Albus Dumbledore eut un petit rire en voyant la tête que faisait Severus à la vue du jeune homme qui venait de l'appeler « Papa ». Il posa sa main sur l'épaule du Serpentard et le poussa doucement pour le faire entrer dans la pièce.
« Severus, mon garçon, je vous présente votre futur-fils, Sevy, qui ici sera Salazar Prince, comme je vous l'ai expliqué. »
Interloqué, Sev' hocha la tête et ne répondit pas. Son cœur fit un bond dans sa poitrine en voyant la jeune femme blonde qui lui souriait et qui s'approchait à présent de lui.
« Ellie…
-Sev' ! Tu vas bien ? Fit Ellie en serrant le jeune Serpentard dans ses bras.
-Bon… mes enfants, je vous laisse en famille. Je souhaiterais que vous descendiez pour le petit déjeuner tout à l'heure. Vous n'aurez qu'à passer par l'antichambre, Horace vous conduira dans la Grande Salle à ce moment-là. Il y a un sortilège de détection de présence dans cette pièce, je saurai que vous êtes là. Severus, vous suivrez Hélèna et Salazar… Faut que je m'habitue à l'appeler comme ça… »
Le vieil homme tourna aussitôt les talons et sortit de l'appartement, laissant Severus faire connaissance avec Sevy et retrouver Ellie.
« Ellie, tu sais ? Ma mère… la semaine dernière… Murmura Sev', ému et intimidé par la présence de son futur-fils.
-Je sais, mon cœur, je sais… bien entendu. »
Ellie fit asseoir Sev' sur le lit et lui prit la main.
« On sait, Papa, t'inquiète pas… Tobias va payer ça… grinça Sevy avec un petit sourire sadique. Je sais ce que tu as prévu, il n'a eu que ce qu'il méritait... chez nous.
-Tu le diras pas ? Hésita Sev' en regardant Sevy avec inquiétude.
-Tu rigoles ? Ce connard a beau être mon grand-père, quand je vois ce qu'il a fait à Grand-Mère et à toi toute ton enfance… Je vais quand même pas le pleurer, non ? »
Sev' hocha la tête en silence, montrant ainsi qu'il était d'accord. « Pourquoi vous êtes là ? Dumbledore m'a dit que vous étiez menacé de mort… C'est vrai ?
-Ouais… Fit Sevy, on en reparlera. »
Il attrapa une des chaises qui se trouvait dans la pièce autour de la table ronde et la retourna pour s'asseoir à califourchon dessus, puis il regarda son père de haut en bas et vit l'état de ses vêtements.
« Bien. Avant toute chose, je veux savoir… Les Maraudeurs… ils te font chier encore ?
-Bien entendu, soupira Sev'. Hier, ils m'ont coincé dans un couloir, et m'ont balancé un « diffindo », résultat, mon pantalon d'uniforme est ruiné, et les sortilèges ménagers c'est pas mon truc.
-Dolly, mon Elfe de Maison est là, Sev'. Elle est allée se présenter aux cuisines pour que les autres Elfes de Maison de Poudlard la connaissent, annonça Ellie en regardant la déchirure dans le pantalon de Sev'. Elle va t'arranger ça.
-Papa, enfin… Sev'… bordel, ça me fait bizarre, c'est moi Sev' d'habitude, s'amusa Sevy. Je présume que t'en as pas d'autre en plus… de pantalon. »
Comme Sev', honteux, rougissait, Sevy leva la main en signe d'apaisement.
« T'inquiète, c'est rien. Je sais… Je suis au courant que Tobias touche la bourse d'étude de Poudlard et qu'au lieu de te payer ce qu'il faut, il garde l'or pour picoler.
-Je te l'ai dit ? Je veux dire… plus tard.
-En quelque sorte, oui. Mais je vais t'arranger ça. J'adore les fringues, j'en ai à ne savoir qu'en faire, et donc tu vas piocher dans ma malle. Ça tombe bien, elle n'est pas descendue dans les cachots de Serpentard. Elle est là. »
Sevy montra du doigt l'énorme malle que la magie de Dolly avait pour l'instant déposée le long du mur près de la porte de la salle de bain. « Tu vas aller prendre une p'tite douche, je vais te filer mon shampooing, il t'ira très bien, j'ai les même cheveux que toi, je suis obligé de les laver tous les jours, ceci dit merci du cadeau ! »
Comme Sev' souriait, Sevy continua sur sa lancée. « Je sais que Tobias t'achète rien, Sev', et t'as pas à souffrir à cause de lui et de ses conneries. Pendant que tu seras dans la salle de bain, je te trouverai des fringues. T'es un peu plus petit que moi, pas grand-chose, et un peu plus mince aussi, mais Dolly connait un sort pour les mettre à ta taille. »
Sevy se leva et alla ouvrir sa malle, baguette à la main. Il en sortit des affaires de toilette neuves qu'il n'avait pas encore entamées et se dirigea vers la salle de bain pour les y déposer. Profitant de l'aubaine, Sev' en profita pour enlacer Ellie et l'embrasser, car il n'avait pas osé devant son futur-fils. Avec plaisir, il se remémora le goût de ses lèvres et poussa un soupir lorsque sa langue rencontra celle d'Ellie qui se serra contre lui. Lorsqu'il rompit le baiser, il murmura un peu inquiet : « Tu restes longtemps, hein ? Pas qu'une semaine !
-Jusqu'à la fin de l'année scolaire, mon cœur, le bébé va naitre ici. Je dois rester jusqu'à ce tu viennes du futur me chercher pour de bon. Sinon, tu vas te voir dans deux ou trois jours, ton double du futur doit venir me retrouver… à cause du lien magique. Tu t'en souviens ?
-Oui, je me rappelle. Et… Harry et Hermione ? Ils vont bien ? »
Sevy qui revenait, après avoir admiré la salle de bain et s'être fait la promesse de l'emprunter le plus souvent possible, avait entendu la question de son père.
« Ils vont bien, Sev'. D'ailleurs j'ai un mot d'Harry pour toi.
-C'est vrai ? »
Le visage de Severus s'éclaira, et Sevy le regarda, surpris. « Alors, c'est vrai… Tu aimes bien Harry…
-Oui, pourquoi ? J'ai… Là-bas, je ne suis pas gentil avec lui, c'est ça ?
-Pas vraiment, non… C'est le moins que je puisse dire, soupira Sevy. J'ai essayé de te faire entendre raison, mais tu es aussi têtu que moi ! Ton moi-futur n'a, semble-t-il, pas souhaité voir tes souvenirs avec Harry et Hermione ici, et donc tu les détestes toujours autant. Harry en souffre, tu penses bien. J'espère que tu vas te parler quand tu vas revenir ici en 1978, surtout que tu as besoin d'Harry dans le futur.
