Disclaimer : cf chapitre 1

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Grand merci à Mistycal !

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Découvertes Surréalistes 6 / 6

Acte 12 : Pessimisme

Remus

Mon bras s'enroule autour de la taille de Nymph, qui vient de se lover contre moi sur le sofa de notre Yourte et je la serre doucement contre mon flanc.

Nous traversons tous des heures de découragement, où la victoire sur nos ennemis, toujours plus nombreux et dangereux, nous semble impossible. Et je n'ai pas besoin de la regarder, ni qu'elle s'exprime, pour comprendre qu'elle vit actuellement un tel moment. Car son habituel délicat arôme de fleur de cerisier, est supplanté par une odeur de fruit trop mûr, ce qui traduit chez elle une inquiétude pessimiste et de plus en plus grandissante…

« Que se passe-t-il, chérie ? » l'encourage-je à s'exprimer…

« Tout ce que Harry a révélé, tourne en boucle dans mon cerveau. Et je n'arrête pas de penser à ce qui adviendra, si nous perdons. Ce serait l'Enfer sur terre… » soupire-t-elle, en se collant plus étroitement contre moi…

Oui bien sûr. Nous en sommes tous là. Et comment pourrait-il en être autrement ? Nous sommes face à une situation inédite. Hautement surréaliste également, comme l'a murmuré à plusieurs reprises Sirius durant la Réunion.

« Faire de notre mieux, pour que cela ne se produise pas. C'est ce qui importe, Nymph… » murmure-je, en frottant doucement ma joue contre ses cheveux, mouillés de la douche qu'elle vient de prendre…

Son odeur explose dans mes narines, bouleversant mon cœur.

J'aime cette femme. Elle m'apporte tant de bonheur ! De sérénité. Et je ne peux plus imaginer ma vie sans elle, sans son amour et la force, la paix intérieure qu'il m'insuffle, lorsqu'elle caresse amoureusement mon corps, dans l'intimité secrète de notre alcôve…

« Faire de notre mieux, c'est ce que nous faisons depuis des mois et des mois, Remus. Notre situation ne s'améliore pas pour autant. Les obstacles se dressent toujours plus nombreux et dangereux sur notre chemin... » soupire encore Nymph, d'un ton découragé, avant d'ajouter la voix étranglée par des émotions très vives : « Et cette fois, c'est un obstacle infranchissable. Car même si Harry, Ron et Severus semblent confiants et penser que nous pourrons surmonter cette difficulté, moi je ne vois absolument pas comment nous pourrons tourner la situation à notre avantage. Parce qu'il ne faut pas se faire d'illusion, Remus. Salazar ne se laissera leurrer par aucun de nos subterfuges, ni ne se laissera mener dans un piège, comme un mouton à l'abattoir. Quant à Voldemort, comment l'empêcher de rester sur terre à l'état de Fantôme, si tel est son choix ? »

Je frissonne. Nymph se fait écho des pensées les plus pessimistes que je refuse de considérer depuis ce matin.

« Aussi longtemps que nous pensions l'Esprit de Voldemort scindé par la folie, nous pouvions espérer que Messire Salazar l'amène aisément à tomber tout droit dans notre piège. Mais la donne a singulièrement changé maintenant et j'ai la très désagréable impression, que nous allons bientôt jouer notre avenir à pile ou face. Et que nous allons perdre ce pari. » poursuit Nymph, crispant ses doigts sur ma chemise…

Sa conviction est telle, sa peur si profonde, qu'elle me contamine, s'insinuant brutalement en moi par chacun de mes pores, se diffusant et s'enracinant vivement dans mon cœur et dans mon esprit…

Cela m'effraye je l'avoue sans peine…

Pas de mourir, non. Il y a bien trop longtemps que je suis familiarisé avec l'idée de ma mort imminente, pour la craindre encore. Ce dont j'ai peur, terriblement peur même, c'est que notre Monde sombre à jamais dans les Ténèbres et d'avoir à vivre cela…

« Et heureux celles et ceux qui mourront durant les Combats, si nous perdons la Bataille, Remus. Au moins, ils n'auront pas à vivre la lente, terrible et irréversible descente aux Enfers qui sera le triste lot des survivants. » continue Nymph, la voix voilée de chagrin, ajoutant dans un murmure « Malgré tous mes efforts, je ne cesse de penser à ça depuis ce matin. Je ne veux pas voir cela, Remus. Plutôt mourir, que voir les Ténèbres envahir le Monde, l'emportant dans le chaos, torturant et tuant sans pitié les hommes et femmes qui tenteront vainement de s'y opposer. Asservissant celles et ceux qui n'oseront pas s'y opposer. Je ne veux surtout pas voir ce que les enfants auraient à souffrir dans un tel Monde. »

Je frissonne longuement, de concert avec Nymph. Des images terribles, horribles, me traversent l'esprit. Je réalise cependant qu'elles sont générées par la peur que Nymph me communique et je m'efforce de les chasser, priant avec ferveur, pour une issue heureuse à notre lutte contre les Monstres que nous combattons.

Mais le ciel entendra-t-il la prière d'un Loup Garou souillé par la Magie Noire Originelle ? Tiendra-t-il compte, que depuis toujours je combats cette Magie Noire, avec toute la force de mon cœur et de mon courage ? Et à défaut de m'épargner, épargnera-t-il celles et ceux que j'aime ? Permettra-t-il, qu'ils vivent un bonheur tant mérité ? me demande-je, sur un nouveau long frisson, avant de me secouer intérieurement…

Cette peur qui me broie le cœur et les entrailles, ne m'appartient pas. Et je refuse de me laisser aller au pessimisme qui fait sombrer Nymph dans ce marasme épouvantable, dénué d'espoir.

« Abandonner tout espoir maintenant, serait offrir la victoire sur un plateau d'argent, à Voldemort, Salazar et Balegarian. Or, nous avons fait trop de chemin vers la victoire, trop de sacrifices, pour nous arrêter maintenant. Il y a une solution, au problème qui se pose à nous aujourd'hui, Nymph. Nous ignorons laquelle pour l'heure, c'est vrai. Mais il y en a une, nécessairement. » souffle-je donc, en resserrant ma prise autour de la taille de Nymph…

« J'admire ton optimisme, Remus… » souffle-t-elle en retour, se décalant un peu pour lever son regard vers moi…

Il est empli d'une tristesse lasse, qui me vrille le cœur et le ventre. Et paradoxalement, cela fait renaitre en moi, la certitude inébranlable que nous avons toutes les cartes en main pour obtenir la victoire…

« Ce n'est pas de l'optimisme. C'est de la conviction, de la confiance. De la Foi oserai-je même affirmer. Magie Mère et Mère Nature sont avec nous. Nous connaissons toutes les forces et positions de nos ennemis, nombres de leurs Talons d'Achille et nous trouverons ceux que nous recherchons encore. Il nous appartient maintenant, d'anticiper leurs mouvements et le chemin que nous devons emprunter, pour accéder à la victoire. » déclare-je, avec fermeté, mon regard vrillé dans celui de Nymph…

