Coucou!
Comme prévu voilà un chapitre de Noël! Un grand merci à Morphée qui a corrigé en un temps record!
En parlant de Morphée, J'ai (enfin) réussie a la faire inscrire sur le site. Comme c'est elle qui a écrit l'os la fouille, je lui ai dit de le mettre sur son profil, meme si il est déjà sur le mien. Et bien entendu, une petite idiote qui s'ennuyait le lui a repproché, alors qu'elle ne sait de toute évidence pas de quoi elle parle. Donc ca serait bien que vous alliez y faire un tour pour lui montrer votre soutien, parce qu'il faut bien le dire, sans elle, scr ne ressemblerait à rien!
Alors vous avez son profil dans mes auteurs favoris, sur mon propre profil, ou alors dans le moteur de rechet ffnet, vous tapez morphee (oui sans accent), y'en a qu'une, c'est la bonne!
Joyeux noel à tous! et a mercredi
enjoy
Le retour à Poudlard s'était fait dans le calme. La rentrée s'effectuant cette année un dimanche, le train était exceptionnellement parti à 8h, ceci afin de permettre aux élèves de profiter de leur fin d'après-midi avant de reprendre les cours dès le lendemain.
La froideur de l'hiver avait poussé la grande majorité des élèves à se retrouver dans leurs salles communes, la bibliothèque ou les salles d'étude.
En fait, seuls Harry et Ginny avaient bravé le temps hivernal et se baladaient, chaudement emmitouflés, mais dans la main.
Ils étaient d'abord passés saluer Hagrid qui leur avait proposé une tasse de chocolat chaud. Son humeur joviale et la rougeur qui avait envahi son nez et ses oreilles avait convaincu les adolescents que le demi géant avait ajouté autre chose que du chocolat dans sa chope…
Après avoir passé une demi-heure au coin du feu, ils avaient remercié le professeur de soin aux créatures magiques et avaient reprit leur promenade en longeant le lac gelé.
- Le professeur Flitwick a dit qu'il allait renforcer la glace cette semaine et que le week-end prochain on pourrait patiner, révéla Ginny.
- Comment tu le sais ? S'étonna Harry.
- C'est Smeralda Vango qui me l'a dit, je l'ai croisé en descendant te rejoindre.
- J'espère que c'est vrai, ça serait bien.
- Tu sais patiner ?
- Absolument pas ! Tu m'apprendras ?
- Bien sûr.
Sur un sourire, Harry replongea dans ses pensées. Ginny se pressa contre lui et il passa un bras autour de ses épaules sans mot dire. Ils marchèrent ainsi un moment avant que la jeune fille ne brise le silence.
- Quelque chose ne va pas, Harry ? Tu as l'air… perturbé…
- Non… je pensais à mon père…
Ginny hocha la tête mais se garda bien de prononcer le moindre mot, laissant à Harry le loisir de se confier à son rythme.
- Je sais qu'il ne m'a rien fait depuis longtemps mais… je sais pas… je me méfie.
- Comment ça ?
- Il m'a fait beaucoup trop de mal pendant… deux ans… d'abord en croyant Ombrage, ensuite avec les leçons d'occlumencie, et puis l'année dernière pendant l'absence de Demi… Je sais qu'il a dit que ça ne se reproduirait plus, mais il l'avait déjà dit avant…
- Oui je te comprends… Mais peut-être que tu devrais en parler avec lui ? Je veux dire, ça serait mieux pour toi, tu serais plus serein. Tu vivrais beaucoup mieux si tu n'étais pas tiraillé en permanence par tous ces sentiments contradictoires…
- Quels sentiments contradictoires ? Demanda Harry d'un ton indigné.
- Oh pas à moi hein, riposta l'adolescente, tu sais parfaitement de quoi je parle !
Harry lui jeta un regard en coin sans répondre, accélérant légèrement le pas. Voyant que la jeune fille n'insistait pas, il se détendit visiblement et finit par reprendre la parole.
- Bon, c'est vrai, tu as raison. Au début j'étais furieux de devoir vivre avec lui. Je veux dire, merde, j'avais pas assez de problèmes ? Avec Voldemort qui me court après ? Et puis après avoir subit les Dursley si longtemps, j'espérais pouvoir souffler un peu. Mais non, on me colle avec un maniaque du contrôle que j'exaspère rien qu'en respirant !
