Attention annonce choquante ! Voici le nouveau chapitre de cette histoire qui a su se faire attendre malheureusement à cause de mon manque de temps pour pouvoir écrire ! Mais maintenant, le voici et j'espère qui va vous plaire !
Disclaimer : Les personnages du Seigneur des Anneaux ne sont pas à moi, ils sont tous à Tolkien et Peter Jackson, en dehors de mes OCs.
Bonne lecture à tous ! ^^
Chapitre 49
La plage.
Leurs amis les regardaient avec des expressions à la fois perplexes, et également encore un peu emprunt par l'alcool de la veille. Ce qui était parfaitement compréhensible, ils s'étaient tous couché extrêmement tard et avaient eu une forte dose de boisson dans l'organisme, que se soit de l'alcool des Hommes ou bien Elfique apporté par les Galadhrims et les Elfes de Fondcombe.
- Vous voulez partir à la plage ? répéta le nouveau Roi, les sourcils haussés.
- Oui, affirma le vert. On le prévoit depuis longtemps, et on aimerait faire cela avant de devoir vivre nos vies.
Le descendant d'Isildur les considéra plusieurs instants sans rien dire, réfléchissant à ce qu'ils venaient de leur dire. Il n'allait pas refuser, les Jackser étaient ses amis et il n'y avait aucune raison de ne pas les laisser partir se détendre un petit peu. De plus, Aragorn était persuadé que cette escapade leur permettrait de prendre les bonnes décisions pour leur futur qui restait encore flou malgré tout.
- Combien de temps voulez-vous partir ?
- Deux semaines, pas plus, le temps du trajet, répondit Elërinna, les mains croisées dans son dos. Pour nous permettre de réfléchir.
- Je vais vous faire préparer de quoi manger et des tentes.
- Merci, dirent de concert les quatre Jackser.
Ils étaient reconnaissants envers Aragorn de les aider à se préparer, même s'ils auraient pu le faire tout seul. Leurs amis demandèrent un peu plus d'information à propos de cette idée de partir à la plage et en quoi ça pourrait être reposant. Lenwë se chargea de leur expliquer que dans leur monde, ils vivaient près de la mer et qu'ils avaient l'habitude de s'y rendre pendant certains jours où ils n'avaient pas à se rendre à l'école ou au travail. C'était toujours agréable de pouvoir parler de leur monde. Ils n'y retourneraient jamais, ils en étaient parfaitement conscients, alors partager ce qu'ils avaient vécu pendant plusieurs années lui permettait de ne pas avoir le mal du pays.
- Il y aura juste un risque de coup de soleil, se moqua Elërinna en coulant un regard lourd de sens à Aranwë.
- Quitte à être rouge, autant l'être jusqu'au bout, répondit ce dernier, en rigolant.
Même si l'évocation des coups de soleil faisait remonter des souvenirs désagréables à la mémoire du plus jeune Jackser, il préférait plutôt en rire qu'en pleurer. Quoique, la dernière fois qu'ils avaient été à la plage et qu'il avait pris des coups de soleil, il avait réellement pleuré à cause des brûlures. Mais maintenant, la peau ou la chaire brûlées ça le connaissait un petit peu, en témoigner ses mains aux nombreuses cicatrices.
- Pouvons-nous vous aider à faire vos bagages ? demanda Frodon, qui jusque-là était rester silencieux.
- Bien sûr, mais tu sais, nous n'allons prendre que le strict minimum, nous serons rentrés bien assez tôt.
- Cela n'a pas d'importance, tant que nous pouvons vous prêter main forte, rétorqua Sam, qui haussa les épaules.
- Aller avec eux alors, les encouragea Aragorn avec un sourire. Je vais tout vous faire parvenir.
- Merci encore, Aragorn.
