Le Projet A

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.

Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…

Chapitre corrigé par Emmawh. Dites-lui merci, priez-là, envoyez lui des chocolats. (Beaucoup, d'ailleurs. Parce que je suis un mauvais auteur qui envoie ses chapitres à la dernière minute.)

Merci à Alamane-kun, ClaraJonesMalfoy, Paquerette-san, Emmawh (x2),blitz-lily, LadyWyvern, Plume d'Indigo (x2), Melkion et Anotherstep pour leur review !

LadyWyvern : Hello ! Merci pour ta review ! Oui, ça va être une année compliquée pour Jack, on le voit déjà pour ce chapitre. Et le cadeau de Mérida est bien un cadeau empoisonné ^^. Pour les notions de solfège, j'avoue, j'ai été voir sur internet. Les miennes remontent un peu trop loin et je n'étais pas vraiment assidu ^^

Bonne lecture !

Plume d'Indigo : Hello ! Merci pour ta review ! Les chapitres de Noël sont aussi ceux que je préfère écrire, de manière générale. Pour Eric, il a effectivement dû le sentir passer. Et ça ne va pas être de tout repos avec la Voix, on le voit déjà dans ce chapitre.

Mérida risque d'avoir un peu de mal à s'expliquer avec ses parents, mais je suis sûr qu'elle va s'en sortir.

Harold risque gros, oui, mais plus pour sa propre vie que pour le fait que Krokmou soit découvert. L'amulette est un gadget très pratique, car il faut vouloir voir pour pouvoir voir. Et les gens veulent rarement voir la réalité ^^ Surtout les dragons qui volent au-dessus de leur tête.

Et je suis content que le développement du pouvoir de Raiponce te plaise !

Bonne lecture !

Melkion : Hello ! Merci pour ta review ! Oui, pleins de trucs intéressants dans ce chapitre. Je suis vraiment content qu'il te plaise, en tous cas !

Bonne lecture (et bonnes vacances, apparemment ^^) !

Bonne lecture !

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Chapitre 42 : Concentration

Allongé au milieu des coussins de la salle n°27, Jack était pensif. Ou plutôt, il préférait penser en fixant le plafond plutôt que faire ce pourquoi il était venu. Parce que si aujourd'hui, il se trouvait là, ce n'était pas pour avancer dans la transformation animagus, mais plutôt pour sauver sa peau en tentant de maîtriser la Voix. Ce qui promettait d'être une véritable partie de plaisir.

A vrai dire, ce n'était pas la première fois qu'il tentait l'expérience. Le lendemain de Noël, il s'était mis au boulot et avait décidé de tenter d'entrer volontairement en contact avec la Voix. Pas une simple discussion mais un contact direct, comme il pouvait en avoir avec son animagus, même si le vocabulaire de ce dernier se limitait à des variations sur les thèmes « Miaou » et « Prrrrr ».

Cette association lui avait donné l'idée d'essayer la méditation. Tentative totalement ratée, par ailleurs, le Serpentard s'étant retrouvé face au fléreur. Il avait donc ressorti petit manuel concocté par Harold et Raiponce, pour essayer de comprendre d'où venait le problème. Il avant fini par trouver une petite note indiquant que si une méthode n'obtenait pas l'effet escompté, en changer était la meilleure option. C'était tellement évident que le jeune homme n'y avait même pas pensé.

Après quelques hésitations, il avait opté pour la méthode nécessitant un focus, c'est-à-dire un objet directement en lien avec ce que l'on cherchait sur lequel se concentrer. Et l'objet était tout trouvé : la boité à musique de Veilleuse.

Ceci expliquait donc pourquoi il était actuellement allongé au milieu des coussins, entièrement concentré sur la mélodie émise par la boite. Un petit sortilège de répétition lui permettait de ne pas devoir sans cesse fermer et rouvrir le couvercle pour redémarrer la partition.

