*Salve JkRowling*
Résumé du chapitre précédent :
Voldemort commence à se poser des questions sur Darren et Dragon, car il devine qu'il y a plus entre eux que simplement le lien d'un Héritier et de sa Force.
Son plan pour attaquer Godric's Hollow ne semble pas devoir se passer dans l'immédiat, l'Armée et l'Ordre du Phénix ont donc du temps pour s'y préparer, et ensembles. Ils se réunissent et commencent à réfléchir, mais les adultes ordonnent aussi aux jeunes sorciers de retourner à leur vie scolaire, et à leurs révisions car les examens approchent.
Les Amari travaillent à leur cohésion, apprivoisent le Lien, et Harry fait en sorte qu'ils apprennent tous à se connaître et se lient tous d'amitié, pour éviter les clans entre anciens et nouveaux ou entre Maisons.
Harry, Blaise, Drago, et Hermione vont au Manoir Nimwë, et retrouvent les cousins d'Harry et Blaise. Les trois frères et sœur deviennent Amari.
Arthur a déchiffré une grande partie du grimoire : il explique que les pierres sont liés aux forces de la nature (soleil, lune, étoiles, minéraux, cristaux) et aux éléments (air, terre, feu, eau), et qu'elles peuvent fonctionner seules ou dans ces ensembles. Il semblerait que l'héritage Prince ait déjà été sollicité par le passé pour aider la lignée et le camp dans lequel elle se battait, dans les précédents combats des puissances ancestrales.
Ils parviennent alors à débloquer les pierres et les secrets de la stèle : un destin plus important que tout ce qu'ils avaient imaginé est alors révélé, un destin qu'Harry, en tant que Prince parmi les Princes, devra accomplir.
Ce chapitre se déroule : du vendredi fin d'après midi 10 mai au dimanche matin 12 mai
.
.
QUATRIEME PARTIE
Chapitre 49 – Dernières Volontés
.
Il y eut un grand silence. Harry sentit les regards peser sur lui, et il faillit rompre le cercle magique qui s'était formé, pour s'en aller en courant. Mais la dernière pierre s'illuminait et une lumière brillante grandissait sur la stèle, distrayant l'attention de tous.
Ils sentirent une chaleur les envahir, et soudain, la lumière éclata, les éblouissant subitement. Ils fermèrent les yeux, détournèrent le regard.
Lorsqu'ils purent regarder à nouveau, ils découvrirent les pierres retombées à côté de leurs emplacements d'origine, sur la stèle désormais sombre et sans couleur à nouveau.
Ils eurent besoin de reculer.
.
Harry regretta que Drago ne soit pas à ses côtés et chercha sa présence dans son esprit, tout en essayant de calmer les battements de son cœur.
Il sentit un grand stress l'envahir et sa respiration s'accéléra. La pression, le poids qui venait de tomber sur ses épaules, était énorme, et il aurait préféré ne pas avoir compris toutes les implications de ce qu'ils venaient de découvrir.
Severus remarqua soudain son état, et s'approcha rapidement de lui. Il se plaça devant lui, l'empêchant de laisser ses yeux horrifiés fixés sur la stèle, et posa ses mains sur les épaules de son fils.
- Harry ? murmura-t-il.
Le jeune homme leva lentement les yeux vers lui.
- Je… commença-t-il.
Il s'arrêta, sentant un frisson désagréable le parcourir.
- Harry, écoute, on va calmement parler de tout ça et… Harry !
Mais Harry ne l'entendait plus, déjà loin, quittant la pièce en courant.
Severus se retourna brièvement vers les membres de leur famille, et leur lançant un regard d'excuse, partit à la suite de son fils pour le rattraper.
Andromaque, Bérénice, et Lancelot se rejoignirent et se mirent à parler à voix basse, sans tenir compte des regards agacés des jeunes sorciers qui se retrouvèrent de leur côté.
- Arthur, qu'est-ce que tu as compris ? demanda Blaise sans détours.
- Que… Que Darren était plus important, plus important que tout, plus important que les autres fois… Plus important que tout ce qu'on aurait pu imaginer…
"Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ?!" résonna alors la voix d'Hermione, paniquée. "Harry est parti ! Il est apparu brusquement, a attrapé Drago, et ils ont transplané ! Le professeur Rogue était juste derrière mais n'a pas eu le temps de les suivre."
"Mais vous n'avez pas suivi, entendu…"
"Le Lien s'est fermé dès que vous avez formé le cercle autour de la stèle, on pouvait juste vous sentir mentalement. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?!" répéta Hermione.
"On… Attends, on arrive, ce sera plus simple" lui répondit Arthur.
- On remonte, Darren a quitté le manoir, déclara-t-il d'une voix grave.
.
Severus faisait les cent pas dans le salon et Hermione le regardait avec inquiétude, lorsque les membres de la famille Prince entrèrent, brisant le silence tendu par l'agitation de leurs propres soucis et questions.
Arthur expliqua à la jeune fille ce qu'il s'était passé et les autres se mirent à parler tous en même temps, essayant de comprendre. Alerté par le bruit, Echtelion vint voir ce qu'il se passait, et Andromaque lui raconta à son tour, relançant les remarques et commentaires.
Seul Blaise ne disait rien. Hermione s'approcha de lui. Son expression était soucieuse, et, les sourcils froncés, il réfléchissait.
- Blaise ? l'appela Hermione.
- Je pense qu'Harry et Drago sont à Godric's Hollow, murmura-t-il, et Drago doit être en train de lui parler.
Il garda le silence une seconde avant de relever la tête vers la jeune fille.
- Ils ne comprennent pas, dit-il à voix basse en désignant ses cousins du regard. Ils ne comprennent pas la réaction d'Harry, parce qu'ils n'ont pas passé les derniers mois à le voir, à le connaître, et surtout, à le voir subir et souffrir tout ce qui nous est tombé dessus, surtout sur lui !
- Blaise, Arthur m'a répété mot pour mot ce que vous avez entendu, mais je n'arrive pas à tout comprendre non plus. Est-ce que tu as perçu quelque chose de plus que nous ? Je…
- Il était terrifié… chuchota Blaise. Harry, je l'ai regardé avant qu'il ne parte en courant, et son regard… son regard était glacé de peur. Je ne l'ai jamais vu ainsi.
- La stèle lui a dit qu'il avait la responsabilité de l'avenir du monde sur les épaules, intervint Severus qui s'était rapproché. Et que cette responsabilité reposait sur un Choix qu'il aurait à faire, un choix qui serait primordial.
Le visage du sorcier se ferma.
- Bien sûr qu'il a peur, persifla-t-il avec frustration et colère.
.
A la seconde où le Lien s'était ouvert à nouveau entre eux, la première chose que Drago avait ressentie était la peur qui s'était emparée d'Harry. Le temps que celui-ci revienne de la salle souterraine, Drago avait pu visionner tout ce qu'il s'était passé, et les conclusions qu'Harry avait tirées. Lorsque celui-ci les fit transplaner, il se laissa emporter par le tourbillon désagréable, sachant où son amour les emmenait.
Ils apparurent sur le sol de leur Maison à Godric's Hollow, et Harry craqua.
- Je ne peux pas, je ne peux plus, Drago, je ne peux plus, je… je ne peux plus continuer à faire ça, c'est trop, trop de pression, trop d'attentes ! Et tu as entendu, un Choix primordial, un choix à faire, un choix dont on n'a aucune idée, et qui pourra tout changer ?!
Sa respiration était accélérée, sa voix douloureuse.
- Non, non, non, je ne peux pas, je ne peux pas, Drago, je ne peux pas ! Et si je me trompe, et si je ne fais pas le bon, et si je fais quelque chose et que je gâche tout ? Et pourquoi ? Pourquoi il faut que ce soit moi ? Et pourquoi est-ce que ça doit être aussi important, hein ?! POURQUOI ?!
Drago enlaça Harry avec force et le serra contre lui. Harry l'étreignit comme si sa vie en dépendait et Drago se sentit complètement désemparé.
- Drago… murmura Harry dans un gémissement douloureux. Je ne veux pas avoir l'avenir du monde entre mes mains…
Drago le serra plus fort entre ses bras.