« Peut-être as-tu raison, mais franchement Remus, je crois que nous sommes dans une impasse cette fois et que quoi que nous fassions, nous allions droit dans le mur. » répond-elle, ses yeux s'embuant de larmes et de désespoir…

Je dois chasser ses sombres pensées, son pessimisme forcené. Je dois lui rendre espoir. Lui communiquer la force qui anime mon cœur et mon Âme. Cette force, c'est son amour et l'amour que j'éprouve pour elle, qui l'ont plantée dans mon cœur. Elle a chassé les derniers doutes qui ont taraudé mon esprit, lorsque j'ai appris que je devrais faire face au premier Loup Garou. A achevé de me persuader que je serai plus fort que lui, que je ne courberai pas l'échine devant son autorité, qu'il ne pourra jamais m'imposer sa volonté…

C'est à mon tour, de lui rendre confiance en notre avenir…

Je souris doucement, laissant ma Magie imprégnée d'espoir et de confiance, se diffuser autour de moi, l'amenant à baigner Nymph de son Aura et je prends le visage de ma tendre et douce amie, dans mes mains en coupe…

« Alors il nous faut rebrousser chemin et prendre un autre sentier. Mais ne baisse pas les bras, ma chérie. Non, ne baisse pas les bras. Notre route est longue, tortueuse, semée d'embûches, c'est vrai. Mais peu importe que nous trébuchions à chaque pas, il faut continuer à marcher inlassablement et bientôt le sol se fera plus doux sous nos pieds. » affirme-je, en essuyant les larmes de Nymph, avec la douceur de la pulpe de mes pouces…

« Tu as l'air si sûr de toi… » murmure Nymph, avant de déglutir difficilement

Elle retient les nouvelles larmes, qui perlent aux coins de ses yeux, malgré ses efforts. Je sens cependant que son cœur s'apaise, que les tourments pessimistes ont moins d'emprise sur son esprit…

« Je le suis, Nymph. Tout aussi profondément, infiniment que je suis amoureux de toi. Et parce que je désire ton bonheur plus que tout, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, pour garantir notre victoire, tu m'entends ? » réponds-je, avec douceur et pleine conviction

« Oui, je t'entends. Et j'ai parfaitement confiance en toi. Je sais que tu feras tout ce que tu peux. Au-delà, même. Tu te surpasseras, comme tu le fais toujours. Et je te promets de faire tout ce que je peux moi aussi… » souffle Nymph en retour, esquissant un faible sourire…

Elle n'est pas totalement convaincue encore. Non par ma promesse mais par la sienne. Elle craint de n'être pas à la hauteur. C'est sa loyauté qui vient de dicter ses mots et elle est allée puiser son courage dans les tréfonds de son cœur et de son Âme, pour m'offrir son sourire..

« Que puis-je faire, pour que tu retrouves l'espoir, Nymph ? » m'enquiers-je donc, le ventre vrillé par l'appréhension

Si Nymph ne retrouve pas pleinement espoir et confiance en elle, elle perdra une part de sa combattivité et cela lui coûtera la vie quand viendra le moment de se battre…

« Rien. Mon espoir reviendra lorsque nous aurons trouvé la solution au problème que nous pose Salazar…. » répond Nymph, ses mains affermissant sa prise sur mes poignets qu'elle a vivement saisis, pour s'y accrocher et tenter d'y puiser davantage de ma force tranquille

« Alors tout va bien. Car nous allons la trouver, tu peux en être certaine, Nymph. Tu peux en être certaine… » affirme-je, souriant avec confiance, avant de me pencher pour effleurer ses lèvres d'un baiser…

« Je te crois… Oui, je te crois… » souffle Nymph, ses mains glissant le long de mes bras, pour venir se nouer autour de mon cou…

Elle est davantage convaincue cette fois. Son cœur est plus serein. L'espoir revient peu à peu dans son regard si doux.

Et sa bouche quémande un autre baiser, que je lui accorde bien volontiers…

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Acte 13 : Puzzle

Harry

J'ai dormi comme une souche durant six bonnes heures et, lorsque je sors de la Yourte pour gagner le bord de la rivière où nous avons rendez-vous avec Draco, Hermione, Blaise, Théo et Nev, j'ai encore l'esprit un peu embrumé, malgré trois tasses de thé et une douche fraiche…

A mes côtés, Ron n'est pas mieux. Il marche un peu au radar, les yeux dans le vague et il se frotte machinalement le pif avec vigueur, toutes les cinq secondes…

« Ça n'a pas l'air d'être la grande forme, vous deux… » fait remarquer Draco, quand nous le rejoignons à hauteur du bosquet d'arbres, que nous devons contourner avant d'arriver à destination…

« Harry ça va. Encore une tasse de thé ou deux et son esprit sera bien en alerte. En revanche en ce qui me concerne, ce n'est pas la joie effectivement et je ne pense pas que du thé puisse y changer grand-chose… » répond Ron, en s'arrêtant à hauteur d'Hermione et Blaise, déjà installés au bord de l'eau

Ils ont fait venir un plateau à thé et Blaise s'attelle à faire le service.

« Tu couves un rhume ? » demande Théo, haussant un sourcil vers mon petit ami

« Non. Je n'ai tout simplement pas bien dormi. Je n'ai pas arrêté de faire des cauchemars et des rêves bizarres, me réveillant toutes les demi-heures environ. Et pour comble, mon pif ne me laisse pas tranquille depuis que je me suis levé. Mais rien à faire, pour déterminer le pourquoi de cette alerte-là. Tout s'embrouille dans ma tête. Les cauchemars et rêves étranges que j'ai faits, sont mélangés à des dizaines de souvenirs qui n'ont rien à voir les uns avec les autres et dont je ne suis pas sûr qu'ils m'appartiennent tous, ni que ce sont réellement des souvenirs d'ailleurs. Certains semblent plutôt un effet de ma débordante imagination. Bref, je suis plutôt comateux et c'est un beau bordel dans ma caboche… » soupire Ron, en se laissant assez lourdement tomber sur l'herbe, à côté d'Hermione, qui fronce aussi sec les sourcils…

De mon côté, j'accueille avec bonheur la tasse de thé que Blaise tend vers moi. Ron a raison, j'ai encore besoin d'en boire un, pour achever d'éclaircir mes idées. Peut-être même deux….