Sur ces mots, les Jackser quittèrent la salle du trône en compagnie des quatre Hobbits pour rejoindre leurs chambres. Ce n'était pas la première fois qu'ils avaient à préparer leurs bagages pour partir, alors cette sorte d'exercice était devenu habituel, de plus, ils avaient tous un sac de voyage en dehors d'Aranwë, mais ce dernier passa s'en acheter un en même temps qu'il retournait à sa chambre à la caserne. Bien vite, leurs sacs furent remplis, avec des vêtements propres et de la nourriture sèche pouvant tenir plusieurs jours sans se rassir et se périmer. À peine deux heures plus tard, ils étaient dans les écuries à préparer leurs chevaux. Heleg, Malta, Ainu et Naur furent sellés et aux selles, ils ajoutèrent les petites tentes qu'Aragorn leur avait fourni ainsi que leurs sacs pour ne pas être encombrés. En plus de cela, Aldaron y accrocha son bâton, car il était plus sûr qu'ils prennent leurs armes avec eux et pour ça, ils n'avaient pas eu besoin de l'avis de leurs amis. La guerre avait beau être terminée depuis la chute de Sauron, de nombreux Orques et Trolls avaient fuis plus en avant dans les terres. Et même s'il allait être plus difficile pour les Trolls de survives à cause de la lumière du jour, ce n'était pas le cas des Orques, même si ces derniers préférés l'obscurité de la nuit aux rayons du soleil. C'est pour cette raison donc qu'Aldaron avait son épée et qu'il prenait son bâton, que Lenwë avait sa dague et son épée à sa ceinture, qu'Elërinna avait son arc et son carquois dans son dos ainsi que l'épée qu'Haldir lui avait donné à la taille et qu'Aranwë avait ses deux épées jumelles accrochées à sa ceinture. Terminant de mettre la bride à sa jument, la seule fille de la fratrie vit arrivée Haldir en compagnie de ses frères.
- Vous partez aujourd'hui ? demanda-t-il une fois près d'elle.
- Oui, comme je dis, plus vite nous seront partis, plus vite nous seront revenus. Hum... Tu as annoncé la nouvelle à tes frères ?
- Oui, ils l'ont bien pris et ils s'en doutaient, répondit le blond en jetant un coup d'œil à ses frères qui discutaient avec Lenwë. Orophin n'a cependant pas oublié de me sermonner par rapport à notre culture et que je n'avais pas fait ma demande comme il se doit.
- Qu'il ne t'en veille pas, s'inquiéta Elërinna. Après tout, je déroge moi-même à votre culture elfique.
- Ne t'inquiète pas, Orophin et Rumil ne se préoccupe pas de cela, le plus important pour eux et que je sois heureux.
En entendant leurs noms dans la discussion, les deux frères tournèrent la tête vers eux et la jeune femme leur adressa un sourire reconnaissant auquel ils répondirent volontiers, même s'ils n'avaient pas compris ce qu'ils s'étaient dit.
- Bon les deux oiseaux de paradis, vous avez fini ? s'exclama le Prodige de Yavanna. Parce qu'entre vous, Aranwë et Trisha, on n'est pas encore près de partir.
Sa tirade fit rire les deux âmes-sœurs qui ne pouvaient pas lui donner tord. Depuis tout à l'heure, Aranwë et Trisha étaient dans un coin des écuries, loin des oreilles indiscrètes, à se chuchoter des mots doux et s'ils eux aussi si mettaient, ils ne partiront jamais. Calmant leur rire, Haldir l'embrassa rapidement à la commissure des lèvres en guise d'au revoir, ne voulant pas s'afficher ainsi en publique, ce que l'argentée comprenait. Ils se sourirent une dernière fois puis elle monta avec souplesse sur le dos d'Ainu pendant qu'Aldaron allait chercher leur petit frère. Une fois tous les quatre en selle, ils quittèrent les écuries, laissant Trisha et les trois Elfes.
Devant les portes ouvertes de la Cité, la Communauté de l'Anneau attendait et avec eux, un rassemblement de civils qui se demander ce qu'il se passait. En arrivant à leur hauteur, les Prodiges stoppèrent les chevaux.
- Vous avez votre carte ? s'enquit Gandalf.
