ET ME REVOILA !

Oui je sais, on n'y croyait vraiment plus. Et ça va pas aller en s'arrangeant, puisque je rentre dans la période "Bonjour les révisions de Bac !" T.T

Ce chapitre détaille la journée d'Aelita, étant donné qu'on ne l'a pas vu dans le chapitre 51. Vous allez donc savoir comment elle s'est occupée... XD

Il y a par ailleurs, l'apparition des personnages de l'anime Chihayafuru (que je recommande chaudement !), et ceux de Kuroko no Basket (allez regarder cette merveille. NOW.), qui ne m'appartiennent pas (malheureusement T_T)

J'espère que ce chapitre vous plaira autant que les autres :D

(Au fait : j'ai coutume de remercier ceux qui me laissent des reviews, mais je me dois de laisser un petit mot aux personnes qui continuent d'ajouter mon histoire à leurs favoris et de me suivre en tant qu'auteure. Je vous aime tous fort ! Merci merci merci )

Chapitre 52 :

« Mon Dieu, mais qu'est-ce que je fous là… » fut la première pensée d'Aelita quand elle entra dans la salle. Puis sa seconde pensée fut quelque chose qui ressemblait à « Argagrgaglurps. » quand elle faillit mourir découpée par une carte.

Avait-elle été amenée juste pour se faire tuer à coups de cartes ?

… Oui, oui, ce n'est ni une faute de frappe, ni une erreur. Je parle bien de cartes. Et plus précisément, de cartes de Karuta. Hm, oui, il est fort probable que personne ici ne connaisse cet étrange jeu. Ce jeu est basé sur la mémoire : un orateur lit la première partie d'un des cent poèmes constituant le Hyakunin isshu et les joueurs doivent être les plus rapides à trouver la carte correspondant à la deuxième partie parmi les cinquante cartes placées entre eux. Et là, vous vous demandez pourquoi je parle soudainement de ça. Vous n'êtes pas les seuls, d'ailleurs, parce que notre petite Aeli est actuellement en train de me maudire… Faudra pas vous inquiéter si j'ai un peu de retard pour le prochain chapitre.

Bref, reprenons. La coach Hanamura avait un air terriblement satisfait sur le visage quand elle poussa la jeune fille dans la salle, après l'avoir forcée à enlever ses chaussures. Puis elle disparut sans un mot de plus, tandis qu'un groupe de cinq adolescents se dirigeait vers elle.

- Roooooh, elle est trop mignonne ! lança la plus petite du groupe, une jeune fille aux cheveux bruns attachés en deux couettes basses. Tu es nouvelle ? Tu veux apprendre à jouer au Karuta ? Tu as un Hakama ? Le kimono t'irait magnifiquement bien, à mon avis !

Aelita resta bouche bée devant une telle déferlante de paroles. De quoi elle parlait la naine ?

- Kana-chan, voyons, voyons, du calme… intervint une autre fille, rousse celle-là, et particulièrement belle. Je vous en ai parlé hier, c'est cette collégienne qui vient faire un entraînement spécial.

- Ah oui, je m'en souviens, murmura la dénommée Kana. Mais, Chihaya-chan, quel genre d'entraînement vient-elle faire ?

- Un entraînement pour le tennis.

Gros blanc dans la salle. Toutes les personnes présentes tournèrent la tête vers elle, un air ébahi pouvant se lire sur leur visage. Autant vous dire que c'était pas courant de venir s'entraîner au Karuta pour s'améliorer au tennis.

- Chihaya, tu te moques de nous ? Râla un garçon.

- Non, Taichi, c'est sérieux. D'après ce que sa coach m'a dit, il s'agit d'un partenariat avec l'association de Karuta pour l'aider à développer la mobilité de son bras gauche et ses réactions.

- Et elle reste toute la journée ?

- Non, trois heures seulement. Alors on va s'y mettre dès maintenant !

La rousse se mit à sautiller sur place avant de retourner se placer sur un tatami. Elle semblait toute excitée par l'apparition de cette nouvelle recrue temporaire, et lui fit signe de venir se placer devant elle. Puis avant même que la pauvre française n'ait pu placer un mot, elle commença à lui expliquer les règles de cet étrange jeu.

- Donc si j'ai bien compris, l'interrompit Aelita au bout d'une dizaine de minutes, je dois juste prendre les cartes qui ont été lues, c'est ça ?

