Disclaimer : Hormis mes OCs, les personnages et l'univers de TIGER&BUNNY appartiennent à Keiichi Satô, Masakazu Katsura et aux studios Sunrise
Bêta-Lectrice : Sayuri-Geisha (merci pour tout !)
Et non, vous ne rêvez pas ! 7 mois après la parution du chapitre 51 de "La Triste Mascarade" je vous retrouve avec l'ultime chapitre de cette fanfiction ! Je vous souhaite une agréable lecture ! Attention tout de même aux personne pas trop à l'aise avec le Lemon, il y en a sur la fin !
Je vous retrouve plus bas ! :)
Chapitre LII : Fly me to the Moon
Il faisait étonnamment chaud à Sternbild pour un mois de février. Le ciel, d'un bleu azur, s'apparentait à une toile unie sur laquelle on y avait déposé une tache dorée pour y apporter un peu de contraste.
Au coin de la rue commerçante se tenait Karina, adossée contre un mur. Après un rapide coup d'œil à sa montre,, elle observa les environs, comme à la recherche de quelque chose.
Ou plutôt de quelqu'un.
En effet, avec les conversations des passants en guise de fond sonore, la jeune femme attendait patiemment que la personne qu'elle devait retrouver se manifeste. Elle avait perdu l'habitude de se retrouver dans la foule, et cela ne la mettait pas forcément bien à l'aise. Néanmoins, elle prit sur elle et garda la tête haute, car elle savait qu'elle n'avait rien à craindre.
- Karina !, l'interpella une voix familière.
La nommée tourna la tête pour apercevoir Pao-Lin la rejoindre. Celle-ci lui adressa un sourire en coin en guise de salut, avant de porter les mains derrière son dos.
- Désolée si je t'ai fait attendre ! dit la chinoise.
- Non, ne t'en fais pas ! Tu es pile à l'heure ! lui sourit la Rose dans un clin d'œil. On ne peut pas en dire autant de Nathan...
Au même moment, une voiture, que les deux jeunes femmes connaissaient bien, se gara à proximité. Nathan en sortit puis s'avança vers elles tout en ôtant ses lunettes de soleil. Avec sa démarche confiante, son sourire en coin, sa tenue brillante et moulante, il s'apparentait à un mannequin en train de défiler sur le podium.
- Bonjour les filles !
- Bonjour Nathan ! répondit Pao-Lin.
- Pourquoi faut-il toujours que tu arrives au moment le moins opportun ? Tu trouves toujours le moyen de me contredire ! râla Karina.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, mais est-ce que cela a un rapport avec mes oreilles qui ont sifflé il y a de ça quelques instant ? la taquina Fire Emblem.
La Rose se réfugia dans le silence, mais adressa un petit sourire au nouvel arrivant.
Retrouver ses deux collègues l'enveloppa dans une bulle de confort, et son cœur tambourina contre sa poitrine tant la joie de partager un moment avec eux l'enivra. Il suffisait parfois d'un rien pour se sentir épanoui et confiant.
- On y va ? proposa-t-elle.
Les deux autres acquiescèrent avant de se rendre dans un petit restaurant qu'elles avaient l'habitude de côtoyer.
L'endroit n'avait nullement changé en l'espace de quelques mois : que ce soit l'atmosphère conviviale qui faisait sa réputation, ou bien le pianiste au centre de la salle jouant toujours les mêmes morceaux apaisants, tout était pareil. D'instinct le trio alla s'asseoir à leur table habituelle.
En y entrant, Karina eut l'impression de faire un bond dans le passé, à l'époque où elle ne se souciait de rien, pour revivre des moments d'insouciance.
- J'ai l'impression que ça fait une éternité que je ne suis pas venu ici ! remarqua Nathan.
- Je me faisais la même réflexion, rigola Karina. C'est agréable de se retrouver ici, comme au bon vieux temps...
- Tu as eu une bonne idée de nous inviter ! Je voulais qu'on se refasse ça un jour ! sourit Pao-Lin.
La Rose lui rendit son sourire et hocha la tête en guise de remerciement. Depuis son retour à Sternbild, des tonnes d'idées et de désirs avaient pris forme dans son subconscient, et refaire une journée avec ses collègues en faisait partie. Surtout que l'occasion était parfaite pour apprendre à se refaire confiance. Certes, Barnaby l'avait bien aidé, mais elle estimait que ses amis pouvaient lui apporter autre chose au détour de conversations qu'elle ne pouvait pas aborder avec le Héros.
Aux yeux de cette héroïne déterminée à avancer, il était nécessaire de connaître le point de vue de ses collègues.
Par la suite, le trio commanda de quoi manger. Karina se força à prendre quelque chose de consistant, et une fois servis, les amis se souhaitèrent bon appétit.
- Tu as assuré la semaine dernière avec ton passage à la télé ! dit Nathan.
Les joues de Karina s'empourprèrent. Elle fixa ensuite Nathan de ses grands yeux de bronze pour se remémorer inconsciemment ce qu'elle avait prononcé, il y a de cela plusieurs jours. son intention n'avait été nullement de porter un tel discours devant les caméras, néanmoins, au fil du temps, elle avait fini par comprendre qu'elle ne pourrait reculer éternellement ce moment redouté. Par ailleurs, Barnaby lui avait offert tout son soutien en plus de l'encourager à aller jusqu'au bout. Et maintenant que le pire était passé, elle se sentait libérée de ses dernières chaînes.
Bien sûr, les magazines et les médias jouaient de sa dernière apparition pour faire la une, mais étrangement, Karina arrivait à passer outre.
- Merci, finit-elle par prononcer dans un murmure. Mais...
Elle marqua une pause et hésita un instant à continuer sa phrase.
- Mais je ne sais plus vraiment quoi faire.
- … ? Comment ça ? demandèrent en chœur Dragon Kid et Fire Emblem après s'être échangé un regard.
