Bonjour à tous ! J'espère que vous allez bien :) Voici le nouveau chapitre qui j'espère va vous plaire. Bonne lecture :) Bisous :)


Double « je »

- Qu'est-ce qui s'est passé, O' ?

Jackson jette un œil dans le rétroviseur intérieur pour capter mon regard puis observer Amelia, assise à mes côtés, la tête contre mon épaule, les yeux clos.

- Elle a juste un peu trop bu...

Jackson garde les yeux sur la route, mais je perçois dans son visage qu'il ne me croit pas complètement, mais je ne souhaitais pas lui avouer toute la vérité...certaines choses devaient rester entre moi et Amelia.

- Et entre vous, qu'est-ce qui se passe ?

Je soupire faiblement et regarde par la vitre le paysage illuminé de Seattle défiler sous mes yeux. J'avais presque envie de tout lui révéler...mais très vite, mes réflexes habituels de pudeur et d'autoprotection reprennent le dessus et dictent ma réponse.

- Rien du tout, Jackson.

- Attends, hier, vous étiez plus complices que jamais et quand je suis venu vous chercher pour cette soirée, c'était comme si j'avais deux parfaits étrangers dans la voiture. Pas un mot, pas un regard...tu m'expliques le changement radical d'attitude ?

- Y a rien à expliquer Jackson, Amelia est lunatique de temps en temps, tu devrais la connaître maintenant, réponds-je en retrouvant son regard dans le rétroviseur et en le soutenant fermement, chargeant mes propos de toute la conviction possible...

Je savais mentir, cela faisait partie des bases de ma formation, mais j'avais toujours un doute sur ma capacité à mentir à Jackson, lui qui avait suivi les mêmes entraînements que moi et connaissait toutes les ficelles.
Il me fixe du regard quelques secondes puis semble abandonner ses questions, reprenant sa conduite dans le silence. Et je soupire intérieurement de soulagement d'avoir pu l'inciter à abandonner ses soupçons...du moins pour cette fois-ci.
Un mouvement sur mon épaule me reconcentre soudain sur la jeune femme à mes côtés.
Amelia rouvre difficilement les yeux et se décale de moi, pour se replacer dans la banquette arrière.
Sa tête se pose contre l'appui-tête et elle semble observer le paysage qui nous entoure.
Je la regarde en silence et je remarque, un peu décontenancé, qu'elle sourit en regardant l'enfilade de lampadaires qui annoncent l'approche de notre appartement.
Après le coup de massue, l'ecsta risque de lui donner visiblement d'autres effets...une euphorie et une exubérance qui n'allaient pas tarder à s'exprimer.

Plus que quelques mètres nous séparent de l'entrée de l'immeuble, et je remercie le ciel que nous soyons déjà si proches de notre destination. J'entends Amelia rire légèrement près de moi et je n'attends qu'une chose : sortir de la voiture pour éviter que Jackson ne comprenne ce qui se passe.
La voiture s'arrête enfin devant notre appartement et Jackson coupe le contact.

- Je vais vous raccompagner jusqu'à l'étage, propose Jackson en se tournant vers nous, sur la banquette arrière.

- Non, Jackson, ce n'est pas nécessaire...

- Ne sois pas bête, ça ne me prendra qu'une minute, renchérit-il en sortant déjà de la voiture et en ouvrant la portière du côté d'Amelia.

Je m'empresse de sortir à mon tour, alors qu'Amelia se met sur pied, toujours mi souriante, mi riante.

- Je t'assure, ça va aller, Amelia est réveillée maintenant, ça va être bien plus simple...

- Réveillée, mais peut être encore un peu vacillante, indique Jackson en prenant la main d'Amelia qui se dandine légèrement sur ses pieds.

- Jackson, vraiment, c'est bon, laisse-nous maintenant, reprends-je un peu plus fermement en tirant délicatement Amelia vers moi et la prenant par la taille.

Jackson me regarde quelques secondes, visiblement surpris par ma réponse et le ton que j'ai employé.

- Excuse-moi, la soirée a été longue, mais je t'assure, je m'en occupe, merci pour tout...

