Serait-ce un rêve ou ai-je bien posté enfin un chapitre à l'heure pour une fois ? Voilà le chapitre 53 :) Merci à vous de continuez à lire cette fanfic et merci de l'attention que vous lui portez, ne serait-ce qu'en cliquant sur chaque chapitre :)
Par rapport au délai de publication des chapitres, si j'ai du retard, ce n'est pas parce que les chapitres ne sont pas écrits. Je ne sais pas si je l'ai déjà mentionné mais la vérité est que j'ai quelques chapitres d'avance (jusqu'au 56), mais je ne trouve juste pas le temps de les poster.
Kelewan : Merci pour ta review :) Si tu veux une réponse, oui j'ai décidé de décrire les épreuves pratiques. Tu le verras bien assez tôt ;)
La main de Scorpius hésita un bref instant au-dessus de la case. Ses yeux retournèrent vers la question énoncée. Puis il se reporta vers les réponses et, se mordant la lèvre, en cocha une.
Au-dessus de lui, il entendait l'horloge et son tic-tac incessant qui lui donnait presque envie de crier. Il était onze heures, et l'épreuve écrite de Défense contre les Forces du Mal se terminait dans une heure. Scorpius se redressa légèrement, leva les yeux de sa feuille, et balaya la salle du regard. Un instant, il s'arrêta sur Albus. Sa tête reposait contre sa main mais il ne pouvait pas voir comment il allait. En vérité, Scorpius n'avait pas la moindre idée de comment Albus gérait les BUSEs. Aux dîners et lors des pauses, ils n'abordaient pas le sujet – ou alors Albus le détournait.
Pas loin, il y avait Augustus. Ses yeux parcouraient la feuille et sa plume le parchemin avec une vitesse que Scorpius ne lui avait jamais connu en contrôle. Il repensa à son épouvantard, la veille. Scorpius était retourné l'affronter juste après l'épreuve d'Histoire de la Magie. L'article qui lui avait été donné de lire faisait maintenant la longueur d'une véritable une de journal. La photo représentait Rose, les paragraphes donnaient les détails de sa mort. Une nouvelle fois, la culpabilité l'avait assailli. Parfois, Scorpius pensait à Rose et s'en voulait pour la manière dont leur relation s'était terminée. Il la voyait encore, dans les couloirs, et elle semblait plus triste que le mois dernier.
Il s'était encore fait avoir et avait lu les paragraphes. Il s'était raidi un instant mais il avait réussi à limiter l'engourdissement qui menaçait son esprit. Il avait réussi à maintenir une respiration normale – ni trop difficile, ni trop rapide. Scorpius était parvenu à ne pas paniquer, et lorsqu'il avait prononcé le sortilège, l'article avait réduit de quelques centimètres. Bon, il n'avait pas encore réussi à le changer ou à le faire disparaître, mais Scorpius y travaillait.
C'était dans la manière dont il s'y prenait. Il fallait qu'il pense à quelque chose de ridicule – mais c'était pas facile. Il ne pouvait pas être occupé à réduire la panique, à ne pas perdre la face face à la créature, et en même temps penser à quelque chose de ridicule. Car il avait découvert que la peur n'était pas quelque chose d'inexorable. Il pouvait la maîtriser, en devenir familier, pour, au final, s'en servir et en tirer profit. Il avait découvert qu'à partir d'une certaine dose de peur, et sous une autre de ces doses, c'était une émotion puissante qui pouvait lui servir de stimulant.
Le tic-tac de l'horloge lui revint. Scorpius se secoua la tête et se retourna vers sa copie.
Question 38 – Quels sont les possibles contre-sorts face à un maléfice d'alourdissement ? (donnez trois exemples)
Il soupira. C'était une question facile, celle-là – mais elle serait longue. Et il lui restait encore 11 questions. Scorpius se mit à écrire. Il se hâta un peu plus. Au bout de quelques instants, l'horloge retentit. Scorpius releva la tête avec vigueur, comme s'il avait reçu une secousse électrique.
-Très bien, dit Mr. Sapping, professeur de Défense contre les Forces du Mal. C'est terminé.