La Rose leva la tête vers ses amis avant de se perdre une nouvelle fois dans ses réflexions. Elle chercha minutieusement ses mots, toutefois, les regards insistants des deux Héros la poussèrent à se lancer plus vite qu'elle ne l'aurait voulu.
- Je ne sais pas si j'aurais la force de repartir à la chasse aux criminels, à l'avenir. Je n'ai jamais aimé ce coté là de moi, car... enfin... Je jouais un rôle qui ne me convenait pas. Mais grâce à Kotetsu, j'avais pu voir ce métier sous un autre angle. Protéger les autres, c'est aussi ça que j'aimais, et qui m'aidait à apprécier ce que je faisais. Néanmoins... Enfin... Blue Rose a quand même « détruit » ma vie, si je puis dire.
« Détruire » était probablement un mot trop fort pour exprimer sa pensée. Néanmoins, elle n'arriva pas à lui trouver un meilleur synonyme.
- J'ai eu beaucoup de mal à m'organiser dans mes études par exemple. J'ai aussi connu beaucoup de disputes avec mes amies à cause de tout ça, et je me suis maintes et maintes fois démenée pour continuer à faire ce qui me plaisait. Ça me fatiguait, et je devenais irritable, expliqua Karina en regardant son reflet dans le verre. Mais... Enfin... On compte sur moi...
Un silence s'installa entre les amis, que Nathan se hâta de briser :
- Fais ce que tu penses être le mieux pour toi. Le plus important, c'est toi. Ton épanouissement. Toi, et personne d'autre, Karina.
- Nathan a raison ! Tu prends trop sur toi !
Surprise mais touchée, elle leur murmura un « merci » presque inaudible. Au plus profond d'elle-même, elle souhaitait entendre ces mots.
Dorénavant, elle devait songer à son avenir et à ses futurs projets, et rien ne devrait la restreindre. Rien du tout. On avait toujours contrôlé son image et ses actions lorsqu'elle travaillait pour Hero TV, et elle n'avait jamais vraiment eu son mot à dire. A présent, elle n'avait plus à écouter ses supérieurs car elle était maîtresse de sa vie, et personne ne lui dicterait sa conduite.
Et si les gens ne pouvaient pas comprendre cela... Et bien ce serait tant pis pour eux.
Elle ne relança plus le sujet de toute la journée, et ses collègues firent de même. Ils profitèrent du beau temps pour traîner toute l'après midi en ville pour y faire les magasins. Du moins, surtout Nathan : il acheta pas mal de vêtements et ses essayages durèrent des heures. Si bien qu'au bout d'un moment, il s'amusa à proposer des tenues extravagantes aux deux héroïnes qui commençaient à s'ennuyer. Pao-Lin se prêta au jeu quelques minutes, puis finit par sortir les griffes lorsque Fire Emblem lui montra des robes de dentelle qui auraient pu « lui aller à merveille ». Lorsqu'elle comprit la taquinerie, elle croisa les bras en gonflant la joue, ce qui arracha un rire des lèvres de Blue Rose.
Par la suite, le trio se promena dans les rues animées de la ville puis passa devant un cinéma dont les séances n'allaient pas tarder à commencer. Pao-Lin, qui n'avait pas été dans ce genre d'endroit depuis un bon moment, proposa à ses amis de voir un film, mais les seuls disponibles se résumaient à une comédie musicale ou à un film d'horreur. Bien que Nathan ne soit pas très porté par le premier choix, il préféra celui-ci au second. Blue Rose et Dragon Kid partagèrent le même avis.
C'est ainsi qu'ils entrèrent et s'installèrent, une fois leur place achetée.
Dans la salle presque vide planait une odeur de pop-corn et de caramel qui procura à Karina une étrange sensation de nostalgie. L'époque où elle sortait avec Emilie et Jane lui paraissait tout à coup si lointaine. Cependant, elle n'eut le temps de se remettre en question, car le film s'ouvrit sur une musique orchestrale et entraînante qui l'expulsa de ses pensées. D'abord un peu moqueurs à l'égard des morceaux musicaux, les spectateurs abandonnèrent finalement leur logique, et se laissèrent transporter par la féerie dulong métrage. Les couleurs tourbillonnaient dans une palette merveilleuse et symbolique : chatoyantes dans les moments de joie, pastel pour les scènes romantiques, et feutrées pour les instants mélancolique. L'histoire contait celle de deux musiciens qui apprenaient à se connaître, à échanger, et à vivre de leur passion. Tout semblait aller pour le mieux, et alors que le bonheur s'invitait dans leur vie à la base monotone, la fatalité défendait son territoire en leur imposant un choix difficile. En effet, chacun ayant un projet et un rêve à accomplir, ils comprirent mutuellement que pour réaliser ce rêve d'enfance, ils devraient prendre des chemins différents. Le moment des séparations arriverait tôt ou tard.
A cet instant, Karina ne put s'empêcher de penser à Barnaby.
A leur histoire.
A leur relation.
Est-ce que leur couple connaîtrait le même destin que ces deux protagonistes si elle venait à jouer les égoïstes ?
Elle se doutait bien que Barnaby finirait tôt ou tard par retrouver son pouvoir et reprendrait son rôle de Héros à cœur. Il en avait toujours été ainsi : même s'il se battait par vengeance au tout début de sa carrière, il avait appris à trouver une cause plus noble grâce à Kotetsu.
Et elle savait qu'il s'y tiendrait.
Mais elle, voulait-elle vraiment revêtir le costume de Blue Rose ? A cette question, la conversation avec Nathan résonna dans sa tête.
Elle ne savait plus.
« Pourquoi est-ce que j'en viens à prendre un film au sérieux ? », pensa-t-elle.
Elle finit par secouer la tête et reporta son attention sur l'écran. Les chansons et scènes de danses s'enchaînèrent, les monologues romantiques aussi. Et enfin, à même pas vingt minutes de la fin, une scène presque prévisible démarra.
