Auteur : Kristen Hudson

Titre original : Slave Child

Traductrice : Dyneen

Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling. Les autres intervenants de l'histoire sont à Kristen Hudson.

Genre : Relation père/enfant SR/HP

Rating : T

Avancée de la traduction : 53 chapitres (sur les 68 en anglais)


L'Enfant esclave

Chapitre 53


Pendant juste une seconde, Harry se demanda s'il ne rêvait pas. Il ne pouvait simplement pas croire que même Drago Malefoy aurait l'audace de venir dans sa chambre, après tout ce qu'il s'était passé. Mais il y était… Avec chacune de ses mèches de cheveux blond platine parfaitement en place, avec ses yeux argentés impassibles et habillé d'une chemise rayée, d'un pullover bleu-clair et d'un pantalon kaki.

« Sors, » dit Harry entre ses dents serrées.

Pendant un instant, l'expression de Drago se fit hautaine avant de devenir hésitante. « Je suis juste venu pour savoir ce que tu veux que je fasse. »

« Je veux que tu sortes de ma chambre et que tu restes hors de ma vue, » lui dit Harry d'une voix basse et dangereuse. Tout ce qu'il avait ressenti durant ses derniers mois, la douleur, le désespoir et la fureur bouillonnaient à l'intérieur de lui, menaçant d'emporter les barrières de son self-control d'une minute à l'autre. Et ça risquait d'arriver très rapidement s'il devait voir le visage pointu et pâle de Drago Malefoy plus longtemps encore.

« Mais je dois te servir ! Si je ne le fais pas, ils m'enverront à Azkaban et… » Commença désespérément le garçon blond.

Mais Harry n'était pas en mesure de l'écouter.

« SORS ! » cria-t-il. Sa baguette magique apparut alors dans sa main, pointée en direction de Drago.

L'autre garçon fit rapidement un pas en arrière, en levant ses mains devant lui. « D'accord, j'y vais. Mais tu devras dire à Severus que j'ai essayé… »

« JE NE DOIS RIEN FAIRE, SALE… ! »

« Que se passe-t-il ici ? » La voix sèche de Severus interrompit la tirade de Harry. Il fit un pas à l'intérieur de la pièce, évalua en un coup d'œil la situation et ordonna, « Drago, pars. Retourne dans ta chambre maintenant. »

Drago le regarda et s'apprêta à dire quelque chose mais il s'arrêta brusquement et donna un signe d'assentiment crispé. Il tourna les talons et sortit de la chambre, laissant père et fils seuls.

« Tout va bien, Harry. Baisse ta baguette et dis-moi ce qu'il s'est passé. » Dit calmement Severus pendant qu'il s'approchait de son fils.

Harry posa d'une main tremblante sa baguette magique sur sa table de nuit, mais ses émotions étaient si puissantes et bouillonnantes qu'il ressentit le besoin de se défouler sur quelque chose. Il attrapa vivement la lampe qui était également sur la table de nuit et la jeta contre le miroir du mur d'en face. Entendre le bruit de verre cassé comme des centaines de tessons tombaient au sol le soulagea. S'attendant à ce que son père le réprimande, Harry haussa le menton avec défiance. Il n'était pas désolé. Mais alors son visage se décomposa et il commença à sangloter. Il s'accroupit le dos contre le bord de son lit, se sentant soudainement faible, enroula ses bras autour de ses genoux et sanglota encore et encore.

Severus s'installa alors près de lui et entoura Harry de ses bras, en le serrant fortement contre lui. Il ne dit rien mais resta là à le tenir et à le laisser pleurer. Harry se tourna vers lui, pressa son visage contre l'épaule de son père en agrippant sa chemise. Il ne sut pas combien de temps il resta dans cette position mais il se décala finalement pour s'appuyer simplement contre son père, se sentant faible et épuisé. Il avait l'impression d'avoir pleuré pendant des heures et il avait juste envie de ramper sous les couvertures de son lit et de ne plus y bouger.

La main de Severus frotta doucement ses cheveux. « Que s'est-il passé, fils ? »

Harry soupira. Même parler semblait lui demander beaucoup d'effort. « J'étais dans la salle de bains, à m'habiller et tout, et quand je suis sorti il était là. Je suppose que ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. »

« Oui, on dirait bien, » admit Severus, d'une voix rauque. « Mais je ne peux pas t'en blâmer. »

Il posa un baiser sur la tête de Harry et ce dernier se détendit encore plus contre lui, écoutant les doux battements de cœur de son père à travers le tissu noir. Il jeta un coup d'œil à l'homme près de lui, se rendant compte que Severus n'avait pas encore mis sa robe, qu'il portait seulement une chemise et un pantalon. Et ses pantoufles, nota Harry alors que son regard se posait sur le sol.

