Lapis'Azuli ! Tiens, des mouchoirs... Y a un ou deux passages qui risquent de te faire défaillir ! x)
Merci d'être de plus en plus nombreux ! La fiction a atteint le 80% !
Bonne lecture !
"Rester, c'est exister. Voyager, c'est vivre." - Gustave Nadaud.
Moby Dick, port de Kyuka Island, jour du départ.
L'aube venait juste d'apparaître lorsque Sohalia et Marco se réveillèrent. Immédiatement, ils se collèrent l'un à l'autre. Sans un mot échangé, ils profitèrent de ce moment de paix avant que la journée ne commence et ne les empêche de se retrouver seuls en tête à tête. Ces instants de tendresse et de complicité auraient pu durer quelques heures si l'estomac du phénix n'avait pas fait irruption en plein baiser, déclenchant le rire de la Shizen.
Ils pénétrèrent ensemble dans le réfectoire et remarquèrent qu'ils furent les derniers des commandants à les rejoindre. Sohalia s'assit en face d'Izo et Marco prit place à sa droite. La jeune femme salua le commandant de la seizième division et s'esclaffa en le voyant avoir des gestes mécaniques tandis qu'il beurrait sa tartine. L'homme travesti semblait avoir du mal à se remettre de sa nuit de garde. En prenant pitié de lui, elle lui prit la biscotte des mains et continua ce qu'il faisait avant.
Il la remercia d'un signe de tête et attrapa sa tasse de café, se disant que cela ne pouvait pas lui faire de mal, même si le café était plus calorique que le thé. Izo avala une grande gorgé et stoppa tout mouvement en fixant la main gauche de sa petite sœur qui discutait gaiment avec Atmos. L'information remonta très lentement jusqu'à son cerveau. Ces neurones analysèrent doucement ce qu'il était en train de regarder, puis il réagit en recrachant son café sur la blonde qui lui faisait face.
Surprise par cette soudaine humidité sur elle, Sohalia cligna des yeux en observant ses vêtements absorber le liquide. Elle dévisagea son frère en prenant une expression outrée.
« J'espère que tu as une excellente excuse pour cela, car je sors de la douche… menaça-t-elle.
- Tu n'as qu'à y retourner, murmura le phénix en se penchant vers elle.
- J'en ai une ! C'est quoi ça ?! » s'exclama-t-il en se levant d'un bond et en pointant de son index les deux anneaux à l'annulaire de la jeune femme.
Tous les commandants suivirent le doigt accusateur de l'homme travesti et ouvrirent la bouche de stupeur. Certains pirates se levèrent de leur table, curieux de voir ce qui mettait le commandant de la seizième division dans cet état. Puis, des murmures éclatèrent autour du couple. Sohalia grimaça en pensant au quiproquo qu'ils venaient de créer. Elle prit une serviette en soupirant pour se nettoyer et remarqua du coin de l'œil son amant la questionner des yeux pour savoir ce qu'elle allait répondre.
« Tu te débrouilles. C'est toi qui les a placé là où elles sont actuellement », lança-t-elle en finissant de s'essuyer le visage.
Les chuchotements s'amplifièrent.
« Méchante ! souffla-t-il en lui pinçant gentiment la cuisse. On va se marier ! » déclara-t-il d'une voix forte pour que tous les pirates présents entendent clairement.
Ahurie, elle recracha le jus de fruit qu'elle était en train de boire et le liquide s'écrasa sur Izo qui était bien trop stupéfait par l'annonce du phénix. Vengeance… pensa-t-elle en souriant. Un ange passa, puis, son épaule fut pressée par certains de ses frères, d'autres la bousculèrent en la félicitant et son sourire disparut. Ils parlaient tous en même temps, faisant circuler l'information. Certains étaient bien trop surpris et demandaient des explications.
La commandante de la quatrième division fixa Marco en grognant tandis qu'elle essayait de se défaire de l'emprise de Blenheim qui la serrer dans ses bras, ravi de la nouvelle.
« Je te laisse gérer ça… Je dois voir si tout est paré pour qu'on lève l'ancre… Amuse-toi bien ! Chérie… » chantonna-t-il, moqueur.
Des exclamations et des sifflements retentirent dans tout le réfectoire pendant qu'elle maudissait le second de l'équipage.
« Je te déteste !
- Je te ferai dire le contraire sous la douche », annonça-t-il en quittant la pièce, un sourire éclatant sur les lèvres.
Ses mots déclenchèrent des commentaires graveleux de la part de ses frères et elle eut bien du mal à calmer leurs ardeurs alors qu'ils la bousculaient gentiment en tout sens.
