Bonjour tout le monde.
Voilà après l'appel de notre chère traductrice plaixi, j'ai décidé de reprendre la relève et j'espère que ça vous plaira.
C'est la première fois que je m'attaque à une traduction alors soyez indulgent. Je posterais certainement toutes les deux semaines, j'espère que ça ira. Pour plus de facilité, on continuera à poster sur le compte de plaixi mais n'hésitez pas à aller faire un tour sur mon profil et de m'envoyer votre avis.
Sur ce je vous laisse à votre lecture.
Bye.
Megane49
Chapitre 46
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Je me regardais, perdue, devant le miroir de la salle de bain que je partageais avec Angela, ma coloc de chambre. La personne que je regardais n'était plus aussi étrangère qu'elle l'avait été quand j'avais quitté Jasper cette nuit là. Celle que j'avais été n'était plus qu'une ombre de moi-même. Je n'étais plus la personne que Jasper avait connue à l'époque où notre relation avait existé.
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Depuis notre fin, le zombie que j'avais été quand Edward m'avait quitté était revenu, pâle, cernée, une image que mon cœur blessé avait crée. Serais-je toujours ainsi ? J'avais sacrifié mon cœur pour le sauver, condamnant ainsi mon avenir, aurais-je droit un jour au bonheur ? Je connaissais déjà la réponse depuis un moment maintenant. Non, cette Bella, heureuse, était partie. Il n'y avait aucun espoir pour moi qu'elle réapparaisse un jour. Le seul remède existant pour me sortir de cet état était Jasper mais il était loin maintenant. Les traits du zombie que j'étais devenu et que j'observais dans le miroir s'étaient atténués au fil des jours mais le mal était fait. J'avais changé à jamais.
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J'avais du lutter contre moi-même pour faire ce qu'il y avait de mieux pour Jasper, c'était la seul solution pour le protéger. C'était la voix de Jacob, au téléphone, qui m'avait rappelé pourquoi je devais le quitter. Il n'y avait aucune échappatoire, je ne pouvais que deviner sa réaction face aux révélations que j'avais à lui faire à propos de Sam, je ne voulais prendre aucun risque. Cela importait peu maintenant mais je ne voulais pas qu'il finisse sa vie ainsi. S'il avait su la vérité, il serait parti furieux pour détruire le meurtrier d'Alice, sa famille l'aurait certainement suivis, et une guerre entre vampire et loup-garou aurait été déclaré. Je ne pouvais pas permettre à cette possibilité d'exister.
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Je n'arrivais plus à le voir aussi clairement qu'avant, les semaines et les mois continuaient à défiler et je passais la plupart de mon temps à réfléchir à ma décision, j'en vins même à réaliser que j'avais agi comme Edward l'avait fait avec moi. Il avait usé de mensonge, il m'avait trompé, pour en réalité me protéger du danger, de la mort, comme je l'avais fait avec Jasper. Bien que, à l'inverse de lui, je n'avais pas été capable de lui dire que je ne l'aimais plus. Cela aurait été trop cruel après ce moment si intime que nous avions partagé tout les deux. Il y avait aussi sa capacité à lire les émotions. J'aurais été incapable de lui cacher tout mon amour pour lui, mon cœur lui appartenait désormais.
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Je repensais à la souffrance qu'Edward m'avait infligé après son départ avant d'enfin revenir vivre près de moi, je me souvenais qu'en y repensant tout m'avait semblé inutile et bête à cette période de ma vie, alors que j'avais été une victime. La souffrance que son départ nous avaient causé à tout les deux avait été inutile, et pourtant je recréais le même scénario avec Jasper sauf que cette fois, c'est moi qui était la responsable de notre malheur. J'avais détruit une belle histoire pour des raisons qui me semblaient, avec le temps, de moins en moins concrètes.
