42) Sacrée impression

- Anthony ! s'époumona Terry.

Le dénommé Anthony Goldstein se retourna et leva les yeux au ciel avant de déclarer :

- J'ai entendu dire que tu as passé l'après-midi à me chercher !
- Et tu n'es pas le seul, marmonna Terry. Dis, c'est toujours bon pour... tu-sais-quoi ?

Anthony acquiesça silencieusement.

- Alors rends-toi au septième étage à 20h15, dit précipitamment Terry avant de se retourner. Hé, Michael !


- Tu veux toujours venir, Zacharias ? demanda Enaël avec inquiétude.

Le Poufsouffle de cinquième année sembla le jauger un long moment, puis finit par répondre à demi-mots :

- D'accord.
- Dans ce cas, sois sûr de bien aller au septième étage à 20h30. Tu t'en souviendras ? Parfait.


- Marietta ?! s'exclama Alexandra en consultant sa part des tâches. Je dois vraiment parler à Marietta Edgecombe ? C'est une blague, dit-elle en se tournant vers Harry.
- J'ai réparti au hasard, mentit le Gryffondor. Par affinités, enfin j'ai essayé.
- Encore hier, cette grognasse m'a regardé comme si j'avais assassiné son cocker !
- Ah, laissa échapper Harry.
- Et avant-hier, elle fouinait dans mes affaires façon Ginny Weasley !
- Elle pensait peut-être que ton génie menaçait le monde magique, ironisa Harry.
- Oh toi je vais t'étripe-

Un "Hum hum" retentit et Alexandra se retourna vivement. Ombrage n'était tout de même pas déjà au courant du club ?

Mais ce n'était que Ginny. Une Ginny en furie qui s'approcha furieusement avec fureur :

- J'ose espérer que j'ai mal perçu le message qui ne concernait pas du tout ma personne.
- Il faut assumer ses actes passés, se contenta de dire Alexandra avec audace.
- Tu te trompes si tu crois que je vais rester sans rien faire. Le maléfice de Chauve-Furie est ma spécialité !
- Ça te va bien, sourit la plus âgée. Faut que j'y aille, j'ai une anguille à étouffer.

Ginny lui adressa un regard noir et Harry attendit plusieurs secondes avant de dire :

- Tu penses que tout le monde viendra ?
- Luna n'aura aucun problème, et Leo... Tu étais vraiment obligé de le faire chercher Seamus ?
- J'ai envie que la situation s'arrange entre eux deux, dévoila Harry.
- La subtilité et les garçons...

Ginny roula des yeux, puis elle se rendit à son dernier cours.


- Alors, heu, tu, ça ne te dérange pas de venir ce soir au septième étage à- commença Leo.
- Enaël est déjà venu me voir, le stoppa Seamus en souriant. Je viens, oui.
- Ah, c'est... bien.

Dans la tête du Serdaigle, de nombreux scénarios se formaient, de plus en plus inquiétants.

- Est-ce que tu es heureux ? Avec lui ? s'intéressa Seamus.
- Oui, affirma Leo.
- Dans ce cas, y a aucun souci, décida le Gryffondor. On a tous les deux tourné la page, et même si ça a été forcé par Naos, c'est mieux comme ça.
- Tu es sûr que ça va aller ? voulut s'assurer Leo. Tu n'es pas jaloux, envieux ou je ne sais quoi ?
- Peut-être un peu, rit l'Irlandais. Mais ça passera. Et avant que tu ne le demande, je crois qu'Enaël et moi on s'entend très bien.
- Vraiment ? s'étonna Leo.
- Oui ! Il a été très sympa, et puis il est venu à ta place pour éviter que tu sois gêné. C'est une perle rare, Leo, ne l'égare pas.

Le Serdaigle acquiesça après une brève hésitation. Oui, Enaël était une perle éphémère et précieuse.