Dans un morceau orchestral similaire à une valse éphémère, les deux amants fictifs s'embrassèrent passionnément et commencèrent à se déshabiller. Alors que la gêne aurait pu s'installer dans la salle, il n'en fut rien grâce à l'atmosphère poétique qui se dégagea de ce passage romantique. En effet, même si les protagonistes s'unissaient avec passion, la scène regorgeait de symbolismes grâce aux jeux des couleurs, des ombres, et de la musique.
Karina rougit violemment : l'image d'une scène similaire entre Barnaby et elle apparut soudainement dans son esprit. Elle essaya de s'en défaire, en vain.
C'était stupide, seulement, depuis quelques jours,, il y avait ce « je ne sais quoi » chez le Héros qui l'attirait physiquement. Et elle s'en voulait de ressentir une telle chose après ce qu'elle avait vécu. La culpabilité et le dégoût reprenaient souvent le dessus, toutefois, l'envie et la tentation ne se laissaient jamais abattre.
Le soleil commençait à se coucher lorsque le trio sortit du cinéma. En silence, ils contemplèrent le ciel se teinter de couleurs roses et oranges, nuancées par des tons violets qui offraient un sublime panorama. Karina admira la toile pastel, un agréable sentiment envahit sa poitrine, puis elle poussa un soupir apaisé.
Cette journée en compagnie de Nathan et Pao-Lin se terminait en beauté, et jamais elle ne s'était sentie aussi vivante que maintenant. Ce ciel et ses couleurs chaudes lui rappelaient que ce monde, gouverné par des hommes pessimistes et insatisfaits, possédait aussi des beautés passagères qu'il fallait prendre le temps de contempler.
Dans un élan de joie, la jeune femme attrapa ses deux amis par le bras, sourire aux lèvres.
- Je me sens tellement bien ! s'exclama-t-elle. Si je m'écoutais, je me mettrais à danser et chanter comme les personnages du film qu'on a vu !
- T'es pas sérieuse ! rigola Dragon Kid.
- Non, bien sûr que non !
Sans lâcher ses collègues, elle continua de fixer le ciel et s'égara un instant dans ses pensées. Soudain, Nathan resserra son emprise et tapota le bras de Blue Rose, sourire en coin.
- Ça fait plaisir de te voir sourire ! dit-il.
Il plongea son regard dans celui de son amie, et les joues de cette dernière prirent une teinte rosée.
Depuis combien de temps n'avait-elle pas souri sincèrement ? Elle-même ne connaissait pas la réponse à cette question. Néanmoins, cela lui importait peu, car elle comptait bien rattraper le temps perdu.
Les jours s'enchaînèrent sans vraiment se ressembler. Karina accorda quelques interviews à des chaînes de télévision tandis que Barnaby posa pour des magazines de modes qui se vendirent comme des petits pains. Les autres Héros continuèrent à chasser les criminels, et le mois de février s'effaça rapidement. Au cours du mois de mars, le couple enchaîna les rendez-vous et fit tout son possible pour dissimuler leur union. Comme leur emploi du temps s'avérait assez rempli, Karina et Barnaby décidèrent d'un commun accord qu'ils éviteraient de se voir jusqu'à la fin du mois.
C'est ainsi que la Rose continua de donner de ses nouvelles par le biais d'émissions télé ou radio. Cependant, les questions commençaient à devenir un peu plus douloureuses, surtout à la radio.
« Que pensez-vous faire par la suite ? »
« Comptez-vous reprendre votre rôle d'Héroïne ? »
« Des projets pour l'avenir ? »
- Tu devrais peut-être songer à réfléchir à tes réponses, Karina, conseilla sa mère en la rejoignant dans le salon après avoir éteint le poste.
Comme si elle n'y avait jamais réellement réfléchi.
La Rose sirota son verre de thé glacé sans tenir compte des conseils de sa mère. Le regard égaré sur un point invisible, elle pensa à toutes ces questions qui lui torturaient l'esprit : l'avenir restait un sujet qui l'angoissait.
Sans un mot, elle quitta son fauteuil et monta à sa chambre pour se laisser tomber sur le lit. Elle soupira, joua nerveusement avec ses doigts, puis finit par détourner les yeux en se mordant les lèvres.
« J'aimerais pouvoir lui parler... », pensa-t-elle.
Bien qu'elle comprenne l'initiative de Barnaby, Karina supportait de moins en moins l'idée de cacher leur relation. Évidemment, elle se doutait que si ce détail éclatait au grand jour, leur tranquillité actuelle serait bouleversée. Néanmoins, la jeune femme ressentait de plus en plus le besoin de vivre son idylle sans pudeur.
Profiter de leur amour au risque de se faire harceler par les médias, ou se cacher pour conserver leur intimité ?
Le choix s'avérait plus compliqué qu'il n'y paraissait, ce qui arracha un petit gémissement de frustration des lèvres de Karina.
Dès lors, elle se jura d'en reparler avec le concerné dès qu'ils se reverraient.
En tournant la tête, elle remarqua son piano qu'elle n'avait plus touché depuis des mois. Hypnotisée par l'appel de la musique, elle se leva lentement, s'avança vers l'instrument, puis prit place. Ses doigts effleurèrent les touches monochromes légèrement poussiéreuses, et la première note voila le soupir qu'elle poussa. Une mélodie pleine d'hésitation naquit, mais elle devint rapidement plus éloquente pour ensuite se transformer en une douce reprise.
Enfin, les paroles sortirent toutes seules :
« Emporte-moi sur la lune,
Et laisse-moi jouer autour des étoiles. »
Elle ne comprenait pas pourquoi elle en était venue à chanter ce morceau en particulier. Elle ne l'écoutait qu'occasionnellement, voire jamais, malgré tout, elle ne parvenait pas à s'arrêter.
« Laisse-moi voir à quoi ressemble le printemps
Sur Jupiter et sur Mars. »
Un petit sourire teinté de mélancolie se dessina au coin de ses lèvres tandis que ses doigts continuèrent d'appuyer doucement sur les touches.
« En d'autres termes, prends ma main.
