Ce chapitre est très dense et a été extrêmement difficile à écrire. Je suis désolée de vous avoir fait attendre! La suite va être encore pire, je le sens... N'empêche, je suis plutôt satisfaite. J'ai réussi à développer un peu plus les émotions de Kadaj et de Rufus à ces moments-clés, chose que je n'avais pas vraiment pu faire à l'époque... J'ai aussi changé plusieurs détails stupides, qu'on avait oubliés par la suite...


-TERMINÉ!

-Non, c'est là que tout commence.

Reno arrivait à peine à suivre les événements qui se bousculaient hors de la camionnette. Kadaj en profitait pour faire sa petite pute sur le Président en lui aspirant son géostigma, Dolly qui se fâchait et qui le provoquait, et le Président en transe qui lui sautait dessus, elle qui échappait de justesse et montait sur le toit de la camionnette...

Et maintenant, elle demandait qu'on lui file la tête de Jenny. Reno échangea un regard avec Tseng, qui hocha la tête, et il ouvrit la trappe dans le toit de la camionnette. Il n'était pas sûr que ce soit une si bonne idée de laisser une Dolly bien énervée prendre la tête avec un Kadaj boosté à mort à côté, mais elle devait bien avoir son plan...

Comme de fait, il l'entendit dans son micro ordonner à Shotgun de tirer une balle dans un des argentés, ce qu'elle fit, mais le gros para avec l'arme sur son bras et un des gamins s'écroula. Soit il l'avait entendue même si elle n'avait pas parlé très fort, soit ils étaient juste trop forts... Évidemment, Kadaj profita de l'hésitation générale pour sortir rapidement son double sabre et le placer nonchalamment sous la gorge du Président.

-Merde, ils sont trop rapides, dit Shotgun qui avait l'air de paniquer légèrement. Tu fais quoi là, Dolly?

-D'accord, Kadaj, tu veux kaa-san, n'est-ce pas? dit Dolly à voix haute. Eh bien il va falloir l'attraper, c'est un jeu... Tu veux jouer avec moi Kadaj? Le plus rapide aura kaa-san!

Et elle sauta en bas du véhicule, courant très vite par dessus les tranchées. Kadaj n'hésita qu'une seconde avant de la suivre. Une Dolly blessée contre un clône boosté, ce n'était pas prometteur... Kadaj avait dû donner ses ordres par télépathie, car le Président s'était redressé, appuyé contre quelques enfants, et se laissait guider vers le camion des argentés. Reno se précipita hors de la camionnette dans le but de le tirer de là, mais à peine avait-il fait quelques pas en direction de son patron que le clône efféminé lui avait tiré une balle dans l'épaule. Sonné par le choc et la douleur, le Turk aux cheveux rouges s'écroula en se demandant comment ils allaient bien pouvoir s'en tirer...

OoOoO

Nee-san avait mal, mais elle lui résistait de toutes ses forces, et elle courait du plus vite qu'elle le pouvait. Il la vit grimacer lorsqu'elle sauta en bas d'un petit précipice, et du sang commença à transpercer son chandail au niveau des côtes. Kadaj se disait qu'il pourrait rapidement la rattraper, mais soudain elle enleva l'étrange collier de métal qu'elle portait au cou, et il sentit aussitôt un lien télépathique s'établir entre eux. Elle se mit aussi à courir beaucoup plus rapidement.

« Relâche ton emprise sur Rufus et les enfants, dis à tes deux grands frères de les laisser partir, et je te rends kaa-san! »

Kadaj s'arrêta. Si les choses pouvaient aller plus vite comme ça, il les laisserait aller. De toute façon, ils lui reviendraient bien vite pendant le Réunion...

« D'accord, répondit Kadaj, mais tu jettes d'abord ta boîte supposément piégée. »

On est jamais trop prudent. Dolly aussi s'était arrêtée; elle était complètement à bout de souffle, mais elle serrait toujours la boîte contre elle de toutes ses forces.

-Relâche ton emprise sur eux d'abord! cria-t-elle.

-C'est fait, répondit Kadaj après quelques instants.