Et, d'un geste de sa baguette, toutes les copies s'envolèrent des tables et glissèrent jusqu'au bureau situé à côté de l'horloge en une pile. Il donna encore quelques indications, et les élèves commencèrent à évacuer la salle. Scorpius retrouva Augustus sur le chemin.
-Tu penses avoir réussi ? lui demanda Augustus.
-J'espère, répondit-il après un instant de réflexion. Et toi ?
Augustus se contenta de se frapper le front de sa main.
-La question 24, maugréa-t-il.
Ils étaient sortis dans le Hall, et les élèves autour d'eux commençaient à se disperser.
-L'épreuve pratique est à treize heures ? demanda Scorpius.
-Ils ont intérêt à vite remettre la Grande Salle dans son état normal, grommela Augustus. J'ai faim.
En même temps, les élèves des autres classes commençaient à émerger dans le Hall. Les élèves de septième année, revenant de leurs épreuves pratiques, avaient l'air aussi exténué qu'eux. Ils les suivirent à l'intérieur de la Grande Salle. Les tables étaient revenues à leur place. Ils retrouvèrent Albus, Freida et Phebe, qui s'étaient déjà trouvés une place à la table de Serpentard, juste devant l'entrée.
-Ça a été ? demanda Augustus en se laissant tomber face à Phebe.
-Normalement, répondit celle-ci. Je crois.
-J'ai laissé la question 12 vide, regretta Freida.
Au même moment, Elwood Tow, assis pas loin d'eux, apparut et tendit un morceau de parchemin, plié en deux, à Phebe.
-On m'a dit de faire passer, lança-t-il avant de retourner à son déjeuner.
Phebe fronça les sourcils en regardant le bout de papier. Elle le déplia et émit un couinement.
-Qu'est ce que... commença Scorpius.
-C'est de Thomas Braxley, leur apprit Freida en se penchant derrière l'épaule de Phebe.
Augustus poussa un soupir incrédule.
-Par Merlin... vraiment ? Échanger des messages, c'est pas un peu puéril ?
-Et alors ? rétorqua Phebe.
-Eh bien, je faisais ça quand j'étais en primaire, reprit Augustus. Vous, vous avez seize ans.
Phebe ne prêta même pas attention à sa réponse. Elle se mit à fouiller dans son sac pour une plume, de l'encre et du parchemin et finalement, elle en extirpa un billet coloré.
À côté d'elle, Albus soupira.
-J'ai hâte que les BUSEs soient finies, marmonna-t-il.
-Il ne reste que cinq heures, dit Scorpius. Ce soir, à dix-huit heures... ce sera fini.
-Et après, le week-end, se languit Freida.
-Les vacances, renchérit Augustus.
Il se renfrogna.
-Et dans une semaine, le résultat du concours, souffla-t-il.
-Et après ça, celui des BUSEs, rajouta Freida.
-Ne t'en fais pas, Augustus, dit Scorpius. Si quelqu'un peut gagner, c'est toi tu t'es investi plus que quiconque.
Augustus ne répondit pas. Albus, lui, avait toujours l'air las.
-C'est trop long.
Scorpius se tourna vers lui.
-C'est l'épreuve pratique de Défense contre les Forces du Mal, lui dit-il. Ils ne vont pas te demander de lire quoique ce soit.
-Oui, mais tout de même, marmonna Albus. Je suis fatigué.
Phebe replia le parchemin sur lequel elle avait écrit et le tendit à Elwood. Elle le vit remonter toute la ligne. Augustus, lui, lui adressait un regard intrigué.
-Hé, attends, c'était pas une beuglante ?
-Non, assura Phebe. Je...
Elle pâlit subitement.
-Oh non, marmonna-t-elle tout bas.
-Tu devrais courir, suggéra Augustus. C'est un conseil. Ne sois pas là quand elle explose.
Phebe parut s'apprêter à dire quelque chose, mais elle se leva, les jambes tremblantes, et courut vers la sortie. Elle allait atteindre les portes quand sa propre voix éclata dans la Grande Salle.
-JE TROUVE QUE TU ES TRES MIGNON.
Scorpius enfouit son visage dans ses mains. Les conversations s'arrêtèrent autour de lui, il entendit des rires. Face à lui, Augustus se pinçait les lèvres pour ne pas rire, et Freida le réprimandait à coup de poings dans l'épaule qui lui faisaient sûrement rien. Phebe avait disparu de la Grande Salle.
