Disclaimer : je ne possède bien entendu aucun droit sur les personnages, les lieux et les situations créés par J. K. Rowling.
Chapitre 49
Les abords de la Salle sur Demande étaient déserts, mais Nott n'y prêtait pas grande attention. Ce qu'il craignait se trouvait à l'intérieur et non à l'extérieur. Le jeune homme essuya ses mains moites sur son pantalon et se blottit un peu plus dans l'ombre de l'une des tentures. Inutile d'être une cible trop évidente non plus…
Drago était là dedans depuis un bon moment, mais il avait perdu toute notion du temps et ne voulait pas risquer un Tempus. Eprouvait-il des difficultés à mettre son plan à exécution ? Nott l'espérait de tout son cœur, mais il savait que son cousin était trop sûr de lui pour bluffer. Un léger bruit se fit entendre à un bout du couloir. Au cours du dîner, Gabelli lui avait assuré qu'il avait un plan. Il avait intérêt à ce qu'il soit bon, sinon il se ferait un plaisir de pendre l'Italien par les pieds à la girouette de la tour de Serdaigle.
Theodore fit un petit pas en avant, sa baguette à la main, prêt à se défendre, et tendit l'oreille. Un peu sur sa gauche l'une des tentures ondulait légèrement. Le Slytherin se tendit et pencha un peu la tête. Il ne vit qu'au dernier moment le visage de son assaillant, révélé par l'éclair vert qui jaillit de sa baguette. Londubat ? La dernière pensée de Theodore Nott avant qu'il ne heurte le sol, frappé par un Stupefix, fut qu'il n'avait pas fini d'en entendre parler…
« Qui c'est ? »
Neville plaqua sa main sur la bouche de Ron et le ramena au plus près de la paroi. La porte de la Salle sur Demande venait de s'ouvrir pour laisser passer Malefoy qui s'arrêta quand la faible lumière qui émanait de la salle révéla un corps gisant par terre sur lequel il avait failli buter. Immédiatement tout devint noir et les deux Gryffondors n'entendirent que le bruit de pas précipités se dirigeant vers les escaliers. Un ricanement haut perché retentit dans le lointain et Neville s'adossa au mur, les yeux ronds d'effarement.
« Ginny ! »
Ron essaya d'activer le charme de Protée, mais n'y parvint pas dans l'obscurité. Neville finit par lui saisir le bras et murmura un Illuminatio d'une voix un peu tremblante, pendant que son ami composait fébrilement un message.
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Alessandro avait convoqué en urgence le noyau dur des Conjurés et ils avaient en quelques minutes dressé une liste des élèves qu'il ne leur faudrait en aucun cas contrer ouvertement. La liste comportait les noms fournis par Theodore Nott et Emilie (ou plutôt, Snape, via Emilie) ainsi qu'un certain nombre d'individus sur lesquels ils avaient de fortes suspicions, mais sans preuves. Evidemment, leurs connaissances des sympathisants de Voldemort dans les autres maisons étaient plus que lacunaires, mais ils pourraient toujours plaider l'ignorance s'ils se trompaient.
Walter et Galaad patrouillaient aux abords de la tour et avaient pour mission de dissuader à l'amiable les éventuels amoureux ou perturbateurs en quête d'un mauvais coup et de leur enjoindre de retourner dans leurs quartiers. S'ils refusaient d'obtempérer, les deux garçons devaient les stupefixer sans remords et les cacher dans une alcôve. En cas de l'arrivée de personnes « problématiques », les Slytherins devaient faire en sorte de les éviter et d'essayer de rejoindre Alessandro et Oriana, postés à l'entrée de la tour.
Nott avait prétendu ne pas connaître le timing exact de l'attaque et Alessandro le croyait sans arrière-pensée. Il espérait que Londubat réussirait sa mission de son côté et fournirait à son voisin de dortoir un bon prétexte pour rester en arrière. Personne d'autre qu'Alessandro ne savait le rôle joué par Theodore Nott : il avait menti à ses amis en prétendant avoir entendu Malefoy discuter avec ses deux comparses de toujours, Crabbe et Goyle, et avait indiqué à Londubat que Nott servait d'aide à son cousin et devait être neutralisé. Il jugeait cette partie du plan parfaite, mais l'attente commençait à lui porter sur les nerfs, tout comme à Oriana qui soupirait à ses côtés sans discontinuer depuis vingt bonnes minutes.
