Coucou les copines!

C'est le cinquantième chapitre que je publie ici! je suis toute contente, j'avais dis que temps qu'il y aurait des lectrices, je continuerai de publier ici, c'était il y a un an et demi! vous êtes folles! mais je vous adore!

Bon après le un peu de douceur du chapitre précédent, un peu de chaleur! Ce chapitre a lieu en été mais comme de ma fenêtre je ne vois que des sommets enneigés je vous avoue que c'est pas forcément facile de se projeter!

Je vous laisse en compagnie de la famille Cullen en direction du lac Tahoe, bonne route !

A dimanche prochain!

Des bises,

SBR


Chapitre 50

Bella

Nous sommes dans la voiture depuis plus de trois heures maintenant et je commence à avoir les jambes lourdes. Edward est impassible au volant, il écoute religieusement sa sœur, assise au milieu de la banquette arrière qui débite à toute vitesse les histoires de ses copines d'école. C'est un vrai moulin à paroles.

Antony, à gauche de la petite, dort depuis deux bonnes heures et que ce soit la musique à la radio ou les bavardages incessants de sa sœur, rien ne semble le perturber. Depuis le siège passager, dans le rétroviseur je peux deviner le visage de Garry derrière moi. Il a l'air de s'ennuyer ferme et regarde la route défiler sans prononcer un mot.

Il nous a fallu un temps fou pour sortir de la ville, Esmée nous a en plus mis en retard avec son million de recommandations et maintenant on doit se frayer un chemin à travers les nombreux automobilistes qui quittent les agglomérations pour les vacances.

J'ai bon espoir que ça roule mieux maintenant qu'on a dépassé Sacramento et sa banlieue.

-Je commence à avoir faim, marmonne Edward en se tournant un peu vers moi. Le cadran sur la console centrale indique presque treize heures et j'admets que le petit déjeuner remonte à loin désormais.

-On peut s'arrêter si tu veux.

-Oh oui ! Moi aussi j'ai faim ! S'exclame Jane avec enthousiasme.

-Ouais, moi aussi, la voix d'Antony résonne, comme si elle venait des tréfonds de la voiture. Je me tourne pour le regarder mais il est toujours collé contre la portière, les yeux clos, comme inconscient.

-Et toi Garry ? Je me tourne un peu vers lui.

-Mouais d'accord, soupire-t-il. Il a l'air de n'en avoir rien à faire.

-Ok, on va essayer de trouver un truc sur le bord de la route, explique Edward.

Il quitte l'autoroute Lincoln à hauteur de Cameron Park, une petite ville à mi-chemin entre Sacramento et le Lac Tahoe, les aires de repos étant surchargées de touristes, on préfère faire un petit détour et trouver un endroit sympa.

Après quelques discussions, on opte pour une pizza. Jane s'agrippe immédiatement au bras d'Edward quand on descend de voiture. Antony marche tranquillement à côté de moi et Garry traîne derrière nous. Ça m'amuse de voir qu'Edward lui jette des petits coups d'œil de manière régulière pour s'assurer qu'il suit le petit groupe que nous formons.

On s'installe à une grande table rectangulaire encadrée par d'épaisses banquettes en cuir marron. Edward attrape une chaise et s'installe au bout. La serveuse ne met pas longtemps à venir, si bien qu'on n'a pas encore tous choisi. Antony et Edward la taquine en lui demandant des précisions sur environ tous les plats proposés. Elle finit par soupirer excédée et Antony s'excuse avec un sourire craquant puis il lui explique avec un aplomb déconcertant que s'ils sont aussi pénibles c'est parce qu'ils ne veulent que ce qu'il y a de meilleur et que son numéro de téléphone aurait parfaitement sa place dans son portable. La fille d'une vingtaine d'années s'empourpre furieusement. Edward rit quand elle lui fait signe que non et qu'elle marmonne qu'elle a déjà un copain.

Elle finit quand même par prendre notre commande et Antony la supplie du regard en demandant un supplément poivron et numéro de téléphone. Elle s'en va comme si elle avait le feu aux fesses.

-On parie qu'elle me le file ?

-Tenu ! Lâche Edward en posant cinq dollars au milieu de la table.