-Je ferais mieux d'aller lui parler, dit Albus en se levant, d'une voix forte pour couvrir le bruit qui était revenu.
-Bonne idée, lança Scorpius.
Il le regarda s'éloigner et, lorsqu'il eut passé les portes, Scorpius se retourna vers Thomas Braxley, plus loin à la table. Il rougissait légèrement et paraissait un peu mal à l'aise, mais discutait malgré tout avec ses amis, dont certains semblaient le charrier en riant.
Finalement, la cloche sonna, et ils se levèrent d'un bond. L'épreuve pratique de Défense contre les Forces du Mal allait bientôt commencer.
oOo
Elle avait lieu dans le parc. Comme les BUSEs coïncidaient avec les ASPICs, les cinquième et septième année alternaient chacun leur tour entre le parc, pour les épreuves pratiques, et la Grande Salle, pour les épreuves théoriques. À cette heure-ci, les septième année devaient passer l'épreuve théorique de métamorphose.
Des allées avaient été aménagé sous des toiles de tentes. Face à lui, Scorpius dénombrait une dizaine de couloirs. Ils s'étendaient d'un coin à l'autre du parc... ce qui était long – très long. Des portes de chêne donnant au Hall jusqu'au portail de fer forgé marquant l'entrée de Pré-au-Lard. Mr. Sapping se tenait face à eux, les compta, vérifia que tout le monde était présent, et se mit à expliquer :
-Le principe est très simple. C'est comme une course d'obstacles. Dix élèves passeront en même temps dans un tunnel différent. Là, vous rencontrerez des obstacles ou des créatures qu'il va vous falloir franchir. Le but est de voir comment vous savez vous défendre contre les forces du mal. Un jury vous suivra constamment des yeux et, bien sûr, interviendra au moindre problème. Vous serez appelé par ordre alphabétique. Chaque tunnel est différent.
Après avoir fini sa phrase, il sortit de sa poche un rouleau de parchemin, qu'il déplia. Il appela une liste de nom :
-ABRAHAM Meghan, ARMSTRONG Mary, BECKAM Eligah, BENBOW Aloysius, BRAMER Anson et Carey, BURRESS Weldon, CAUSE Ethel, COLLINS Hassie, COULSTON Seymour.
Scorpius vit les élèves se détacher sans grand enthousiasme du groupe quatre élèves de Gryffondor et de Serdaigle, deux de Serpentard. Augustus encouragea Eligah avec un sourire et un signe de la main. Mr. Sapping leur attribua à chacun un des dix tunnels, et, à son signal, ils y entrèrent.
Ils attendirent un long moment. Au bout d'un certain temps, certains finirent par s'asseoir sur l'herbe. Scorpius prit place avec Augustus, Phebe, Albus et Freida. Il vit l'heure défiler sur sa montre. Weldon Burress fut le premier à revenir. Quarante-cinq minutes. Ses cheveux fumaient et il avait le visage couvert de poussière. À sa suite, Mr. Sapping appela Eulalia Cowen. Elle partit aussitôt. Et puis Meghan Abraham revint à son tour, et ce fut Phebe qui fut appelée. Elle se leva avec détermination.
-Souhaitez-moi bonne chance, lança-t-elle d'une voix étranglée.
Et puis elle s'enfonça dans le couloir A. Scorpius sentait un pincement en la voyant s'éloigner. Il ne savait pas ce que les couloirs renfermaient. Il ne voulait pas la laisser seule. Quelque chose pourrait arriver, n'importe quoi... il se renfrogna et se força à penser que rien de grave ne pouvait se produire après tout, des sorciers étaient là pour veiller sur eux. Des gens expérimentés.
Mais un accident pouvait arriver très vite... Il se secoua la tête et se concentra sur la conversation qu'Augustus et Albus menaient sur les cartes de bataille explosive.