- Ouiiii ! Ce qui veut dire que tu dois les apprendre par cœur. Il y en a cent. Mais aujourd'hui, on ne va travailler qu'avec cinquante pour te faciliter la tâche.

- D'accord. On commence par quoi ?

Chihaya déposa une énorme pile de carte devant elle.

- Apprends ça par cœur ! Tu as une heure !

… Aelita considéra la pile d'un air sidéré. C'était sérieux ?

- Allez, allez, ne perds pas de temps Miss ! Aelita, c'est ça ?

- Oui…

- Dans une heure on commencera à jouer !

Nan mais j'vous jure, c'est pas sérieux de demander à une gamine de 12 ans d'apprendre cinquante poèmes japonais en une heure. La française se sentait minuscule au milieu de tous ces joueurs, dont les plus jeunes semblaient être les lycéens qui l'avaient accueilli. Elle commençait sérieusement à en avoir marre d'être traînée d'un côté ou d'un autre, comme elle l'était en ce moment. Quand la coach Hanamura l'avait faite monter dans sa voiture, Aelita avait beau lui demander où elle l'emmenait, l'autre ne lui avait pas répondu. Et voilà où elle arrivait ! Pour seulement trois heures. Ce qui voulait dire qu'à midi, elle irait autre part… Restait à savoir où. La jeune fille priait mentalement pour qu'elle ne se retrouve pas projetée dans un autre endroit avec des gens bizarres.

Une fois l'heure passée, la jolie Chihaya revint vers Aeli. Cette dernière avait plus ou moins appris ses poèmes… Enfin, à peu près. Ou pas en fait. Ca allait être un massacre.

- Tu as appris tous les poèmes ? Demanda la rouquine.

Cependant, avant que la française ne put répondre, la jeune femme poursuivit sa phrase.

- Bon alors, tu t'installes là, comme ça… Vu ton bras droit cassé, tu vas jouer de la main gauche. D'un côté, ça tombe bien, car tu n'as le droit d'utiliser qu'un seul bras au Karuta. Habituellement, tu es droitière, ou gauchère ?

- Droitière.

- Bon, alors tu risques d'avoir un peu de mal. Tu es déjà habituée à utiliser ton membre gauche, ou pas encore ?

- Plus ou moins… Disons que j'arrive à faire quelques trucs, mais niveau précision, c'est pas encore ça.

- Ah… Au Karuta, tu as besoin de précision et de réactivité. Dès que tu entends la première syllabe, tu dois réagir au quart de tour… Comme ça !

La lycéenne lança sa main droite, ou plus précisément son majeur, qui atteint le coin d'une carte située à son extrême gauche… et l'envoya valdinguer à l'autre bout de la pièce, dans la tête d'un vieux monsieur.

- Chihaya-chan, va plus doucement, bon sang ! gueula le bonhomme.

- Désolée coach, désolée !

D'accord, d'accord. Aelita avait pigé pourquoi on l'avait trainée de force ici. Le Karuta requérait de la précision… Un peu comme le tennis en réalité. De plus, elle devait analyser ce qu'elle entendait pour réagir immédiatement. Son sport de prédilection, lui, demandait à ce qu'elle analyse la forme du tir adverse pour y répondre de la manière la plus adéquate. Ainsi, étant paralysée par l'absence de son bras droit, elle pouvait s'entraîner sans trop se fatiguer. C'était de plus un sport intéressant. Certes, il fallait se concentrer. Il fallait aussi faire attention aux cartes qui volaient, car de nombreuses personnes étaient présentes dans la salle, et s'en donnaient à cœur joie. Il fallait garder un œil sur les cartes de son adversaire et en mémoriser la position. C'était épuisant non pas physiquement, mais psychologiquement parlant.

Aelita jouait contre la fille aux couettes qui l'avait accueillie, tandis que Chihaya l'observait d'un air maternel. Alors que la petite française fauta une fois de plus à cause de sa mauvaise connaissance des cartes, Kana stoppa le jeu.

- Comment as-tu mémorisé les cartes, Aelita-chan ?

- Ben… Par les sons. Enfin, j'ai appris les premiers sons de chaque carte.

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! T'es p'tet chou, mais c'est nul, comme méthode !

- Quoi ? Ben pourquoi ?

- Les cartes ont une vie, une identité ! Tu dois t'en imprégner pour mieux les reconnaître !