Doucement, il sentait son esprit dériver. Mais ce n'était pas tout à fait la même sensation que lors des séances de « méditation-animagus ». Comme si il découvrait une nouvelle facette de son esprit, une nouvelle portion de territoire.

Il aurait pu se laisser aller encore longtemps, s'il ne s'était pas cogné contre quelque chose. Ou plutôt, contre quelqu'un.

« - Je vois que tu as fini par me trouver. Du moins ma résidence principale. J'avoue avoir hésité avec l'inconscient, mais je trouvais le siège des émotions particulièrement adapté. Idéal pour capter tous les mouvements d'humeurs propices à une petite prise de pouvoir. »

Le lieu où Jack avait atterri était on ne peut plus singulier. C'était une grande salle blanche, où passaient des dizaines de câbles transparents. Au cœur de ceux-ci, des perles colorées transitaient calmement.(1)

« - Où sommes-nous ? Ce n'est pas l'endroit habituel.

- Je te l'ai dit, c'est le siège des émotions. C'est par là que passent tous tes souvenirs, avant de partir pour la mémoire centrale. C'est un peu l'envers du décor. Ce n'est pas aussi charmant que ton petit lac enneigé, mais moi j'aime bien. Bon, assez parlé, que viens-tu faire ici ? Oh, je le sais, évidemment. Mais c'est pour le bien de la mise en scène. Sans un peu de paillettes, cela serait trop morne, tu ne crois pas ?

- Arrête de te foutre de moi ! Si tu continues à interférer dans ma magie, nous allons mourir ! Ce n'est pas toi qui a tant peur de la mort ?

- Ne fais pas ta diva. Tu as aussi peur que moi de mourir. Au lieu de t'énerver, dis-moi ce que tu comptes faire pour empêcher cela.

- Tu dois me laisser le plein-pouvoir. Je sais que je n'ai pas accès à tout, c'est cela qui fausse le rituel.

- Je dois ? Je DOIS ? Tu es culotté, mon cher. Je ne te dois rien, si ce n'est te garder en vie.

- C'est pour cela que tu dois cesser d'intervenir.

- Si j'arrête, tu exploses. »

Interloqué par cette phrase, Jack se calma pour observer son interlocuteur. Ce dernier lui ressemblait trait pour trait, si ce n'est sa peau plus pâle, et il arborait le même air que le Serpentard lorsqu'il était on ne peut plus sérieux.

« - Que veux-tu dire ?

- Cela fait seize ans que je draine ton surplus de pouvoir parce que tu ne sais pas le gérer. Si j'arrête de faire cela, tu vas littéralement exploser. BOUM. Des petits morceaux de Jack partout.

- Alors je fais quoi ?

- Entraine-toi.

- Comment ? Tu crois que c'est facile, ici ?

- Oui.

- Ah bon ? Donc je me fous dans une salle du Château et je gèle tout ? Comme ça ?

- Tu as parlé « d'ici ». Pas du Château.

- Je ne comprends pas.

- Ca va venir. »

Sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, Jack se sentit tiré en arrière. Quand il retrouva à peu près le sens de l'équilibre, il constata que la salle blanche avait fait place à une grande plaine vide. La Voix, elle, n'avait pas bougée.

« - Où sommes-nous ?

- Tu te répètes. »

Et sans cesser de sourire, l'esprit leva le bras pour lancer un trait gelé droit vers l'Irlandais, qui dû se jeter sur le côté pour l'éviter.

« - Mais t'es malade !

- Tu voulais t'entrainer ? Vas y ! Montre-moi que tu es digne de confiance, ricana la Voix en lançant une nouvelle attaque.

- Arrête !

- Cesse de fuir. Relève-toi ! Tu comptais me soumettre, non ? Tu pensais réellement que ce serait aussi facile ?

- Si tu continues, nous allons y rester. Pourquoi ne veux-tu pas comprendre ?