En d'autres termes, chéri, embrasse-moi. »
Ses pensées s'égarèrent dans un songe enfantin : elle s'imagina aux côtés de Barnaby qui lui tendit le bras afin de l'inviter pour valser dans le ciel étoilé. Ses yeux verts l'invitaient, dans un sourire complice, à s'abandonner à lui.
« Remplis mon cœur de cette chanson,
Et laisse-moi chanter pour toujours. »
Dès lors, son sourire s'agrandit, et le rythme des notes s'accéléra. La musique ne faisait que refléter ses émotions. Elle voulait rêver et se laissait porter par ses émotions. Par son amour envers Barnaby.
« Tu es tout ce que je désire,
Tout ce que je vénère et que j'adore. »
Oui, tout ce qu'elle désirait n'était autre que sa présence. Le temps de cette chanson, elle se fichait bien du regard et des paroles des autres. Elle avait besoin de Barnaby, de sentir sa présence, de le savoir près d'elle, et qu'importe si cela gênait, qu'importe si cela ne lui ressemblait pas.
Que valait l'avis des autres de toute façon ?
« En d'autres termes, sois honnête s'il te plaît.
En d'autres termes, je t'aime. »
La musique se stoppa sur les trois derniers mots et les yeux de Karina fixèrent la fenêtre pour contempler le ciel étoilé. De nouveau, elle se perdit dans ses pensées pour songer encore et encore à Barnaby. Il n'y avait pas plus douloureux que son absence, et elle se mit à s'imaginer contempler les étoiles en sa compagnie. Quelques minutes s'écoulèrent dans le silence, un soupir s'évada de ses lèvres, et elle roula les yeux.
Pourquoi ne voulait-elle pas se l'avouer une bonne fois pour toutes ?
Était-ce si compliqué à admettre ?
Elle s'était pourtant dévoilée en chantonnant cette chanson connue, non ?
Alors quoi ? Était-ce de la fierté ? De la peur ? Ou probablement un mélange des deux ?
Car plus que tout, Karina souhaitait se tenir aux côtés de son aimé : prendre sa main dans la sienne, sentir son parfum rassurant, contempler son regard malicieux agrémenté de son petit sourire charmeur qui la faisait toujours craquer.
« Oui, je veux le revoir. », se dit-elle.
Alors, sans réfléchir, elle se leva, sortit de la chambre, descendit les escaliers, et s'en alla pour de bon. Dans le boucan infernal de la ville, Karina n'entendait plus que la petite voix dans sa tête qui lui ordonnait de « le » retrouver chez lui. Telle une chanson au refrain entraînant, ces mots tournèrent en boucle dans son esprit, l'encourageant à continuer sa course. A ne pas abandonner.
Ne pas abandonner.
Ne pas avoir peur.
Se laisser guider.
Courir aussi vite que nos jambes le permettent.
Laisser les émotions prendre le dessus, le temps d'un instant qui se gravera dans l'édifice de nos souvenirs intarissables.
La Rose continua sa course un petit moment, néanmoins, le rythme de ses pas ralentit, puis la folie éphémère de cette valse sentimentale s'éteignit.
« Et s'il n'est pas là ? » s'inquiéta-t-elle.
Elle se stoppa pour reprendre son souffle et tourna la tête derrière elle, hésitante.
Non.
Elle l'attendrait. Quitte à passer la nuit sur le seuil de la porte.
Heureusement pour elle, elle remarqua les lumières allumées lorsqu'elle arriva à destination. Un peu plus confiante, bien que tout de même légèrement stressée, elle prit une profonde inspiration et alla frapper à la porte.
Plusieurs secondes passèrent avant qu'on ne lui ouvre enfin, dévoilant un Barnaby surpris.
- Karina ? Mais... Que se passe-t-il ? demanda-t-il.
- … Je peux entrer ? proposa-t-elle après lui avoir adressé un regard désolé.
L'homme observa la jeune femme un instant, comme à la recherche d'une quelconque faille avant de se pousser pour lui ouvrir le passage.
Karina le remercia d'un signe de tête et pénétra dans le couloir avant de regarder tout autour d'elle. Rien n'avait changé, évidemment.
- Tout va b...
- Ça ne te dérange pas si je peux avoir un verre d'eau ? le coupa Karina.
- Non, pas de soucis.
Barnaby se dirigea vers la cuisine pour lui ramener la boisson. Entre temps, son « invitée » en avait profité pour se rendre au salon.
- Merci Barnaby... dit-elle en attrapant le verre.
Tandis qu'un silence s'installa entre les deux Héros, la jeune femme avala le contenu du gobelet, et Barnaby comprit qu'il ne valait mieux pas l'assaillir de question pour le moment. Il ne connaissait pas la raison de sa venue, mais dans le fond, son cœur se réchauffait à la présence de Karina : son absence commençait à lui manquer, aussi courte fut-elle.
- Comment vas-tu ? finit-elle par demander.
- Ça va, ça va. Et toi ?
- Ça va aussi... Tu avais une interview aujourd'hui ?
- Oui, je suis rentré i peine une heure, tu as de la chance ! Sourit-il.
Karina s'amusa à s'imaginer l'attendre sur le palier de la porte si elle était arrivée un peu plus tôt, et elle étouffa ensuite un petit rire en pensant à sa réaction.
En silence, elle continua à boire et s'égara dans ses pensées.
Tu as du neuf à me raconter ? demanda tout à coup le Héros.
Elle leva la tête vers son aimé et la soudaine envie de lui parler de ses sentiments lui brûla la gorge, néanmoins, aucun mot ne sortit. Elle ne savait pas comment aborder le sujet.
- Pas spécialement, et toi ? répondit-elle.
Barnaby n'était pas dupe. Plus le temps passait, plus il se doutait que quelque chose n'allait pas. Toutefois, il préféra ne pas la brusquer de suite.
- Pas grand chose non plus... Depuis mon retour je refaisais la déco de ma chambre, mais j'ai terminé hier. Du coup, je dois me trouver une autre occupation.
Il ponctua sa dernière phrase d'un petit rire.