- Je saisis pas bien le concept…

- Réfléchis un peu, petite fille. Certaines cartes ont leurs premiers mots qui se ressemblent. C'est donc dur de les reconnaître immédiatement. Cependant, en fonction de la signification de ce mot dans le poème, il sera prononcé différemment. Avec différents tons, tu vois ce que je veux dire ? expliqua Kana.

- Ne l'écoute pas, marmonna le garçon, Taichi. Oe-san est une acharnée de la culture Japonaise… Elle a appris les cent poèmes plus rapidement que quiconque et se repère à leur signification… mais ce n'est pas faisable pour tout le monde.

- Non, non, au contraire, c'est… oui, c'est génial ! C'est fantastique ! Laissons de côté le Karuta, je ne suis pas douée à ce jeu et ne le serai sans doute jamais. Kana-san, vous avez un lecteur de DVD par ici ? Et où se trouve la boutique la plus proche ?

- Euh, oui, on en a un… Et il y a un loueur de DVD à cinq minutes d'ici. Mais pourquoi… ? Je croyais que l'on devait t'apprendre le Karuta et…

Oe Kana eut à peine le temps de terminer sa phrase que déjà Aelita s'était barrée en courant dans la direction qu'on lui avait indiquée.

- Attendez, je comprends pas, là. On n'était pas censé l'aider dans son tennis en lui apprenant le Karuta ? Même si je pige pas trop comment ça aurait pu l'aider…

- En fait, d'après ce que j'ai compris, expliqua Taichi, le Karuta devait l'aider à maîtriser sa main gauche. Mais il semblerait que grâce à Oe-san, elle ait trouvé un autre avantage à notre sport.

Oui, un autre avantage, Aelita l'avait trouvé. Mais ce n'était pas grâce au Karuta, bien que ce jeu soit très intéressant. C'était uniquement grâce à cette adolescente à couettes, Kana. Sa technique de mémoriser les cartes en y associant leur histoire… Elle était certaine de pouvoir l'associer au tennis !

Quand elle revint dans la grande salle, ce n'était pas un ni deux, mais bien une dizaine de DVD de tennis qu'elle tenait entre ses mains. Elle se précipita dans la salle où se trouvait le lecteur, et s'y enferma sous le regard étonné des lycéens, qui choisirent de la laisser tranquille.

Elle passa le reste de son temps seule, enfermée, à regarder la télé. Ou plus précisément, des matchs de tennis. Ralentis, accélérés, analyse des balles, des sons, tout y passa. Si Oe-san était capable de reconnaître une carte au ton utilisé pour la lire, Aelita devrait pouvoir reproduire cet exploit avec du tennis. Au bout d'une heure, elle parvenait à reconnaître les rotations de base des balles de tennis juste à la façon dont la raquette était positionnée. Si cela pouvait se rapprocher de l'analyse d'Inui, ce n'était tout de même pas la même chose, puisque qu'elle analysait la balle à l'instant même où elle était tirée, tandis que son senpai la prévoyait plusieurs secondes à l'avance. Certes, il fallait encore tester en cours de jeu, mais c'était déjà un bon début.

Cependant, n'allez pas croire que c'était le but recherché. Avec un peu d'entraînement comme elle, n'importe qui pouvait faire cela. Ce qu'elle cherchait à faire était plus complexe et étudié.

Connaissant la position globalement utilisée pour envoyer telle ou telle balle, pourquoi ne pas tenter d'en combiner les caractéristiques pour envoyer un nouveau type de balle ?

Réfléchissez. Quand on vous apprend quelque chose, on le fait selon des critères bien précis. Par exemple, quand on veut vous apprendre à marcher, on va d'abord vous enseigner à vous lever, puis à poser un pied devant l'autre, à ne pas marcher en canard, à ne pas marcher sur la pointe des pieds ou en arrière, à vous tenir à peu près droit… C'est à peu près la même chose en tennis. Il faut tenir votre raquette au bout du manche pour une plus longue allonge, ne pas laisser dépasser de doigts, avec un grip adapté à votre main… De même pour les positions : tel tir sera exécuté avec le pied raquette à l'avant, d'autres en étant plus penché en avant que d'habitude… Cela parait sans doute étrange pour des personnes qui n'ont jamais fait attention à cela, mais tout est codifié. Ainsi, dans notre société, tous les mouvements de base sont exécutés de la même façon à quelques différences près, et cela depuis notre naissance.