« Alors ?! Raconte ! cria un pirate qu'elle ne voyait pas.
- Ouais ! Comment il a fait sa demande ?! » s'écria Izo, impatient.
La Shizen avait le tournis, noyée par les interrogations de ses frères curieux. Elle avait l'étrange impression d'avoir une bande de filles hystériques devant elle. Elle soupira et monta sur sa chaise.
« Fermez donc vos grandes bouches ! hurla-t-elle puissamment.
- Sohalia ! s'écria Vista, outré par la vulgarité de la jeune femme.
- Bien ! Marco a raconté des conneries ! On ne va pas se marier ! C'est un simple cadeau de sa part… C'est pour que ça soit plus simple de jouer la comédie du faux mariage… »
Son explication tranquillisa immédiatement ses frères, bien mieux qu'un anesthésiant pour éléphant ne l'aurait fait. Elle répondit aux questions de ses camarades qui ne comprenaient pas. Elle remarqua l'air perplexe d'Izo, qui semblait avoir un milliard de questions, mais qui gardait le silence.
S&I
Sohalia était accoudée au bastingage de la poupe du Moby Dick. Derrière elle les divisions de Rakuyou et de Blamenco obéissaient aux ordres de Marco tandis que le navire en forme de baleine prenait le large, s'élançant à nouveau sur les mers pour trouver la dernière clé. Ce serait l'avant-dernière bataille. Après, ils n'auraient pu qu'à trouver Jef et la sphère. Elle n'aurait plus qu'à tuer son premier amour et détruire l'un de ces ancêtres…
La jeune femme releva les yeux de l'écume et observa le Thousand Sunny que Nami dirigeait d'une main de maître. Personne ne releva ses ordres ou ne douta d'elle, tous obéissaient avec une confiance aveugle en leur navigatrice. Un doux sourire fleurit sur ses lèvres, alors que le commandant de la seizième division prenait place à ses côtés en silence.
« Qu'y a-t-il ? demanda-t-elle doucement.
- Rien. Je voulais juste savoir pourquoi vous avez décidé de ne pas vous marier ? interrogea-t-il les yeux perdus dans l'agitation qui régnait sur la proue du Moby Dick.
- Eh bien… Déjà, il a pas fait de demande… répondit-elle ne comprenant pas pourquoi il pensait cela.
- Vraiment ?! C'est bizarre ! s'exclama-t-il en attirant des coups d'œil de leurs frères qui passaient par là.
- Je vois pas en quoi…
- Parce que je l'ai croisé quand il sortait de la bijouterie. Je lui ai demandé s'il était sérieux… Il a pas nié qu'il allait de te le demander. »
Sohalia le dévisagea, en cachant tant bien que mal son étonnement. Est-ce que Marco avait vraiment l'intention de l'épouser au début de leur conversation de la veille ? Pourtant, il n'avait pas l'air déçu par son refus… Au contraire…
« Non. Nous sommes d'accord pour le moment sur ce point là… Peut-être qu'il a juste voulu que tu te fasses des films…
- L'enfoiré ! Je le déteste ! grogna-t-il.
- Fais gaffe… Il va t'emmener sous la douche pour te faire dire le contraire », rit-elle.
Izo s'esclaffa à son tour, alors que derrière eux Kyuka Island rétrécissait…
S&R
Mini Moby Dick, deuxième jour de traversée vers Aki* Island.
La matinée avait été calme, voire ennuyante. C'est pourquoi Sohalia avait demandé à Ritsu si elle voulait venir avec elle voir Bonney. La rousse avait immédiatement accepté, bien trop heureuse de quitter les hommes de la quatrième division qui prévoyaient une blague à la douzième division.
Elles étaient toutes les trois allongées sur des transats sur le pont du mini Moby Dick, à profiter de la belle après-midi ensoleillé. Elles discutaient de la vie de pirate pour une femme et des inégalités qu'il y avait dans ce milieu. Ritsu et Bonney étaient en plein désaccord et Sohalia riait devant leur petite dispute. Dispute qui coupa court lorsque le cuisinier de la rose apparut devant elle pour lui annoncer que son sixième repas de la journée était prêt. Bonney salua les deux membres de l'équipage de Barbe Blanche et fila vers le réfectoire.
Un silence s'installa entre la blonde et la rousse. Un soupir de Ritsu attira l'attention de la Shizen sur son amie.