- Approchez, approchez ! Aujourd'hui, les Nougats Néansang sont à moitié prix ! lançaient Fred et George à l'unisson à travers la salle commune des Gryffondor.

Luna avait obtenu le mot de passe grâce à Harry, et admirait les couleurs chaudes qui parsemaient la salle. Des jeunes de première année fixaient les jumeaux Weasley avec envie, et d'autres plus âgés s'étaient mis en file pour profiter de leur offre. La rêveuse se mit à la suite des clients, et alors qu'elle attendait son tour, des paroles arrivèrent à ses oreilles :

- Paraît que y a une sorte de résistance qui s'organise.
- Seamus m'en a parlé, c'est contre Ombrage il me semble.
- Contre une employée du Ministère ? Ils en ont sous la ceinture...
- C'est qui leur chef ?
- Aucune idée. Je demanderai à notre camarade dessinateur.

La Serdaigle sourit, comme à son habitude, avant de se renfrogner. Certes, l'idée d'Harry avait du succès, mais avec la popularité venaient les ennuis. Et en l'occurrence, si le projet parvenait aux oreilles d'Ombrage, celle-ci allait sans doute faire tout ce qui était en son pouvoir pour les empêcher de parvenir à leurs fins.

- Tiens, une Serdaigle ! Pour toi, les Marécages Portables sont à seulement un Galion ! lança Fred tout à coup.
- Moitié prix si c'est utilisé contre Rogue ou Ombrage, gratuit si on peut y assister ! continua George.

Luna n'avait pas remarqué qu'elle était arrivée juste devant le comptoir improvisé des Weasley. Elle regarda avec envie les objets que désignait Fred, puis dit :

- C'est pour parler de la résistance.

Elle entendit des murmures tout autour d'elle, et fut satisfaite de son impression. Les jumeaux s'approchèrent d'elle et soufflèrent :

- Nous sommes tout ouïe.
- Septième étage, 20h pile. Et apportez quelques uns de vos bijoux.
- Ça marche, déclara George.
- À tout à l'heure, sourit Luna avant de sortir de la salle commune.


Daphné et Theodore fixaient Hermione et Ron avec circonspection depuis un long moment. Finalement, Ron s'éclaircit la gorge :

- E-Et donc, ça vous dit ?
- Tu crois vraiment qu'envoyer des Gryffondor pour nous convaincre était la solution la plus efficace ? lui demanda franchement Daphné.
- Si nous nous y rendons, ce sera pour une unique raison, poursuivit Theodore.
- Laquelle ? provoqua Hermione.
- J'exclue bien évidemment l'immense satisfaction de voir Potter défigurer Mister Perfection lors d'une probable démonstration, déclara Daphné. À mon avis, la colère d'Ombrage lorsqu'elle apprendra ce que l'on fait vaut toutes les heures de colle du monde.
- Je n'ai rien contre Delacour, rassura Theodore, mais il y a quelque chose de jouissif dans l'idée de voir un beau gosse populaire souffrir et être publiquement humilié.

Hermione et Ron échangèrent un regard confus, puis le rouquin fit comme s'il n'avait rien entendu :

- Bref, le rendez-vous est fixé à 20h40. Au sept-
- Nous le savons déjà, grâce à nos sources, coupa Theodore.
- Les Poufsouffles ? glissa Hermione.

Elle reçut deux regards noirs puis Daphné dit de sa voix menaçante :

- Je ne sais pas qui répand cette ignominie, mais passons.
- Nous y serons, conclut Theodore avec fermeté.


Lorsque les jumeaux Weasley arrivèrent au rendez-vous, il n'y avait que Luna qui les attendait devant un mur en apparence normal.

- Il y a de la foule, ironisa Fred. On est en avance ?
- Non, vous allez vite comprendre, indiqua Luna. Revenons à la cage d'escaliers.

Fred la fixa avec curiosité mais la suivit hors du couloir. Lorsqu'ils arrivèrent près des escaliers hasardeux, Luna se pencha vers le fond du château et demanda :

- Est-il possible de déclencher une diversion près de la salle commune des Serpentards ? Dans les cachots ?

