Je veux être ici et ailleurs
Au bout du monde et dans ton cœur
Je veux être ici et là bas
Dans tes pensées et dans tes bras (...)

Moi je veux tout et son contraire (...)
Nos baisers fous et nos corps fiers
Toi tu es tout et mon contraire
Le goût du ciel et de la terre
La mémoire courte et l'obsession
La liberté et la passion
Et la passion...

Toi tu es tout et mon contraire
Mon paradis et mon enfer

Mon oxygène, mon courant d'air
Mon âme soeur, mon adversaire
Dans ma folie ma passagère
Mon amour, en un seul exemplaire

Tout et son contraire : Florent Pagny


« Deux chemins s'offraient à moi et malheureusement je n'ai pas pu les emprunter tous les deux ».

Robert Frost


Chapitre 154 : Tout et son contraire (Du 2 au 10 octobre)

Le matin du deux octobre, jour où Hélène m'avait avoué ses sentiments, nous nous étions réveillés avec un sentiment de malaise. Elle était repartie avec la tête basse et le cœur en peine.

Pour la première fois, je ne l'avais pas embrassé lorsqu'elle était repartie. J'avais même été lâche et j'avais retraversé mon placard tout de suite, la laissant seule pour s'habiller, lui disant à peine un au revoir. Ma peur de laisser transparaître mes sentiments me rendait méprisable et j'en avais honte !

Elle avait beau avoir deviné que je n'étais jamais resté insensible à ses charmes, elle avait beau avoir bien deviné que moi aussi je l'aimais, il était hors de question que je prononce des mots d'amour.

Les dires m'auraient obligé à donner suite à notre histoire et je refusais de les prononcer si je n'étais pas sûr de partager ma vie à ses côtés. Cela aurait été cruel de lui susurrer des mots d'amour et de ne pas y donner une suite favorable qui se conclurait par un mariage. Je préférais rester silencieux...

Pendant dix jours j'avais retourné le problème dans ma tête. Le verdict était que je me trouvais dans une impasse totale ! Quel que soit mon choix, il ne me convenait pas.

Si je choisissais de garder Hélène avec moi à Baker Street et d'aménager la mansarde pour Louis, l'instant d'après je m'imaginais qu'entre Hélène et moi cela ne fonctionnait pas et je la voyais partir en m'abandonnant tout seul comme un chien.

Et puis, que faire de Watson ? Il était mon ami et je n'avais pas envie de me débarrasser de lui.

Quant à faire ménage à trois dans notre meublé... Cela irait peut-être un temps, mais tôt ou tard, Hélène voudrait un peu plus d'intimité et une vraie vie de couple. Avec mon ami dans les parages c'était plus difficile !

Et puis Louis se serait senti rejeté à rester seul dans sa mansarde pour la nuit.

Non, impossible aussi de vivre à trois dans le meublé et je me voyais mal demander à Watson de s'installer dans la chambre mansardée...

De plus, si je voulais vivre avec Hélène, il me fallait l'épouser... et un soir, j'avais juré sur la tombe de Christine qu'elle resterait la seule femme à qui j'avais proposé de m'épouser ! Et je tiendrais ma promesse faite ce jour là. Je pouvais peut-être aimer une autre femme mais jamais plus je ne mettrais un genou à terre pour lui demander de m'épouser... Sorry Hélène...

Alors je me disais qu'il valait mieux tout arrêter et la laisser continuer sa route toute seule, sans moi... Mais dans ce cas là, j'imaginais qu'un autre homme me la ravirait un jour où l'autre, et cette image me mettait au supplice ! Pourtant, c'était ce qui risquait d'arriver un de ces quatre matins... Hélène n'attendrait pas mon bon vouloir toute sa vie...

L'installer dans la pièce secrète à côté ? Non, ce ne serait pas une vie agréable pour nous. Même si elle achetait l'appartement en vente dans cet immeuble, nous vivrions séparés et au bout d'un certain temps, cela deviendrait invivable pour elle.

Hors de question aussi qu'elle aille habiter plus loin et que j'aille lui rendre visite entre deux affaires. L'obliger à passer sa vie à m'attendre n'était pas une option envisageable.

Au bout du compte, cela lui empoisonnerait la vie et elle en aurait plus qu'assez de rester cloîtrée chez elle pour ne pas rater une de mes rares visites. Et un beau jour, elle ne m'attendrait plus et je me retrouverais avec la porte de chez elle fermée : soit parce qu'elle était sortie et ne m'avait pas attendu ou pire, close définitivement !

Et puis il y avait Louis ! Que faire avec ce petit bout d'homme ? Un enfant avait besoin d'amour et d'affection, besoin que l'on s'occupe de lui, qu'on l'éduque, qu'on lui apprenne les choses de la vie, qu'on l'aide pour ses devoirs... Il y avait tant de chose à apprendre à un enfant de cet âge et mon métier ne s'y prêtait guère.

Hélène s'en occupait mieux que personne, mais un enfant avait besoin de ses deux parents pour bien grandir dans la vie... Et je ne serais pas souvent là pour l'épauler dans son apprentissage de la vie. Cet enfant demandait beaucoup d'investissement et j'avais peu à lui offrir !