Je me demandais comment allait Jasper, ressentait-il la même tristesse que moi quand Edward m'avait quitté. Je me mentais à moi-même en me disant qu'il surmonterait cette épreuve, parce que c'était un vampire. Il avait vécu plus longtemps que moi, j'étais une simple humaine de passage dans sa longue vie. J'avais beau m'en convaincre, je savais que ce n'était pas vrai et que Jasper souffrait plus que je ne voulais l'admettre. J'avais vu son regard s'éteindre, son visage se décomposer quand je lui avais annoncé que nous deux, s'était terminé, son angoisse avait cédé à la colère. Il m'avait presque donné la raison de cette rupture. Puis il était parti, sans un mot, ne me laissant même pas le temps de me justifier. Son absence renforça ma résolution, je devais m'en tenir à mon plan. Je fixais toujours la fille dans le miroir, je ne pouvais nier que je regrettais mon choix depuis. Si j'avais pu retourner en arrière et changer ce jour, je l'aurais fait. Mais je ne le pouvais pas. Cette partie de ma vie était terminé, Jasper finirait par m'oublier, il avait l'éternité pour ça…
J'entendis un soupir à travers la porte de ma colocataire et fidèle amie Angela. Elle attendait patiemment son tour pour avoir la salle de bain.
« Désolé » Marmonnais-je en observant toujours mon reflet dans le miroir, j'avais oublié la raison de ma présence dans cette pièce, je ne mettais jamais de maquillage.
« C'est rien » Me dit-elle en entrant, elle pressa gentiment mon épaule avant de retirer son rouge à lèvre de sa trousse et de s'en mettre sur les lèvres, « C'est un de ces jours ? » Me demanda Angela bien qu'elle sache déjà que mon quotidien était toujours un jour sans.
Je sortais de la pièce pour m'asseoir sur un des lits de façon à pouvoir voir Angela toujours dans la salle de bain. J'avais encore une demi-heure devant moi avant mon prochain cours, et je voulais déjà être le soir pour me rouler en boule sous ma couette et rattraper mes heures de sommeil. « Jacob m'a appelé tôt ce matin. C'est dur d'entendre sa voix, ça me rappelle à quel point la maison me manque…qu'il me manque… »
Angela hocha la tête avant de venir s'asseoir à côté de moi, « Bella, je comprends pourquoi tu as rompu. C'était trop douloureux pour toi de rester avec quelqu'un lié à Edward, mais sérieusement, tu ne penses pas que dans l'état où tu es, cela devient mauvais pour toi ?
Ce n'était pas la première fois qu'elle me faisait cette remarque. Mon amie était quelqu'un de sensible. Bien sûr, je ne lui avais pas avoué la véritable raison de ma rupture avec Jasper. Peut-être que si je l'avais fait, elle m'aurait laissé tomber. Cependant, je savais qu'il était impossible de rester fâcher avec elle bien longtemps. Son jugement était toujours juste et son cœur gros comme ça, elle était incapable de critiquer quelqu'un et encore moins juger les gens. Elle voulait vraiment m'aider à me reconstruire. Il était juste impossible pour moi de vivre sans Jasper, la douleur était toujours aussi vive qu'au début.
"Angela, s'il te plaît. Pas aujourd'hui." Soufflais-je.
Elle inclina la tête et comme tout bon ami, elle me prit dans ses bras dans une étreinte réconfortante, elle laissait tomber le sujet…jusqu'à demain tout du moins. Ma camarade de chambre bondit du lit et pris ses livres qui avaient été soigneusement rangé sur la table de nuit placée entre nos deux lits. Elle les serra contre sa poitrine avant de se diriger d'un pas décidé vers la porte de la chambre, elle s'arrêta dans l'embrasure de la porte et avant de la refermer, se retourna vers moi. « On se voit en anglais ? »
« Ouais. » Lui répondis-je alors que je regardais le tas de livres et de papiers qui s'entassaient au pied de mon lit, me demandant lesquels correspondaient à mon prochain cours.
« Au fait, Ben et moi, on a décidé de venir au Café Solstice ce soir. N'es-tu pas un peu excitée pour ta première scène ? » Me dit Angela d'une voix un peu trop enjouée à mon goût.