« Je vais être honnête avec toi… Je suis jalouse de toi, de ton bonheur, de ta vie… Il y a des fois où je ne supporte pas d'être à tes côtés… Surtout quand je te vois sourire bêtement… »
La blonde ouvrit la bouche, bée… Que pouvait-elle dire ? L'esprit blanc de stupéfaction, elle resta silencieuse, laissant la tigresse dire ce qu'elle avait à dire.
« J'ai tout perdu… Mon travail… Ma famille… Même l'homme que j'aimais… J'ai perdu les piliers de ma vie… Tout s'est effondré sans que je ne puisse rien y faire… Je n'ai plus rien », expliqua-t-elle lentement, les yeux perdus dans le vide.
Sohalia ouvrit la bouche pour la contredire, mais sa voix resta bloquée dans sa gorge.
« Tu as tout et plus encore… Tu as deux familles, deux métiers, un mari et un amant. Tu as deux vies, et moi, je n'ai plus rien… »
Un silence accueillit ses paroles. Ritsu se leva et la Shizen l'imita et saisit sa main.
« Ce n'est pas vrai ! Tu as l'équipage !
- J'ai pris cette voie par défaut et non par choix… Qu'aurais-je pu faire d'autre ?! Mes anciens collègues me traquent pour trahison et n'ont qu'une idée en tête : me tuer ! Ma famille m'a renié. La seule raison que j'avais de choisir cette vie est morte ! J'ai l'impression d'être une coquille vide… La vie n'a plus de saveur… »
La tigresse se défit de l'emprise de sa commandante et quitta le navire pour rejoindre le Moby Dick. Sohalia resta perdue. Elle voyait bien que Ritsu avait besoin d'aide, mais elle ne savait pas quoi faire. Son deuil n'était pas fait… Elle en était même encore bien loin. La Shizen avait l'impression que la rousse était toujours au même point… C'était comme si elle était restée bloquée au moment où on lui avait annoncé la terrible nouvelle.
S&A
Moby Dick, troisième jour de traversée vers Aki Island.
Sohalia se figea à la poupe du navire en forme de baleine et lâcha l'un des plus longs soupirs que l'histoire ait connu. Cela faisait plus d'une heure qu'elle cherchait le commandant de la seconde division, mais rien à faire ! Elle n'arrivait pas à y mettre la main dessus ! A croire qu'il s'était volatilisé. Rien sur le Moby Dick. Rien sur le Thousand Sunny. Il était comme même pas tombé à la mer ?!
Un rire la sortit de ses pensées blasées. Elle redressa la tête et embrassa du regard le Roux qui buvait tranquillement accoudé au bastingage du Red Force. Elle le salua, criant pour se faire entendre : le vent était fort aujourd'hui. L'homme répondit en levant la main dans sa direction et se resservit un peu de saké. La blonde lui demanda de la même façon s'il n'avait pas vu Poings Ardents. D'un signe de tête, Shanks lui indiqua le mini Moby Dick. Elle le remercia en se morigénant de ne pas y avoir pensé avant ! Il devait être avec Sabo !
Ni une, ni deux, elle grimpa au bout qui reliait les deux navires. Quand elle posa pied sur le pont, elle poussa un soupir de soulagement. Ces traversées commençaient à devenir dangereuses. Peut-être se rapprochaient-ils d'une tempête ?
Elle se mit à arpenter les couloirs de la réplique du Moby Dick, saluant les rookies et révolutionnaires qui la croisaient. Au loin, elle aperçut un haut de forme. Elle se précipita vers lui, ravie de toucher au but. Elle remarqua alors que le second des rebelles était seul.
« Sabo ! le salua-t-elle en arrivant face à lui.
- Lia-chan ! Comment va ? dit-il en mâchonnant une substance inconnue à la jeune femme.
- Bien, bien et toi ?
- Niquel ! Tu voulais quoi ? s'enquit-il se doutant qu'elle ne venait pas lui proposer de boire un thé ensemble.
- Tu sais où est Ace ? Impossible de m'être la main sur cette fichue flammèche !
- Je ne l'ai pas encore vu aujourd'hui… Je ne savais pas qu'il était sur ce navire… » avoua-t-il en grimaçant.
Sohalia grogna. L'impatience commençait à la gagner. Elle remercia le frère du brun disparu et recommença à fouiller les moindres recoins du bâtiment, questionnant ceux qu'elle croisait. Plusieurs personnes lui dirent qu'ils l'avaient souvent vu sur le mini Moby Dick ces derniers temps, mais qu'aujourd'hui, ils ne l'avaient pas encore aperçu.
Lassée, elle se mit à rentrer dans les cabines et dortoirs prêtés aux alliés exceptionnels que l'équipage de Barbe Blanche avait pour le moment. La fin de cette alliance toucherait bientôt à sa fin.