- Je croyais que j'aurais juste à me battre contre Voldemort… Dans ma tête le plan était simple, pas les façons d'y parvenir, mais l'objectif, la direction. On allait juste continuer de se battre, de le contrer, jusqu'à le vaincre ! Mais comment est-ce que je vais savoir ce que je dois faire maintenant ? continua Harry d'une voix basse et tremblante. Comment vais-je réussir à ne pas douter de chacune de mes décisions ? C'est trop, trop, Drago, c'est trop, je ne peux pas…
Et Harry se mit à pleurer. Drago se haïssait de ne pas pouvoir faire plus, la frustration était une véritable souffrance.
- Drago… je n'en peux plus… je veux que ça s'arrête, j'en ai marre, je veux partir avec toi et qu'on vive tous les deux et qu'on oublie tout…
Drago serra les dents pour ne pas laisser des larmes couler à son tour. La détresse d'Harry était si grande, et profonde, c'était insupportable. Il fallait qu'il trouve les mots, il fallait qu'il l'aide, qu'il trouve quoi dire pour le rassurer, le réconforter, l'aider à reprendre confiance.
Il fallait trouver les paroles qui l'aideraient à surmonter cette épreuve, cette épreuve de plus que le destin lui infligeait, encore à lui. Oh, Drago mourrait d'envie de lui en faire bouffer, des épreuves, au destin. Il aurait tout donné pour l'avoir en face de lui et le démonter pour qu'il les laisse tranquilles.
Drago inspira.
- Harry, commença-t-il d'une voix douce et qu'il essaya de rendre apaisante. Tout ira bien, ça ne change rien. On vaincra Voldemort, ensembles, tu n'es pas seul dans ce combat, ne l'oublie jamais. Nous sommes tous là pour amener ce moment où tu le vaincras, puisque c'est toi qui devra le faire, mais nous seront là jusqu'au bout, et moi je serai à tes côté, toujours.
Drago entendit sa voix trembler un peu et s'obligea à prendre sur lui.
- Ca ne change rien. Tout est pareil, on continue de se battre contre Voldemort, et tu le vaincras à la fin, et voilà, c'est tout… Et il se trouve que ça changera des choses dans le reste du monde, mais c'est secondaire après tout. Ce n'est pas en le laissant gagner que le monde ira mieux, alors tout ce que ça nous dit c'est que c'est vraiment important de réussir, mais on allait tout faire pour ça de toute manière, non ?
Harry se calmait doucement. Le contrecoup du choc de ce qu'ils venaient d'apprendre s'apaisait.
- Si tu n'avais pas entendu ces prédictions, tu ferais comme tu fais depuis le début, et ça marche très bien. Tout le monde a confiance en toi, en tes décisions, en ce que tu diriges, tout le monde croit en toi. On peut dire aux ancêtres d'aller se faire voir, parce qu'on n'a pas besoin d'eux pour vaincre Voldemort.
Harry releva la tête.
- Drago… si je me trompe… si je fais une erreur…
- On s'en fiche ! Tu es humain, tu as le droit ! Harry, ne laisse pas des phrases prononcées il y a plusieurs milliers d'années te détruire comme ça, je t'en supplie ! Parce que c'est là que Voldemort gagnera ! Alors je t'interdis, tu m'entends ? Je t'interdis de te laisser atteindre par ça ! Le reste du monde on s'en fiche ! On se battra contre Voldemort pour nous autant que pour les autres, parce qu'il nous a donné bien assez de raisons. Et on le vaincra parce que nous avons la chance d'en être assez forts, et d'avoir autant de gens avec nous, tout aussi combattants que nous, pour les mêmes raisons que nous. Et on le vaincra parce que c'est un connard tyrannique sadique tueur qui nous empêche d'être heureux !
Drago sentait la colère monter désormais.
- Et on envoie chier les puissances ancestrales, les destins, et les prophéties ! On le détruira parce qu'il n'y a que sans lui qu'on pourra vivre !
Et Drago embrassa Harry avec force. Harry plongea dans son baiser avec autant de fougue et ils s'enlacèrent passionnément.
- Je crois en toi, je crois en toi, et personne ne te fera douter, c'est compris ? Pas même toi ! Et si tu doutes encore, je…
Harry reprit les lèvres de Drago, et leur baiser se renforça.
Très vite leurs vêtements furent ôtés, arrachés, jetés plus loin. Ils étaient nus avant même d'avoir atteint leur chambre. Le lit s'enfonça lorsque Drago tomba dessus, entraînant Harry avec lui.
Leurs corps brûlants se collèrent. Ils n'avaient pas cessé de s'embrasser. Harry prépara à peine Drago qui le pressait, enflammés par leur passion.
"Promets-moi que tu ne douteras pas !"
"Je te promets de me battre jusqu'au bout."
Leurs esprits et leurs cœurs fusionnèrent et leurs âmes se crièrent leurs amours.
.
Le lendemain matin, un mot les attendait sur la porte de leur chambre lorsqu'ils se levèrent.
"Bonjour les garçons,
Ron et moi sommes passés hier soir pour vérifier que vous alliez bien, mais vous dormiez déjà. Nous sommes allés dormir là-haut. Si ça vous dit, nous pouvons prendre le petit déjeuner ensembles, et peut-être discuter un peu. Si vous le souhaitez, bien sûr.
Si vous repartez avant nous, Harry, le professeur McGonagall voudrait nous voir à propos du testament de Dumbledore, il faudrait que tu y ailles dès que tu peux.
A demain ! Hermione."
Drago vit Harry sourire doucement et se sentit rassuré.
La nuit avait été bénéfique, et la façon dont ils l'avaient passée n'y était sans doute pas pour rien non plus. Il rougit en se rendant compte qu'il y avait peu de chances que les deux Gryffondors soient passés après qu'ils se soient endormis… et en entendant ses pensées, Harry se mit à rire.
Ils allèrent dans la cuisine préparer le petit déjeuner. Il était encore tôt, comme souvent, ni l'un ni l'autre ne parvenait à faire de longues matinées de sommeil.
- J'ai faim, grogna Drago alors que cela faisait déjà un petit moment que les toasts grillés laissaient une bonne odeur flotter dans la cuisine. Si on doit attendre Weasley, je ne vais pas tenir. Ce mec est incroyable, il roupille et mange dans n'importe quelle situation !
- Oh, si tu veux, j'ai une idée pour nous distraire en les attendant… lança innocemment Harry.
Le regard de Drago se fit amusé et malicieux.
- Ah bon, très cher ? Vraiment ? Et quelle est-elle ?
- Voyons… fit mine de réfléchir Harry en se rapprochant de lui. Nous pourrions commencer par…
- S'il vous plaît, stop !
Harry et Drago se retournèrent en même temps et foudroyèrent d'un même regard Ron qui venait d'entrer, faisait éclater Hermione de rire. Si Harry se joignit de bon cœur à elle, Drago se mit ouvertement à bouder comme un gamin.
- Bonjour, tous les deux, les salua Hermione. Harry, comment vas-tu ? demanda-t-elle ensuite avec un souci sincère.
- Je vais mieux, merci. J'ai… j'ai juste un peu paniqué sur le moment, mais ça va aller, lui répondit-il en passant une main dans ses cheveux.
- Bien, je suis soulagée. Et toi Drago, est-ce que tu vas bien ? demanda-t-elle en souriant aimablement au jeune homme qui avait engagé un concours de regards avec Ron.
- Mmm… fut tout ce qu'il marmonna en réponse, extrêmement concentré.
Harry et Hermione se regardèrent avec amusement et une fausse exaspération et s'installèrent à table en espérant que leurs petits amis seraient attirés par l'idée de manger.
- C'est rare de voir Drago être le plus enfant de nous deux, remarqua Harry.
- Oh, je ne dirai pas ça, vous vous valez bien l'un l'autre ! répliqua Hermione.
- Eh, oh, je ne vous permets pas tous les deux ! lança Drago sans pour autant détourner son regard de celui de Ron, qui avait attrapé des petits pains pour commencer de manger sans perdre ce concours entre eux.
A cette vue, Hermione eut une expression tellement désolée et exaspérée à la fois qu'Harry partit dans un fou rire.
Le reste du petit déjeuner se passa assez calmement. Ni Ron ni Drago ne lâchèrent l'autre des yeux mais ils réussirent à manger quand même et même à participer à la conversation d'Harry et d'Hermione.
Ils discutèrent posément de ce qui avait été découvert sur la stèle, et si Hermione sentit qu'Harry n'avait pas vraiment affronté le problème, mais l'avait juste rationnalisé assez pour ne plus paniquer comme au départ, elle pressentit que ce n'était peut-être pas la peine d'insister, et fit évoluer la conversation vers un autre sujet.