Le jumeau le plus malin des deux se tourna vers l'autre et déclara :

- Nos Marécages Portables feront parfaitement l'affaire.
- Puis-je suggérer une seconde cible ? demanda George.
- Je t'en prie, acquiesça Luna.
- La cour de Métamorphose. Si les profs tombent dessus pendant qu'ils font leur patrouille, ils réussiront juste à augmenter les dégâts !

Luna semblait toute joyeuse à l'idée, et Fred décida qu'il appréciait bien cette Serdaigle pas comme les autres. Il proposa :

- Alors George se charge des cachots, et moi de la cour, pendant que tu supervises de loin l'opération ?
- Est-ce que je peux venir ? demanda Luna les jours rosies. J'ai toujours rêvé de vous voir en action.
- Mais bien entendu, très chère ! Nous devons bien cela à notre plus grande fan.

En entendant ça, Luna donnait l'impression d'entrer dans un nouveau seuil de réalité. Ses yeux s'illuminèrent et un large sourire décora son visage. Fred avait réellement l'impression d'avoir rencontré leur plus grande fan.


Severus Rogue marchait d'un pas presque décontracté dans sa ronde habituelle, la baguette prête. Les élèves ne s'aventuraient guère dans cette partie du château car elle ne recelait rien de-

Les pensées de l'enseignant furent interrompues par un grand bruit sourd. Il provenait de ce qui se trouvait derrière la porte à sa droite. Fronçant les sourcils, se préparant à intercepter des Première Année, il ouvrit d'un geste de baguette la porte et fut immédiatement atterré par l'odeur pestilentielle qui lui arriva aux narines. Il avança d'un pas et sentit qu'une matière visqueuse collait ses vêtements d'ordinaire amples contre sa peau. Il extirpa sa manche de la vase et fut, l'espace de quelques instants, pétrifié devant le spectacle, ou plutôt le massacre qui s'offrait à lui.

Du vert. Du vert partout; au sol, aux murs, cette couleur maudite était même déclinée en plusieurs teintes : vert vapeur, vert gluant, vert nénuphar, vert liquide, vert verdâtre.

Se retenant à grande peine de perdre le peu de dignité qu'il lui restait, Severus s'empêcha de vomir et agita sa baguette comme il put :

- Reducto ! Evanesco !

Mais le marécage ne fit que croître et croître, ne laissant d'autre choix à l'adulte que de fui-prendre un repli stratégique.


Leo se frotta les mains sans y faire attention devant les étudiants qui lui faisaient face. Il commença :

- Bien, maintenant qu'on est tous là...
- Il faudrait peut-être choisir un nom pour notre secte ! lança Daphné.
- Qu'est-ce que tu suggères ? sourit faussement Leo.

Derrière lui, Enaël s'était approché et lui murmura à l'oreille :

- Je suis là, tout va bien se passer.
- L'Armée des Infidèles ! suggéra la Serpentarde.
- Le thème de l'armée me convient, commenta Leo, mais en ce qui concerne la suite...
- L'Armée des Fidèles ! s'époumona George -ou Fred.
- On va vraiment nous prendre pour une secte, plaisanta Alexandra.
- Tu dis ça comme si on n'en était pas une, grimaça Zacharias. Mais Leo est bien notre grand gourou, n'est-ce pas ?

Les murmures augmentèrent et Leo ne sut comment réagir. Enaël prit la relève :

- Nous... On devrait revenir à la discussion de départ.
- Et si on s'appelait l'Armée de Dumbledore ? suggéra Ginny tout à coup.
- Oh non, pas elle, grogna Alexandra.
- Tu as un problème ?! vociféra la rousse de Gryffondor.

Leo regarda Terry, qui regarda Luna, qui regarda Harry, qui regarda Ron, qui regarda Hermione, qui regarda Enaël, qui ne savait fichtrement pas où regarder.