-Pourquoi faire ?
-Albus veut qu'Harry te retire ta Marque des Ténèbres. Ne fais pas cette tête, là-bas c'est plus qu'important. Voldemort veut Maman pour lui et te tuera pour ça. Sans ta Marque, il ne pourra plus t'atteindre et Harry est le seul qui puisse la retirer. Il parle le fourchelangue.
-Hein ? Il est un fourchelangue ? C'est vachement rare ça !
-C'est vrai, oui. Harry était d'accord pour le faire, mais tu as encore fait des tiennes, tu l'as insulté et comparé à James Potter, alors forcément il s'est fâché et t'a envoyé paître. Harry est aussi entêté que Lili, il parait, alors il ne cèdera pas si facilement. Et comme tu ne t'excuseras jamais… On est dans l'impasse. Tiens voici la lettre. »
Sevy prit dans la poche de sa cape la lettre que Minerva McGonagall lui avait remise avant leur départ. Sev' la saisit et l'ouvrit aussitôt tandis qu'Ellie se levait et commençait à ouvrir sa malle pour ranger ses affaires.
Salut Sev'
J'espère que tu vas bien et que les Maraudeurs ne te pourrissent pas trop la vie, maintenant que je ne suis plus là.
Pourquoi je dis ça, hein ? Bien sûr qu'ils te pourrissent la vie, ils n'ont aucun souvenir de notre venue. Je suis vraiment désolé de tout ce qu'ils te font, je leur en veux à mort, mais ça tu le sais.
NE TE LAISSE PAS FAIRE !
Sevy connait tous leurs trucs et t'aidera. C'est pas parce que mon père et mon parrain sont des Maraudeurs que je vais fermer les yeux. Un jour tu m'as dit qu'ils étaient des salauds, tu avais raison, et malheureusement tu me le fais payer tous les jours ici. Quand je vois le Professeur Rogue, je te cherche et je ne te trouve pas, c'est dommage, parce que tu es quelqu'un de bien. Lui, il l'a oublié.
Hermione te passe le bonjour, elle bosse comme une tarée pour les ASPIC, elle me dit de te dire de bien réviser, comme si ça servait à quelque chose, ici y a belle lurette que tu les as passés tes ASPIC, maintenant c'est toi qui nous corrige… Rectification, c'est toi qui nous démolis. Je sens que tu vas me coller un TROLL en potions, depuis le temps que tu me le promets… (La 1ère année…)
Prends bien soin d'Ellie, elle va nous manquer. Ginny (ma copine) l'embrasse, tu lui diras, elle comprendra. Dis à Sevy de pas mettre le château à feu et à sang, on en aura besoin dans le futur. Attends-toi à ce qu'il se tape toutes les filles de 6ème et de 7ème année, ici il a fait que ça. Tu vas pas t'ennuyer avec ce brigand, Sirius Black est un débutant à côté de lui. Sevy va vachement nous manquer aussi, mais au moins il est en sécurité avec toi.
Si tu veux me répondre, tu n'auras qu'à donner la lettre au monstre des cachots quand il se pointera. C'est-à-dire à toi-même. (Moment d'humour)
A bientôt Sev'
Harry
Sev' se mit à rire et replia la lettre pour la ranger dans sa cape. Sevy, voyant l'heure du petit déjeuner approcher l'entraina dans la salle de bain et l'y laissa.
« Sev', t'es marié avec une sang-pur et on a de l'or, faut que tu aies la classe, mon vieux. Les Maraudeurs vont être fous de rage ! »
Le sourire machiavélique de Sev' amusa Sevy ou plutôt Sal comme il s'appelait maintenant. Sal referma la porte et alla choisir une tenue complète pour son futur-père, mais avant il rappela Dolly.
Sev', Ellie et Salazar attendaient dans l'antichambre qu'Horace Slughorn vienne les chercher. Sal tirait sur le col de sa chemise neuve, peu habitué à cette coupe qu'il jugeait démodée. Ses uniformes à la mode 1978 avaient été commandés chez Madame Guipure avant leur départ et copiés d'après un modèle prêté par Minerva McGonagall, qui venait des vieux stocks de l'école. La couturière, habituée à toutes sortes d'exigences n'avait posé aucune question.
Sev', dans une tenue identique et parfaitement neuve, pour la première fois de sa vie, tenait Ellie par la taille. Il triturait nerveusement son alliance, pas habitué à porter une bague. Il avait eu la surprise juste avant de descendre dans la Grande Salle, de voir Salazar sortir de sa poche une petite boite contenant l'alliance que son père avait retiré de son doigt, avant qu'ils ne s'en aillent. « Dis-lui de la mettre et d'en prendre soin, il me la rendra quand tout sera terminé, si je ne reviens pas, elle sera à lui. » Avait dit la terreur des cachots.
Ellie avait eu les larmes aux yeux en voyant la bague. « Merlin… il t'a donné son alliance ? Pour Sev' ? Jamais il ne l'avait retirée depuis notre mariage.
-Ellie, je la lui rendrai, t'inquiète pas. Avait répondu Sev' en mettant la bague à son doigt. »
Il avait remarqué qu'elle lui allait parfaitement bien, il ne savait pas si un sortilège était prévu pour ajuster la taille automatiquement ou si c'était simplement que ses doigts n'avaient pas changé en vingt ans.
Ellie se serra contre Sev', Severus de 1998 lui manquait et c'était sa façon de le rechercher, à travers son jeune moi-passé. Sev' passa son bras autour de ses épaules et embrassa ses cheveux. La jeune sorcière portait une robe de demi-saison bleu nuit à taille haute révélant son ventre de future maman, ainsi qu'une cape et des bottines assorties.
La porte donnant sur la Grande Salle s'ouvrit et le Professeur Slughorn entra.
« Bienvenue mes enfants. Ellie, je suis ravi de te revoir. Severus mon petit, quelle élégance, vous êtes parfait ! Et ce beau jeune homme, qui fait la fierté d'Albus ! Salazar, n'est-ce pas ?
-Bonjour, Oncle Horace, fit Ellie en quittant les bras de Sev' pour aller embrasser le vieil homme à la moustache de morse.
-Bonjour, Oncle Horace, dit également Salazar en lui faisant un grand sourire. T'es vachement jeune ! Ça fait bizarre…
-Bon, je vois qu'on se connait bien dans le futur, s'amusa le vieil homme. Mais « jeune ? », je ne crois pas qu'on puisse dire encore que je suis jeune.