- Au fait, Harry, quand je suis passé à Poudlard hier pour retrouver Ron avant de venir, j'ai croisé McGonagall.
- Ah oui, alors, qu'est-ce que c'est que c'est histoire ? demanda Harry en commençant à ranger avec la jeune fille puisque les deux autres n'avaient pas terminé leur défi stupide.
- Tu te doutais que Dumbledore avait laissé un testament, non ? Il savait qu'il allait mourir, et de toute façon, il se faisait vieux, je suis sûre que ça faisait un moment qu'il l'avait écrit.
- Oui, très bien, mais en quoi cela nous concerne-t-il en fait ?
- Déjà, il faut savoir que le testament officiel est au Ministère, il avait été enregistré dans les règles. Il concerne les biens matériels généraux, la demeure qu'il possédait, sa richesse, et tout est légué à son frère Abelforth, même si je ne sais pas s'il en verra la couleur tant que le gouvernement sera tenu par les Mangemorts.
- Tu as dit, testament officiel, releva Harry. Ca veut dire qu'il en a fait un autre ?
- Oui. Dans les biens listés légués à son frère, il manque certaines choses. McGonagall m'a simplement dit que Dumbledore nous en avait laissées, à certains d'entre nous. Elle n'a rien pu me dire de plus, il faut qu'on monte dans son bureau et elle pourra nous dire exactement.
- Très bien, allons-y alors. On se retrouve à la sphère dans vingt minutes ?
- Ca me va. Mais il va falloir régler le problème de nos deux très chers…
Les yeux d'Harry brillèrent.
- J'ai une idée…
Et il se pencha vers Hermione qui eut un petit rire gêné lorsque il lui eut chuchoté ce quoi il avait pensé.
- Quoi ? C'est quoi son idée ? demanda Ron sans quitter Drago du regard.
Harry et Hermione s'approchèrent chacun de leur petit ami. Au signal d'Harry, ils projetèrent tous les deux dans l'esprit de leur compagnon des images suggestives.
Les deux garçons se retournèrent en même temps. Ron se leva et souleva Hermione qui rit joyeusement lorsqu'il l'emmena à l'étage en poussant des grognements d'homme primitif. Drago lui, avait agrippé Harry et avait attiré son visage vers le sien jusqu'à ce qu'ils s'embrassent. Ses jambes enroulées autour de lui, Harry l'avait porté ainsi enlacé contre lui en dehors de la pièce.
.
Les deux couples mirent un peu plus longtemps que prévu à se préparer et à se retrouver, et il y eut un peu de gêne passagère avant qu'ils ne passent le portail et sur le chemin de la Cabane Hurlante jusqu'au château.
Vérifiant qu'il n'y avait personne dans le couloir du bureau de la directrice, ils donnèrent le mot de passe et montèrent les marches.
McGonagall leur ouvrit rapidement et les salua chaleureusement.
Harry se retrouva soudain assailli par Caitlin, qui en le voyant, avait poussé un cri de joie et avait couru dans ses bras. Cassiopeia était là également, ainsi que Severus, dont le soulagement était clairement visible lorsqu'il remarqua qu'Harry souriait.
Quelques minutes plus tard, Neville frappait à la porte, et Luna arriva peu après lui. Ils furent ravis de voir Harry, car ils avaient senti son désarroi la veille.
Lorsque tout le monde fut installé dans les fauteuils et sièges rajoutés pour l'occasion, McGonagall fit venir la Pensine et prit une fiole dans l'étagère des souvenirs de Dumbledore.
- Albus a légué quelque chose à chacun d'entre vous, de façon officieuse. Le Ministère n'a pas connaissance de ce testament-là. Certains biens sont ici, vous pourrez les récupérer immédiatement, mais d'autres, nous ne savons pas où ils se trouvent. Il est probable que Dumbledore ait prévu une façon de vous les faire découvrir.
McGonagall ôta le bouchon de la fiole et versa le souvenir argenté dans la Pensine. Le visage de l'ancien directeur apparut. Toutes les personnes présentes se penchèrent les unes après les autres, et se laissèrent aspirer par la coupe magique.
Ils retrouvèrent le bureau qu'ils venaient de quitter, avec deux différences seulement : Fumseck était sur son perchoir, et il n'y avait pas le portrait de Dumbledore, qui se tenait bien vivant près de la Pensine.
Il regardait devant lui et commença à parler.
- Si vous me voyez ainsi, c'est que vous êtes dans le souvenir de ce moment, et que je ne suis plus de ce monde. Prenez place je vous prie.
Il y avait des fauteuils, et leurs noms étaient indiqués en lettres dorées.
Les sorciers échangèrent des regards un peu mal à l'aise mais vinrent s'assoir. McGonagall avait un siège un peu décalé des autres, puis venaient Severus, Cassiopeia, et Caitlin, ensuite Harry, Drago, puis Hermione, Ron, Neville, et enfin Luna. Dumbledore attendit un petit moment encore avant de se remettre à parler.
- Vous devriez tous être assis désormais. Voici donc mon testament, celui qui importe, celui dans lequel je vais vous transmettre des biens de grande valeur. J'ai préféré ne pas prendre le risque qu'ils vous soient confisqués, enlevés par un ennemi ou un autre.
Dumbledore regarda exactement là où Luna se trouvait et la jeune fille sourit doucement.
- Luna Lovegood, vous possédez une sagesse et un cœur pur assez rares de nos jours. Vous êtes l'héritière de Rowena Serdaigle, et elle aurait voulu que vous ayez ce qui était son plus précieux joyau : son diadème. Je suis certain que vous saurez le retrouver par vous-mêmes, et avec vos amis.
Le sorcier tourna les yeux vers Neville qui se sentit incapable de détourner les siens.
- Neville Longdubat, en première année je vous ai attribué des points pour votre grand courage. Vous êtes un Gryffondor et le Fondateur de votre Maison a fait de vous son héritier parce qu'il croyait profondément en vous, tout comme moi aujourd'hui. L'épée de Godric Gryffondor vous revient.
Le vieil homme montra du doigt la longue épée ornée de pierres rouges qu'Harry avait tiré du Choixpeau dans son combat contre le Basilic en deuxième année, posée au-dessus de l'une des étagères.
Dumbledore tourna alors la tête vers Ron qui sursauta devant la précision de son regard, qui avait été dirigé par anticipation et qui pourtant fixait ses yeux. Le vieil homme sourit.
- Ron Billius Weasley, pour vous, j'ai placé dans un tiroir de mon bureau mon Déluminateur. Puissent ses lumières vous éclairer le chemin à suivre. N'oubliez jamais que vous possédez une force véritable et qu'elle vous tire en avant.
Ron hocha la tête, tant le souvenir de Dumbledore semblait réel. Le sorcier tourna ensuite la tête vers Hermione qui se sentit transpercée par son regard à son tour.
- Hermione Jean Granger, je vous lègue les ouvrages qui se trouvent dans la petite bibliothèque personnelle qui se trouve derrière mon bureau. Peut-être en avez-vous déjà découvert quelques-uns, quoi qu'il en soit, ils sont tous à vous. Je sais que vous n'en sous estimerez aucun et que vous saurez tous les lire avec attention.
L'excitation illumina les yeux d'Hermione à l'idée de se plonger dans des livres qui avaient sûrement grande importance.
- Drago Lucius Malefoy, je vous confie la baguette qui aura été la mienne jusqu'à mes derniers instants. Severus doit l'avoir récupérée, il vous la transmettra. Je vous laisse le choix de l'utiliser ou non, mais, s'il vous plaît, conservez-là. Et ne perdez jamais confiance en vous, en vos capacités, en votre force.
Drago regarda Harry qui secoua la tête, ne comprenant pas plus que lui le sens de ce legs et ils regardèrent Severus, mais Dumbledore continuait et ils ne purent s'interroger plus longtemps là-dessus pour le moment.
- Harry James Potter, votre premier match de Quidditch vous rapporta votre premier Vif d'Or, et nous montra à tous vos capacités exceptionnelles sur un balai malgré votre jeune âge. Je vous remets cette petite balle dorée en pensant qu'elle vous sera précieuse. Vous la trouverez dans cette étagère.
Dumbledore désigna du bras l'une des armoires aux portes de verre dans lesquelles étaient exposés divers objets et ustensiles, dont un Vif d'Or qui devait donc être celui qu'Harry avait attrapé lors de son tout premier match.