Par les yeux de ses frères, il les avait vus lancer le Président en direction de leur camionnette blindée. Le Turk wutaien en était sorti et avait ranimé le Turk rouge blessé, et les deux avaient ramené leur Président à l'abri. Les enfants s'étaient écroulés par terre, évanouis pour la plupart. Il s'assura que Dolly pouvait voir ces images via leur lien télépathique de plus en plus fort. Il marcha lentement vers elle, laissant tomber souba par terre.

-Prends kaa-san, sors-la de la boîte, maintenant, dit-il d'une voix calme. Le boss est avec tes amis, comme tu le voulais.

Et Dolly lui obéit aussitôt, devenant la bonne soeur qu'elle aurait toujours dû être. Elle ouvrit la boîte et la jeta au loin, gardant entre ses doigts ce qu'il désirait si ardemment, depuis si longtemps, avant de la lui tendre... Fasciné, Kadaj s'approcha et caressa la joue de Dolly pour la remercier de son obéissance, avant de lui demander gentiment de lui donner kaa-san, ce qu'elle fit avec respect et amour, le regard rivé sur lui. Kadaj la prit par le dessous et la contempla un instant.

-Kaa-san... nous sommes enfin réunis... alors dis-moi... dis-le moi enfin...

Hésitant, il sentait son coeur battre à tout rompre. Il ne portait plus ses gants de cuir, et il sentait le liquide visqueux dans lequel avait longtemps baigné kaa-san, un liquide froid qui piquait. Il sentait aussi Dolly qui s'accrochait à ses jambes de tout son amour jenovien, mais il aurait voulu être seul, seul alors que ce moment aurait dû être celui de la Réunion, celui de tous ses frères et de toutes ses soeurs... Il finit tout de même par poser la question, la seule question qui l'habitait, celle qu'elle n'avait jamais voulu répondre.

-Dis-le moi enfin, qui préfères-tu, de lui ou de moi?

Le vent souffla, faisant mollement voler les mèches mouillées de la tête de sa kaa-san. Il n'y eut aucune autre réaction de sa part, et même dans sa tête, le silence s'était installé. Bien sûr, se dit Kadaj en esquissant un léger sourire, elle n'allait pas ouvrir les yeux et se mettre à parler aussi facilement. Et malgré tous ses doutes, parce qu'il était un bon fils, parce que ce ne serait qu'en accomplissant la Réunion qu'il obtiendrait sa réponse, il colla la tête de JENOVA contre sa poitrine pour l'absorber.

-On va savoir, hm?

Et il sentit aussitôt une douleur atroce envahir chaque cellule de son corps. Il s'accrochait malgré tout de son mieux à kaa-san, mais bientôt la douleur laissa la place à une sensation encore plus désagréable: celle du vide.

OoOoO

-Kaa-san...

Sephiroth était allongé sur le sol. Un visage était penché sur lui. Un visage vaguement familier... Il sentait des doigts caresser son visage.

-Tu es revenu...

-Évidemment.

Il sourit à la femme penchée sur lui, avant de se redresser et de lui tendre la main.

-Tu viens? Il y a une Planète à conquérir.

-Je te suivrai partout mon amour, répondit-elle en glissant sa main dans la sienne. Rendons la Planète à kaa-san!

Et il la prit contre elle, avant de faire sortir la grande aile brune dans son dos et de s'envoler. Leurs cellules surexcitées communiquaient entre elles, et Sephiroth savait qu'elle ferait exactement ce qu'il attendait d'elle.

OoOoO

Tseng s'en voulait, mais il avait laissé filer les deux frères de Kadaj. Il aurait voulu les massacrer lui-même en prenant beaucoup de temps pour les faire souffrir, mais la priorité était de s'occuper du Président, et de retrouver Victoria et Kadaj. Les deux autres devraient attendre. Il ordonna à Shotgun de superviser la récupération des gamins avec quelques SOLDIERs, et à Rude de prendre le commandement des autres SOLDIERs et de passer la zone au peigne fin dans le but de retrouver les deux clônes et la tête de JENOVA. Lui ramènerait le Président d'urgence à Midgar, il n'était pas en état de rester pour se battre de toute façon. Reno aussi était en mauvais état, il l'avait aidé à se soigner tout à l'heure, ce n'était rien de trop inquiétant mais il avait perdu beaucoup de sang et il était plutôt dans les vapes...