La plupart du temps, les cabines étaient vides. Leurs propriétaires devaient être en train de vaquer à leur occupation. Mais, parfois, elle tombait sur d'étranges scènes. Elle surprit le capitaine des Heart nu, en train de se changer. Le spectacle était des plus plaisants pour les yeux, mais incroyablement gênant. Elle le fixa dans les yeux s'excusa, lui demanda s'il n'avait pas vu Ace et, après une réponse négative, elle le remercia et s'excusa à nouveau, puis fila, le rouge aux joues.
Quelques portes plus loin, elle trouva Basil Hawkins et son second dans une position des plus compromettantes, au grand damne de la jeune femme qui se dit qu'elle aurait besoin d'une tonne d'alcool pour enlever cette image de sa mémoire. Là, elle ne s'attarda pas et referma la porte avant de se retrouver à la flotte pour cette interruption.
Dans un soupir de résignation, elle se traîna jusqu'à la cabine de Bonney et y rentra sans frapper, une très mauvaise habitude qu'elle avait hérité de Thatch et dont elle avait bien du mal à se défaire. Elle resta figée sur le pas de la porte. La bouche grande ouverte, les yeux écarquillés pour manifester son désarroi.
En effet, devant elle, la rose était étroitement enlacée par Portas. Les deux étaient nus. Ils ne semblaient pas l'avoir remarqués, bien trop occupés par leur petite affaire… Dès que la Shizen entendit un gémissement de la rose, elle reprit possession de ses moyens et referma vivement la porte.
« Ô mon Dieu ! » s'exclama-t-elle.
La commandante de la quatrième division secoua la tête pour se remettre les idées en place et quitta prestement le navire. Un sourire sadique étira ses lèvres : elle la tenait sa vengeance !
S&L
Thousand Sunny, quatrième jour de traversée vers Aki Island.
Lorsque la commandante de la quatrième division se retrouva sur le navire à tête de lion, elle fut envahie par une aura de chaleur et de bien-être. Elle sourit et avança tranquillement à la rencontre de l'archéologue des Mugiwaras qui l'avait vu arriver et l'attendait patiemment sur le pont vert. La Shizen se demanda pendant un instant si c'était de la vraie verdure ou non…
« Bonjour, commandante-san, la salua la brune.
- Bonjour, Robin, je ne vous dérange pas ? s'enquit la blonde, surprise par la tranquillité étrange du vaisseau.
- Pas le moins du monde. Que puis-je faire pour vous ?
- Je voudrais savoir si je peux consulter les ouvrages que vous possédez sur la botanique ? J'ai déjà fait ceux qui se trouvaient dans la bibliothèque du Moby Dick, mais ça n'a pas été très concluant…
- Bien sûr. Je pense que notre docteur-san doit être celui qui en possède le plus sur ce sujet. Je vais vous conduire jusqu'à lui. Si vous souhaitez faire des recherches dans notre bibliothèque, je vous y conduirai après », accepta-t-elle en prenant le chemin de l'infirmerie du Thousand Sunny.
Sohalia la remercia et accueillit avec joie la proposition de la femme en la suivant. Robin toqua à une porte et une petite voix, que la blonde qualifia immédiatement de mignonne, les invita à entrer. Dès qu'il la vit, le petit renne se planque derrière sa chaise, toujours dans le mauvais sens, intriguant la fille de l'empereur.
« Je serai discrète… Je fais mes recherches et je retourne sur mon bateau », dit-elle pour apprivoiser le médecin de l'équipage.
L'archéologue les laissa à leurs occupations et Chopper se concentra à nouveau sur le remède qu'il était en train de fabriquer. La jeune femme, curieuse, le dévisagea. Puis, se rendant compte de son impolitesse et de la tension qui émanait du petit être, elle se plongea dans le premier ouvrage qu'elle trouva parlant de botanique. Elle nota les plantes qu'elle ne connaissait pas, leurs effets, comment les obtenir… Elle passa deux bonnes heures à rassembler les informations, puis salua Chopper qui semblait s'être détendu au fur et à mesure des minutes passés ensemble.
De retour sur le pont, elle tomba sur Robin qui semblait l'attendre à l'extérieur de l'infirmerie. Est-ce que l'archéologue la surveillait ? Ce n'aurait rien de surprenant… Elle était un pirate ennemi et puissant. Qui plus est, en connaissant le passé de la femme, il n'avait rien d'étonnant à la voir méfiante…
« Est-ce que vous avez ce que vous cherchez ? questionna la brune.