-Je suis, dit Jane en déposant un porte-clés en forme de girafe rouge et bleu incrusté de paillettes roses sur le billet. Me prenant au jeu, je tire moi aussi un petit billet de mon sac à main et le mets vers Antony.

-Je crois en ton charme ravageur, je prends le porte-clés, tu prends l'argent.

-Mauvais calcul Bella ! Edward jette un coup d'œil derrière lui, puis secoue la tête.

-Et toi Garry ? Reprend-il en cherchant le regard de son frère perdu au loin sur le parking.

-Je ne parie pas avec vous, vous ne faites que tricher marmonne-t-il en prenant un bâtonnet de gressin dans la corbeille devant lui.

-Voilà qui est sage, dit Edward.

-Poule mouillée, se moque Jane.

-Tu payes en porte-clés, la ramène pas ! Crache Garry en toisant sa sœur méchamment. Je me demande ce qui cloche avec lui. Un coup d'œil furtif à Edward me fait comprendre qu'il s'interroge lui aussi vu l'air inquiet qu'il arbore en le regardant. Je passe ma main sous la table et caresse son genou. Ça attire son attention et il me sourit gentiment en nouant ses longs doigts aux miens.

-Bon, pendant qu'on est là, je voulais faire ça en arrivant au chalet mais vous serez trop excités et impatients de visiter. Voilà, pendant ces cinq jours, j'impose certaines règles. Vous m'écoutez ? Les trois têtes se tournent vers Edward et ils le regardent avec attention, moi aussi.

-Bien, marmonne-t-il content d'avoir l'auditoire suspendu à ses lèvres. Déjà, Antony, première règle pour toi, interdiction de ramener une fille au chalet.

-Pourquoi ? S'offusque-t-il. Edward me jette un coup d'œil, comme s'il attendait mon soutien.

-Parce que le chalet de Bella est un endroit familial et intime, pas un bor… lieu de débauche ! Se corrige-t-il.

-Tu allais dire bordel, rit Jane et je retiens un petit rire. Edward secoue la tête dépité.

-Ouais ce n'est pas un bordel ! Claque-t-il très sérieusement.

-Ok j'ai compris, dit Antony avec lassitude. Interdiction de ramener une fille.

-Ni deux ! S'exclame Edward et Antony grimace avant de lever ses deux pouces en l'air.

-Message reçu chef ! Il fait le salut militaire pour conclure. Edward se tourne ensuite vers Garry.

-Toi ! Il le pointe du doigt, si tu sors sans autorisation je te botterai le cul si fort que tu atterriras sur la lune. Jane éclate de rire et tout le restaurant se tourne vers notre table.

-Message reçu ! Marmonne Garrett en levant lui aussi ses deux pouces.

-Et moi ? Demande Jane impatiente en se tortillant sur la banquette.

-Toi ? Edward frotte son menton en réfléchissant quelques secondes, je vois bien qu'il n'avait pas prévu de mettre sa sœur en garde pour quoi que ce soit. Toi, tu auras un temps de parole restreint ! Edward checke sa belle montre une seconde, fait un petit sourire en expliquant, profites-en, il ne te reste plus que 20 minutes aujourd'hui.

-Quoi ? Crie-t-elle outrée, mais tu ne m'avais même pas dit que ça serai limité. Ça ne peut pas avoir déjà commencé parce que je n'étais pas au courant, ce n'est pas juste, parce que j'ai dit des trucs que je n'étais pas obligée et maintenant si j'ai des trucs importants à dire et bah je ne pourrais pas parce que tu ne m'avais pas dit que c'était limi…

-Plus que dix neuf minutes maintenant. La coupe Edward et Jane écarquille les yeux en mettant sa main devant sa bouche.

-Je plaisante princesse ! Edward roule des yeux, comme Garry, interdiction de sortir sans demander la permission et surtout, spécial pour toi, interdiction de réveiller qui que ce soit ! Je sais que tu seras la première debout, mais si tu réveilles un de tes frères, ou Bella je t'enferme au sous-sol ! Compris ?

-Message reçu chef ! Dit-elle en tordant sa bouche, pas vraiment réjouie à la perspective d'attendre que tout le monde se lève.