Parlons maintenant de la maîtrise de votre bras. Un droitier aura appris à écrire et à se servir de sa main droite… mais pas de sa main gauche. Et quoi de mieux qu'un programme vierge pour créer de nouvelles choses ?

En connaissant les mouvements de base, en trouvant un moyen de les combiner et en les intégrant dans son bras gauche, elle créait quelque chose de nouveau, non conditionné par la société, codifié d'une manière totalement nouvelle. Etant plus mature qu'un jeune enfant, elle pouvait penser à toutes ces choses. Elle savait comment fonctionnait son corps, et avait une bonne maîtrise sur ses actes. En s'entraînant, elle savait qu'elle pouvait faire ce qu'elle voulait.

Ca allait lui prendre un temps fou. Désormais, il n'était plus question de perdre le moindre jour à s'entraîner à autre chose. Ca ne lui plaisait pas de savoir qu'elle allait déserter le club pour faire autre chose, mais ça ne servait désormais plus à rien d'observer les entraînements. Il allait falloir qu'elle commence par analyser les coups, et par faire les mélanges ensuite.

Alors qu'elle pensait à toutes ces choses si compliquées, trois coups se firent entendre à la porte de la pièce dans laquelle elle se trouvait. Porte qu'elle s'empressa de déverrouiller pour laisser entrer Chihaya. Cette dernière lui fit un grand sourire.

- Ta coach est venue te récupérer. Nous n'avons pas beaucoup pu jouer ensemble, mais puisque tu sembles avoir trouvé quelque chose pour t'entraîner, nous sommes heureux de t'avoir accueillie !

- C'est moi qui suis heureuse. Je suis désolée de ne pas vous avoir porté plus de considération, surtout que le Karuta est un jeu intéressant.

- N'hésite pas à repasser à l'occasion, alors !

- Je n'y manquerai pas !

Et les deux filles se séparèrent. Aelita bailla et monta dans la voiture de la coach Hanamura.

- On rentre au camp ? la questionna-t-elle, une pointe d'espoir dans la voix.

- Rêve donc ! Direction le lycée Seirin !

- Seirin ?

- Oui.

- Et on va voir quel club cette fois ?

- Basket.

La petite la regarda d'un air dubitatif. Ben tiens. C'était quoi cette nouvelle idée ? Après le club de cartes, celui de basket ? Elle allait faire quoi, jouer contre des géants ?

- Ne t'inquiète donc pas, tu vas voir, ils sont gentils. Un peu dangereux, mais gentils.

- Un… un peu dangereux ? Genre dangereux comment ? marmonna Aeli.

Mais elle n'eut pas sa réponse car déjà, la coach l'avait éjectée hors de la voiture. Aelita soupira de nouveau, et entreprit de trouver les terrains de basket. Cela ne fut pas très difficile, dans la mesure où le gymnase était visible de loin. Elle entra timidement à l'intérieur, fit quelques pas… et manqua de se prendre un ballon dans la tronche. Immédiatement, elle s'accroupit.

- Sors du terrain ! gueula une voix.

Sans réfléchir, Aelita sauta sur le côté… et manqua de se prendre un géant.

- De l'autre côté ! Ils sont en plein milieu d'un match, va sur ta droite et pas sur ta gauche, banane ! Tu sais pas repérer les lignes du terrain ?

Aelita se déplaça dans la direction indiquée par la voix, et rejoignit le mur. Elle était gentille, la fille qui avait dit ça : quand on manque de se prendre un ballon – de basket en plus ! – dans la tête, on réfléchit plus trop !

Le match tourna court tandis que celle qui semblait être la manager de l'équipe s'approcha de notre petite française. Elle portait les cheveux courts, avec deux barrettes bleues retenant quelques mèches. Quant aux joueurs qui s'approchaient, ils étaient tous dégoulinants de sueur et gigantesques. De vraies montagnes de muscles.

- Salut miss. Alors… Aelita, c'est ça ? Demanda la jeune femme. Je suis Riko, la coach de l'équipe de basket. Pas la peine de nous expliquer ce que tu fais-là, on a déjà été mis au courant par tes profs. Après tout, Seirin a un partenariat avec le lycée rattaché à ton collège, c'est donc normal qu'ils se soient tournés vers nous pour ton « entraînement spécial ».

- Riko, c'est elle la fillette dont tu nous parlais ? On est censés lui apprendre quoi ? Elle a un bras dans le plâtre et n'est pas plus haute que trois pommes ! marmonna un gars à lunettes.