Euh oui, ma première scène. Je n'avais pas oublié mais j'avais espéré que Ben et Angela, oui. C'était mon premier concert en guitare solo et il m'aurait été plus facile de joué si tous les visages de la foule avait appartenus à des étrangers. Malheureusement, ce ne serait pas le cas, en plus de Ben et Angela, il y aurait Daniel Dean, un admirateur qui ne cessait de me harceler malgré mes refus. Quelle chance ! Etait-il possible qu'une fille puisse exprimer sa tristesse dans la chanson sans que personne ne soit témoin de son mal être ?
« Angela, on vous permet d'être présent uniquement si vous gardez la bouche fermée. Je ne veux rien entendre, aucun encouragement, aucun cri, c'est clair ? » Ma voix avait pris un ton faussement autoritaire, mais je pensais chaque mot que j'avais prononcé.
Elle imita une fermeture éclaire sur ses lèvres avant de me gratifier d'un sourire sincère et d'un signe de la main en partant. Je doutais que sa promesse de garder le silence ne dure longtemps. Angela était quelqu'un de calme, mais dès qu'on parlait de musique, elle se transformait en vrai pie. Elle avait vu mon changement d'humeur quand je jouais, elle avait vu la musique me guérir de ma dépression au fil des jours. Bien que mon amie ignorait que les notes que je grattais chaque jour sur ma guitare n'étaient autres que celle de Jasper. C'était la seule façon que j'avais trouvé pour le sentir près de moi et c'était grâce aux chansons qui suintaient l'amour de mon ex petit ami que j'avais trouvé un équilibre et que j'étais parvenu à surmonter ma tristesse et mon manque de lui. Ça avait été mon premier achat à l'Université de Seattle, une guitare, et à côté d'Angela, elle était devenue ma plus grande confidente.
Je frôlais l'instrument de mes doigts qui se trouvait négligemment appuyée au pied de mon lit. Je ne savais pas si j'étais vraiment prête à jouer et chanter ce que j'avais écrit en public mais j'avais besoin de le faire. C'était le seul moyen que j'avais pour me rappeler de lui. La musique était une force pour lui, il faisait ressentir ses émotions ainsi et moi, j'utilisais les mots, deux formes d'expression que nous n'emploierions plus jamais ensemble.
Alors que je regardais ma guitare, mon esprit se perdit dans une image de Jasper et moi occupé à jouer de la guitare dans une magnifique clairière. Ces vieux souvenirs me hantaient malgré tout mes efforts pour tenter de les oublier, me rappeler de nous était encore trop douloureux, un sanglot me sortit de mes songes. J'enfouis rapidement ses pensées au fond de mon cœur et décidais de me rendre en cours, je ne pouvais pas louper encore une journée. Mes absences dues à mon chagrin d'amour étaient trop fréquentes et j'avais du mal à maintenir un niveau suffisant. Je devais me comporter en adulte et me reprendre, c'était la seul solution pour retrouver un semblant de normalité dans ma vie et je devais me forcer pour y arriver.
Va en cours.
Oui, même la voix responsable de Jasper continuait à me parler à l'intérieur de ma tête et m'ordonnait de me rendre en cours. Je levais les yeux au ciel à l'entente de sa voix dans mon imagination. Il n'était plus aussi bavard qu'il ne l'avait été au début mais il continuait à veiller sur moi, à me guider quand j'étais trop perdue, c'était nécessaire pour ma survie mentale.
« C'est bon, j'y vais. » Murmurais-je pour moi-même avant de prendre mon livre de Biologie par terre en soupirant…Je sentais déjà que la journée allait être longue.
Mes cours de la journée se passèrent sans aucun problème majeur, hormis ma tristesse qui ne me quittait jamais désormais. Savoir que j'allais jouer ce soir me rendait nerveuse mais je me concentrais comme jamais sur mes cours pour ne pas y penser et essayer d'éviter Daniel me permis également de rester occupée tout au long de la journée. De ce côté-là, je n'étais pas trop chanceuse, je partageais mes cours du midi avec lui. Malgré le nombre d'étudiants et le peu de place libre dans l'amphithéâtre pendant le cours d'Humanité, mon harceleur parvenait toujours à s'asseoir à côté de moi.
