Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.
Merci à tous ceux qui m'ont laissé un petit mot sur le précédent chapitre:
Crazyfuriousgirl, Cididy, Constancelcd, Zeugma, Nastam, Juliana, Maxine3482, LycorisSnape, SlythenclOw, Emilie09, Jasmineetaladin, Fanny, Lupinette, Daidaiiro, Steph Rogue, et Math'L.
A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse ! )
J'espère que l'épidémie de grippe vous a épargné(e)s… pour ma part, je suis en plein dedans *reniffle*
Enjoy &… Review !
Lucius
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Les semaines succédaient aux jours et les mois aux semaines, Severus revenait maintenant au manoir chaque samedi soir, et Missy, à la demande d'Hermione avait recommencé, comme l'année précédente, à Transplaner à Oxford trois fois par semaine, afin de s'assurer qu'il se nourrirait un minimum correctement. Elle et Lily se rencontraient chaque mois, afin de renouveler le stock de potion de James et de faire le point sur sa situation. Après les tâtonnements et les quelques ajustements nécessaires, tant dans la formule que dans les dosages, du début, son état s'était stabilisé, et les crises nettement espacées. Il avait épousé Lily peu de temps après leur entrevue à la Tête de sanglier. Aux yeux du monde, ils avaient justifié l'urgence de leur décision par l'état de la jeune femme, qui attendait un heureux évènement pour la fin de l'été. Seul Dumbledore était au courant de la véritable raison de cette hâte à régulariser leur situation. Sirius et Marlène McKinnon s'étaient officiellement fiancés, et Remus commençait à envisager sérieusement une relation officielle avec sa petite amie, maintenant que la Tue-Loup lui assurait une vie quasi normale… restait à savoir si la jeune femme accepterait son 'petit problème de poils' comme le qualifiait James. Mais il pouvait compter sur ses amis pour le soutenir, lorsqu'il se déciderait à le lui avouer.
Les examens de fin d'année approchaient sans qu'ils aient encore vraiment finalisé leur plan. Maître Stockes avait affirmé à Severus qu'il était prêt à le présenter dès cette année aux épreuves finales de Maîtrise. S'il les réussissait, il ne pourrait pas cacher le fait bien longtemps, les nouveaux Maîtres recevant leur agrément officiel quelques mois après l'examen, au cours d'une cérémonie publique couverte par la presse. Et avec un lauréat de son âge, l'évènement serait d'autant plus médiatisé ! Il serait obligé d'aller solliciter un poste auprès de Dumbledore dès la rentrée prochaine, afin de donner le change à Voldemort. Le destin semblait, effectivement, toujours les ramener au plus près de ce qui avait été. Seul le fait qu'il ait pu convaincre le mage noir de l'utilité de ne pas prendre la Marque, et bien sûr que Regulus soit toujours vivant, pouvait leur faire espérer que les choses pouvaient encore être vraiment modifiées et qu'ils pourraient mener leur mission à son terme avec succès. Bien sûr, il savait déjà que cela était destiné à arriver, mais le savoir et le vivre n'étaient pas la même chose, et l'idée que Vitellius ait assez confiance en ses capacités pour penser qu'il puisse devenir Maître des Potions à seulement vingt ans transportait Severus dans un état d'exaltation euphorique, qu'arrivait à peine à contrebalancer celle de devenir professeur. Son seul espoir de changer cette destinée était de mener à bien sa mission. Même sans avoir la Marque sur son bras, il était déjà trop engagé auprès de Voldemort pour pouvoir faire marche arrière. Si ce n'était pas cette année, ce serait la prochaine, mais tant que le mage noir serait vivant, il savait qu'il ne pourrait pas y échapper.
L'accouchement de Narcissa approchait, et Lucius avait demandé à Severus s'il accepterait d'être le parrain de son enfant, proposition que le jeune homme s'était empressé de rejeter avec le plus de diplomatie possible. Ce faisant, l'aristocrate reconnaissant lui avait donné une immense preuve de sa gratitude, qui pouvait le mettre en porte-à-faux avec les Sang-purs les plus extrémistes de son entourage. Le jeune homme lui avait fait valoir que son geste risquerait non seulement d'être mal perçu par toute la communauté des Mangemorts, mais aussi de mettre à mal le statut privilégié de son ami auprès de Voldemort. D'autre part, en sa qualité de sœur de Narcissa, la marraine devait être Bellatrix, et outre qu'il n'avait aucune envie d'être liée à elle par quel lien que ce soit, jamais, de son côté, elle n'aurait accepté un 'fils de Sang-de-bourbe', ainsi qu'elle se plaisait à le qualifier, comme co-parent de substitution. Lucius n'ayant plus aucune famille proche, ce à fut Regulus Black, qui était de plus ou moins loin lié aux deux jeunes parents, qu'échut cette responsabilité.