- Elle est à ma garde, pour plus de sécurité, fit le bleuté, moqueur. Nous longerons l'Anduin, avant de faire halte à Pelargir et d'arriver enfin à Ethir Anduin.
- C'est un bon choix de route, approuva Legolas. Que les Valar veillent sur vous.
- Et que les étoiles vous protèges, répondirent-ils de concert.
Même avec une salutation elfique, les au revoir n'étaient toujours pas la tasse de thé des Jackser. Ils n'ont jamais aimé les au revoir et n'aimeront certainement jamais ça, comme toute personne normale. Néanmoins, c'est eux qui avaient décidé d'aller prendre quelques jours de vacances pour faire le point, alors c'est le cœur plutôt léger qu'ils franchissent les portes de la ville après un dernier signe de la main à leurs amis. Leur itinéraire était simple, mais comme dit plutôt par Lenwë, c'était lui qui était en garde de la carte qui était rangée dans un étui cylindrique solidement attaché à sa ceinture. Aldaron avait refusé de la prendre, car son sens de l'orientation n'était pas sa meilleure qualité, Elërinna avait elle aussi décliner cette responsabilité, n'étant douée pour lire des cartes que sur les jeux vidéo et Aranwë avait également refusé, n'étant pas assez soigneux pour pouvoir prendre soin de cette carte. Chevauchant tous les quatre l'un à côté de l'autre, ils regardèrent par-dessus leur épaule Minas Tirith s'éloigner doucement. Techniquement, ils auraient pu pallier la distance Minas Tirith-Ethir Anduin en deux jours avec une voiture, mais il n'en exister pas dans ce monde et faire le trajet à cheval, même si cela prenait plus de temps, était tout aussi agréablement, si ce n'est pas plus.
- Je vais encore avoir mal au cul moi, je le sens, se plaignit le vert, qui gigotait déjà sur sa selle.
- Oh, arrête de te plaindre ! s'exclama le Prodige d'Aulë et Tulkas. On est ensemble, ce n'est pas le principal ?
- Écoutons Aranwë pour une fois ! approuva Elërinna avec un immense sourire. Il a raison.
- Pour une fois ? s'insurgea le rouge, outré.
Les trois aînés de la fratrie éclatèrent de rire, se moquant gentiment du dernier-né de leur famille. Ce dernier leva les yeux au ciel, souriant malgré lui. Néanmoins, il appréciait que ses frères et sa sœur reconnaissent qu'il ai raison. Ce n'était pas tous les jours que ce genre de miracle arrivait et il savait en profiter. Encore un peu gauche sur le dos de Naur, car il était sûrement le seul qui n'ai jamais longtemps fréquenté les équidés, Aranwë écouta attentivement Elërinna qui commença à lui donner des conseils.
- Il faut que tu accompagnes le cheval, ne reste pas rigide sur la selle, ça sera aussi inconfortable pour Naur que pour toi, dit-elle. Et tu risques d'avoir autant mal au cul qu'Aldaron, car il n'écoute jamais ce que je lui dis.
- Nia nia nia, fit le vert en lançant un regard noir à sa cadette qui ne lui répondit que par un sourire.
Ignorant l'échange des deux autres, Aranwë appliqua les conseils qu'elle venait de lui donner et effectivement, sa position devint plus confortable et en dessous de lui, l'étalon sembla subitement se détendre, arrêtant de s'agiter. Le chemin fut beaucoup plus calme après cela, alors qu'ils discutaient tranquillement en riant parfois.
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La ville portuaire de Pelargir, installée sur l'Anduin, avait grâce à l'intervention d'Aragorn et de l'armée des morts, évité d'être détruit par les pirates, mais cette ville comptait peu de guerrier à la différence des marins, qui étaient plus nombreux, comme à Dol Amroth. Uniquement construite en pierre, Pelargir avait autant de charme qu'Osgiliath une fois reconstruire. Plein d'appréhension, à cause de leur apparence et de celle de leurs chevaux notamment, le quatuor de Prodiges pénétra dans la ville. La grande rue principale était pleine de monde et cela ne manqua pas, ils attirèrent l'attention sur eux alors qu'ils voulaient seulement faire halte dans une auberge pour pouvoir manger un repas chaud pour ensuite reprendre le plus rapidement la route, ne désirant pas traîner. Personne ne les arrêta pour leur poser de questions, néanmoins, et ils purent atteindre la première auberge de la ville sans problème, les gens s'écartant sur le passage.