En le découvrant à côté de moi, je souris simplement. Bien qu'il puisse être agaçant avec ses tentatives de drague, j'avais tout de même beaucoup de mal à me lasser d'un tel Casanova. Daniel était lui aussi musicien et quand il avait découvert que je jouais de la guitare, je devins sa source d'inspiration. Nous jouions souvent ensemble et à force d'avoir passé du temps ensemble, il était persuadé que j'étais la fille de ses rêves. J'avais pris également le temps de l'observer, et derrière ses verres de lunette rectangulaire, son visage mal rasé m'avais fait penser à un golden retriever un peu comme Mike Newton, j'avais souris à cette constatation.
Tout comme Angela, lui non plus n'avait pas oublié ma représentation de ce soir. Cela signifiait donc pour moi que parmi tous les étrangers qui seront présent, il y aurait trois personnes, trois témoins que je connaissais qui assisterait à mon concert solo, à ma tristesse. J'avais dû accepter leurs présences sans rien dire, je ne devais pas annuler pour ça, je ferais avec. Je m'étais longtemps battu contre moi-même et après des mois d'hésitation, j'avais enfin rassemblé tout le courage nécessaire pour m'inscrire à une scène ouverte à tous musicien souhaitant partager leur musique au Café Solstice. Je pourrais faire abstraction des clients qui seraient présent, sirotant leur café ou leur bière, je ferrais de même avec mes amis. Je ne pouvais pas céder à la panique. Ce serait l'endroit idéal pour être enfin honnête avec moi-même…J'aimais Jasper et ça ne changerait jamais. La chanson que j'avais écrite mélangé à sa musique en était la preuve.
« On se voit ce soir. » Me dit Daniel avec un clin d'œil quand nous quittâmes l'amphithéâtre.
J'essayais d'étouffer un gémissement montant de ma poitrine à l'entente de sa dernière pique, je ne voulais plus entendre parler de mon solo de ce soir. « Ouais, bien sûr » Bougonnais-je avant de lui tourner le dos et de partir à mon prochain cours.
Je laissais Daniel derrière moi, je n'étais pas trop nerveuses à propos de ce soir, mais quand je vis le Soleil laisser place à la nuit, je n'étais plus du tout sereine, j'étais devenue un paquet de nerfs. J'avais un poids dans l'estomac qui ne cessait d'augmenter au fil des heures, me rapprochant ainsi de mon bûcher. Mais mon stress ne fut à son summum que quand je montais sur scène et m'installais sur le tabouret devant le micro, ma guitare sous le bras, j'avais l'impression que mon estomac allait s'envoler sous l'effet de mon anxiété.
« Salut, je suis Bella. » Ma voix grinça dans le micro et plusieurs voix protestèrent face à l'agression du bruit du micro.
Un type robuste me rejoignit sur scène pour régler le son du micro, j'essayais de ne pas regarder le flot de visage en face de la scène qui n'attendaient que l'échec de ma prestation, à la place, je préférais fixer le bout de mes chaussures de tennis.
Tout va bien se passer.
La voix réconfortante de Jasper, mon confident, résonna dans ma tête. Il ne voulait pas que je doute de moi-même et je dû me concentrer pour ne pas lui répondre à voix haute.
Si seulement tu pouvais être ici pour me voir jouer. Tu es celui qui m'a aidé à m'améliorer, celui qui m'a encouragé à écrire ma propre chanson. Je fais ça uniquement pour toi, Jasper.
Je soufflais pour me donner du courage quand l'ingénieur du son s'éloigna. Je regardais droit devant moi pour faire face à la foule, j'inspirais de nouveau quand je vis enfin les gens qui m'observaient de leur table.
Que diable ?