-Oncle Horace, s'amusa Sal. Imagine que tu es mon Professeur de potions ici en 2016…
-Hein ? En 2016 ? Et ma retraite ? ALBUS ! C'est encore un coup d'Albus !
-Oncle Horace, d'où je viens, Albus Dumbledore est mort depuis dix-huit ans.
-Merlin… Je… Alors, tes parents… lui… Soupira Horace, gêné.
-C'est arrangé, Oncle Horace. Je l'ai sauvé en 1997 quand je suis arrivé à cette date, et là si on sauve Papa, tu n'auras pas besoin de reprendre sa place et tu l'auras, ta retraite !
-Bon ! Alors nous allons tout faire pour que ça marche ! Sauver tout le monde et ma retraite !
-Comme ça tu m'emmèneras à la pêche, t'as jamais le temps à mon époque ! »
Ellie et Severus se regardèrent, interloqués. Aucun d'eux et pour cause, ne savait que Salazar avait atteint un tel degré d'intimité avec Horace Slughorn, dans le futur. Et le vieux maître des potions qui avait compris la place que ce jeune homme occuperait dans son futur, venait de lui ouvrir les bras, et une place de choix au sein du Club de Slug.
« Allez, venez, les élèves sont tous à table, Albus va vous présenter. »
Horace ouvrit la porte de l'antichambre et laissa sortir les trois jeunes gens, puis il la referma derrière lui. Ils contournèrent la Grande Table et se retrouvèrent face aux élèves.
Salazar, un grand sourire de prédateur aux lèvres, balayait la salle de son regard d'onyx. Il regardait les filles. Il s'attarda sur la table des Gryffondors et celle des Serpentards.
Ellie qui avait déjà vécu cet évènement, ne regarda pas les élèves plus de quelques secondes. Severus, lui, n'avait d'yeux que pour Ellie qu'il serrait tout contre lui, un bras autour de ses épaules. Des murmures commencèrent à enfler, les élèves les avaient remarqués et surtout ils avaient aperçu le détesté Severus Rogue, tenant dans ses bras une jeune femme enceinte.
A la table des Maraudeurs, on se réveillait… Sirius Black, qui collait Jenna Stanton, sa petite amie américaine, transférée récemment du Collège Magique de Salem, se redressa et tourna la tête à l'appel de Frank.
« Sirius, James ! Appela Frank Londubat. Vous avez vu ? Y a des nouveaux et Rogue avec une fille ! »
James et les trois autres Maraudeurs n'eurent pas le temps de dire quoi que ce soit. Albus Dumbledore s'était levé et de la main, réclamait le silence.
« Mes chers enfants et chers Professeurs, un nouvel élève va passer ses ASPIC avec nous dans quelques mois. Il vient de l'Académie de Magie de Beauxbâtons. Le choixpeau l'a réparti à Serpentard. Merci de faire bon accueil à Salazar Prince. Je précise à toute fin utile, que Monsieur Prince est mon filleul… »
En disant cette dernière phrase, le Directeur regarda par-dessus ses lunettes en demi-lune et fixa ostensiblement les Maraudeurs qui se firent tout-petits.
« Ok, les mecs, fit Sirius, z'avez vu le message ? Pas touche à ce Serpent ! Merde, Dumby a un filleul Serpent, mais où on va, putain ?!
-Lili… Tu as vu, il est vachement mignoooon ! Soupira Jenna, jolie brune aux cheveux remontés en queue de cheval et aux yeux bleu foncé.
-Non, mais c'est bon, Jenna ! Je croyais que t'aimais que moi, que j'étais l'plus beau ! Chuis vexé ! Pesta Sirius.
-Whaoouuu !! Jenna a raison, confirma Alice Ogden la petite-amie de Frank, il est super beau !
-Il est magnifique ! Acquiesça Lili, mais c'est bizarre, il ressemble un peu à Severus, tu trouves pas, Alice ? »
Les Maraudeurs qui commençaient à s'inquiéter de l'attitude des filles, furent distraits par la suite du discours du Directeur.
« Vous avez tous, bien entendu, reconnu Severus Rogue. La jeune femme qui se trouve avec lui, est Hélèna Rogue, née Slughorn. Elle est son épouse, et la nièce du Professeur Slughorn. Comme vous pouvez le voir, Hélèna Rogue qui je le précise, est déjà diplômée de Beauxbâtons, est enceinte et n'est pas une élève. Madame Rogue est venue retrouver son mari afin d'être près de lui pour la naissance de leur enfant. Un appartement indépendant leur a été attribué et la place laissée vacante par Severus Rogue dans le dortoir des 7ème année de Serpentard, sera donc occupée dès aujourd'hui, par son cousin Salazar Prince. »
Le vieil homme avait donné les dernières explications en regardant plus précisément les Serpentards et leurs Préfets qui hochèrent la tête pour indiquer qu'ils avaient compris les nouveaux arrangements.
« Vous pouvez aller prendre votre petit déjeuner, fit-il à Ellie, Sal et Severus. »
Ils se dirigèrent vers la table des vert et argents, tandis qu'à celle des rouge et or, c'était le branle-bas de combat. Les Maraudeurs étaient sur les dents.
« Putain de merde ! Vociférait Sirius Black en tapant du point sur la table. Servilus, ce fumier de sale Mangemort est… MARIÉ ? Non mais, je rêve ! Pince-moi, Lunard !
-Nan, tu vas encore brailler pendant huit jours que je t'ai fait mal.
-Siri, comment ça se fait que ce bâtard graisseux a trouvé une fille pour vouloir de lui ? S'horrifia James soudain pâle. LILI ! Pourquoi tu m'as rien dit ? Bordel ! Tu le connais depuis que t'as huit ans ! Me dis pas que tu savais pas !
-Mais non, James… balbutia la Préfète-En-Chef, je te jure que je savais pas. Il ne m'a rien dit. Tu sais bien que je lui fais la gueule, c'est sûrement pour ça que je sais pas. Merlin, elle est enceinte en plus !
-De combien tu crois ? Fit Sirius, intéressé.
-Comment tu veux que je sache ? J'ai jamais été enceinte ! Imbécile ! S'énerva Lili en haussant les épaules. »
Une petite voix timide se fit entendre. « Six mois à peu près. »
Les têtes se tournèrent vers Brianna Johnson, élève de 5ème année. « Comme tu sais ça ? demanda Alice, étonnée.
-Maman est sage-femme, et les femmes enceintes viennent à son cabinet consulter, alors j'ai l'habitude.
-C'est quoi, ça ? Une sage-femme ? Demanda Sirius, surpris.