- Je dois avoir trouvé tout ce qui était possible sur les plantes médicinales, mais je voudrais quelque chose de plus diversifiés… Puis-je consulter votre bibliothèque ?
- Suivez-moi… Je m'y rendais, moi aussi. »
Sohalia sourit. Elle ignora la tension qui montait en elle dû à la surveillance de l'archéologue. Elle perçut des cris provenir du pont du bateau des Mugiwaras et retint un léger rire. Cela ne devait pas être reposant tous les jours.
Robin la guida jusqu'à une étagère dédiée à la botanique, puis la laissa pour s'installer sur un fauteuil un peu à l'écart de la blonde. Même si cette dernière était sûre que la brune gardait un œil sur elle. La commandante recommença son dur labeur et ouvrit les ouvrages qui piquaient le plus sa curiosité.
Une horloge résonna dans la pièce silencieuse et la concentration de la Shizen se brisa. Elle redressa la tête dans un soupir et fit craquer sa nuque, qui n'avait pas apprécié être restée dans cette position aussi longtemps. Robin se leva et attendit que Lia ait fini de rassembler ses fiches et rangé les livres qu'elle avait utilisés pour la raccompagner sur le pont. Elle remercia de nouveau la brune avant de rendre sur la tête du navire.
Assis sur la tête de lion, Luffy finissait un gros morceau de gigot. Quand il aperçut la blonde, il sourit en avalant sa dernière bouchée. Sohalia s'étonna de son insouciance, mais ne put s'empêcher de lui retourner le rictus tellement il était contagieux.
Un cri, que la Shizen qualifia d'inhumain, résonna dans tout le bateau, la faisant violemment sursauter. Elle aperçut alors Sanji sortir furieusement de ce qui devait être la cuisine. Luffy sauta alors sur ses deux pieds, salua Sohalia et fila, en riant, se cacher de son cuistot. La commandante s'esclaffa et retourna sur le Moby Dick.
M&S
Moby Dick, cinquième jour de traversée pour rejoindre Aki Island.
Marco rentra la cabine de la commandante de la quatrième division et la vit assise à son bureau, soupirer et rayer ce qu'elle écrivait. Le phénix sourit et s'approcha d'elle pour claquer un baiser sur sa joue. Il fila sous la douche, laissant la jeune femme travailler. Quand il revint, il nota le nombre de boulettes de papier sur le sol qui avaient augmenté. Le second de l'équipage s'allongea sur le lit, les bras croisés derrière la tête.
« Qu'est-ce que tu fais qui te met de si méchante humeur ? interrogea-t-il, curieux.
- Mon conseil m'a demandé d'écrire un rapport pour savoir où on en est avec le problème Jef Mentaru… Mais la seule pensée que j'arrive à formuler correctement c'est : "c'est la merde !". Je ne vois pas quoi dire d'autre… » grommela-t-elle.
Marco s'esclaffa et la rejoignit. Il posa ses mains sur ses épaules et les massa délicatement pour faire disparaître la tension qui y régnait. Lorsqu'il la sentit se détendre sous le doux traitement qu'il lui infligeait, il déposa de légers baisers dans le creux de son cou. Un sourire fleurit sur les lèvres de la Shizen et un frisson agita délicieusement son corps.
« Ce que tu fais ne m'aide pas du tout à me concentrer », avoua-t-elle dans un souffle.
Le phénix sourit contre sa peau et arrêta son affectueuse torture. Il se mit alors à lui dicter des phrases bateaux qu'il connaissait par cœur à force de rédiger des rapports à longueur de journée. Dès qu'elle eut mit le point final, Sohalia plaça le rapport dans la boîte que Nostradamus lui avait donné pour faciliter leur correspondance. La Shizen se leva, embrassa rapidement son amant et fila à la douche, ayant hâte de rejoindre l'homme qui prenait place sur son lit.
Ce dernier fut attiré par une pile de feuille assez importante noircie par l'écriture de la jeune femme. Curieux, il lut la liste de plantes qui s'y trouvaient. Quand la blonde revint et se glissa à ses côtés, il la questionna à ce sujet :
« J'ai décidé d'augmenter mes connaissances pour avoir plus de ressources durant les combats. Et puis, si j'arrive à faire pousser toutes les plantes médicinales que j'ai trouvé, dont certaines sont très rares, je pourrais faire faire plus de vingt pourcent d'économie à l'équipage… » expliqua-t-elle en caressant lascivement le torse du phénix.