- Silence, Hyuga ! Je suis censée lui préparer un menu d'entraînement. Alors vous, vous retournez jouer, et plus vite que ça !

- …

Les joueurs retournèrent se placer sur le terrain et le match reprit. Jusqu'à ce qu'un garçon surgit de nulle part, foutant une trouille bleue à la jeune fille.

- Coach… Je rentre sur le terrain quand ?

- WAAAAAAAAAAAAAAAAH ! KUROKO ! Mince, je t'avais oublié… T'as qu'à échanger avec Kagami. BAKAGAMI, TU SORS !

- Quoi ?! Pourquoi ? râla un géant aux cheveux rouges.

- Tu discutes les ordres de tes senpais ?

- …

En marmonnant, il sortit et alla s'asseoir sur le banc de touche. Riko se retourna vers Aelita… qui était blanche et semblait s'être évanouie debout.

- Un fantôme… un fantôme… un fantôme…

- … Kuroko fait toujours cet effet-là aux gens. Il n'a tout bonnement aucune présence.

Non mais où était-elle tombée, encore ? Ce gars était sorti de nulle part ! Depuis quand les fantômes jouent au basket, d'abord ? Aelita les regarda jouer fixement. Elle suivait le ballon des yeux, tentant de comprendre qui était en train de gagner. Faut pas chercher, elle ne connaît aucune des règles de ce jeu. Elle y avait joué un peu au collège, mais avait juste manqué de se prendre le ballon dans la tête quand un de ses camarades l'avait lancé contre le mur sous le coup de la colère.

- Allez, allez, viens par là ! Lança Riko.

- Fais ce qu'elle te dit, marmonna le dénommé Kagami. Je suppose qu'elle va juste étudier tes capacités, comme elle l'a fait pour nous quand on est arrivés dans ce club.

- Roh, mais c'est que notre Bakagami devient un peu plus intelligent chaque jour, dis donc ! Allez, tu viens par là, toi !

Et sans un mot de plus, Riko entraîna Aelita dans une salle à part.

- Enlève ton sweat et reste en tee-shirt, ok ?

- Euh… d'accoooord…

La fillette s'exécuta, et Riko commença à lui tourner autour en la regardant comme un morceau de viande. Elle avait parlé d'un menu d'entraînement… Au bout de quelques minutes de ce régime, la brunette décrocha un sourire à sa cadette.

- Bien, bien, bien… Oh, ne sois pas si effrayée ! J'ai juste observé ton corps. Je suis la fille d'un entraîneur, donc depuis toute petite, je suis habituée à recueillir des informations sur les sportifs. A partir de là, je vais t'élaborer un menu d'entraînement, ok ? On m'a déjà donné ce qu'un de tes senpais avait préparé pour toi, je vais juste y apporter quelques modifications en prenant en compte ton bras cassé.

Riko lui offrit un joli sourire.

- Bon, alors voilà ce qu'on va faire. Ton bras gauche est suffisamment musclé, presque autant que le droit, alors tu vas arrêter de me faire tous ces exercices, pigé ?

- Comment vous savez que…

- Tch tch tch… Je te l'ai dit, j'observe, et je suis l'une des meilleures dans ce domaine ! Bref, continuons. A partir de maintenant, tu vas juste me faire cinq pompes sur un bras chaque matin. Pas la peine de plus. D'après ce que je peux voir, l'état de ton bras droit s'améliore. Tu vas boire une bouteille de 50 cl de lait par jour, et prendre un fortifiant par jour, tous les matins. Ca va aider à sa reconstruction. Pour le reste tu bois beaucoup d'eau, ok ? Passons ensuite aux exercices. Tu dois améliorer ton coup droit et ta précision. On a tendance à tirer plus facilement en diagonale avec le bras que l'on ne maîtrise pas le mieux. C'est ton cas.

- Je vois. Riko-san, vous avez l'air de bien vous y connaître en tennis.

- L'un des membres de l'équipe de basket en faisait avant, il m'en a un peu parlé. Et mon père aime beaucoup ce sport. Tu n'imagines même pas le nombre de matchs que j'ai été forcée de regarder avec lui !

- Ahah, je veux bien y croire.

- Enfin bref, du coup je peux détecter pas mal de trucs sur le corps des tennismen. D'ailleurs, tant que j'y pense, muscles tes jambes ! Tes mollets sont trop fins, pas assez solides. Tu ne t'es jamais fait d'entorse ?