L'écho assourdi caractéristique de semelles de caoutchouc retentit et les deux adolescents se regardèrent avec angoisse avant de battre en retraite dans une zone complètement obscure. Une seule personne, et qui avançait avec discrétion en essayant de ne pas se faire repérer, analysa Alessandro. Pas des amoureux, et pas Malefoy non plus : personne ne l'avait jamais vu porter autre chose que des mocassins de cuir. Oriana se rapprocha, sa baguette brandie, mais son ami lui saisit le poignet, curieux d'observer encore. Les pas s'étaient arrêtés à quelques mètres, puis les deux Slytherins devinèrent bientôt une mince silhouette avançant pas à pas, avec prudence. La clarté lunaire qui filtrait par endroits révéla des cheveux longs, mais la personne restait à contre-jour.
« Ginny Weasley », murmura Oriana tout contre l'oreille d'Alessandro.
Celui-ci regarda rapidement la jeune fille qui confirma en hochant lentement la tête en baissant doucement les paupières. Le garçon se détendit : au moins, on était sûr de sa loyauté. Fallait-il s'attendre à voir débarquer son frère et d'autres Gryffondors ?
La Gryffondor ne bougeait pas et paraissait elle aussi surveiller les alentours, quand elle sembla chercher quelque chose avec précipitation dans sa poche. Un bruit de course, des voix d'adultes, un rire, non, plusieurs rires… Alessandro n'hésita pas et attrapa Ginny Weasley en la tirant avec Oriana au plus profond de leur cachette. La jeune fille ouvrit la bouche pour protester, mais le Slytherin murmura très vite :
« Ce ne sont pas des élèves ! Ne les affronte pas seule ! »
Des cris retentissaient un peu plus loin et bientôt ils distinguèrent une voix de femme aigre et haut perchée :
« Vas-y, MacNair, dépêche-toi ! Gibbon, occupe-toi des bébés !
-Je vous rejoins », fit une voix rauque et profonde qui donna soudain la chair de poule aux trois adolescents.
Un homme apparut bientôt, courant de toutes ses forces, et dans sa hâte fit voler en éclat la porte de bois de la tour, qui n'était pourtant pas fermée à clef. A peu de distance venait une femme qu'Alessandro et Oriana reconnurent d'après les portraits qui avaient émaillé plusieurs éditions de la Gazette des Sorciers, puis Drago Malefoy et deux silhouettes dissimulées sous d'épaisses robes noires, leur capuchon ramené sur le visage.
« Bellatrix Lestrange », s'exclama Ginny.
Mais tout était allé trop vite : quand la Gryffondor échappa à la poigne du Slytherin pour suivre les Mangemorts, elle ne put aller bien loin. Malgré la porte pulvérisée et l'espace béant donnant directement sur l'escalier, aucun des élèves ne put franchir le seuil qui semblait barré par un sortilège dont aucun d'eux n'avait deviné le lancement. Les alentours retentissaient désormais de cris et de malédictions lancées par les deux Mangemorts restés en arrière et les élèves qui se trouvaient sur leur parcours.
Alessandro, Oriana et Ginny se regardèrent un instant :
« Nous sommes de votre côté, évitez de nous prendre pour cible !
-Combien êtes-vous, demanda la Gryffondor, un peu ahurie.
-Quatre, en comptant Walter Barrier et Galaad Tosnay qui sont en arrière. »
Ginny hocha la tête et se mit à courir, refaisant le chemin en sens inverse, bientôt suivie par les deux Slytherins. Face à eux, courant de toutes ses forces, sa baguette serrée fermement dans la main droite, arrivait Severus Snape, sa robe flottant dans son dos. A leur hauteur, le Maître des Potions les repoussa violemment contre la paroi sans ralentir et se jeta ensuite dans l'espace laissé libre, passant sans la moindre difficulté le seuil de l'entrée de la tour d'astronomie.
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Il était prêt depuis plusieurs heures, mais il avait refusé de comparaître aux sommations de Dumbledore. Après trois essais et même l'envoi de Fumseck, le vieil homme avait abandonné ses tentatives et laissé le Maître des Potions cloîtré dans ses appartements. Quand ils avaient élaboré la dernière phase de ce plan, les deux hommes avaient estimé l'absence du directeur à deux heures au grand maximum et Snape attendait donc avec une nervosité croissante un signal quelconque l'avertissant qu'il était temps de mettre en branle la conclusion des manigances d'Albus Dumbledore.