- Ok, comme tu veux, bonne nuit à vous deux...

Il n'insiste pas et remonte rapidement dans la voiture après nous avoir fait un léger signe de main.
Je perçois aussitôt un vrombissement de moteur résonner et s'éloigner progressivement.

Je resserre mon étreinte sur la taille d'Amelia, alors qu'elle observe la lumière du lampadaire au dessus de nous, comme captivée...

- Allez, Amelia, on rentre...tenté-je en amorçant un pas vers l'immeuble.

Elle reste cependant scotchée sur place toujours plongée dans sa contemplation.

- Attends, c'est beau...tu as vu les lumières qui dansent ? On dirait pleins d'étoiles qui nous regardent.

Je respire un grand coup avant de finir par lui répondre.

- Y en a des bien plus jolies dans l'appartement.

- C'est vrai ? Demande-t-elle d'une voix fluette, comme une petite fille.

Ses yeux marqués par les effets de l'ecsta effacent cependant toute l'innocence qu'aurait pu susciter la scène.

- Vite, allons-y alors ! Reprend-elle en courant subitement vers l'entrée de l'immeuble.

Je la suis rapidement, et ouvre successivement les différentes portes de sécurité, avant de nous conduire dans notre ascenseur exclusif.

Je jette un œil à Amelia et elle a déjà changé d'attitude.
Les airs de petite fille ont disparu et ont laissé place à une mine songeuse, comme si elle réfléchissait intensément. Nous nous élevons dans les airs en silence quelques secondes.

- Ça va Amelia ? Finis-je par demander en m'approchant légèrement d'elle.

- Je ne sais pas, je me sens un peu bizarre, concède-t-elle.

- Ça va passer, ne t'inquiète pas...

- J'ai chaud, précise-t-elle en retirant subitement ma veste qui tombe à terre, et tirant sur sa robe, faisant dangereusement descendre le tissu au niveau de sa poitrine.

Je ramasse ma veste sur le sol de l'ascenseur et l'enfile à nouveau, puis m'empare d'une de ses mains pour lui éviter de bouger encore plus sa robe.

- Calme-toi...lui demandé-je doucement.

Une sonnerie métallique retentit à l'instant.
7ème étage atteint.
Les portes s'ouvrent devant nous et je tire sur la main d'Amelia pour qu'elle me suive dans le couloir menant à l'appartement.
Elle se laisse conduire docilement jusqu'à la porte.
J'ouvre difficilement d'une main et la pousse délicatement à l'intérieur avant de fermer derrière nous.
Mais je me sens retenu alors qu'Amelia n'a pas lâché ma main.
Après avoir fermé la porte à clé de ma main libre, je me retourne vers elle.
Son regard est baissé sur ma main qu'elle tient toujours.
J'allume la lumière du salon et la découvre un peu plus précisément.
Sa robe mal ajustée me trouble, je devine facilement les formes à peine dissimulées sous le tissu.
Ses cheveux en bataille lui donnent une allure plus sauvage, presque féline.
Elle relève légèrement son visage vers moi, et ses yeux cassent le charme qui s'était subtilement installé : les yeux d'une femme qui n'est pas elle-même dans cet instant.

- Tu as des mains superbes...souffle-t-elle en les regardant intensément.

Elle s'approche doucement de moi et observe attentivement mon visage.

- Incroyablement...beau...

- Amelia, tu n'es pas dans ton état normal, expliqué-je en détachant ma main de la sienne, comprenant que la drogue allait faire tomber toutes ses inhibitions.

- Tellement sexy...et un si bon amant, le meilleur que j'ai eu, murmure-t-elle à mon oreille. Je ne savais même pas qu'autant d'orgasmes à la suite était possible...Tu m'as fait crier comme une damnée, tu te rappelles ?

Je me recule légèrement et je ne reconnais presque pas la femme devant moi, avec son regard terne et fuyant, en complet contraste avec les mots qu'elle m'adresse. Comme si son corps était là mais son esprit ailleurs, absent...

- Je suis dans tous mes états, rien que d'y penser...ajoute-elle en relevant légèrement le bas de sa robe. Tu me donnes tellement chaud...