« Des souvenirs qui ne t'appartiennent pas ? Ceux de Salazar penses-tu ? » relève vivement Hermione, fronçant brièvement le nez et se frappant le front d'un petit coup sec de son index, avant d'ajouter tout aussi prestement, dans un débit rapide : « Oh ! Mais oui ! Souvenez-vous, quand Sev et Nally l'ont interrogé en Novembre, Plumki a dit lui aussi à Miho, qu'il n'était pas sûr que certains de ses souvenirs lui appartenaient vraiment. Penses-tu que cela peut avoir un rapport avec ce que tu vis en ce moment, Ron ? Concernant Plumki, à la lumière de ce que tu as dit ce matin, Harry, je pensais qu'il s'agissait de souvenirs t'appartenant et ceux de Miho, naturellement. Mais ils pouvaient très bien appartenir à Voldemort et Salazar ! C'est tout à fait plausible, ça ! Après tout, Plumki avait trouvé refuge en toi, Harry, lorsque Voldemort t'a possédé au Ministère en juin dernier. Et dis-moi, Ron, est-il possible que ta Magie ait tenté de te donner des indices dans tes rêves ou cauchemars, comme Tristan l'a fait, lorsqu'il essayait d'influencer positivement Voldemort dans ses rêves, et que donc, ta Magie a fait surgir à ta mémoire des souvenirs qui ne t'appartiennent pas, mais sont ceux de Voldemort ou Salazar ? C'est bien possible, non ? Il faudrait le vérifier ! Alors tu… »

« Une chose à la fois veux-tu, Hermione ? C'est assez la pagaille comme ça dans mon cerveau, sans que tu y ajoutes avec un millier de questions ou de considérations, bombardées à la vitesse de l'éclair. Reprends-toi vite, tu retombes dans tes vieux travers, ma Puce… » interrompt Ron, avec un clin d'œil un rien rieur en direction de ma sœur de cœur, se frottant encore une fois vigoureusement le nez, avant de tremper ses lèvres dans son thé…

« Oui, bien sûr. C'est vrai, tu as raison. Mais étant donné la férocité des démangeaisons de ton nez, nous avons intérêt à considérer toutes ces questions rapidement, ne crois-tu pas ? » répond Hermione, l'air soucieux …

« Je suis bien d'accord. Ceci dit, ton bombardement de questions me fait soudainement penser, que nous devons absolument croiser les données que nous avons en notre possession, toi, Harry, Nally, Sev et moi-même… » déclare Ron, avec un infini sérieux, en posant sa tasse aux trois quarts pleine encore, sur sa soucoupe…

« De quelles données parles-tu ? » demande Nev, qui vient d'arriver et donc de prendre le train en marche…

Il s'assoit auprès de Draco, piquant ensuite un biscuit au chocolat dans l'assiette posée devant lui, tout en refusant la tasse de thé que Blaise offre de lui servir…

« Les souvenirs que Salazar a laissé trainer dans son sillage, lorsque nous étions en Communion Magique avec Harry. J'ai le sentiment que ce sont des pièces de puzzle qui sont éparpillées dans nos cinq cerveaux et que nous devons les assembler pour espérer en tirer quelque chose qui tienne la route. Et qu'il faut faire ça, avant de concocter le piège dans lequel nous ferons tomber Salazar… » répond Ron, dont le visage se détend peu à peu…

Il vient de résoudre en partie le problème qui le taraude depuis son réveil. Et je le soutiens dans son idée. Nous étions étroitement liés les uns aux autres, durant les Communions Magiques. Alors oui, les souvenirs de Salazar et Voldemort nous ont tous effleurés et certains se sont peut-être dilués, déchirés et éparpillés, avant de s'ancrer en petit bouts épars dans nos mémoires respectives.

Moi, j'ai eu droit à de gros lambeaux et même des pans entiers, parce que j'ai été possédé longuement… Mais pas eux. Et je dispose aussi de petites pièces qui ne s'assemblent pas…

« D'accord, mais comment avoir accès à ces souvenirs-là et reconstituer le puzzle ? » demande Blaise, son regard empli d'interrogations, tandis que je termine ma tasse de thé…

« Il faut demander à Magie Mère de nous y aider, comme elle l'a fait avec Harry… » répond Ron, ajoutant ensuite, sur un petit soupir : « Après on verra ce qu'il convient de faire pour reconstituer le puzzle, car hélas, quelque chose me dit que mettre tous nos souvenirs dans une Pensine, ne suffira pas… »

Hermione hoche simplement la tête pour acquiescer. De toute évidence, elle réfléchit bien intensément pour trouver une solution. En ce qui me concerne, je pense qu'elle est toute trouvée : il nous faut simplement entrer en Communion Magique, pour rassembler les pièces.

« Il nous faut également explorer la mémoire et les souvenirs de Plumki et Miho… » assène soudainement Ron, avec fermeté, rompant ainsi le court silence, qui s'était installé entre nous…

« Pourquoi ça ? Je veux dire, Plumki je comprends, bien sûr. Comme l'a fait fort justement remarquer Hermione il y a un instant, il était avec Harry, lorsque Voldemort l'a possédé en juin dernier. Salazar et Voldemort lui ont donc laissé des souvenirs aussi. Mais pourquoi Miho ? Ils n'ont fait que la traverser ! » réagit illico Blaise, avec vivacité et un peu de brusquerie…

Et je comprends cette vive réaction. Impliquer Miho dans notre recherche des souvenirs de Salazar, n'a rien d'anodin. Même si c'est peu probable qu'il ait eu le temps d'en laisser beaucoup, ceux-ci ne sont certainement pas recommandables. Les faire surgir à la conscience de Miho, pourrait lui filer des cauchemars affreux…

« Oui. Mais ils l'ont traversée à trois reprises au moins et nous devons considérer possible, qu'ils aient tous deux laissé quelques traces de souvenir dans sa mémoire… » réponds-je avec douceur, en lieux et places de Ron, tandis qu'Hermione apaise Blaise d'une caresse légère de sa main sur son avant-bras…

« J'en doute fortement. Leurs passages dans Miho ont été éphémères et d'après ce qu'il t'a dit, Plumki lui-même se souvenait juste de l'effet laissé par Salazar. Par ailleurs, Severus n'a pas trouvé l'once d'un souvenir aussi bref soit-il, de Voldemort ou Salazar, dans la mémoire de Miho, qu'il a pourtant longuement examinée. » déclare fermement mon ami, sur une expression du visage très significative…

Il aurait nettement préféré que Miho n'ait pas eu à vivre l'expérience d'être traversée à plusieurs reprises, par Voldemort et Salazar, bien sûr. Nous l'aurions tous préféré. Et à l'instar de Blaise, nous espérons que cela ne se reproduise pas…

« C'est vrai, Blaise. Et comme toi, je répugne de savoir Miho mêlée à cette affaire. Mais, elle n'a pas bénéficié de l'aide de Magie Mère, pour explorer sa mémoire. Alors comme Harry le dit, nous ne pouvons exclure la possibilité que Salazar et Voldemort, lui ont laissé des bribes de souvenirs, si profondément enfouis que Severus est passé à côté… » intervient Hermione, avec douceur…

« Ouais, il ne faut pas négliger ça. Surtout pas. Même si ce n'est qu'un détail, cela pourrait être déterminant. Tiens, qui sait si les deux affreux n'ont pas laissé dans la mémoire de Miho, une image du misérable petit Espion qui nous échappe depuis trop longtemps ? Alors même si c'est hautement hypothétique et que ça ne nous plait pas, de risquer faire remonter quelque chose de dégoutant à la surface de la mémoire de Miho, ce serait trop bête de rater l'opportunité d'enfin savoir qui est l'Espion… » renchérit Théo, sous le hochement de tête approbateur de Draco…

Blaise grimace et soupire encore une fois. Mais il admet également, qu'aucune chance de saisir des bribes d'information ne doit être gâchée. Il demande cependant à être présent, auprès de Miho, lorsque viendra le moment d'explorer sa mémoire. Ce que bien sûr nous approuvons.