Ginny eut un petit sourire devant la description de Rogue, et appuya sa tête contre l'épaule d'Harry en ralentissant sa marche.
- Ensuite, continua l'adolescent, il y a eu tous ces cauchemars. Et il s'inquiétait. Je veux dire il s'inquiétait vraiment ! Pour moi ! Il venait me voir, il me calmait. Pareil quand il a découvert ce qu'Ombrage me faisait pendant les retenues, quand il a finalement arrêté de se laisser manipuler… Pour la première fois de ma vie j'ai eu l'impression d'avoir... pas un ami comme Remus en troisième année, ni une sorte d'oncle amusant comme Sirius, mais un père. Un vrai. Et quand il m'a rejeté l'année dernière, j'ai eu l'impression de devenir orphelin une seconde fois… avoua-t-il faiblement.
Ginny s'arrêta de marcher et de dégagea du bras d'Harry pour lui faire face.
- Alors laisse-lui une chance de redevenir ton père…
- On est en guerre Ginny. Et si, et je prie Merlin que non, mais si il arrivait quoi que ce soit à Demi, et qu'il me rejette encore à cause de ça ? Je ne le supporterais pas une seconde fois…
L'adolescente hocha la tête et passa ses bras autour du cou du jeune homme avant de se hisser sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Elle n'en avait pas vraiment besoin, Harry étant de taille modeste n'avait de fait qu'à légèrement baisser la tête pour atteindre ses lèvres ; mais ainsi elle se portait vraiment à sa hauteur et pouvait le regarder droit dans les yeux.
Ce fut Harry qui mit fin à leur baiser en levant les yeux vers les flocons qui recommençaient à tomber.
- On se gèle… On rentre ?
- D'accord mais on passe par le jardin du professeur Chourave. Il ne tombe que quelques flocons, on a encore le temps.
Harry acquiesça et, reprenant la main de l'adolescente, reprit sa marche vers le jardin.
Derrière un bosquet, à quelques pas de là où ils s'étaient tenus quelques secondes plus tôt, Severus, immobile, resta silencieux. Il était parti à la suite du couple quand il l'avait vu sortir de chez Hagrid dans l'intention de demander à Harry comment s'était passé cette seconde semaine de vacances, mais les confidences du jeune homme à sa belle l'avaient paralysé.
Il savait, bien entendu, qu'il avait fait souffrir Harry physiquement, mais il n'avait jamais eu idée de lui avoir infligé une telle torture mentale.
Il savait qu'il devait rassurer le jeune homme, lui dire qu'il ne le rejetterait plus jamais, qu'il avait comprit ses erreurs… mais il ne savait pas comment s'y prendre. Il ne savait pas comment convaincre Harry de ses paroles et lui faire comprendre à quel point il était sincère.
Sans se montrer, il attendit que le couple ait tourné derrière une excroissance rocheuse, puis reprit lui-même silencieusement le chemin du château, par un trajet opposé à celui emprunté par les adolescents.
De leur côté, Harry et Ginny avaient atteint le jardin de leur professeur de botanique et la jeune fille avait lâché son compagnon pour aller admirer les roses.
- Comment elle fait pour avoir des roses blanches en plein hiver ? s'étonna Harry.
- C'est un sort de stase, expliqua Ginny, la tante Muriel utilise le même sur ses bégonias. C'est maman qui me l'a expliqué. Mais je n'ai jamais vu ce sort aussi bien lancé. Les bégonias de ma tante sont toujours un peu… flapis, en hiver, alors que ces roses sont resplendissantes !
- Pas autant que toi, sourit Harry, s'attirant un sourire radieux de la jeune fille qui revint vers lui.
- Quel dommage qu'il fasse si froid… J'aurais bien aimé rester ici jusqu'au couvre-feu !
Harry ne put s'empêcher de rire devant l'air déçu de Ginny. Il était vrai qu'ils étaient bien, ici en pleine nature, loin de tous les regards posés sur eux en permanence, dans le château et plus particulièrement dans la salle commune. Il frissonna et vérifia d'un œil que Ginny était bien couverte ; pas question de la ramener avec un rhume. Il lui donnerait sa cape s'il le fallait. Mais il secoua la tête en voyant que la rouquine, qui s'était à nouveau éloignée de lui, tournoyait sur elle-même les bras écartés et le visage renversé en arrière, tendu vers les quelques flocons qui tombaient toujours.