L'endroit n'était pas bondé, une poignée de gens était présent mais plus de la moitié portaient un costume. Certains s'étaient maquillés de façon à avoir la peau aussi pâle que celle d'un vampire, d'autre portaient même des canines en plastique bon marché dans leurs bouches. L'image que me renvoyait cette foule me paralysa et je du me battre contre moi-même pour ne pas sauté de la scène et m'enfuir loin de ses fous. Ils étaient tous là à me regarder, attendant que je chante pour mon amour de vampire perdu. Ils me narguaient, c'était fou!
Calme-toi, Bella. C'est Halloween.
Quoi, vraiment ? Le mois d'Octobre était déjà terminé, étais-ce vraiment le dernier jour du mois avant que Novembre n'arrive. J'essayais de me rappeler si j'avais pu remarquer un quelconque signe du temps qui venait de passer à une vitesse affolante mais la seule chose dont je me souvenais le plus, c'était ma chambre de dortoir et ma guitare. C'était vrai qu'il était rare de me voir sortir pour autre chose que les cours et à cause de ce comportement j'avais manqué beaucoup avant ce jour férié.
Merde ! Pourquoi ai-je choisis ce jour pour le faire.
J'essayais de ne plus regarder mon audience et reconcentrais mon regard aux dessus de leur tête, dans la vitrine du café. Ainsi, je ne voyais personne me regarder, bien que je pouvais voir une tête aux cheveux blonds éblouissants mais je ne devais pas y penser, ce n'était pas le moment de songer à Jasper, je déplaçais encore mon regard pour ne plus la voir.
" Vas-y, joue une chanson!" Cria un perturbateur dans l'assemblée, cri qui fut suivit d'un « shhhhh ! » Que je pouvais identifier comme étant celui d'Angela.
Ces deux bruits eurent pour effet de me sortir de mon état ahuri et promptement, je plaçais mes mains sur ma guitare, prêtes à jouer les premiers accords.
Un frisson parcouru mon corps quand je commençais à jouer ma chanson, frisson qui n'était pas rare de sentir pour moi. Il était là, chaque fois que je chantais et aujourd'hui, ce n'était pas différent des autres fois. La décharge électrique qui traversa ma tête jusqu'à mes orteils étaient un mélange entre la surprise à l'entente de ma voix et de la nervosité que je ressentais. Je savais juste que ma voix ressemblait sûrement à celle d'un adolescent de quatorze ans en pleine puberté.
J'estimais encore aujourd'hui que mon jeu de mot n'avait rien de majestueux contre la richesse du travail de Jasper, mais j'avais travaillé sans relâche ma voix pour que les paroles soient plus profondes, que les gammes varient selon les mots jusqu'à obtenir une mélodie reflétant mon angoisse, ma tristesse, mon amour perdu. J'étais parvenue à associer ma chanson sur la perte d'un amour avec la musique de Jasper, même si accordé ma voix à une telle émotion avait été difficile, la douleur de mon cœur brisé était encore là. Je jouais toujours mais au fur et à mesure de la chanson ma voix ne devint plus qu'un murmure et lorsque que j'effectuais les derniers accords sur ma guitare, je sentis les larmes glisser sur mes joues. A la fin de ma chanson, je ne m'attardais pas sur scène pour ne pas entendre les applaudissements et me précipitais dans la loge attenante à la salle pour me cacher. J'étais sur le point de m'écrouler. Cela avait été si puissant, si douloureux, j'avais eu envie de me retrouver en Enfer, mais je n'avais pas faillit, j'avais joué jusqu'au bout. C'était fini et toute la tension que j'avais ressentie venait de s'envoler.
« Bella ? » Entendis-je chuchoter Angela derrière la porte de la loge où je m'étais réfugiée.
Je poussais la porte de la loge et m'écroulais dans les bras de mon amie qui resserra son étreinte autour de moi. Elle me serra contre elle sans un mot. Après avoir vécu avec moi pendant des mois, Angela savait que la personne à qui je dédiais cette chanson n'était autre que Jasper et elle avait dû se rendre compte de l'effort monumental que j'avais fait pour parvenir à chanter ces quelques minutes.
« Tu as été parfaite là bas. Tout le monde est resté muet, même Daniel. » Me dit-elle quand finalement nous nous séparâmes.