Elle s'avance à nouveau de moi, comblant la distance que j'avais soigneusement réinstallée entre nous. Elle place machinalement sa main dans ses cheveux tout en se saisissant du tissu du haut de sa robe, le décalant dangereusement.

- Et j'ai qu'une envie tout de suite...murmure-t-elle face à moi, tout en prenant bien soin de me frôler de tout son long.

- Amelia, va te reposer, il est tard, proposé-je en lui prenant le bras et la décalant rapidement de moi.

- Non ! S'exclame-t-elle avec force. Je n'ai pas sommeil ! Crie-t-elle tout à coup. Pourquoi tu me rejettes tout le temps ? Je vais trouver quelqu'un d'autre pour m'amuser, je n'ai pas besoin de toi !

Elle marche d'un pas étonnamment assuré et rapide vers la porte d'entrée, mais je la rattrape juste avant qu'elle n'ouvre la porte.

- Arrête, Amelia, tu ne sors pas d'ici...dis-je en la saisissant par le bras et la ramenant vers moi.

- Je fais ce que je veux...

Elle bloque alors quelques secondes sur mon visage, puis ses yeux vont de droite et de gauche à plusieurs reprises. Elle s'appuie à cet instant sur moi, alors que son équilibre vacille.

Je la tiens fermement par la taille d'une main, tout en posant la paume de ma main libre sur son front : une chaleur brûlante jaillit sous mes doigts au contact de sa peau.
Elle semblait mal réagir aux effets de l'ecstasy, il fallait qu'elle reprenne ses esprits au plus vite.
Une seule chose me venait en tête...

- Ok, tu ne me laisses pas le choix...

Je retire mes chaussures, mes chaussettes et ma veste puis déboutonne rapidement ma chemise d'une main, tout en aidant Amelia à se tenir debout...
A demie consciente, je la prends dans mes bras et la porte jusqu'à la salle de bains.

J'ouvre la douche, la laisse sur une température froide et nous mène sous le jet d'eau en refermant la porte en plexiglas.
Je garde Amelia sur pied devant moi, et la maintiens sous l'eau, l'encerclant de mes bras.

Le contact de l'eau froide la "réveille" violemment : elle effectue aussitôt de larges mouvements pour quitter la douche et je la serre alors un peu plus, calant son dos contre mon torse, pour éviter qu'elle ne s'échappe.

- Non, laisse-moi...c'est froid, dit-t-elle en se débattant. S'il te plait, Owen...

Ça va te faire du bien, tu fais une hyperthermie, fais moi confiance, lui soufflé-je à l'oreille pendant que ses mouvements se font rapidement moins vifs et qu'elle finit par poser sa tête contre mon épaule. Ça va te faire du bien, répète-je tout en sentant ses mains se poser sur mes avants bras qui la serrent contre moi.

L'eau froide me fait légèrement frissonner : elle dévale sur mon visage et mon torse et colle mon pantalon contre moi. Une sensation contradictoire de chaleur rayonne devant moi, le corps d'Amelia s'étendant de tout son long contre moi.
Elle ne bouge presque plus : j'entends sa respiration se faire plus forte mais aussi plus profonde.
Nous restons immobiles ainsi quelques instants : Amelia dans mes bras, s'accrochant à moi.
De légers soupirs semblent se mêler par intermittence comme si elle tentait de reprendre le contrôle d'elle-même.
Je desserre mon étreinte et passe l'une de mes mains sur son front.
Il est tiède, et non plus brûlant comme c'était le cas quelques minutes plus tôt, quand je craignais qu'elle ne fasse un grave malaise sous l'effet de la drogue qu'elle a assimilée.
Je suis rassuré par ce simple signe et décale quelques mèches de visage, collées à son front.

- Ça va ? Murmuré-je au milieu des cliquetis d'eau qui nous entourent.

- Hum, répond-elle dans un hochement de tête.

- Ok, alors je coupe l'eau...annoncé-je en associant le geste à la parole. Il ne faut pas rester plus de quelques minutes dans ton état, le changement brusque et prolongé de température pourrait être mal accepté par ton corps.

