Titre : Underground Ch.40 - Le visiteur.

Auteur : Nandra-chan

Disclaimer : La plupart des personnages sont à CLAMP, le reste est à moi, le monde d'Argaï aussi. Le boulot aussi. La connerie aussi (malheureusement...). Les fautes d'orthographe et de français sont à quelqu'un d'autre.

Note : Et hop, un petit chapitre. Merci pour vos gentils messages, ça me touche beaucoup toute cette gentillesse rien que pour moi :)

Temps passé sur ce chapitre : 4 heures

Réponse aux reviews :

A.n'onyme : c'est pas que ton nom soit vraiment compliqué, c'est juste qu'il est orthographiquement déviant ^^. Et sinon pour Kamui et Subaru, va savoir... peut-être qu'il y en a un de vivant, ou les deux, ou aucun... ou ils sont vivants mais tout cassés. Je me dis que ça pourrait être marrant un Kamui en mode berserk parce qu'on lui a tout cassé son Subaru... Faut voir :)

Lily : oui, il fallait bien une fin un peu mignonne pour alléger un peu tout ça. Il a un gros coup de blues notre blondinet... allez un peu moins de angst, aujourd'hui, même si c'est pas folichon non plus.

Soren : merci pour les chocolats, t'es une vraie copine :) Et ouais c'est pas la joie mais pour ce qui est de la bulle, tu connais Kuro avec son katana qui pique.

Riri : ouais, les chats ils ont la belle vie, moi aussi je veux ronronner comme ça.

Opi : Hey, ça faisait longtemps. Je sais pas exactement quand tu liras ça vu que as posté ta review sur un des premiers chapitres donc bah... quand tu verras ce message : ça me fait plaisir de te revoir :) j'espère que cette fic te plaira. A moi aussi ils me manquaient beaucoup alors je suis revenue les embêter.

Shuupette : ta review m'a fait rire. Entre Karnak et Ephèse mon cœur balance, j'avoue, mais je dirai quand même plutôt Karnak. J'aime l'exotisme ! Mais j'avais dit modeste !...ET « C'est pas moi ! J'ai rien fait ! C'était comme ça quand je suis arrivée ! »

Pour reviewter, c'est en bas au centre !


Quarante-neuvième jour – le 22 mars – Le visiteur.

Fye s'éveilla bien avant l'aube, et il sut tout de suite qu'il ne serait pas capable de se rendormir. Du reste, il ne le souhaitait guère, car son sommeil n'avait rien eu d'agréable ou de reposant. Il avait fait de mauvais rêves, peuplés de visages du passé qu'il n'avait aucune envie de revoir, et le sentiment d'angoisse qu'il avait éprouvé ne l'avait toujours pas quitté. Il se tassa contre le corps de son compagnon et envia le rythme paisible, profond, de sa respiration. Quelqu'un qui dormait si bien devait avoir l'esprit tranquille, et sans doute ses songes étaient-ils agréables. Si seulement je pouvais les connaître... pensa le magicien, avec un petit sourire.

Ses pensées dérivèrent vers Loé. Le jeune indien serait sans doute désappointé d'apprendre qu'ils avaient changé d'avis au sujet de Sampeur. Depuis qu'il s'était découvert des griffes lors de l'incident avec les hommes de Dossou, il brûlait d'envie d'agir et de tester les limites de son courage tout neuf. Et bien sûr, lui aussi était révolté par les traitements subis par les enfants. Le magicien souhaitait qu'il comprenne ce qui dictait leur démarche, mais il se doutait que la pilule serait difficile à avaler pour le petit vampire. Il ne restait qu'à espérer qu'il ne commettrait rien d'irréfléchi, dans son impatience d'en finir. Leur chance était qu'il s'entendait bien avec l'inspecteur, qu'il respectait et appréciait en tant que personne ; il plierait sûrement si on mettait cette carte en avant.

Mais pour faire quoi ? Aller où ? Sans la piste de l'ouvrier des docks, ils n'avaient rien, que du vent à brasser, qui leur filait entre les doigts. Ils allaient devoir continuer à enquêter, et ce serait long, très long, avant de voir apparaître un résultat. Et pendant ce temps...

Le mage se demandait s'il avait eu raison de refuser la manière forte. En son for intérieur, il pensait avoir bien agi, et il croyait aux arguments qu'il avait exposés devant le ninja. D'ailleurs, ce dernier n'aurait pas réagi favorablement s'il n'avait pas approuvé. Mais tout de même, c'était beaucoup de temps perdu à cause du doute pesant sur l'implication d'un homme qui avait de bien mauvaises fréquentations. Le simple fait qu'il ait été mentionné dans une conversation au sujet de Cathy Voisin en disait assez sur le genre de personne qu'il pouvait être.