- Mais je comprends. Je comprends parfaitement. Comme tu es là, tu me laisses le choix entre mourir aujourd'hui parce que tu auras fait boum et mourir dans un an. Tu m'excuseras de choisir d'avoir un petit répit. Maintenant, défends-toi, chiffe molle. »

Au sol, Jack sera les poings. Puis, d'un geste vif, il lança sa propre magie contre son double. Il voulait la guerre ? Il allait l'avoir !

Moins de cinq minutes plus tard, il était de retour au sol, complètement épuisé.

« - Et c'est « ça » qui voulait mon pouvoir ? Revient dans trois cents ans, vermisseau. »

Comme si l'on venait de lui asséner un coup droit dans l'estomac, Jack se réveilla en sursaut dans la salle n°27. Il venait de se faire latter royalement par une partie de lui-même. Et si chacun de ses muscles lui rappelait sa bataille, c'était sans nul doute son ego qui était le plus meurtri.

Un vermisseau ? Elle allait voir, cette Voix de pacotille. Il allait lui tomber dessus comme un fauve sur sa proie, elle n'allait rien comprendre.

Non mais. Vermisseau. Et puis quoi encore ? Protozoaire(2) ?

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Mérida n'en pouvait plus. Si un seul professeur lui lançait une nouvelle fois un regard plein de pitié, elle retirerait ses gants, leur mettrait un bon coup de poing en pleine tête et leur déballerait tout leur avenir. Mais que diable s'était-il passé durant les vacances de Noël pour que leur comportement change autant ? Ils n'étaient pas comme ça avant et pourtant elle avait porté ces gants près de deux semaines avant le départ.

Ou alors, Mrs. Pince avait commencé par inventer un mensonge pour expliquer ses mains couvertes et les autres lui avaient fait cracher le morceau durant le congé. Possible. N'empêche que. Elle n'était pas à l'article de la mort, juste voyante. Donc pas la peine de la regarder comme un petit animal abandonné.

En parlant d'animal, tout ça l'énervait tellement qu'elle n'arrivait même pas à se concentrer sur le sien. C'était pourtant bien nécessaire : elle était en train de se faire royalement distancer par Jack et Raiponce. Et peut-être même par Harold, mais elle n'en était pas du tout sûr, vu que le Gallois ne disait absolument rien sur ses progrès.

Couchée au milieu des coussins, elle tenta donc de se concentrer. Ou plutôt de se laisser dériver, comme à son habitude. AU bout d'une dizaine de minute, elle parvint enfin à entrer en transe, s'endormant dans la salle n°27 pour se réveiller au beau milieu des terres du Château Dunbroch.

Actuellement, son esprit se baladait en pleine forêt, celle-là même qu'elle aimait parcourir sur le dos d'Angus. Mais pour entrer en contact avec son animal, il fallait un lieu bien plus adapté, surtout que ce dernier était rarement dans son nid.

Se déplaçant adroitement entre les branches traitresses et les racines vicieuses des arbres centenaires, elle parvint à atteindre un lieu qui avait marqué toute son enfance : le cercle de pierres levées. Des pierres titanesques dressées au beau milieu d'une clairière. Quand elle était plus jeune, sa mère lui racontait souvent que c'était un lieu de rencontre entre les humains et les esprits. Et dans la situation actuelle, ce n'était vraiment pas loin de la vérité.

S'asseyant sur un monolithe couché au sol, la rousse attrapa une feuille et la plaça contre sa bouche. Il souffla et un sifflement aigu retentit dans la clairière.

Loin, loin de le ciel, un chant triste s'éleva. Et d'un des rares nuages qui parsemaient le ciel, un immense oiseau sortit. Grand comme un cygne, un plumage noir d'encre aux reflets émeraude, l'augurey venait à la rencontre de sa partenaire.

Après avoir effectué une grande circonvolution dans les airs, le majestueux animal plongea en piqué vers la clairière et se posa aux côté de la jeune fille. D'un geste machinal, celle-ci leva sa main et alla la perdre dans les plumes du bel oiseau.