- Je vais aller demander s'ils ont de la place dans les écuries le temps qu'on mange, dit le plus jeune d'entre eux en descendant de sa monture.
Comme il était le plus habitué pour communiquer avec des inconnus, cela ne le gênait pas d'aller réserver quatre places dans une écurie ainsi qu'une table et de commander un repas pour quatre personnes. Aldaron et Lenwë auraient également pu le faire, mais ils étaient un peu moins à l'aise en société que lui et Elërinna... Il ne fallait même pas lui demander de tenir une conversation avec un inconnu. Même commander une pizza au téléphone, elle avait beaucoup de mal à le faire. Quelques minutes plus tard, le rouge retrouva ses aînés à l'extérieur qui l'attendait, debout à côté des chevaux.
- C'est bon, y'a de la place ! On doit juste les installer dans les box, annonça-t-il en arrivant à leur hauteur.
- Cool, je grève la dalle, fit le Guérisseur, son estomac confirmant ses paroles.
- On constate, on constate, se moqua la Prodige d'Oromë et Nessa.
Ils guidèrent les chevaux dans le bâtiment où déjà quelques chevaux étaient installés et à peine eurent-ils enlevé les selles et les brides qu'une jeune palefrenière arriva pour donner à boire et nourrir les quatre équidés. La jeune fille leur lança un drôle de regard, à eux et aux chevaux, mais elle ne fit aucun commentaire, restant très discrète. La remerciant, ils quittèrent les écuries pour se rendre à l'intérieur de l'auberge où une serveuse les mena à une table se situant dans un coin de la salle. Alors qu'ils s'asseyaient, Elërinna remarqua le regard appuyé que la femme lança à Aldaron. Ne pouvant pas s'en empêcher, elle étouffa discrètement un rire derrière la paume de sa main.
- Qu'est-ce qui te fais rire, Chaton ? lui demanda le vert, un sourcil haussé.
- Tu as tapé dans l'œil de la serveuse, expliqua la jeune femme aux cheveux d'argents.
- Tu remarques ce genre de chose, toi ? s'étonna le bleuté.
- Bah, ça se voit comme le nez au milieu de la figure.
Aussi discrètement qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine, Aldaron se retourna pour pouvoir voir la serveuse, qu'il n'avait pas du tout calculer à vrai dire et son action fit rire les trois autres Jackser. Bien sûr, cela ne loupa pas vraiment, ils attirèrent l'attention à cause de leurs cheveux et de leurs yeux différents de la normale. Ils essayèrent de ne pas y prêter attention et quand leurs assiettes arrivèrent, ils mangèrent en silence. Ce n'était pas de la haute gastronomie française, mais le poisson frais grillé était succulent et cela changer de la viande séchée, surtout que dans leur famille, ils étaient tous fan de poisson.
- Il nous reste combien de kilomètres avant d'arriver à Ethir Anduin ? demanda subitement Aldaron, une fois le repas terminé.
- Encore pas mal, mais on va vite les parcourir, répondit Lenwë en s'étirant, mais une grimace lui échappa lorsque son dos craqua. Oh bordel... Dormir sur le sol... Même dans la tente, c'est horrible.
- Oh, t'en fais pas, à la longue, on s'y habitue, fit Elërinna, sourire en coin à l'évocation de leur aventure dans la Terre du Milieu.
- Ouais, c'est vrai que vous les « voyageurs pauvres », vous avez l'habitude, les taquina Aranwë qui avec le Guérisseur, était le seul à avoir eu des revenus dans ce monde.
- Certes, mais nous, on a vu du pays, au moins, rétorqua Aldaron.