- Donc tu proposes l'Armée de Dumbledore ? reprit Enaël en jetant un coup d'oeil soucieux à Leo.
- C'est une très mauvaise idée, affirma Alexandra.
- Et pourquoi ça ? s'enquit Enaël.
- Eh bien, commença Alexandra qui cherchait sans doute une raison valable pour justifier son emportement, utiliser son nom sans lui en parler ce n'est pas très poli !
- Tu te soucies de la politesse maintenant ? souffla Terry.
- Je pense que ce n'est pas une mauvaise idée, dit Leo ce qui lui valut des regards médusés de ses amis.

Ils n'ignoraient pas que Leo ne portait pas le directeur dans son coeur. L'élève de sixième année se justifia :

- Si on se fait prendre, Dumbledore se sentira obligé de nous défendre. Ombrage aura peut-être assez de pouvoir pour le virer, et Poudlard ne fonctionnera tout simplement pas si elle est aux commandes, ce qui dissuadera le Ministère de nous faire le même coup l'année prochaine.
- Tu me rassures, j'ai cru un instant que tu appréciais Dumbledore, souffla Alexandra.
- Dumbledore reviendra sûrement l'année prochaine, et il pourra protéger l'école lorsque Voldemort l'attaquera, poursuivit Leo avant de réaliser sa gaffe.

Un frissonnement parcourut l'assemblée et Zacharias lança :

- Attends, tu veux dire que Tu-Sais-Qui va attaquer Poudlard ?
- Évidemment, acquiesça Leo en soupirant. C'est le siège de la connaissance et de l'entraînement du monde sorcier. Il y a fait ses études et en veut personnellement à Dumbledore. C'est l'endroit rêvé à détruire, tout un symbole pour instaurer une ère d'obscurantisme et de totalitarisme.
- Sirius et sa passion de l'histoire Moldue ont déteint sur toi, glissa Enaël en souriant.
- Et puis surtout il veut chasser tous les Énormus à Babilles ! ajouta Luna.
- Et les Ronflaks Cornus, renchérit Alexandra. Qui voudrait qu'ils disparaissent si ce n'est un terrible monstre ? Il est NÉCESSAIRE de s'opposer à lui ! La survie des licornes en dépend !
- Faire disparaître les licornes ? Impensable.
- Et il va faire de la confiture de Prunes Dirigeables, le vicieux !
- Quelle ignominie !
- Quelle cruauté !
- Alexandra !
- Luna !
- Es-tu prête à transgresser les lois magiques pour parvenir à tes fins ?
- Es-tu prête à sauver l'humanité sans rien y gagner si ce n'est une paix temporaire ?
- Oui !
- Je le suis !
- Ensemble, lancèrent en cœur les deux amies, nous renverrons les hérétiques dans le néant !

Personne n'osa parler, trop confus par ce qu'il venait d'arriver, puis Leo eut finalement le courage de balbutier :

- E-Euh, et donc, on est tous d'accord pour l'Armée de Dumbledore ?... Pas de réponse ? Je prends ça pour un oui...

L'intervention décomplexée de Luna et Alexandra eut le mérite de faire oublier durant un temps la menace qui pesait sur l'école. Leo continua :

- Il va y avoir deux groupes, le premier sera dirigé par Harry, Ron et Hermione, et le second sera dirigé par Enaël et moi. Ces groupes seront établis à la fin de cette séance lorsque l'on testera vos capacités.

Il se tourna vers Enaël et dit :

- Avant ça, je propose qu'on leur fasse une démonstration.
- Avec plaisir, fit Enaël le regard amusé.
- Pour faire taire les rumeurs, il s'agit bien de l'héritier déchu d'une noble lignée française. Maintenant que ça c'est clair, on peut passer à la suite. Si vous avez du mal avec un sort, une technique ou quoi que ce soit de la même veine, n'hésitez pas à nous en parler.
- Je ne mords pas, se défendit Enaël.

