Bonsoir à tous.

Malgré un tout petit minuscule retard, voilà la bataille de Poudlard, part 2/4. Bonne lecture !


Wendy : Merci beaucoup. Il y a des hauts et des bas, mais là ça c'est bien calmé, je suis dans une période calme niveau migraines. Et oui, ça y est la bataille est aux portes de Poudlard. L'action va arriver en fin de chapitre, mais surtout dans le prochain.

Mrs Elizabeth Darcy31 : C'est bien résumé ! Globalement, voilà "on est dans la merde" xD

Fantomette34 : C'est assez surprenant c'est vrai, mais en fait cette partie est réécrite à partir de ce qu'il se passe dans le livre : dans celui-ci, Harry jette aussi le Doloris à Carrow. Je n'ai fait que changer quelques détails et la manière de le raconter. Mais ça m'avait surprise aussi quand je l'avais lu. Effectivement, ça me prend pas mal de temps à écrire, mais cette fic me passionne tellement que ça ne fait rien. Et puis j'alterne avec les traductions, ça aide beaucoup aussi. (Pour les migraines, nope je ne peux pas faire grand chose, à part attendre que ça passe. Merci pour tes encouragement :) )

Yusuke-kuwabara : Huhu, tu verras ^^ Après, je n'ai pas écrit 50 chapitres pour finir par un "bon bah en fait on oublie tout et on fait comme si rien ne c'était passé, trololo!". Donc rassures-toi, quoi qu'il arrive, ça ne finira pas "mal".


Chapitre 53 : Premières batailles

Quand Harry et Hermione pénétrèrent dans la salle-sur-demande, ils eurent du mal à croire en la vision qui s'offrait à eux. En aucun cas ils n'auraient pu donner une estimation du nombre de sorciers présents. Tout l'AD était là, ainsi qu'une grande majorité des sorciers recherchés par les mangemorts et le ministère, quelques membres de l'Ordre du Phénix, sans compter ceux qui ne faisaient partie d'aucune de ces catégories, mais qui avaient entendu la nouvelle et décidé de venir se battre aussi.

Ils avaient tous répondu à l'appel, conscients des risques, et pourtant prêts à combattre.

Harry lança vers Hermione un regard à la fois alarmé et désespéré. La situation était complètement hors de contrôle, ils ne pouvaient plus rien empêcher désormais. Lui qui tenait tant à limiter les victimes, il assistait impuissant aux préparatifs d'une bataille qu'ils ne gagneraient très probablement pas.

La sorcière lui renvoya un regard désolé, comprenant très bien ce qu'il ressentait. Tant de vies seraient sacrifiées cette nuit…

Raison de plus pour se reprendre et agir ! L'issue de la bataille dépendait en grande partie d'eux, ils n'avaient pas le droit de baisser les bras ou se laisser aller.

Hermione observa la foule amassée là, cherchant une tête en particulier. Et enfin, elle le vit se diriger vers eux, écartant maladroitement les sorciers sur son chemin.

- Vous êtes enfin là, s'exclama Ron en arrivant près d'eux.

- Ron !

- Désolé Harry, l'idée m'est venue d'un coup, j'ai préféré me dépêcher…

- Oui, Hermione m'a raconté, l'interrompit d'un murmure le survivant en l'amenant aussi loin des autres sorciers que possible. C'était une idée brillante, Ron, vraiment ! Et tu les as mis où alors ?

- C'est fait, ils sont détruits.

- Les deux ? Le médaillon et la coupe ?

- Ouais, confirma Ron, bien qu'ayant l'air légèrement mal à l'aise.

- Ils ne se sont pas défendus ? Le journal avait essayé de me tuer quand je l'ai détruit…

- Non, non, ça a été.