Si Salazar ou Voldemort a laissé un quelconque souvenir, si bref soit-il dans la tête de Miho, celle-ci pourrait bien avoir besoin de l'affection de Blaise, pour l'aider à surmonter ce qu'elle verra ou entendra…

« Le plus gros problème dans tout ça, c'est que ni Sirius, ni Miho ne peuvent entrer en Communion Magique avec nous. Ça ne va pas nous faciliter la tâche pour rassembler le puzzle… » murmure-je ensuite, me demandant comment nous allons pouvoir pallier à cela…

« Bonne idée la Communion Magique, pour assembler les pièces que nous détenons. Pour le reste, il faut voir ça avec Nally. Elle aura sans doute une idée… » déclare Ron, en se levant, l'air décidé à aller voir Maman tout de suite…

« Leur Magie pourrait être avec vous. Il suffit pour cela qu'ils passent la Porte menant en Celtycie, en te la laissant en garde, Harry. » répond, Nev en imitant Ron, de concert avec moi-même, Draco, Théo, Hermione et Blaise…

J'ouvre la bouche pour lui répondre, mais je n'en ai guère loisir, car Draco me devance largement…

« Ouais. Mais d'être brusquement séparées de leur hôte, ça va les laisser confuses pendant combien de temps, avant qu'elles rassemblent leurs idées et soient opérationnelles ? » fait-il remarquer, en fronçant les sourcils, tandis qu'Hermione renvoie le service à thé dans la grotte cuisine, d'un coup de Baguette énergique…

« Quelque chose me dit que ce sera rapide. Magie Mère fera ce qu'il faut, pour que l'affaire soit rondement menée, j'en suis sûr… » lui répond Nev, d'un ton confiant, sans me laisser une fois encore le temps d'intervenir…

« Ah. Oui, bien sûr, tu as raison, Nev. Et puis, les Magies de Miho et Sirius seront préparées à leur séparation. Cela devrait aussi les aider à récupérer très vite et… » approuve Draco, tout aussi confiant que Nev, avant que je me décide à l'interrompre…

« C'est bien joli, tout ça. Mais vous oubliez un détail qui a son importance les gars. Une importance de taille, même. Certes, nous savons maintenant, que nous pouvons entrer en Communion Magique, Hermione, Ron, Maman, Papa et moi-même, parce que je suis un Réceptacle. Mais vous imaginez la quantité phénoménale de puissance que j'abrite déjà à ce moment-là ? Pensez-vous vraiment que je pourrais accueillir Plumki et la Magie de Miho en plus, sans exploser sous la pression ? » déclare-je, sous les hochements de têtes approbateurs de Ron et Hermione…

Cuthalion a bien dit que cela se produirait, si j'accueillais trop de Magie en moi, lorsque nous avons passé pour la première fois la Porte pour entrer en Celtycie…

« Bien sûr que tu pourras ! Sept c'est un chiffre porte-bonheur, non ? Or, avec Tristan, ça fera sept enfants de Magie Mère que tu abriteras. Donc ça ne posera aucun problème… » répond Draco, avec une belle assurance…

« Huit. N'oublie pas que je suis déjà l'hôte d'un des enfants de Magie Mère, Draco. » rétorque-je, souriant devant la confiance inébranlable de mon frère…

« Nan, ça fait sept. Ta Magie, c'est ta Magie. Elle n'est pas dans ton réservoir spécial accueil des Magies sans abri. Et je suis sûr et certain, que Mère Nature t'a doté d'un Réservoir à sept places au moins. » affirme Draco, avec infiniment de sérieux…

« Ouais, Draco a raison. Il y a encore de la place dans ton Réceptacle, quand vous êtes en Communion tous les cinq. La preuve, c'est que Salazar a pu se joindre à vous déjà, sans que tu exploses … » renchérit Nev, tout aussi affirmatif et sérieux…

« Exactement. Or, Sirius doit prendre un peu moins de place que Salazar et, même si elle est déjà joliment puissante pour son âge, Miho est encore une demi-portion. Quand à Tristan, il ne représente qu'une minuscule part de la Magie de Voldemort. Tu pourras donc accueillir tout le monde sans problème Harry… » surenchérit Draco, absolument convaincu également…

Tant de confiance de leur part me fait sourire. Je reste cependant sur une réserve prudente en qui me concerne. Certes, Mère Nature et Magie Mère ont bien fait les choses, nous dotant de talents spéciaux les uns et les autres, mais il ne faut pas exagérer tout même, ni penser que cela nous rend invincibles et capables de tout. Ce serait abuser hautement et ça finirait par se retourner contre nous.

Par ailleurs, il y a quantités de choses qu'elles n'ont pas pu prévoir. Et que nous ayons besoin d'effectuer une Communion Magique impliquant sept personnes, devait faire partie de ces choses, à mon humble avis. Alors franchement, je n'ai pas du tout, mais alors pas du tout, envie d'exploser, tout simplement pour avoir eu la présomption de penser que je pouvais abriter autant de Magie en moi…

« Je rejoins Harry. Sept, ça fait beaucoup et ce serait dangereux de tenter le diable. Et puis ça fait très mal de se faire dépiauter de sa Magie, alors vous serez d'accord avec moi, pour dire que nous n'allons certainement pas infliger ça à Miho, n'est-ce pas ? » intervient Ron, en haussant un sourcil vers Nev et Draco

« Bien sûr que non ! » approuve Blaise avec fermeté, devançant d'un poil Nev et Draco qui se rangent à sa réponse, d'un hochement de tête négatif

« Ceci dit, Miho est également un Réceptacle. Cela peut peut-être nous aider… » déclare Ron, en fourrageant dans ses cheveux, comme si ça pouvait lui éclaircir les idées…

« Je ne vois pas comment… » réagit Hermione, qui soupire, avant d'ajouter : « Mais inutile de supputer à l'envi à ce propos. Ce serait stérile. Allons plutôt voir Nally. Elle détient sans doute des réponses intéressantes aux questions que nous nous posons… »

J'acquiesce d'un hochement de tête et, sans attendre la réaction des autres, je me mets en train vers le village de Yourtes, espérant que Maman soit présente et disponible…

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Acte 14 : Eclaircissements…

Sirius

Crotte ! Zut ! Flûte !

J'ai fait chou blanc encore une fois !

Bon, faut que je me rende à l'évidence. Ce n'est pas aujourd'hui que je vais réussir à produire ce fichu Sortilège de malheur ! Je suis trop parasité dans ma concentration, par tout ce que Harry nous a révélé lors de la Réunion ce matin.

Comment va-t-on pouvoir leurrer Salazar, nom de Zeus de nom de Zeus ! Cette foutue question tourne en boucle dans ma caboche depuis la fin de la Réunion et je ne vois pas même l'ombre infime d'une réponse, se profiler à l'horizon de mon cerveau.