Il jeta lui-même un regard vers le ciel. Celui-ci était uniformément gris perle. Pas un nuage noir n'annonçait d'orage et, bien que les cieux ne semblent pas décidés à laisser échapper plus de quelques flocons, il se doutait que cela changerait sous peu. Et si tempête de neige il devait y avoir, il préférait de loin être au chaud au coin du feu lorsqu'elle débuterait.
- Ginny ! Appela-t-il, un rire dans la voix.
- Moui, répondit l'adolescente sans se retourner.
- Viens on rentre ! Tu vas attraper la crève !
- Mme Pomfresh me donnera de la pimentine ! Riposta la rouquine en riant.
- Allez Gin, insista Harry. Je demanderai à Winky de nous porter un truc chaud, tu veux ?
- Très bien, capitula la jeune fille en revenant vers lui.
Toutefois, après seulement quelques pas elle s'arrêta net, les sourcils froncés.
- Quoi ? Demanda Harry en la rejoignant d'un pas vif, la main sur sa baguette.
- Ne soit pas parano, murmura Ginny, j'ai juste entendu un bruit… là ! Tu as entendu ?
Harry écouta attentivement mais ne perçut que le léger bruit du vent.
- Il n'y a rien Gin…
- Si, insista l'adolescente. Ça venait de par là, ajouta-t-elle en tendant la main vers un coin du jardin.
- Tu es sûre ?
- Oui ! Assura-t-elle, catégorique.
- Très bien, soupira Harry, je vais voir… reste là.
Il s'éloigna prudemment dans les bosquets de fleurs, ne voyant rien d'autre dans la neige que quelques traces de pas qui ne faisaient qu'indiquer le passage d'un ou plusieurs élèves plus tôt dans l'après-midi, sans doute pendant qu'ils étaient eux-mêmes chez Hagrid.
Avec un début d'exaspération, il contourna un rosier plus imposant que les autres et remarqua une trouée dans ce dernier. Secouant la tête, il jeta un regard par l'ouverture et se figea.
- Merde…
Il entendit derrière lui la cavalcade de Ginny qui avait entendu son exclamation et se hâtait de le rejoindre.
- Qu'est-ce qui se passe ? fit-elle en arrivant.
Il passa la trouée et lui tendit la main pour l'aider à en faire autant. Ginny émit une sorte de hoquet avant de jeter un regard en biais à son compagnon.
- Tu vois ? J'avais bien entendu quelque chose…
Harry ne prit pas la peine de répondre. Devant lui, moitié-assis, moitié-effondré dans la neige, se tenait Draco Malefoy. Malgré le froid, il semblait en nage.
Après une infime hésitation, l'adolescent s'approcha de son ennemi et posa un genou à terre. Il tendit la main pour la poser sur le front du Serpentard, qui eut un mouvement du bras comme pour le chasser. Mais il n'acheva pas son geste, comme si élever le bras aussi haut était un effort insurmontable.
Dès que sa main entra en contact avec la peau de Draco, Harry poussa un sifflement impressionné. L'adolescent était brulant.
- Malefoy ? Tu peux te lever ?
Sans répondre, le blond tenta de se redresser, mais sans succès. Sa tentative lui arracha un gémissement de douleur et les yeux d'Harry s'assombrirent au souvenir des fois, pas si éloignées, où lui-même avait été dans un état similaire. Il ne savait pas ce qu'il s'était passé ou qui avait attaqué le Serpentard, mais il était évident qu'il souffrait.
Il eut un soupir et retira sa cape qu'il posa sur son camarade, avant de se tourner vers Ginny.
- Ma puce, cours chercher ma sœur. Elle est à la bibliothèque. Dis-lui que Draco semble blessé et qu'il faut qu'elle vienne.
- D'accord.
- Et Ginny ?
- Oui ?
- Ne dis rien à personne. Ne parle qu'à Demi !
L'adolescente acquiesça et partit comme une flèche en direction du château. Harry la suivit du regard un instant avant de reporter son attention sur Malefoy.
- Tu veux essayer de t'asseoir un peu mieux ?
Draco hocha la tête avec difficulté et ne pu retenir un gémissement de souffrance quand Harry le saisit sous les bras pour l'installer un peu mieux.