Pour les deux autres, il ne fit pas l'ombre d'un doute qu'il s'agissait là d'un énorme mensonge. Il rougit encore davantage qu'il ne l'était déjà devant le regard accusateur que lui lança Harry. Toutefois, ni celui-ci, ni Hermione ne cherchèrent pour le moment à en savoir plus. Ils auraient tout le loisir d'en parler plus tard, pour le moment Ron était en un seul morceau, il ne semblait pas aller trop mal, et c'était là le principal. En dehors du fait qu'il ne reste désormais plus que deux horcruxes, bien entendu.

Le serpent, et l'objet de Serdaigle.

Puis l'Elu, bien entendu.

- Harry… commença Hermione.

- Ah, oui, c'est vrai, j'allais presque oublier ce qu'a dit la directrice. S'il vous plaît, silence ! s'exclama-t-il avec autant de force et de volonté que possible.

Hermione ferma les yeux devant la méprise de son ami. Mais elle ne pouvait plus le lui dire maintenant que tout le monde avait les yeux fixés sur lui ainsi…

- Les quatre directeurs sont en train de rassembler tous les élèves dans la grande salle pour organiser la bataille qui va avoir lieu. Il faudrait que vous les rejoigniez tous le plus vite possible.

- Alors c'est bon, il va bien y avoir une bataille ?! interrogea Denis Crivey.

- On dirait bien oui, répliqua Harry en dissimulant une grimace à cette idée. Mais ceux qui ne veulent pas participer et les élèves qui sont encore mineurs vont apparemment être évacués.

A cette annonce, une vague de mécontentement s'éleva des élèves rassemblés ça et là, tandis que les autres acquiesçaient. Bientôt, de plus vives protestations s'élevèrent, provenant principalement de certains membres de l'Armée de Dumbledore qui refusaient de rester à l'écart. Harry tenta de reprendre la parole, sans le moindre succès.

- S'il vous plaît, tonna une voix qui surplomba toutes les autres.

Le silence revint lentement, avec l'espoir que la déclaration que venait de faire Harry serait contredite.

- Pour le moment la priorité est de se rendre dans la grande-salle. Nous aviserons de cela une fois sur place.

Il y eu quelques remarques, toutefois ceux qui étaient présents convergèrent vers le placard qui dissimulait la porte de sortie. Harry indiqua rapidement qu'ils pouvaient se servir aussi de la porte classique, puisqu'ils ne risquaient plus d'être punis, puis observa les sorciers se dépêcher de sortir. Lorsque Kingsley passa devant lui, il le remercia vivement pour être parvenu à calmer les élèves, et le sorcier lui recommanda en retour de faire attention à lui avant de suivre la file pour sortir.

Lorsque la salle sur demande se fut un peu plus vidée, Harry vit Remus se diriger vers lui.

- Je viens d'arriver, lança-t-il. Il faut se rendre dans la grande-salle, c'est ça ?

- C'est ça, tout le monde s'y rassemble, confirma Hermione.

- Vous êtes venu…soupira Harry. Et Tonks ?

- Elle est chez ses parents avec Teddy. Ecoute Harry, je sais que tu préfèrerais que je sois avec eux, mais je me bats pour eux. Je ne fuis rien.

- Je sais, murmura Harry. J'ai fini par comprendre.

Remus sembla reprendre quelques couleurs.

- Avant que tout ça ne commence, ajouta-t-il rapidement, je voulais te demander : veux-tu être son parrain ?

- Q-Quoi ?

- Veux-tu être le parrain de Teddy ?

Harry, stupéfait, cligna plusieurs fois des yeux comme s'il essayait de comprendre un sens caché derrière ces mots, puis il sembla réaliser qu'il lui fallait donner une réponse.

- Oui, oui bien sûr !

- Merci Harry !