-Et toi Bella, interdiction d'approcher le bar.

-Pourquoi ? M'écrie-je horrifiée d'avoir moi aussi des règles de bonne conduite.

-On sait tous les deux que les mojitos n'ont pas toujours un effet très positif sur toi, je préfère ne pas prendre de risque.

-Très bien, ok. Dis-je comprenant que le problème n'est pas l'alcool en lui-même mais plutôt ma tendance à l'exhibitionnisme une fois alcoolisée et en présence de ses frères, ça peut faire mauvais effet.

-On dit message reçu chef ! Se moque Antony.

-Message reçu chef ! Dis-je de mauvaise grâce. Mais chef, pas d'alcool pour toi non plus et interdiction de tout faire tout le temps. On partage les tâches ok ?

-Bien madame, sourit-il amer. Vous avez entendu ? Edward reporte son attention sur ses frères. On partage les tâches !

-Moi j'aide toujours ! S'exclame Jane en se redressant.

-Fayote, se moque Antony en tirant une de ses mèches de cheveux. Je crois qu'elle le mord après ça.

vvv

Finalement, ce n'était peut-être pas plus mal quand Antony dormait, que Garry boudait et que Jane jacassait. Maintenant, plus on se rapproche du lac, plus ils sont excités et j'ai l'impression d'être monitrice d'une colonie de vacances. Je crois qu'ils ne savent pas parler sans hurler, se chamailler ou se chercher des poux. C'est le concours de celui embêtera le plus l'autre. Edward a l'air calme, comme si c'était parfaitement normal, il prend même part à leurs taquineries d'une certaine manière, en encourageant sa sœur ou en acquiesçant aux propos de ses frères.

Accéder au chalet est un vrai calvaire, la route principale est saturée, à croire que tous les Californiens se sont donné rendez-vous ici. Antony profite de cette opération escargot pour brancher, depuis la fenêtre arrière grande ouverte, quatre jeunes filles dans un cabriolet rouge rutilant. Elles rient comme des bécasses dès qu'il fait un sourire. La petite blonde installée à l'arrière lui tend son numéro griffonné sur un papier. Je soupçonne Edward de lui avoir filé un petit coup de main en serrant volontairement le 4x4 contre la voie de gauche. Cela dit, c'est une bonne compensation, la serveuse à la pizzeria n'ayant pas cédé, au moins il peut garder la tête haute.

Il envisage déjà d'aller les voir le soir même après dîner. Edward n'y voit pas d'inconvénient et je lui propose le vélo pour qu'il puisse se rendre dans le centre ville. J'imagine qu'on ne va pas beaucoup le voir pendant le séjour.

On emprunte finalement le chemin qui monte au chalet, on a mis pratiquement huit heures à venir, alors qu'il n'en faut pas plus de cinq habituellement. Je suis usée, ma tête est comme dans un étau mais je suis ravie d'être enfin là.

-Hé ! C'est la maison de Davy Crockett ! S'exclame Garry en sautant de la voiture. Il pointe son doigt en direction du chalet, Edward enroule son bras autour de son épaule.

-Ça te plaît ? Demande-t-il.

-C'est ici ? Il cligne plusieurs fois des yeux quand Edward confirme en hochant la tête. Il le relâche pour récupérer les valises dans le coffre qu'Antony a déjà commencé à décharger.

-Va ouvrir Bella, on s'occupe de ça, propose Edward quand je m'approche pour prendre ma valise.

Je ne négocie pas et me dirige vers l'entrée, Garry sur mes tallons, son sac balancé sur son épaule.

-Je vais te montrer ta chambre, dis-je tout de suite quand on entre et il me suit dans l'escalier à droite s'émerveillant devant le billard quand on traverse la mezzanine.

-C'est cool ! On pourra y jouer ?

-Bien sûr, je souris face à son enthousiasme, heureuse qu'il se déride enfin, puis je lui ouvre la chambre de Jasper, qu'il partagera avec son frère.

Les autres nous rejoignent quelques minutes après et je conduis Jane dans la chambre d'ami.