Pendant un long moment, Mérida avait été honteuse de son animal. Principalement car ce n'était pas un ours, à l'inverse de l'animagus des Dunbroch de sang depuis Arthur. Mais aussi parce que ce n'était même pas un animal qui aurait pu faire la comparaison avec un ursidé : pas de griffes ni de crocs, juste de grands yeux et un chant à faire pleurer les pierres.

Cela avait d'ailleurs donné lieu à une situation assez cocasse : l'augurey avait dû apprivoiser Mérida autant que celle-ci avait dû apprivoiser l'oiseau. Tels deux amoureux hésitants, ils s'étaient tournés autour durant des semaines, chacun reculant en arrière quand l'autre faisait un pas dans sa direction.

Au final, Mérida se disait que leur méthode en valait bien une autre. Elle était peut-être plus longue, mais elle lui avait permis de développer avec son animal un lien très fort, un lien qui faisait peut-être défaut aux autres membres du Projet.

« - Nous y allons, mon ami ? » demanda-t-elle à l'oiseau, dont la présence avait fortement calmé son énervement précédent.

Un doux trémolo lui donna ce qu'elle prit comme un assentiment.

Inspirant profondément, elle ferma les yeux et invita l'oiseau à entrer. C'était loin d'être la méthode prescrite dans les notes des Maraudeurs, mais elle était sûre que l'oiseau était bien plus apte qu'elle à décider jusqu'où ils pouvaient se mélanger sans risque. Et jusque maintenant, les essais ne lui avaient pas donné tort. Il faudrait qu'elle pense à rajouter sa méthode aux notes qui iraient compléter le livre qu'ils avaient décidé de laisser aux futurs étudiants de Poudlard assez malins pour trouver sa cachette.

Se réveillant quelque peu, elle signala à l'Augurey qu'elle était prête. Etendant ses ailes, l'oiseau reprit son envol, s'éleva quelques peu dans les airs puis fit demi-tour et fonça droit vers la poitrine de la Gryffondor.

La première fois qu'il avait fait cela, Mérida s'était jetée au sol par peur du choc. Aujourd'hui, elle savait qu'elle ne risquait rien et accueillit avec sérénité la sensation de douceur apportée par l'oiseau.

Allongée sur la pierre, elle sentit son corps se couvrir doucement de duvet et de plume. La dernière fois qu'elle avait tenté la transformation, seules quelques longues plumes noires étaient apparues. Aujourd'hui, elle sentait que cela allait plus loin.

Quand la transformation se termina, la jeune fille rouvrit les yeux. Maladroitement, elle se releva, perturbée par son nouveau plumage, et elle se dirigea vers le petit étang qu'elle savait être un peu plus loin.

Se penchant vers l'eau claire, elle prit son temps pour s'admirer. Elle n'avait jamais été particulièrement narcissique, mais aujourd'hui, elle s'estimait plutôt belle sous cette forme. La transformation avait été bien plus loin que la dernière fois. Des plumes avaient poussé sur tout le haut de son corps, la couvrant d'un manteau noir brillant. Ses cheveux, originellement roux, avaient foncé, même s'ils gardaient une légère trace rougeâtre. Mais le plus étrange restait ses yeux : d'ordinaire bleus, ils étaient devenus deux perles entièrement grises. Ainsi transformée, elle semblait tout droit sortir des mythes anciens, à la fois belle et effrayante. Et cela lui plaisait assez.

« - Je pense que c'est bon, maintenant. On essaie la transformation inverse ? » demanda-t-elle tout haut.

Au fond d'elle, un chant mélodieux lui répondit. Elle vit les plumes se rétracter petit à petit, jusqu'à s'effacer pour laisser place à sa peau pâle habituelle. Un nouveau regard dans l'étang lui apprit que ses yeux étaient redevenus normaux. Et en un clin d'œil, l'Augurey était de nouveau à ses côtés.

« - Je vais devoir y aller, mon grand. Mais je te promet de revenir bientôt. »

Un trémolo triste fut sa réponse.