Remus le prit dans ses bras puis se précipita hors de la salle, laissant le survivant abasourdit. Ron semblait heureux pour lui, et Hermione essayait de faire semblant de l'être. C'était cependant difficile lorsqu'elle songeait que même si c'était une excellente nouvelle pour Harry, ce n'était pas forcément le bon choix à faire. Teddy risquait fort de perdre son parrain bien avant son père…

Un éclat de voix sortit Hermione de ses sombres pensées, et il ne fut pas très difficile de reconnaître la voix de Ginny. Celle-ci se disputait avec ses parents, un peu plus loin. Ils étaient visiblement arrivés entre temps, et avec eux se trouvaient les jumeaux ainsi que Bill. Le sujet de leur dispute fut très rapide à comprendre, tant leurs voix dominaient sur celles des quelques nouveaux arrivants. Comme tous les élèves mineurs, Ginny devait être évacuée, seulement celle-ci, bien évidemment, refusait une fois encore de rester à l'écart, considérant qu'elle avait autant le droit de se battre que les autres. Ron et Harry, dès qu'ils eurent compris, ne purent s'empêcher de s'approcher et de s'en mêler. Mais pas pour soutenir Ginny, bien au contraire.

Restée un peu à l'écart, car elle sentait qu'elle n'avait pas le droit de se mêler de ça, Hermione vit Ginny entrer dans une fureur noir quand Harry lui demanda de quitter l'école. La jeune Weasley semblait estomaquée que personne ne la soutienne, pas même Fred et Georges. Finalement, il fallut l'intervention de son père pour qu'elle paraisse se résigner.

Ecoutant d'une oreille distraite Harry proposer que Ginny reste dans cette salle pour indiquer aux arrivants où aller, et aider les élèves qui aller arriver à sortir, Hermione vit la porte du passage secret s'ouvrir une nouvelle fois, laissant passer trois jeunes adultes qu'elle ne connaissait pas, ainsi que Tonks, Abelforth Dumbledore et d'autres sorciers, sorcières et couples. Elle alla à la rencontre du petit groupe d'arrivant, et vit Tonks sourire joyeusement en la voyant se diriger vers elle.

- Hermione, ça fait du bien de te voir, comment vas-tu ? s'exclama joyeusement la jeune femme en la prenant dans ses bras un court instant.

- Ca va, déclara-t-elle avec autant de conviction que possible. Mais, et vous ? Le professeur Lupin nous a dit que vous étiez resté avec votre fils…

- Teddy est chez mes parents. Je ne pouvais tout de même pas laisser Remus venir se battre seul. Je n'ai pas l'habitude de rester derrière à attendre sagement que les batailles se fassent sans moi. D'ailleurs, où est Remus ?

Hermione hocha doucement la tête ; elle aurait dû se douter que l'impétueuse jeune femme ne resterait pas réellement chez ses parents, loin de l'action.

- Il est dans la grande salle, répondit-elle, tout le monde doit s'y rendre pour organiser la suite.

Tous les nouveaux arrivants l'ayant entendu, ils la remercièrent pour l'information et s'empressèrent de sortir de la salle.

A ce moment, Harry revint vers elle, et Hermione pu voir par-dessus son épaule que Percy avait rejoint sa famille.

- Ca va ?

Hermione grimaça légèrement, mais acquiesça avec conviction. Pourquoi tout le monde se mettait soudainement à lui poser cette question ?

- Et toi ?

Harry haussa les épaules en penchant légèrement la tête. Il jeta rapidement un regard derrière lui pour vérifier que les Weasley, les seuls à être encore présents, ne l'entendaient pas :

- Je viens de ravoir une vision. Il est arrivé, il est devant le portail.

- Déjà ? s'étrangla Hermione. Il faut qu'on rejoigne les autres, il faut qu'on le dise à la directrice.

- J'y comptais bien. Viens…

Une dizaine de minutes plus tard, ils se trouvaient tous réunis dans la grande-salle. Les élèves à leurs tables respectives, les adultes autour de la table des professeurs. La directrice venait d'expliquer brièvement la situation, et allait exposer la suite des événements quand elle fut coupée par une voix aigue, tranchante et glacée qui sembla résonner dans la tête de chacun.