Le commandant de la première division sourit. Voilà une idée à creuser…
Mais pour l'heure, il en avait des meilleurs en tête. Il la surplomba et câlina ses lèvres avec les siennes, lui coupant le souffle. Les journées étaient longues… Surtout quand elle se trouvait à ses côtés, mais qu'il ne pouvait la toucher. Ses mains étaient parcourues de spasmes dans ces moments-là. Elles le suppliaient de céder et de les laisser la toucher. Le problème des espions était peut-être régler, mais ils préféraient prendre garde à ce que la nouvelle de leur couple atteigne le Gouvernement Mondial le plus tard possible.
Alors dès qu'il en avait l'occasion, dès qu'ils étaient à l'abri des regards, il flanchait face à ses envies. Il avait remarqué qu'il n'était pas le seul dans ce cas. Sohalia, aussi, se retenait. Parfois, il voyait sa main s'élancer vers lui avant que la raison ne prenne le dessus. Leurs corps étaient aimantés l'un vers l'autre…
Il idolâtrait son odeur floral, sa peau douce et ferme, ses lèvres à la couleur des framboises et dont le goût était toujours sucré dû à la proportion de chocolat qu'elle pouvait ingérer dans une journée. Ses yeux brillants de joie, assombris par le plaisir… Ô qu'il les chérissait… Son petit nez, ses joues rougies… Il les adorait. Ses longs cheveux dorés… Il les admirait et les caressait sans cesse. Ce ventre plat où se dessinaient de fins abdos… Qu'il aimait y passer un bras possessif et une main cajoleuse. Ses seins dont il savourait ses tétons durcis par le plaisir… Ses fesses… Il raffolait de les malaxer. Il appréciait sentir ses bras l'enlacer et ses jambes les rapprocher toujours plus… Il se complaisait dans son giron… Oui… Marco était esclave de cette jeune femme.
Le phénix ne lutta pas lorsque d'un coup de reins habile, elle renversa leur position pour se retrouver sur lui. Il était asservi à son corps, tout comme à son âme…
Soudain, l'image du commandant de la seconde division s'immisça dans son esprit et il coupa court à leur occupation. Sohalia lui lança un regard coléreux, frustré et curieux, le faisant sourire.
« Impatiente… souffla-t-il en passant ses doigts dans sa chevelure. Dis-moi… Pourquoi est-ce que Ace se plie au moindre de tes désirs depuis deux jours ? s'enquit-il.
- Ô… Ça… On va dire qu'il m'en doit une… répondit-elle évasivement avec un sourire qui se voulait innocent sur les lèvres, mais Marco n'était pas dupe.
- Tu le fais chanter ? insista-t-il en mordillant doucement son ventre.
- Peut-être… » chantonna-t-elle en fermant les yeux pour mieux apprécier cette tendre torture.
Le second de l'équipage abandonna, n'ayant aucune envie de parler de son jeune frère durant un tel instant. Il attira son visage vers le sien pour recommencer une nouvelle danse entre leurs lèvres, mais se stoppa.
« Quoi, encore ?! grogna-t-elle.
- Les divisions paires sont de corvée de lessive demain », déclara-t-il.
Le visage de Sohalia passa du plaisir et de l'impatience à la confusion, puis au désespoir le plus total. Marco retint de justesse un rire.
« Quoi ? Non ! » cria-t-elle.
Le phénix n'y tint plus et s'esclaffa. Il débuta un nouveau baiser pour faire taire ses plaintes et lui faire tout oublier. Du lieu d'où ils se trouvaient au monde qui les entourait… Il ne voulait qu'elle ne souvienne que de lui et de ce qu'il pouvait lui faire ressentir…
S&R
Moby Dick, l'aube du sixième jour vers Aki Island.
Le den-den mushi de Marco les tira de leur sommeil. Tandis que le phénix décrochait, Sohalia observa le hublot de sa cabine : c'était l'aube, mais il faisait bien sombre.
« Ici Nami des Mugiwaras ! Ouragan de catégorie quatre sur l'échelle de Saffir-Simpson** à douze heures ! »
Le hurlement de la navigatrice du petit frère d'Ace acheva de les réveiller. Il y a eut une seconde de flottement avant que Marco jure et se lève d'un bond en se rhabillant prestement tout en contactant le mini Moby Dick et le Red Force. Sohalia l'imita et se précipita hors de sa cabine pour frapper violemment aux portes des commandants en donnant l'alerte.
Le vent commençait à hurler férocement. Les éclairs s'abattaient entre les navires. La mer se déchaînait déjà éclaboussant les ponts des vaisseaux. Tout était sombre. Certaines des lanternes s'envolèrent pour tomber à l'eau ou s'écraser sur le plancher.