Le Prodige d'Aulë et Tulkas tira la langue à son aîné qui lui donna une petite tape à l'arrière de la tête en guise de correction pour son insolence. Mais c'était en partie vrai, en soit, Elërinna et lui étaient voyageurs pauvres pour le moment, puisqu'ils n'avaient aucun travaille rémunérant en Terre du Milieu depuis leur arrivée ici.
- D'ailleurs, plus sérieusement, vous voudriez faire quoi ? questionna le Prodige d'Estë.
Le vert et l'argentée s'échangèrent un regard. Ils avaient vraiment une simple vague idée de ce qu'ils voulaient faire, mais peut-être qu'en parler pourrait concrétiser leurs idées, ou bien juste leur donner un de forme. Ce fut Aldaron, qui se lança en premier :
- Concrètement, je sais pas trop ce que je pourrais faire, mais j'aimerais bien voyager seul et prendre vraiment beaucoup de recul sur ce qui nous est arrivé. Ensuite, vous voyez ce qu'est devenu le Mordor ? les trois autres Jackser hochèrent positivement la tête. Il ne peut pas rester dévasté et stérile, ça fais tâche dans le paysage, donc je voudrais essayer de lui redonnait vie, sans que ça reste une terre maudite par le passage de Sauron.
- C'est une idée intéressante, déclara le rouge après plusieurs secondes de silence. Et avec ton pouvoir, parfaitement réalisable !
- Si tu veux faire ça, fais le, fit Elërinna avec un léger sourire confiant. C'est une noble cause que de vouloir redonner vie à ce pays.
- Attention, Gwendoline, qui a quinze de moyenne en philo, fait son apparition, rigola Lenwë. Et donc, toi, qu'est-ce que tu veux faire ? À part te marier avec Haldir, j'entends bien.
- Eh bien, je voudrais ouvrir une école, répondit-elle, très sérieusement. Voir que Trisha et Tyld n'ont jamais eu accès à l'éducation me révolte ! Et quand j'imagine toutes les autres personnes, adultes et enfants, qui n'y on pas droit... ! En premier lieu donc, je voudrais ouvrir une école pour former des enseignants et ensuite, les dispatchés dans les Cités des Hommes avec de bons programmes.
- Et tu dis que ma cause est noble ? Mais la tienne l'est encore plus ! s'exclama le Prodige de Yavanna.
- Mais difficilement réalisable, contrairement à toi, rétorqua Elërinna en soupirant.
- Si tu veux le faire, tu pourras le faire, relativisa le cadet de la fratrie.
La jeune femme offrit un petit sourire à ses frères, heureuse d'avoir leur soutien, même s'ils n'étaient pas dupe tous les quatre. Créer des écoles dans ce monde n'allait pas une mince affaire, mais la seule fille de leur famille était déterminée. Suite à cette discussion, ils payèrent leur repas puis reprirent leurs chevaux pour quitter Pelargir où ils n'avaient fait qu'une brève halte.
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Voir une telle étendue d'eau salée autre part que dans leur monde était impressionnant. Surtout que si dans leur monde, 5% des océans avaient été découvert et que l'on savait ce qu'il y vivait en grande partie, ce n'était pas le cas ici. Personne ne savait ce qui se trouvait dans les profondeurs de la mer en Terre du Milieu. L'air marin, singulier aux Jackser, leur rappela de vieux souvenirs au bord de la mer Méditerranée ou au bord de l'Atlantique. Quand ils arrivèrent au bord de l'immense plage, ils mirent pied à terre pour se dégourdir les jambes. Ils avaient passé les derniers jours à cheval sans pouvoir se reposer autrement qu'avec les quelques heures de sommeil qu'ils avaient eu la nuit.
- C'est magnifique ! s'exclama Aranwë, les yeux pétillants de joie. Vous croyez qu'il y a les mêmes animaux que chez nous dans cette mer ?
- Possible, répondit Aldaron. Mais ils doivent avoir un physique légèrement différent, comme les Mûmakil qui ont deux paires de défense et qui sont plus grand et les rhinocéros qui ont deux cornes.