Je me détache légèrement d'Amelia, mais elle garde ses mains sur l'un de mes avants bras.

- Attends, deux secondes, je vais te chercher un peignoir.

Je sors de la douche, le pantalon complètement trempé, mon torse ruisselant de gouttes, mais je ne m'attarde pas sur mon état et m'empare d'un peignoir accroché derrière la porte de la salle de bains.
Je l'ouvre devant Amelia, et elle s'y glisse sans attendre.
Je le referme sur elle et la scrute intensément du regard.

- Regarde-moi, demandé-je.

Elle lève largement la tête et j'observe ainsi clairement ses yeux : ses pupilles semblent redevenues normales et ses yeux parviennent à me fixer à nouveau sans problèmes.

- C'est un regard que je préfère, murmuré-je dans un léger sourire.

La ceinture du peignoir en main, je m'apprête à faire un nœud mais elle m'arrête dans mon élan.

- Je vais enlever cette robe, c'est plutôt désagréable...

- Ok, réponds-je d'une voix faible en me retournant.

J'entends des bruits de froissement de tissu puis d'un vêtement qui tombe à terre.

- C'est bon, indique-t-elle derrière moi.

Je me retourne et la découvre devant moi, la robe et son shorty à ses pieds, le peignoir la recouvrant complètement. Elle m'offre alors les deux pans de la ceinture.

- Je te laisse faire, tu avais l'air de tenir à nouer cette ceinture, explique-t-elle dans un demi-sourire.

Sa remarque me rassure, une taquinerie digne de ma Amelia.
Je m'exécute alors sans broncher tout en l'observant du coin de l'œil.

- All set ! Annoncé-je une fois ma tâche réalisée. Tu es sûre que ça va ?

- Oui, à peu près. Ta douche froide m'a remis les idées au clair, même si j'ai un mal de tête qui tambourine encore légèrement. Tu devrais te sécher aussi, tu vas attraper froid, déclare-t-elle en laissant furtivement ses doigts glisser sur mon torse mouillé, un bref frisson me parcourant de la tête aux pieds.

J'acquiesce de la tête avant de la voir sortir de la salle de bains.

Je retire mon pantalon et mon caleçon, me sèche rapidement et enfile des vêtements propres présents dans un placard de la pièce : caleçon et pantalon de pyjama. La chaleur des nuits d'été me fait renoncer à enfiler un tee-shirt pour la nuit. Je sors de la salle de bain et me dirige vers la cuisine. Je jette un œil dans l'appartement et remarque qu'une lumière vive s'échappe de la chambre d'Amelia. Un détail qui me rassure sur la présence de la chanteuse.
Je fouille les placards quelques instants et finis par mettre la main sur ce que je cherchais.
Je fais bouillir de l'eau puis remplis une tasse à laquelle j'ajoute le mélange de plantes que j'avais pu confectionner ainsi qu'un biscuit au spéculoos que je retire d'un paquet, trouvé également dans mes recherches.
Je m'avance ensuite vers la chambre d'Amelia, la tasse à la main, et toque faiblement de ma main libre sur la porte entrouverte.
Un faible « Oui » s'échappe et j'entre doucement dans la pièce.
Amelia est allongée sur son lit, par-dessus les draps, et se relève légèrement contre un oreiller en me voyant approcher.

- J'ai trouvé des boîtes de plantes séchées, je t'ai fait une infusion, il faut que tu t'hydrates...et j'ai ajouté un petit quelque chose de sucré pour que tu n'aies pas le ventre vide, expliqué-je en plaçant la tasse sur sa table basse.

- Merci, murmure-t-elle en s'emparant de la tasse et en y plongeant ses lèvres.

Je reste debout, un peu mal à l'aise, puis décide finalement de m'asseoir à ses côtés sur le lit.

- Comment tu te sens ?

- Ça peut aller...j'ai retrouvé mes esprits, mais le plus perturbant, c'est que je n'ai pas vraiment de souvenirs des dernières heures...qu'est-ce qui s'est passé ?

