Hello tout le monde ! Désolée pour le retard de publication. J'ai eu un petit blocage sur ce chapitre et je crois que j'ai du le modifier deux ou trois fois tant rien ne me convenait J'espère qu'il vous plaira car celui-ci m'en a fait vraiment bavé !

Sinon, pour Sergei, vous êtes la moitié à avoir deviné les derniers parents restants… et il s'agit bien de la famille Londubat :) Sur ceux… bonne lecture !


Résumé des chapitres précédents :

Vladmir se retrouve embarqué dans l'aventure du Tournoi des Trois Sorciers contre son gré. Pour éviter des injustices, tous les champions se retrouvent en binôme et, alors que l'année scolaire continuait, quelques aventures se glissent au milieu de la routine… Une rencontre avec le portrait des Fondateurs… un dragon protecteur… une métamorphose de Drago… Une guerre de clan…


Russe

Chapitre 52 : Face à ses peurs

Vlad n'était toujours pas sorti de l'infirmerie et commençait vraiment à s'ennuyer, après seulement une journée. Il haïssait rester immobile et ne faisant rien de sa journée, ses nuits étaient raccourcies. A trois heures du matin, il était donc parfaitement réveillé et alerte, ruminant contre les sorts d'alarme de Pomfresh qui l'empêchaient de quitter seulement son lit. L'infirmière avait fini par le contraindre après l'avoir rattrapé trois fois avant qu'il n'arrive à passer la porte d'entrée de l'aile médicale.

Pour passer le temps, à trois heures du matin, Vladmir lisait donc les différents journaux relatant à la fois le Tournoi des Trois Sorciers et la Guerre de Clan, ricanant des différents points de vue. Si les russes, notamment L'Aube Rouge, étaient outrés qu'une matriarche de clan, ancienne auror et politicienne connue soit arrêtée suite à sa participation dans une des plus anciennes traditions de leur société, les anglais étaient horrifiés qu'une femme ait pu assassiner en tout impunité une personne devant l'ensemble des élèves de Poudlard. Les relations diplomatiques étaient donc tendues entre les deux pays, et d'après ce qu'il comprenait, le Ministère de la Magie, notamment Lucius Malefoy, Ministre, et Damoclès Rowle, Directeur de la Coopération Internationale, s'arrachaient les cheveux.

-Tatie, ton futur mari va finir chauve avant que tu aies réussi à lui mettre le grappin dessus, ricana Vladmir en observant la photo d'un Ministre de la Magie particulièrement excédé en première page de la Gazette des Sorciers.

-Tu parles seul maintenant, Chaton ?

-Frappe avant d'entrer Sergei, répondit sans même lever la tête le jeune Russe.

Sergei ne l'avait pas quitté de la journée jusqu'à peu. Il devait se nourrir après avoir jeûné pendant les trois jours qu'il avait passé au chevet de son filleul de cœur et il s'était donc éclipsé dans la Forêt Interdite.

-Comment vas-tu ? demanda précautionneusement Sergei.

-Bien.

-Vladmir Vassilievitch, pas de ça avec moi, soupira le vampire en s'asseyant sur son lit.

-Fatigué.

Sergei comprit l'allusion. La fatigue dont se plaignait son protégé n'était pas physique, mais mentale.

-Tu es encore jeune pour cela.

-L'Horcruxe dans ma tête. Les Cinq Familles. Les guerres de Clan. Et maintenant, Drago. Le Tournoi des Trois Sorciers. Hermione et ses souvenirs…

-Tu as peur. Pour toi et pour les autres, expliqua doucement Sergei. C'est normal, Vladmir.

-C'est trop, gémit doucement Vlad en nouant ses bras autour de ses genoux.

Sergei soupira et enlaça doucement le jeune homme, posant sa tête sur les cheveux de Vladmir. En réponse, ce dernier passa ses bras autour de la taille du vampire et se blottit contre lui.

Ils restèrent un long moment silencieux puis Vladmir commença à parler d'une voix douce. Si douce que Sergei, malgré son ouïe surnaturelle, dut tendre l'oreille.

-Katya va finir par épouser Lucius. Mais alors… où habitera-t-elle ? Comment fera-t-elle pour s'occuper du clan si elle est en Angleterre ? Il est le Ministre de la Magie et… je suis tellement heureux pour elle mais… je ne veux pas qu'elle parte… c'est ma seule famille Sergei… renifla Vladmir.

Le vampire soupira, mais resta silencieux encore quelques secondes, commençant doucement à caresser les cheveux de son protégé.

-Et puis, qui suis-je exactement ? Un Potter, avec les charges associées au nom ? Severus… Severus sera roi… je m'en suis fait le serment et puis, les prophéties… Mais il n'y arrivera pas seul… Et les Cinq Familles, on fera tout pour l'aider, rétablir la monarchie. Les anglais en ont besoin. Ils ont besoin d'un souverain juste… mais tellement d'obstacles ! L'autre vieux con et son ami, les sang-purs… Avalon à trouver… puis comme si Prince Potter ne suffisait pas, je suis un Kemenov… je ne veux pas du titre de Tsarévitch et je… je ne peux pas hériter des Potter et des Kemenov… C'est impossible, même si Kévin peut diriger les biens Potter avec son statut de Chevalier-Mage, il reste les charges politiques… Et Hermione, c'est une Licorine… tellement de risque pour elle… elle va avoir besoin de Drago et du soutien de tout le monde quand les autres sauront… et Neville… ton petit-fils… Pourquoi c'est tellement compliqué ? Ce foutu parasite… Gregori doit m'aider mais il ne sait pas comment faire et... je dois tuer l'autre ectoplasme aussi… Tout ça à cause d'une autre prophétie de merde… J'en ai déjà assez de tuer… même si Voldy le mérite… elle le méritait pas… ses yeux… Anna…

Sergei écouta calmement le discours décousu de Vladmir. Ce qu'il évoquait ne lui était pas étranger. Il suivait avec attention les moindres évènements dans la vie du jeune héritier des Kemenov et discutait souvent avec Katya des répercussions sur le jeune homme. Ce dernier, reniflant dans la chemise du vampire, finit par s'endormir.

Le vampire était occupé à le border tendrement quand la porte de l'infirmerie s'ouvrit.

Sergei fusilla du regard les nouveaux venus et porta un doigt à sa bouche.

-Il vient de s'endormir, murmura-t-il à l'attention de Kévin.

Le Serdaigle hocha la tête puis s'assit à côté de Sergei.

-Pourquoi es-tu ici ? souffla le vampire, notant la robe d'école enfilée en vitesse par-dessus son pyjama, les cheveux hirsutes. Il était quand même plus de quatre heures du matin, mais l'ami de Vlad avait le regard alerte.

-Je ne sais pas, répondit honnêtement Kévin en frottant distraitement son bras. J'ai senti que quelque chose n'allait pas et je me suis réveillé avec le sentiment que je devais impérativement être ici.

-C'est le bras avec ton tatouage ? demanda Sergei. Je peux ?

Kévin acquiesça et laissa le vampire observer avec attention l'impressionnant tatouage qui couvrait la quasi-totalité de son bras. Il était étonnant de voir la précision des détails du blason des Potter, dessiné sur la peau du né-moldu. Sergei prit le temps et finit par sourire.