Sohalia courut vers le dortoir de sa division, dévala les escaliers et ouvrit la porte bruyamment. Elle perçut certains de ses hommes se plaindre de ce réveil musclé.
« Debout ! Ouragan catégorie quatre ! Tout le monde sur le pont ! Sécurisez les canons ! Mettez les poudres et les boulets à l'abri ! Plus vite ! » claqua-t-elle.
Un ange passa, puis la frénésie s'empara des pirates. Elle perçut d'autres commandants reprendre ce qu'elle venait d'annoncer. Elle réveilla la première division : Marco ayant prit la barre du Moby Dick. Les ordres fusaient dans tous les sens. En l'espace de quelques secondes ses subordonnés furent prêts et ils remontèrent sur le pont.
Ils redoublèrent les sécurités des canons afin qu'ils ne finissent pas à l'eau ou qu'ils n'écrasent pas un malheureux en étant emportés par une vague. La quatrième division fit des allers-et-retours entre les cales et le pont emmenant la poudre et les boulets à l'abri. Chaque denrée était précieuse sur un navire. Même s'ils avaient largement les moyens d'en racheter des nouveaux, ils préféraient utiliser des Berrys pour une fête que pour du matériel.
Alors qu'ils remontaient sur la proue du Moby Dick, la voix de Marco résonna malgré les rugissements du vent. Il les mettait en garde : une vague, plus haute que les autres, allait réussir à passer au-dessus du bastingage.
Mais c'était trop tard. Sohalia vit avec horreur certains de ses frères être emportés par l'eau. Elle s'agenouilla précipitamment et fit apparaître un filet de racines pour les empêcher de passer par-dessus bord.
La jeune femme serra les dents. Elle luttait. Toute son énergie était en train d'y passer. L'eau marin l'affaiblissait elle et ses créations et elle devait forcer pour les garder en place. Elle vit ses compagnons se précipiter pour aider les rescapés. Quand ils furent tous à nouveau sur le pont, la Shizen fit disparaître son pouvoir et resta à terre, essoufflée.
Sous l'ordre de son Père, elle s'apprêtait à donner un coup de main à la huitième division qui se démenait pour remonter la misaine***, quand elle entendit un cri féminin non loin d'elle. Elle eut juste le temps d'apercevoir une chevelure rousse chuter vers l'eau.
Elle se précipita vers la tigresse et attrapa la main de la jeune femme alors qu'elle perdait sa prise qu'elle avait sur le bastingage. Affaiblie et emportée par la houle qui faisait violemment tanguer le navire, la Shizen manqua de la suivre et se rattrapa de justesse au bastingage. Essoufflée, elle tenait bon, essayant de remonter Ritsu.
« Laisse tomber ! lui cria l'ancienne marine, choquant la blonde. Lâche-moi ! C'est pas la peine qu'on y passe toutes les deux ! »
Sur le coup, Sohalia fut troublée par ses mots, puis une colère sourde fit bouillir son sang. Comment osait-elle dire une chose pareille ?! Comment pouvait-elle abandonner quelque chose de si précieux qu'était la vie ?! Elle ne la laisserait pas mourir !
Ritsu frissonna en voyant des papillons apparaître doucement autour de sa commandante. L'un d'entre eux attira son attention. Un qui était plus brillant que les autres et qui se posa sur l'épaule de la blonde. Ses formes devinrent floues et, pendant un court instant, la tigresse crut que c'était parce qu'elle avait les larmes aux yeux.
Ses yeux s'écarquillèrent et la rousse eut un hoquet de stupeur en voyant le papillon prendre l'aspect de Thatch. Elle avait oublié à quel point il était grand, et si beau… Le défunt était entouré d'une aura lumineuse et chaleureuse qui l'attirait inexorablement. Il la fixait avec colère et amour ce qui lui donna envie de rire et pleurer.
« Ne dis pas de conneries ! rugirent la Shizen et le balafré. Comment peux-tu abandonner ta vie alors que Thatch/je la chérissait/s plus que tout ?! Tu abandonnes ?! Je ne te laisserai pas faire ! »
Sa voix… Si rauque et sensuel… Ses larmes se noyèrent dans la pluie qui se fracassait sur eux. Le frère et la sœur avaient parlé ensemble dans une synchronisation parfaite.