Pendant que le vert et le rouge discutaient des possibles animaux marins qui pourraient peupler les eaux salées de la Terre du Milieu, Lenwë et Elërinna commencèrent à monter leurs tentes, un peu plus loin pour ne pas être surpris par une marée haute. Bien vite, ils reçurent l'aide des deux autres garçons de la fratrie et les tentes furent rapidement installées, les unes à côtés des autres autour d'un foyer de feu qu'Aranwë avait formé avec de gros cailloux. Heleg, Malta, Ainu et Naur furent aussi débarrassés des selles qui encombraient leurs dos ainsi que des brides et des mords qui allèrent prendre place dans les tentes de leur propriétaire respectif. Les chevaux libres, les Prodiges se posèrent enfin en tailleur dans le sable agréablement chauffé par le soleil. Ce n'était pas encore l'été, mais la chaleur était tout de même présente.
- J'ai mal aux cuisses et au cul ! se plaignit l'aîné de la fratrie en se massant justement les jambes.
- Mais tu as tout le temps mal aux cuisses et au cul à cheval, rétorqua la seule fille. C'est pas nouveau, tu sais.
- Un peu de soins médico-magique ? proposa Lenwë, ses mains s'illuminant en bleu.
- C'est ton nouveau slogan ? dit le Prodige d'Aulë et Tulkas en riant. J'approuve !
Le bleuté regarda son cadet, un léger sourire sur les lèvres, ne trouvant pas l'idée stupide. Il comptait parcourir le monde pour apporter ses soins à quiconque en avait besoin, donc un slogan comme celui n'était pas une mauvaise idée. Les fesses dans le sable, Elërinna s'appuya contre l'épaule d'Aranwë, la fatigue qui s'était accumulée depuis leur départ de Minas Tirith commençait à se faire sentir. En attendant que Lenwë apporte des soins à Aldaron, la jeune femme observa les alentours. Au loin, elle reconnaissait la chaîne de montagnes où se situer la cité des morts et elle pouvait aussi distinguer, beaucoup plus loin, la ville de Dol Amroth qui depuis le temps, avait dû être reconstruite. Elërinna ferma les yeux quelques secondes, ayant l'impression de se retrouver dans leur monde d'origine et surtout, sur la terrasse de leur appartement.
- T'endors pas, dit tout à coup le rouge qui la secoua. Tu es trop lourde pour qu'on te mette dans ta tente.
- Mais va te faire foutre ! rétorqua la Prodige d'Oromë et Nessa en lui donnant un coup de poing dans les côtes. Je pensais.
- Parce que tu penses, toi ? s'étonna faussement son cadet.
- Beaucoup plus que toi en tout cas.
Légèrement vexé par la remarque de sa grande sœur, Aranwë lui rendit son coup de poing. Néanmoins, il y mit un peu moins de force, puisqu'il savait que la sienne était supérieure à celle de la seule fille de leur fratrie. Bien que la jeune femme ai également de la force puisqu'elle était capable de participé à des batailles comme celles qui étaient survenues dans ce monde depuis qu'ils y étaient. De l'autre côté du foyer du feu qui n'était pas encore allumé, Lenwë termina rapidement de remettre en état les jambes de son frère qui avait seulement des courbatures dû à leurs longues heures à cheval.
- Bon ! s'exclama le vert. Qui est le premier à l'eau ?
- Bah, moi, je vote pour celui qui a les cheveux bleus, proposa le plus innocemment possible l'argentée, un grand sourire étirant ses lèvres.
- QUOI ?! s'insurgea le concerné.