-Les liens entre un seigneur et son serf sont plutôt méconnus car assez rares de nos jours. Je pense que le serment de vassalité, associé à votre amitié, fait que tu es peut-être le Chevalier-Mage des Potter, mais surtout leur Homme-Lige. Un titre donné au bras droit d'un seigneur sorcier et qui prend en compte une vieille magie, encore plus ancienne que celle inhérente aux serments de vassalité.

-Donc, en tant qu'Homme-Lige j'aurais instinctivement senti que quelque chose n'allait pas ? marmonna Kévin.

-Exactement.

-Il pense à trop de choses, soupira le Serdaigle. Je pense que la guerre de clan a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

-Expression moldue ? s'enquit Sergei avec un petit sourire, même si ce que venait de dire Kévin l'inquiétait.

-Oui.

-Il a lâché tout ce qu'il avait sur le cœur, avoua le vampire.

-Vous devez en parler à Katya, déclara doucement Kévin. Je crois qu'il a une peur bleue d'être mis à l'écart.

-Pardon ?

-Il fait des cauchemars, soupira le Serdaigle. Je crois qu'il se sent exclu et pas vraiment un Kemenov. Cela devient très sérieux entre Katya et Lucius, il ne la voit que pendant les vacances scolaires… Il appréhende vraiment le jour où leur relation sera officielle.

-C'est quoi ces conneries ? s'offusqua Sergei, utilisant un langage cru rare dans sa bouche.

Vladmir marmonna dans son sommeil en réponse à l'éclat de voix soudain de Sergei.

-D'abord... ses liens de sang avec les Kemenov sont issus d'une adoption de sang, il se sent déjà partiellement exclu. De deux, si jamais Katya a un fils ou même une fille, il perd tout droit sur la succession. A la rigueur, s'il s'agit d'une fille, il conservera le titre de tsarévitch pour une raison des plus machistes mais bon, il ne sera plus Heretum Kemenov.

-Mais… il n'a jamais voulu du titre, s'horrifia Sergei.

-Peut-être, mais c'est un lien tangible avec les Kemenov, soupira le Serdaigle.

-Je… c'est absurde, murmura Sergei. Il n'a jamais manifesté la moindre crainte ou…

-Je pense que c'est un tout, Sergei, expliqua Kévin. Trop de chose d'un coup… Il a besoin de soutien de la part de sa famille et… je crois que le plus dur, même s'il n'en est pas conscient, c'est qu'à chaque fois qu'il vous voit, c'est pour des affaires de clan et non pour passer du temps avec lui…

-Et dans le bureau, avec Drago… s'horrifia Sergei.

-Drago est passé avant lui dans la priorité de Katya. Inconsciemment, il se sent rejeté. Rajoutez-y le Tournoi des Trois Sorciers, trois sorciers dangereux qui veulent sa peau, la connaissance d'avoir un parasite mental et une guerre de clan qui le mine psychologiquement et tu obtiens des incertitudes et des peurs irrationnelles.

-Katya l'a veillé…

-Il était dans le coma, Sergei. Pour lui, Katya n'était pas là et à son réveil, elle était en prison. Et toi, toi sur qui il compte plus que tout, toi qui l'as veillé alors qu'il était empoisonné par Augusta, toi aussi, tu vas avoir ta propre famille dorénavant avec ta petite fille et sa famille. Les Londubat sont ta réelle famille et Vlad a l'impression d'être lentement abandonné.

Sergei observa sans un mot Kévin, puis se tourna vers Vladmir. Le Russe dormait, mais il pouvait voir le papillonnement de ses paupières, significatif d'un rêve.

-Comment peux-tu… ?

-Parce que je suis passé par là. C'était différent et à la fois identique. Quand j'ai commencé à faire de la magie accidentelle, mon monde s'est écroulé. Mes parents ont commencé à passer plus de temps avec leurs autres enfants. Mes frères jouaient moins avec moi. Les paroles étaient plus froides, centrées exclusivement sur les devoirs scolaires, l'aide à la maison… Puis j'ai eu un petit frère et une petite sœur… Seul le fait que Mary-Ann commence la magie accidentelle dès le berceau m'a sauvé.

-Sinon…

-Je ne sais pas, avoua Kévin… peut-être que j'aurais fugué… peut-être que j'aurais fait quelque chose de pire et…

Kévin se tut sous la soudaine étreinte de Sergei. Le vampire soupira quand finalement, le Serdaigle se relâcha doucement et se laissa aller.

-C'est la première fois qu'on me tient comme ça depuis très longtemps, murmura Kévin.

-Vous êtes des idiots, tous les deux, murmura Sergei. Mais tu le comprends mieux que je ne pourrais jamais le faire.

-Sergei… marmonna Kévin.

-Hum ?

-Je peux rester comme ça encore un peu ? chuchota-t-il.

Un tressaillement du torse de Sergei lui signala que ce dernier riait, mais il sentit également que les bras autour de ses épaules se resserraient un peu plus.

-Dors petit chat, je veille sur vous deux.

Sous le murmure apaisant de Sergei, Kévin rejoignit bientôt Vladmir dans le sommeil. Il fut rapidement allongé à côté de son meilleur ami et au petit matin, l'infirmière les trouva tous les deux endormis dans le même lit.

-Que fait Monsieur Entwhistle ici ? s'étonna-t-elle.

Sergei lui fit signe de se taire et Madame Pomfresh soupira en jetant un sort de silence autour du lit des Gemini, pendait que la sorcière, qui avait senti que quelque chose n'allait pas, partait dans son bureau préparer une bonne tasse de thé.

-Explications ! aboya-t-elle tout en déposant la tasse dans les mains de Sergei.

-C'est… compliqué… marmonna Sergei.

-Développez.

Sergei ricana aux ordres autoritaires de la vieille sorcière mais s'obtempéra.

-Vladmir a beaucoup de choses à traiter actuellement au niveau familial… il s'inquiète pour sa place dans la famille.

-La peur de l'abandon ? demanda avec inquiétude la Médicomage de Poudlard. Il s'est confié à vous.

-Oui et oui. Mais comment par la Mère Magie savez-vous que… ?

-Ce n'est pas si rare, mais c'est surprenant que cela ne survienne que maintenant. Il doit y avoir un changement significatif dans la vie familiale de Monsieur Kemenov pour que cela arrive.

-Sa tante est en couple avec Lord Malefoy.

-Ah… apparition d'une nouvelle figure d'autorité potentielle, le partage de sa figure maternelle avec Monsieur Drago Malefoy et la diminution de l'attention portée par la matriarche Kemenov, lista l'infirmière. C'est assez classique chez les enfants de familles recomposées, bien qu'elles soient rares dans le monde sorcier et cette peur de l'abandon survient généralement chez les enfants plus jeunes.

-Autant de critères peuvent provoquer cette angoisse ? s'horrifia Sergei.

-Il y a énormément de facteurs, Monsieur Pokhastovine. Le plus souvent, ce ne sont même pas des évènements traumatisants, juste une accumulation de facteurs. Dans le cas de Monsieur Kemenov, d'après ce que je sais, ça peut être de très nombreuses choses.