Le cœur serré, l'espion avait envisagé toutes les hypothèses, y compris celle d'arriver sur les lieux trop tard et de laisser Drago accomplir sa mission. Mais il était sûr que Drago ne pourrait pas tuer Dumbledore : après tout, il n'était pas certain de pouvoir le faire lui-même. Fallait-il qu'il parcoure toutes les strates de l'ignominie ? Il avait espéré que Dumbledore s'affaiblisse plus rapidement que prévu et avait fait en sorte de diminuer graduellement l'efficacité des potions qu'il lui délivrait. Le vieillard avait eu raison en évoquant un placebo, mais le Maître des Potions avait été plus subtil que cela… sans succès. Il était au pied du mur et n'avait aucune alternative. Le seul moyen de battre le Seigneur des Ténèbres était de le forcer à se découvrir et pour cela, et fallait lui laisser entrevoir la victoire, la fausse sécurité qu'elle procurait et faire en sorte que Severus Snape reste maître de Poudlard.
L'espion ajusta soigneusement sa robe, vérifia que sa baguette était à portée de la main et prit le chemin de son ancien bureau de Maître des Potions. Il n'avait que quelques mètres à parcourir. Les couloirs étaient silencieux, mais il se sentait observé. Qu'importe. A l'abri dans la pièce presque vide, Snape renforça encore le bouclier qu'il avait placé sur son esprit et resta debout à repasser sans cesse dans sa tête les différentes phases de son plan. Il aurait été préférable de prévenir l'Ordre du Phœnix à l'avance, mais il craignait qu'en bon Gryffondor Lupin intervienne trop tôt et ne fasse échouer une partie de l'opération. Non. Pour la première fois, l'espion avait contré son maître et contenu les quelques membres de l'Ordre du Phœnix que Dumbledore avait convoqués à l'extérieur des grilles de Poudlard. Le vieil homme lui avait abandonné le contrôle des défenses du complexe peu avant de partir, mais Snape ne les avait pas abaissées. Il ne le ferait qu'à la dernière minute car il était de première importance que Lupin sache que c'était lui, Severus Snape, qui l'avait prévenu et qu'il n'arrive que pour gêner un peu les Mangemorts et les forcer à abandonner les lieux en épargnant les élèves.
L'espion résista à la tentation de sortir de la pièce et de commencer sa progression vers la tour d'astronomie et resta le dos à la porte, les bras croisés, l'esprit résolument tourné vers le présent.
Le bruit de poings tambourinant sur le bois lui coupa presque les jambes mais il ouvrit, comme un automate, sa baguette cachée dans un pan de sa robe.
« Severus ! La marque ! Des Mangemorts… dans le château ! »
Snape lança à contrecœur un Petrificus totalus et Flitwick s'effondra, sans même avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait.
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Tour d'astronomie. Apparaissez maintenant !
Lupin frissonna et rempocha la pièce, en hurlant et en désignant le ciel en même temps, le visage baigné de l'éclat malsain de la marque verdâtre qui s'élevait au-dessus de la plus haute tour du château :
« Tonks ! Bill ! Nous pouvons apparaître ! »
Désorientés, il fallut quelques secondes aux trois amis pour retrouver leurs repères. Ils avaient eu beau avoir pour but le sommet de la tour d'astronomie, ils ne se trouvaient que sur le palier inférieur.
Lupin se précipita sur la porte qui paraissait grande ouverte, mais ne put en franchir le seuil.
« Pousse-toi ! »
Le loup-garou s'exécuta et laissa Bill Weasley tenter une série de conjurations qui, s'il devait en croire son visage fermé, échouaient les unes après les autres.
« Bloquée. Je ne comprends pas… J'ai essayé la plupart des contre-sortilèges…
-De la Magie noire ? demanda Tonks en se rapprochant.
-Non, je l'aurais senti », répondit Bill en secouant la tête.
Tous les trois restèrent debout, désemparés, devant cette porte grande ouverte dont l'accès leur était pourtant défendu, avant de remarquer le chaos qui semblait régner un peu plus loin. On entendait des cris de rage ou de mise en garde et des instructions délivrées par des voix assez jeunes criant sortilège après sortilège.
Remus Lupin s'approcha une nouvelle fois de la porte et passa une main dans ses cheveux courts.
« Nous ne pouvons rien faire ici, Remus, et je crois qu'il y a plus pressé, hasarda Bill Weasley qui désigna le couloir d'accès du menton.