…
Lucius attrapa un verre d'épais cristal taillé, dans le bar de la bibliothèque, et se versa un fond du vieux whisky moldu qu'il réservait à ses libations personnelles. L'aristocrate se posait de plus en plus de questions sur son avenir et surtout celui de sa famille. Il avait pris la marque très jeune, pressé par un père à qui l'on ne disait pas non, alors qu'il commençait tout juste à fréquenter Narcissa. Aurait-il attendu un peu plus, il doutait qu'il se serait engagé aussi facilement auprès du mage noir. Il aimait sincèrement son épouse, pour elle, il avait, pour la première fois de sa vie, osé défier Abraxas qui avait, depuis longtemps, décidé d'une autre alliance pour son héritier. Mais les Black étaient une famille au moins aussi prestigieuse que les Rosier. En outre, leur dernière alliance avec les Malfoy datait d'un peu plus longtemps, ce qui diminuait légèrement le risque de consanguinité. Le patriarche avait donc fini par céder à l'entêtement de son fils. Au fur et à mesure que l'esprit de Voldemort semblait sombrer de plus en plus loin dans les profondeurs de sa folie mégalomane, il avait peur pour elle. Maintenant qu'il allait être père, cette peur se transformait en terreur et peuplait ses nuits de cauchemars. « Draco », murmura-t-il. Severus avait tout de même accepté de Nommer le bébé, qui, d'après les matrones, s'avérait être effectivement un garçon. L'attribution d'un nom était une chose importante, ce que les Moldus semblaient avoir oublié depuis longtemps. Un prénom puissant pouvait influencer l'avenir, et aider l'enfant auquel il était attribué. Il aimait celui que le jeune homme avait choisi pour son fils. Les dragons étaient puissants, quasi indomptables, et presque indestructibles… et en ces temps agités, mieux valait mettre toutes les chances de son côté.
Depuis l'entrevue que Severus avait sollicitée de Voldemort, peu après Noël, il s'était peu à peu rapproché du jeune sorcier, avec qui, sans être pour autant intime, il correspondait maintenant autrement que formellement. Il était habitué aux châtiments de son Maître, et les scènes de tortures ne lui étaient pas étrangères. Mais ce qu'il avait alors fait subir au jeune homme, qui ne lui était après tout pas officiellement attaché par la Marque, et lui apportait, de sa propre initiative, une information importante, l'avait particulièrement secoué. Et ce n'était pas la première fois. Avec l'augmentation de la fréquence des mouvements d'humeur de leur maître, un malaise croissait exponentiellement parmi les Mangemorts. Pour la plupart soit chefs, soit héritiers, de certaines des plus grandes familles de sorciers du pays, ils ne s'étaient pas engagés dans la cause pour être torturés !
Lorsqu'il avait appelé Narcissa, afin de prendre soin de leur ami pour qu'il retrouve assez de force pour pouvoir retourner chez lui sans risque de se Désartibuler, elle avait été choquée à un tel point, qu'il avait lui-même commencé à se demander si son ambition valait de subir un tel asservissement. Sa fortune et le prestige de sa famille auraient pu lui permettre de vivre confortablement, en assurant un environnement sûr à sa femme, et maintenant à son fils. Voldemort lui avait fait miroiter qu'en le suivant, il pourrait rapidement devenir Ministre de la magie… ou du moins une marionnette à son service, réalisait-il à présent. Il était trop tard pour changer d'avis, mais il se demandait maintenant si ses rêves de pouvoir valaient de vivre et de faire vivre ceux qu'il aimait, dans la peur perpétuelle d'un mouvement d'humeur d'un psychopathe de plus en plus instable.
Lui et son épouse avaient, en quelque sorte, pris le jeune couple sous leur aile, et si pour eux il était effectivement trop tard, il commençait, malgré son égoïsme naturel, à se sentir vaguement coupable de leur préparer un tel avenir. Severus avait, certes, l'air de savoir ce qu'il faisait, mais… il ne pouvait s'empêcher d'être troublé par le comportement ambigu des deux jeunes gens. Que Narcissa et Harmony évitent de trop s'investir, cela, non seulement il le comprenait, mais il l'approuvait et l'encourageait sans aucune réserve. Il avait même, l'année précédente, fermé les yeux sur certaine escapade de son épouse, qui, étant allé faire les boutiques en compagnie d'Harmony, en était revenue avec des articles très peu répandus dans le monde sorcier… articles qu'il avait d'ailleurs su apprécier sans retenue, d'où sa cécité volontaire.
Severus, par contre… Severus était une énigme qu'il avait de moins en moins envie de déchiffrer. Ce qu'il ignorait ne pouvait nuire à personne. Lorsqu'ils étaient seuls, le jeune sorcier se montrait étrangement compréhensif en ce qui concernait ses réticences à demi-exprimées, et de plus en plus fréquentes, envers le Seigneur des Ténèbres, alors qu'il avait affiché une telle détermination face à Lui, malgré les tortures infligées.