-Pourriez-vous développer ? demanda calmement Sergei.

-Eh bien, Lady Kemenov est une femme occupée. Si j'ai bien compris, après avoir été auror, elle a un poste important au ministère russe. Sans compter la gestion d'un grand clan...

Sergei rajouta mentalement son rôle dans le Semirov et comprit, avant même que Madame Pomfresh continue, le premier facteur possible.

-Lady Kemenov était probablement débordée. Je peux supposer que le jeune Vladmir était plus souvent sous la surveillance d'une nounou que de sa tante.

-Oui… ainsi que du clan. Mais ils prenaient soin de lui et…

-Monsieur Pokhastovine. Dans l'esprit d'un enfant de 5 ans, et même de 10 ans, le fait que sa figure maternelle ne soit pas présente de manière régulière peut avoir un impact psychologique majeur, soupira l'infirmière. Peu importe tout l'amour ou l'attention qu'ont pu lui donner ses autres gardiens, ce n'était pas sa tante. Je ne préfère même pas évoquer l'absence de figure paternelle… encore que je pense que vous êtes ce qui s'en rapproche le plus, ce qui expliquerait pourquoi il s'est confié à vous en premier lieu.

-D'autres critères ? s'inquiéta Sergei.

-Oh oui, soupira la vieille sorcière en glissant un peu de potion calmante dans la tasse de thé de Sergei. Le vampire ne rechigna pas et avala le liquide d'une gorgée.

-La mise en pension.

-Pardon ? La… pension ? Mais…

-Que croyez-vous que Poudlard soit, Monsieur Pokhastovine, si ce n'est un internat obligatoire pour tous ? Lady Kemenov a envoyé son neveu dans une école à près de 2000 kilomètres de son domicile, avec la connaissance qu'elle ne le verrait seulement trois mois par an pendant plusieurs années. Des études américaines ont comparé l'état d'esprit des étudiants de Salem, une école de sorcellerie avec des systèmes de demi-pension, et une autre école située à Philadelphie en pensionnat, comme Poudlard. Les étudiants de Philadelphie présentent un moral plus bas, des notes plus faibles. Certains se sentent même rejeter par leur famille après avoir été envoyés là-bas et non dans une autre école.

-Katya voulait que Vlad soit à Poudlard, comme ses parents avant lui… alors que lui aurait préféré étudier à Durmstrang… bégaya Sergei.

-… qui autorise les étudiants à rentrer chez eux tous les week-ends, compléta Madame Pomfresh.

Sergei se sentait presque mal. C'était si évident, présenté ainsi, qu'il se sentait idiot de ne pas avoir compris plus tôt.

-Ne vous en voulez pas Monsieur Pokhastovine. Les parents réalisent rarement l'état d'esprit de leurs enfants. Quand ils sont jeunes, ils expriment encore leurs sentiments. Adolescents, c'est très dur de comprendre leurs questions existentielles. Lady Kemenov sera libérée bientôt ?

-Ce matin. A la première heure, normalement, marmonna Sergei.

-Je vous conseille d'aller la voir et de lui parler de Monsieur Kemenov rapidement. Si elle est disponible, je souhaiterais que Vladmir prennent une semaine de repos, en Russie de préférence et qu'il aille voir un psychomage…

Sergei songea qu'il en connaissait un excellent mais il n'allait pas donner son nom à l'infirmière de Poudlard. Bien qu'elle l'ait vu plusieurs fois, il n'était pas certain que recommander Gregori Efimovitch Raspoutine pour aider Vladmir soit une bonne idée.

-… peut-être même Monsieur Raspoutine. Je crois savoir qu'il a toutes les formations nécessaires en psychologie et sa connaissance de monsieur Kemenov peut l'aider à cerner les réels problèmes, surtout si, comme je le soupçonne, c'est lui qui lui a enseigné l'Occlumencie.

Sergei en resta bouche bée, ce qui fit rire l'infirmière avant qu'elle ne le mette à la porte au petit matin avant d'aller réveiller les deux Gemini.

Le vampire congédié se dirigea ensuite vers le bureau d'Augusta en se déplaçant dans les ombres pour éviter que les élèves ne l'aperçoivent. Il préférait éviter de les effrayer avec la présence d'un vampire dans l'école...

Arrivé à destination, il se dirigea immédiatement vers la cheminée, prenant cependant le temps de saluer d'un signe de tête la vieille sorcière ainsi que les Fondateurs, tranquillement occupés à rattraper près d'un millénaire d'absence.

-Atrium du Ministère de la Magie, déclara Sergei en jetant une poignée de poudre de Cheminette dans le foyer continuellement allumé.

Il fit un pas dans la cheminée et ignora l'impression désagréable habituelle associée au transport sorcier. Il atterrit immédiatement dans l'immense hall d'entrée du ministère de la magie et d'un geste, rabattit sa capuche sur ses traits. Il n'était pas nécessaire de se faire remarquer là non plus, même si, depuis bientôt un mois, il pouvait déambuler en toute légalité au sein de l'Atrium du Ministère. Une des nouvelles réformes permises par l'investiture de Lucius Malefoy au poste de Ministre de la Magie.

Il se présenta à l'accueil et tira légèrement sa capuche de manière à ce que la sorcière de l'accueil et l'auror de garde puissent voir son visage.

-Sergei Dimitrovitch Pokhastovine, Russe. Je viens pour Katya Annapovna Kemenov, actuellement détenue au ministre de la Justice.

-Baguette ?

-Pas depuis ma transformation, sourit Sergei.

La petite sorcière leva vivement la tête et écarquilla les yeux en voyant le vampire devant elle.

-Vous… je…

L'auror en poste, une jeune sorcière aux cheveux d'un violet vif, posa une main sur l'épaule de la secrétaire d'accueil et adressa un sourire au vampire.

-Une goutte de votre sang sera nécessaire, Monsieur.

Sergei acquiesça et tendit sa main. La secrétaire recula légèrement, effrayée, faisant rouler des yeux la jeune auror. Cette dernière retint visiblement un rire en attrapant la main de Sergei et piqua d'une petite épingle un des doigts du vampire.

-Vous êtes déjà venu plusieurs fois, constata l'auror.

Voyant que la secrétaire ne semblait pas enthousiaste à faire le travail pour un vampire, la jeune auror remplit elle-même les papiers après lui avoir demandé une nouvelle fois le motif de la visite. Elle finit par lui tendre une carte d'autorisation.

-Bonne journée Knyaz Pokhastovine, sourit la jeune sorcière, alors que ses cheveux changeaient légèrement de couleur, tirant sur une teinte plus… rosée ? Sergei était sûr que les humains n'avaient rien remarqué, la nuance étant bien trop légère pour leur vue.

-Merci, Mademoiselle… Tonks, répondit-t-il avec un petit sourire amusé, les yeux fixés sur ses cheveux qui prirent une teinte plus soutenue alors que leur propriétaire rougissait légèrement. Passez une agréable journée, reprit-il.

-Vous de même.

Le vampire hocha la tête, toujours souriant, et se dirigea vers le Département du Ministère de la Justice, plus précisément au Bureau des Aurors. Sergei passa devant le bureau de la police magique, puis se présenta à la porte de la Brigade.