- Oh vraiment ? s'étonna Karina. Je peux voir ?
- Oui bien sûr, suis moi.
Sur ces mots, Barnaby se rendit dans ladite chambre et ouvrit la porte pour y laisser entrer la jeune femme.
Les meubles avaient gardé leur place initiale ; la différence provenait en effet du papier peint qui était passé du blanc au violet bordeaux, plongeant ainsi la pièce dans une ambiance feutrée. Le lit, toujours calé contre le mur de gauche, non loin de la fenêtre, arborait des couvertures et des oreillers plus clairs, histoire de ne pas trop plonger la chambre dans une obscurité naturelle.
Une immense peinture de la voie lactée se tenait au-dessus du lit, ce qui projetait une image onirique. Karina s'y attarda un instant, mais préféra se diriger vers la fenêtre pour observer les véritables étoiles.
- C'est vraiment sympa comme nouvelle déco, commenta-t-elle en se tournant vers lui.
- Merci. Ce n'est pas grand chose, mais je suis quand même content du résultat !
- Je trouve que ça te correspond bien !
De nouveau, elle se tourna vers la fenêtre pour contempler le ciel étoilé. Une expression songeuse s'invita sur son visage, et son sourire en coin se dissipa lentement, retenant l'attention de Barnaby.
En silence, il l'analysa avant d'étouffer un soupir : une drôle d'impression titillait sa curiosité. Si bien qu'il finit par lancer le sujet qu'il n'osait aborder jusque-là.
- Tu sais... J'ai entendu tes dernières interviews.
Le cœur de la Rose tambourina violemment contre sa poitrine et son sang se glaça. Toutefois, ses lèvres restèrent scellées.
- Certaines questions semblent te perturber, ajouta-t-il.
Le poing de la jeune femme se serra.
La frustration commença à monter, les maintes questions sur son avenir envahirent son esprit, et une boule se forma dans son ventre.
Néanmoins, elle demeura muette.
- … Karina, qu'est-ce que tu comptes faire après tout ça ? insista Barnaby.
- J'en sais rien, marmonna-t-elle enfin.
- …Tu devrais peut-être commencer à y réfléchir. C'est important de penser à l'avenir et...
- Mais j'en ai rien à faire du futur !
Un silence oppressant profita de l'occasion pour dresser un mur invisible entre les deux Next. Barnaby écarquilla les yeux, tandis que Karina le fixa d'une mine attristée. Plusieurs secondes, s'apparentant à des minutes, tournèrent dans le vide, laissant le duo se fixer.
- Rester ou non une Héroïne n'est pas ma première préoccupation ! reprit l'Héroïne. L'avenir ? Mes projets ? Pour le moment je n'ai pas envie de me prendre la tête avec tout ça ! J'ai simplement besoin d'être avec toi ! Seulement toi...
Un ange passa, mais Karina s'empressa de reprendre la parole pour faire barrage au malaise qui ne tarderait pas à s'installer.
- Depuis mon expérience... Il n'y a qu'avec toi que je me sens exister. Tu es toujours là à me soutenir, à me tenir la main dans les moments où je commence à perdre pied. Je veux rester avec toi, Barnaby... Parce qu'il n'y a qu'avec toi que je vois l'avenir !
De nouveau un silence, plus pesant cette fois. Néanmoins, Barnaby préféra ne pas se laisser abattre et se dirigea vers elle pour reprendre la parole.
- Karina...
- Je sais que c'est stupide et égoïste ! Mais... J'en ai assez... Je ne veux que toi pour le moment...
Elle ignorait comment se comporter, et malgré elle, elle baissa les yeux, comme pour fuir le regard probablement jugeur de son aimé. Et alors que les larmes ne cessaient de couler sur ses joues rougies, elle sentit, tout à coup, la main de Barnaby se poser sur l'une d'elle. Doucement, il saisit son menton et l'obligea à remonter la tête pour plonger ses émeraudes dans les yeux humides de la Rose. Le temps stoppa sa course.
L'échange silencieux enveloppa Karina dans une bulle rassurante. Elle voyait dans le regard de Barnaby nul jugement, nulle critique, juste une infinie tendresse qui accéléra les battements de son cœur.
Avec la même douceur, le jeune homme fit glisser sa main vers la chevelure dorée de l'Héroïne, promena ses doigts dans ses mèches, puis descendit à sa nuque, lui arrachant un agréable frisson.
Les lèvres de Barnaby s'étirèrent en un sourire, légèrement hésitant, mais tout de même réconfortant. En guise de remerciement, Karina le lui rendit.
Enfin, le Héros se rapprocha de la Rose, et, comprenant ce geste, cette dernière ferma les yeux pour accueillir le baiser.
Combien de fois avait-elle lu dans les romans, ou entendu dans les films que le goût du baiser avec l'être aimé s'apparentait à celui d'un fruit sucré ou d'un agrume acide ? En y repensant, il y avait de quoi rire : le goût légendaire n'existait pas. Pourtant, Karina ne pouvait se détacher des lèvres de Barnaby, quelque chose qui la poussait à approfondir, à profiter encore et encore de ce plaisir simple et délicieux malgré tout.
Alors, guidée par ses sens en éveil, elle enroula ses bras autour de la taille du Héros, et lui caressa le dos.
Leurs lèvres se séparèrent, un nouvel échange de regard eut lieu dans un silence. La bouche entrouverte, les yeux à demi clos, sans chercher à le lâcher, Karina le contempla avec amour.
Dès lors, la respiration de Barnaby s'accéléra et il la dévisagea un instant, incertain de ce qu'il pouvait faire.
Lentement, il se rapprocha une nouvelle fois de la Rose, et décida de poser ses lèvres dans le creux de son cou.