- Ne doutez pas de vous, Harry, murmura alors le sorcier avec tendresse. Vous ne perdrez jamais le petit garçon que vous étiez, il sera toujours en vous.
Le vieil homme se tourna alors vers Caitlin qui avait les yeux brillants mais ne pleurait pas. Il lui parla doucement, en lui souriant chaleureusement.
- Caitlin Maitena, chère petite. Vous êtes plus brave et de cœur plus grand que bien des gens. Je vous lègue la Coupe qui appartenait à Helga Poufsouffle, votre ancêtre, cette femme exceptionnelle, dont vous êtes la digne héritière. Elle serait fière de vous avoir choisie. Je ne l'ai pas en ma possession, alors en voici un portrait pour que vous puissiez tous la reconnaître et la retrouver.
Dumbledore prit une peinture et la tint devant lui quelques instants. La petite fille retenait ses larmes avec peine. Elle n'avait pas connu le sorcier tant que ça, mais elle l'avait assez rencontré pour être touchée par sa mort, et émue par ses paroles. Harry attrapa sa main et la serra tendrement.
Dumbledore reposa le cadre et se tourna vers Cassiopeia.
- Cassiopeia Hélène Mint, à toi ma presque fille, je lègue le médaillon qui appartenait à Salazar Serpentard, et te confie une mission difficile mais que je ne peux confier qu'à toi. Je t'expliquerai davantage dans d'autres souvenirs, et essaierai de t'aider autant que possible. Le médaillon se trouve dans cette pièce, mais je pense que tu sauras le retrouver. Si tu n'es pas sûre, demande à Severus ou Harry, ils pourront t'aider à le reconnaître grâce aux souvenirs que je leur transmettrai.
Il y eut des échanges de regards interloqués. Harry ne put s'empêcher de parler :
- Cassiopeia, vous…
- Chut, Harry, on discutera après, Dumbledore continue de parler ! le fit taire Hermione.
Harry ne continua pas mais son regard se fit troublé.
- Severus, mon ami. Je vous ai préparé quelque chose, une fiole d'antipoison que j'ai réussi à vous fabriquer, avec un peu d'aide, mais enfin peu importe en réalité. Je vous donnerai un souvenir qui vous expliquera comment j'y suis parvenu, et comment y accéder. Cet antipoison est le seul antidote connu au venin de Nagini.
Les yeux de Severus s'agrandirent sous l'effet de la surprise et du choc de la nouvelle. Comment diable…
- Je vous laisserai juger de son usage, car il n'y en a qu'une seule dose. J'espère que ce présent sera déjà une façon de vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi.
Et Dumbledore se tourna enfin vers le professeur McGonagall qui avait bien du mal à ne pas laisser les larmes couler.
- Minerva McGonagall, vous êtes la plus grande enseignante que j'ai pu rencontrer, et je ne doute pas un instant que vous parviendrez à prendre ma suite. Je vous lègue tout ce qui est dans ce bureau, excepté bien sûr ce que j'ai déjà transmis, et bien sûr, je vous lègue ma position de Directeur de cette école. Je suis certain que vous vous montrerez bien plus à la hauteur de cette tâche que moi-même, souvent trop distrait par d'autres affaires. Je vous confie l'école, Minerva, je vous confie Poudlard. Il n'était pas mien, mais il l'a tout de même un peu été, au moins pour moi, et je n'aurais pu espérer meilleure personne que vous pour prendre ma suite.
Dumbledore regarda alors chacun à tour de rôle en leur souriant calmement. L'émotion les avait tous prise.
- Je vous dis adieu pour l'instant. N'oubliez jamais de vivre.
Et le souvenir s'effaça lentement.
.
Ils se retrouvèrent tous dans la réalité et un silence suivit leur retour, chargé de l'émotion et des questions que ce passage dans le souvenir de Dumbledore avait provoquées. McGonagall fut la première à se reprendre et elle alla chercher les différents objets mentionnés qui se trouvaient dans la pièce.
Neville prit l'épée avec grandes précautions, et la fixa longtemps. Ron regarda le Déluminateur un long moment lui aussi, comme si une explication allait s'y inscrire, lui permettant de comprendre ce que Dumbledore attendait de lui.
Lorsque McGonagall tendit le Vif d'Or à Harry en revanche, plusieurs personnes se tournèrent vers lui et regardèrent avec attention. La déception qui s'afficha sur certains visages lorsque rien ne se passa quand il prit la petite balle dorée l'interrogea.
- Pourquoi vous faites ces têtes ? demanda-t-il.
- Je sais que tu ne sais rien, et pourtant je suis toujours surpris quand tu me le démontres, lança Drago en levant les yeux au ciel. Les Vifs d'Or ont une mémoire tactile.
Le regard d'incompréhension que lui jeta Harry exaspéra le jeune homme. Hermione prit le relai.
- Ils se souviennent du premier joueur qui les a attrapés. Ils peuvent s'ouvrir, ou transmettre un message, et si Dumbledore te l'a légué, il semblait évident qu'il allait se passer quelque chose lorsque tu l'as pris.
- Mais il ne s'est rien passé, constata Harry.
- Non, en effet, soupira Hermione. Ou bien Dumbledore te l'a sincèrement transmis juste en pensant que tu apprécieras, ou bien il a encore prévu quelque chose pour que ça ne se fasse qu'au moment prévu, ou pour que tu trouves par toi-même.
La jeune fille les laissa alors pour aller étudier la petite bibliothèque dont les ouvrages lui appartenaient désormais. Caitlin n'avait donc pas la Coupe qui lui avait été léguée, et elle cherchait avec Cassiopeia dans la pièce quelque chose qui pouvait être un médaillon ayant appartenu à Serpentard.
En les voyant chercher, Harry vint voir la jeune femme.
- Cassiopeia, est-ce que vous êtes l'héritière de Serpentard ? demanda-t-il très directement.
Elle le regarda avec surprise, avant de comprendre pourquoi il lui posait la question.
- Oh, non, non je ne le suis pas, lui répondit-elle. Non, Dumbledore m'a confié le médaillon parce qu'il m'a demandé de retrouver l'héritier.
Cette fois, c'est Harry qui la regarda avec étonnement.
- Dans les souvenirs qu'il m'a donnés, il m'a donné des indications et pistes pour le retrouver, et je dois le convaincre de revenir avec moi pour te rencontrer, et accepter d'être lié à toi.
- Mais vous savez qui c'est ? demanda Harry avec excitation.
Cassiopeia ne répondit pas tout de suite.
- Non, enfin, pas exactement. Mais je ne peux rien dire. S'il te plaît, Harry, n'insiste pas, lui demanda-t-elle très sérieusement alors qu'il s'apprêtait à poser plus de questions.
Il se tut mais l'interrogation était claire dans ses yeux.
Son attention fut distraite par le retour de son père, qui était allé chercher la baguette de Dumbledore, qu'il avait ramassée dans la Forêt Interdite lorsque Drago l'avait désarmé, avant qu'il ne le tue lui-même. Drago la prit et la regarda un moment.
- Tu sais pourquoi Dumbledore la lui a léguée ? demanda Harry à Severus.
- Non. Non, je ne sais pas, avoua le sorcier. J'aimerais bien comprendre moi aussi.
- Est-ce qu'elle est spéciale ? demanda Drago.
- Je n'en ai aucune idée. Elle doit bien être puissante, elle était la baguette de Dumbledore tout de même, mais je ne sais même pas en quoi elle est faite, ni de quoi elle est constituée.
Ron et Neville discutait de leurs propres objets de leur côté quand Luna passa vers eux. Ron l'interpela :
- Luna, tu sais où est le diadème, toi ?
- Non, mais je suis sûre que les Glabulles pourront m'aider, répondit la jeune fille avec simplicité avant de continuer à marcher vers Hermione pour regarder les livres avec elle.
Les deux garçons se regardèrent avec un sourire gentiment amusé.
- Qu'est-ce que c'est exactement un diadème ? demanda Neville. Une sorte de couronne non ?
- Oui, quelque chose à mettre sur la tête pour décorer, en gros, répondit Ron. Mais ce diadème est perdu depuis longtemps...
- Mr Londubat, intervint le professeur McGonagall, puis-je me permettre de vous demander ce que vous comptez faire avec cette épée ? Loin de moi l'idée de vous en priver, mais enfin, je pense être dans mon droit de vous demander d'au moins ne pas la laisser traîner dans l'école, et dans votre dortoir.
