Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.
Un texte qui pourrait se situer vers le début de la série, avant la saison trois.
Les vacances idéales de Peter Burke
Chapitre 53)Contre temps
Peter se concentra afin de manœuvrer au mieux pour prendre la route, il ne s'agissait pas d'avoir un accident maintenant. Une fois engagé sans encombre il se détendit. Il avait hâte de rejoindre leur destination. Tout comme il avait pris grand plaisir à surprendre Neal en lui annonçant qu'il était du voyage quinze jours plus tôt, il anticipait avec délectation le moment où le jeune homme se rendrait compte de ce qu'il se passait.
Il jeta un regard vers la banquette arrière pour voir ce que faisait Neal. Il ne fut pas vraiment étonné de constater que le jeune homme regardait la marina et le lac avec une expression un peu triste.
Il se garda bien de parler, ne voulant pas dévoiler à son consultant qu'il avait été témoin de cela.
Il se concentra sur la conduite. Elizabeth et lui avaient longuement parlé de leur projet de fin de vacances. Après la balade improvisée de Neal et de Tyler Peter s'était senti particulièrement contrarié. Sa colère était proportionnelle à la peur qu'il avait eu en entendant Tyler les appeler au secours à son retour de Burlington.
Lorsqu'il avait constaté que le bateau de Tyler n'était plus ammaré au ponton ce matin là il avait été vaguement agacé, mais il s'était dit que Tyler saurait faire en sorte que Neal reste à peu près sage. Il s'était promis de se montrer un peu plus coulant en ce qui concernait cette escapade, si toute fois les deux jeunes gens avaient une explication satisfaisante à présenter.
Ses bonnes résolutions s'étaient évaporées comme neige au soleil lorsqu'il avait découvert Neal recroquevillé sur une banquette du bateau, tremblant de douleur.
Avec l'aide de Tyler il avait ramené le jeune homme dans la maison et l'avait aidé à se coucher. Il avait changé ses bandages et avait attendu qu'il se sente assez bien pour lui parler. Elizabeth avait apporté les médicaments et Neal les avait pris avec un empressement qui en disait long sur sa souffrance.
Peter l'avait vu s'endormir et avait finalement renoncé à le questionner sur ce qu'il s'était passé. Il était descendu afin de tirer les choses au clair avec Tyler.
Le jeune homme n'était pas fier d'avoir accepté la demande de Neal, il se faisait le reproche de l'avoir exposé en l'aidant à gagner Burlington.
Il s'était tourné vers Peter, le visage crispé par l'inquiétude et le remords.
- Je suis navré agent Burke. Je ne voulais pas le mettre en danger.
- Vous n'y êtes pour rien, Neal sait être convaincant lorsqu'il veut vraiment quelque chose. Que voulait il cette fois ?
Tyler soupira et regarda en direction d'Elizabeth.
- Il voulait se procurer des patchworks, pour vous et pour la femme chez qui il est logé. Expliqua t'il.
Plusieurs jours après ces explications Peter ressentait toujours la morsure de la fureur qui avait été sienne à l'idée que Neal avait risqué de se faire rosser et d'y exposer Tyler seulement pour quelques couvertures qu'il aurait très bien pu trouver à New-York.
Bien entendu ce n'était pas vraiment une surprise, c'était du Neal tout craché, de vouloir certaines choses alors même que se les procurer pouvait le mettre en danger.
Parfois Peter avait le sentiment que c'était justement le fait qu'il y avait danger qui motivait Neal à faire ces choix.
Il fut soudain tiré de ses pensées par le bruit d'une sirène de police. Un regard dans le rétroviseur lui apprit qu'il ne se trompait pas, un véhicule aux couleurs de la police fonçait vers eux, toutes sirènes hurlantes.
Habitué à en voir circuler dans les rue de New-York Peter se prépara à lui laisser le passage, mais lorsque la voiture arriva à leur hauteur le passager leur fit signe de se garer sur le côté de la route.
Peter fit mentalement le point sur leur voiture, à sa connaissance elle était en parfait état, ce n'était donc pas à cause d'elle qu'on leur demandait de s'arrêter.
- Neal ? Questionna t'il par réflexe.
Neal fronça les sourcils et se renfonça contre le dossier de son siège.