-Que puis-je pour vous ? demanda un vieux sorcier vêtu de la célèbre robe rouge.

-Je viens chercher Katya Anapovna Kemenov, déclara Sergei avec un soupir quand l'Auror se renfrogna en constatant la race de l'être devant lui.

-Elle est partie il y a quelques minutes avec le secrétaire du Ministre de le Magie.

Sergei haussa un sourcil interrogatif.

-Dans le couloir, à droite. Escalier du fond. Premier étage, soupira le sorcier. Avec votre rapidité vampirique, vous devriez pouvoir les rattraper.

Sergei le remercia d'un signe de tête et parcourut le trajet, décrit en quelques secondes. Il tomba sur Katya et non pas un quelconque secrétaire, mais tout simplement le Ministre de la Magie. Il ressentit un petit pincement au cœur pour Vladmir.

-Sergei ? s'étonna Katya.

-Lucius, salua rapidement Sergei avant de se tourner vers son amie. Il faut qu'on parle Katya…

-Bien sûr. Je passe te voir ce soir, rajouta Katya en direction de Lucius Malefoy avant de l'embrasser tendrement.

-Non, lâcha Sergei. Des affaires de clan assez urgentes risquent de te tenir occuper toute la semaine.

Cette fois, les deux sorciers froncèrent les sourcils et Katya eut un regard inquiet devant le visage sérieux de Sergei.

-Je te suis.

-On va à Poudlard, déclara le Vampire. Lucius…

-Sergei…

Les Russes se dirigèrent en silence vers l'Atrium et se rendirent à Poudlard, débarquant au milieu du bureau de la Directrice.

-Katya ? Tu as été libérée ? s'étonna Augusta.

-Oui, mais j'ai quelques détails à régler avant et…

-… peut-on avoir une salle tranquille ? demanda lentement Sergei en jetant un regard perçant à la sorcière.

-Bien sûr, dit la Directrice de Poudlard. Prenez mes appartements privés. Katya, Vladmir est sorti de l'infirmerie ce matin et Poppy…

-Après… Augusta, coupa Sergei en attrapant le bras de Katya doucement pour la guider vers la porte indiquée par la sorcière.

Katya explosa à l'instant où Sergei ferma la porte des appartements du Directeur de Poudlard.

-Quel est le problème avec toi, Sergei Dimitrievitch ? rugit Katya.

-Le problème, c'est Vladmir ! tonna le vampire, excédé malgré lui et surtout, inquiet.

-Il a des complications suite à la malédiction ? pâlit soudain la sorcière, se calmant immédiatement.

-Non. Enfin si, indirectement. Assieds-toi.

Katya, toujours pâle, obéit et lui jeta un regard d'angoisse.

-Sergei…

-Vlad… Vladmir a…

Le vampire s'assit et soupira en s'adossant à un fauteuil, regardant le plafond.

-Vladmir a peur, Katya.

-C'est normal. Entre tout ce qui se passe et la guerre de clan…

-Non. Il a peur que tu l'abandonnes.

-Que je… quoi !?

Sergei soupira et lui demanda de prendre ses souvenirs. Il savait qu'Augusta avait une pensine quelque part dans sa chambre et il voulait lui montrer la discussion avec l'infirmière.

Katya en sortit une petite heure après, d'une pâleur cadavérique.

-Mais… comment… ?

-Tu passes énormément de temps avec Lucius. Il ne te voit plus du tout en dehors des rares affaires de clan. Tu l'as inscrit à Poudlard.

-L'année dernière, avec Augusta, quand elle l'a empoisonné…

-Il n'a pas cherché de l'aide auprès de toi, acquiesça tristement Sergei, dardant malgré tout un regard perçant à la porte. Il n'oubliait pas et ne pardonnait pas facilement et pour le moment, il tolérait Augusta, même si c'était sa petite fille nouvellement découverte.

Katya gémit en posant sa tête entre ses mains, murmurant sur ce qu'elle avait bien pu rater. Depuis combien de temps Vladmir se sentait peu à peu exclu ?

-L'infirmière de Poudlard veut que Vladmir rentre à la maison pendant une semaine.

-C'est ce que voulait me dire Augusta, réalisa la sorcière Russe.

-Oui. Mais je voulais te prévenir avant.

La matriarche des Kemenov resta immobile un petit moment, perdue dans ses pensées. Sergei pouvait voir qu'elles étaient sombres, à la noirceur de ses yeux généralement d'un noisette chaleureux qu'elle avait partagé avec son demi-frère et leur père. Même si son visage restait de marbre, ses traits parfaitement figés par deux décennies de luttes politiques et d'appartenance à la Cour des Mirages, il la connaissait trop bien. Katya Annapovna était bouleversée et remettait une fois de plus en doute sa capacité à élever Vladmir. Alors que le vampire allait la rabrouer pour penser quelque chose d'aussi idiot, elle soupira profondément et reprit la parole.

-Sergei. Annule tous mes rendez-vous pour la semaine et passe voir Gregori. J'aimerais qu'il passe à la maison demain, s'il est disponible. Préviens également tout le monde que Vlad est de retour… et demande aux cuisines de préparer un bon repas, rajouta-t-elle plus doucement. On a toujours fêté ses retours depuis qu'il est à Poudlard, il est hors de question que nous changions ça.

Sergei acquiesça, du même avis. Chaque retour de l'héritier au palais Kemenov donnait lieu à une petite fête de bienvenue. Après des mois d'absence, Vladmir avait toujours eu un petit comité d'accueil avec les membres les plus proches de lui. Sa nourrice et ses tuteurs, quelques-uns de ses vampires, ses plus proches amis du clan… C'était devenu une petite tradition et il était impensable de ne pas la faire… même dans ces conditions.

Quelques minutes plus tard, Katya entrait dans l'infirmerie. Elle ne put, malgré son inquiétude, que sourire tendrement au tableau devant elle. Kévin et Vladmir étaient endormis sur le même lit, calmes, veillés par le deuxième meilleur ami de son neveu. Neville était habillé de l'uniforme scolaire et devait bientôt avoir cours, si elle se fiait au regard réprobateur de l'infirmière.

-Bonjour, Katya, murmura l'héritier Londubat.

-Bonjour, Neville, sourit la sorcière Russe avant de se tourner vers l'infirmière.

-Madame Pomfresh, auriez-vous quelques instants à me consacrer ?

-Bien sûr, suivez-moi.

La sorcière Russe suivit la Médicomage attitrée de Poudlard dans son petit bureau. Dès qu'elle fut assise et la porte fermée, les traits de Katya perdirent toutes traces de joie, se faisant plus tristes et hantés.

-Vous avez parlé à Monsieur Pokhastovine, constata la Médicomage.

La matriarche des Kemenov hocha lentement la tête.

-Contrairement à ce que vous pouvez penser, vous n'êtes pas la seule à faire face à la détresse émotionnelle d'un enfant, commença doucement Pomfresh. Vous vous en sortez même mieux que beaucoup.

Katya haussa un sourcil sarcastique très familier à l'infirmière de Poudlard, qui émit un petit rire.