Et avec tout ça, je n'avance en rien dans mon apprentissage de ce Sortilège, sans doute à l'origine du conte Moldu dont Miho m'a parlé un soir et dans lequel il est question de bottes de sept lieues. En l'occurrence, c'est Hermione qui m'a refilé la formule de ce Sortilège, décrit dans la paperasse de Godric Gryffondor. Appliqué sur les chaussures, il permet d'effectuer de jolis bonds en l'air ou en avant, selon la nécessité du moment. Un truc particulièrement intéressant et bien utile à connaitre, pour aller sur Tyll Celwie o Agar Myrn, à son avis. Et je la rejoins tout à fait. Cela pourrait nous rendre sacrément service…

Du moins, si on nous laisse possibilité de faire autre chose que de la Magie uniquement basé sur la Métamorphose, comme c'est le cas là-bas actuellement…

Ça restreint vraiment nos possibilités d'action, ça. Déjà qu'on ne pourra pas tuer les Loups Garous…

« Qu'est-ce qui te vient spontanément à l'esprit, si je te dis : Salazar… » demande soudainement Galdor, me tirant de mes pensées, en surgissant dans la clairière comme un beau diable…

« Foutu chancre ! » réponds-je, spontanément…

« Merci. Voilà une réponse très intelligente qui m'avance beaucoup dans mon cheminement de pensées… » soupire Galdor avec ironie, en s'assoyant en tailleur sur l'herbe grasse…

« Tu voulais savoir ce qui me vient spontanément à l'esprit, je te l'ai dit. Maintenant, dis-moi pourquoi tu m'as demandé ça et ma prochaine réponse te conviendra peut-être davantage… » réplique-je, en prenant place à côté de lui

Je m'étends sur le flanc, une jambe repliée, l'autre allongée, tête appuyée sur ma main droite et de ma main gauche, je choppe un long brin d'herbe, le coupe d'un geste vif, puis le triture entre mes doigts.

« Je t'ai demandé une réponse spontanée, dans le vain espoir qu'elle fasse surgir dans mon génial cerveau, une idée parfaitement cimentée, pour amener Salazar à collaborer avec nous, en lieu et place de nous mettre des bâtons dans les roues… » répond Galdor, sur un second soupir…

« Faut vraiment que tu sois désespéré, pour placer tes espoirs d'éclairer ta lanterne, dans la réponse d'un adolescent attardé… » ironise-je à mon tour…

« Il faut le croire, oui. En fait c'est à Remus que je voulais poser la question, mais il est hautement occupé avec Nymph. Alors en désespoir de cause, je me suis adressé à toi… » rétorque aussi sec Galdor, en me jetant un clin d'œil souriant

Et tout comme moi il arrache un long brin d'herbe, qu'il se met quant à lui à mâchonner, le regard dans le vague de ses pensées. Je ne saurais dire durant combien de temps nous restons comme ça, silencieux dans la chaleur des derniers rayons du Soleil, qui nous honorent encore de leur présence, mais je trouve ça apaisant, pour mes pensées jusqu'ici tumultueuses.

Elles voguent doucement maintenant. Divagant peu à peu vers les conversations entre Salazar et Voldemort, lues et relues par le Fantôme de Messire Salazar dans la Base d'Espionnage. Et finalement, une idée se met doucement en place dans ma tête.

« Si on résume l'affaire à sa plus simple expression, ce que veut Salazar, c'est l'immortalité et le pouvoir suprême, n'est-ce pas ? Rien de plus que ce que veut Voldemort en somme…» déclare-je, alors que l'ombre des arbres s'allonge de plus en plus vers nous…

« En somme, oui… » répond Galdor, sur un ton un peu absent, tandis que je me redresse un peu…

Je suis assis maintenant. Ma jambe droite repliée sous ma jambe gauche, dont j'ai bien ancré mon pied sur le sol. Mon poignet gauche repose sur mon genou et mes doigts poursuivent leur jeu distrait avec le brin d'herbe…

« Alors c'est simple. Il suffit de lui faire miroiter qu'il obtiendra ce qu'il veut, s'il nous laisse faire à notre guise. » ajoute-je, après quelques secondes de silence, mon regard fixant l'ombre, en passe bientôt d'atteindre le bout arrondi de ma ranger gauche, avant que je rectifie : « Enfin, quand je dis lui faire miroiter, je veux signifier que nous devons faire en sorte qu'il pense qu'il obtiendra ce qu'il veut, à notre corps défendant, en lui laissant croire que quoi que nous fassions et voulions amener Voldemort à faire, lui-même mènera la danse, comme il pense déjà le faire… Bref, tu me comprends, n'est-ce pas… »

« Evident. Et ce n'est pas ce qui me pose problème… » répond Galdor, du même ton un peu absent que tantôt…

« Non, bien sûr. Ce qui te pose problème, c'est sa réaction, quand le Fantôme du vrai Messire Salazar fera son apparition soudaine devant Voldemort. » enchéris-je, attendant que Galdor ait acquiescé du chef, avant de conclure : « Ben ne te triture pas le cerveau avec ça, ça n'en vaut pas la peine. Parce que tu peux être sûr qu'il n'y aura pas de lézard. De toute façon, Salazar sait que vous avez déjà embobiné Voldemort, alors il faut continuer à jouer dans le même registre, ni plus, ni moins… »

Galdor tourne aussitôt son regard vers moi, levant un sourcil…

« Il sait que nous avons déjà embobiné Voldemort ? Précise, veux-tu ? » demande-t-il, l'air vivement intéressé maintenant…

« Le journal de Salazar, c'était de l'embobinage maison, réalisé de main de maître. Voldemort y a cru dur comme fer, mais certainement pas Salazar. Après tout, il sait très bien qu'il n'est pas l'Esprit du défunt soi-disant ancêtre de Voldemort, n'est-ce pas ? Il a cependant laissé faire et a même enfoncé le clou de l'affaire, en confirmant la fausse prophétie et tout le toutim (1). Et s'il l'a fait, à mon humble avis c'est parce que ça devait bien l'arranger, lui donner plus de poids dans son duo infernal avec le Ténébreux. Il sait très bien aussi, que nous savons pour la dualité Voldemort/Salazar, puisqu'il en a joué, quand Harry était à Priest Hole Manor et… »

« Comment ça, il en a joué à Priest Hole Manor ? » m'interrompt Galdor, sourcils froncés

« Ouais, il en a joué. Harry l'a dit, non ? Salazar savait que vous étiez là, avec lui. Mais il ne s'est pas caché pour autant. Bon, d'accord, il s'est gardé de se matérialiser et de vous faire savoir ce qu'il est en réalité. Mais il a parlé, s'est exprimé devant Harry et devant vous. Il a exploité l'effet qu'il produisait sur vous tous, pour affaiblir Harry. Et si vous avez pu choper ses pensées au passage, il a dû en faire autant, non ? Or, n'avez-vous pas pensé de ses interventions, de ses dialogues infernaux avec le Ténébreux, en termes de folie, de dualité de Voldemort, de son Esprit scindé ? Et n'avez-vous pas pensé que Voldemort croit vraiment dur à votre arnaque ? Que vous l'aviez bien berné avec cette affaire-là ? Salazar n'a certainement pas compris où vous vouliez en venir avec ça, ni toutes les implications que cela aurait sans doute, mais il a laissé faire. Parce qu'il s'en fout de Voldemort et c'est ça qui compte, non ? » réponds-je, sans quitter son regard des yeux…

Dans les siens, il semble passer des milliers de souvenirs désagréables à revivre. Il ne faut pas être devin, pour comprendre qu'il s'agit des souvenirs de ce qu'il a vécu, avec Ron, Hermione et Nally, lors des Communions Magiques avec Harry, quand celui-ci était à Priest Hole Manor. Et j'ai le bide qui se tord, à la pensée de tout ce que Harry a eu à endurer là-bas…

Si j'ai eu de nombreux regrets, d'avoir perdu ma Magie quand je suis passé derrière le Voile de la Porte volée, je n'en ai plus aucun maintenant. Bien au contraire, je suis heureux que ça se soit fait, depuis que je sais que Plumki a pu être d'un grand secours à mon filleul.