- Je sais que vous vous préparez à combattre. Vos efforts sont dérisoires. Vous ne pouvez rien contre moi. Je ne désire pas vous tuer. J'ai un grand respect pour les professeurs de Poudlard. Je ne veux pas répandre le sang des sorciers.

La voix se tu, et un grand silence s'abattit soudainement dans la salle, seulement rompu par les gémissements de certains des élèves les plus jeunes qui s'étaient mis à pleurer en entendant la voix.

- Livrez-moi Harry Potter, et il ne sera fait de mal à personne. Livrez-moi Harry Potter, et je quitterai l'école en la laissant intacte. Livrez-moi Harry Potter, et vous serez récompensés. Vous avez jusqu'à minuit.

Le silence tomba de nouveau. Toutes les têtes se tournèrent vers Harry, lui lançant des regards plus ou moins hostiles. Hermione eut l'impression de revivre le cauchemar qui l'avait tant bouleversée. De nouveau, quasiment avec les mêmes mots, il réclamait la reddition des sorciers présents. Et également qu'on lui livre Harry…

- Mais qu'est-ce que vous attendez, il est là !

Pansy s'était brusquement levée et pointait désormais Harry du doigt. Cependant, à peine eut-elle prononcé ces mots que dans un mouvement collectifs les trois autres tables se levèrent et se massèrent autour du trio, comme pour former un rempart entre lui et les Serpentards. Tous brandissaient leurs baguettes vers Pansy, stupéfaite de voir tous ces élèves lui faire face et la menacer. Hermione se rapprocha de Ron et Harry, et en échangeant un regard avec celui-ci elle pu voir qu'il était réellement bouleversée de cette réaction spontanée et quasiment unanime. Eux qui lui avaient pourtant tourné le dos à plusieurs reprise, le prenant pour l'héritier de Serpentard, pour l'assassin de Cédric, ou un manipulateur avide de pouvoir, ils se dressaient tous devant lui pour le protéger, près à défier Voldemort lui-même.

S'ils avaient encore besoin d'une preuve qu'ils ne se battaient pas pour rien, c'était la plus belle de toutes.

- Merci infiniment, miss Parkinson, déclara sèchement la directrice. Vous allez donc suivre monsieur Rusard et quitter la grande salle en compagnie des autres élèves de votre maison.

Le professeur Slughorn paru extrêmement mal à l'aise tandis que venant de partout, des ricanements se faisaient entendre. Au passage des Serpentards et plus particulièrement des septièmes années, des insultes fusèrent.

- Les élèves n'ayant pas encore atteint la majorité, vous allez les suivre. D'abord, les Serdaigle.

Lesdits élèves protestèrent parfois mais n'eurent d'autre chose que d'obéir. Peu à peu, la grande salle se vida, et il ne resta plus que les adultes et les élèves ayant atteint leur majorité. La table de Serpentard demeurait vide, néanmoins parmi les Serdaigle et les Poufsouffle, beaucoup étaient restés, tandis que la totalité des Gryffondor étaient restés à leur place. La directrice dû descendre de l'estrade et chasser de force ceux qui souhaitaient se battre sans avoir l'âge minimal requis.

Une fois que le calme fut revenu, Kingsley monta à son tour sur l'estrade et organisa la bataille à venir. Hermione ne l'écouta que d'une oreille distraite. Elle songea qu'il manquait dans cette salle une personne d'importance, une personne qui aurait dû être là, qui aurait voulu être là. Et elle, elle y était, alors qu'elle aurait dû se trouver à son chevet, à attendre son réveil. Peut-être, pensa-t-elle, et son cœur se serra à cette idée, qu'il se réveillerait seul, dans sa chambre noire et silencieuse, tandis qu'elle serait en train de se battre. Peut-être même s'était-il déjà réveillé.

Inquiète quant à l'état de Severus, Hermione vit à peine le professeur McGonagall se diriger soudainement vers eux, et c'est son ton de réprimande qui la ramena aux événements présents.