En voyant rougir plusieurs de ses camarades, Leo jeta un regard faussement énervé à son acolyte. Il s'attendait à ce que davantage de personnes s'adressent à Enaël, pour une raison bien entendue mystérieuse. Il continua :

- Vous allez vite vous en apercevoir, Enaël va se battre d'une manière très... Beauxbâtonnesque. Quand à moi, je vais m'efforcer de l'affronter en suivant la norme des parages, de façon assez caricaturale pour que vous puissiez analyser les différences, et ce qui rend un adversaire étranger plus dangereux.

Il n'avait pas terminé de parler que la salle sembla s'agrandir, et érigea un mur invisible entourant les deux duellistes, protégeant ainsi les étudiants. Alors que Leo et Enaël se plaçaient à l'opposé l'un de l'autre, le plus jeune annonça :

- Le premier à saisir la baguette de l'autre gagne. Expelliarmus est bien entendu prohibé.

Il sentait la confusion s'ériger chez ses camarades. Ils ne parvenaient probablement pas à imaginer comment l'on pouvait s'emparer de la baguette de son adversaire sans lui lancer le sort prévu à cet effet. Il fallait considérer le duel autrement. Leo croisa le regard d'Enaël, et celui-ci acquiesça, comprenant la demande silencieuse du Serdaigle. L'usage de sortilèges informulés n'apprendrait pas grand chose aux élèves. De plus, ni l'un, ni l'autre n'en avait lancé depuis longtemps.

Tout fut calme pendant une longue seconde, puis d'un commun accord, les duellistes levèrent leur baguette.

- Protego ! commença Leo, sachant très bien qu'Enaël ne retiendrait pas ses coups.

Celui-ci visa le sol et Leo se retint de lever les yeux au ciel. Il n'allait pas pouvoir tenir sa position très longtemps.

- Erigo !

Les dalles du sol se tordirent et s'érigèrent en un mur solide, bloquant la vue de Leo. Il pointa sa baguette vers les dalles :

- Deprimo !

L'effet fut annulé, et Leo en profita pour envoyer un Stupefix sur son adversaire, qui sourit et fit un pas de côté avant de murmurer Orchideus. Des végétaux jaillirent de la baguette du Poufsouffle et formèrent un bouclier visiblement fragile.

- Carpe Retractum !

La baguette de Leo produisit un mince rayon orangé qui se saisit du mur végetal et l'attira lentement. Leo avait beau avoir à présent un double bouclier, le temps utilisé à attirer les végétaux avait laissé une fenêtre d'ouverture suffisante à Enaël. Il n'avait pas fait attention aux sorts, mais vit le mur brûler et sentit son bouclier invisible se dissoudre. Il riposta :

- Ludibrium !

Son sortilège illusionesque n'allait probablement pas servir à grand chose, mais avec ça, il pouvait montrer qu'il ne fallait pas se fier aux apparences, surtout lors d'un duel. Il jeta un regard aux autres, qui avaient l'air surpris par l'affrontement.

- Levicorpus !

Leo ne s'était pas attendu à se retrouver soulevé dans les airs par les chevilles. Il se vengea en lançant Incarcerem à Enaël, qui fit un grand bond pour éviter le sort mais se retrouver malgré tout touché par celui-ci. Alors que son adversaire se retrouvait ligoté de toute part par des cordes, Leo remercia mentalement la rune qui empêchait sa robe de sorcier de lui couvrir la vue -et par la même occasion de révéler ses sublimes jambes au reste du public. Pourtant, il commençait à paniquer. Il n'avait jamais entendu le sort, et ne connaissait par conséquent pas le contre-sort. Résolu à gagner le duel, il réussit à pivoter vers Enaël, qui venait de se défaire de ses liens, et lui envoya le même sort, Levicorpus. Le plus âge fronça les sourcils alors qu'il se retrouvait suspendu. Enaël ne pouvait pas risquer de prononcer le contre-sort, car Leo pourrait alors lui aussi regagner la terre ferme. Le duel allait probablement se conclure la tête à l'envers.