« - Ne fais pas cette tête-là, grand benêt. On partage la même tête, je ne suis pas très loin. »

L'oiseau lança une dernière note, avant de reprendre son envol, droit vers les nuages.

Et dans le monde réel, Mérida s'éveilla au milieu des coussins, telle une princesse dans son grand lit.

« - Nom de dieu, va falloir que je change ces maudit coussins. J'ai l'impression d'avoir dormi direct sur le sol. »

Bon, on repassera pour la princesse.

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« - Mélangez l'armoise et l'amanite en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre.

- C'est fait, répondit Harold

- Ok, continua Mérida. Jeter les feuilles de sorbier dès que l'ébullition reprend.

- Fait aussi.

- Et attendre sept minutes puis plonger la carapace de scarabée Goliath trente secondes avant de la ressortir ?

- F… La ressortir ?

- Ben oui. Faut la plonger avec la louche et la ressortir trente secondes plus tard.

- Ah. Bah au moins, on sait pourquoi la potion est rose à pois verts au lieu d'être bleue.

- On peut faire quelque chose(3) ?

- Qu'est-ce que j'en sais. De toute façon, vu le regard que nous lance Snape, on peut pas espérer plus qu'un D. Un P dans le meilleur des cas(4).

- Et dire qu'il faut obtenir un O aux BUSEs pour continuer cette matière.

- J'ai presque sauté de joie quand Charlie m'a dit qu'il fallait juste obtenir sa BUSE en potion pour être dresseur de dragon.

- Quand Miss Dunbroch et Mr. Haddock auront fini de discuter, ils voudront peut-être m'honorer de leur potion. Quoi que vu son apparence, je ne suis pas sûr de vouloir me pencher dessus. Êtes-vous incapables au point de ne pas réussir un simple philtre de paix en cinquième année ? Désolant. Et je ne parle pas que de votre note. »

Sans relever, Harold versa la potion dans la fiole, la scella, y nota son nom et celui de Mérida avant de se diriger vers la sortie. Cinq ans avec Snape et des capacités médiocres en potion lui avaient appris à ignorer les remarques. Quoiqu'il pouvait aussi remercier Rustik, pour ça.

Sortant des cachots, il jeta un coup d'œil par la fenêtre. Constatant que le soleil allait se coucher d'ici une petite heure, il décida qu'il était temps de se dépêcher.

« - Je suis désolé Mérida, je dois te laisser, j'ai rendez-vous avec Mrs. Chourave.

- Encore ?

- Elle a reçu de nouvelles plantes, tu sais, tout ça. On se voit au diner ?

- Sans soucis. »

A grands pas, le Poufsouffle s'éloigna alors de son amie, prenant la direction des serres. Mais dès que la jeune fille fut assez loin, il bifurqua dans un passage secret. Assez rapidement, il arriva à destination : la cachette de Krokmou.

Déposant ses affaires dans un coin, il attrapa la selle de Krokmou, qu'il attacha rapidement, l'entrainement aidant, avant d'enfiler son propre attirail. EN moins de vingt minutes, dragons et humains étaient prêts pour le décollage.

« - On y va mon grand ? On a une quarantaine de minutes avant que le soleil ne se couche, on a plus intérêt à tarder. »

Seul un grognement excité lui répondit. Le dragon n'attendait qu'une chose : le départ.

« - Yackolack », énonça clairement le jeune homme. Une faible lueur lui indiqua que le mur était bel et bien devenu intangible.

Le brun vérifia une dernière fois qu'il était bien attaché, histoire de ne pas revivre la même frayeur que lors de son premier vol.

« - On est parti, Krok' ! »

N'attendant que ces mots, le reptile s'élança au travers du mur. Cette fois-ci, il ne se laissa pas tomber mais parti directement dans les airs à grands coups d'ailes.