- Potter, ne deviez-vous pas chercher quelque chose ?

Harry sembla soudain se souvenir qu'il avait encore un horcruxe à chercher, et balbutia sa réponse en se rendant compte qu'il perdait un temps précieux.

- Allez-y, Potter, allez-y!

Harry hocha vigoureusement la tête et se retourna pour faire face à Ron et Hermione.

- Ecoutez, je… j'y ai réfléchi tout à l'heure, si Voldemort s'attendait à ce que j'aille voir la statue, c'est qu'on était forcément sur une bonne piste. Et vous vous souvenez, le professeur Flitwitch a dit que le diadème n'avait pas été revu, de mémoire d'homme. Je pensais… peut-être qu'en demandant à un fantôme, on avancerait.

- On pourrait essayer de demander au fantôme de la maison Serdaigle, c'est sans doute celui qui est le plus à même de savoir ça. C'est la Dame Grise, je crois, réfléchit Hermione.

- Je vais lui demander.

- Toi, tout seul ? Questionna Ron, inquiet de voir qu'ils n'avaient pas été inclus.

- Oui, moi seul. Ecoute, je n'essaye pas de vous mettre à l'écart, mais nous sommes vraiment pressés par le temps, et je pense que j'y arriverais mieux tout seul. Je pensais que vous pourriez aller voir à la salle sur demande, pendant ce temps, si Ginny va bien, si d'autres sorciers sont arrivés, ou si certains Serpentards n'ont pas essayé de revenir en douce.

- D'accord, on va faire ça, céda Ron. Mais je te préviens, tu viens nous retrouver aussitôt après, d'accord ? Tu n'essaye pas de faire tout tout seul !

- Bien sûr que non, Ron.

Hermione sortit de sa poche la carte du maraudeur qu'elle avait gardé, et la lui tendit avec un regard lourd de sous-entendus.

- Tiens. Tu as intérêt à t'en servir.

- Je viendrai vous retrouver aussitôt Hermione. C'est promis.

Sans attendre de réponse de leur part, Harry rangea la carte dans sa robe de sorcier et sortit en courant de la salle. Ron et Hermione échangèrent un regard inquiet pour leur ami, mais ils décidèrent de lui faire confiance et se concentrèrent plutôt sur ce qu'ils avaient à faire. Ils quittèrent la Grande Salle à leur tour, la voix de Kingsley qui donnait toujours ses directives diminuant au fur et à mesure qu'ils s'éloignaient, et ils gravirent les marches du grand escalier.

Arrivé au troisième étage, cependant, Hermione retint son ami, prise d'une impulsion soudaine.

- Vas-y tout seul, tu n'as pas besoin de moi. Je vais juste vérifier quelque chose, je te rejoindrais après.

- Hermione, tu es sûre que ça va ? Qu'est-ce que tu veux aller faire ? Harry nous a demandé…

- Je sais ce qu'il nous a demandé. Je serai rapide, je te le promets. Vas-y Ron, ne perd pas de temps.

Déglutissant difficilement, la sorcière affronta le regard empli de soupçons de Ron. Finalement, il soupira et s'élança de nouveau dans les escaliers, tandis qu'Hermione prenait le chemin de l'aile de l'infirmerie. Elle poussa les portes et ses yeux se posèrent rapidement sur les lits, tous vides. Sauf, bien sûr, celui qui se trouvait tout au fond de la salle, les rideaux fermés cachant aux yeux de tous le corps de l'ancien professeur.

Dans la pénombre, elle distingua une silhouette. Et si, dans un premier temps, elle fut soulagée, elle se rendit très rapidement compte que ce ne pouvait pas être Mme Pomfresh. La silhouette, immobile juste devant le lit de Severus, était trop petite, trop large d'épaule. Hermione s'approcha alors, aussi silencieusement que possible, et sortit lentement la baguette de sa poche. Elle ne l'avait pas encore tout à fait sortie qu'elle vit la personne se tourner vers elle, permettant à la lune d'éclairer en partie son visage, ce qui fut amplement suffisant pour qu'Hermione le reconnaisse : c'était un élève de cinquième année à Serdaigle, James Dorny.