-Une Guérisseuse moldue, spécialisée en obstétricomagie, elle s'occupe des femmes enceintes et fait les accouchements. Traduisit Lili Evans. »
Les Maraudeurs remercièrent Brianna d'un signe de tête puis retournèrent à leur préoccupation première : Le bâtard graisseux avait une femme et elle était enceinte. Aucun d'eux n'avait plus envie de finir son petit déjeuner. Sirius, écœuré, repoussa son bol de porridge. Peter Pettigrow qui avait déjà fini, choisit d'enfoncer le clou.
« Servilus a des habits neufs.
-HEIN ? Où ? J'ai raté ça ! Beugla James Potter en se retournant vers la table de l'ennemi. Au nom de Merlin… il a vraiment des fringues neuves, et de bonne qualité en plus ! Comment il a fait ? Ce naze est fauché, c'est un miséreux !
-Patmol, murmura Remus Lupin, Servilus a lavé ses cheveux aussi. Et vous avez vu les fringues de sa femme ? Ça doit coûter un max, ça…
-Servilus marié et père de famille… Merlin ! Achevez-moi ! Gémit Sirius.
-Tu as fini ton cirque ? Râla sa petite-amie Jenna, en se resservant une tasse de thé. Franchement, j'ai jamais compris pourquoi tu passais ton temps à t'en prendre à ce mec ! T'es jaloux ou quoi ? Je sais bien que c'est un cerveau sur patte, mais quand même, tu fais pitié, Siri !
-Je ne suis pas jaloux de Servilus ! Je déteste ce pouilleux imprégné de Magie Noire !
-Pourquoi ? Fit tranquillement la jeune sorcière américaine.
-IL EXISTE ! Brailla Sirius, un air sadique sur son beau visage aristocratique.
-Patmol, ce n'est pas une raison valable. Insista la jeune sorcière américaine en se beurrant un toast tranquillement. Il a bien dû te faire un truc pour que tu le détestes comme ça ? Non ? Passe-moi la confiture de framboises, tu seras un amour, merci. D'abord, je t'ai entendu le traiter de Mangemort, quand je suis arrivée ici à Poudlard. Rien ne prouve qu'il en soit un. Tu l'as traité de puceau et de toute évidence, c'est faux aussi. Tu t'es moqué du fait qu'il n'avait jamais de copine, je vois qu'il avait une bonne raison : Il est marié ! Maintenant James dit que c'est un miséreux et vu ce que sa femme a sur le dos, j'en doute ! Cette robe vient de la dernière collection que ma mère a faite pour Maman Sorcière, ce printemps. Je vous rappelle que ma mère est styliste et que ses robes sont parmi les plus chères du Chemin de Traverse. Ce modèle, qui s'appelle d'ailleurs « papillon de nuit » coûte quatre-vingt gallions, sans compter les accessoires comme la cape et les bottines. Egalement pour votre information, son agrafe de cape est en or. Fauché… hein ?
-Quatre-vingt gallions ? Tu plaisantes ? Comment on peut mettre quatre-vingt gallions dans une robe ? Pesta James en reposant sa petite cuillère sur la table.
-La Mère Malefoy le fait sans cesse, elle se jette sur tout ce que ma mère créé pour Madame Guipure ! S'amusa Jenna, sa tasse dans une main, et son toast dans l'autre. Cette fille, c'est la même catégorie sociale… j'ai l'habitude…. Par contre, comme je ne suis pas là depuis longtemps, je ne la connais pas. Je peux juste dire qu'elle n'est pas américaine, sinon je la connaitrais.
-Jenna, fit Lili. Le Directeur a dit que c'est la nièce de Slug. Elle doit être anglaise, même si elle a été à Beauxbâtons. Après tout, personne n'est obligé d'aller à Poudlard, certains vont à Durmstrang aussi, ou même à Salem.
-C'est vrai… J'avais des français et des allemands dans ma classe, l'an dernier. Se rappela Jenna.
-Bon, alors, Servilus a épousé une sang-pur pleine d'or ! Slug est un sang-pur, tout le monde le sait. Tu m'étonnes qu'il soit le chouchou de Slug : Ce fumier graisseux a épousé sa nièce. Récapitula James Potter en soupirant de désespoir. Mais bordel, comment il a fait ce sale con ? C'est qu'un sang-mêlé !
-C'est gentil, James, je te rappelle que je suis un sang-mêlé également. Donc je ne mérite rien de bien, si on suit ton raisonnement ! Tu es sûr que tu sors avec Lili, c'est une née-moldue après tout !
-REMUS ! Arrête tes bêtises ! Râla Sirius, devant l'air stupéfait de Cornedrue. Tu n'as rien à voir avec ce sale serpent sournois. Lili, tu connais la famille de Servilus, comment tu expliques ça ?
-Je sais pas trop, Patmol, hésita la Préfète-En-Chef. Je sais que la mère de Severus est une sang-pur de bonne famille. Si Salazar Prince est le cousin de Severus, alors sa mère doit être une Prince, mais j'en suis pas sûre. Après tout, leurs mères peuvent être sœurs, ils se ressemblent. Sinon, ben son père c'est un moldu, un pas grand-chose… un ivrogne, un bon à rien. Il frappe sa femme et Severus aussi. Enfin… il le faisait jusqu'il y a peu encore. Mais comme je ne parle plus à Severus… j'en sais pas plus. De toute façon, sa femme ne peut être qu'une sang-pur, il a toutes ces idées sur la supériorité des sangs-purs que Lucius Malefoy lui a mises dans la tête. Ça plus la Magie Noire… c'est trop pour moi ! »
En silence, les Maraudeurs regardèrent alors du côté des Serpentards. Toutes les filles de 6ème et 7ème années gloussaient en se poussant du coude, tout en essayant de se faire remarquer du beau Salazar qui assis près de Severus Rogue, captivait l'attention de la bande de Mulciber.
Lorsque Severus approcha de la table des vert et argent, accompagné de Salazar et d'Ellie, le silence se fit. Edmundus Wilkes, un petit blond fluet qui était le plus proche ami de Severus depuis peu, protesta.
« Tu es marié, et tu nous l'as pas dit ? T'es gonflé, Severus ! Tu as peur qu'on te la pique ou quoi ? »
Sev' n'eut pas le temps de répliquer. Sal, qui avait aperçu les filles, sortit son sourire tueur modèle « Sirius Black irrésistible » et s'inclina cérémonieusement devant elles.
« Salazar Prince, jolies demoiselles. Ravi de faire la connaissance de tant de beautés. C'est inespéré… »
Les filles se mirent à rougir, glousser encore plus fort et se pousser du coude, à grand renfort de battements de cils. Ellie leva les yeux au ciel du plafond magique et Severus pouffa de rire, tout en faisant une place à Ellie près de lui sur le banc.