« - Ca te dit quelques acrobaties ? »

Tirant légèrement les rênes, le jeune homme dirigea le dragon vers les grandes tours de Poudlard. Evoluant dans les airs comme un poisson dans l'eau, l'animal contourna l'édifice, jouant entre les constructions et rebondissant sur les courants ascendants. Bien accroché à la salle grâce à plusieurs crochets, Harold suivait tous les mouvements du dragon avec son propre corps et vivait l'expérience à fond. Et peu importe que cette expérience ait déjà eu lieu chaque jour depuis le premier vol.

Décidant que cela était assez, le jeune homme dirigea lentement mais sûrement sa monture vers la Forêt Interdite, où le vol serait plus calme.

Loin à l'est, le soleil se couchait doucement. La délicate lueur orangée du crépuscule s'étendait doucement sur les bois dépourvus de la moindre feuille. Ici et là, quelques résineux mêlaient leur tendre vert à la flamboyante palette du couchant et ailleurs, la neige reflétait la lumière ocre de l'astre du jour, donnant au monde une teinte irréelle.

Avec les acrobaties, c'était probablement cela qu'Harold préférait dans leurs séances de vol : cette vision du monde qu'il était un des sols à pouvoir admirer, avec ceux qui prenaient le temps de voler en balais pour autre chose que le Quidditch et les déplacements. Et encore, il n'était pas sûr qu'ils puissent profiter de cette chance comme lui. Un balai avait besoin qu'on le dirige. Krokmou, lui, savait d'instinct comment voler, ce qui permettait au pilote d'admirer le spectacle.

Décidant qu'il commençait à se faire trop tard pour aller plus loin, Harold commença à faire pivoter le Furie, ce qui ne sembla guère au gout de l'animal. Ce dernier renâcla, grogna et … cracha une boule de feu.

Une plutôt belle, d'ailleurs. D'un joli violet. Elle venait droit du fond de la gorge d'une Krokmou passablement étonné d'avoir produit une telle chose et atterrit droit sur un pauvre arbre effeuillé qui n'en demandait pas tant.

Reprenant les rênes qu'il avait lâché sous le choc, Harold fit descendre sa monture et se posa au sol, près de l'arbre en feu. Sortant sa baguette, il se dépêcha d'éteindre le début d'incendie avant qu'il ne s'étende au reste de la forêt.

Heureusement, ils étaient à Poudlard. Un arbre qui prenait feu, ce n'était pas exceptionnel. Certains faisaient même dans la combustion spontanée, occasionnellement.

Non, le problème était tout autre : Krokmou crachait du feu. Krokmou crachait du feu quand il râlait. Ce qui arrivait souvent au dragon, il fallait le reconnaître. Harold devait donc trouver comment empêcher l'animal de mettre le feu au Château.

« - Ce qui est bien avec toi, c'est que dès que je pense en avoir fini avec les problèmes, tu m'en apportes de nouveaux.

- Glouarg.

- Ouais, c'est ça. En attendant, j'espère que tu n'as plus d'autres surprises dans ce goût-là.

- Grouuuuu ?

- Non, ça n'a rien d'amusant.

- Brrrr.

- Ouais, c'est ça, boude. En attendant, avec tes bêtises, il va falloir gazer(5) pour rentrer avant la nuit. En route. »

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« - Il est donc important de noter que les sortilèges dit « de compulsion » affectent non seulement l'esprit, mais aussi le corps. Certains se lancent directement sur la partie de l'individu visé, comme le bras. »

Concentrée, Raiponce mit un point final à son parchemin. Il ne restait plus qu'à espérer que Lupin ne dicterait plus rien aujourd'hui, parce qu'elle avait épuisé sa réserve. Dieu que cet homme pouvait parler.

Heureusement, le professeur semblait trop fatigué pour continuer à donner cours pour les cinq minutes restantes. Et fatigué, c'était faible : la peau cireuse, les yeux cernés, il peinait à rester debout sans s'appuyer contre son bureau. En gros, il avait l'air de ne pas avoir dormi depuis un sacré moment.

Profitant de ce moment de pause, la jeune fille sorti un autre but de parchemin, déjà annoté de pas mal d'informations, et ajouta en bas de la liste « 3 février, a l'air fatigué, voire malade ».