Un doux frisson parcourut l'échine de Karina lorsque les lèvres chaudes de son amant entrèrent en contact avec sa peau froide. A son tour, sa bouche s'entrouvrit, mais pour y laisser échapper un soupir d'aise, qui ne fit aucun doute sur l'état de ses émotions. Détendue, elle en profita pour faire glisser ses mains sur le dos de Barnaby, l'encourageant d'un simple geste à continuer son action. Ce dernier ne se fit pas prier une seconde fois, et il en profita pour embrasser son épaule. Après un moment d'hésitation, la Rose prit finalement l'initiative de déposer un baiser sur la joue du Héros. Aussitôt, il tourna la tête, et l'embrassa plus passionnément sur la bouche. Une vague de désir submergea dès lors la jeune femme, qui approfondit avec maladresse, tout en répondant à ce geste par des caresses sous le t-shirt de Barnaby. Surpris, celui-ci sursauta légèrement en sentant les doigts de son aimée parcourir son torse, et ensuite sa colonne vertébrale.
Enfin, il se retira pour plonger ses yeux dans les siens, et un échange de regard se produisit durant de courtes secondes. Chacun d'entre eux ressentait l'envie de poursuivre, l'adrénaline s'écoulant dans leurs veines, toutefois, une pointe de doute, de crainte, traversa les noisettes de la Rose. Malgré sa confiance envers lui, elle était effrayée à l'idée de revivre les mêmes douleurs que sa première fois. Le Héros n'eut de mal à comprendre sa réticence, et il lui caressa la joue afin de la rassurer. Son expression semblait lui dire de ne pas s'inquiéter car il serait toujours à son écoute, prêt à arrêter à la moindre demande. Lui qui était pourtant considéré par les médias comme un dragueur, un homme à femmes, il montrait en cet instant une facette de lui différente ; celle d'un homme attentionné, compréhensif. Il n'en fallut pas plus pour que le cœur de Karina se soulève d'une certaine allégresse, et qu'elle se sente rassurée d'être à ses côtés.
D'un commun accord silencieux, Barnaby commença par poser ses mains sur les hanches de Karina, puis les fit passer sous son haut pour lui effleurer le ventre. Un petit sursaut secoua cette dernière, mais au lieu de le repousser, elle l'embrassa à nouveau avec plus de confiance. Peu de temps après, il lui retira son haut, ce qui eut pour effet immédiat de faire renaître la peur dans le cœur de la fleur. Elle ne voulait pas qu'il s'attarde sur ses marques, et s'attendait à une réaction de dégoût de sa part. Au lieu de cela, il ne prononça pas un mot, et déposa ses lèvres sur la gorge de la jeune femme, avant de remonter lentement vers son cou, puis son épaule. Karina ferma les yeux, soulagée, et se laissa gagner par un sentiment de bien-être.
Lorsque Barnaby termina ses baisers et caresses, il attrapa la main de son aimée, et ensemble, ils s'installèrent sur le lit. Il l'allongea délicatement dessus et se positionna au-dessus d'elle. Il ne put alors s'empêcher de la contempler, et si Karina avait tourné la tête en sa direction au même moment, elle aurait pu remarquer que les joues de son amant avaient pris une teinte très écarlate. Finalement, il continua de l'embrasser un peu partout sur le haut du corps, restant attentif à la moindre de ses réactions. La voyant toujours statique, il passa une main dans ses cheveux, et de l'autre, il releva gentiment son menton afin de l'encourager à le regarder dans les yeux.
- Tu es belle, murmura-t-il dans un souffle.
Bien que le compliment fût simple, il ravit la Rose qui se sentit un peu plus à l'aise dans les bras du Héros. Néanmoins, elle se figea légèrement quand elle sentit les bretelles de son soutien-gorge glisser le long de ses épaules. En effet, elle ressentait toujours de la gêne, voire de la honte, envers sa poitrine qu'elle et les autres jugeaient trop petite, notamment les journalistes. Elle craignait donc de lire de la déception sur le visage de Barnaby, ou s'attendait à une remarque de sa part à ce sujet, pourtant il ne réagit pas.
Au contraire, il déposa un baiser sur son décolleté, tout en dégrafant d'un geste habile de la main, le sous-vêtement de sa belle. Il ne le retira cependant pas de suite, et continua de l'embrasser sur son buste, s'attardant particulièrement sur ses dernières marques rebelles. Karina trouva cette attention adorable, elle le remercia d'un baiser au coin des lèvres, tout en glissant ses doigts dans les cheveux bouclés du blond. Ce dernier profita de ce moment pour enlever définitivement le soutien-gorge de la jeune femme, et demeura quelques secondes à admirer son corps. Il ne comprenait pas pourquoi elle complexait dessus, car à ses yeux, elle n'avait rien à envier à ses semblables. A cette pensée, il sentit ses joues s'empourprer davantage, et il secoua légèrement la tête pour reprendre ses esprits.
Chacun de ses baisers procura un frisson d'excitation en Karina. La sachant désormais plus en confiance, il osa poser ses lèvres sur son nombril, lui mordilla gentiment la peau, et descendit ensuite à son bassin. Les petits couinements de plaisir qui s'échappaient involontairement de la gorge de la Rose le rassurèrent, et lui donnèrent le courage de lui caresser à présent les cuisses, ainsi que de lui déboutonner le jean. Toutefois, avant d'aller plus loin, il releva le menton et chercha l'accord de sa partenaire dans son regard. Et sans un mot, celle-ci hocha timidement la tête, le visage de plus en plus cramoisi par la situation. Barnaby lui défit donc le pantalon.
Les caresses reprirent de plus belle ; il passa d'abord ses mains sur ses cuisses, les remontant parfois pour la mettre à l'aise, puis une fois en haut, il massa agréablement les seins de sa belle. En même temps, il continua de l'embrasser à divers endroits de sa peau, et découvrit une sensibilité chez elle au niveau de la clavicule. Karina le laissa faire tout le long, de légers soupirs de bonheur s'échappaient régulièrement de sa bouche entrouverte. Elle tenta de contrôler sa respiration, mais l'excitation la tenailla à plusieurs reprises. Parfois, c'était la peur qui bloquait son souffle, surtout lorsque la perfide pensée du moment fatidique se dessinait dans son esprit. Elle essayait de se concentrer alors sur l'instant présent, et s'abandonnait à nouveau à l'extase naissante.