Avec un léger soupir, Fye se réinstalla confortablement et écarta ces pensées désagréables. Il venait de remarquer quelque chose de beaucoup plus intéressant. A chacune de ses expirations, son souffle rebondissait sur le cou du brun, comme pour lui rappeler à quel point sa peau était proche, et sous cette peau le sang, cette vie si riche, intense, brûlante, qui l'attirait irrésistiblement.

Il avait longtemps détesté ce que Kurogane avait fait de lui, et il avait masqué la véritable raison de cette répulsion sous beaucoup de prétextes : la dépendance, tout ce que le geste de son compagnon impliquait dans leur relation, un changement de mode alimentaire gênant... Mais même s'il avait lui-même cru un temps à ces mensonges, il savait, au fond de lui, que tout ça n'était que poudre aux yeux. La cause réelle de ses préventions était toute autre ; il aimait bien trop ça, voilà la vérité. Il était resté humain dans sa tête, et le plaisir qu'il prenait à se nourrir de cette manière, plaisir qui n'était pas qu'alimentaire, était certainement une forme de perversion. Mais c'était bon, à présent, il avait passé ce cap et assumait pleinement ce qu'il était devenu. Et comment résister quand le ninja, par malice certainement car, c'était bien connu, les shinobi étaient fourbes par nature, remuait dans son sommeil et « Oh ! Comme par hasard ! » se rapprochait encore de lui ?

Il se sentit sourire et s'étonna lui-même en découvrant qu'il était encore capable d'espièglerie, malgré les circonstances. Un bout de griffe apparut à l'extrémité de son index. S'il la laissait glisser comme ça, très légèrement, le long du bras de Kurogane, ou son épaule, de son dos ou de ses reins, combien de temps faudrait-il pour qu'il se réveille ? Se réveillerait-il seulement, ou tressaillirait-il et se gratterait-il comme s'il avait été dérangé par un insecte ? Il n'y avait qu'un moyen de le savoir ! Et s'il essayait là, à la base du cou, puis le long du trapèze... ? Mais à peine avait-il commencé à s'amuser qu'une poigne d'acier immobilisa sa main.

- A quoi tu joues ? murmura le brun, si parfaitement réveillé que c'en était impressionnant.

- J'ai faim, Kuro-sama, ronronna le mage, je te veux te manger.

- On joue pas avec la nourriture, on t'a jamais appris ça ?

- Vraiment ?

- Sauf si la nourriture est d'accord.

- Et qu'en pense donc la nourriture ?

- Je croyais que tu voulais pas faire ça sur ce canapé.

- J'ai changé d'avis ! J'ai le droit ?

- Du moment que t'en changes plus jusqu'à demain matin...

- On est déjà demain matin, Kuro-chan.

- Fye ?

- Mmm ?

- La ferme.

De toute façon, il n'était plus trop capable de parler, puisqu'un baiser enflammé venait de le bâillonner. Il n'avait plus qu'à fermer les yeux et se laisser couler, effacer le monde autour, et se remettre entièrement entre les mains de Kurogane. C'était un amant possessif, dominateur, et cette nuit, ça lui convenait parfaitement. Il ne demandait qu'à se laisser guider, aimer, et tout oublier. D'un geste rendu précis par l'habitude, il égratigna le cou de son compagnon et appliqua ses lèvres sur la blessure. Après ça, il ne fut plus capable de penser, simplement de réagir et savourer le poids du corps du brun sur le sien, la force des bras qui l'étreignaient et la douceur des mains qui caressaient son dos.

Mais cela ne dura guère. Le ninja se redressa soudain, et se tourna vers la fenêtre du balcon.

- Si t'es venu pour te rincer l'œil fallait le dire, on aurait laissé la lumière allumée, dit-il d'un ton polaire à la silhouette sombre qui les observait, appuyée contre le chambranle.

- Je n'y avais pas vraiment pensé, mais maintenant que j'ai vu la bande-annonce, je regarderais bien le film jusqu'à la fin, répondit une voix masculine, teintée d'amusement et d'un léger accent asiatique.

Kurogane s'assit sur le mage et alluma la lampe qui trônait sur la petite table à côté du canapé. Wei Zheng plissa les yeux, mais sans doute pas tant à cause de l'éblouissement que du regard doré incisif qui l'accueillit dans la lumière.