-Vous passez trop de temps avec Severus. D'ailleurs, c'est lui qui gère de nombreux élèves dans la même situation que Vladmir. De nombreux enfants avec des parents haut placés dans le Ministère de la Magie.

-Drago ? Neville ? s'inquiéta la Russe.

-Monsieur Malefoy a effectivement fait l'objet d'une thérapie, durant sa première année, concéda lentement Pomfresh, visiblement hésitante à dévoiler une partie du secret médical. Toutefois, elle pouvait clairement voir la bague au doigt de la sorcière.

-Entre Narcissa Black qui n'a jamais manifesté le moindre amour maternel à son fils et Lord Malefoy qui était débordé, Drago a eu quelques soucis. Pour Monsieur Londubat, je ne peux rien vous dire.

Katya hocha lentement la tête en faisant tourner la bague à son doigt. La Médicomage devinait que c'était assez récent et que la sorcière n'était pas encore habituée à porter un anneau à ce doigt spécifique.

-Vladmir est au courant ? demanda-t-elle en désignant la bague.

-Non, murmura Katya.

-Alors ne la portez pas pour le moment. Discutez-en plus tard. Pour le moment, cela ne fera que renforcer inconsciemment son sentiment, même s'il en sera ravi pour vous.

Katya poussa un soupir profond et lui demanda à mi-voix ce qu'elle pouvait faire pour réconforter Vladmir.

-Prenez une semaine avec lui, comme lorsqu'il était encore chez vous et malade.

Katya hocha lentement la tête et prit le temps de discuter quelques minutes avec la sorcière avant de rejoindre Augusta pour la prévenir que Vladmir n'assisterait pas aux cours pour la semaine. Elle partit également prévenir Alekseï. Vladmir reviendrait uniquement le samedi, pour la première épreuve.

-Il est malade ? s'inquiéta le jeune Russe, assis aux côtés de ses amis de Durmstrang dans un des nombreux escaliers de Poudlard.

-Oui, dit doucement la sorcière Russe.

Ce n'était pas vraiment un mensonge, mais pas entièrement la vérité, et l'ami de Vladmir sembla le comprendre. Quelque chose de grave se passait et il se promit de lui envoyer une lettre.

Puis Katya et Vladmir retournèrent en Russie. Pour le moment, le jeune homme ne savait pas pourquoi et surtout, il ne comprenait pas. Il n'avait aucune raison de retourner au palais Kemenov en pleine semaine de cours, toutefois, il oublia rapidement ses questions quand, comme toujours, tout le clan était rassemblé pour son retour.

Ce n'est qu'une fois seul avec sa tante, le soir même, qu'il put lui poser la question. Ils étaient tous les deux assis devant le feu de la bibliothèque des appartements de Katya, un petit rituel qui, d'aussi loin qu'il se souvenait, existait. Petit, Vladmir faisait ses devoirs sur le tapis, bien au chaud devant le feu, tandis que sa tante lisait des rapports, s'occupait de son courrier ou tout simplement bouquinait quelque vieux grimoire familial.

-Dis tatie, j'ai besoin de parler de ma famille pour l'école !

Un petit Vladmir de 6 ans souriait de toutes ses dents, bien que quelques-unes soient manquantes. Il était allongé sur le tapis, Katya, assise devant lui, son livre de potions sur les genoux et des dizaines de plantes étalées devant eux pour qu'il puisse les apprendre.

Elle venait de rentrer après une semaine d'absence et Vladmir avait bien vu la pile énorme de papiers sur son bureau quand il était allé lui demander de l'aide pour ses devoirs, mais elle était venue.

-Eh bien, de qui comptes-tu parler ? sourit Katya en désignant une plante rabougrie et d'un jaune peu avenant.

-Glaius gobelius, l'Herbe des Gobelins. Pour les potions d'énergie. Je veux parler de papa et maman, de Sergei, Bébé Tashka, grand-père Vassili et de toi !

-Eh bien, je ne vois pas le problème, sourit doucement la sorcière en montrant une autre plante. Vladmir nomma le végétal puis grimaça.

-Je dois dire les liens magiques et familiaux qui m'unissent à vous.

-Hum… Tu connais les liens de parentés entre tes parents, grand-père Vassili et moi. Pour Sergei, tu peux expliquer que c'est un ami proche du clan et son parrain d'honneur. Natashka est ta petite sœur de cœur, étant donné que c'est le seul enfant du clan et que tu aimes la garder. Mais ce qu'il ne faut pas que tu oublies de préciser c'est que même si tu n'as pas de liens de sang avec certains…

-Le plus important, c'est les liens de cœur ! babilla le jeune Vladmir, un grand sourire sur son visage rond d'enfant.

-Vladmir, tu sais que je t'aime, n'est-ce pas ?

Vladmir fut tiré de ses souvenirs par la voix de sa tante, un murmure calme contre son oreille. Il sentit quelque chose couler sur sa joue et il réalisa avec stupeur qu'il pleurait. Les bras de Katya, autour de lui, se resserrèrent et il soupira en posant sa tête sur son épaule, essayant de lui cacher ses larmes.

-Je sais, murmura-t-il.

Mais alors, pourquoi pleurait-il encore et pourquoi avait-il peur ? C'est cette même question qu'il posa à un des amis proches de sa famille, deux jours plus tard.

Gregori Raspoutine observa avec attention le jeune homme devant lui. Vladmir semblait toujours calme, même après deux heures d'une discussion longue sur son angoisse. Il venait à l'instant de lui raconter la scène de la bibliothèque. Il avait fini par s'endormir sur les genoux de sa tante, comme lorsqu'il était enfant, pour se réveiller au même endroit, 9 heures plus tard, Katya lui caressant doucement les cheveux tout en lisant un livre.

Le plus célèbre mage noir de Russie caressait distraitement sa barbe en écoutant son plus jeune apprenti. Il connaissait bien psychologiquement les enfants. Après tout, son premier emploi vraiment important, après l'étude de la magie, était Médicomage personnel du jeune tsarévitch Alexis, fils de Nicholas II de Russie. L'enfant avait souffert d'une sérieuse anémie que seul un sorcier pouvait soigner, mais également un certain nombre de peurs irrationnelles qui le rendaient faible psychologiquement. Elles étaient telles que Gregori avait songé un certain temps qu'elles étaient liées à un puissant maléfice.

Soudain, le mage noir regarda Vladmir, assis devant lui et assez pâle. Il pouvait voir dans un des angles de la bibliothèque sa femme couver du regard le jeune Russe, clairement inquiète à son sujet mais surtout, il pouvait voir les cernes sombres sous les yeux émeraude.

La réalité le frappa de plein fouet. Ce n'était pas du tout lié à un problème psychologique refoulé comme l'avait diagnostiqué la Médicomage de Poudlard. Et il se souvenait parfaitement d'une discussion qu'ils avaient eu avant qu'il ne parte à Poudlard...

-Vladmir... Rassure-moi, tu n'as pas essayé de t'approcher d'un Horcruxe sans surveillance ? demanda doucement Gregori en faisant discrètement signe à sa femme de quitter la bibliothèque.

-Non, répondit Vladmir un peu trop rapidement pour le mage noir. Il finit par soupirer sous le regard sombre de Raspoutine.