Il était quatorze heures quand le dernier du premier groupe, Aloysius, reparaisse à son tour. Tout le second groupe avait déjà été appelé. Scorpius, lui, attendait, toujours en compagnie d'Augustus, Albus et Freida. Quinze minutes plus tard, il vit un sorcier faire évacuer Eulalia de son couloir. Elle pleurait. Mr. Sapping se mordit la lèvre, puis se résolut à appeler Lymann Hill, un garçon de Gryffondor, pour prendre sa place à son tour dans le couloir G. Il pâlit mais obéit.
Phebe reparut vingt minutes plus tard, après cinquante-cinq minutes dans les tunnels. Ils n'étaient pas autorisés à communiquer, donc Scorpius ne parvint pas à lui parler, mais elle lui adressa un signe positif du pouce. Rien de grave, apparemment. Mr. Sapping appela Elvira Holmes.
L'attente était longue, et le soleil tapait fort. Les toiles étaient blanches et Scorpius espérait qu'il ne ferait pas trop chaud dans les couloirs. Et puis, il sentait la panique flotter autour de lui. Peu à peu, la confiance d'Augustus et d'Albus s'étaient érodées et maintenant, ils étaient tous les deux déconfits.
Il allait être quinze heures lorsque Wright Dickman reparut, après presque une heure dans le tunnel. Mr. Sapping lui jeta un coup d'œil inquisiteur, et puis reporta son regard sur sa liste.
-MALEFOY Scorpius, lança-t-il. C'est votre tour. Couloir J, tout de suite.
Scorpius se releva non sans trébucher et adressa un dernier regard à ses amis.
-C'était bien de vous rencontrer, dit-il. Al', si je ne reviens pas, envoie une lettre à mon père.
-Tu es trop dramatique, répondit celui-ci.
-C'est car je te côtoie trop.
Albus parut réfléchir.
-Bon point, admit-il.
Scorpius s'élança vers le couloir J. Celui-ci commençait à quelques mètres de là et semblait finir près des serres. Son poing se referma sur sa baguette. Sa présence le réconfortait. Le manche de sa baguette épousait la forme de ses doigts et Scorpius sentit le courage revenir. Il reprit son souffle, écarta les tentures qui couvraient l'entrée du couloir, et y entra. Un bref instant, la peur l'envahit et puis il réalisa que ce n'était pas très différent, en soit, d'affronter volontairement son épouvantard.
Les tentures se refermèrent aussitôt derrière lui. La lumière prenait une teinte orangée, ici. Le couloir était large de plusieurs mètres, long de... Scorpius n'en voyait pas le bout il tournait à une dizaine de pas d'ici. Il s'avança avec hésitation, et puis il se dit que l'hésitation n'allait pas lui donner une bonne note. Il approcha donc avec plus de fermeté, leva sa baguette, et tenta de se rappeler la liste des sortilèges de défense et d'attaque dans le fond de son cerveau. Il ne pouvait pas y accorder plus d'attention il devait garder les yeux rivés devant lui, et rester vigilant. Il tourna à l'angle du couloir. Il entendit une détonation. Il sursauta et se retourna. Il cria le premier sort qui lui passa par la tête :
-Reducto !
Il y eut un éclair rouge, et le mannequin de carton tomba en morceaux. Un mannequin en carton ? Cette course d'obstacles allait être plus simple qu'il ne le croyait.
C'est à ce moment qu'un serpencendre apparut dans l'herbe. Il était fin, et long, surtout. Il avait la couleur de la cendre et ses yeux brûlaient. Derrière lui s'éleva une traînée de flammes. Scorpius laissa échapper une exclamation, recula d'un pas, trébucha contre une racine et tomba. Le serpent s'approcha de lui. Il leva sa baguette. Quel sort pour faire apparaître de l'eau, déjà ?
-Aguamenti, lança-t-il.
Les flammes rétrécirent, mais elles persistaient. Cependant, le jet d'eau ralentit le serpent. Scorpius se redressa. Il écarta le serpencendre d'un coup de pied.
-Petrificus.
Il le laissa sur le sol. Avec de la chance, il ne reviendrait pas à la mobilité avant un moment. Et puis – Scorpius ne voulait pas tuer un serpent s'il pouvait le neutraliser. Il repartit en courant, pulvérisa plusieurs mannequins en cartons qui surgissaient sur son chemin. Un poussa même du sol et le força à sauter au-dessus de sa tête dans son élan. Scorpius se retourna de moitié et lui lança un sortilège. Il repartit en vitesse. Un autre mannequin se propulsa sur sa droite. Scorpius fit un bond.