- Une ou deux fois.

- Tes mollets sont très fragiles, c'est étonnant. Il faut que tu demandes à ton senpai – Inui, si je ne me trompe pas – de te donner un menu d'entraînement pour cela.

- Je le ferai. Autre chose ?

- Pectoraux. Respiration trop faible. Asthmatique ?

- Oui.

- Tu vas faire du vélo dans une salle de sport. Ca bouge pas, t'es assise, et tu ne mobiliseras pas ton bras. Tu bosses l'endurance.

- D'ac !

- C'est tout ce que j'ai à te dire ! Ta coach viendra te chercher d'ici une demi-heure, en attendant, tu peux regarder le match en cours si tu veux. Ca va te donner une idée de l'entraînement au basket. Ah oui, et ta coach a laissé un panier repas, je suppose que tu dois avoir faim !

Ni une ni deux, en entendant ce mot, la jeune fille se précipita dans la pièce à côté pour apercevoir effectivement un panier repas posé sur le banc dès remplaçant… et le dénommé Kagami en train de grignoter SON repas. Immédiatement, la jeune fille se mit à gueuler… et lui sauta dessus.

Bon, sauter sur le manager des St Ruldoph, ça passe encore. MAIS SAUTER SUR UN BASKETTEUR D'UN METRE 90, LA CA VA DEJA MOINS BIEN !

Le rouquin n'eut pas de difficultés à la maîtriser : il l'attrapa par le col, et la souleva.

- Qu'est-ce qu'il lui arrive, à la naine ?

- Tu es en train de manger son repas, marmonna Hyuga.

- J'avais faim.

- Je crois qu'elle aussi, renchérit Riko en le fusillant du regard.

- Il en reste encore plein.

- Plus maintenant, huhu, ricana Aelita.

Elle avait la bouche pleine, ayant profité du fait que l'autre s'était désintéressé du panier pour en chiper le contenu.

- Dis donc sale môme !

- C'était mon repas à la base !

- Kagami-kun… intervint un Kuroko tenant à bout de bras un adorable chiot.

Immédiatement, ledit Kagami sauta de côté, visiblement effrayé, lâchant Aelita par la même occasion. Cette dernière se précipita vers la petite bête.

- Roh mon Dieu qu'il est mignon !

- Kuroko, tu éloignes IMMEDIATEMENT Numéro 2 de ma tête !

- C'est ta punition pour avoir mangé une partie du déjeuner d'Aelita-san, Kagami-kun.

- Numéro 2 ? Pourquoi s'appelle-t-il ainsi ? Demanda la curieuse petite française.

- Il a les mêmes yeux que Kuroko. D'où Tetsuya Numéro 2. Abrégé Numéro 2, expliqua Riko.

- Je vois… Et on peut m'expliquer pourquoi ce géant a la trouille d'un adorable chiot ?!

- Il est comme ça. C'est Bakagami, ricana Hyuga.

- BON, ARRETEZ TOUT CE GRABUGE, ET RETOURNEZ SUR LE TERRAIN ! A moins que vous ne désiriez aller chercher des boissons pour tout le monde à la superette qui est à dix minutes d'ici…

- SIR, YES SIR !

Originale, comme menace. Ca changeait des jus d'Inui ou des cookies d'Hibiki. Elle devrait peut-être en parler à la coach Ryuzaki…

La petite fille regarda les matchs pendant une bonne demi-heure jusqu'à ce que la coach Hanamura vienne la chercher. Elle aurait bien aimé rester plus longtemps, mais il fallait qu'elle rentre au camp. Le basket était vraiment un sport intéressant. Kuroko était sans doute le joueur le plus faible de toute l'équipe, mais il possédait une force… particulière. Vraiment très intéressante. Si elle avait aussi peu de présence que lui, Aeli aurait bien tenté d'adapter sa technique au tennis, mais tout bien réfléchi, cela ne lui paraissait malheureusement pas faisable. Et puis, elle avait déjà autre chose à travailler. Cette chose, d'ailleurs, l'occupa le reste de l'après-midi. Ca l'occupa tellement, qu'elle ne descendit même pas pour manger. Elle n'avait croisé personne à son retour, et était restée dans la salle vidéo sans en sortir. Et quand elle alla se coucher, tout était clair dans sa tête. Le véritable entraînement commencerait le lendemain !