Dès qu'elle eut noté ces quelques mots, elle se dépêcha de ranger le papier, histoire que Lupin ne le confisque pas. Fouiner dans les secrets des autres, surtout quand ils étaient professeurs, c'était parfois mal vu.

« - Qu'est-ce que tu fais, demanda-t-elle à Harold, apparemment occupé à tout autre chose que le cours.

- Rien, rien.

- T'es sûr ? fit-elle, joueuse. Pourtant, j'ai l'impression que tu caches quelque chose sous ce banc. Allez, montre-moi ! »

D'un geste vif, la jeune fille attrapa le papier que tentait de cacher Harold.

« - Une lettre ? Tout ça pour une lettre ?

- Ouais, bah j'ai pas envie que tu la lises. Curieuse.

- C'est qui Hiccup ? »

Raiponce savait parfaitement que ce n'était pas bien, mais elle adorait fouiner.

« - C'est moi, répondit la Gallois en rougissant. C'est mon surnom.

- Vraiment ? C'est trop chou, comme nom ! Je peux t'appeler comme ça ?

- Je ne préfèrerais pas.

- Oh, alleeeeez. S'il-te-plaît.

- Si tu veux, soupira le jeune homme en rangeant ses affaires. De toute façon, tu le feras quoi que je dise, non ?

- T'as tout compris ! »

Contente de sa petite victoire, elle devait bien avouer qu'il lui en fallait peu ces derniers temps, depuis qu'elle parvenait enfin à maîtriser un petit peu plus son don, la jeune fille entreprit de ranger ses propres affaires.

« - Tu viendras voir le match de Quidditch, samedi ? demanda-t-elle à son compagnon.

- C'est qui contre qui ?

- Gryffondor contre Serdaigle.

- Alors Mérida m'y trainera sûrement. Elle n'arrête pas de parler du balai de Potter, ces temps-ci. »

C'est vrai que l'attrapeur de Gryffondor avait reçu pour Noël un Eclair de Feu, le tout dernier modèle de balais, que l'on disait bien plus rapide que les Nimbus. Raiponce n'en pouvait plus d'attendre de le voir à l'œuvre.

Une impatience telle que les deux jours qui la séparait du match passèrent comme une seconde.

« - Bien. Je ne vous ferai pas de long discours ou de mises en garde inutiles. Mes chers coéquipiers, je n'ai qu'une chose à dire : nous allons gagner ! Notre défaite face à Serpentard n'était qu'une petite erreur de parcours et tout est encore possible. Nous l'avons vu avec Diggory, Potter n'est pas invincible. Cho, ce sera à toi de le battre. Les batteurs, concentrez-vous principalement sur lui, vous aussi. Raiponce, Marc et moi nous nous chargerons du souaffle et d'éviter les cognards des Weasley. David, ne quitte pas tes buts, cette fois-ci. Compris ? »

D'un même geste, toute l'équipe de Serdaigle hocha la tête.

« - Très bien. Alors en route. »

Elle devait l'avouer, elle était plutôt fière d'avoir convaincu Ris l'année dernière de donner le poste de capitaine à Roger Davis. Il s'en sortait admirablement bien.

Attrapant son balai, elle prit la suite de son équipe. Dehors, le temps était maussade, comme c'était souvent le cas depuis l'arrivée des détraqueurs à Poudlard. Ces horribles choses détraquaient même la météo.

Comme d'habitude, la jeune fille n'écouta ni les élucubrations de Jordan, ni les avertissements de Bibine, qui ne la concernaient pas vraiment. Au coup de sifflet, elle tapa du pied par terre et s'envola.

Comme tout bon poursuiveur, elle tenta d'attraper directement le souaffle, sans pour autant y parvenir. Heureusement, c'était Roger qui l'avait en sa possession. Rapidement, le capitaine lui passa la balle et la jeune fille se précipita vers le but adverse. A mi-chemin, elle fit la passe au troisième poursuiveur.