-Stupéfix.
L'avantage de s'être entraîné à battre son épouvantard, c'était qu'il connaissait un grand nombre de sortilèges, maintenant, et qu'il n'avait pas spécialement peur de ce qui l'attendait à quelques mètres de là malgré l'odeur de brûlé qui se faisait de plus en plus forte.
Il finit à bout de souffle. Il ralentit et se mit à marcher. Il tourna sur la gauche, respirant toujours profondément. Au début, il n'aperçut pas les moustiques.
Enfin, ce n'était pas vraiment des moustiques. Scorpius avait déjà vu leur nom quelque part, mais il ne faisait pas Soins aux Créatures Magiques. C'était des insectes grand d'un centimètre, qui volaient au niveau de sa tête, les ailes comme des hélices, une couleur brillante qui lui fit mal aux yeux. Ils ne lui faisaient pas peur le problème que Scorpius remarqua aussitôt, ce fut leur dard et leur nombre. C'était un véritable essaim, et dès qu'il apparut face à eux, ils foncèrent sur lui.
Scorpius se jeta au sol, les coudes serrés contre lui, sa baguette bien fermement dans sa main. Il se mit à ramper sur le sol. Les insectes volaient tellement vite que, peut-être, elles ne pouvaient pas se poser sur le sol. C'était un espoir stupide, mais Scorpius n'avait pas beaucoup d'idées, à ce moment. Sortir, c'était le plan.
Il rampa et sentit l'essaim au-dessus de sa tête. Puis, il sentit une piqûre. Scorpius eut un gémissement qu'il étouffa, chassa l'insecte de son cou, et resta une brève seconde sur le sol. C'est là qu'il vit que le sol s'éloignait.
Scorpius flottait.
-Merde, laissa-t-il échapper.
Il se retourna. Il flottait toujours à quelques centimètres du sol, et à chaque fois qu'il s'élevait, il s'approchait des insectes. Il se retourna et tendit les mains vers le sol. Il se mit à ramasser le plus de cailloux possibles et les enfouit dans ses chaussures. Il perdit de l'altitude et, enfin, ses pieds touchèrent la terre ferme. La sensation était horrible, gênante, il avait l'impression que ses pieds voulaient se décrocher du reste de son corps, et que celui-ci se battait pour se remettre à flotter. Avec tout ça, Scorpius se mit à courir. Il savait que ça ne marcherait pas. Il se retourna brusquement.
-Lumos solem !
Il ferma les yeux avec force, vit un éclair blanc illuminer un instant le couloir, et rouvrit les yeux avec appréhension. Les moustiques volaient dans un ordre désordonné, encore sonné. Scorpius en profita pour s'enfuir.
Les choses se corsaient, maintenant. Il jeta un regard à sa montre. Vingt minutes. Toute cette course avait duré vingt minutes. Scorpius n'avait pas vu le temps passer.
L'avantage au fait qu'il flottait, c'était que sauter par-dessus des obstacles en était plus simple. Scorpius enjamba et sauta par-dessus une clôture sans même ressentir l'effort. Un nouveau mannequin jaillit face à lui, mais Scorpius n'en était même plus surpris. Il ne s'arrêta pas et le détruisit en courant. À vrai dire, toute cette course lui semblait d'une facilité étonnante face à tous les moyens qu'il avait déployé pour tenter de battre son épouvantard. Lorsqu'il noya un groupe de doxys, il se rappelait de la fois où il avait essayé de noyer son épouvantard avant qu'il ne prenne la forme d'un article. Il pulvérisa une nouvelle créature qui avait surgi sur sa droite, et ça lui rappela comment il avait fait de même, dans la réserve d'objets magiques, moins de deux semaines auparavant.
Il parvint vite à la fin, mais arrivait devant le dernier tournant, il pila net. L'odeur de brûlé y était beaucoup plus forte. Du feu, se dit Scorpius. Encore du feu. Il serra encore plus fort sa baguette entre ses doigts, reprit son souffle, rassembla son courage, et passa l'angle.
