refuse leur arrestation pour défaut de preuve.
- C'est un travail pour moi ça, ai – je dit.
- Que comptes –tu faire ?
- Il semblerait que la mystérieuse sorcière masquée ait encore frappé : elle va même avoir la courtoise d'emmener ces mangemorts jusqu'au Ministère cette fois ci.
C'est vrai qu'avoir une identité secrète, enfin secrète pour qui n'est pas membre de l'Ordre ou des mangemorts, c'est bien pratique. J'ai donc ressorti mon masque et j'ai pris le portoloin créé par Gideon avec les quatre mangemorts. J'ai atterri au beau milieu du hall d'entré du Ministère.
Autant dire que mon arrivée n'est pas passée inaperçue. Le silence c'est soudainement fait, mais je n'y ai pas prêté attention même si je surveillais toute réaction agressive du coin de l'œil. D'un Levicorpus, j'ai amené les quatre prisonniers jusqu'à la fontaine et j'ai ré-assommé celui qui commençait à se réveiller. J'allais partir quand on m'a interpellée :
- Attendez ! Attendez !
Je me suis trouvée face à face avec Rita Skeeter qui n'a eu de cesse de grimper les échelons de la Gazette depuis l'interview que je lui ai accordée. J'ai un moment crains qu'elle me reconnaisse, mais il n'est rien arrivé de la sorte.
- Une déclaration à faire ? Pourquoi avoir attaqué les Lestrange ? Pourquoi cachez vous votre identité ? De quel côté êtes vous ? Est-ce que le Ministère vous emploie ?
Je me suis demandée si je devais répondre avant de me rappeler que Rita Skeeter a une certaine propension à déformer les propos de la manière dont ça l'arrange. Et j'entendais des gens arriver ne courant, peut –être des aurors. Alors je me suis contentée d'une révérence moqueuse avant de disparaître en transplanant alors qu'on me sommait de m'arrêter. C'est assez drôle de se foutre de la gueule du Ministère comme ça en fait. Mais c'était mieux quand Maugrey ne savait pas qui j'étais !
*Maison*
J'ai retrouvé les frères Prewett et Andreas au Chaudron Baveur après que je suis partie du Ministère. On a un peu discuté de ce qu'il vient de se parler et on a décidé qu'on devait se voir pour des entraînements ensemble afin que nous sachions nous coordonner et que nous soyons parfaitement au fait des forces et des faiblesses de chacun.
C'est une bonne idée. Avec les Maraudeurs et Lily nous n'avions jamais organisé de séance d'entraînement de la sorte. On se contentait de se voir sur le terrain.
Maintenant, faut encore trouver une date qui convienne à tout le monde.
Mardi 14 Juillet 1981 : chez les Potter
Je suis venue pour poser la deuxième série de barrière. En posant un glyphe de liaison entre deux cercles de glyphes tous les 7 symboles je devrais arriver à les renforcer. J'ai essayé de voir si je pouvais poser une barrière de magie rouge. L'occasion était trop belle pour que je n'essaie pas.
Mais ça n'a pas marché. Ce que j'ai réussi à mobiliser de magie m'a fait mal. Zilphya disait vrai : s'en est fini de la magie rouge pour moi. Je ne peux pas m'empêcher d'en être amère. C'est une magie extraordinaire et peu de gens ont un potentiel que j'ai détruit avec ma propre bêtise.
Quand je suis arrivée, James m'a presque tirée de force à l'intérieur. J'ai l'impression que le pauvre n'en peut déjà plus d'être confiné à la maison. Je lui ai apporté un peu de distraction, j'ai parlé de ce qu'il s'est passé hier (puisque mon apparition au Ministère a forcément fait l'objet d'un article dans la Gazette) avant de refuser de l'emmener avec moi la prochaine fois que je suis appelée sur une intervention.
Il a fallu l'aide combinée de Lily et de Mary pour qu'il ne me suive pas comme un chien pendant que je m'évertuais à transformer leur propriété en une forteresse aussi imprenable que je le pouvais. Maintenant reste à espérer que cet imbécile de James se tienne tranquille !
- Pense à ta femme et à ta fille, lui ai – je dit en guise d'au revoir quand il m'a raccompagnée à la porte. Et prends sur toi.