La toile suspendue au-dessus du lit lui fait forte impression car elle est complètement bouche-bée. C'est une représentation un peu abstraite d'un lion des montagnes et je sais qu'elle adore les animaux.

-C'est une vraie peinture ? Demande-t-elle après avoir lâché sa petite valise à roulettes au bout du lit.

-Oui, faite avec des pigments naturels, c'est un genre de poudre que tu dilues dans un produit spécial et quand il sèche ça durcit.

-C'est trop beau ! Elle caresse encore la tenture. Ça s'applique au pinceau ?

-Oui, je te montrerai comment on fait, je dois avoir quelques fournitures qui traînent au sous-sol.

-C'est toi qui l'a fait ? S'exclame-t-elle surprise.

-Oui, ris-je.

-Edward ne m'a pas dit que tu dessinais ! S'offusque-t-elle. Tu avais un modèle ou tu l'as imaginé ?

Elle me bombarde de questions, si bien que je finis par m'asseoir sur le bout du lit pour lui expliquer comment j'ai réalisé cette toile. Ensuite je la guide vers ma chambre, pour lui montrer d'autres tableaux. J'entends les garçons rire dans l'autre pièce. Je ne sais pas de quoi ils parlent mais ils ont l'air de passer un bon moment.

Jane est avide de connaître toutes les techniques de peinture possibles et imaginables. Je lui dis d'être patiente et de prendre son carnet à dessin pour commencer. Elle s'exécute dans la seconde en se précipitant vers sa chambre et je rejoins les garçons pour leur proposer un rafraîchissement afin qu'ils visitent le chalet et voient la terrasse en bas.

Quand j'entre dans la chambre de mon fils, ils sont tous les trois à la fenêtre, ouverte en grand et observent le lac en contre bas. Ils parlent de jet ski et de planche à voile. Ils ont vraiment l'air heureux et impatients à l'idée d'aller au lac.

-Petit goûter les gars ? J'attire leur attention en toquant contre le montant de la porte.

-Grave ! J'ai les crocs ! S'exclame Antony. Garrett emboîte le pas à son frère et Edward est le dernier à sortir. Il glisse sa main sur mes reins quand il passe près de moi et me plaque contre lui.

-Je t'aime ! lâche-t-il en embrassant mes lèvres, un tout petit baiser furtif, mais il m'embrase complètement. Je caresse sa joue du bout des doigts, m'extasiant face à la beauté de son sourire immense.

-Je t'aime aussi. Dis-je dans un souffle.

-Hé ? Eddy ! Bella va me montrer comment on fait des tentures ! Jane agrippe la taille de son frère qui me relâche en reportant son attention sur elle.

-Ah oui ? Tu crois que tu saurais faire ça ? Il enroule son bras autour d'elle et la décolle un peu du sol pour l'entraîner vers l'escalier.

Je le regarde descendre en clopinant, parce qu'il porte sa sœur sur le côté, la traitant comme une poupée molle.

Edward m'avait dit qu'elle était une vraie sangsue, je pensais qu'il exagérait mais c'est vrai, elle est toujours collée à lui. Elle n'arrête jamais de lui parler et je ne sais pas d'où lui vient tout ce qu'elle a à dire, la source de ses bavardages ne semble jamais se tarir.

vvv

Après un tour au lac, on dîne tranquillement sur la terrasse en bas. Antony nous fausse compagnie vers vingt-deux heures et Jane et Garry regardent un DVD dans le salon. Edward et moi nous retrouvons seuls dans le jacuzzi, on n'a pas mis les bulles, le bruit est trop agaçant. L'eau n'a pratiquement pas une ride tellement on ne bouge pas. Je suis assise contre le torse d'Edward, ses jambes sont enroulées autour des miennes et il distille des dizaines de baisers de ma tempe à ma mâchoire. Je baille environ toutes les sept secondes mais pas question d'aller se coucher, je suis beaucoup trop bien pour esquisser un seul geste.

La nuit nous enveloppe, seul le hululement d'une chouette et parfois le bruit d'une pomme de pin qui tombe qui vient interrompre le silence et la voix d'Edward, basse, délicieuse qui me demande comment je me sens.

-Merveilleusement bien, souris-je en faisant rouler ma nuque sur son épaule pour que ma bouche ait accès à la sienne. Il tourne la tête pour capturer mes lèvres.