« Tu salis la mémoire de Thatch ! continua la blonde. Je suis sûre que lui, il a lutté jusqu'au dernier moment, car il était fort et déterminé à vivre ! Il doit se retourner dans sa tombe ! Tant que je vivrai, je ferai tout pour lui rendre hommage ! Je ferai en sorte que personne ne l'oublie ! Tant qu'on se souvient de lui, il ne mourra pas ! Il vivra à jamais dans mes souvenirs et dans mon cœur ! Si tu meurs, comment pourras-tu te rappeler de lui ?! Je ne le laisserai pas mourir une seconde fois ! Bats-toi ! Trouve un nouveau but ! Quand j'ai disparu, j'ai dû lui causer tant de souffrances ! Mais je suis sûre qu'il s'est accroché ! Il avait pour but de protéger sa famille ! Je suis persuadée qu'il s'est démené comme un beau diable pour protéger nos frères et notre père ! Si jamais je te laissai mourir, je ne pourrai plus lui faire face lorsque je le retrouverai ! Alors ferme ta grande gueule et vis pour lui ! Et aide-moi, bordel ! »
Son discours passionné laissa pantoise la rousse qui vit avec stupeur Thatch acquiescer aux paroles de sa Lia-chan. Son esprit était blanc. Elle n'arrivait pas à réfléchir. Elle avait froid et n'avait pratiquement plus de forces. Mais, là, au fond de son cœur, une petite lumière s'alluma. Elle lança un regard désespéré à la jeune femme qui continuait de lutter pour ne pas chuter avec elle et la remonter sur le pont.
« C'est quoi ce bordel ?! » s'écria Haruta en faisant un pas en arrière en voyant Thatch.
Qu'est-ce que… Putain ! Il avait dû se prendre quelque chose sur la caboche ! Puis, il suivit le regard de son frère décédé et vit Sohalia à moitié dans le vide qui semblait tenir quelque chose. Le commandant de la douzième division se précipita vers elle et l'aida à poser ses pieds au sol, puis à remonter la rousse.
Thatch disparut dès le moment où Ritsu fut sauvée. Sohalia lâcha un long soupir de soulagement lorsqu'elles furent à nouveau sur le pont du navire à tête de baleine. Sa détente ne dura pas longtemps. Blenheim hurla de faire attention et le trio se fit ensevelir sous la misaine qui s'était arraché du mât.
« Voyager, c'est vivre, hein ?! » grommela Sohalia en essayant de sortir de dessous le tissu.
A côté d'elle, elle discerna le rire de la tigresse et de Haruta. Elle eut un sourire fatiguée, malgré que ça soit toujours le chaos. Doucement, la blonde distingua le changement dans le rire de la rousse. Ce n'était plus des éclats de joie, mais des sanglots libérateurs. La commandante rampa sous la voile vers sa subordonnée et l'enlaça, cachant son visage ravagé par les larmes dans son cou. Cette étreinte resta cachée sous l'étoffe qui était en lambeaux... Tout comme le cœur de Ritsu.
Lexique :
*Aki : En japonais, cela signifie automne.
**Saffir-Simpson : c'est l'échelle utilisée par les scientifiques pour classer les cyclones en fonction des vents et des dégâts qu'ils pourraient causer. Il existe cinq catégories :
- Un : Noel est l'ouragan ayant fait le plus de morts en 2007 dans l'Atlantique du Nord avec environ 163 décès directs et 6 indirects. Vent de 130km/h. Dommages confirmés : 40 millions de dollars américains.
- Deux : L'ouragan Alex en 2010. Morts : 33 directs et 18 indirects dont 22 personnes de 165km/h. Dommages confirmés : 1.29 millards de dollars américains.
- Trois : L'ouragan Irene en 2011. 55 morts. Vent de 195kh/h. Dommages confirmés : 16,6 milliards de dollars américains.
- Quatre : L'ouragan Floyd en 1999. 57 directs et 20 à 30 indirectes. Vent de 250km/h. Dommages confirmés : 5.7 millards de dollars américains (chiffres donnés en 2006)
- Cinq : L'ouragan Katrina en 2005. 1 836 morts, des blessés indénombrables sans parlé des disparus. Vent de 280km/h. Dommages confirmés : 108 milliards de dollars américains.
Il existe une catégorie six depuis 2005 :
- L'ouragan Patricia en 2015. 8 morts directs et 5 indirects. Vent de 343km/h. Dommages confirmés : 460 millions de dollars américains.
- L'ouragan Irma en septembre 2017. 134 morts et plus de milles blessés. Vent de 360km/h. Dommages confirmés : 67.8 milliards de dollars américains.
***Misaine : La misaine est une voile qui se trouve sur le mât de la misaine sur un voilier de plus de deux mâts.
Publié le 15/01/2018
Le chapitre 44 sera publié le 22/01/2018.