Le Gryffondor l'examina avec attention. Malefoy avait perdu toute trace d'arrogance ; il tremblait comme une feuille et était pâle comme un spectre. Depuis combien de temps était-il ainsi assis dans la neige ? Et si Ginny n'avait pas tenu à passer par le jardin ? Ou si elle ne l'avait pas entendu ? Ou encore si lui, ne l'avait pas prise au sérieux ? S'il l'avait convaincu que le bruit qu'elle avait entendu n'était que le produit de son imagination ? Le Serpentard aurait-il passé la nuit ici, couché dans la neige ?… Ou quelqu'un l'aurait-il trouvé avant qu'il ne soit trop tard ?
Il secoua la tête, chassant ces pensées alarmantes. Il n'avait jamais aimé l'autre adolescent, mais de là à vouloir sa mort…
- Allez, tiens le coup Malefoy, murmura-t-il, Demi ne va pas tarder à arriver.
Malefoy parla mais d'une voix si basse qu'Harry ne l'entendit pas. Il fallut au Serpentard trois tentatives pour réussir à articuler de manière audible.
- Pourquoi tu fais ça ?
« Parce que c'est ce qu'il convient de faire » aurait voulu répondre Harry, mais il doutait que la réponse satisfasse l'adolescent assis devant lui. Peut-être parce que lui-même n'aurait jamais porté assistance à quiconque sans une bonne raison ? Toujours était-il qu'il ne se contenterait pas d'une réponse telle que celle-là. Et pourtant il n'en avait pas d'autres à donner. Il n'aimait pas Malefoy. Encore moins depuis tous les ennuis qu'il lui avait causé, en particulier cette année. Mais il n'envisageait pas pour autant de le laisser là. Il réfléchit un moment avant de penser à la réponse que pourrait comprendre le Serpentard.
Il le toisa quelques secondes avant de lâcher :
- Parce que tu as sauvé la vie de ma sœur et de mon neveu. Alors je vais pas te laisser crever au fond d'un parc.
Draco soutint son regard quelques secondes avant d'acquiescer douloureusement et de refermer les yeux.
Un bruit de courses résonna au loin et Harry se détendit. Demi arrivait.
La jeune femme passa la trouée que lui indiquait Ginny en dérapant, manquant de peu de s'écorcher le visage aux brindilles inégales et tomba à genoux près de Draco avant même de s'être complètement arrêtée.
- Dray ? demanda-t-elle d'un ton inquiet, le souffle court.
- Il est brulant, lui signifia Harry en se relevant et en reculant de quelques pas, se plaçant derrière Ginny qu'il enlaça.
Dementia posa sa main sur le front de son cousin pour juger elle-même de l'état de ce dernier et grimaça. Harry avait dit brulant. C'était un euphémisme. Et malgré sa température élevée, les lèvres de Draco étaient légèrement bleutées, lui donnant à penser qu'il était ainsi recroquevillé dans la neige depuis sa descente du train, près de deux heures plus tôt.
D'un coup de baguette elle jeta un sort de réchauffement sur le Serpentard, faisant ainsi fondre et disparaître la neige dans laquelle il était assis. Remarquant la cape enroulée autour de l'adolescent, et jeta un coup d'œil à Harry ; il avait passé la cape de Ginny avant de rabattre l'étoffe sur leur deux corps, les maintenant ainsi tous deux au chaud.
- Tu devras prendre une dose de pimentine, Harry.
L'adolescent hocha la tête sans détourner les yeux du visage pâle de Malefoy. Demi reporta son attention sur le jeune homme et écarta ses mèches blondes humides de neige qui lui tombaient devant le visage.
- Dray ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu as mal où ?
Le Serpentard secoua la tête avec difficulté et Demi soupira.
- Draco, reprit-elle fermement, il faut que tu me dises. Je ne peux pas t'aider si tu ne me parles pas.
Celui-ci leva les yeux vers elle mais garda le silence. Dementia se passa une main sur le visage et se tourna vers Harry et Ginny.
- Rentrez tous les deux, vous allez vous rendre malade. Allez prévenir Mme Pomfresh que je lévite Draco jusqu'à l'infirmerie et qu'il a besoin de soins immédiats bien qu'on ne connaisse pas l'étendu de ses blessures.