Un groupe de crabes. Il y avait face à lui un groupe de crabes. Scorpius en fut tellement sidéré qu'il resta immobile. Grosse erreur, car les crabes lui firent face et éjectèrent des boules de feu de leur abdomen.
Scorpius étouffa une exclamation et sauta sur le côté. Les flammes s'écrasèrent à quelques mètres de lui et brûlèrent l'herbe, déjà brunie. Il serra sa baguette contre lui et tenta de trouver une solution. Il pouvait tenter de jeter de l'eau, bien sûr mais les crabes étaient une vingtaine et il n'était pas certain qu'ils seraient affectés. Ses vêtements étaient encore mouillés de son altercation avec le serpencendre et les doxys. Son visage devait être couvert de terre, son uniforme brûlé et déchiré en certains endroits. Sans parler du fait qu'il flottait toujours. À part ça, et il le remarqua avec surprise, il n'avait pas de blessure. Peut-être un hématome ou deux. Il réfléchit. Il pourrait...
Une idée lui vint en tête. Il se concentra, marmonna une formule à mi-voix, comme de peur de rappeler sa présence aux crabes de feu. Il sentit comme un liquide couler le long de son cou, comme si on lui avait écrasé un œuf sur le crâne. Scorpius sut que c'était bon signe. Il se redressa et courut.
Il traversa la dernière ligne du couloir, en veillant à ne pas toucher les crabes. Alors qu'il arrivait à la sortie, derrière une bute, et qu'il sentait le sortilège de dissimulation se dissiper, il se propulsa dans les airs, laissa ses chaussures derrière lui, et, alors qu'il approchait de la bute, cria :
-Cracbadaboum !
Il y eut un éboulement. La sortie du tunnel s'écroula derrière lui. Il entendit un broiement. Ce devait être les crabes. Il espérait qu'ils aient eu le temps de se réfugier sous leur carapace. Scorpius était retombé... eh bien, dans les airs, mais aussi dans le parc. Les serres de botanique se trouvaient derrière lui. Scorpius n'osa pas se retourner. Il pointa une dernière fois vers le couloir.
-Accio chaussures, dit-il, même s'il s'en trouvait idiot.
Ses chaussures mirent quelques secondes à trouver le moyen de s'extirper de la sortie du tunnel, mais elles finirent par voler jusqu'à lui. Il s'en empara avec précipitation et les enfila. Il retomba au sol et, enfin, se retourna.
-Bien joué, dit un sorcier, qu'il n'avait pas vu jusque là, et qui se tenait debout juste à côté de lui.
Scorpius sursauta. Le sorcier était un homme d'une cinquantaine d'années.
-Vraiment bien joué, répéta-t-il.
Scorpius reconnut son air surpris. Il semblait étonné. Scorpius devinait pourquoi. La plupart des sorts qu'il avait utilisé, il ne les avait pas appris en classe. Il les avait trouvé à la Bibliothèque ou auprès d'élèves plus âgés, lorsqu'il cherchait à vaincre son épouvantard.
-Merci, monsieur, dit-il humblement.
-Votre nom ?
-Malefoy. Scorpius Malefoy.
L'homme tressaillit.
-Ah, laissa-t-il échapper. Malefoy...
Scorpius se figea. Il se demandait pourquoi ça l'étonnait. Et puis il se rappela que c'était une épreuve de Défense contre les Forces du Mal. Son père était connu pour être un Mangemort. Peut-être que l'examinateur y voyait un lien. Cette idée le glaça.
-Bonne journée, monsieur, dit froidement Scorpius.
Il s'éloigna le plus vite qu'il put avec son corps voulant se décrocher du sol. Il passa par les serres. Le calme qui l'envahit alors le soulagea et fit venir à lui une pensée : les BUSEs étaient finies. Scorpius respira profondément pour la première fois depuis une semaine. Il mit un peu de temps à remonter jusqu'au Hall d'entrée.
-Scorpius !
La voix de Phebe retentit à ses oreilles alors qu'elle courait à lui. Elle saisit ses poignets par les mains et l'entraîna en précipitation dans une alcôve près d'une des statues, à l'écart des autres élèves qui pouvaient passer par là. Elle semblait à la fois surexcitée et sidérée.
-Tu as pris trente-cinq minutes ! marmonna-t-elle rapidement.