-Je l'ai cherché pour savoir où il se cachait exactement. Il est sous une forme de petit livre noir dans la section des mauvais souvenirs, juste à côté du souvenir de la mort de mes parents.

-Tu ne l'as pas touché ?

-Non ! Je ne suis pas fou !

Cette fois le mage noir pouvait voir que Vladmir pensait sincèrement ce qu'il disait, mais qu'il paraissait bien songeur.

-Que s'est-il passé exactement quand tu l'as trouvé ?

-Il m'attirait, comme s'il voulait que je le touche pour établir un contact avec moi. J'étais vraiment attiré par l'Horcruxe, mais Kevin et Neuville m'ont arraché de mon esprit avant que j'ai pu y toucher. Tu...

-Je pense que, malgré ce dont tu te souviens, tu l'as touché et c'est ce qui cause ces doutes en toi. C'est ce qui provoque l'exacerbation de tes moindres peurs et doutes.

-Comment ça ? murmura Vladmir.

-Je te connais depuis que tu as 5 ans, Vladmir Vassilievitch. Tu as une foi inébranlable en Katya et tu n'as jamais manifesté la moindre crainte ou le moindre signe d'inquiétude. Et j'ai passé deux ans à t'enseigner l'Occlumencie sans voir la moindre trace de troubles. Et je peux t'assurer que c'est quelque chose qui apparaît dans l'esprit des gens. Je vais jeter un coup d'œil dans ton esprit, mais je pense avoir raison.

Vladmir se détendit et le regarda droit dans les yeux, lui permettant un accès facile à son esprit.

- Légimencie !

Le mage noir sut qu'il avait vu juste à l'instant où il voulut pénétrer l'esprit de son plus jeune étudiant.

La bibliothèque de Vladmir, au lieu d'être accueillante comme à son habitude, était fermée à double tour et il se heurta à d'impressionnantes portes en bois.

-Je suis désolé, Vladmir, murmura Raspoutine avant de forcer violemment l'esprit du jeune homme. Heureusement, il connaissait parfaitement les moindres failles de l'esprit du jeune héritier des Kemenov. Lorsqu'ils avaient mis en place les boucliers d'Occlumencie ensemble, le jeune homme lui avait créé une sorte de porte dérobée, calée sur sa signature magique. Personne d'autre que Gregori Raspoutine ne pouvait utiliser ce passage dérobé et il bénit la Magie d'avoir pensé à cette petite ouverture...

Ce que le mage noir trouva dans l'esprit de Vladmir le rassura. Visiblement, peu de dégâts avaient été réalisés, mais il pouvait sentir de sérieuses émanations de Magie Noire provenant d'une porte spécifique. Celle qui contenait les mauvais souvenirs. Celle où le jeune homme avait trouvé l'Horcruxe.

Cette nouvelle révélation acheva de mettre en place les pièces du puzzle qu'était l'énigme des soudaines peurs de Vladmir. Son esprit était entièrement soumis à de la noirceur, qu'il canalisait généralement dans cette pièce fermée. Or, l'influence néfaste de l'Horcruxe n'affectait plus uniquement les pensées négatives de Vladmir, mais aussi l'ensemble de ses souvenirs. Ses moindres doutes, inquiétudes étaient amplifiés, ses moindres souvenirs heureux dépréciés... L'attaque était insidieuse, faite pour affaiblir l'esprit dans l'objectif de prendre possession de son hôte.

Gregori entra dans la pièce pour tomber nez à nez avec une personne des plus répugnantes. Une personne qu'il n'avait jamais voulu rencontrer auparavant, malgré ses nombreuses demandes.

-Voldemort, je suppose ?

La chose était vraiment inhumaine, mais cela ne surprenait pas outre mesure Raspoutine. La séparation d'une âme avait un impact notoire sur le physique. Lui avait vieilli d'une dizaine d'années, mais il n'avait fait qu'un seul Horcruxe. L'homme en face de lui avait perdu beaucoup de caractéristiques humaines car il en avait créé beaucoup plus…

-Qui êtes-vous ? dit d'une fois sifflante et serpentine le Seigneur des Ténèbres anglais, ou du moins, ce qu'il en restait.

-Gregori Raspoutine. Je dirais bien que je suis enchanté de rencontrer un collègue mage noir, mais ce n'est pas le cas.

-Et pourquoi cela ?

-D'une, vous parasitez l'esprit de mon étudiant préféré, et accessoirement un mage noir déjà puissant. De deux, vous prônez une idéologie bien éloignée de la mienne. De trois, vous ruinez actuellement la vie familiale et la santé mentale de mon étudiant, mon préféré, si je ne l'ai pas déjà dit, sourit affablement Raspoutine.

-C'est donc lui le responsable ?

Les deux sorciers adultes se tournèrent vers Vladmir. Son apparence actuelle était à l'image de son état d'esprit. Entièrement habillé de noir, il affichait les mêmes cernes lugubres qui encadraient ses yeux émeraude. Ce qui fit frémir Gregori Raspoutine, c'était le sang qui coulait lentement de la cicatrice en forme d'éclair sur son front.

-Harry Potter, siffle le sorcier.

-Vladmir Kemenov, le reprit le concerné avec un visage glacial.

-Vassili ne partageait pas spécialement mes idéaux, mais le clan Kemenov n'aurait jamais osé se dresser contre moi !

Vladmir éclata d'un rire froid et cynique. Il se calma rapidement, mais ne put s'empêcher de glousser en regardant l'être devant lui.

-Les Kemenov n'ont jamais eu peur de vous. Tant que vous ne vous mêliez pas des affaires de l'URSS, ils n'avaient aucun soucis avec vos idées de grandeur. Maintenant, ils en ont par contre. Une règle sacrée est de ne jamais toucher à la famille.

-Il se trouve que Vassili a eu une petite fille, accessoirement la demi-sœur de James Potter, ricana Raspoutine. Le clan Kemenov a de nombreuses raisons de vous en vouloir. Laissez-moi vous dire, Voldemort, que les Potter et les Kemenov ont soif de vengeance et de sang. Le vôtre et celui de vos Mangemorts.

Les traits inhumains de Voldemort se tordirent en une grimace affreuse, mais Vladmir réagit bien plus vite que lui. En quelques secondes, il reprit entièrement possession de son esprit et jeta le parasite contre une des étagères de son esprit.

-Gregori. A nous deux, on devrait pouvoir légimencier son esprit, non ?

-Pour savoir où se trouvent les autres Horcruxes ? soupçonna Raspoutine.

Vladmir hocha la tête et Raspoutine ne put que sourire de fierté. Le jeune enfant qu'il avait connu à l'âge de 5 ans avait grandi, pour devenir un adolescent fort et un mage noir d'une puissance incroyable.

Alors que le morceau d'âme de Voldemort essayait de se libérer de l'emprise qu'avait Vladmir sur lui et qui le contraignait à rester immobile, les deux mages noirs russes levèrent leur baguette magique à l'unisson.

-Légimencie !