L'échange qui suivit fut vif et impressionnant. Les élèves eurent du mal à suivre l'enchaînement, mais ils virent le végétal qu'avait érigé Enaël se tordre dans tous les sens tandis que des jets de lumière le touchaient. Une nuée d'oiseaux accompagna la plante dans sa tentative d'arracher la baguette des mains de Leo, mais lorsque celui-ci fut sur le point de perdre la partie, un sourire apparut sur son visage et il disparut. Pris de surprise, Enaël ne vit pas le véritable Leo venir par derrière et saisir son arme.

Il fallut plusieurs secondes pour que le public saisisse ce qu'il s'était passé, mais les applaudissements furent nombre. Le couple se félicita, et les félicitations se transformèrent en un concours de celui qui gênait le plus l'autre :

- Tu étais formidable, Leo.
- Incroyable, Enaël. Tu as tenté jusqu'au bout d'utiliser tous les éléments à ta disposition.
- Et toi tu as bien persévéré. Tu es bien plus fort que moi.
- J'ai simplement eu de la chance, rougit Leo.
- Tu as du talent, insista sa moitié en riant.
- Toi aussi ! Tu n'étais pas en forme, c'est tout.
- Arrête, arrête. Quand on s'affrontait à Beauxbâtons, la plupart du temps c'est toi qui gagnait.
- Tu étais dans le coma, si pendant tout ce temps tu avais été en bonne santé, tu m'aurais battu à plate couture.
- Peut-être que je me suis retenu, plaisanta Enaël.
- Calmez-vous, les amoureux, fit Alexandra. Vous avez tous les deux fait forte impression, maintenant faut assumer !

Les deux garçons échangèrent un regard, puis se tournèrent vers le reste de l'Armée. Sacrée impression, oui...


Il y avait peu de lumière. Les couloirs étaient sombres, les portes se fondaient dans les murs, chaque pas raisonnait longuement. Harry ne savait pas où il se trouvait, ni même ce qu'il faisait là.

Il entendit des cris. Ou peut-être que c'était une hallucination. Il n'était pas très sûr. Toujours était-il que quelqu'un souffrait.

Harry voulait aller voir de qui il s'agissait, mais il ne contrôlait pas ses déplacements. Il passa par plusieurs portes, traversa quelques couloirs, se heurta à de nombreux murs, mais il ne sembla pas trouver la source des cris. Et d'ailleurs, ceux-ci s'étaient arrêtés. Harry se sentait seul dans ce tombeau inconnu. Il eut l'impression de chercher pendant des heures, en vain.

Puis il se réveilla en sueur, dans son lit, son dortoir, sa maison, à Poudlard. C'était son premier rêve du genre, et ce qui effrayant Harry, c'était que ça avait paru réel, comme s'il s'était vraiment trouvé dans l'endroit qu'il avait vu. Un rêve parfaitement saisissant. Ce n'était pas normal.

Harry voulait en parler à quelqu'un, mais qui ? Ron ne le prendrait pas au sérieux, et Hermione lui citerait immédiatement tout ce qu'elle saurait sur le sujet. Leo avait probablement déjà beaucoup de choses en tête. Il fallait qu'il s'adresse à un adulte... Il ne voulait pas inquiéter Dumbledore, et avait toujours du mal à considérer Remus comme autre chose que son ancien professeur.

Il pouvait demander à Sirius. La réponse lui parut évidente à présent qu'il l'avait en tête. C'était son parrain, il pouvait lui faire confiance. Oui, c'était une bonne idée tout compte fait. Harry sortit de son lit, descendit dans la Salle Commune, et s'approcha de la cheminée. Avec un peu de chance, Sirius était disponible.