-Très bien, soupira Lupin avec un dernier regard en direction de l'escalier dont il devinait l'amorce, si proche d'eux : allons-y. »
L'endroit n'était illuminé que par trois torches de guingois, la quatrième s'étant éteinte dans sa chute provoquée par une malédiction qui avait ricoché contre la paroi. Quatre adolescents ripostaient aux attaques de deux Mangemorts, deux véritables géants dont l'un, d'une saleté repoussante, arborait un sourire mauvais.
« Bill ! cria un grand jeune homme roux, le front dégoulinant de sueur, ses yeux gris-bleu s'éclairant d'une lueur d'espoir.
-Tais-toi, Weasley, continue ! » grommela Galaad Tosnay entre ses dents serrées.
Un cri étouffé derrière lui, lui signala qu'il avait sans doute marché sur le bras de son camarade, étendu à terre.
« Désolé, Walter. Stupefix ! Impedimenta ! »
Les deux malédictions furent contrées sans grand effort par un grand blond qui avança d'un pas mais ne put maintenir son avance, bientôt déserté par son compagnon qui avait fait face aux nouveaux arrivants.
« Lupin », prononça Fenryr Greyback avec un sourire dévoilant une partie de ses dents acérées.
Le loup-garou serra sa baguette de toutes ses forces et se concentra sur le combat à venir, fermant son esprit aux piques de Greyback. Il attaqua le premier, comme une revanche symbolique. Tonks ignorait ce qui causait le trouble de Remus Lupin, mais un simple coup d'œil en direction du visage blême de son compagnon la poussa à le seconder le plus efficacement possible et, en effet, les deux combattants n'étaient pas de trop pour contrer les malédictions de Greyback qui compensait son manque d'imagination et de subtilité par une force colossale.
L'espace était trop petit pour leur permettre de se battre de manière efficace et la crainte de blesser les élèves rendaient les opérations malaisées. Bill s'était naturellement porté au secours de son frère et il était évident que les quatre adolescents étaient eux-mêmes coincés, acculés contre une paroi afin de défendre deux des leurs, blessés. Il fallait continuer à empêcher les deux Mangemorts de travailler en tandem et les trois adultes y parvenaient avec peine, mais il semblait à Tonks que quelque chose retenait Lupin et qu'il ne donnait pas toute la force dont il était capable.
Soudain, Gibbon recula et percuta Bill Weasley qui glissa tandis que son sortilège filait droit devant lui. Tonks et Lupin érigèrent immédiatement un bouclier qui empêcha, juste à temps, le Locomotor mortis de frapper une jeune fille échevelée qui se tenait près de Ginny Weasley. La manœuvre laissa le loup-garou et sa compagne à découvert et ils se retrouvèrent contraints de combattre MacNair. Ces quelques moments de distraction avaient été suffisants cependant pour laisser à Greyback le temps de se jeter sur Bill qui se relevait à peine. Le hurlement de douleur que poussa le jeune homme fit dresser les cheveux sur la tête des autres combattants.
« Bill !
-Non ! » cria Alessandro qui attrapa Ginny par sa veste.
Un mouvement sur la droite, depuis le fond du couloir reliant la tour à l'aile principale, alerta aussi Galaad qui se jeta sur Ron Weasley et le fit tomber à terre. Les trois adolescents encore debout se baissèrent instinctivement, tandis qu'un sortilège d'explosion allait frôler Fenryr Greyback qui abandonna sa proie ensanglantée et recula vers la base de la tour, cherchant à rejoindre les autres Mangemorts qui devaient y être réunis. Gibbon se trouva à son tour aculé contre une paroi, épuisé par les sortilèges que lui lançaient Lupin et Tonks sans discontinuer.
« Pousse-toi ! murmura Alessandro en arrivant lui aussi à croupetons près de Bill Weasley. A la lueur des torches, tout le sang répandu rendait la blessure encore plus affreuse : Oriana ! Donne-moi un linge propre, n'importe quoi ! Bon sang, couvre-nous, Weasley ! »
Le visage très pâle, son amie semblait lutter pour ne pas perdre connaissance et ce fut Galaad qui ôta son pull gris avec précipitation et arracha les boutons de sa chemise dans sa hâte de les défaire. Alessandro essuya délicatement une première fois le visage de l'homme étendu à terre et qui tremblait encore sous le choc, puis pressa le vêtement ensanglanté sur sa joue.