- Oh, non, professeur, répondit Neville. Je me demandais d'ailleurs s'il était possible de la laisser dans ce bureau pour le moment ?
- Bien sûr, répondit McGonagall, ce sera même plus sûr.
De l'autre côté de la pièce, Harry s'approcha de Cassiopeia qui s'était plongée dans la fouille d'une armoire.
- Vous trouvez ?
- Non… répondit la jeune femme dans un grognement de frustration. Non je ne trouve pas. Je n'ai aucune idée d'à quoi ça peut ressembler. Tu n'as pas une idée ? Dumbledore disait…
- Je sais, mais non, je n'en sais rien, désolé, répondit Harry dans un soupir désolé.
Severus les interrompit.
- Harry, regarde l'étagère à souvenirs.
Harry tourna la tête. Certains souvenirs s'étaient mis à scintiller. Son père et lui s'approchèrent.
- Regarde, ce sont les nôtres, ceux qu'il a laissés à notre intention mais qu'on ne pouvait pas encore lire.
Severus prit tous ceux qui brillaient et se tourna vers la Pensine, mais Harry le retint.
- Dumbledore ne les a laissés qu'à nous, rappela-t-il à voix basse.
- Nous pouvons partir vous savez, intervint McGonagall qui était juste à côté. Vous pouvez demander simplement, je suis sûre que tout le monde ici comprendra.
Harry rougit. Neville, Luna, Ron, et Hermione le saluèrent lui et Drago, et quittèrent le bureau, les bras chargés de livres qu'Hermione voulait ramener à son dortoir pour les étudier.
Neville jeta un dernier regard vers l'épée de Gryffondor avant de partir.
Cassie et Caitlin continuaient de chercher et McGonagall autorisa la jeune femme à revenir plus tard pour continuer de fouiller la pièce si elle le désirait mais Cassiopeia refusa fermement de partir sans avoir trouvé le médaillon, et la directrice n'insista pas.
Elle décida d'aller faire un tour dans le château pour vérifier que tout allait bien et proposa d'emmener Caitlin avec elle pour l'occuper à autre chose. Elles partirent toutes les deux.
- Ne vous inquiétez pas de moi, lança Cassiopeia à Severus, Harry, et Drago. Je ne vais pas essayer de savoir ce que Dumbledore vous a dit, je vais juste continuer de chercher.
Harry hocha la tête. Il se tourna vers Drago qui était perdu dans ses pensées depuis un moment.
- Est-ce que ça va ? lui demanda-t-il en voyant qu'il était soucieux.
- C'est cette coupe, celle de Poufsouffle, que Dumbledore nous a montrée. Il me semble l'avoir déjà vue quelque part mais je ne parviens pas à retrouver où… répondit Drago l'esprit toujours en pleine réflexion.
- Ca te reviendra, lui dit Harry. Tu regardes les souvenirs avec nous ?
- Oui, oui bien sûr, réagit le jeune homme en se concentrant sur la réalité.
- Bien, intervint alors Severus, je trouve que celui-là brille plus fort. Nous allons estimer qu'il s'agit du premier à regarder. C'est parti…
Et Severus versa le contenu de la fiole dans la coupe argentée.
.
Ils se retrouvèrent tous les trois dans un quartier sombre et insalubre de Londres. C'était le soir, il faisait presque nuit, et les rues étaient désertes. Ils aperçurent Dumbledore un peu devant eux qui avançait et le suivirent.
Ils arrivèrent devant un bâtiment sombre et l'ancien directeur frappa à la porte. Sur l'enseigne, on pouvait déchiffrer « Orphelinat ».
- Vous avez vu ? Il a l'air jeune, fit remarquer Drago. Enfin, je veux dire, plus jeune.
Severus hocha la tête.
- Il est plus jeune encore que lorsque j'étais élève.
La porte s'ouvrit et laissa apparaître une femme dans la cinquantaine, d'apparence assez stricte.
- Oui ? salua-t-elle sèchement.
- Bonjour, je suis le Professeur Dumbledore, je viens au sujet du jeune Monsieur Tom Jedusor.
Derrière lui, Harry, Drago, et Severus eurent un mouvement de surprise.
- J'aurais dû m'en douter… grommela Severus.
La femme fit entrer Dumbledore et les trois sorciers suivirent rapidement. Harry frissonna en découvrant l'univers macabre dans lequel Voldemort avait grandi.
- Je ne pensais pas qu'un jour je serais reconnaissant envers les Dursley pour avoir accepté de m'accueillir chez eux… murmura-t-il.
Severus lui jeta un regard qu'Harry ne sut déchiffrer.
- Quand je pense qu'il nous balance tous ses discours sur la pureté du sang et sa noblesse… dit Drago avec mépris derrière eux. Noblesse mon œil oui, monsieur Voldemort, non mais quel hypocrite...
- Drago, arrête s'il te plaît, intervint Harry.
- Pardon ?!
- Tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents assez riches pour faire de nous d'insupportables pourris gâtés !
Drago resta bouche bée devant l'attaque d'Harry. Et puis cela l'énerva.
- Je ne te permets pas, Potter ! Mon enfance n'a pas été rose non plus, tu n'as pas le monopole de la détresse !
- Oh, pauvre petit Drago, qui dormait tous les soirs dans un lit, avait l'amour de sa mère au moins, et un père pour le pousser en avant même s'il manquait d'affection !
Severus s'apprêtait à intervenir, mais aux derniers mots d'Harry, il sentit son esprit se bloquer.
- Mais qu'est-ce qui ne va pas chez toi enfin ?! continua Drago. On est en train de voir Voldemort, là, tu sais, celui qui est responsable de ton enfance pourrie d'ailleurs !
- Ce n'est pas la peine de me le rappeler ! cria Harry après lui. Mais j'ai aussi le droit de me rendre compte qu'il y a peut-être des facteurs qui ont contribué à ce qu'il est devenu !
- Quels facteurs ?! Ce type est mauvais dans chaque fibre de son être !
- Tu n'en sais rien !
- Ca suffit tous les deux ! s'énerva Severus pour de bon.
Ils se rendirent alors compte que Dumbledore et la vieille femme avaient été en train de parler du jeune Voldemort pendant qu'ils se disputaient, et qu'ils étaient en train de s'éloigner. Drago et Harry échangèrent un dernier regard furieux avant de leur emboîter le pas, et Severus les suivit également.
S'approchant d'Harry, il murmura :
- Qu'est-ce qui vous prend ? lui demanda-t-il avec un ton de reproche.
Harry haussa les épaules et accéléra le pas. Severus soupira. Il se demandait si ce n'était pas l'endroit qui les rendait nerveux, lui-même n'était pas très à l'aise. Ce n'était qu'un souvenir mais il ressentait la lourde atmosphère.
La femme de l'orphelinat ouvrit une porte.
- Tom ? Il y a quelqu'un qui est venu pour te voir. Voici le professeur Dumbledore.
Dumbledore entra derrière elle et Severus, Drago, et Harry s'approchèrent.
Le jeune Tom Jedusor était assis vers la fenêtre et regardait dehors. Lorsqu'il se retourna, Harry expira lentement.
Les yeux du petit garçon étaient déjà sombres, pas encore rouges, bien sûr, mais si sombres.
Drago frissonna, et Severus sentit un mal-être l'oppresser. Dumbledore vint s'assoir sur le lit tandis que la femme s'éloignait.
- Bonjour Tom, dit le professeur aimablement.
- Vous êtes un docteur, répondit Voldemort enfant. Je ne suis pas fou, je ne suis pas malade.
- Non, Tom, je ne suis pas un docteur, je suis un professeur, j'enseigne dans une école spéciale.
- Pour les fous.
Tous purent entendre les affirmations dans sa voix. Il ne posait pas de questions.
- Non, pas pour les fous, continua Dumbledore doucement. Pour les enfants qui sont différents, uniques.
Tom plissa les yeux.
- Est-ce qu'il t'est déjà arrivé que des choses étranges se passent autour de toi ? demanda Dumbledore.
- Oui, répondit le petit garçon avec une assurance teintée de défi. Je peux faire venir les animaux. Je peux leur faire faire ce que je veux. Je peux les tuer même. Et je peux commander aux gens. Ils font tout ce que je leur dis.
La lueur de fierté qui brillait dans les yeux de cet enfant les fit se sentir mal.
- Des facteurs, hein… murmura Drago.