- Non !… gémit Draco, faisant se retourner la jeune femme.
- Pourquoi non ? Tu es blessé, tu as passé des heures dans la neige… Tu ne peux pas rester comme ça ! Mme Pomfresh pourra te soigner.
- Non, insista l'adolescent, la voix cassée, s'il te plait… je t'en prie… pas l'infirmerie…
- Draco…
- Elle doit faire un rapport, murmura-t-il, ils sont… com… muniquer… aux familles…
- On lui demandera de faire une exception. Je suis sûre qu'elle acceptera de ne pas garder de trace de ton passage.
Le visage fermé, l'adolescent secoua la tête. C'était trop dangereux. Son père ne supporterait pas d'apprendre qu'il était allé « se faire plaindre ». Il ne pouvait tout simplement pas accepter l'aide de l'infirmière. Il ne pouvait rien accepter d'officiel. Il essaya de s'éclaircir la gorge pour demander à Dementia de lui trouver une potion anti-douleur quelconque et de l'aider à rejoindre les cachots, et lui assurer que tout irait bien, mais Harry, qui n'avait toujours pas bougé, le prit de vitesse.
- On pourrait le ramener dans nos appartements.
Sa sœur se tourna vers lui, un sourcil relevé.
- Oui, s'il ne veut pas aller à l'infirmerie, ce que je peux comprendre… on peut demander à père de le soigner. S'il nous dit que ça dépasse ses compétences on pourra toujours appeler Mme Pomfresh par la cheminée.
- En plus on peut passer par derrière et rejoindre les cachots sans passer par le grand hall, renchérit Ginny, ça sera plus discret que d'aller à l'infirmerie.
- Oui c'est une idée, acquiesça Demi, pensive.
- Non, protesta Draco d'une voix faible, s'attirant un regard sévère de sa cousine.
- Non Dray. Ce n'est pas négociable. Je ne vais pas me contenter de te renvoyer dans ta salle commune. Tu as besoin de soins, c'est évident ! Alors tu vas venir avec moi et papa va voir ce qu'il peut faire. Et s'il faut faire appel à Mme Pomfresh ou a un médicomage, on le fera.
Draco fronça les sourcils mais il ne se sentit pas la force de protester davantage, malgré l'angoisse qui le saisit à la mention de Rogue. Il pensa amèrement que, quelques mois plus tôt seulement, il serait allé de lui-même demander à son professeur préféré de lui donner des potions de soins. Aujourd'hui, rien que l'idée de se retrouver en sa présence le paralysait d'effroi.
Il sortit de ses pensées en un glapissement en sentant le sol s'éloigner. Sans prévenir, Demi l'avait soulevé de terre d'un coup de baguette, et le dirigeait à présent lentement vers le château.
Draco se dit que si quiconque devait le voir en cet instant, il mourrait de honte. Comme si elle avait lu dans ses pensées, sa cousine lança à Harry et Ginny sans les regarder :
- Partez devant. Assurez-vous qu'on ne rencontre personne.
Le couple hâta le pas, les précédant de quelques mètres, faisant signe à Demi lorsque la voix était libre, ou lui signifiant de ralentir lorsqu'ils craignaient de rencontrer quelqu'un. Ils finirent par arriver sans encombre dans les appartements du maitre de potion. La jeune femme posa délicatement son cousin sur le canapé, s'assura qu'il était correctement installé puis jeta un coup d'œil circulaire à la pièce.
- Papa doit être dans son labo. Je vais aller le chercher.
Sans attendre de réponse elle sortit en coup de vent du salon, laissant les trois adolescents seuls.
Ginny s'assit sur l'accoudoir d'un fauteuil tandis qu'Harry scrutait le visage du Serpentard.
- Tu tiens le coup Malefoy ? Demanda-t-il.
Ce dernier hocha la tête sans ouvrir les yeux et Harry remarqua qu'il était de plus en plus crispé. Mais, s'interrogea-t-il en voyant le souffle court du blond, était-ce la douleur, ou la peur, qui indisposait ainsi le Serpentard ?
Il réalisa soudain que lui-même ne s'inquiétait pas plus que cela à l'idée de voir arriver son père. Une appréhension diffuse, peut-être, mais rien de commun avec les crises de panique que son seul nom pouvait provoquer avant Noël. Les rôles s'étaient soudainement inversés. Il ne savait pas quand, il ne savait pas comment mais une chose était sûre : c'était Malefoy qui à présent craignait Severus Rogue.