Il venait tout juste de faire demi-tour quand il constata qu'Elena s'était finalement réveillée, et elle était en train de déshabiller le Président. En voyant qu'elle approchait ses mains du liquide noir du géostigma qui tachait le costume blanc, il freina sec.

-ELENA! Mais bon sang, qu'est-ce que tu fais? Ne touche pas à cette saleté!

-Il faut lui enlever ses vêtements...

Elle lui tendit les mains; elle avait mis des gants de caoutchouc, qu'elle avait dû trouver dans la trousse de secours. Tseng soupira de soulagement et redémarra, non sans arrêter de grogner.

-Fais bien attention de ne pas entrer en contact avec le liquide, surtout là où tu as des plaies, tu n'auras pas de deuxième chance, Elena!

-Je sais.

En regardant dans le rétroviseur, Tseng vit qu'elle avait l'air déterminé, et qu'il n'y avait aucune hésitation dans ses gestes. La vraie Elena au travail était de retour, et il se dit que ce plan mal exécuté aurait au moins eu ça de bon...

-Comment va le Président? Tu crois qu'il va se réveiller bientôt?

-Il est encore malade, répondit Elena.

-Il reste encore beaucoup de plaques? L'autre en a quand même absorbé pas mal...

-Sur la main... un peu dans le dos... mais ça a beaucoup diminué.

-C'est toujours ça de gagné, soupira le wutaien avant de prendre son PHS.

Il regardait la ville qui se rapprochait devant lui en attendant que Rude lui réponde et lui fasse son rapport sur la situation. Ils n'avaient encore rien trouvé, et Tseng venait de raccrocher quand il entendit un cri de douleur du Président. Sans freiner, il regarda dans le rétroviseur et vit qu'il se tordait de douleur, les mains sur ses oreilles. Elena avait l'air désemparée, et s'était reculée un peu.

-Mais... qu'est-ce qu'il a? Tseng il souffre, tu crois que...?

-Par Leviathan, j'en sais rien! Il doit se passer quelque chose, mais...

Se maudissant encore une fois à cause de son impuissance, Tseng accéléra encore. Ils seraient bientôt à l'entrée de la ville, et le Turk espérait que le Président ne souffrait pas à cause de ce qu'il pensait... mais son PHS sonna, et la voix de Shotgun anéantit le peu d'espoir qu'il lui restait.

-Patron, on a repéré un ange à une seule aile qui s'envolait, on a un problèèème...

-Kuso... repliez-vous, tout le monde rentre! ordonna Tseng. Et... Victoria, où est-elle passée?

-Aucune idée, vous voulez qu'on continue les recherches?

-Non, tu m'as entendu, rentrez tous, c'est un ordre!

-Si elle était avec Kadaj, dit Elena une fois qu'il eut raccroché, probablement que...

Elle ne finit pas sa phrase, et Tseng ne répondit rien, mais il savait très bien à quoi elle pensait, car il se disait la même chose. Elle était probablement passée sous le contrôle de Sephiroth, et constituerait une aussi grande menace que lui...

OoOoO

Rufus s'éveilla enfin, la tête sur les genoux d'Elena qui essuyait son front en sueur. Il sentait qu'il était dans un véhicule en marche, et surtout il sentait que quelque chose n'allait pas.

-'Lena, j'aime pas ce que je viens de voir passer dans le ciel...

-Il est là, murmura Rufus.

Tseng devait garer la camionnette, car les mouvements du véhicule venaient de s'arrêter. Le Turk sortit du véhicule pendant quelques instants avant d'ouvrir la portière arrière pour aller le rejoindre.

-Monsieur le Président, comment vous sentez-vous?

-J'ai horriblement mal à la tête et des acouphènes, répondit machinalement Rufus, j'ai mal dans tout mon corps et un goût horrible dans la bouche... mais ça pourrait être pire...