-Tu m'excites, chuchote-t-il en caressant mon ventre. L'eau chaude s'agite autour de moi, m'offrant un délicat massage.

-Je mentirais si je te disais que tu ne me fais pas le même effet. Mais je suis vraiment fatiguée.

-Je sens ça, ricane-t-il, tu es toute molle. Ils sont épuisants hein ?

-Oh oui, surtout ta petite sœur, elle est pleine de vie, c'est adorable.

-Elle t'apprécie beaucoup.

-C'est vrai ? Il n'y a pas de raison pour qu'elle ne m'aime pas mais comme je lui vole son grand frère en quelque sorte, elle pourrait être jalouse. Vous êtes tellement proches.

-Ouais c'est vrai, elle arrive à faire la part des choses et à être rationnelle apparemment.

-Tu t'occupais beaucoup d'elle quand elle était petite ?

-Tout le temps, me répond-il, comme une évidence. Il fait glisser ses mains sur mes bras, puis sur mes épaules.

-Quand j'étais petite, j'étais comme ça avec mon père, toujours collée à lui, à lui raconter les moindres détails de ma petite vie. Jane t'adore littéralement.

-Je sais. Surement parce que j'ai probablement plus changé ses couches que mon père. Quand elle avait peur la nuit, c'est dans ma chambre qu'elle venait se réfugier. C'est moi qui lui disais de mettre un manteau pour sortir, c'est moi qui lui faisais son petit déjeuner.

-Tu as plus joué le rôle du père que du frère.

-Exactement, maintenant qu'Esmée est là, c'est plus facile d'être son frère mais pendant quatre ans, je me suis occupé d'elle, ça l'a marquée je pense.

-Et qui s'occupait de toi Edward ?

-Personne, rit-il. Je n'ai pas besoin qu'on s'occupe de moi, je suis un grand garçon.

-Tout le monde a besoin d'attention ! Ne fais pas le super-héros.

-Occupe-toi de moi alors, sourit-il contre mon oreille.

-Si seulement tu me laissais faire. Je secoue la tête. Tu t'occupes tout le temps de moi et ne demandes jamais rien en retour, tu es tellement fort. Je me retourne dans ses bras pour voir ses yeux. Il me prend contre lui, sa nuque calée contre l'appui-tête matelassé, il pose ses grandes mains sur mes fesses.

Je jette un coup d'œil vers le chemin qui mène au chalet, pour être sûr que son frère et sa sœur ne nous voient pas dans cette position, même si on ne fait rien de sexuel. Je ne préfère pas qu'ils nous voient aussi intimes.

-Personne à l'horizon ? Demande-t-il en cherchant mon regard. Je secoue la tête pour lui signifier que non.

-Embrasse-moi alors. Ajoute-t-il en enroulant ses doigts autour de ma nuque.

-Oh, monsieur devient raisonnable, ris-je.

-Ouais, j'ai besoin d'attention là. Il réajuste sa position et je sens clairement son désir sur mon entre-jambes.

Je pose un baiser chaste sur ses lèvres.

-Ne t'enflamme pas sergent pervers, tu es en permission pour cinq jours. Il gronde de frustration en serrant les dents.

-Veux-tu ma mort ? Cinq jours, H24 avec toi sans te faire des trucs sales ? C'est impossible ! Juste impossible !

-Chut… tais-toi ! Souris-je en posant mon doigt sur sa bouche pour qu'il arrête de se plaindre. Mais il bloque ma main en emprisonnant mon poignet, le collant contre ses pectoraux.

-Ne me dis pas ce que j'ai à faire !

Je déglutis péniblement sous son regard sombre, excité et excitant. En un clin d'œil il me fait ré-envisager ma ligne de conduite.

-Oh non, pas le dominant, je ne peux pas résister au dominant. Dis-je tout haut, doutant fortement de ma capacité à le repousser.

-Tu résisterais à un escadron de GI Bella si tu avais des bonnes raisons de le faire. Mais tu n'as malheureusement aucune raison de me résister.

-Si, la pudeur, ta sœur et ton frère peuvent arriver à tout moment.