« Janet McNair ! Enchantée ! » Fit la future mère de Pansy Parkinson en tendant sa main à Salazar qui la saisit et s'inclina devant, très classe.
Les gloussements reprirent, et Sal fit du baisemain ainsi, à toutes les filles de 6ème et 7ème années, puis il alla s'asseoir entre Regulus et Ellie.
°Ce soir, je me tape la Janet… j'essaie Patricia la semaine prochaine, ou les deux en même temps, elles ont l'air de s'entendre, Geraldine est pas mal aussi… plus Maggy là-bas… Laura est moche, nan pas elle… Bon, j'ai de quoi tenir jusqu'à la fin de l'année… sinon y a les Gryffies aussi, Lili est canon, bordel, m'étonne pas qu'Harry soit mignon. La fille qui colle Siri est pas dégueu… °
« Bon, Sev', tu nous racontes ? Pesta John Mulciber. C'est quoi cette histoire ? T'es marié ?
-Oui. Fit sobrement Sev' en se servant une tasse de café noir pour changer. Je vous présente Ellie, ma femme et Sal, mon cousin.»
Les regards se posèrent sur les mains d'Ellie et de Severus. « Bordel, dit Evan Rosier. Il a une alliance, ce con ! Pourquoi tu la mettais pas avant ? Y a combien de temps que tu es marié ?
-Octobre l'an dernier, répondit Ellie en souriant. »
Evan la regarda, confus, et se rendit compte qu'il ne s'était même pas présenté.
« Excuse-moi, on est tellement scié qu'on ne t'a même pas souhaité la bienvenue ! Je suis Evan Rosier, à côté de moi c'est John Mulciber, ensuite Mark Avery, en face Regulus Black et Ed Wilkes.
-Enchantée de vous connaitre, répondit Ellie en hochant la tête. »
Des murmures de bienvenue se firent entendre, les curieux regardaient et écoutaient alternativement, Sal qui draguait et Ellie et Sev' qui s'expliquaient.
Ellie examina la table pour y choisir son petit déjeuner et arrêta son choix sur un thé, un jus de citrouille et des toasts. Elle entendit Severus raconter qu'il ne portait pas son alliance pour ne pas qu'on lui pose de questions, pour commencer. Il avoua ensuite qu'il avait quand même peur que les Maraudeurs ne la lui volent. Ed Wilkes soupira. « Ouais… c'est une possibilité, ils arrêtent pas de l'emmerder !
-Qu'ils essaient ! Ricana Salazar qui avait écouté. Je vous jure que si un de ces maudits lions touche à Sev' j'en fais de la pâtée pour hippogriffe ou pire… pour sombral ! Une alliance est un objet magique sacré, si l'un d'eux essaie de la retirer du doigt de Sev', ça ira très mal…
-Mon frère ne respecte rien, avoua Regulus, dégoûté. Il serait bien capable d'essayer.
-Tu es Regulus Black toi, le frère de Sirius, constata Salazar qui n'avait pas écouté les présentations. T'es le fils de Walburga, je te reconnais !
-Tu connais ma mère ! S'extasia Regulus. »
Aussitôt toutes les têtes les plus proches se tournèrent vers eux pour voir et entendre.
« Bien sûr voyons ! Tu as même un Elfe de Maison qui est dingue de toi et qui s'appelle Kreattur. Ta mère connait ma famille, c'est tout. Fit Sal en haussant les épaules négligemment. J'adore quand elle fait : « Siriuuuuus Blaaaaack ! Je te maudiiiiiis, Traiiiiiitre ! Tu es la honnnnte de ma chair et de mon sang ! »
-MAIS OUI ! C'est ça !! Tout à fait ça !! Whaaaaaaa ! Tu connais mes parents ! T'es un sang-pur alors ? S'excita Regulus qui en oubliait de manger.
-Mon nom est Prince, évidemment que je suis un sang-pur ! Et ma mère est une Saint-Clair ! Se vanta Sal.
-Whaaaa ! C'est tout bon, ça ! Continua Regulus, qui semblait très au courant du Who's Who sorcier.
-Comment ça se fait que t'es cousin avec Rogue ? Fit Patricia Parkinson, un peu méfiante. C'est rien qu'un sang-mêlé !
-Tout simplement, la mère de Sev' est une Prince et c'est ma tante ! Alors on ne critique pas ! C'est pas de la faute de Sev' si son père est un abruti de moldu ! Heureusement, le sang des Prince répare tout ça. Vous noterez que Sev' me ressemble, il ressemble à mon père d'ailleurs, il est plus Prince que Rogue. Et mon père est Maître des Potions, chez nous c'est de famille, on a le don. Je l'ai aussi, Sev' également et sa mère aussi.
-Ton père est Maître des Potions ? S'étonna John Mulciber.
-Ouais… Confirma Sal avec un petit sourire en coin. Il a aussi une Maîtrise en Défense Contre Les Forces du Mal et une en Magie Noire.
-Hein ? S'exclama Mark Avery, soudainement avide. En Magie Noire ? Il est diplômé de Durmstrang, alors ? Bordel ! Le pot que t'as, il a dû t'apprendre plein de trucs ! Je voudrais bien en passer une aussi ! Ici, on n'apprend rien de tout ça !
-Nan, ça m'intéresse pas… fit Sal en faisant la moue. Il s'occupe plutôt de Sev' pour ça. Moi je préfère les potions et le Quidditch !
-Tu voles ? T'as un balai ? Demanda Regulus, la bouche pleine.
-Mes parents m'en ont offert un à Noël, un prototype.
-Un prototype ? Un quoi ?
-Un éclair de feu… 240 km/h en moins de dix secondes…
-IMPOSSIBLE ! Pesta Rosier. Le dernier Comète fait du cent et c'est beau ! Tu te fous de nous !
-Ben, venez donc avec nous ce soir sur le stade de Quidditch, si vous êtes sage, vous pourrez l'essayer. °Et les Maraudeurs vont en crever de jalousie…°
-Au Nom de Merlin, tu déconnes pas ?
-Mais non, Evan, il dit la vérité, s'amusa Ellie, il a vraiment ce balai, il est assez incroyable d'ailleurs. Je trouve original qu'il ait encore son écorce en bas du manche alors que le reste est poli.
-Il est en frêne, continua Salazar, aux lèvres duquel étaient suspendus tous les garçons les plus proches et une bonne partie des filles. Les brindilles sont en bouleau et taillées une par une à la main, pour un meilleur coefficient de pénétration dans l'air. Il a un sortilège de freinage et il se met à la bonne hauteur automatiquement pour chaque personne qui va le monter.