-J'ai prévenu le labo et l'unité de soins de votre arrivée. Ils vont aussi venir s'occuper de Reno, dit Tseng qui avait retiré sa veste et la mettait sur les épaules de Rufus qui s'était péniblement redressé.

Celui-ci avait à peine réalisé qu'il était torse nu, mais il se laissa faire. Elena aida Tseng à le soulever et à le mettre dans son fauteuil roulant.

-Il est de retour, n'est-ce pas...?

-J'en ai bien peur, monsieur...

Tseng poussait le fauteuil à toute vitesse vers l'entrée de la Tour, son PHS à l'oreille, suivi par Elena, mais Rufus ne l'entendait même plus. Machinalement, il avait levé les yeux, et vu l'ange déchu et celle qu'il aimait au sommet de la Tour. Ses yeux les reconnaissaient à peine, pourtant il savait que c'était eux; toutes ses cellules malades le savaient.

Soudain il vit une des deux formes s'envoler – une forme asymétrique qui prenait directement la direction du nord –, tandis que l'autre se laissait tomber de la Tour. Rufus la suivit des yeux, sans même cligner des yeux, jusqu'à ce qu'elle ait atterri lourdement, juste devant eux. Tseng arrêta brusquement le fauteuil.

-Dolly...

Le regard complètement vide de toute émotion, elle lui sourit. Sa chute d'une cinquantaine d'étages n'avait pas l'air de lui avoir causé aucun dommage, et Rufus se sentait étrangement soulagé à cette pensée; ses émotions s'embrouillaient de plus en plus, était-ce à cause de son géostigma qui réagissait à la présence de ce clône puissant, ou bien simplement parce qu'il l'aimait? Il vit Tseng sortir son revolver et le pointer vers elle, et ce geste l'ennuya.

-Ne t'approche pas!

-Tu veux jouer, petit humain? répliqua Dolly en clignant des yeux.

-Dolly... que veux-tu...?

D'un mouvement de la main fatigué, Rufus fit signe à Tseng de baisser son arme, mais évidemment, celui-ci ne lui obéit pas. De son côté, Dolly riait, le regard tourné vers le ciel.

-Je suis venue chercher nos frères et soeurs, voyons! finit-elle par répondre d'une voix à la fois enjouée et menaçante. Puisque mon amour me l'a demandé, et que kaa-san nous attend... Et toi aussi tu vas venir à la Réunion!

Rufus mit une main devant son visage. Il était fatigué, il avait le coeur fendu de voir Dolly dans cet état, alors il lui répondit simplement:

-D'accord, je viendrai. Mais pas maintenant.

Comme si c'était le signal qu'ils attendaient, Tseng vida le chargeur de son revolver sur elle, tandis qu'Elena se dépêchait de pousser son fauteuil roulant à l'intérieur de la Tour. Lorsque Tseng y eut pénétré, celui-ci s'assura d'en fermer tous les accès. Des portes blindées se fermèrent derrière les portes vitrées, et de puissantes magies de protection s'étendirent sur l'ensemble du bâtiment. Cela suffirait pour l'instant, et Dolly irait sûrement voir ailleurs pour des proies plus faciles...

-Ça va mal, souffla Tseng qui avait rattrapé Elena. On doit bien pouvoir faire quelque chose...

Rufus n'avait même pas la force de se retourner pour regarder par les vitres, mais il savait que Dolly s'éloignait, ses blessures déjà guéries. Et qu'elle allait tuer beaucoup de gens.

En proie à une horrible migraine, il se prit la tête entre les deux mains. Ils étaient dans un ascenseur, un qui n'était pas vitré pour leur sécurité. Rufus finit par articuler quelques mots:

-Je dois demander... à Maboroshi... et...

-Nous allons le voir tout de suite! déclara Tseng.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent après le « ding » habituel. Tseng poussa le fauteuil à toute vitesse dans les couloirs, et Rufus luttait contre toutes les pensées contradictoires en lui.

-Je vais devoir aller à la Réunion si ça continue comme ça... mes cellules m'appellent.

-Vous perdez la tête! s'exclama Tseng.

-Je vais aller les voir... mais je vais les détruire. Je crois... savoir comment.