En un éclair, Hermione se souvint de la raison pour laquelle elle connaissait bien cet élève particulier, sans pour autant avoir jamais eu affaire à lui. C'était lui qui avait discrètement sourit en voyant la porte de la tour de Serdaigle s'ouvrir pour laisser entrer Carrow. Mais surtout, et du coup le fait précédent prenait tout son sens, c'était lui que l'amie de Ginny avait accusé d'être un mangemort.

- Tiens, tiens, ricana-t-il. C'est marrant, j'aurai pourtant juré que Rogue avait été assassiné pour trahison envers le Seigneur des Ténèbres. C'est… intéressant, de le trouver ici. Vivant, en plus.

Il passa doucement sa main contre l'un des montants du lit, et son sourire s'élargit.

- Enfin, plus pour très longtemps.

- Alors c'était vrai, tu étais bien un mangemort, argua Hermione, espérant gagner du temps tandis qu'elle s'approchait le plus lentement possible.

- Perspicace, la sang-de-bourbe.

En réentendant ces mots, Hermione se sentit bouillir intérieurement et dû luter pour ne rien montrer.

- Imagine ma surprise quand, venant ici pour récupérer quelques potions, je suis tombé sur un traître que je croyais mort depuis plusieurs mois. Et apparemment, tu étais au courant, donc on peut imaginer que tu l'as aidé à se faire passer pour mort. Peut-être même… que tu l'aidais à se cacher.

A présent à moins d'une vingtaine de mètres de Dorny, qui continuait de jouer avec sa baguette, prêt à lancer un maléfice, elle fut effrayée par l'expression qu'il arborait. Elle la connaissait parfaitement, elle avait vu une lueur du même type dans les yeux de Bellatrix Lestrange, le soir où celle-ci l'avait torturée dans cette salle de classe. Une froide détermination, une soif de souffrance. Il était absolument évident que d'une seconde à l'autre, il allait définitivement pointer sa baguette soit vers elle, soit vers le lit, et lancer un maléfice mortel. Elle aussi tenait sa baguette en main, mais lui n'avait qu'à tourner le poignet pour agir, tandis qu'elle, elle devrait lever le bras, ce qui prendrait plus de temps. A peine une demi-seconde de plus, mais c'était amplement suffisant pour mourir. Ou voir Severus mourir.

- On ne bouge plus, murmura Dorny en souriant. Que crois-tu, que je ne t'ai pas vu avancer, soi-disant discrètement ? Espèce d'idiote. Cela fait des mois que je vous observe, toi et ce Killian. Vous les avez tous bernés, mais ces idiots ne savent pas regarder. J'ai tout de suite vu ce qui n'allait pas. Mais je n'étais pas certain, comment aurais-je pu l'être ? Seulement, maintenant, je le sais. Et c'est moi qui vais le tuer. Le Seigneur des Ténèbres me récompensera de nouveau pour tout ça. C'est moi qui lui aura dévoilé ce que vous trafiquez dans la bibliothèque, c'est moi qui tuerait le traître Rogue.

Hermione n'y tint plus, elle lança un sortilège de ligotage en informulé, mais il fut plus rapide et parvint à l'éviter facilement. Il riposta, en informulé également, et elle n'eut que le temps de se jeter sur le coté pour éviter le rayon lumineux qui la frôla.

Il éclata de rire et avança lentement, sûr de lui, s'approchant du lit derrière lequel elle avait plongé. Lorsqu'elle sentit qu'il était tout près, elle l'attaqua de nouveau en se levant brusquement, sans plus de succès. La maîtrise du combat dont il faisait preuve la stupéfia, car c'était loin, très loin du niveau d'un cinquième année, et elle était sûre que Severus lui-même aurait eût beaucoup de mal à lui faire face.