Sans laisser le temps au bleuté de se défendre, Aldaron se jeta presque littéralement sur lui, bloquant ses bras pour l'empêcher de bouger. Un hoquet de stupeur échappa au jeune homme qui se retrouva bien vite soulevé de terre. Aldaron et Aranwë lui tenaient les bras et les jambes tandis qu'Elërinna pour sa part, riait diaboliquement. Cependant, amener le Guérisseur jusqu'au bord de l'eau fut compliqué, car ce dernier se débattait comme un fauve, ne voulant pas être jeté à l'eau de cette manière. Heureusement, il avait pensé à déposer ses armes dans sa tente, il ne les portait donc pas, ce qui éviterait qu'elles soient rouillées. Son plongeon dans l'étendue d'eau salée fut accompagné d'un tonitruant « plouf » qui fut suivit par le silence le temps qu'il remonte à la surface pour prendre une bouffée d'air. Une fois sorti de l'eau, il rejoignit les trois autres Jackser qui étaient tous à deux doigts de mourir de rire. Les vêtements trompés et ses cheveux qui lui collaient au visage, Lenwë croisa les bras sur son torse.
- Alors ? Elle est bonne ? demanda Aranwë.
- Un peu fraîche, mais ça va.
Puis sans prévenir lui aussi, il sauta sur sa petite sœur pour la prendre dans ses bras. Surprise, la jeune femme poussa un cri de peur alors qu'elle sentait ses propres vêtements devenir humides. S'en suivit une intense bataille entre eux quatre où au final, ils se retrouvèrent tous dans l'eau, habillés et trempés jusqu'aux os.
La nuit était tombée sans qu'ils y prêtent réellement attention, et les Jackser se retrouvèrent au coin du feu allumé par Aranwë, habillés dans des vêtements secs et enroulés dans des couvertures. Tout était calme et les seuls bruits qu'on pouvait entendre étaient le crépitement du feu ainsi que les chevaux qui s'amusaient tranquillement un peu plus loin. L'ambiance était particulièrement agréable et il fallait l'avouer aussi, ils étaient complètement hors service maintenant. Aranwë était quasiment en train de dormir, la tête posée sur les genoux d'Elërinna qui passait distraitement sa main dans la tignasse rouge de son cadet et les deux autres garçons de leur famille s'amuser à dessiner des dessins dans le sable. Même à Minas Tirith, ils n'avaient pas été aussi tranquilles avec le bruit continuel de l'activité de la cité blanche du Gondor.
- L'idée de devenir immortelle ne t'angoisse pas ? demanda l'aîné de leur fratrie.
Elërinna releva la tête pour fixer quelques secondes le vert, réfléchissant à une réponse logique et sincère. Être immortelle ne l'inquiétait pas plus que ça, elle ne savait juste pas comment cela aller se passer, mais néanmoins, elle était loin d'être stupide et n'avait pas prit une décision irréfléchie. Elle savait que sa vie après ne serait pas forcément un conte de fées, mais c'est ce qu'elle voulait.
- C'est de ne pas savoir comment ça va se passer qui m'angoisse, répondit-elle finalement. Mais si je ne le fais pas parce que j'ai peur, je risque de vraiment le regretter toute ma vie.
- Haldir avait l'air tout aussi choqué que nous, tu ne lui avais rien dit ? fit Lenwë, qui restait concentré sur le serpent qu'il dessinait dans le sable.
- Personne n'était au courant.
- Tu cachais bien ton jeu, répliqua Aldaron en souriant un peu. Même si on aurait pu s'en douter.
La jeune femme aux cheveux d'argent hocha doucement la tête puis arrêta de passer sa main dans les cheveux d'Aranwë pour étirer ses bras qui craquèrent dans un bruit désagréable à l'oreille. Au même moment, le plus jeune de leur famille gigota dans son sommeil en marmonnant le prénom de Trisha, ce qui fit rire les trois plus vieux.
- Trisha lui manque déjà, pauvre petit, se moqua gentiment le bleuté.
- Ne te moque pas de lui à propos de ça, le rabroua doucement le Prodige de Yavanna.
Lenwë et Elërinna arrêtèrent tous les deux le sourire pour se regarder et glisser leur regard vers le vert qui était devenu subitement sérieux. Ils se sentirent soudainement très coupable de se moquer du manque qui devait ressentir leur petit frère de ne pas être avec la jeune Gondoréenne. Aldaron lui n'avait plus Anna et ils étaient ensemble depuis très longtemps. Pour lui, ne plus voir la femme qui était avec lui depuis la fin du lycée devait être tout simplement horrible et pourtant, il n'en parlait jamais, gardant tout pour lui.