-C'est ce que je déteste le plus dans ce séjour, c'est officiel.

-Qu'ils soient là ?

-Mouais, je voudrais pouvoir te baiser quand bon me semble.

-Eh oui, mais c'est comme ça, il faut faire quelques sacrifices.

-Je déteste cette idée, grogne-t-il en me relâchant pour caresser le dessus de mes cuisses, un peu plus sagement.

-Imagine le jour où tu auras des enfants, ça sera pire parce que ça sera comme ça toute l'année !

-On trouvera bien quelqu'un à qui les refourguer de temps en temps ! Sourit-il.

-On ? Qui ça « on »? Toi et moi ? Dis-je surprise par sa spontanéité.

-Euh… ouais ? Enfin, quand tu parles de mes enfants, j'imagine que tu es dans l'équation, je n'envisage pas d'en kidnapper une paire.

Je ricane un peu, pour masquer les papillons qui s'envolent dans mon ventre à cet instant.

-Je t'aime tellement Edward, dis-je sans pouvoir me retenir, je le serre fort contre moi pour cacher mon visage ému. Mon cœur tape dans ma poitrine à cette idée.

-Bella ? Ça va ? Demande-t-il en repoussant mes cheveux mouillés dans mon dos, libérant mon épaule.

-Oui pourquoi ? Ma voix est un peu éraillée. J'aimerais tellement qu'il me dise qu'il veut un enfant avec moi tout de suite, je voudrais tellement !

-T'es bizarre d'un coup. Tu pleures ? Il décroche mes bras de sa nuque et repousse mon corps collé au sien pour voir mon visage.

-Non, je ne pleure pas, dis-je à demi-mots en regardant les pins au-dessus de lui, fuyant clairement son regard.

-Tu n'envisages pas d'avoir d'enfants avec moi hein ? Demande-t-il en pressant ma nuque pour incliner ma tête. Je me mords les lèvres très fort, je ne sais pas quoi lui dire, je n'ai pas le droit de lui dire oui et ça serait mentir que de lui dire non.

-Je ne sais pas, finis-je par souffler.

L'incompréhension se lit sur son visage, mon cœur se pince de voir ses traits se tendre. Ses paupières s'abaissent, il soupire lourdement.

-Bella ? Regarde-moi, souffle-t-il et je me rends compte que j'ai fermé les yeux, que deux grosses perles salées ont dévalé mes joues.

-Bella ? Insiste Edward en prenant en coupe mon visage, parle-moi ! Il caresse le creux de mes joues avec ses pouces.

-Tu es trop jeune pour avoir des enfants Edward et quand tu seras prêt pour ça, je serai trop vieille, Edward je serai trop vieille, mon corps … je craque misérablement. Les bras d'Edward s'écartent et ma tête heurte son épaule, s'y nichant au plus loin que je peux.

-Bella, mon amour, chuchote Edward, ma chérie, ne pleure pas. Bébé, si tu veux des enfants on aura des enfants. J'en veux aussi, j'en veux avec toi.

-Ce n'est pas possible… dis-je résignée.

-Pourquoi ça ? Chérie, arrête d'enfoncer tes ongles, ça fait mal. Je relâche sa nuque dans la seconde. Merci, souffle-t-il soulagé, Bella, regarde-moi ! Claque-t-il plus durement m'obligeant à me redresser.

Des larmes s'échappent encore de mes yeux, les siens sont intenses sur moi, sérieux et décidés.

-Si tu veux des enfants Bella, je te ferai des enfants. Je sais que ça peut te paraître inconscient, on est ensemble depuis si peu de temps et on n'a jamais vraiment vécu tous les deux, je suis encore étudiant et je n'ai pas un rond mais ça ne me fait pas peur, pas avec toi !

-Tu sacrifierais ça pour moi ?

-Sacrifier quoi Bella ? Ma jeunesse ? Bella j'ai profité et je te veux toi, je te veux heureuse et avoir une relation normale avec toi. Je ne veux pas forcément avoir un enfant maintenant mais si je le veux avec toi, je sais qu'on ne peut pas perdre de temps et je sais que tu es une mère extraordinaire et je sais que même si je ne suis pas à la hauteur tu assureras pour moi.