C'était sans doute les meilleurs conseils que j'ai jamais donné à quelqu'un. Mais quelque chose me dit qu'ils sont entrés par une oreille et ressortis par l'autre. J'aurais dû demander à Lily de lui faire une leçon de moral. Je suis certaine qu'elle arriverait à l'apitoyer suffisamment pour qu'il ne songe même plus à ressortir se battre.
Au passage, Sirius et moi sommes invités à fêter le premier anniversaire de Mary. Je suppose qu'au départ il devait y avoir d'autres personnes en plus des Maraudeurs et de moi, mais les choses étant ce qu'elles sont, Mary devra se contenter de nous. De toute façon, je ne suis pas certaine qu'elle se rappellera son premier anniversaire dans dix ans !
Samedi 18 Juillet 1981 : maison
Le loup s'est rendormis. Sans faire de dégâts cette fois non plus. Mais j'étais taraudée par l'envie de sortir durant toutes la nuit. Je pense qu'il a fini de découvrir son nouvel environnement et qu'il veut aller voir ailleurs. Ce qui est totalement hors de question. Sortir alors que les Mangemorts courent les rues et qu'il y a toutes les chances pour que je ne puisse pas utiliser ma baguette quand mon esprit est plus ou moins sous l'emprise du loup, c'est du suicide pur et simple.
Il faudrait que je réussisse à lui faire comprendre qu'il est dans le corps d'une femme d'un mètre soixante-cinq et même pas soixante kilos et non pas dans une carcasse de deux mètres, plus de deux cents kilos et pourvue de griffes et de crocs ainsi que d'une résistance à la magie !
Reste à savoir comment je vais m'y prendre.
Mercredi 22 Juillet 1981 : maison
Que Merlin nous préserve. Aujourd'hui, nous sommes arrivés trop tard. Et pour la pire des interventions : le sauvetage d'un membre de l'Ordre.
Quand j'ai transplané dans la petite ville de Holmpton, je n'ai eu qu'à lever la tête pour savoir où aller. La marque des Ténèbres flottait dans le ciel bleu comme une horrible excroissance. J'ai couru jusqu'à l'endroit désigné.
Une maison était tout ce qu'il y a de plus banale. J'ai été la première sur place, même si j'ai entendu deux transplanages simultanés quand j'ai ouvert la porte, baguette à la main. Il y avait du sang. Une flaque de sang encore frais qui s'étendait sur le parquet du couloir de l'entrée. J'ai dû marcher dedans pour avancer doucement vers sa source.
Il y avait des traces de combat partout. Des brûlures là où les sorts avaient heurtés les murs ou le sol. Des meubles fracassés, des éclaboussures de sang. Les frères Prewett m'ont rejoint juste au moment où je tombais sur les corps.
Les Mangemorts les avaient empilés au milieu du salon. Et les yeux vides de Marlène me regardaient. Elle avait la tête renversée en arrière, la bouche ouverte et tout le bas du visage ensanglanté. Du sang gouttait depuis sa gorge tranchée jusque sur le sol pour rejoindre l'énorme flaque qui imbibait le tapis. Il y avait là ses parents, mais aussi son petit frère. Il devait à peine être entré à Poudlard. Il était en position assise sur le tas de cadavre de sa famille et sur son torse, ils avaient dessiné au couteau la marque.
Ils sont venus et ils ont massacrés la famille entière, prenant le temps d'arranger les corps de façon aussi obscène.
J'ai ressenti de la tristesse, mais aussi de la fureur. Jusqu'à un certain degrés, je peux comprendre qu'ils essayent de tuer les membres de l'Ordre. Mais toute sa famille ? Le gamin n'avait même pas 13 ans bordel ! Et à quoi rimait cette mise en scène ?
Je suis ressortie de la maison pour ne pas faire éclater ma colère à l'endroit où reposaient les corps. J'étais tellement hors de moi que ça a réveillé le loup. Il s'est mis à tournoyer dans sa grotte métaphysique pendant que mes sentiments et les images de la scène me revenaient en tête. Et étrangement, il a aussi été en rogne en voyant ça. On ne se parle toujours pas, mais de ce que j'ai pu comprendre il était enragé à l'idée qu'on s'en soit pris à un membre de la meute.
J'ai croisé Andreas quand je suis ressortie et il a immédiatement bondi sur moi. Il s'est placé dans mon dos et je me suis retrouvée le nez dans l'herbe et le bras tordu avant d'avoir compris ce qu'il se passait.
- Lâche moi ! ai – je rugi.