« Oui, ça s'est bien passé comme ça. J'ai au moins par deux fois pensé que le cerveau de Voldemort était vraiment scindé en deux parties distinctes. A aucun moment je n'ai songé en revanche, que Salazar puisse être sa Magie. Ni Nally, ni moi-même n'y avons pensé. Parce que la Magie ne parle pas avec son hôte. Jamais. Et que nous le savions tous deux. » accorde Galdor, après quelques secondes de réflexion…

« Ouais. Et comme il s'est bien gardé de se montrer, vous ne pouviez pas deviner la vérité. Par ailleurs, comme normalement la Magie ne parle pas à son hôte, il doit aussi penser que même si la vôtre sait ce qu'il est, elle ne peut pas vous le dire. Et il n'a certainement aucune raison de savoir que Tristan a parlé à Harry, si celui-ci ne l'a jamais fait alors que Salazar était dans le coin. Et je suis prêt à parier tout ce que tu veux, que Tristan s'est bien gardé de le faire. Ou tout au moins, que même s'il l'a fait, Salazar ignore, que maintenant nous savons que Tristan est une part de Magie de Voldemort. Alors, aussi longtemps qu'il ignore que nous savons à quoi nous en tenir à son propos, il pensera mener la danse et nous laissera faire ce que nous voulons, s'il y trouve son intérêt… » déclare-je, de plus en plus convaincu moi-même par ce que je dis, à mesure que je parle…

Galdor plisse les yeux cette fois, réfléchissant sérieusement à ce que je viens de dire…

« Tu as raison, Ciryaher. Ce salopard ignore, que nous savons maintenant qu'il est la grosse part de Magie de Voldemort et ce qu'il veut. Le plus important donc, c'est qu'il n'apprenne pas que nous savons. » dit-il, après quelques secondes…

« Ouais. Et nous ne serons pas assez cons pour lui faire savoir ça. Alors il n'y a pas d'inquiétude à se faire : il faut juste mener l'affaire, comme si nous ne savions pas, tout en jouant de ça… » appuie-je, me sentant rasséréné…

Dommage que je n'aie pas eu cette idée plus tôt. Ça m'aurait évité de me tarauder la tête avec tout ça durant tout l'après-midi…

« Il y a tout de même un hic, dans ce raisonnement. Salazar sait que Nally et moi-même avons du sang Elfique, c'est certain. Ta Magie l'avait vu, Salazar le sait donc aussi. Alors il ne manquera pas de deviner nos véritables intentions et que nous savons à quoi nous en tenir avec lui, si Harry emmène Voldemort sur le Sentier des Enfants Perdus, en passant par le Temple des Elfes de Maison. Et ça, ça pourrait faire capoter nos plans… » soupire cependant Galdor, avec un certain découragement…

« Qu'est-ce que ça peut foutre ? Salazar veut bien aller sur le Chemin des Âmes, non ? Et c'est justement là, que le Fantôme de Messire Salazar, mènera Voldemort… » rétorque-je, en haussant les épaules…

« C'est bien là le problème. Sachant qui nous sommes, Nally et moi-même, Salazar va flairer que nous lui tendons un piège et il se rebiffera. N'oublie pas qu'il a lu la mauvaise version en grec du Livre des Origines et que contrairement à Voldemort, il a parfaitement compris de quoi il s'agit. Il ne laissera pas Voldemort aller là-bas, s'il s'attend, dès la Porte franchie, à la présence d'un Roherdiron ou de Nally, en possession de Megildur et tout prêt à le capturer... » réplique Galdor, avec un petit tic contrarié…

« Pas s'il les pense ailleurs, occupés à combattre Balegarian, par exemple. Or, Balegarian a bien l'intention de faire alliance avec Voldemort, non ? Pourquoi le ferait-elle, si ce n'est parce qu'elle sait, elle aussi, qu'il y a une Porte quelque part chez nous, donnant directement accès au Temple Sacré des Hauts Elfes ? Ne veut-elle pas se servir de Voldemort, afin qu'il pénètre dedans par cette Porte, pour prendre les Roherdirons à revers ou je ne sais quoi d'autre ? » riposte-je, un rien agacé…

Je suis sûr d'avoir raison. Et j'avoue que je perds patience, devant le défaitisme forcené de Galdor.

« Deuxième hic. Balegarian ne sait pas forcément où se situe la Porte par laquelle Voldemort devra passer. Par ailleurs, nous ne connaissons pas les intentions de cette garce. Alors peut-être que tu as raison, de supposer qu'elle veut le faire passer par la Porte qu'elle possède elle-même, se servant ainsi de lui et de ses troupes, pour prendre les nôtres à revers et lui ouvrant par la même occasion, une voie royale vers le Temple. Mais elle peut aussi très bien vouloir seulement qu'il affaiblisse les environs d'un point d'ancrage quelconque, afin de faire sauter plus facilement toute la batterie d'Illusions et de Protections, qui maintiennent la Celtycie hors des regards. » répond Galdor, visiblement soucieux…

Bon, je lui accorde deux points, là. Mais ça n'enlève rien à ce que je pense : Salazar veut se rendre sur le Chemin des Âmes et il suivra le Fantôme de Messire Salazar sans difficulté…

« Peu importe. Ce que veut cette charogne de Balegarian, on s'en fout après tout. Salazar aussi, va s'en foutre, de toute façon. Que Voldemort accepte l'Alliance avec elle ou non, Salazar jouera solo, dans son unique intérêt. Et son intérêt, à ses yeux, sera d'aller sur le Sentier des Enfants Perdus. Car, comme il est aussi narcissique et mégalo que Voldemort, il aura la certitude de parvenir à vaincre Harry et s'emparer de Tristan, une fois sur la place. N'est-ce pas avantageux pour lui, la présence de toute cette Magie Noire Originelle… » affirme-je, avec une conviction inflexible, avant d'ajouter, sur une idée qui me traverse soudainement l'esprit : « Quand Megildur quitte-t-elle le Temple pour aller se cacher ? Et Balegarian a-t-elle moyen de savoir à quel moment cela se produit ? »

« Megildur quitte le Temple dès qu'elle se sent menacée et ça, comme tous les Elfes, Balegarian le sait parfaitement bien. Ceci dit, seule Nally et les Roherdirons peuvent savoir à quel moment exactement cela se produit. Mais pourquoi demandes-tu cela ? » répond Galdor, le regard empli d'interrogations…

« Je pense que Balegarian veut de Voldemort, qu'il aille chercher Megildur dans le Temple, avant qu'elle se fasse la malle… » affirme-je encore, de plus en plus persuadé d'avoir raison

« Ça ne tient pas debout. Jamais Balegarian ne mettrait Megildur entre les mains d'un Sorcier. » réplique Galdor, nettement certain de lui…

« Ça, ce n'est pas si sûr. Et puis quand bien même, si elle pense que le Sorcier en question, n'aura plus de pouvoirs Magiques après avoir franchi la Porte, tu ne crois pas que ça change la donne ? » réponds-je, arquant un sourcil…

Galdor plisse aussi sec les yeux.