Ce bref moment d'hésitation la perdit, car il l'atteignit alors avec son maléfice de désarmement. Hermione fut projetée quelques mètres plus loin contre un autre lit, l'assommant à moitié, tandis que sa baguette vola hors de portée, de l'autre coté de l'infirmerie.

Il s'approcha alors d'elle, l'attrapa par les cheveux et tira pour la forcer à se redresser et à le regarder.

- Je pourrais te tuer, mais je préfère le faire après. Ce sera plus… drôle. Admire, Granger.

Il la laissa rudement retomber au sol et s'approcha à grand pas du lit où dormait toujours Severus. Lentement, et bien qu'il lui tourne en parti le dos, elle pu le voir lever sa baguette et la diriger vers le corps inconscient.

Il prenait tout son temps, sachant très bien qu'elle ne pourrait pas retrouver sa baguette dans l'épaisse obscurité de l'infirmerie.

Hermione en était également consciente.

Alors, malgré l'étourdissement qu'elle ressentait suite à sa rencontre avec le lit puis le sol, elle se redressa, se mit silencieusement à genoux et attendit un court instant afin d'être sûre de son geste. Quand elle fut certaine de ce qu'elle faisait, et qu'il ne la voyait pas, elle bondit brusquement vers le Serdaigle, qui commençait à prononcer une formule. Le choc les projeta tous deux vers le mur tout proche, et ils allèrent percuter violemment une armoire. Le verre explosa sous le choc, les flacons allèrent se briser au sol.

Hermione mit un peu de temps à revenir à la réalité et se rendit compte qu'elle était allongée sur Dorny. Elle roula alors sur le coté et cria de douleur lorsque plusieurs bouts de verre vinrent se planter dans son épaule. Elle se redressa immédiatement, les larmes aux yeux à cause de la douleur. Voulant vérifier si Dorny avait réellement perdu connaissance, elle osa un regard en sa direction.

Son teint était extrêmement pâle, et il était difficile de ne pas remarquer que les potions avaient pris une teinte brunâtre, et qu'une odeur âcre et métallique prédominait sur les odeurs de médicament. Il ne fut pas nécessaire de chercher longtemps pour avoir l'explication : il avait sans doute de multiples blessures pour avoir traversé la vitrine, mais la majorité du sang venait clairement de la blessure béante sur le coté de sa gorge. En tremblant, à genou à coté de lui, Hermione approcha sa main et retira le bout de verre qui s'y trouvait encore, sans que cela ne provoque le moindre mouvement du blessé. Prise d'un horrible doute, elle chercha son pouls, de l'autre coté de sa gorge, puis directement au niveau de son cœur.

En vain. Elle ne sentait absolument rien.

L'estomac nouée, elle fixa un instant ses mains. Dans l'obscurité de la pièce, à peine éclairée par les quelques rayons de lunes qui peinaient à traverser le brouillard des détraqueurs, elles paraissaient quasiment noires. Le regard d'Hermione se baissa. Elle remarqua brusquement qu'elle était à genou dans le liquide mêlé au sang. Elle se recula brusquement jusqu'à s'adosser au lit de Severus, sans cesser de fixer ses mains, comme si elle essayait d'en faire disparaître le sang par la seule force de sa volonté.

- Hermione… ? Tu es là ? Hermione !

Harry arriva en courant à coté d'elle.

- Hermione, qu'est-ce qu'il s'est passé ? s'exclama-t-il en voyant le sang sur ses mains et le corps au sol, non loin.

- Je ne voulais pas le tuer, Harry, murmura-t-elle. Il avait tout découvert pour Severus et moi, il voulait nous tuer, mais… je ne voulais pas le tuer, c'était un accident.

Harry la prit par l'épaule et essaya de la rassurer maladroitement, tout en observant du coin de l'œil le corps de Dorny.