Un enfant qui n'avait rien à voir physiquement avec le mage noir en face d'eux siffla en direction d'un serpent. L'autre enfant cria de peur et de douleur lorsque la vipère le mordit sauvagement. Avec un sourire satisfait, Tom Elvis Jedusor regarda l'enfant devenir fiévreux en quelques minutes et surtout, les autres l'accuser. Mais Mrs Cole ne pouvait pas, enfin, ne voulait pas croire qu'il ait jeté un serpent sur le pauvre Milles… Idiote pathétique.

La dizaine d'enfants se tassaient autour d'un poste de radio désuet, écoutant avec inquiétude les nouvelles diffusées. L'enfant qui allait devenir avec le temps Lord Voldemort restait quant à lui au fond de la pièce, mais écoutait quand même. Il pouvait entendre les bombardements au-dessus d'eux.

- Londres essuie une fois de plus les bombardements ennemis… La Royal Air Force mène actuellement une riposte et trois avions allemands ont déjà été abattus au-dessus de la ville. Pour votre sécurité, restez dans les abris.

Il grimaça, méprisant la peur des autres enfants au son des éclats d'obus. Des pleutres et des lâches, voilà ce qu'ils étaient tous. Il souhaitait qu'une bombe tombe sur l'orphelinat, il serait enfin débarrassé de ces morveux geignards…

-Qui êtes-vous ? demanda ce même enfant, âgé d'une dizaine d'années à un homme dont les longs cheveux blancs avaient encore quelques reflets roux.

-Albus Dumbledore, professeur de Poudlard, répondit l'homme, ses yeux bleus pétillants de joie.

Tom, plus âgé, lisait dans la bibliothèque de Poudlard, dont l'agencement n'avait pas changé depuis. Il savait qu'il était sang-mêlé… il voulait juste un nom de puissante famille. Alors, il rabattrait le caquet à tous ces sang-purs arrogants qui le méprisaient.

Sauf qu'il ne trouvait aucun Jedusor dans les archives de Poudlard… Lui qui avait toujours pensé que son père était un sorcier… Désillusion… Il se mit à haïr sa mère. Avec la magie, elle aurait normalement du pouvoir se sauver et l'élever !

Le nuage de fumée au-dessus de la potion prit la forme de noms… D'abord son père, puis sa mère… Mérope Gaunt…

Quelques recherches plus tard, Tom Elvis Jedusor esquissa un sourire des plus sombres. Il était bien le descendant direct de Salazar Serpentard, comme les rumeurs circulaient déjà à cause de sa capacité de Fourchelangue. Une certaine justice régnait dans ce monde, finalement.

Il était temps de revendiquer son héritage… Ces sang-purs arrogants allaient enfin s'incliner devant lui et ces misérables moldus de l'orphelinat où l'autre con l'obligeait à se rendre pendant les vacances allaient comprendre leur souffrance.

Il regarda le corps de Mimi Warren et le journal dans ses mains, un sourire aux lèvres. Le livre avait décrit le processus avec exactitude. Il se sentait plus léger et en même temps, relié à son journal… Mais bon, après tout, il contenait une partie de son âme. Peut-être devrait-il en faire un second, par assurance ? Mais était-ce possible de faire plusieurs horcruxes ?

Il glissa le petit livre contre son cœur et partit sans même un regard pour le corps froid de la jeune Serdaigle, ses yeux brillants d'un éclat rougeâtre.

-Je suis tombé sur un mot étrange, professeur. Il m'a intrigué mais malgré toutes mes recherches, je n'ai pas trouvé sa signification, commença doucement Tom en sirotant son thé. Je me suis dit qu'un homme aussi instruit que vous, pouvait en connaitre la signification.

Horace Slughorn, flatté, lui adressa un sourire encourageant.

-Horcruxe.

Satisfait, il vit pâlir drastiquement le professeur de Potions.

L'homme lui ressemblait… trait pour trait… la haine s'insinua dans son corps et il l'écouta déblatérer pendant quelques minutes sur son statut de bâtard, les manipulations de sa mère pour le contraindre à l'épouser.

Malgré lui, une certaine forme de respect naquit pour Mérope Gaunt. Elle était bien une sorcière sombre, pour manipuler ainsi les hommes. Pourquoi avait-elle arrêté les potions d'amour par contre, c'était ce qui l'avait perdu… Mais il lui en voudrait à vie pour l'avoir abandonné.

Exaspéré par son pathétique paternel et son grand-père qui, soit disant, reprochaient à sa mère d'être une simple arriviste en quête de richesse, il leur jeta un sort bien noir qu'il avait appris d'Abraxas Malefoy. Pendant quelques minutes, il les observa se tordre de douleur sous le Doloris et un sourire torve étira ses lèvres quand il effleura la bague de sa famille maternelle, bien au chaud dans sa poche. Sept était un bon chiffre, non ?

Ses yeux devinrent rouges alors qu'il levait sa baguette magique.

Vous êtes trop jeune, Tom, soupira le directeur Dippet. Bien que vous soyez un excellent étudiant, que vos notes aient été exemplaires, je ne peux accepter votre candidature.

Tom Elvis Jedusor, sa peau d'un blanc cadavérique s'empourprant légèrement sous la colère. Il se jura qu'il aurait le poste de Défense Contre les Forces du Mal.

Il cherchait des reliques pour accueillir son âme. Son journal avait une place particulière pour lui et la bague des Gaunt était une sorte de vengeance personnelle, mais ils étaient quelconques. Il voulait un lien avec Poudlard et quoi de mieux que des objets ayant appartenu aux Fondateurs ?

Il avait enfin mis la main sur le Diadème de Serdaigle. La Dame Grise avait été d'une grande aide, pour cela et comme il se trouvait actuellement en Albanie pour le compte de Barjow et Beurk, autant allier plaisirs et affaires !

Il ne restait plus qu'à trouver le sacrifice nécessaire pour le rituel.

Il la reconnut immédiatement pour l'avoir vu en gravure. Quant au second, il savait exactement de quoi il s'agissait.

-Serait-ce… ?

-Effectivement mon cher, sourit Hepzibah Smith, c'est bien la coupe de mon ancêtre ! Quant au médaillon c'était celui de Serpentard, une pièce unique, je dois dire. Ils ne sont pas à vendre, rajouta-t-elle quand il se tourna vers elle avec vivacité.

Lorsque Tom Elvis Jedusor revint deux jours plus tard, elle se retrouva immobilisée sans avoir eu le temps de réagir.

Terrifiée par l'apparence cadavérique de l'homme qui venait d'ôter une sorte de glamour, la vieille collectionneuse regarda l'homme préparer un vieux rituel de magie. Elle comprit qu'elle allait mourir.

Le randonneur écarquilla les yeux en voyant l'homme paraitre devant lui, comme par magie. Il manqua de tomber de la falaise lorsque l'homme se tourna vers lui, dévoilant un visage d'une pâleur cadavérique et des yeux pourpres reptiliens.

-Vous ferez parfaitement l'affaire, susurra l'homme d'une voix sifflante avant de pétrifier l'homme pour l'attirer dans une des grottes de la falaise.