« Oui, peut-être que ça change la donne, tu as raison. Mais Balegarian sait parfaitement bien que Megildur quitte le Temple dès qu'elle se sent menacée… » répond-il, après quelques secondes de réflexion…

« D'accord, mais Megildur se sentirait-elle menacée, par un Sorcier qui n'a plus de Magie ? » insiste-je, avec obstination…

« Je ne suis pas qualifié pour répondre à cette question, seule Nally pourrait le faire. Ceci dit, il n'est pas question que Voldemort pénètre sur le Sentier des Enfants Perdus, sans sa Magie… » répond Galdor, avec un drôle d'air…

Maintenant que je commence à le connaitre, je pense pouvoir affirmer qu'une idée germe dans sa tête…

« Sûr qu'on va faire en sorte que Voldemort garde sa Magie, bien sûr. Mais ça, Balegarian ne le sait pas. Par ailleurs, notre plan, on va le fignoler aux petits oignons et si l'information que la Porte se trouve dans le Temple des Elfes arrive à Voldemort, par l'intermédiaire de Latton ou du petit Espion inconnu, Salazar aura moins de raison encore, de se méfier. Il faudra simplement mettre notre plan en branle quand Balegarian aura proposé l'alliance avec Voldemort. Je suis sûr que ça arrangera fort Salazar, que le Fantôme de Serpentard surgisse à ce moment-là, pour pousser son hôte dans le sens où se trouve son propre intérêt… » déclare-je, avec une satisfaction grandissante…

Car Galdor acquiesce à chacune de mes paroles. Et je prends ça, comme un signe qu'il commence à bien se ranger du côté de mon idée première : Salazar nous laissera faire sans problème, aussi longtemps qu'il ne sait pas, que nous sommes parfaitement au courant de ce qu'il est…

Et à cette pensée, je sursaute. Car une autre idée vient de me sauter à la figure. Salazar non plus, ne saura pas que Voldemort passera la Porte avec sa Magie et ça ne va pas l'arranger, qu'on fasse ça…

« Bon sang de nom de Zeus ! Qu'on est cons ! On aurait dû penser à ça tout de suite, tous autant que nous sommes ! La Porte ! Nom de Zeus ! La Porte ! C'est ça la clef pour Salazar ! Il compte bien qu'elle ne laisse pas la Magie de Harry, ni Tristan passer la Porte avec lui ! C'est là l'occasion idéale pour lui de choper Tristan ! » m'exclame-je, lâchant le brin d'herbe que je triture depuis tantôt, pour claquer des doigts, avec triomphe

Pour le coup, ma confiance est au top du top. Et je suis certain que celle de Galdor se renforce conséquemment également…

« Oh oui ! Ça joue bien en notre faveur, ça… » acquiesce-t-il, dans un murmure, avant de relever les yeux vers moi, pour ajouter : « Je savais bien, que j'avais raison de compter sur toi, pour éclairer ma lanterne… »

Et pour le coup, je sursaute…

« N'as-tu pas dit il y a quelques minutes que c'était en désespoir de cause que tu étais venu me voir, parce que Remus était trop occupé avec Nymph ? » réagis-je, en haussant un sourcil perplexe…

« Effectivement, c'est ce que j'ai dit. Mais c'est parce que je ne voulais pas que tu attrapes la grosse tête, ni que ça influence tes réponses de savoir que je tenais à parler de ça avec toi. Mais en réalité, c'est bien d'un Gryffondor pur et dur comme toi, dont j'avais besoin pour m'aider à éclaircir mes idées. » réplique Galdor, en se levant tranquillement

« Je ne suis pas le seul Gryffondor dans la place. On peut même dire que ce n'est pas ce qui manque parmi les Décideurs de l'Ordre. Entre Nally, Albus, Harry, Ron, Hermione, Remus, Neville, Arthur, Molly, Bill, Charly et les jumeaux, tu avais largement le choix… » rétorque-je, en l'imitant…

Et nous nous mettons en train d'un bon pas, pour repartir vers le village de Yourtes…

« Non, je ne l'avais pas. Nally, Albus, Bill, Charly, Harry et Ron sont tous plus ou moins mâtinés de Serpentard. Hermione, Arthur et les jumeaux penchent sérieusement du côté Serdaigle, tout comme Remus. Quant à Molly, elle aurait très bien pu aller à Poufsouffle, ainsi que Neville. Bref, chacun d'entre eux aurait pu être réparti dans une autre maison que Gryffondor. Mais pas toi. Tu es un Gryffondor pur souche. » répond Galdor d'un ton léger, tandis que je fronce soudainement les sourcils…

Bien que nos rapports se soient grandement améliorés, je ne le connais pas parfaitement bien encore, loin s'en faut. Alors je ne sais pas toujours où l'attendre et je ne peux donc empêcher un tout petit vieux reste de nos rancœurs passées, allumer un doute dans mon esprit. Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? Est-ce qu'il se fiche de moi ? Ou est-il sérieux ? Est-ce à mon avantage ou non ?

Je sais au fond de moi, que c'est idiot de penser comme ça, que je dois vraiment tourner la page du passé définitivement, comme je pensais sincèrement l'avoir fait déjà, ne pas le laisser m'empoisonner l'esprit avec ce genre de questionnement. Nous sommes alliés nom de Zeus ! De vrais de vrais alliés ! Et nous allons remplir une Mission de la plus haute importance ensemble dans peu de temps. Une Mission hautement dangereuse aussi et pour laquelle nous avons donc tout intérêt à avoir pleinement confiance l'un en l'autre…

Mais j'ai beau me raisonner, j'ai tout de même besoin d'en avoir le cœur net…

« Je ne sais pas comment je dois prendre ça… » glisse-je donc, en regardant Galdor du coin de l'œil…

Il s'arrête aussi sec et j'en fais autant, me tournant vers lui, comme il le fait vers moi, afin que nous soyons face à face…

« Les détails de notre plan d'action, nous les décortiquerons plus tard, avec les autres. En saisir l'idée générale avec certitude, c'est de cela, dont j'avais besoin, avant la Réunion de ce soir. Or, parce que tu es un pur Gryffondor, je savais que toi, tu ne t'embarrasserais pas de fioritures et que tu irais droit au but, balayant quelques-uns de mes doutes au passage, ce qui m'éclairerait grandement, me conforterait également, sur quelques points importants… » répond Galdor, avec sérieux…

Sincérité aussi, c'est évident et cela me soulage aux trois quarts… Et même un peu plus. Je me suis fait des idées idiotes, dictées par notre ancienne inimitié. Me reste à balayer le petit quart de malaise qui persiste, en oubliant ce doute idiot qui m'est venu à l'esprit…

« Ok… Je comprends ton point de vue… » accorde-je, sur un sourire, amorçant la reprise de notre marche.