-Whhaaaaoooouuu ! Firent plusieurs garçons, les yeux écarquillés.
-Il n'obéit pas aux gestes mais à la pensée, et une simple caresse suffit pour le faire réagir. Et je ne vous dis pas la fluidité…
-Tu joues au Quidditch ? Tenta Mulciber, les yeux suppliants. Luke Pucey est malade, c'est un de nos poursuiveurs, tu voudrais pas nous donner un coup de main ? Avec un balai comme ça…
-Mais si… pourquoi pas… D'habitude je suis batteur, j'ai aussi fait une année le gardien dans mon ancienne école, alors pourquoi pas poursuiveur ? Le seul truc que je peux pas faire c'est attrapeur, j'ai pas le bon gabarit, je suis trop grand et trop lourd. Fit Sal avec un grand sourire.
-Batteur, hein… Maintenant je comprends pourquoi tu as des épaules d'Auror. S'exclama Evan Rosier. T'es là, jusqu'aux ASPIC ? Super… Je sens qu'on va bien se marrer… Mais fais gaffe aux Maraudeurs, sont pas cools.
-Je suis au courant… Sev' m'a raconté. Je vais m'occuper de leur cas.
-Tu vas faire quoi ? Demanda Wilkes avec un large sourire.
-Vous verrez bien… C'est une surprise. Répondit Sal avec un sourcil levé et un sourire sadique qui intéressa les Serpentards. »
Horace Slughorn choisit alors ce moment pour approcher de la table de sa Maison. « Bonjour mes enfants, vous avez tous bien déjeuné ? Parfait ! Salazar mon petit, je ne t'ai pas fait d'emploi du temps, tu n'auras qu'à recopier celui de Severus, tu as les mêmes options, j'ai vérifié avec Albus. Si tu as besoin de quelque chose, tu viens me voir, sinon je te vois en potions cet après-midi. Ellie, tout va bien ? Tu es installée comme il faut ?
-Tout va bien, Oncle Horace, je te remercie. Je vais aller finir de m'installer, bien que je suppose que Dolly ait terminé de vider les malles pour maintenant.
-Ta malle est dans le dortoir des 7ème année, Salazar. J'ai demandé aux Elfes de la transporter à la place de Severus dont les affaires sont maintenant dans l'appartement d'Ellie.
-Pas de souci, Oncle Horace, affirma Sal avec assurance en soulevant sa troisième tasse de thé pour en engloutir le contenu.
-Monsieur Wilkes, vous montrerez à Salazar où est son lit. C'est celui qu'occupait Severus qui va vivre avec sa femme, ce qui est absolument normal.
-Bien sûr, Professeur Slughorn. Répondit le petit blond à la voix fluette.
-Je vous laisse, vous devriez commencer à vous préparer, les cours commencent dans moins de 10 minutes. »
Le gros Professeur Slughorn retourna en se dandinant vers la table professorale et la contourna pour sortir par l'antichambre.
« Tu appelles Slug, « Oncle Horace » ? S'étonna Janet McNair qui avait suivi la conversation.
-C'est pas vraiment mon oncle, fit Salazar en avalant son verre de jus de citrouille. C'est un ami de mon père, un collègue. Je le connais depuis que je suis né, alors je l'appelle Oncle, comme Ellie. L'habitude, quoi… »
Janet hocha la tête, convaincue. Salazar se leva et toutes les filles de 6ème et de 7ème années firent la même chose. Severus ne put s'empêcher de sourire derrière sa main. Harry l'avait bien prévenu, mais il ne s'attendait pas à ça. C'était follement amusant. Surtout si Salazar s'attaquait aux filles de Gryffondor. Lili dans les bras de Sal… James en mourrait. Aïe… oui, mais Harry peut-être aussi, du coup. Non, pas Lili. Il devait dire à Sal de ne pas toucher Lili.
En attendant, les Serpents s'étaient tous focalisés sur Salazar, du coup Sev' avait été tranquille, peu de questions sur lui et Ellie, c'était parfait !
Les Maraudeurs eux aussi quittaient la table. Sev' savaient bien qu'ils avaient fait exprès en voyant Sal se lever.
« Sal ! On remonte au premier, dit-il à son futur-fils. On ramène Ellie et ensuite faut qu'on aille en cours. Tu as ce qu'il faut ? On a botanique maintenant.
-Te bile pas, chuchota Salazar. Oncle Horace a dû tout prévoir avec McGo pour les bouquins, tout ça. Elle sait ce qu'on a en 98, depuis la dernière fois, Hermione lui a tout expliqué en long en large et en travers quand elle est venue. Je me fais pas de souci. Si on est juste en temps, Dolly nous déposera devant les serres avec la Magie des Elfes. »
Ellie, un bras autour de la taille de Sev', regarda, amusée, Salazar mettre sa main dans la poche de sa cape et en sortir quelque chose. Il s'approcha ensuite des Maraudeurs qui faisaient exprès de traîner et déposa subrepticement ce quelque chose dans la poche de la robe de Peter Pettigrow.
Il se retourna, fit un clin d'œil à Sev', afficha son sourire carnassier « spécial drague intensive » et lorgna ostensiblement Lili Evans, Alice Ogden et Jenna Stanton qui rougirent.
Sirius et James allaient commencer à s'énerver, lorsqu'un bruit étrange les fit se retourner. Peter alias Queudver, rouge comme une écrevisse, soufflait et crachait, alors que sa langue qui avait maintenant une belle couleur bleutée, atteignait déjà une bonne trentaine de centimètres.
Les Serpentards se mirent à rire en voyant les Maraudeurs se précipiter vers leur ami. Sev' regarda Sal avec incrédulité.
« Praline Longue Langue, production exclusive des Jumeaux Weasley. Et ce n'est que le début ! Murmura le jeune homme à son futur-père. »
Ellie se mordit la langue pour ne pas rire, tandis qu'ils franchissaient les portes de la Grande Salle pour reprendre l'escalier.
Severus soupira, du baume au cœur. « Et c'est mon fils ? Il faut que j'en fasse plein d'autres ! Songea-t-il avec bonheur. Avec lui, la vengeance va être douce… »
L'affront subit par les Maraudeurs, plongea les Serpentards dans un océan de délices pour toute la matinée. A l'heure du déjeuner, Salazar, collé par toute la fine équipe des 7ème année, plus Regulus Black qui le regardait comme un Dieu vivant, s'installa à la table des vert et argent.
Il annonça que son cousin Severus prendrait le plus souvent ses repas avec sa femme dans leur appartement, pour éviter qu'elle ne se fatigue à descendre jusqu'à la Grande Salle. Les filles hochèrent la tête pour montrer qu'elles avaient compris et s'inquiétèrent de savoir le sexe du bébé de Severus Rogue.