J'évite son regard puis lui révèle en quelques mots les événements de la soirée : les cachets d'ecstasy qu'elle a dû avaler, les intentions peu louables de Mark et le retour à l'appartement où son attitude m'a conduit à employer une méthode un peu radicale mais qui s'avère efficace. J'évite cependant de lui donner trop de détails sur l'état dans lequel je l'ai retrouvée auprès de Mark ou des propos assez dégradants de ce dernier...
Elle soupire un peu gênée après mes explications.

- J'ai rien dit ou fait d'embarrassant ?

- Non, ne t'inquiète pas...tu m'as fait peur, c'est tout, quand j'ai vu que tu perdais l'équilibre et que tes yeux semblaient ne plus réagir normalement...j'ai eu peur que tu fasses un malaise, les mauvaises réactions à ce genre de substances sont malheureusement courantes.

- Heureusement que tu as eu le bon réflexe, reprend-elle en finissant l'infusion avec une longue gorgée, et en reposant la tasse sur la table de chevet.

Je la scrute intensément : je ne savais pas trop quoi dire ou comment réagir. On échangeait nos premiers mots (sans rancœur) depuis de nombreuses heures...mais je sentais que la souffrance était toujours là.

- Tu m'as fait peur tu sais. Pourquoi tu as fait ça, Amelia ?

La question m'échappe et je me surprends moi-même en réalisant que je l'ai prononcée à voix haute. Cette question me brûlait les lèvres depuis le début de la soirée.
Depuis le moment où je l'ai vue partir avec ce Mark.

Quand j'ai compris qu'elle s'est laissée entraîner, en prenant ces cachets...

- Je ne sais pas...j'avais...je voulais être quelqu'un d'autre pour un soir...je ne suis plus une adepte de ces saloperies, crois-moi, je ne touche plus à ça...mais pour être une autre, quand Mark m'en a proposé, je me suis dit que ça allait m'aider...m'aider à être comme lui, comme toutes ces personnes qui rôdent autour de moi...et...

- Et quoi ?

- Et je voulais te faire du mal...concède-t-elle en me regardant fixement. Mais on ne peut pas dire que ça a été très efficace, poursuit-elle dans un léger rire.

- Amelia...

- Non, me coupe-t-elle brusquement. Ne me dis pas de choses pour me faire plaisir...des choses que tu ne penserais pas. Car il n'y a pas que toi que je voulais faire souffrir, je voulais me punir aussi moi-même ce soir. Pour me faire accepter que je ne mérite que des hommes comme Mark. Des hommes égoïstes, incapables de donner quoi que ce soit à l'autre. Et que les autres me sont complètement inaccessibles. Mais...tu m'as fait douter...murmure-t-elle en évitant mon regard et se rallongeant sur le lit.

J'ai envie de répliquer quelque chose, de la contredire mais je suis incapable de formuler la moindre phrase...

- Merci pour ton aide pour ce soir. Mais je suis fatiguée maintenant, précise-t-elle alors que ses paupières clignent subitement et semblent se fermer d'elles-mêmes. Si tu peux éteindre la lumière s'il te plait. Et...ne t'inquiète pas...je comprends maintenant...chuchote-elle à nouveau alors que je me penche et éteins la lumière de sa table de chevet. Sois rassuré, tu n'es pas le premier...je comprends que...tu ne veuilles pas de moi...murmure-t-elle péniblement.

Je l'observe alors que ses derniers mots se répètent dans ma tête. Sa tête se penche légèrement d'un côté et je remarque rapidement sa respiration se faire plus profonde. Les traits de son visage se détendent et un air paisible et angélique habille progressivement son visage.
Je la regarde dormir, comme captivé par le spectacle de la beauté qui émane d'elle.
Si elle savait...si elle savait à quel point elle se trompe.

- Je ne veux pas de toi, dis-je faiblement en perçant le silence et la pénombre qui m'entoure dorénavant tout en la fixant toujours...inlassablement. C'est tout le contraire, Amelia....ajouté-je en dessinant son fin visage des yeux. Et c'est bien ça, le problème...conclus-je d'un soupir avant de quitter sa chambre en fermant délicatement derrière moi, sur cette magnifique femme qui ébranle toutes mes convictions et mes certitudes...