Soudain, elle sentit les doigts de son amant se diriger vers son intimité, et, tel un mécanisme, elle resserra immédiatement les cuisses. Barnaby n'insista pas, et il se pencha à son oreille pour lui demander si elle voulait qu'ils arrêtent là. Sa voix fluette se faufila en Karina, lui procurant un violent frisson. Elle secoua la tête et lui rétorqua qu'elle désirait poursuivre. Pour lui prouver ses dires, elle lui retira à son tour le t-shirt. A la vue de son torse nu, elle sentit le feu lui monter au visage, puis elle prit une inspiration lorsqu'elle fit glisser le bout de ses ongles dans le creux de ses muscles. Elle l'embrassa ensuite dessus, remontant petit à petit, et lui dédia un petit sourire en coin qui finit de le rassurer. Il lui rendit son sourire, et il reprit son action. De nouveau en confiance, elle desserra alors les cuisses, et tenta d'imiter les gestes du Héros afin de lui procurer aussi des sensations de plaisir. Malgré sa tendre maladresse lors de ses baisers et de ses caresses, elle fit de son mieux pour satisfaire Barnaby, qui ressentait de plus en plus de mal à se retenir. En effet, le doux parfum de la Rose l'enivrait, ses cheveux d'or éparpillés autour de son visage carmin lui offraient un tableau ravissant, tandis que sa peau dénudée et sa poitrine bien ferme lui donnaient une vision plus qu'alléchante de celle qu'il aimait.
Alors que le blond contemplait le corps désirable de Karina, celle-ci en profita pour déboutonner son pantalon, avant de lui faire doucement glisser sur les cuisses. Avec un léger sourire, il termina la tâche, et une fois tous les deux pratiquement nus, ils s'observèrent un instant, l'un aussi écarlate que l'autre. Néanmoins le désir se lisait dans leur regard et l'adrénaline devenait de plus en plus forte. Enfin, Barnaby commença ensuite à faire glisser la culotte de la jeune femme, qui n'avait pas été épargnée par l'excitation de cette dernière. Karina ferma les yeux, et essaya en vain de calmer sa respiration saccadée suite à ce geste. Remarquant cela, son amant se pencha vers elle et il l'embrassa tendrement sur la tempe dans l'espoir de la rassurer. Elle s'accrocha aussitôt à son cou.
- Ça va aller…, lui chuchota-t-il. Et surtout, n'hésite pas à me dire si tu veux arrêter.
Elle acquiesça en silence, lui donnant ainsi la permission d'aller plus loin. Malgré sa peur, son désir ardent brûlait de plus en plus fort, et remportait dès lors le duel de ses émotions contraires. Elle ne voulait plus reculer. La douceur et la gentillesse de Barnaby l'aidaient à maintenir sa position, et elle l'encouragea par la suite à continuer. Il ne se fit pas attendre, l'excitation devenant également puissante en lui.
Il posa donc ses doigts sur l'intimité de la Rose, et entreprit de lui caresser lentement. Il les laissa se promener tout autour, effleurant à plusieurs reprises ses lèvres du bout des ongles. De petits gémissements de plaisir s'évadèrent de la gorge de son aimée, qui resserra de temps en temps ses cuisses par réflexe. Ses jambes, son corps entier, tremblaient sous l'effet de l'adrénaline, et lorsqu'elle sentit les premiers massages sur son sexe, elle se mordit rapidement la langue pour retenir un cri de surprise.
Tandis que le massage devint plus intense, Karina eut la sensation d'être soudain plus humide, et elle comprit rapidement qu'un peu de cyprine venait de s'échapper de son intimité. La honte s'empara d'elle, et elle détourna le visage afin de ne pas croiser le regard du Héros. Cependant, celui-ci ne s'en formalisa pas, et il l'embrassa passionnément dans le but de la réconforter. Il lui offrit également l'un de ses plus beaux sourires, et dès qu'elle fut de nouveau à l'aise, il reprit le massage de plus belle. Il ne s'arrêta pourtant pas là, puisqu'il déposa quelques baisers dans le cou de Karina, et titilla avec taquinerie le lobe de ses oreilles. Et alors que ses doigts malaxaient l'intimité de sa Rose, il toucha soudain un point sensible qui valut à la jeune femme une exclamation de surprise. Un filet de bave l'accompagna aussitôt, et elle sentit ensuite ses tétons se durcir sous l'effet du plaisir indescriptible qui s'emparait de son être.
Devant cette scène exquise, Barnaby commença à se sentir à l'étroit dans son sous-vêtement, si bien qu'il l'enleva pour de bon. Il était désormais nu.
A cette image, Karina ne put empêcher la chaleur de l'étreinte complètement, et son souffle s'accéléra sans qu'elle ne puisse rien faire. De son coté, le blond tenta de calmer les palpitations de son cœur, et de conserver un self-control de sa respiration. Afin d'éviter que la gêne ne s'installe entre eux, il se colla bien à elle. Ce soudain contact chaud et rassurant invita Karina à lui caresser le dos, et avec un malicieux sourire en coin, elle enclencha son pouvoir avant de faire glisser son doigt gelé le long de sa colonne vertébrale.
Un gémissement de surprise et de plaisir s'échappa des lèvres du Héros, qui la regarda avec les joues rouges.
- Tu triches ! lui lança-t-il.
Elle lui répondit par un petit rire et lui tira la langue, amusée. Cette détente l'empêcha de penser au moment fatidique de la pénétration, à la douleur qui risquait de survenir, même si elle faisait tout pour se convaincre qu'il essaierait de ne pas lui faire mal.
Les baisers et les caresses recommencèrent et devinrent de plus en plus passionnels. Elle lui massa les fesses, tandis qu'il lui suça les tétons, jouant parfois avec, ce qui arrachait des couinements de plaisir à la Rose.
Finalement, il entreprit de se frotter à elle.