Harry ne put rien répondre. Drago avait raison, Voldemort avait été mauvais depuis son enfance. Il cacha immédiatement à son compagnon les pensées qui lui vinrent en esprit.
Peut-être que Drago avait raison, mais peut-être que lui-même n'avait pas tort non plus. Voldemort aurait-il été aussi mauvais s'il avait grandi dans un foyer chaleureux, au lieu de ce lieu sombre ?
Et lui ? Lui, Harry, qui avait déjà trop de fois montré qu'il pouvait basculer, que serait-il advenu de lui s'il avait été élevé dans un endroit pareil lui aussi ? Pouvait-il être certain qu'il n'aurait pas tourné de la même façon ?
Le doute qui avait déjà naquit en lui depuis quelques temps s'amplifia.
- Je suis un sorcier, Tom, déclara Dumbledore, et toi aussi.
- Prouvez-le.
C'était un ordre. Un commandement jeté du haut de ses onze ans.
Harry prit sur lui pour garder une respiration calme et normale. Mais il ne put tromper Severus qui ne cessait de jeter des coups d'œil dans sa direction, de plus en plus inquiet de réactions qu'il redoutait. S'il ne pouvait lire ses pensées, il en devinait la teneur.
La commode s'enflamma sans que Dumbledore n'ait fait un geste. Tom regarda les flammes avec une fascination écœurante.
Il y eut un bruit de cliquetis.
- Je crois qu'il y a là dedans quelque chose qui veut sortir, Tom, dit Dumbledore calmement.
Le petit garçon s'avança vers le meuble en feu et ouvrit la porte. Il prit une petite boîte qui bougeait entre ses mains, comme si ce qu'il y avait à l'intérieur cherchait à s'en échapper.
Il l'ouvrit sur le lit, et renversa le contenu. Les petits jouets et objets cessèrent de bouger.
- Le vol n'est pas permis à Poudlard. Poudlard est l'école de magie dans laquelle je suis professeur. Je compte sur toi pour ne pas recommencer.
Dumbledore se leva.
- Prépare tes affaires et tiens-toi prêt à partir lundi prochain. Je viendrai te chercher.
Tom ne répondit pas et Dumbledore le salua de la tête avant de quitter la chambre. Au dernier moment, le jeune Voldemort l'interpela.
- Je peux aussi parler aux serpents.
Dumbledore se retourna et fixa le petit garçon des yeux.
.
Le souvenir s'estompa, et Severus, Harry, et Drago retrouvèrent leur réalité et leur temps. Le regard d'Harry se posa sur les souvenirs qui brillaient, qu'ils étaient censés regarder ensuite, mais secoua la tête.
- Je ne regarderai rien d'autre maintenant, dit-il d'un ton qui se voulait ferme mais dans lequel Severus entendit presque une supplication.
- Ce n'est pas grave, on les regardera plus tard… dit-il. Est-ce que… Harry ?
Mais le jeune homme avait déjà quitté la pièce. Drago soupira et lui emboîta le pas, mais Severus le retint.
- Vas-y doucement avec lui, Drago. Je ne sais pas ce que tu as pu apercevoir dans son esprit mais je pense qu'il a du mal avec ce qu'on a vu.
- Je ne comprends pas pourquoi ! réagit Drago. C'est Voldemort, tout ce que ce souvenir nous a montré, c'est qu'il était déjà mauvais à l'époque !
- Drago, soupira Severus, ne soit donc pas si buté, qu'est-ce que tu as toi aussi ? Tu es intelligent, ne fais pas semblant de ne pas comprendre !
Drago croisa les bras et détourna les yeux. Un silence passa avant que le jeune homme ne réponde enfin.
- J'en veux à Dumbledore. A quoi ça nous sert de voir ça, si ce n'est à nous replonger dans des millions de questions qui ne pourront pas aider Harry à se sentir mieux par rapport à lui-même ! Et ça m'énerve et je me suis énervé contre Harry parce que je suis frustré par la situation, et parce que je ne veux pas qu'il doute de lui à cause de ces stupides souvenirs. Voilà, tu es content ?
Le soulagement fut clair sur le visage de Severus.
- Pourquoi tu n'as pas simplement dit ça ?!
- Je ne sais pas, marmonna Drago.
- Va le rejoindre et dis lui ce que tu viens de me dire, tout de suite !
Drago sortit en grommelant.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Cassiopeia quand il fut partit.
- Dumbledore nous a montré sa première rencontre avec Tom Jedusor, quand il avait onze ans. Il a grandi dans un orphelinat miteux et seul, et Harry se demande si des circonstances différents auraient pu changer les choses, mais Drago pense que ça n'aurait rien fait, que le Seigneur des Ténèbres est purement mauvais.
- Et Harry se demande ce qu'il serait advenu de lui dans de pareilles conditions… conclut Cassie toute seule. J'aimerais tellement qu'il ait plus confiance en lui. Comment peut-il à la fois être un leader aussi fort et en lequel tout le monde croit et qui nous guide admirablement, et en même temps…
- Je sais…
.
Drago retrouva Harry dans leur chambre. Lorsqu'il entra, Harry s'approcha de lui et l'enlaça.
- Je suis désolé, murmura le jeune homme.
- Ah non ! réagit Drago. Ne t'excuse pas alors que c'est moi qui suis dans le tort, ça me fait sentir encore plus coupable.
Harry serra Drago plus fort.
"C'est moi qui suis désolé" murmura Drago.
.
Ce dimanche matin, le jour se leva tristement. Aux premières lueurs, tous les élèves, professeurs, et autres personnels de l'école ainsi que des habitants de Pré-Au-Lard, et d'autres adultes extérieurs, étaient rassemblés près du lac dans le parc de Poudlard.
Un socle de pierre avait été érigé, d'une pierre blanche et simple, dont la surface lisse n'était gravée que par ces mots :
Ci-gît
Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore
Qui découvrit douze propriétés du sang de dragon,
Et reçut l'Ordre de Merlin 1ère Classe.
Directeur de l'école de sorcellerie Poudlard
Professeur, guide, et ami, et le plus grand sorcier de son temps.
Que son âme repose en paix.
RIP
Absolument tous les élèves étaient présents, et Harry, dans son rôle de Darren Prince, avait bien ordonné à ceux qui s'étaient éventuellement satisfaits de la mort du sorcier, de ne pas troubler la cérémonie quoi qu'il en fût.
Des élèves pleuraient, et la peine s'inscrivait sur les visages de ceux qui contenaient leurs larmes. Parmi les professeurs, nombreux étaient ceux qui ne cachaient pas leur tristesse.
La nuit de la mort de Dumbledore, les Mangemorts avaient mis le feu à la lisière de la Forêt. Lorsque Fumseck avait éclaté en flammes au-dessus de là où l'homme avait été tué, plus personne n'avait cherché à retrouver le corps du sorcier.
Mais pour les funérailles, Flitwick et McGonagall avaient forgé dans une pierre blanche qu'Hagrid était allé chercher dans les montagnes, le socle qui reposait à présent au milieu du lac.
Il y eut d'abord un long silence, à peine troublé par les sons naturels environnants. Quelques oiseaux, un peu de vent.
Et puis McGonagall leva lentement sa baguette au bout de laquelle apparut une douce lueur bleuté. Les uns après les autres, tous levèrent leur baguette à leur tour. Bientôt, dans le ciel, un nuage clair se mit à briller. Et lorsqu'ils baissèrent le bras, le nuage continua d'éclairer les cieux.
.
Tout le monde commençait de rentrer au château quand soudain, un cri aigu et plein de douleur brisa le silence.
Tous se retournèrent dans sa direction, et Harry faillit oublier qui il était censé être pour se précipiter vers Mademoiselle Cybèle, qui était tombée inconsciente sur le sol, le visage crispé par une souffrance qu'on ne pouvait que deviner.
Mrs Pomfresh se baissa rapidement à ses côtés tandis que le professeur McGonagall faisait reculer les élèves qui cherchaient à voir ce qu'il se passait.
- Rentrez à l'intérieur ! leur intima-t-elle. Allez, ce n'est pas un spectacle !
Harry soudain leva la tête. Le ciel était subitement devenu sombre et orageux.
- Il se passe quelque chose… murmura-t-il.
Drago le tira par le bras pour qu'il suive le mouvement et rentre au château comme tout le monde. Darren Prince n'avait aucune raison de rester. Harry le suivit à contre cœur mais le jeune homme avait raison.
Il fallut attendre que tout le monde ait rejoint la Grande Salle ou ses dortoirs avant que les deux garçons ne puissent s'éclipser discrètement.