Il avait voyagé, vu ce que le monde avait de pire et de meilleur… Il avait appris les Forces du Mal pour pouvoir être professeur, son but, son objectif. Poudlard était sa maison, le château l'avait toujours été… C'était le seul lieu où il se sentait chez lui et il voulait y retourner…

Alors pourquoi le vieux fou le lui avait refusé le poste ? Il était le plus compétent pour cela… Eh bien, s'il ne pouvait pas enseigner la Défense Contre les Forces du Mal, alors il allait montrer aux sorciers qu'ils avaient raison de les craindre, les Forces du Mal ! Il était temps de leur montrer la puissance de l'héritier de Serpentard. Et ces pathétiques moldus allaient apprendre que les sorciers étaient à craindre.

En attendant, il avait un diadème à cacher dans Poudlard et encore un Horcruxe à créer pour avoir ses sept âmes.

Tom Elvis Jedusor était un nom affreux. Vraiment… Sans aucune puissance ni prestige. Thomas Gaunt ? Non, sa famille maternelle était connue pour être sur le déclin et aucun héritier légitime n'existait… Alors pourquoi ne pas créer un nouveau nom ? Un nom puissant, qui fasse frémir les sorciers ?

Quelques heures plus tard, Lord Voldemort, Seigneur des Ténèbres, était né. Et avec son apparence, personne ne l'associerait au Préfet-en-Chef propret de Serpentard.

Il regarda avec satisfaction Abraxas présenter son fils et plusieurs autres étudiants de Poudlard. Il était temps de marquer ses nouveaux partisans et peut-être d'aller fêter tout cela sur le Chemin de Traverse. Cela faisait un moment qu'il n'était pas sorti terroriser quelques sang-de-bourbes…

J'ai entendu dire que ces misérables de la Cour des Mirages ont encore sauvé plusieurs sang-de-bourbe lors de la dernière attaque, Black. Ils commencent sérieusement à m'insupporter. Tu vas pouvoir ainsi racheter la conduite méprisable de ton cousin, ma chère.

-Oui, Maitre, murmura Narcissa Black en s'inclinant devant son Seigneur.

Elle frémit lorsqu'une main pâle caressa sa joue et leva la tête pour croiser les yeux inhumains de Lord Voldemort.

-Donne-moi les noms des Triades, susurra-t-il, et je t'accorderais ce dont tu as toujours rêvé.

Narcissa Black rosit et jeta un coup d'œil à Lucius Malefoy, son fiancé, avant d'hocher la tête.

Une prophétie, dis-tu ? susurra-t-il en observant son maitre des potions. Ce dernier avait gagné un étrange respect parmi ses Mangemorts, probablement grâce à ses talents de potionniste. Montre-moi ça. Légimencie !

-Non pas Harry, pitié pas Harry !

-Pousse-toi, pauvre idiote ! Avada Kedavra !

Voldemort regarda le minuscule bambin qui menaçait son avenir, aux yeux d'un vert incroyable qui soutenaient sans crainte son regard rouge. Il serait puissant, en effet il pouvait sentir sa magie d'ici.

-Avada Kedavra, murmura-t-il en jetant le sort sur le jeune Harry Potter.

Les souvenirs s'arrêtent et les deux sorciers russes observèrent avec un dégout manifeste le morceau d'âme face à eux.

-Pitoyable, murmura avec dédain Raspoutine.

-Tu as créé cinq Horcruxes dans tes souvenirs. Je pense qu'un dernier dut voir le jour depuis, mais tu ne peux pas en avoir les souvenirs… Tu ne me sers donc plus à rien, à part me pourrir la vie… Je crois que ce n'est qu'un juste retour des choses, non, déclara lentement Vladmir, haineux. Avada Kedavra !

Grégori Raspoutine ressortit de l'esprit de Vladmir, paniqué. Il ne savait pas quel effet aurait la destruction d'un horcurxe. Il pâlit à la vision du jeune Russe allongé au sol, immobile, sa cicatrice saignant lentement.

Il se précipita vers lui et d'un sort, se renseigna sur son état de santé. Il aurait dû se douter de la folie de Vladmir. En une fraction de secondes, il eut les résultats et soupira de soulagement. Vladmir était simplement épuisé.

-Praski !

-Gregori, qu'as-tu fait ? s'insurgea Praskovia en voyant Vladmir allongé au sol.

-Rien, il est juste endormi ! protesta le mage noir, son soulagement parfaitement visible sur son visage barbu.

La sorcière russe soupira et agita sa baguette pour faire léviter le corps inconscient du jeune héritier des Kemenov.

-Je te laisse le soin d'expliquer à Katya pourquoi son neveu préféré est inconscient, le prévint sa femme. Elle vous attend tous les deux dans le salon.

Gregori Raspoutine pâlit drastiquement en prévision. Katya pouvait être effrayante quand on en venait à sa famille.

Adenoide : Meuuuh non, je ne fais pas faire mourir mon personnage principal quand même ^^

Menelwen : oui, je suis légèrement sadique, j'ai bien les fins qui laissent sur sa faim ^^


Juste un petit détail avant de passer aux RAR des invités... Pensez à mettre des pseudos, ça sera plus facile pour vous de savoir à qui je réponds, parce que j'ai 4 "Guest" :/

Guest n°1 (26/05) : d'une traite ? ça commence à faire beaucoup de chapitres pourtant oO

Guest n°2 (06/06) : euhhh... tu as du avoir un problème avec ton ordi, car ta review est illisible :/

Guest n°3 (22/05) : Merci pour ta review !

Guest n°4 (22/05) : et oui, Sergei est (arrière, arrière...) grand-père ^^ ravie que l'idée te plaise !

MNN : Exactement, les Londubat sont les descendants de Sergei ! Par contre, j'ai peut-être mal tournée ma phrase mais en fait, Gregori (Raspoutine) essayera d'aider le fils d'Augusta, donc Franck et Alice. Il est un maitre en Légimencie et comme les séquelles sont potentiellement psychologiques, il peut être d'un grand secours pour les Londubat !

Lily : Tu sais maintenant qui sont les descendants de Sergei :)

Shira : Oui, oui, Gregori Raspoutine, un ami proche des Kemenov ;) pour les fautes, je crois que tu en auras toujours une ou deux de ce type XD Et je mémorise ta proposition de champagne... si tu offres :p

Ary : Les Dlavonine étaient bien trop orgueilleux et surs d'eux, d'ou leur imprudence. En fait, les clans à proprement parler de son pas des structures très importantes. Ils regroupent quelques familles pour les plus grands. J'imagine le clan Kemenov avec une vingtaine de membres, comprenant les femmes et les enfants... les domestiques/gardes sont rattachés au clan, généralement par des serments et des alliances, mais l'ensemble de leur famille n'appartient pas forcément au clan. Et en passant, pour les descendants, tu as trouvé ^^

Iana : tu verras le fonctionnement des binômes dès le chapitre suivant :) Et je ne vais pas faire de mal à mon personnage principal quand même (enfin, pas trop ;)

Nomie : Merci ! Et oui, tu as le descendant ^^

Mini-Yuya : Alors, cette suite ? Car Vlad n'allait pas si bien que cela au final :/

Ezinception : Merci pour ta review ! Et les fautes sont invisibles, cachées par les compliments ;)

Sexylelene : La suite est là, j'espère qu'elle t'a plu :)