« Je suis désolé de t'ennuyer, » s'excusa-t-il.

Son père lui donna une légère tape. « Tu sais que tu n'as pas à me faire d'excuses. Nous avons dépassé tout cela, n'est-ce pas, Harry ? »

Harry sourit légèrement malgré lui. « Ouais, » chuchota-t-il. Il prit une profonde inspiration et ajouta, « Merci, d'être venu et … pour tout. »

« Tu n'as pas à me remercier non plus, petit idiot, » gronda légèrement Severus.

« Hmm, je ne te remercie pas alors, » répliqua Harry avec un fantôme de sourire.

Severus roula juste des yeux. Ils restèrent silencieux pendant quelques minutes puis Harry leva son regard vers lui et demanda, « Pourquoi est-il entré ici, Papa ? J'ai toujours dit que je ne voulais pas le voir et il s'introduit dans ma chambre, sans même me demander la permission. Pourquoi ne peut-il pas seulement me laisser seul ? C'est tout ce que je veux. S'il ne peut même pas faire cela, peut-être devrions-nous alors le renvoyer. »

« Nous pouvons sans aucun problème renvoyer Drago, si tu le souhaites, » dit Severus. « Mais pour répondre à ta question, je pense qu'il est probable qu'il ne savait pas que tu avais spécifiquement demandé à ne pas le voir. »

Il soupira. « J'avais l'intention de dire à Drago de rester loin de toi la nuit dernière. Je suis allé le voir pour lui faire savoir nos règles et lui donner quelques tâches à accomplir, mais quand je suis arrivé dans sa chambre il dormait déjà et j'ai donc décidé de lui parler ce matin à la place. Mais apparemment je n'ais pas été assez rapide. »

Harry réfléchit en silence. Il supposait que si Severus n'avait pas averti Drago, et Dumbledore ne l'avait probablement pas fait non plus, alors l'autre garçon ne pouvait pas savoir qu'il était censé rester loin de Harry. Remarque il aurait pu y penser de lui-même. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre que Harry ne lui souhaiterait pas la bienvenue.

Mais quand Harry mentionna ses réflexions à son père, Severus haussa les épaules et dit, « J'imagine que Drago a pensé que tu aimerais saisir l'occasion de lui donner des ordres. Il l'aurait fait, si les positions avaient été inversées… au moins au début. »

« Pourquoi qu'au début ? » demanda Harry.

« Drago n'est pas un monstre. D'un côté, il a été pourri-gâté et en même temps, maltraité et négligé. Il a appris à donner de l'importance à des choses futiles, encouragé pour cela par des parents qui ne savaient pas s'occuper d'un animal de compagnie et encore moins d'un enfant, » répondit calmement Severus. « Seize ans d'une telle éducation l'a corrompu, sans aucun doute, mais Drago n'est pas complètement sans cœur. J'ai essayé, autant que je le pouvais, de lui instiller une certaine morale et j'ai vu parfois un peu de compassion et de générosité en lui. »

Il jeta un coup d'œil sur le visage peu convaincu de Harry et lui fit une petite grimace. « Tu n'en a jamais vu en lui, je sais, et le comportement de Drago envers toi a été particulièrement déplorable. Tu as certainement le droit d'être furieux contre lui et de le détester. »

« Je suis fâché et je ne peux pas le supporter, » dit fermement Harry.

« Et bien, tu n'as pas à le revoir, » lui assura Severus. « Nous pouvons le renvoyer ce matin, si tu le souhaites. »

Harry considéra la proposition. Mais il était plus calme maintenant et pensa que si Drago n'était vraiment pas au courant qu'il devait rester loin de lui, alors peut-être qu'il essayait seulement de faire son travail en venant dans la chambre de Harry. Drago ne lui avait-il pas dit quelque chose de ce style ? Harry avait été beaucoup trop bouleversé en le voyant dans sa chambre pour y faire attention plus tôt, mais il lui semblait se rappeler que Drago avait essayé de lui dire quelque chose comme ça.

« Dis-lui de rester loin de ma chambre et de moi. S'il vient encore près de moi, je le renvois à Dumbledore. » Dit Harry à son père.