-Vraiment ? lui demanda-t-il. Qu-Quelle heure est-il ?
Phebe tendit le poignet de Scorpius et jeta un coup d'œil à sa montre.
-Il est seize heures quarante-cinq, lut-elle. Tu es sorti il y a vingt minutes.
-Vraiment ? demanda Scorpius.
Phebe poussa un soupir et leva les yeux au ciel.
-Oui, vraiment, insista-t-elle. C'est un record. Je veux dire... c'est sensé être faisable en une heure environ.
-Oui, j'ai couru vite, parlant de ça...
Il secoua ses chaussures. Des cailloux en sortirent et Scorpius s'éleva de quelques centimètres dans les airs. Phebe écarquilla les yeux, puis se mordit la lèvre comme si elle se retenait de rire.
-Je vais t'arranger ça avant qu'Augustus te voit, lui dit-elle.
Elle sortit sa baguette, marmonna une incantation que Scorpius ne comprit pas – quelque chose avec des s ? - et il se sentit retomber brusquement sur le sol.
-Par Merlin, merci, souffla Scorpius.
Ils s'assirent sur le socle d'une statue et Scorpius entreprit de retirer les cailloux de ses chaussures. Ils avaient entaillé ses chevilles.
-Tu as été piqué par des billywigs ?
-Des quoi ?
-Des créatures volantes à la carapace bleue. Elles ont un dard et...
-Oui, ça doit être ça, maugréa-t-il.
Phebe sourit.
-Il y en avait aussi dans mon couloir.
-Comment tu t'en es débarrassée ?
-Un sortilège du bouclier.
-Oh. Oui, évidemment, soupira Scorpius.
-Tu as fait comment, toi ?
-Un lumos solem, dit-il.
Phebe parut étonnée.
-C'est intelligent.
-Merci.
oOo
Scorpius était allongé sur son lit. Il était sensé faire sa valise mais il avait abandonné il y a une trentaine de minutes. Des affaires s'étalaient sur ses couvertures mais il n'y prêtait pas attention. Il venait de retrouver un vieux livre moldu sur la physique. Il trouvait ça cool. Après quelques minutes, il entendit la porte du dortoir s'ouvrir et il reconnut le pas d'Augustus.
-Hé, lança Scorpius sans relever la tête de son manuel. Tu savais que si, hypothétiquement, on laissait un être humain tomber dans un trou noir, il pourrait être tué de deux manières dif...
Scorpius s'interrompit. Il était rare qu'Augustus le laisse terminer une phrase qui parlait de science. Il était rare qu'ils ne parlent pas en même temps lors d'une discussion, d'ailleurs.
Scorpius releva anxieusement les yeux vers lui. Augustus se tenait debout, avait dans sa main, tremblant, un rouleau de parchemin, et son regard était vide. Scorpius se redressa.
-Qu'est-ce qu'il se passe ?
-Les résultats du concours, dit-il simplement en tendant la feuille.
-Tu... par Merlin, Augustus. Tu les as vu ? Alors ?
Il secoua la tête.
-Non, dit-il. Je n'ai pas la force d'ouvrir l'enveloppe. Je...
Sa voix s'éteignit.
-Tu veux que je le fasse pour toi ?
Augustus ne répondit pas, mais ne protesta pas non plus. Scorpius s'approcha et saisit l'enveloppe. Il recula de quelques pas, la descella, et en tira un morceau de parchemin. Une formule de politesse, un bref paragraphe introductif, une liste de noms, et une autre formule de politesse. Scorpius les parcourut sans vraiment y prêter attention, et puis son regard s'arrêta sur la liste. Il y resta fixé un long moment.
-Alors ? le pressa Augustus après un instant.
-Dominique a gagné, marmonna Scorpius. Howell aussi.
-Cool, accorda Augustus mais sans vraiment s'y intéresser. Mais... et moi ?
Scorpius se mordit la lèvre. Il releva les yeux vers lui.
-Tu sais, Augustus, ce n'est pas grand chose, articula-t-il. Ce n'est qu'une opportunité parmi beaucoup d'autres. Regarde, moi, je n'ai pas participé et ça n'empêche pas que...
Le visage d'Augustus s'était décomposé.