Mais Galdor me saisit le bras, pour arrêter le mouvement…

« Tu es un Gryffondor pur souche et par conséquent tu ne sais pas aussi bien que ça masquer tes réactions à chaud, Ciryaher. Alors tu peux certainement tromper une personne qui ne te connait pas, mais sûrement pas quelqu'un qui a eu maintes fois l'occasion de t'observer, comme je l'ai fait durant des années. Je vois très bien que quelque chose te chiffonne dans ce que j'ai dit. De quoi s'agit-il ? » déclare-t-il, avant de lâcher mon bras, son regard me fixant avec franchise…

Je devine pourtant qu'il ne me laissera pas partir d'ici, sans avoir éclairci toute l'affaire. Ça m'emmerde un peu je l'avoue, d'avoir à lui dire que finalement, je n'ai pas aussi bien tourné la page du passé, qu'il me semblait pourtant sincèrement l'avoir fait. Et je soupire, en me gratouillant l'arrière du crâne, d'un geste nerveux…

« Bon… Ok… Je sais que c'est idiot mais… Et bien je me suis demandé… et je me demande encore un chouia, si je dois prendre le fait que tu me considères comme un Gryffondor pur souche, comme quelque chose de positif ou négatif… » avoue-je, tout de go, me sentant soudainement gêné et gauche, comme un gosse qui vient de se faire surprendre la main dans le sac, en train de faire une énorme bêtise…

Et Galdor sourit franchement…

« C'est donc bien ça, comme je m'en doutais… » dit-il, secouant la tête de droite à gauche et de gauche à droite trois ou quatre fois, avant de me fixer à nouveau de son regard franc et de poursuivre : « Même si, durant des années et des années, j'ai fait tout ce qu'il faut pour faire croire le contraire à tout le monde, cela n'a jamais été un reproche ni une insulte pour moi, de traiter quelqu'un de Gryffondor. Que j'ajoute que tu en es un pur souche, ne change rien à ça. Ce n'est pas insultant. En réalité, je peux t'avouer, que j'ai parfois regretté, à cause de nos différents, que tu sois un pur et dur Gryffondor. Cela, parce que j'avais besoin de te diaboliser, pour justifier ma rancœur à ton encontre. Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Tu es un Gryffondor. Un Gryffondor pur souche. Un Gryffondor dans l'Âme, dans le cœur et dans l'Esprit. Et je n'en conçois plus aucun regret…»

« Ok… Si je comprends bien, c'est donc plutôt positif… » réagis-je, pleinement soulagé cette fois.

Pourtant mon souffle est presque suspendu. C'est comme si j'étais en attente de quelque chose d'autre en fait, que je ne sais cependant pas cerner. Et face à moi, Galdor qui acquiesce du chef, a l'air dans le même état d'esprit. Et brusquement quelque chose court dans son regard. Des tas de réflexions se bousculent, puis une sorte de surprise, suivie d'une hésitation qui dure quelques secondes, avant qu'il la balaye sur une profonde inspiration et qu'il me regarde de nouveau droit dans les yeux, avec une assurance ferme…

« Un Gryffondor dans l'Âme ne trahira jamais les siens et œuvrera toujours pour la lumière. Alors oui, c'est positif, que je te considère comme un Gryffondor pur souche. Très positif même. » dit-il, sa main se levant vivement, pour venir presser mon épaule avant qu'il ajoute : « Cela signifie que je te fais entièrement confiance et que quoiqu'il arrive, je ne douterai jamais de toi, ni de tes intentions. »

Et nom de Zeus, ça me fait tout drôle. Nous sommes en train de franchir un nouveau cap, me dis-je. Par ses paroles, par son geste surtout, Galdor vient de m'offrir son amitié, j'en ai la pleine conviction. Et dans le fond, je me rends compte que c'est ce que j'attendais, dans mon souffle retenu, tout à l'heure. Qu'il fasse ce pas là vers moi…

« Ouais. Tu me fais confiance c'est sûr, mais tu m'auras toujours à l'œil quand même, au cas où il me viendrait l'idée saugrenue de faire une connerie, n'est-ce pas ? » plaisante-je alors, d'un ton léger, décontracté

« Disons plutôt que je m'empresserai de temporiser tes ardeurs, si j'estime que tu vas trop vite en besogne… » répond Galdor, avec un sourire en coin…

« Je te fais confiance pour ça. Et je t'en remercie… » souris-je en retour, en lui tendant la main…

Une main que Galdor s'empresse de saisir

« Ne me remercie pas. Après tout, c'est ce que les amis font l'un pour l'autre, non ? » réplique-t-il, en me serrant la main avec fermeté, regard vrillé dans le mien…

Et confirmant mon intuition. Il m'offre son amitié. L'occasion de tourner pleinement la page pour tous les deux. D'être en parfaite confiance…

« C'est ce qu'ils font, oui. Et compte sur moi pour te rendre la pareille, mon ami… » affirme-je donc, pressant à mon tour son épaule, avec un sourire confiant

Il acquiesce d'un hochement de tête. Puis d'un commun accord muet, nous nous remettons en route…

Qu'est-ce que tu penses de ça, là-haut, mon brave James ?, pense-je, tandis que nous marchons en silence sur le sentier qui gagne le village de Yourtes. Et non de Zeus, j'ai le profond sentiment que James approuve entièrement ce qu'il vient de se passer et qu'il n'a qu'un regret : ne pas être avec nous en ce moment même, pour partager ce moment, cette marche silencieuse, qui marque l'amitié naissante entre Galdor et moi-même…

Non. Pas Galdor. Severus…

« Finalement, Ciryaher, c'est pas top comme nom. Je préfère que tu m'appelles Sirius… » déclare-je, alors que nous débouchons de la forêt sur la plaine…

« Sans souci. Et même chose. Je préfère que tu m'appelles Severus ou Sev, comme tout le Monde chez nous. Comme ça, quand il y aura des Elfes dans le coin, je ne chercherai plus lequel d'entre eux s'adresse à moi, avant de réaliser que c'est toi qui me parles… » répond Gal… Severus, en me jetant un clin d'œil…

Voilà. Notre amitié est vraiment scellée maintenant…

J'acquiesce d'un simple hochement de tête et le silence retombe sur notre marche…

Léger. Serein.

Amical…

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1) Le Chemin des Âmes Livre III – De Sombres Jours 1 / 5 - Acte 2 : Moral En Chute Libre – Point de vue d'Hermione

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