Quelques instants plus tard, Rogue entra brusquement dans la pièce, faisant sursauter toutes les personnes présentes. Ginny se leva brusquement, avant de se rasseoir tout aussi brutalement. Harry recula de trois pas, tendant instinctivement la main vers sa baguette. Et Draco, coincé sur le sofa dont il ne pouvait bouger, eut un hoquet de surprise qui provoqua une quinte de toux, le faisant grimacer de douleur.
- Et bien monsieur Malefoy, assena durement Rogue qui jeta à peine un regard sur l'adolescent, à peine arrivé que vous vous faites déjà remarquer…
- Papa ! Protesta Demi derrière lui, ne provoquant aucune réaction chez son père.
- Alors ? Qu'avez-vous ? Quelle maladie imaginaire vous a encore frappé ?
Draco pâlit davantage si cela était encore possible et avala convulsivement sa salive. Rogue fronça les sourcils devant son silence et reprit d'une voix dure :
- J'exige une réponse audible quand je parle !
- Ne lui criez pas dessus !… protesta faiblement Harry avant de se mordre les lèvres.
Severus lui jeta un bref regard et, à sa grande surprise, acquiesça après quelques secondes de réflexion. L'homme eut un soupir et reporta son attention sur le Serpentard.
- Très bien… Voyons voir… Pouvez-vous nous laisser, ajouta-t-il.
Demi et Ginny obtempérèrent immédiatement ; Harry eut un instant d'hésitation, qui s'évapora lorsqu'il croisa le regard terrifié de Malefoy :
- Je reste, affirma-t-il d'un ton défiant quiconque de le contredire, bien qu'il ne soit pas aussi sûr de lui qu'il ne voulait le laisser paraitre.
Severus le jaugea du regard et hocha une fois de plus la tête, sans insister. Une fois les filles sorties, il lança un premier sort de diagnostic à l'adolescent couché sur son canapé. Aussitôt un parchemin apparu devant lui et commença à se remplir de données, qui firent pâlir à son tour l'imperturbable maitre des potions.
- Merlin, murmura-t-il avant de s'approcher enfin du jeune homme. Tu vas devoir enlever ta robe et ta chemise, Draco.
L'adolescent tressaillit à l'entente de son prénom et du tutoiement que Severus n'avait plus utilisé depuis si longtemps au prix d'un immense effort, Draco réussit à se redresser en position assise, mais ne fit pas un geste pour défaire les boutons qui maintenaient sa chemise fermée.
Severus eut un soupir et, saisissant une chaise, s'assit face à l'adolescent.
- Peut-être devrais-tu nous laisser seul, Harry.
- Il peut rester, murmura Draco d'une voix faussement désinvolte, mais qui ne trompa personne.
L'adolescent ne voulait de toute évidence pas rester seul avec son directeur de maison et pour cela il était prêt à laisser voir à son pire ennemi ce qu'il aurait tant voulu garder secret.
- Enlève ta chemise, insista Severus, Draco tu es blessé, tu as besoin de soins.
Malefoy détourna les yeux, incapable de soutenir le regard du professeur de potions. Celui-ci soupira de nouveau et décida de mettre les pieds dans le plat une bonne fois pour toute :
- Combien de fois t'a-t-il battu ? Demanda-t-il, faisant sursauter les deux adolescents. Je peux voir que tu as des ecchymoses, des meurtrissures, des coupures… Mais le sort de me dit pas combien de fois il t'a frappé, et il ne me dit pas ce qu'il a utilisé. Connaissant Lucius, je dirais une canne ?
Draco tressaillit et Harry se raidit en le voyant fermer les yeux douloureusement, sans répondre. Lui-même avait subit la canne à plusieurs reprises mais il savait avec une quasi certitude que jamais son père, même dans ses pires colères, ne l'avait frappé comme Lucius Malefoy avait dû frapper Draco. Cet homme était effrayant et semblait dépourvu du moindre scrupule. Son père, qui savait pourtant si bien masquer ses émotions, semblait plus qu'inquiet et cela l'intrigua.