- Parle-nous, Fabian...
Pour la première fois depuis l'année où leurs parents avaient brutalement perdu la vie dans un cancer provoqué par les Valar, l'aîné de la fratrie Jackser, celui qui était le pilier de leur quatuor, le mur porteur de leur maison, baissa la tête, ses cheveux verts cachant son visage tandis que ses épaules étaient secouées de tremblement saccadés. Leurs yeux écarquillés, le bleuté et l'argentée mirent un petit moment à se rendre compte de ce qui se passer, mais quand ce fut le cas, ils ne leur fallut pas longtemps pour être auprès de leur grand frère. Elërinna se servit de sa couverture pour faire un oreiller au rouge avant d'aller s'accroupir à côté de ses deux autres frères, Lenwë lui se rapprocha plus vite qu'elle et posa une main réconfortante sur l'épaule du vert. Ce dernier continua de pleurer en gardant la tête et pour le calmer, enfin en espérant le calmer, la jeune femme aux cheveux d'argent entoura les épaules de son aîné avec ses bras et elle le serra contre elle. Étant toujours plus grand qu'elle dans toute circonstance, elle fut obligée de se dresser sur ses genoux pour le prendre correctement dans ses bras. Pendant de longues minutes, ils restèrent dans la même position, Aldaron crispant ses doigts sur la tunique de sa petite sœur qui ne bougea pas d'un poil, s'en fichant que la position dans laquelle ils étaient soit inconfortable.
- Elle me manque... murmura le vert entre deux sanglots.
Comme s'était beaucoup mieux pour lui d'évacuer, les deux autres Jackser ne dirent rien, le laissait pleurer aussi longtemps qu'il en aurait besoin. Pour une fois qu'il se laisser aller comme ça, lui qui pendant trop de temps avait voulu se montrer le plus fort d'eux quatre. Tandis qu'elle sentait le haut de sa tunique au niveau de son épaule gauche devenir de plus en plus humide, Elërinna frotta le dos de son aîné pour le réconforter silencieusement. Le Prodige de Yavanna se calma enfin, sans manquer de renifler un bon coup tout en essuyant ses yeux aux contour devenus rouge par les larmes. Lenwë lui tendit un morceau de tissu avec lequel il put se moucher correctement. Cela fait, il arriva à parler sans sangloter.
- Nous sommes mort si brutalement que je n'ai même pas pu lui dire au revoir... Anna m'en voudra toujours...
- Mais non, ne dit pas ça, répliqua le Guérisseur en lui donnant une petite tape sur le crâne. Elle ne pourrait jamais t'en vouloir, et si elle savait un jour ce qui nous étais arrivé, c'est aux Valar qu'elle en voudrait.
- Je sais... Mais... Mais... J'ai peur qu'elle ne puisse pas refaire sa vie.
- Ça va aller, Fabian... voulu le rassurer Elërinna. Il faudra qu'elle réussisse, comme tous les autres.
Aldaron regarda sa sœur et son frère, et il vit dans leur regard à la fois de l'espoir pour leurs proches et leurs amis, mais aussi une profonde tristesse qu'ils garderaient malheureusement toujours en eux, tous les quatre.
- On m'attend même pas pour les moments émotions ? s'éleva soudainement la voix d'Aranwë. Choqué et déçu.
Les trois Jackser plus âgés se tournèrent vers le dernier de leur fratrie. Ce dernier affichait un véritable air choqué et déçu comme il l'avait dit, qui fit éclater de rire Aldaron, Lenwë et Elërinna puis qui fera également rire le rouge.
Voilà, voilà, j'espère que ce chapitre vous aura plu et que l'attente valait la peine à vos yeux. ^^
Rendez-vous la prochaine fois pour le chapitre 50 ! ^^