- Navré Peter, mais cette fois je n'y suis strictement pour rien. Assura t'il. Je n'ai pas quitté l'île depuis l'incident à Burlington et tu le sais parfaitement.
Peter le savait en effet, mais il préférait s'en assurer tout de même.
Il obtempéra à la demande des policiers et s'arrêta dès que cela fut possible sans risques. Ils attendirent ensuite que l'on vienne leur dire ce qui motivait cet arrêt imprévu.
Ils ne tardèrent pas à être fixés. L'un des policiers descendit de la voiture de police et se dirigea vers eux. Il fit le tour de leur véhicule et les examina avec attention. Il fit ensuite un signe à son collègue qui s'empressa de transmettre un message.
Il était de plus en plus clair qu'ils avaient été recherchés, c'était du moins ce qu'en concluait Peter. Restait à savoir pourquoi.
Il baissa un peu plus sa vitre et s'adressa au policier qui se tenait à quelques pas.
- En quoi pouvons nous vous aider ?
- Vous êtes bien l'agent Burke, voyageant en compagnie de votre épouse et d'un consultant du FBI répondant au nom de Neal Caffrey ? Questionna le policier en guise de réponse.
- En effet. Marmonna Peter qui lança un regard contrarié en direction de Neal.
Il ne savait pas comment, mais il était certain que le jeune homme était responsable de ce qui leur arrivait.
- Dans ce cas veuillez me suivre, vous êtes attendus au bureau du shérif.
- Celui de Burlington ? Questionna Peter.
L'agent approuva.
Peter réprima un soupir, il n'aimait pas du tout d'être obligé de retarder leur départ et il avait un très mauvais pressentiment. Il était de plus en plus persuadé que c'était à cause de Neal également.
Neal commençait à avoir le même sentiment et cela n'était pas pour le mettre à l'aise. Même s'ils ne risquaient plus de perdre une location s'ils étaient retardés, puisqu'ils rentraient à New-York, il savait par expérience que Peter serait d'une très mauvaise humeur si le retard devenait conséquent et qu'ils se trouvaient dans l'obligation de louer des chambres en cours de route ou de voyager une partie de la nuit en se relayant.
Il évita de faire l'erreur de se répéter, Peter l'avait parfaitement entendu la première fois, inutile de l'agacer en rabâchant.
Il resta immobile et silencieux jusqu'à ce qu'ils arrivent.
Le policier les escorta jusqu'au bureau du shérif.
Le shérif se leva pour les accueillir.
- Agent Burke, madame Burke, monsieur Caffrey, je vous prie de bien vouloir m'excuser pour la façon cavalière dont je vous ai fait revenir. Je n'avais malheureusement pas d'autre choix. Je ne pouvais pas vous laisser partir. Ne vous en faites pas, vos supérieurs sont prévenus agent Burke. Vous pourrez rester aussi longtemps que cela sera nécessaire.
Neal se détendit, visiblement soulagé par ce qu'il venait d'entendre, il n'en avait pas encore confirmation mais pour l'heure rien ne laissait penser qu'il était la raison de leur retour forcé.
Il espérait que la suite allait le confirmer.
- Pourriez vous nous dire ce qui motiverait que nous restions plus longtemps ? Demanda Peter.
Le shérif le regarda avec étonnement.
- Vous n'avez pas été prévenus ? Les criminels qui sont passés sur l'île où vous logiez ont été arrêtés ce matin, grâce au témoignage de monsieur Caffrey. Nous avons besoin de lui et de vous pour le procès.
Peter comprenait mieux à présent et il même s'il était satisfait d'apprendre l'arrestation il n'était pas très enthousiaste à l'idée de devoir prolonger leur séjour pour une durée indéterminée à cause d'un procès.
Bien sur il n'était pas homme à se dérober et ferait son devoir, mais en même temps il avait l'impression de se dérober à sa véritable mission.
Il était agent du FBI, pas surveillant de témoin clef dans un procès, si tant est que Neal puisse vraiment être considéré comme tel.
Il se reprocha mentalement de penser pareille chose mais en même temps ce n'était que la vérité.