- Tu t'es défendu, tu n'y es pour rien.

Hermione hocha la tête :

- Je le sais Harry. Je sais qu'on est en guerre, qu'on va sans doute devoir tuer mais…

Elle se tu, ne parvenant pas vraiment à formuler ce qu'elle ressentait : que même si tuer restait un acte horrible, c'était différent de le faire par un sort, par un avada kedavra, et de le faire à main nues, d'avoir du sang sur celles-ci.

- Et puis il n'avait même pas notre âge… Harry, il avait quinze ans.

Harry ne répondit pas, mais il s'approcha du corps en faisant attention à ne pas marcher dans les flaques de potions et releva la manche gauche du Serdaigle.

- Mais il avait fait son choix, déclara-t-il en montrant la marque des Ténèbres qui s'étalait sur la peau blême. Tu n'as rien à te reprocher, c'était un accident.

Il revint à coté d'Hermione et d'un sort, nettoya ses mains, puis ses vêtements.

- Il m'a désarmé et je ne sais pas où est tombée ma baguette, lui avoua-t-elle piteusement en se relevant.

Harry utilisa un accio et lui tendit sa baguette avec un sourire encourageant.

- Merci…

Elle retira les morceau de verre encore présents dans son épaule, puis referma au mieux la blessure. Alors, elle rangea sa baguette dans sa poche, puis se tourna vers le lit où reposait Severus. Il dormait encore, dans la même position que celle où ils l'avaient laissé, et il n'y avait pas le moindre signe indiquant son réveil. Elle vérifia son pouls au cas ou, et fut rassurée de sentir un battement régulier.

- Il va bien ?

- Il dort toujours, éluda-t-elle.

- Tu viens ? On devrait aller retrouver Ron.

Hermione le regarda avec étonnement.

- Tu as eu les informations que tu souhaitais ?

- La Dame Grise, c'est le fantôme de la fille de Serdaigle. Elle m'a raconté comme Voldemort avait retrouvé le diadème, et je me suis souvenue d'avoir déjà vu un diadème, dans la salle sur demande utilisée pour cacher divers objets. J'ai retrouvé Ron en chemin, mais Malefoy était déjà là-bas aussi, et Crabbe a utilisé un Feudeymon pour essayer de nous tuer. On a réussis à s'échapper avec Malefoy et Goyle, mais Crabbe est resté dans la salle.

- Il est…

- Ouais, il est mort. On n'a pas réussis à le sauver. Et le diadème a été détruit par le feu.

- Alors il ne reste plus que le serpent, observa Hermione.

- Il ne reste plus que le serpent, répéta Harry.

- Et Ron, il n'est plus avec toi ?

- Il est resté un moment avec ses frères pendant que je venais te chercher.

- D'accord, allons-y.

Hermione lança un ultime regard au corps étendu au sol, fit disparaître le sang et les potions par un sortilège, puis suivit Harry dans les couloirs du château.


Voili voilou, j'espère que vous avez aimé.

N'hésitez pas à commenter.

En attendant le chapitre 54, la semaine prochaine je publierais une nouvelle traduction, sur encore un autre fandom : Doctor Who.

Vous pouvez suivre mes publications sur mon twitter, Fredi076, et sur mon tumblr, Fred076. Ils sont dédiés à 99% à mes fics et mes dessins, donc n'hésitez pas.

J'aimerai aussi beaucoup savoir quel genre de fic vous aimeriez lire. Bon, pour Harry Potter le fandom même français est très fourni donc c'est dur de trouver des choses vraiment innovantes, mais s'il y a des types de fics que vous aimeriez voir, je serais très curieuse de le savoir, ça pourrait me donner des pistes pour de futures traductions (et j'avoue que j'aimerai en faire d'autres sur Harry Potter mais je ne sais pas trop quoi traduire. Donc vos suggestions sont plus que bienvenues !)

Je vous dis à la prochaine, bye ! :)