Empruntant le passage secret de l'AP ils montèrent rapidement au septième étage et rejoignirent discrètement l'infirmerie. Mrs Pomfresh les aperçut quand ils entrèrent et soupira de soulagement en les voyant.
- Po… Prince, venez, dépêchez-vous, elle vous a appelé !
- Comment ?!
Il suivit Pomfresh jusqu'au lit sur lequel Mademoiselle Cybèle était allongée, toujours prise d'une douleur que l'infirmière ne comprenait pas.
Elle semblait essayer de parler mais on ne pouvait comprendre. McGonagall la regardait avec une inquiétude sincère. Soudain, Harry entendit qu'elle l'appelait à nouveau.
- Je suis là, professeur, lui dit-il avec inquiétude en s'approchant.
Soudain la jeune femme ouvrit les yeux, attrapa son poignet et l'attira plus près d'elle. Elle parla d'une voix grave et grondante, et ses pupilles étaient complètement dilatées.
- Le sang coule, prononça-t-elle. Le sang coule et la porte est ouverte. Un nouveau traitre, un nouveau poignard. Mais il a été vu. Il faut retrouver le Gardien avant que sa vie ne soit entièrement écoulée. Le Gardien sait, le Gardien voit. Retrouvez le Gardien avant que son souffle ne se tarisse. Le sang coule et la porte est ouverte. Et elle marche, libre.
Et Cybèle retomba dans l'inconscience.
Harry recula pour laisser Mrs Pomfresh s'occuper de la jeune femme et se tourna vers Drago.
- Qu'est-ce que tout cela voulait dire ?! demanda le professeur McGonagall.
Mais Harry et Drago réfléchissaient à toute vitesse, essayant de comprendre eux aussi. Le visage de Drago soudain s'éclaira. Harry comprit dans la foulée et jura.
- Mr Prince, votre langage ! le réprimanda McGonagall, agacée de se sentir perdue.
Mais Harry et Drago étaient déjà partis en courant.
- Prince ! Malefoy ! leur cria-t-elle après, en vain.
.
Harry et Drago rejoignirent le passage secret et commencèrent à descendre.
"On ne peut pas y aller tous les deux" fit remarquer Drago tandis qu'ils couraient. "Mais tu ne peux pas y aller seul."
"Non, je sais, je vais chercher Cassiopeia. Viens, si on sort là, on pourra rejoindre son bureau sans se faire remarquer."
Les deux garçons, prenant garde à ne pas se faire remarquer, se précipitèrent à la porte des appartements de Cassiopeia et frappèrent.
- Qu'est-ce que… ? commença Cassie en leur ouvrant, interrompue lorsqu'ils entrèrent.
- Professeur, Mademoiselle Cybèle a eu une sorte de vision. On a besoin de votre aide, s'il vous plaît venez avec nous, on manque de temps, on vous expliquera en chemin.
- J'arrive, répondit Cassiopeia sans poser plus de questions.
Et elle alla prendre sa veste et sa baguette.
- Caitlin ! appela alors Harry.
La petite fille sortit de sa chambre.
- Darren ! s'exclama-t-elle avec joie en le voyant.
- Caitlin, je suis désolé, je n'ai pas le temps pour l'instant, lui dit Harry en l'embrassant quand même pour lui montrer son affection malgré tout. Ecoute, tu vas rester ici pendant que Cassiopeia va m'aider avec quelque chose, d'accord ?
La petite fille hocha la tête en prenant un air sérieux. Cassie avait entretemps appelé Dobby et l'elfe de maison apparut.
- Dobby, reste avec Caitlin jusqu'à notre retour, tu veux bien ? demanda Harry.
- Bien sûr monsieur, ce sera un plaisir monsieur, tout ce que…
- Merci, répondit précipitamment Harry.
Cassiopeia, Drago, et lui sortirent et se dirigèrent vers l'entrée la plus proche.
Soudain Harry sentit une présence et il se retourna en sortant sa baguette. Ses sens aux aguets, il chercha l'origine de sa sensation. Drago était avec lui en esprit et ils perçurent au même moment celui qui se cachait dans un recoin non loin d'eux.
Leurs sorts jaillirent à une vitesse que Cassiopeia trouva impressionnante.
Les deux garçons n'attendirent pas avant d'aller voir qui les espionnait et découvrirent un Serpentard du groupe des partisans de Voldemort, qui gémissait à terre, son bras effleuré et ainsi, brûlé, par le Stupéfix d'Harry.
- Qu'est-ce que cela signifie ? gronda Harry.
- C'est à toi de rendre des comptes, Prince ! siffla le jeune homme, de la peur toujours dans les yeux mais avec défi et colère. Tu nous trompes depuis tout ce temps ! Je vous ai entendu, tu parles avec la protégée de Potter et avec cette prof qu'on sait faire partie de l'Ordre du Phoenix ! Qu'est-ce que tu fous bordel ?! Ah je savais bien qu'il ne fallait pas te faire confiance ! Attends que le Seigneur des Ténèbres sache ça !
Harry et Drago plissèrent les yeux et carrèrent la mâchoire. Cassiopeia les regarda.
- Les garçons ? demanda-t-elle prudemment.
Drago pointa sa baguette sur celui qui les avait un peu démasqués.
- Tu ne sais rien, déclara-t-il, gravement. Oubliettes !
Un éclat de lumières éblouit le couloir. Lorsque le jeune homme ouvrit les yeux, il était seul, et n'avait aucune idée de ce qu'il faisait là, ni de comment il y était arrivé.
.
- Bon alors, qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Cassie pendant qu'ils courraient de nouveau dans le souterrain.
La jeune femme avait compris que ce n'était pas le moment de parler de ce qu'il s'était passé.
- Cybèle a eu une sorte de vision, expliqua Harry. Elle a dit que le Gardien avait été blessé, et qu'une femme avait été libérée, et que cela avait été l'œuvre d'un traître que le Gardien a vu.
- Je ne comprends pas ! réagit Cassiopeia.
- Un Mangemort a trahi Voldemort pour Ombrage, répondit Drago.
Ils étaient arrivés au niveau de la Cabane Hurlante.
- Et sans que je sache comment, il a trouvé une façon de suivre Voldemort, ou je ne sais pas… continua Harry. Bref, il a pu emmener les hommes d'Ombrage là où on la gardait prisonnière, et ils l'ont libérée. Elle était gardée par un Sphinx. Il faut qu'on y aille pendant qu'il est encore en vie, parce qu'il pourra nous dire quel est le traître, et il faut absolument qu'on récupère cette information.
Cassiopeia hocha la tête, comprenant le plan et l'urgence.
- Drago va rester là, si Voldemort vient, il ne faut pas qu'il le voit. Je vais reprendre mes traits Harry Potter. Je vous ai demandé de venir parce que ce serait stupide d'y aller seul et vous étiez la personne qui apparaissait la plus adaptée à la situation…
La jeune femme esquissa un sourire, comprenant ce qu'il voulait dire. Ils étaient prêts à transplaner. Harry et Drago s'embrassèrent avec force quand Cassie réalisa soudain ce qu'il venait de dire.
- Attendez une seconde ! Là où vous gardiez Ombrage prisonnière ?! Qu'est-ce que cela veut dire ?!
Harry rougit.
- Je vous expliquerai, concéda-t-il. Mais une fois que nous serons revenus, si vous voulez bien.
Elle acquiesça et il lui tendit le bras. Elle y accrocha sa main, et Harry regarda Drago une dernière fois avant de transplaner.
Ils apparurent à la lisière du petit bois juste à côté de la crypte dans laquelle Harry et Voldemort avaient enfermé Ombrage la dernière fois qu'ils étaient venus là.
Des restes de pierres et de poussière témoignaient d'une explosion qui avait dû avoir lieu, encore récemment. Les sens d'Harry lui apprirent rapidement qu'il n'y avait personne autour et il s'avança rapidement vers la crypte, Cassiopeia derrière lui, tous les deux tout de même prudemment et sur leurs gardes.
La porte n'était plus que ruines, et l'escalier s'enfonçait dans un nuage de poussière sombre. Harry commença à descendre, la baguette en avant, mais se tourna auparavant vers Cassiopeia.
- Vas-y, lui dit-elle avant qu'il n'ait eu le temps de lui poser la question. Je surveille. Si quelqu'un arrive, je t'appellerai.