« Un garçon, annonça Salazar, prévu pour la fin juin normalement. »
Les filles se mirent ensuite à babiller entre elles, et Sal amusé, les entendit parler de bébés et de futurs-maris. Il se pencha vers les garçons qui lui faisaient face.
« Pour le dessert, y a une surprise…
-Quoi ? Les Elfes ont fait du pudding ? Tenta Ed Wilkes qui soulevait les couvercles des plats d'un air affamé.
-Non… C'est un dessert spécial Gryffondor. »
Aussitôt les garçons regardèrent Sal, intrigués et émerveillés. « Tu as prévu quoi ? Fit Rosier à mi-voix en tournant la tête de tous les côtés, comme un conspirateur.
-Crème Canari ? Proposa Sal.
-Merlin… C'est quoi ce truc ? S'inquiéta Mulciber.
-Une crème dessert qui va transformer tous ceux qui vont en manger en gros canaris jaunes.
-Putain, c'est génial, le pied ! Soupira Avery, les yeux fermés de bonheur. Et ça dure combien de temps ?
-La version normale, c'est une trentaine de secondes…
-Laisse-moi deviner, c'est pas la version normale…
-Tu as tout pigé, Regulus. Ricana Sal. Je l'ai un peu améliorée, celle-ci c'est cinq heures ! Moralité, ils vont se transformer en gros canaris piailleurs et rien ne les fera revenir à leur état normal, sauf… le temps !
-Je veux voir ça ! Bordel, j'ai hâte au dessert ! Comment tu as fait ça ?
-Du calme, Regulus ! Tiens, passe-moi les patates, plutôt. Ordonna Salazar. Et rappelez-vous, ayez l'air innocents et surpris, vous n'êtes au courant de rien. Sinon comment j'ai fait ? Déjà je suis bon en potions et ensuite l'Elfe de Maison de Severus est là chez eux, dans leur appart, et elle a ses accès aux cuisines. Il m'a suffit de lui demander de déposer les crèmes parmi les desserts pour leur table. »
Janet et Patricia, qui avaient entendu, se mirent à rire dans leurs serviettes de table.
« Doucement les filles, si vous me grillez, demain je pourrais pas recommencer ! »
Comme à son habitude, Salazar s'empiffra autant que le faisait Ron Weasley en 1998, mais avec néanmoins un peu plus de classe : Il ne parlait pas la bouche pleine. Evan Rosier s'étonna et déclara que Severus lui, ne mangeait quasiment rien et que tous se demandaient comment il tenait encore debout.
« Je sais, soupira Sal. Je me bats sans cesse avec lui pour ça. Je vais encore essayer, il n'a que la peau et les os. Peut-être que maintenant qu'Ellie est là avec lui, il va remanger. Avec elle en général, il mange et il est plus calme, moins stressé.
-Y a surtout « pas de Maraudeurs » quand il est avec elle chez lui ! C'est ça qui change tout ! Merlin… chuis étonné, poursuivit Avery. On le connait depuis la première année et on l'a jamais vu avec une fille, sauf la Préfète-En-Chef. Il est sorti avec ou quoi ? On n'a jamais trop su.
-MMmm… commença Sal en avalant un grand verre de jus de citrouille. Nan. C'est une voisine, elle habite juste à côté de chez lui, ils se connaissent depuis tous petits. Il n'est jamais sorti avec elle. Les rousses c'est pas son truc. Lui c'est les blondes !
-Et toi ? Tenta Janet, avec une arrière-pensée.
-Tout, du moment que la fille est mignonne et sympa ! T'es célibataire, ma poulette ? Moi oui ! Ça te dirait, un p'tit tour ce soir, avec le grand Salazar ? Je vais te faire essayer mon beau balai… »
Regulus se mit à hurler littéralement de rire en voyant Janet rougir et surtout en entendant la drague très directe de Sal. Les autres se regardèrent interdits, étonnés une nouvelle fois, par cet étrange condisciple qui leur tombait du ciel et qui était un vrai démon. Evan Rosier soupira, la tête dans ses mains lorsqu'il entendit Janet répondre « oui » d'une voix intimidée. Il se maudit jusqu'à la fin des temps, pour ne pas avoir essayé cette approche plus directe.
Dans l'appartement du premier étage, derrière le tableau de la sorcière sur son balai. Ellie et Sev' déjeunaient tranquillement. Dolly avait dressé la table pour deux et leur avait servi un repas directement venu des cuisines, dès que le jeune Serpentard était entré dans ce qui allait être maintenant son « chez-lui » jusqu'à la remise des diplômes.
Dolly avait été présentée le matin même à Severus, et n'avait eu aucun mal à reconnaitre la jeune version de son maître, le terrible tyran des cachots. Tout ceci avait d'ailleurs eu l'air de l'amuser follement.
Ellie, qui savait que Sev' ne mangeait presque rien, le taquina pour qu'il termine son assiette.
« Tu ne manges pas assez, mon chéri. Lui dit-elle gentiment. Je crois que ta version du futur te l'a reproché également, en tout cas, c'est ce qu'il m'a dit. Si tu es trop maigre, je ne vais pas trouver plaisant de te caresser en faisant l'amour. »
Sev' se mit à rougir. Il n'avait pensé qu'à cette idée toute la matinée et espérait bien aller faire un tour au lit avant la reprise des cours de l'après-midi. Ellie, qui connaissait bien son « oiseau des Îles » savait pertinemment ce dont il avait envie. Une fois la mousse au chocolat prévue, avalée, elle s'étira comme un chat.
« Dolly ! Appela-t-elle. Tu veux bien ramener tout ça aux cuisines et y rester ? Je voudrais être seule pendant une heure, avec Severus. Nous devons parler.
-Dolly s'en va tout de suite, maîtresse. A dans une heure. »
L'Elfe qui avait débarrassé la table d'un claquement de doigts, transplana vers les cuisines aussitôt. Sev' soupira de volupté en voyant Ellie prendre sa baguette en bois de rose et lancer sur la porte menant au petit couloir de pierre, un « collaporta » et un « assurdiato ».
Les papillons revinrent immédiatement au creux de son estomac et il se trouva à l'étroit dans son nouveau pantalon d'uniforme. Il se leva de sa chaise et Ellie alla se nicher dans ses bras.
« Tu as envie d'un petit câlin, mon cœur ?
-Oui, j'avoue que… j'aimerais bien. Osa Sev'. Ça va pas te faire de mal ? Je veux dire, pour le bébé ?
-Tu as oublié comment on fait ? Se mit à rire Ellie, les bras autour de la taille fine de son jeune époux. Et non, ça ne fera pas mal si tu fais attention.