Lentement.
Doucement.
Et la pénétration survint.
Mais à peine le gland entra en contact avec l'intérieur du sexe de Karina, qu'elle se crispa et une douleur lancinante se propagea en elle. Barnaby se stoppa aussitôt, et lui caressa les hanches afin de la détendre. Il l'embrassa de nouveau un peu partout, s'amusant avec ses sens, lui faisant ressentir des frissons de plaisir à chaque seconde.
Petit à petit, il la sentit se décontracter, et il en profita pour approfondir la pénétration. Il ne fit aucun geste brusque, et alors qu'il la voyait froncer les sourcils, il se pencha vers elle pour l'embrasser dans une extrême tendresse. Surprise mais soulagée, elle s'abandonna à lui, et enfin ils se possédèrent mutuellement. Il resta un instant ainsi, la laissant s'habituer.
Certes, Karina avait mal, toutefois cela n'avait rien à voir avec la dernière fois. Elle se sentait au contraire bien. Cette douce souffrance accroissait son excitation. Et quand leurs regards se croisèrent, il sut qu'elle attendait la même chose que lui. Dès lors, il entreprit de faire de légers va-et-vient en elle. Elle se mordit un instant les lèvres, mais rapidement elle se mit à gémir de plaisir, et inconsciemment, elle enroula ses cuisses humides autour du bassin de son amant, l'encourageant ainsi à continuer davantage.
Leurs deux corps se mêlèrent l'un à l'autre, et transpirèrent à chaque mouvement de rein de Barnaby en Karina. D'abord lents, ils finirent par se transformer en une cascade de va-et-vient rapides et jouissifs. La douleur s'estompa définitivement chez la jeune femme, qui ne ressentait désormais plus qu'un bonheur incommensurable. Elle s'agrippa alors à son aimé, et resserra son étreinte avec ses jambes afin de s'enfoncer un peu plus loin en lui. Ce dernier n'était pas en reste puisqu'il gonflait en elle, et il fit de son mieux pour ne pas laisser exploser son plaisir trop vite. Il entrelaça ses doigts avec les siens, et l'embrassa d'une passion torride tandis qu'il la sentait se donner entièrement à lui.
Elle était chaude, humide, et totalement ouverte. Il s'engouffra aussi loin que possible, accélérant la cadence. Enfin, ce fut dans cette danse endiablée que leurs deux corps lâchèrent au même moment et qu'ils ne firent plus qu'un. Et dans cette explosion de jouissance réciproque, leurs cris de plaisir résonnèrent dans la pièce silencieuse.
Barnaby et Karina restèrent un moment l'un dans l'autre, et profitèrent de cette savoureuse situation en s'embrassant longuement. Leur langue s'offrirent un ballet effréné durant plusieurs secondes et leurs doigts se caressèrent mutuellement le corps.
Finalement, le Héros se décida à se retirer en douceur. Ce fut à cet instant que la chambre s'illumina d'une vive lumière bleue.
- B... Barnaby ! Ton corps ! balbutia la Rose avec surprise.
- Qu'est-ce que... !
Avec surprise, il regarda ses mains illuminées, et écarquilla les yeux en reconnaissant la sensation qui le submergea. En effet, malgré la fatigue, une grande force surgit en lui. Une force qu'il connaissait bien. Cela commença par de petits fourmillements au bout de ses doigts, qui se diffusèrent petit à petit dans tout son corps. Puis une chaleur douce, réconfortante, le submergea, avant de se transformer en une sensation de bien-être longtemps oubliée. Des larmes lui montèrent aux yeux en comprenant la situation.
A cet instant, Barnaby Brooks Jr. se sentit vraiment revivre.
- Mon pouvoir..., murmura-t-il.
Karina resta un moment dans le vague, le temps de comprendre ce qu'il était en train de se passer. Puis, un large sourire se dessina sur son visage.
- Tu l'as retrouvé ?!, s'exclama-t-elle
- On dirait bien...
Les larmes aux yeux, l'Heroïne se jeta à son cou pour l'enlacer tendrement, heureuse comme elle ne l'avait jamais été.
Les lèvres de Barnaby s'étirèrent à leur tour, et sous le regard de la lune qui illuminait la scène sublime, un dernier baiser entre les amants clôtura cet instant inoubliable.
Note de l'auteur : Et... Voilà. C'est avec une certaine boule au ventre que je clôture aujourd'hui ma Fanfiction.
Je l'écris depuis 4 ans (j'avais débuté en Aout 2013 avant de commencer à la poster ici) et me dire que c'est maintenant terminé me procure une étrange sensation. Vous savez, j'avais commencé à rédiger cette histoire après des années de pages blanches. Jusque là je n'avais terminé que très peu de fanfiction. Me dire que je suis allée jusqu'au bout m'emplit de fierté ! Je suis vraiment contente de moi !
Je tenais tout de même à remercier ma bêta lectrice : Sayuri-Geisha, car sans elle, mon histoire n'aurait jamais connu de fin et elle aurait été bien fade à lire. Donc un énorme merci à elle pour ses correction, sa grande aide (sachez que c'est elle qui m'a rédigé la scène de Lemon tant je n'y parvenais pas... Et il n'y a pas que ça !) sa patience et ses encouragements. Elle est vraiment fabuleuse !
Merci aussi à vous, lecteurs d'être venu jusqu'ici ! J'attends comme d'habitude votre avis sur cet ultime chapitre, et j'espère qu'il vous aura plu. J'ai eu beaucoup de mal à le rédiger mais le voici enfin en ligne ! Avez vous une idée du film que Karina a regardé ? Car oui, je me suis inspirée d'un long métrage pour avoir une base ! C'est un film qui me fait énormément penser à Karina et Barnaby, du coup voilà ;)
Pour ce qui est de ma prochaine fanfiction, je vais me concentrer dessus grâce au NaNoWriMo, si tout se passe bien, je vous la posterais d'ici 2018 !
Sur ce, je vous laisse avec l'épilogue :)