- Calme toi avant, a t –il exigé. J'ai vu le loup dans tes yeux. Ne te le laisse pas envahirrr.
J'ai essayé de me débattre, mais il a resserré sa prise impitoyable sur mon bras et a posé son genou sur mon dos.
- Andreas !
- Rrrenvoie le loup dormir, a t –il répondu.
- Je me contrôle très bien !
- Si je te lâche, tu vas détrrruirrre quelque chose où quelqu'un.
Et il n'avait pas tord. J'avais envie de détruire quelque chose. Ou quelqu'un. Je voulais passer ma frustration et ma colère de façon physique. Mes doigts se sont enfoncés dans la terre aussi profondément qu'ils ont pu.
- Ils ont tué un membre de la meute, ai – je grogné en tentant d'exprimer ce qu'il se passait dans ma tête.
- Tu dois apprrrendrrre à contrrrôler tes émotions, m'a calmement rétorqué Andreas. Si tu donnes des émotions au loup, il s'en nourrrrit et t'abrrreuve des siennes. Il peut y avoir des accidents comme ça. Le loup rrreste un animal, il ne ferrra pas prrreuve de tempérrrance à ta place. Tu n'es plus juste toi Crystall.
Andreas m'a tenue immobilisée comme ça jusqu'à ce que je me sois complètement détendue. Alors, il m'a relâchée et je n'ai pas bougé. Le loup s'agitait. Il réclamait qu'on lui paie tribut pour ce qu'il venait de se passer. On avait touché à sa meute, son territoire et il voulait des excuses dans le sang. Je lui ai promis qu'il les aurait et c'est seulement là qu'il a accepté de retourner dormir. Après tout, c'était ce qu'il devait faire à cette période du mois.
- Ne t'inquiète pas, m'a dit Gideon en me donnant une claque dans le dos qui a bien faillit m'envoyer une nouvelle fois dire bonjour au gazon. On va leur faire regretter ce qu'il vient de se passer.
- Gideon est le spécialiste des expéditions punitives, est intervenu Fabian avec un sourire sinistre. On le craignait pour ça à Poudlard. Tu demanderas à Arthur !
J'ai hoché la tête en constatant qu'ils était sérieux. Moi, j'étais partante. Plus que partante même. Heureusement, ça n'a pas été à nous de nous occuper des corps.
J'ai rendez-vous avec Gideon, Fabian et Andreas d'ici quelques minutes. Je laisse une note à Sirius pour le prévenir que je risque de ne pas être de retour avant demain ou après demain. Et j'embarque quelques potions. Apparemment, les deux frères ont découverts quelques planques des Mangemorts. On va commencer par aller saboter les endroits et envoyer les aurors après. Mieux vaut que les Mangemorts ne soient pas sur notre passage.
Avant de nous séparer, on a fait disparaître la Marque des Ténèbres.
Jeudi 23 Juillet 1981 : maison
L'expédition punitive, car c'est effectivement ceux à quoi ça ressemblait même si ça n'a pas les même propensions que ce qu'on peut voir à Poudlard, c'est bien passée. En gros, on a mis à sac plusieurs planques utilisées par les Mangemorts. Maintenant, ils devront aller ailleurs. Parce qu'après qu'on se soit bien défoulés, on a naturellement envoyé un hibou aux aurors pour leur signaler tout ça.
Ça faisait du bien. Ça ne fera pas revenir Marlène et ça n'est pas suffisant pour faire amende honorable. Mais ça m'a néanmoins fait beaucoup de bien. C'est mal, je suppose. Mais c'est comme ça.
*Maison*
Maugrey a débarqué tout à l'heure. Il m'a dit qu'il avait reconnu mon écriture sur la lettre qu'on avait envoyé aux aurors. Et je jure qu'il n'était pas très loin de me féliciter, ou plutôt de nous féliciter, pour ce qu'on a fait pendant la nuit.
- L'étau se resserre sur la taupe, a t –il dit après. Y'a peu de gens qui savaient où habitait McKinnon et qu'il y avait des protections à faire pâlir d'envie le Ministère tout autours.
- Je ne savais le pas moi, ai – je fait remarquer. Mais toi si, apparemment.
- J'étais au courant, a t –il confirmé en m'envoyant un sourire carnassier.
Et il est reparti comme ça. Qu'est ce que c'était censé dire ce sourire ? Sérieusement, je suis en train de me dire que je vais potentiellement devoir faire arrêter Alastor Maugrey pour complicité avec les Mangemorts !