Mais le public montrait peu d'intérêt pour le jeu des poursuiveurs. Non, celui qui avait tout l'intérêt, c'était Potter. Il fallait l'admettre, l'Eclair de Feu avait une certaine classe et il semblait bien plus rapide et maniable que l'ancien balai du Gryffondor. Et il surclassait sans mal le vieux modèle utilisé par Cho.

Cela dit, la jeune fille avait d'autres atouts dans sa manche et, même si ce n'était pas très fair-play, jouer de son charme sur le jeune homme qui semblait être aux prises avec ses hormones se révélait relativement efficace.

Le match aurait pu durer encore longtemps, si un petit contretemps n'était pas venu se glisser au milieu de tout ça. Ou plutôt en dessous.

En effet, à l'entrée du stade, trois détraqueurs venaient de faire leur apparition. Et même s'ils étaient relativement étranges, notamment dans leur façon de bouger, ils restaient des détraqueurs. Des bestioles qui avaient la sale manie de faire réagir les cheveux de Raiponce, chose qu'elle préférait éviter face à Poudlard au complet.

S'éloigna rapidement des trois créatures, elle vit du coin de l'œil Potter sortir sa baguette, la pointer dans la direction des détraqueurs et crier quelque chose, ce qui fit surgir une brume argentée de l'artefact.

Une brume qui fit précipitamment reculer les gardiens d'Azkaban, qui se prirent les pieds dans leur cape, révélant au grand jour Malfoy et ses deux acolytes habituels, Crabbe et Goyle.

Mais la jeune Serdaigle n'en avait rien à faire de ces trois idiots. Non, ce qui l'intéressait était l'évènement qui s'était produit juste avant. Sans hésiter, l'attrapeur de Gryffondor avait sorti sa baguette et jeté un sort. Ce manque d'hésitation signifiait qu'il était certain de l'efficacité du sort.

Cela voulait donc dire qu'il existait un moyen de repousser les détraqueurs. Mentalement, Raiponce rajouta une ligne à sa liste des choses à découvrir.

Une liste qui commençait à devenir vachement longue, par ailleurs.

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(1) Je me suis sans aucune honte inspiré de la salle de commande de Vice-Versa (que je vous conseille TRES fortement. C'est pas au niveau de « La-Haut », mais c'est une petite merveille. Pour moi, il est clairement aussi bon que « Le Monde de Nemo »).

(2) Jack n'était pas totalement sûr de ce que c'était. Il avait lu ce mot dans un livre de son grand-père et apparemment, c'était petit et idiot.

(3) Originellement, j'avais « On sait faire quelque chose » mais apparemment, c'est un belgicisme d'utiliser le verbe « savoir » pour traduire la capacité de faire quelque chose ^^ (Merci Emmawh :p)

(4) Dans HP, les notes attribuées aux devoirs et examens sont : O (optimal), E (Effort Exceptionnel), A (Acceptable), P (Piètre), D (Désolant) et T (Troll). Les trois premières signifie un exercice réussi et les trois dernières un exercice raté.

(5) Encore un belgicisme, apparemment ^^ « Gazer », ça veut dire se dépêcher.

Ouaaah, un chapitre qui fut dur à sortir. Un peu par manque d'inspiration, beaucoup par manque de temps ^^ Cela explique entre autre la petitesse du chapitre et le fait qu'il soit un chapitre de « transition » qui ne casse pas des briques.

Sinon, j'aime bien la partie de Mérida. Autant j'avais un peu de mal avec ce perso au début, surtout pour trouver quoi dire sur elle, autant maintenant ça vient tout seul.

J'ai retesté une autre scène de vol et franchement… Je trouve pas ça concluant. Donc il est possible qu'il n'y en ait que rarement.

Et j'ai fait mes calculs, ils devraient rester 5 chapitres après celui-ci, plus deux bonus, avant la fin de l'arc. Et une grosse surprise vous attends à ce moment-là, d'ailleurs !