« Maintiens-ça en place, avec fermeté, mais sans trop presser non plus, dit-il à Ginny qui hocha la tête et prit immédiatement le relais : il faut faire vite. Traitées dans les premières minutes, les conséquences de ce type de blessure peuvent parfois être limitées, reprenant sa respiration, il ajouta : nous allons tous nous replier et filer à l'infirmerie.
-Il faut aider Dumbledore », fit une voix tendue.
Galaad leva les yeux et aperçut Hermione Granger et Luna Lovegood qui venaient semble-t-il de les rejoindre.
« Nous avons deux autres blessé et celui-ci ne peut pas attendre.
-Il a raison, renchérit Galaad : Weasley, cours tout de suite à l'infirmerie et explique la situation à madame Pomfresh. Il faut deux personnes pour aider chaque blessé.
-Je peux marcher », déclara Bill Weasley d'une voix qui tremblait quand même encore un peu.
Un cri les interrompit et tous se plaquèrent à terre, dans la crainte d'être frappé par un sortilège, mais Gibbon avait seulement réussi à battre en retraite, poursuivi par ses deux assaillants. Alessandro se releva aussitôt, regarda tour à tour la Gryffondor et l'homme aux cheveux roux coupés courts avant d'hasarder :
« Vous êtes de la même famille ?
-Bill Weasley, offrit le blessé en grimaçant, tandis que sa sœur hochait la tête avec un air inquiet.
-Ils sont combien dans cette famille ? murmura Oriana qui retrouvait ses esprits, un peu en arrière.
-Gardez cela contre votre visage et descendez sans vous arrêter. Avec un peu de chance, vous ne deviendrez pas… »
Ginny Weasley entraina rapidement son frère en dehors de la tour, tandis qu'Alessandro répartissait les rôles :
« Galaad, lévite Walter…
-Fais attention à ma tête ! gémit le Slytherin qui cramponnait sa jambe cassée.
-J'y ferai attention si tu veilles à la fermer », marmonna son ami en fronçant les sourcils.
Oriana lui décocha un coup de coude dans les côtes et prit la tête du cortège pour guider son camarade dans les couloirs et les escaliers.
Il restait le cas de Neville Londubat, assommé par un Stupefix et qui tardait à revenir à lui. Hermione marqua un temps d'arrêt pour vérifier qu'elle ne risquait pas de devenir la cible de l'un des deux Mangemorts, traversa rapidement le palier et s'approcha pour lui lancer deux Enervo. Le Gryffondor parut reprendre un peu conscience, mais il était encore trop sonné pour se mouvoir tout seul.
« On va le prendre sous les épaules et le transporter à l'infirmerie, d'accord ? »
Hermione parut hésiter, mais Luna se plaça tout de suite à la gauche de Neville et aida le Slytherin à le hisser sur ses pieds. Leur progression était pénible, le garçon encore groggy luttant pour parvenir à mouvoir ses pieds avec un minimum de coordination. Hermione remplaça Luna dès qu'ils parvinrent à l'aile principale quand une voix sèche et un peu essoufflée retentit à proximité :
« Qui va là ?
-Hermione Granger, professeur », répondit la Gryffondor qui avait tout de suite reconnu le timbre et l'accent caractéristique de son chef de maison.
La vieille femme avança et murmura un Lumos, éclairant d'une lumière un peu vive les quatre élèves devant elle.
« Mademoiselle Lovegood ? Monsieur Gabelli ? Que… Qu'est-il arrivé à monsieur Londubat ? interrogea-t-elle d'un ton qui trahissait ses craintes.
-Un Stupefix, mais nous l'emmenons à l'infirmerie.
-Que faites-vous ici ? Avez-vous prévenu le professeur Flitwick ? Où est le professeur Snape ? demanda l'Ecossaise en saisissant Hermione Granger par le poignet et en la tirant brutalement en avant, avec une force surprenante pour une femme aussi maigre et plus toute jeune.
-Il est entré dans la tour… il y a euh… quelques minutes, affirma Alessandro, qui eut tout d'un coup l'impression d'avoir passé des jours entiers dans ces corridors sombres.
-Merci Merlin ! », soupira Mc Gonagall en fermant les yeux de soulagement, oublieuse un instant des clameurs qui retentissaient en provenance de la tour d'astronomie.
Note de l'auteur : salut à Fishina ! Et oui, c'est le début de la fin. J'ai peur que les adieux soient très limités.