Parce qu'il n'était pas dupe : il s'agissait bel et bien de torture. Voldemort ne lui avait jamais fait subir ce qu'il avait infligé au jeune Potioniste, mais il s'était parfaitement rendu compte de l'ampleur de sa souffrance. La dernière fois, il avait fallu de longues heures et toute la science des sorts de guérison de Narcissa pour le rendre à peu près présentable. Severus ne voulait pas qu'Harmony le voit dans l'état où l'avait laissé leur Maître. Ce qu'il avait subi avait été indubitablement bien pire qu'un Doloris. Après le départ du mage noir, il avait sombré, pendant de longues minutes, dans un état de semi-inconscience, grelottant, tremblant, et paraissant souffrir le martyre au moindre bruit, au moindre effleurement, et même, malgré ses paupières closes, à la simple lueur d'une bougie. Redevenu lucide, il n'avait, encore pendant un long moment, pas pu totalement dissimuler ses réflexes défensifs, dès que lui ou son épouse s'approchaient de lui. Lucius avait, comme tous les autres, bien sûr déjà subi la Legilimencie de Voldemort, mais sans aucune commune mesure avec ce dont il venait d'être témoin. L'esprit de Severus avait manifestement été fouillé dans ses moindres recoins, labouré, retourné sans aucune pitié. Cela pouvait, certes, se concevoir étant donné le rôle d'espion que lui réservait le mage noir, mais lui, pourquoi acceptait-il cela ? Par loyauté envers lui ?
Certes, le jeune homme lui devait beaucoup. A l'époque de leur scolarité, nombreux étaient ceux qui s'étaient demandés pourquoi l'arrogant, le froid, l'orgueilleux Lucius Malfoy, tout imbu de la supériorité et des prérogatives de sa caste, avait bien pu prendre sous sa protection le plus pouilleux des Sang-mêlé jamais échus à Serpentard. Au début, bien sûr, il accomplissait uniquement son devoir de préfet en chef, mais il était intelligent, et très vite, il s'était rendu compte des immenses capacités du jeune garçon. Peu à peu, il avait commencé à considérer, au-delà de son enveloppe rustique, le descendant de la noble famille des Prince, et pensé que s'il pouvait amener une recrue aussi prometteuse à son maître, il pourrait en retirer un bénéfice appréciable. Il l'avait conseillé, l'avait aidé à perdre son accent du nord à couper au couteau et ses manières frustres de gosse des rues, et pour finir, lorsqu'il avait quitté Poudlard, il l'avait 'confié' au jeune cousin de Narcissa, Regulus Black, qui lui, venait d'y entrer. En cette période troublée, un Sang-mêlé ne pouvait survivre, au sein de Serpentard, qu'en bénéficiant de l'amitié, ou tout le moins de la protection apportée par un Sang-pur. Severus apprenait vite, et dès sa seconde année, il aurait aisément pu passer pour l'un d'entre eux. A la fortune certes écornée, ainsi qu'en témoignaient ses vêtements et ses livres de seconde main, mais à l'éducation et à la diction sans failles, et personne, parmi ceux qui ne l'avaient pas connu avant, n'aurait pu se douter de ses origines paternelles non seulement moldues, mais plus que modestes.
A Poudlard, il affectait ouvertement de partager les convictions des fils de Mangemorts qu'il était obligé de fréquenter. A cause de cela, il s'était d'ailleurs brouillé avec cette Sang-de-bourbe de Gryffondor, avec laquelle il était ami depuis leur enfance, Lily Evans. Mais aurait-il pu agir différemment ? Non. Tous les Serpentards n'étaient pas de futurs serviteurs des Ténèbres, loin s'en fallait, mais tous se devaient d'au moins sembler suivre le mouvement, pour avoir la paix et pouvoir vivre leur scolarité dans une relative sérénité, pour ne pas dire sécurité.
Mais Severus était doué, il deviendrait certainement le plus jeune Maître des Potions depuis plusieurs siècles, voire depuis toujours. Il pouvait prétendre à une grande carrière de Potioniste, et maintenant, en-dehors de l'école, il n'avait plus à subir le harcèlement des Maraudeurs et les moqueries et autres insultes des Sang-pur extrémistes. Il avait une compagne aimante, aucune ambition politique, et son père honni était mort, que ce soit, comme le pensait Voldemort, de sa propre main, ou non, comme en avait conclu l'enquête menée par les Aurors, à l'époque. Il aurait pu vivre tranquillement de son art, sans avoir à se prosterner devant… soyons réalistes, un fou mégalomane.
Lucius posa le verre qu'il tenait à la main sur le guéridon qui jouxtait son fauteuil, et se leva, s'apprêtant à rejoindre sa chambre et son épouse. Il n'avait aucune envie de s'appesantir sur les buts ou les motivations du jeune homme ! Il ne souhait aucun mal à Snape, il avait même une énorme dette envers lui. Non, décidément, il ne tenait pas à approfondir les choses. Il était Serpentard jusqu'au bout de ses ongles manucurés, et un Serpentard s'applique toujours, autant que possible, à éviter les ennuis,.
TBC
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