-Je n'ai pas gagné, dit-il, mais sur le ton de l'interrogation.
-Non, accorda Scorpius. Mais ce n'est pas si grave. En soit...
-Qui est le troisième gagnant ?
Scorpius hésita. Enfin, il dit :
-C'est Carey Bramer.
Augustus se laissa tomber sur le lit le plus proche.
-Carey Bramer, répéta-t-il. Il n'est... Ce n'est même pas... Je...
Sa respiration se fit plus difficile. Scorpius prit place à côté de lui.
-Hé, ce n'est qu'un concours, pas vrai ?
-Oui.
-Alors, ce n'est pas si important.
-Tu ne comprends pas.
Il prit une pause, comme s'il rassemblait ses pensées, et enfin expliqua :
-J'ai essayé beaucoup de choses, tu vois. J'ai été amoureux de Dominique pendant presque cinq ans. Ça n'a pas marché. J'ai essayé d'intégrer l'équipe de Poufsouffle – Phebe l'a rejointe sans même essayer. Sans travailler, j'étais un des meilleurs élèves de la maison – je ne suis même pas préfet. Cette année, je fais tous les efforts possibles, et là encore, je ne gagne pas. Je ne gagnerien, à quoi que ce soit jamais. À côté, je suis ami avec Albus Potter – qui est le fils de l'Elu avec Phebe, qui est non seulement préfète mais aussi batteuse avec toi, qui est sûrement un des meilleurs élèves de notre année. Et il y a moi. Qui n'a ni petite amie. Ni de très bonnes notes. Sans talent particulier. Sans rien. Je n'ai rien.
-Hé, non, le raisonna Scorpius. Tu n'as pas rien. Tu as Eligah. C'est ta copine.
Augustus eut un rire qui résonna sans joie.
-Plus maintenant, dit-il. On a rompu hier.
Scorpius ne masqua pas sa surprise.
-Vraiment ? laissa-t-il échapper. Pourquoi ?
-On veut profiter pleinement de notre été chacun de notre côté, dit-il. Tu vois ? Je n'ai même pas Eligah.
-Eh bien, dans ce cas, tu m'as, moi, lança Scorpius en se redressant. On est amis, pas vrai ?
-Oui, Scorpius, mais...
Il l'interrompit.
-Les amis, ça représente beaucoup de choses, lui dit-il. C'est plus que ce que beaucoup de gens peuvent avoir. C'est plus impressionnant qu'une bonne note, ils représentent plus de gens qu'une petite-amie. Je suis presque certain que c'est plus fatigant qu'être dans une équipe de sport. Et c'est comme ça qu'on voit qui tu es. Chaque grande personne a un groupe d'amis. Tiens, par exemple, Mr. Thomas.
Augustus soupira.
-Mr. Thomas a aussi joué une année dans l'équipe de Gryffondor, en 96, Scorpius. Il a eu plusieurs copines. Il a aussi survécu de son côté pendant la guerre alors qu'il était recherché par des rafleurs.
Bon, peut-être que c'était pas le meilleur exemple, pensa Scorpius. Il tenta de se rattraper.
-Oui, d'accord, accorda-t-il. Mais à ton âge ? Quand il avait quinze ans, est-ce qu'il avait tout ça ?
-Non, dut admettre Augustus. C'est vrai.
-Tu vois ? fit Scorpius. Beaucoup de choses peuvent se passer en un an. Tu as encore le temps de faire tes preuves. En attendant, tu as tes amis. Je suis sûr que Mr. Thomas avait aussi des amis, à Poudlard.
Augustus ne répondit pas, mais Scorpius perçut l'ombre d'un sourire sur ses lèvres.
-On fera une soirée, chez moi, pendant les vacances, dit-il. Avec tout le monde. Ça te remontera le moral.
Augustus releva enfin les yeux vers lui.
-Merci, Scorpius.
-C'est rien, assura celui-ci.
Il posa une main réconfortante sur son épaule, et il sentit la respiration d'Augustus s'alléger.
Je dois dire, je n'écris pas beaucoup de scènes d'action, mais je pense que je me suis plutôt bien débrouillée, non ? n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, je valorise chaque avis :) à la semaine prochaine (j'espère) !