Cet enfant méritait mieux que moi comme exemple !

Pourtant, au fil des jours, je m'y étais attaché à ce garnement peu ordinaire ! Malgré le fait que j'avais pris mes distances avec lui dès le départ, c'était ce petit bonhomme qui était venu vers moi pour tenter de m'apprivoiser. Craintivement tout d'abord car j'avais du l'impressionner.

Un pas après l'autre, j'avais cédé du terrain et au bout du compte, il me prenait la main, s'asseyait sur mes genoux et avait dormi à mes côtés. Oui, je l'aimais bien lui aussi.

Que faire ? Quel que soit mon choix, il ne me convenait pas de manière satisfaisante !

Vivre avec elle ou vivre sans elle ? Telle était ma question...

Être, ou ne pas être, telle était la question. Comme le disait si bien Hamlet... Partagé entre deux choix cornélien je ne savais quoi faire...

Etant seul dans le meublé, je pouvais parler à voix haute sans risquer de me faire entendre par mon ami.

Pour me changer les idées, je me mis à réciter un passage d'Hamlet :

« Y a-t-il plus de noblesse d'âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s'armer contre une mer de douleurs et à l'arrêter par une révolte ? Mourir... dormir, rien de plus... et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair : c'est là un dénouement qu'on doit souhaiter avec ferveur. Mourir... dormir, dormir ! ».

Malheureusement pour moi, même le sommeil n'arrivait pas à apaiser mes maux... J'avais goûté à sa chair et j'avais du mal à m'en passer. J'avais goûté à ses étreintes, à ses baisers, à ses mains qui m'enlaçaient et me caressaient... Telle la cocaïne, Hélène était une maîtresse exigeante et ma dépendance était puissante.

Mes injections de cocaïne ne m'avaient pas aidés, que du contraire. Je broyais mes idées noires et mes nuits étaient infernales à force de me retourner dans tous les sens.

Watson se rendit bien compte que je n'étais plus le même. Mon caractère était encore plus exécrable que d'habitude et je haussais le ton pour un oui ou pour un non. Tournant dans notre meublé comme un ours dans sa cage !

Ô Hélène ! Tu m'avais demandé l'impossible ! Cela faisait dix ans que j'avais banni tous les sentiments de ma vie, à commencer par celui de l'amour. Mon cœur avait tellement souffert qu'il ne voulait plus aimer ! C'était bien trop douloureux lorsque l'on perdait la femme que l'on aimait et mon coeur saignait encore... Moins qu'auparavant, mais il n'aurait pas su affronter une autre souffrance.

J'avais même fui toutes les relations avec les femmes car je ne voulais plus rien avoir à faire avec elles.

Puis tu avais débarquée ce vingt février à six heures trente du matin... et depuis ce jour fatidique, tu avais hanté mon esprit ! Nous avions passé deux jours ensemble et tu avais emprisonné mon coeur sans même le vouloir.

Lorsque je t'avais quitté pour repartir vers Londres, mon cœur s'était serré à l'idée de ne plus jamais te voir...

Depuis ces deux jours passés à Stoke Moran, chaque jour, chaque minute, j'avais pensé à toi, pestant contre moi même car j'étais dans l'impossibilité de t'oublier ou de ne pas me demander ce que tu faisais... si toi aussi tu pensais à moi...

J'avais bien essayé de résister, mais pas moyen ! Tu m'obsédais !

Si j'en étais resté là et que je n'avais pas fait appel à toi pour cette enquête en Normandie, j'en serais resté avec un joli souvenir de toi et une blessure agréable...

Mais voilà, n'écoutant que moi, je t'avais demandé de m'aider... l'amour que j'éprouvais pour toi avait grandi et s'était renforcé. Tu étais la femme que je désirais avoir à mes côtés... Tu étais tout et mon contraire à la fois. Mon paradis lorsque je t'avais à mes côtés et mon enfer quand tu n'étais pas là...

Et moi, je te voulais mais j'étais incapable de me décider entre te garder ou te rendre ta liberté totale... tout en sachant que si les sentiments que tu éprouvais à mon égard étaient aussi forts que tu le disais, te rendre ta liberté serait l'équivalent d'une descente aux enfers... et j'en serais en partie responsable...

Avec ou sans toi ?

With or without you ?

Je me pris la tête en main et je me laissais tomber par terre...


Message pour Elyon: "Bon allez Sherlock, ça suffit! Tu te maries et tu lui fais des enfants et zou! Allez, pas de discussion et que ça saute!" disais-tu dans te dernière review? Tu as eu raison de me préciser que ce n'était qu'une expression! J'en ris encore! Je te répondrai "patience et longueur de temps font plus que vitesse et précipitations". Holmes doit s'introspecter, descendre au plus bas pour mieux renaître de ces cendres, tel le phœnix!

Watson apprendra toute l'histoire du viol dans la partie 5, elle est déjà écrite au brouillon!

Message pour Skarine: Comment je fais pour écrire autant et encore avoir des idées? Imagination débordante, et quand cela rame un peu, je fais une pause et puis tout revient! Mais j'avoue que pour certains passage, j'ai eu difficile de mettre par écrit mes idées. Alors, j'écoute de la musique plus mélancolique et c'est repartit!