Severus inclina la tête. « Je vais le faire. »

Il serra une dernière fois Harry contre lui puis se leva, en pointant sa baguette sur les morceaux de verre éparpillés sur sol. « Reparo ! Maintenant, pourquoi ne te passerais-tu pas un peu d'eau sur le visage pendant que je vais chercher ma robe avant que nous descendions prendre notre petit déjeuner ? »

Après un repas composé d'œufs et de croissants au jambon, Harry se tourna vers son père et demanda, « Est-ce que nous pourrions encore aller voler comme nous l'avons fait hier ? »

Severus acquiesça, « Oui, mais je dois d'abord parler à Drago. Va chercher nos balais, je reviens rapidement. »

« D'accord. » Et Harry monta précipitamment à l'étage.

Severus le suivit, montant les escaliers supplémentaires menant au dernier étage et marcha jusqu'à la petite chambre de Drago au fond du couloir. Il ne prit de nouveau pas la peine de frapper mais ouvrit simplement la porte et entra. Drago était assis sur le lit, les yeux baissés sur ses doigts qui jouaient nerveusement avec un fil du dessus de lit.

Il sursauta quand Severus entra. « Severus, je suis seulement allé le voir pour qu'il me dise ce qu'il voulait que je fasse, je le jure ! »

« Dorénavant, tu devras rester à l'écart de Harry à moins qu'il ne te le dise spécifiquement, » ordonna Severus.

Une lueur de soulagement traversa rapidement le regard de Drago avant qu'il ne parvienne à le cacher. « Oui, monsieur. »

« Tous les matins, tu te rendras à la cuisine à 6h30. Tu mangeras ton petit déjeuner, ainsi que tes autres repas là-bas avec Norie et Zan, » continua Severus.

Drago en resta bouche bée. « Avec des elfes de maison ? »

Les lèvres de Severus se pincèrent. « Oui, et tu te rappelleras que Norie et Zan sont des elfes libres et que je les considère comme des membres de ma famille. »

Drago ne put pas tout à fait cacher son incrédulité et son dégoût, mais il dit seulement, « Oui, monsieur. »

Severus le regarda durement avant de continuer. « Une fois que tu auras mangé, Norie et Zan te donneront tes tâches de la journée. Tu as intérêt à faire des efforts. Je ne tolérerai aucun relâchement ou un travail bâclé. Tu seras occupé par cela toute la matinée. Après le déjeuner, je vérifierai ton travail pour m'assurer qu'il soit bien fait puis je te ferai cours jusqu'à l'heure du thé, et tu continueras ensuite tes corvées. Après dîner, tu aideras Norie et Zan à nettoyer la cuisine. Puis tu retourneras dans ta chambre pour étudier jusqu'à ce qu'il soit l'heure de dormir, c'est-à-dire vingt-deux heures. »

« Mais nous ne devions pas aller au lit avant vingt-trois heures à Poudlard, » protesta Drago.

Severus haussa un sourcil. « Je pense que tu seras plutôt heureux d'aller au lit à vingt-deux heures, après une dure journée de labeur. Tu as une autre option si ces règles ne te satisfont pas. »

Drago secoua rapidement la tête. « Non… Non, c'est très bien. »

« Ai-je raison de supposer que tu n'as pas encore pris ton petit-déjeuner ce matin ? » demanda Severus.

« Oui, monsieur. Je veux dire, je n'ai pas mangé, » bégaya le garçon.

« Alors je te conduits à la cuisine et Norie te montrera comment préparer ton petit déjeuner. Après mangé, Zan te fera visiter la maison et le parc pour que tu sois capable de t'y retrouver. Comme nous sommes dimanche, nous n'étudierons pas. Tu passeras le reste de la journée à travailler dans les jardins. De nouveaux paillis doivent être déposés dans les parterres de fleurs. »

« Mais je n'ai pas ma baguette magique, » lui dit Drago. « Le directeur me l'a prise. »

« J'ai ta baguette magique et je te permettrai de l'utiliser durant les cours si nécessaire, » répondit d'un ton égal Severus. « Tu n'en auras pas besoin aujourd'hui. »

« Mais… » Commença Drago, une lueur horrifiée et écœurée dans le regard.

Severus l'interrompit simplement en se retournant et en se dirigeant vers la porte. Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. « J'attendrai dans le couloir si tu souhaites te changer et mettre des vêtements de travail. »

« Mais je n'ai aucun vêtement de travail ! »

« Alors je suppose que nous devrons commencer les leçons de demain par les charmes utiles au nettoyage des vêtements, » dit Severus pince-sans-rire.