Il redoutait également que ce rebondissement ne soit nuisible au jeune homme. Il n'en fallait pas beaucoup parfois pour que Neal prenne la grosse tête, et se voir propulsé sur le devant de la scène risquait de lui donner le sentiment d'être important, ce qui le rendrait proprement insupportable à n'en pas douter.
- Shérif, pouvons nous parler en privé ? Demanda t'il.
Le shérif le considéra en silence quelques secondes puis hocha la tête.
- Madame Burke, monsieur Caffrey, si vous voulez bien nous laisser... Curtis, conduisez les dans la salle d'attente et proposez leur un rafraîchissement ou un café.
- Bien shérif. Répondit celui qui avait conduit le trio jusqu'au shérif.
Neal et Elizabeth le suivirent en direction de la pièce indiquée et s'y installèrent.
Neal était mal à l'aise et cela se voyait, Elizabeth s'assit près de lui.
- Je suis persuadée que ce n'est pas contre toi Neal, ils ont sans doute des choses à mettre au point. Lui dit elle.
Neal lui était reconnaissant de ses efforts, mais ils savaient tous deux que ce n'était pas bon signe que Peter demande à parler seul avec le shérif.
Une fois seul avec le shérif Peter ne perdit pas de temps.
- Vous avez conscience que Neal est un escroc de talent ? Demanda t'il. Il est sous contrôle du FBI mais même cela ne parvient pas toujours à le maintenir dans les limites de la légalité. Je ne suis pas certain qu'il soit le meilleur témoin pour un procès. La défense n'aura aucun mal à mettre en lumière le fait qu'il a été en prison et qu'il est loin d'être quelqu'un d'honnête.
- Je suis conscient de tout cela et je ne ferai rien pour le dissimuler. Je sais que c'est un point délicat mais malheureusement votre consultant est la seule personne qui ait su fournir des preuves probantes pour identifier ces criminels. Je vous remercie de vouloir me mettre en garde contre monsieur Caffrey, mais ce n'était pas nécessaire. Votre supérieur m'a déjà fait un topo très précis de la situation. Pour être franc j'ai bien l'intention de faire en sorte de couper l'herbe sous les pieds de la défense en parlant moi même du passé criminel de monsieur Caffrey lors de mon témoignage et de pousser l'accusation à faire de même. Il est nécessaire que le jury soit conscient qu'il n'est qu'un homme, un homme qui a fait des erreurs, mais également une personne qui a fait son devoir en prenant des risques pour identifier des criminels. Répondit le shérif.
Peter le regarda d'un œil appréciateur. Lors de leur première rencontre il l'avait trouvé sympathique, à présent il savait également qu'il s'agissait d'un homme intelligent qui n'hésitait pas à se mouiller lorsque c'était nécessaire.
C'était une attitude que n'aurait pas eu le shérif qui les avait fait placer en détention.
- Je vois que vous avez déjà tout prévu et que je ne peux donc que m'incliner.
- Vous ne serez pas uniquement là pour surveiller monsieur Caffrey agent Burke, vous et votre épouse aurez également à témoigner au cours du procès.
- Je m'y attendais. Dans combien de temps débute le procès ?
- Dans une semaine environ. Il aura lieu à Montpelier. Vous serez logés au High Hill Inn, il s'agit d'un petit hôtel qui est plus une chambre d'hôtes pas très loin de la ville. Il est actuellement fermé pour travaux, mais les propriétaires ont accepté de vous louer le loft qui est lui utilisable. C'est un endroit tranquille où personne ne viendra vous déranger. Si nous en avons fini je vous laisse rejoindre votre épouse et votre consultant afin de leur exposer les détails qui vous sembleront utiles de leur communiquer.
- Je crois que nous en avons terminé en effet. Du moins je n'ai plus de questions, par contre j'aimerai pouvoir passer un coup de téléphone à mon bureau. Non que je mette en doute vos propos mais plus parce que je tiens à prendre quelques dispositions avant de faire quoi que ce soit.
- Je comprends. Mon bureau est votre pour le temps de cet appel, je vous laisse un quart d'heure.
Sur ces mots le shérif quitta son bureau, laissant Peter téléphoner sans témoin.
Une fois seul Peter ne perdit pas une seule seconde, s'il n'avait que quinze minutes il avait tout intérêt à n'en perdre une seule.
Il composa le numéro de son supérieur et attendit.
A suivre