*Maison, plus tard*
Sirius savait déjà qu'il s'était passé quelque chose hier. Mais personne ne lui avait dit quoi. Quand je le lui ai appris, il a pâli et il a semblé chercher quelque chose sur mon visage qui lui aurait dit que je plaisantais.
- Il faut… Je vais aller voir Peter, a t –il finalement dit.
J'avais même pas pensé à Peter alors que j'avais été tout aussi surprise de voir qu'il sortait avec Marlène. Est-ce qu'il était déjà au courant ? Merlin, et si personne ne lui avait rien dit puisque personne n'était censé savoir ?
- Je resterais peut –être avec lui cette nuit, m'a informé Sirius.
- Fait ce qu'il faut. Je vais aller voir James et Lily puis Remus.
- D'accord.
Franchement, il y a des choses que je comprendrais sans doute jamais avec Sirius. Il peut se montrer incroyablement méprisant avec ses meilleurs amis, mais il a quand même l'air de penser à eux et de les aimer. J'arrive pas trop à comprendre comment ça se passe dans sa tête.
Vendredi 24 Juillet 1981 : maison
La mine sombre que j'abordais hier en arrivant chez les Potter les a tout de suite mis dans le bain. Quand j'ai annoncé la nouvelle, Lily a éclaté en sanglot dans les bras de James. Lui, il est resté assez stoïque je dois dire. Mais je sais qu'il a quand même été touché. Pas assez bon acteur pour masquer complètement le choc que ça lui a fait. Il m'a demandée des précisions et je leur ai dit ce que je savais.
Quand je suis partie Lily était encore effondrée. J'ignorais qu'elle était proche de Marlène au point de la pleurer de la sorte. Moi, je l'aimais bien, mais je ne lui ai jamais réellement parlé. Je suis triste, mais sans plus. Pour une fois que le mort n'est pas un de mes proches, j'en viendrais presque à être contente.
Remus, quant à lui a pris la nouvelle avec plus de calme. Il m'a invitée à trinquer à la santé de Marlène qui était un membre de l'Ordre et une extraordinaire sorcière. A mon avis, l'histoire retiendra sa mort atroce. Mais pas qu'elle a reçu des prix en sortilège et que la magie élémentaire était sa spécialité. C'est une perte énorme pour nous.
- Puisqu'on est là, j'ai deux trois questions à propos de ta lycanthropie, ai – je lancé quand on a descendu notre verre.
Il a haussé un sourcil curieux, attendant la suite.
- Est-ce que tes transformations sont différentes ? Je veux dire… Je porte une partie de ton loup et j'en ai scellé une autre partie. Alors est ce que ça a changé quoi que ce soit à ta condition ? Ton loup est – il moins puissant ?
- Les symptômes précédant la pleine lune ont été atténués, a t –il répondu après un instant de réflexion. Mais je n'ai pas l'impression que ça ait changé quoi que se soit à la transformation en elle-même.
- Tu ne te souviens pas de quelques moments où tu es transformé ?
- Non, c'est toujours le noir total.
- Ah… Je pensais que ça aurait aidé de ce côté-là. Bon, autrement, maintenant que je sais à quoi ça ressemble d'avoir un loup dans sa tête, je pense que j'aurais un peu moins de mal à trouver une potion qui le fasse taire. Je comprends mieux ce que je cherche à faire.
- Tu n'abandonnes donc jamais ?
- Ça dépend du sujet. Et là, je t'ai fait une promesse que je compte bien tenir.
- Vu comment ça a tourné la dernière fois…
- Je te rappelle que je suis Maître des potions et que donc je sais beaucoup mieux ce que fait comparé à la magie rouge. Continue à espérer, ai – je ordonné avant de me lever pour partir.
Il se faisait déjà tard. Sirius n'était pas rentré quand je suis revenue. Il a dû rester toute la nuit avec Peter et partir au travail dans la foulée.
*Maison*
Sirius m'a dit que Peter n'avait vraiment pas le moral. Et qu'il était terrifié aussi. Ça ne m'étonne pas. Mais je ne vois pas ce que je peux faire. Lui et moi on a jamais été proche. Sirius lui a conseillé de passer voir James si jamais il voulait parler à quelqu'un.
J'espère qu'il se remettra…
A suivre...