Harry hocha la tête et descendit. Il n'y voyait rien, et lança un Lumos qui éclaira la poussière davantage sans la dissiper pour autant.
"Utilise le Ventum" lui suggéra Drago. "Tu sais, le sortilège des vents ? On est censés le connaître pour les Buses, je te rappelle."
Harry préféra ne rient répondre, étant donné que Drago avait raison, et lança le sortilège que Drago lui rappelait.
- Vens ! invoqua-t-il d'abord pour faire venir un vent, avant de lui indiquer l'action qu'il désirait : Clare !
Un souffle s'éleva et agit sur la poussière environnante. En quelques secondes, la pièce était claire… et vide. Harry déploya ses sens pour essayer de percevoir quelque chose de plus.
- Harry ? Viens voir ! l'appela Cassiopeia. Dépêche-toi !
Harry remonta rapidement et se dirigea vers la jeune femme qui était agenouillée un peu plus loin au-dessus d'une silhouette qu'il reconnut.
- Le Sphinx… ! murmura-t-il en se précipitant à ses côtés.
- Harry Potter… articula la créature. Parmi les hommes… qui sont… qui sont venus… il…
- Il y a un Mangemort, un homme qui a trahi Voldemort, n'est-ce pas ? Vous l'avez vu, je vous en prie dites-moi qui c'est.
- Vous devez me donner votre parole… murmura le Sphinx. Votre parole… de le dire… de…
- D'accord. Vous avez ma parole, je le dirai à Voldemort, lui assura Harry sans hésiter.
Il n'avait pas l'intention de lui dire simplement sans chercher à marchander, mais il espérait justement obtenir quelque chose en échange de cette information, et il n'aurait aucun mal à respecter la parole très vague qu'il venait de donner.
De plus, il voyait que la créature était mourante et même si Cassiopeia faisait ce qu'elle pouvait, il doutait de sa survie, et même s'il en était attristé, il voulait entendre le nom du traître.
Il y avait des moments dans lesquels il fallait être pragmatique, malgré tout son bon cœur.
- Qui est-ce ? Qui a trahi Voldemort ? demanda-t-il avec insistance en sentant la vie quitter l'être blessé.
- Antonin Dolohov… dévoila enfin le Sphinx dans un souffle. C'est… Antonin… Dolohov…
Harry laissa échapper un soupir. Il regarda Cassiopeia qui secoua la tête, lui confirmant ce qu'il redoutait déjà, que le Sphinx n'allait pas survivre.
- Je suis désolé, murmura-t-il.
- Ne le soyez pas, Harry Potter… répondit le Sphinx à voix basse. C'était mon travail, et j'ai échoué… C'est moi qui…
Il toussa et cracha du sang avant de reprendre avec difficulté.
- C'est moi qui suis désolé…
Et ses yeux se fermèrent, et son souffle cessa.
.
Harry et Cassiopeia creusèrent une tombe de leurs baguettes dans la terre.
- Une fois en terre, expliqua la jeune femme, un Sphinx retourne à la nature dont il est issu, dans un procédé un peu magique, si tu veux. En quelques heures, il ne restera plus aucune trace de son corps parce que chaque cellule se sera détachée pour aller compléter autre chose, et participer au cycle de la vie.
- C'est plus poétique que le Paradis et l'Enfer moldus, fit remarquer Harry.
- Chez les sorciers, il n'y a pas d'idée tellement commune, pas comme chez les Moldus. Chacun croit ce qu'il veut et ce qui lui semble le plus beau et juste, en ce qui concerne la mort. Il y a des légendes sur la Mort personnifiée mais elles laissent entendre que lorsque l'on meurt, elle vient prendre nos âmes et nous emmène dans son antre, mais on ne sait pas ce qu'il se passe ensuite. Nombreux sont ceux qui croient que cela se passe pour tout le monde comme pour les créatures magiques telles que les Sphinx : que notre âme s'éteint simplement et que nos cellules vont participer à d'autres créations de la nature. Les êtres humains se décomposent juste plus lentement.
Harry trouvait que c'était une jolie pensée de la mort, mais il ne pouvait pas y adhérer entièrement.
- Je te sens un peu sceptique ? lui dit Cassie.
- C'est juste que… C'est juste que j'aie eu des expériences… qui ne collent pas avec cette théorie.
- Tu veux m'en parler ?
Harry ouvrit la bouche pour répondre mais sa cicatrice le brûla soudainement.
- Voldemort arrive… siffla-t-il à l'adresse de Cassiopeia.
- On s'en va, déclara-t-elle d'un ton qui n'admettait aucune réplique.
Et elle attrapa le bras d'Harry pour transplaner avec lui.
.
Et rien ne se passa. Une expression paniquée s'inscrivit sur son visage tandis que Voldemort apparaissait devant eux.
.
.
Explication du titre [Dernières Volontés] :
Le titre fait référence au testament de Dumbledore, et ce qu'il lègue aux uns et aux autres. C'est aussi une référence au Sphinx qui fait promettre à Harry de dire à Voldemort le nom du traitre, avant de mourir. Et c'est également une référence à ce qu'Harry découvre au début du chapitre. Car l'issue du monde dépendra de sa volonté.
.
Remarques sur le chapitre :
Bien sûr qu'Harry panique et a peur. Si vous avez compris comme lui, vous aurez compris que lorsque la fin arrivera, il devra choisir, et sa décision sera plus importante que tout. Mais personne ne sait quel choix cela sera, et s'il sera difficile ! Et Harry ne peut s'empêcher de douter : et si ce choix si important est censé se faire avant la fin ? Comment saura-t-il ? Il n'en a aucune idée et cela l'effraie. Et c'est bien compréhensible.
Toutefois je l'ai fait se reprendre assez vite : il réagit sur le coup, mais ensuite, il est désormais assez mature et fort pour prendre sur lui. Il y réfléchira plus tard, et plus tranquillement. Pour l'instant il y a d'autres choses desquelles s'occuper.
Je n'ai pas repris mot pour mot le souvenir de Dumbledore mais j'ai essayé d'être exacte tout de même. Pourquoi les souvenirs de Voldemort ? Parce qu'il y aura des choses à comprendre petit à petit, que vous comprendrez en même temps que les personnages, mais plus tard. Et parce que je tiens toujours à faire des références précises aux livres, tout en les incluant dans mon histoire.
Et à nouveau, je trouve normal qu'Harry se pose la question : est-ce que c'est une question de nature ou d'environnement, la façon dont Voldemort a tourné, et la façon dont lui-même a évolué ? Et avec ce qu'il a pu ressentir ou vivre déjà, comment ne pas se demander s'il pourrait mal tourner lui aussi ?
C'était ce que Mademoiselle Cybèle lui avait prédit : il est embarqué sur la barque des ombres, et il n'en est pas encore ressorti. Il lui faudra de la volonté, et l'aide de ses proches, pour en sortir. Et il ne pourra s'en sortir que grâce à son cœur : son amour pour les autres, et l'amour de Drago pour lui.
J'ai donné à Dumbledore un enterrement à la fois solennel et calme. Je trouvais que c'était ce qui était le plus respectueux.
Et oui, cela faisait un moment qu'on n'entendait plus parler d'Ombrage… Elle redevient une menace ! Car elle est libre, et si elle aura besoin d'un moment pour se reprendre, elle peut réattaquer à tout moment !
Je vous laisse réfléchir sans en dire plus pour l'instant sur les objets légués par Dumbledore…
.
Questions de fin de chapitre :
Que va-t-il se passer pour Harry et Cassiopeia ? Parviendront-ils à échapper à Voldemort ?
Pourquoi Dolohov a-t-il trahi Voldemort pour Ombrage ?
A quoi serviront les différents objets légués par Dumbledore ? Quelle sera leur importance ?
.
Remarques références :
*Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (Tome 6) : Souvenir, Tom Jedusor à onze ans, Dumbledore le rencontre à l'orphelinat ; baguettes qui éclairent le ciel (dans le livre : pour enlever la Marque des Ténèbres, le soir de la mort de Dumbledore)
*Harry Potter et les Reliques de la Mort (Tome 7) : Dumbledore lègue à Harry son premier Vif d'Or et rien ne se passe quand il le prend, à Ron le Déluminateur, et à Hermione un livre important.
.
Annonce du chapitre suivant :
Intitulé [Parce Qu'Il Est Ton Père], Voldemort réagira furieusement et attaquera le Terrier. Et face aux Mangemorts, Harry aura une bien mauvaise surprise…