- Ce que le sortilège de diagnostic me révèle en revanche, poursuivit Severus d'une voix presque douce, ce sont les sorts de coupure, les sorts cuisants… et les doloris…
Draco déglutit et ne put retenir une larme qui roula sur sa joue. Harry détourna le regard, gêné, et ce faisant croisa les yeux de son père, qui semblait aussi désemparé que lui. Il avait toujours eu du mal avec les sentiments ; c'était la partie de Demi, pas la sienne. Mais Demi n'était pas là. Il décida d'intervenir avant que le silence ne devienne trop pesant.
- Allez Malefoy, il faut que tu enlèves cette chemise si tu veux qu'on te soigne. On va pas y passer la soirée ! Ou tu préfères que Demi s'en occupe ?
Draco lui lança un regard hésitant avant de se résigner et de défaire les boutons. Il ne put retenir un gémissement en faisant glisser l'étoffe le long de son dos, révélant une multitude de bleus et de coupures, dont certaines avaient commencées à s'infecter.
Severus s'était éloigné jusqu'à sa réserve personnelle où il avait toujours quelques potions post-doloris. Sans cette potion, les effets du sort surtout s'il était jeté plusieurs fois, mettaient des semaines à s'estomper.
Il tendit la fiole à l'adolescent qui la bu sans protester. Puis il lui fit avaler une seconde potion, un anti-douleur basique, qui engourdirait son corps le temps qu'il soigne les blessures externes et que la post-doloris fasse effet.
Dès que Draco se détendit, il l'aida à s'allonger sur le ventre et nettoya soigneusement les blessures avant de les badigeonner d'un onguent à base de larmes de Phoenix.
Pendant qu'il s'occupait de soigner l'adolescent, il envoya Harry dans sa chambre chercher une de ses chemises. Si celui-ci fut gêné d'entrer ainsi dans son domaine, il n'en montra rien et ramena rapidement une chemise de coton blanc.
Severus aida Malefoy à la passer, la laissant volontairement à sa taille d'origine, préférant ne pas l'ajuster tant que les plaies étaient à vif. Il agrandit enfin le canapé d'un coup de baguette et transfigura les coussins de décoration en moelleux oreillers et édredon.
- Draco, dit-il, une fois le jeune homme installé le plus confortablement possible. Cela peut ne jamais se reproduire. Si tu le souhaites, nous pouvons te mettre sous protection et ne plus laisser à ton père le loisir de t'approcher. En utilisant un impardonnable sur toi, il a outrepassé ses droits, la loi est formelle. Si tu le désires, nous pouvons faire cesser cela.
- Ma mère, gémit le Serpentard.
- Ne crois-tu pas qu'elle voudrait te savoir en sécurité ?
Draco hésita. Il savait que Rogue avait raison mais il lui répugnait toujours autant d'abandonner Narcissa.
- Veux-tu être mis sous protection ? Insista Severus qui n'avait pas l'intention d'agir sans l'autorisation expresse de l'adolescent.
- Sous protection ? Ça veut dire quoi ?
- Que nous te trouverons un endroit sûr où rester en dehors de Poudlard après l'année scolaire.
- Mais où ?
- Je ne sais pas encore…
- Pourquoi est-ce qu'il ne viendrait pas chez nous, intervient Harry. Il y a de la place, non ?
Il espérait presque que son père accepterait car, s'il n'en avait encore parlé à personne, il n'avait aucune intention de retourner au manoir une fois l'école finie. Peut-être que la présence de Draco occuperait l'homme suffisamment pour qu'il ne fasse pas grand cas de son absence…
Severus lui jeta un regard indéfinissable avant de déclarer d'un ton prudent :
- Oui, c'est une possibilité. Une possibilité qui demande réflexion. Mais le lieu importe peu pour le moment, la question est de savoir si Draco veut ou non être protégé.
Le blond jeta un regard interrogatif à Harry avant de fermer les yeux et de hocher la tête en signe d'assentiment sans poser les questions qui semblaient se bousculer dans sa tête.
- Très bien, répondit Severus, je vais en discuter avec Albus. Repose-toi, demain tu n'auras presque plus mal.
Draco hocha la tête, l'esprit embrumé par la potion post-doloris dont l'effet sédatif commençait à agir. Il laissa tomber sa tête en arrière, épuisé. Quelques minutes plus tard, il dormait profondément, se sentant enfin en sécurité.