-Non, j'ai pas oublié ! Dumbledore m'a rendu tous mes souvenirs, répondit Sev' amusé. Et j'irai doucement. »
Il se pencha et souleva Ellie dans ses bras pour la porter sur le lit. Il sortit sa baguette et deux « devestio » lui facilitèrent grandement la tâche. Il tamisa les lumières magiques de la pièce d'un mouvement de baguette et la reposa sur la table de nuit. Sev' s'allongea près d'elle et la prit dans ses bras en soupirant d'aise. Il posa une main délicate et fine sur le ventre d'Ellie et le caressa. Il sursauta lorsqu'il sentit le bébé venir à sa rencontre de l'autre côté de la peau.
« Laisse ta main, Sev'. Vos magies vont se rejoindre, Sevy va te reconnaitre comme ça. Il te connait déjà, bien sûr. Chez nous, dès que tu mets ta main sur mon ventre, il vient pour chercher des caresses. J'ignore si c'est son dos ou ses fesses que tu sens, mais il apprécie je peux te le dire !
-C'est génial… Je veux dire comme sensation. Je sens comme une vague sous ma main… Ça ne te fait pas mal ?
-Parfois. C'est un agité. Enfin, tu le connais… regarde-le donc maintenant ! Tu l'as vu au petit déjeuner. Je me demande de qui il tient…
-Les Princes, soupira Sev', j'avais un Oncle dans son style. Ma mère m'en parlait parfois, je ne l'ai pas connu. Je suis un sang-mêlé, alors ils ne voulaient pas de moi… et elle a été reniée, à cause de Tobias.
-Je sais, chéri. Oublie. Viens… »
Ellie attira Severus contre elle et glissa une main dans ses longs cheveux noirs. Sev' chercha aussitôt sa bouche et gémit de plaisir lorsque leurs deux langues se retrouvèrent. Les mains du jeune Serpentard parcouraient délicatement la moindre courbe du corps de sa femme. Il se mit à haleter bruyamment lorsqu'une main fine et coquine saisit son sexe érigé et commença à le caresser avec lenteur…
En 1998, le maître des potions n'avait pas déjeuné. Dolly était partie par la porte temporelle le matin même avec Ellie et Sevy. L'appartement était vide et silencieux et une vague de tristesse avait envahi le cœur du monstre des cachots. Il n'avait pas de cours à donner, le sale cabot massacrant ce qu'il osait appeler des révisions pour la dernière fois. Mais dès le lundi suivant, il devrait reprendre ses élèves en main, vérifier ses réserves, l'état de sa salle de classe et de son bureau. Il se félicita d'avoir bloqué l'accès à son labo de potions. Pas question que le sac à puces n'aille déambuler dans ce coin. C'était déjà une honte d'avoir pour une semaine, donné le titre de Professeur de Potions Remplaçant à cet abruti de Sirius Black.
Severus Rogue espérait qu'en 1978, son fils s'éclatait à massacrer les Maraudeurs avec sa jeune version. Il soupira et se dirigea vers le meuble où trônaient les horribles bocaux dont se plaignait parfois Ellie. Le maitre des lieux fouilla parmi les flacons et autres bouteilles et dénicha la fameuse bouteille précédemment trouvée là par Albus Dumbledore, le soir de la « mort » de Sevy. Il s'installa sur le canapé, et ouvrit la bouteille. Réalisant qu'il n'avait pas de verre, il haussa les épaules et porta la bouteille à ses lèvres.
Une heure plus tard, Severus dormait de tout son long sur son sofa défraichi, sa robe et sa chemise largement ouvertes sur son torse pâle. La bouteille de Vieil Ogden presque vide était toujours dans sa main.
Albus Dumbledore qui voulait savoir si tout allait bien, étant donné que Severus était à présent seul, passa par la cheminette. Il poussa un long soupir en voyant son maître des potions, ivre, débraillé et endormi. Le vieil homme se doutait bien que le ténébreux professeur n'avait rien avalé depuis la veille ou presque et qu'il avait noyé son chagrin et sa solitude dans le Whisky Pur Feu.
« Severus… Severus… Pourquoi vous faire tant de mal ? Lui dit le Directeur en lui prenant la bouteille pour la reposer sur le meuble aux affreux bocaux. Tout ira bien, mon garçon… Tenez bon, plus que trois mois, après c'est fini. Tout ira bien. »
Severus ne pouvait pas entendre les paroles apaisantes du Professeur Dumbledore. Il était bien trop saoul pour ça. Le vieil homme le déshabilla d'un geste de baguette et le fit léviter jusque dans sa chambre. Il le déposa dans son lit et remonta les couvertures sur Severus. Il alla ensuite jusqu'à l'armoire de potions et en sortit une cure « Gueule de Bois » comme l'étiquette l'indiquait. Un petit sourire aux lèvres, Albus alla la déposer sur la table de nuit près de Severus.
« Vous en aurez besoin au réveil, Severus. Reposez-vous… »
Les Serpentards attendaient impatiemment le dessert. Et lorsque les assiettes d'or se vidèrent et que les plats chargés de pâtisseries apparurent, Regulus Black piailla d'excitation. Patricia Parkinson le menaça d'un coup de serviette de table sur la tête, s'il ne se calmait pas aussitôt.
Légèrement tendus, les Serpents qui faisaient face à la table des Gryffondors détaillaient ce qui se passait pour tous ceux qui étaient de dos.
Salazar se délectait. « J'ai mis un petit temps de report sur la crème. Elle n'agit qu'au bout de la deuxième minute. Elles sont en plus très bonnes, donc si l'un d'eux en mange une, il le dira aux autres qui les essayeront. Et hop ! On en piège le plus possible. Une simple bouchée suffit pour que ça marche ! »
Il dut obliger ses condisciples à se servir et à faire comme d'habitude pour ne pas éveiller l'attention.
« Pettigrow en bouffe une ! S'exclama Regulus. Bordel, il a dit que c'était bon et les autres en prennent tous une. Ils pensent que c'est un nouveau dessert, ils veulent tous le goûter ! Merlin, c'est le pied, les mecs, le pied total ! »
Sal, une part de tarte aux pommes dans la main, se mit à sourire largement. Des cris venaient de retentir à la table des Gryffondors. Les uns après les autres, les élèves de la Maison de Minerva McGonagall, se transformaient en canaris géants dans un « pouf » amusant et un petit nuage blanc en forme de champignon.
Les professeurs stupéfaits se levèrent de leurs chaises, tandis que les Serpentards ainsi que les autres Maisons, hurlaient de rire au milieu des piaillements des oiseaux géants.