-Pourquoi tu n'assurerais pas ? Je suis certaine que tu serais formidable dans ce rôle, tu l'es déjà avec tes frères et sœur, je n'ai pas peur de ça. J'ai peur que tu rates un million de choses si je t'impose ça maintenant.

-Que je rate quoi Bella ?

-Tout ! Les voyages, les sorties, les projets, tout ce dont quelqu'un de ton âge doit avoir envie.

-J'ai envie d'être avec toi, de vivre avec toi, je veux que tu fasses partie de ma famille, vraiment.

-Edward, c'est tellement touchant, tu es si parfait mais si ça ne marche pas ?

-De quoi ? Si on n'arrive pas avoir d'enfant ?

-Non, enfin si, si on n'arrive pas au moins il n'y a pas de dilemme, non, je veux dire, si ça ne marche pas entre nous ?

-Bella, donne-moi une raison, une raison qui ferait que ça ne marcherait pas entre nous ! Regarde-moi dans les yeux et trouve quelque chose qui pourrait nous éloigner, donne moi un exemple ! Un seul exemple !

Je fouille son regard, cherchant quelque chose qui pourrait m'éloigner de lui, quelque chose qu'il pourrait faire qui me ferait l'aimer moins, mais rien ne vient.

-Si tu devenais quelqu'un d'autre.

-Je n'ai pas l'intention de changer mon amour, je suis bien comme je suis.

-J'ai juste peur Edward. Je suis terrifiée à l'idée de te perdre, de me tromper et que tu aies des regrets.

-Je ne te regretterai jamais Bella, je t'aime, je t'aime comme un fou, crois-le.

Le baiser qu'il m'offre est stupéfiant, dur et exigeant avec ses lèvres, tendre et doux avec sa langue, sincère avec ses caresses, émouvant avec son souffle lourd et profond. Son amour pour moi transpire dans chacun de ses infimes mouvements. Il est à l'image de ce que je ressens pour lui. Sa perfection, sa douceur, son dévouement me donnent le vertige, mon amour pour lui est tellement fort que ça a l'air irréel.

-Je t'aime tellement Edward.

-Alors n'aie pas peur Bella. C'est évident, tu es la seule pour moi. Il n'y a aucun souci à se faire pour nous, vis et profite de ce que l'on a, d'accord ?

Je hoche la tête avec ferveur, resserrant mes bras autour de lui.

-Bien, allez, sortons d'ici avant que nos peaux se mettent à tomber. Je m'accroche à lui quand il me soulève pour sortir du jacuzzi.

J'attrape une grande serviette à bout de bras et nous enroule dedans. Edward ne me lâche pas pour remonter au chalet et il me dépose seulement quand on arrive sur le pas de la porte. Il embrasse le dessus de ma tête en me laissant la serviette.

-Votre film est fini ? Demande-t-il en entrant dans le salon. Jane et Garry hochent la tête de concert.

-Alors qu'est-ce que vous faites encore devant la tv ? Douche et au lit ! Il tape dans ses mains avant d'attraper la télécommande pour couper l'écran plat. Son frère et sa sœur soupirent de mécontentement.

-Oh je dis ça pour vous ! Ne venez pas vous plaindre demain si vous êtes crevés !

Jane et Garry montent en traînant des pieds.

-Tu vois ce que je disais, un vrai père ! Je ris en poussant son épaule. Il grogne en se retournant vers moi. Je n'ai pas le temps de le voir venir qu'il m'a capturée dans ses bras et décollée du sol.

-C'est valable pour toi aussi Madame Swan !

Il gravit les escaliers avec une facilité déconcertante malgré mon poids et il me balance sur mon lit sans ménagement.

-Attends ! Il me faut une douche ! M'écrie-je en me redressant mais il me bloque le passage pour m'extraire du lit.

-Est-ce que je peux te tenir compagnie ? Il soulève ses sourcils à toute allure.

-Non ! Ris-je en le poussant pour de bon, permission soldat !

-Arf, ça ressemble de plus en plus à Guantánamo là Bella !

Je ris en m'éloignant vers la salle de bain quand lui roule sur le matelas en grommelant.