Harry et Severus passèrent une partie de leur journée à voler et comme toujours, Harry se sentit bien mieux après quelques heures passées à filer à toute vitesse sur son Eclair de Feu. À un certain moment de la matinée cependant, alors qu'ils poursuivaient le Vif et passaient de l'autre côté du manoir, il aperçut Zan et Drago marchant vers les jardins, le garçon blond poussant une brouette d'apparence Moldue chargée de plusieurs sacs visiblement lourds.

Harry n'avait jamais vu de brouette ou d'autre outil Moldu à Prince Hall, mais il supposait qu'il serait assez simple pour Zan d'en faire Apparaître une, s'il le voulait.

Harry ressenti une pointe de douleur en voyant son conscrit mais elle n'était pas aussi pointue que d'habitude, et quand un flash d'or fila près de lui, cruellement près de ses doigts, il écarta ses pensées de Drago et tourna de nouveau son attention sur la chasse au Vif.


Plus tard ce jour-là, son père et lui s'installèrent dans la bibliothèque pour lire. De son fauteuil, Harry pouvait voir les jardins à travers les fenêtres. De temps en temps, il apercevait Drago, à genoux en train d'utiliser une pelle pour répandre le paillis autour des rosiers défraîchis, ou de pousser la brouette. Le garçon blond était trop loin pour que Harry voie clairement son visage, mais il devenait évidemment de plus en plus échevelé et sale. Même à cette distance, il avait des tâches visibles de boue et d'herbe sur son pull léger et son pantalon.

De prime abord, Harry ne put s'en empêcher mais ressentit un intense sentiment de justice, mais alors que l'après-midi avançait, les souvenirs commencèrent à se raviver dans son esprit, des souvenirs de lui-même en train de travailler dur pendant des heures dans la cour de sa tante et de son oncle, sans rien à porter d'autre que des guenilles sales et souillées. Autant il méprisait Drago Malefoy… et il le méprisait vraiment, aucun doute à ce sujet… autant il commençait à se sentir coupable de la façon dont son père et lui se détendaient et s'amusaient tandis que quelqu'un d'autre travaillait vraiment dur. Il ne pouvait pas s'en empêcher. Cela ressemblait trop à la façon dont les Dursley se prélassaient tandis qu'il essayait frénétiquement de terminer sa liste sans fin de corvées.

« Harry ? Quelque chose ne va pas ? » La voix de son père interrompit ses pensées.

« Quoi ? » Harry se rendit compte qu'il regardait distraitement le vide et détourna rapidement le regard. Severus s'installa dans un fauteuil proche en l'observant avec inquiétude.

« Oh, non, pas vraiment. » Harry haussa les épaules. « Je pensais juste aux Dursley…. » Il laissa sa phrase en suspend.

Les lèvres de Severus se tordirent en une grimace désobligeante, alors que la seule mention des Dursley lui laissait un goût amer dans la bouche. « Ils ne pourront plus jamais te blesser. »

Harry inclina la tête. « Je sais, mais je pensais juste à la façon dont j'avais l'habitude de devoir travailler pour eux à toute heure, et au fait que Drago travaille pour nous et je ne sais pas… je me sens juste un peu mal à l'aise. » Il haussa de nouveau les épaules.

Severus posa son livre sur une table latérale et se pencha en avant sur son fauteuil, étudiant attentivement son fils. « Harry, ce n'est pas la même chose du tout. Tu n'as jamais rien fait pour mériter le traitement que tu as reçu des Dursley. Ils t'ont maltraités, pas pour quelque chose que tu aurais fait, mais parce qu'ils craignent et méprisent la magie et que tu incarnais cela pour eux. Mais tu n'as jamais, jamais mérité d'être puni ou maltraité d'une quelconque façon simplement parce que tu es né sorcier. Les Dursley t'ont maltraité parce qu'ils sont des personnes craintives et intolérantes. Ce n'était pas ta faute et tu ne l'avais pas mérité. Est-ce que tu comprends cela ? »

Harry resta sans bouger pendant un moment, les yeux baissés. Severus resta silencieux, attendant sa réponse. Enfin le garçon releva les yeux.

« Je le sais dans ma tête, » dit-il d'une petite voix. « Mais parfois j'ai encore l'impression que c'était de ma faute. Que j'ai dû faire quelque chose pour inciter ma propre famille à me détester. »

Severus s'approcha de lui pour lui prendre la main.