« Il est ici ? » Gémis-je aussitôt.
« Sois gentil. » Me réprimanda Angela. "Il est assis dans la salle avec Ben et il a même payé une tourné en guise de félicitations. »
« C'est sûr, c'est certainement mieux d'être alcoolique, parce que c'est vraiment ce dont j'ai besoin en ce moment. » Je lui souris, satisfaite et Angela me tapota gentiment le dos, consciente que je ne buvais jamais d'alcool.
Je contrôlais donc mon irritation avant de rejoindre avec Angela les deux garçons déjà installés à une table du café. Je parvins même à participer à la conversation légère qu'ils avaient tout en sirotant mon coca que Daniel m'avait payé. Je remarquais que mon humeur s'était légèrement améliorée, je ressentais moins la douleur de ma dépression auquel je ne pouvais échapper depuis des mois, à la place, je sentais simplement une tristesse bien plus supportable. Peut-être étais-ce dû au fait que chanter pour Jasper avait enlevé un poids dans mon cœur. Il faudrait sûrement que je continus cette thérapie.
« Cette chanson a-t-elle été écrite pour quelqu'un de particulier ? » Me demanda Daniel négligemment, interrompant ainsi mes réflexions sur Jasper.
Je lançais un regard désespérée à Angela pour qu'elle détourne l'attention de mon admirateur, elle ne compris pas ma détresse. En lui répondant, j'essayais de ne pas regarder dans les yeux l'impertinent. « Je…euh…non. Il a été juste composé…et… » Ma voix n'était plus qu'un chuchotis, je pris conscience soudainement que j'étais pris de vertige.
« Est-ce que ça va, Bella ? » Entendis-je la voix légèrement affolée d'Angela, et quand je levais mon regard vers elle, je constatais que ma vision était troublée.
« Je suis sûr que Bella va bien. C'est juste le contre coup de sa prestation musicale, la première en public. Cela m'arrive tout le temps à moi. » Intervint Daniel à ma place. « Je vais la ramener chez elle. »
Je me sentis soulevée et me retrouvais contre le torse chaud de Daniel. Que diable faisait-il. Je voulus me remettre sur mes pieds mais je ne pus que constater que je n'en avais pas la force. Mon humeur n'était plus celle que j'avais en début de soirée.
« Est-ce que c'est ce que tu veux ? » Me demanda Angela, le cynisme dans sa voix était adressé à Daniel.
« Bien sûr. » Je lui fis signe de la main avant de disparaître derrière la porte avec Daniel.
Je me rendais vaguement compte que j'avais laissé ma guitare au café, mais mon escorte marchait si vite que j'eus à peine le temps de me rappeler qu'en fait il n'y avait pas de soucis puisque je partageais ma chambre avec Angela. Mon monde continuerait ? Je me sentais vraiment bizarre ce que je venais seulement de réaliser avec mon cerveau embrumé. J'étais dans le même état qu'après avoir pris un sirop pour la toux.
Je pouvais entendre Daniel marmonner son irritation au dessus de ma tête, mais j'avais l'impression de l'entendre à travers une vitre, sa voix me devenait inaudible et je sentais ma conscience s'effacer.
« Où on va ? » Lui demandais-je.
« À ma voiture. » Me répondit-il avec brusquerie.
"C'est l'enfer!"
J'avais d'abord pensé que le grondement que j'entendais appartenait à Daniel, mais ce n'était pas le cas, il semblait se disputer avec quelqu'un. Je sentis mon corps être soulevé par d'autres bras…des bras beaucoup plus froid que les précédents. Je forçais ma conscience à rester éveillé et essayais d'ouvrir mes yeux ne serait-ce que quelques secondes. Ma tête était lourde mais je réussis à me concentrer un instant sur la mâchoire très familière de cet homme.
« Jasper ? » Demandais-je, espérant que le seul mot qui sortirait de sa bouche serait un oui.
Seulement, je ne parvins pas à l'entendre, les ténèbres m'envahirent.