« Je suis ta famille, enfant, et je t'aime de tout mon cœur, » dit-il doucement.

Les yeux de Harry devinrent brillants et il renifla avant de faire un sourire tremblant à Severus. « Je t'aime de tout mon cœur moi-aussi, Papa. »

Severus lui serra la main avant de le relâcher et d'ajouter, « Mais Harry, tu n'es pas seul, tu te rappelles. Ma famille biologique m'a détesté et maltraité également. J'ai peur de ne pas être devenu aussi affectueux et généreux que toi et pendant une certaine partie de ma vie je me suis même perdu dans le côté sombre. Mais la haine et la maltraitance ont commencé alors que je n'étais qu'un enfant et je ne l'avais pas mérité non plus. »

« Evidemment que tu ne le méritais pas ! Tu étais juste un petit garçon, » s'exclama Harry avec indignation.

Les yeux sombres de Severus brillèrent alors qu'il hochait la tête. « C'est exactement ce que je pense, Harry. Tu es allé vivre à Privet Drive quand tu n'étais seulement qu'un bébé. Tu m'as dit que les premières choses dont tu te rappelles sont d'être enfermé dans un placard sombre sous les escaliers, de devoir préparer les repas, nettoyer la maison, et travailler dans la cour avant que tu ne sois en âge d'aller à l'école primaire. Tu étais toi-aussi seulement un petit garçon et tu n'avais rien fait pour mériter ce genre de traitement. »

Harry hésita. « J'imagine. »

« C'est certain, » dit fermement Severus. « Harry, imagine que ça ne soit pas arrivé à toi imagine que ce soit arrivé à un autre enfant Et si je te disais que cet autre enfant, un petit bébé de même pas encore deux ans, dont les parents sont morts, a été envoyé vivre avec une tante et un oncle ? Si je te disais que ces adultes ont forcé l'enfant en bas âge à vivre dans un placard, qu'ils ont refusé de le nourrir et de l'habiller convenablement tout en étouffant leur propre enfant de cadeaux ? Si je te disais que le petit garçon a été forcé de travailler de longues heures pour nettoyer leur maison et leur cour, dès qu'il fut en âge de tenir un chiffon de nettoyage ? Si je te disais que la tante et l'oncle ont giflé et maltraité le petit garçon et ont permis à leur propre fils de le battre ? Penserais-tu que l'enfant le méritait ? Penserais-tu qu'il devrait passer le reste de sa vie à s'en vouloir parce que sa tante et son oncle étaient de cruels idiots ? »

Harry ferma les yeux et secoua sa tête dans un silencieux 'non'.

« Alors tu ne devrais pas te reprocher toutes ces choses. Rien n'était de ta faute. Je te le promets, » finit calmement Severus.

Harry rouvrit les yeux. « Merci, Papa. »

Ils restèrent silencieux quelques minutes. Puis Severus se racla la gorge.

« Quant à comparer ton passé à la situation de Drago, il y a autre chose à prendre en compte outre le fait que tu étais complètement innocent, contrairement à Drago qui a réellement mérité sa punition. Les attentes de Dursley étaient délibérément irréalisables. Ils t'assignaient beaucoup trop de corvées pour que tu puisses réellement les accomplir, probablement parce qu'ils voulaient une excuse pour pouvoir te réprimander et te punir. Je suis certain que Drago se sent vraiment accablé et maltraité en ce moment également, mais c'est seulement parce qu'il n'a jamais eu à faire un quelconque travail physique. Je lui ai assigné assez de travail pour le maintenir occupé chaque jour, mais ce n'est pas une liste impossible à accomplir, et à condition qu'il travaille dur et fasse des efforts, je ne le punirai pas s'il n'accomplit pas tout. Et naturellement, il recevra trois repas par jour et aura suffisamment de temps pour dormir correctement la nuit. »

« Je ne pense pas que tu ais à ressentir une quelconque culpabilité, Harry, mais si c'est le cas, tu peux toujours offrir ton aide à Drago, » conclut Severus.

Malgré lui, Harry rit et secoua la tête. « Je ne me sens pas si coupable que ça. »

« Bien. » Severus sourit et ils retournèrent chacun à leur lecture.

A SUIVRE

Petit mot de la traductrice :

Un chapitre visiblement attendu… J'espère qu'il ne vous a pas déçu !

Bye