- Je ne pensais pas tomber à un mauvais moment, fit le roi des Servals en entrant dans la pièce. Vous êtes plutôt matinaux.

Il s'avança de quelques pas, de sa démarche féline, sous l'œil attentif des deux amants. Il émanait de lui une aura d'autorité indiscutable, qui retirait tout caractère importun à sa présence. Il était roi, et il agissait comme tel ; il avait le droit d'être là si c'était là qu'il voulait être. Il ne semblait ni intimidé, ni embarrassé, mais il n'était pas stupide et il ne fit pas mine de s'approcher du canapé. Il se laissa tomber sans façons dans le fauteuil préféré de l'inspecteur.

- Je vous ai cherchés partout, lâcha-t-il dans un long soupir, qui craquela son image royale et laissa transparaître une profonde lassitude. Je ne savais pas que vous viviez chez ce policier.

- Et tu pouvais pas simplement frapper à la porte ? demanda le brun, toujours énervé.

- Laisse, Kuro-chan, fit le mage en apaisant son compagnon d'une simple caresse sur le bras. Je crois que nous devrions écouter ce qu'il est venu nous dire avec beaucoup d'attention.

Fye repoussa doucement le ninja, s'assit et enfila avec un petit pincement de regret le t-shirt qu'on venait de lui retirer avec une grand habileté quelques minutes plus tôt.

- Tu crois qu'un jour, on pourra arrêter de se cacher dans les bois ou ailleurs et faire ça tranquillement chez nous, ou ce qui nous sert de chez-nous, sans être interrompus ?

- Vraiment désolé, fit le chinois, avec un demi-sourire un peu contrit qui n'était pas sans charme.

Sourire que le mage lui rendit. Malgré la réticence apparente du brun, une entente immédiate s'était établie entre eux trois, la veille déjà, faite de respect mutuel et d'une certaine confiance. Ils venaient de se rencontrer, mais ils avait brûlé les étapes et se comportaient les uns envers les autres comme s'ils se connaissaient depuis toujours.

- Nous vous écoutons.

- Y a intérêt que ce soit important...

- Pour être tout à fait franc, je ne suis pas sûr que ce que j'ai à vous dire vous intéresse, commença le Serval, avant de se reprendre. Non... en fait, je sais que je suis plutôt mal placé pour dire ça après vous avoir molesté, et éconduits, mais je suis venu vous demander votre aide. J'aurais voulu vous en dire plus, hier, mais la sécurité de mon clan passe avant tout, et si je suis venu aussi discrètement, en pleine nuit et par la fenêtre c'est que...

- Nous savons tous ce qu'il en est, le coupa le mage avec un geste de main. Inutile de vous excuser ou de vous justifier. Vous en avez dit suffisamment nous permettre de faire le reste du chemin tout seuls. Alors que pouvons-nous faire pour vous aider ?

- Vous êtes étrangers, et même si je suis sûr que vous en avez appris beaucoup sur cette ville depuis que vous êtes arrivés, vous n'en connaissez sûrement pas tout.

- Non, en effet. Les vampires sont très secrets, il est difficile d'apprendre quoi que ce soit sur eux.

- Il faut savoir que ce pays a toujours attiré les vampires, comme un refuge. Ici, les gens ont bien d'autres soucis que de nous faire la chasse et on peut facilement se cacher derrière les croyances du vaudou pour tenir les curieux à distance. Notre installation est ancienne, mais depuis le séisme, de nouveaux vampires sont arrivés, en grand nombre, car la désorganisation du pays et les proies faciles les attirent. Ce n'est pas quelque chose que nous, les anciens occupants, approuvons. Les nouveaux venus sont voyants et imprudents, ils mettent en danger la sécurité de tous en nous donnant une visibilité que nous avions pris grand soin d'éviter, auparavant. Depuis longtemps, bien avant le séisme, les vampires contrôlent cette ville, à l'insu des humains. Je ne parle pas des divers trafics, des prostituées ou de la contrebande, mais de politique, de finances... Un certain nombre d'entre nous occupe des fonctions proches du pouvoir, sans jamais apparaître sur le devant de la scène.

- Vous tirez les ficelles dans l'ombre, en somme, observa le ninja.

- C'est exactement ça. Nous aimons cet endroit, ses intrigues, ses superstitions, son foisonnement..., ajouta le chinois avec un sourire. Nous en prenons soin à notre manière, en entretenant soigneusement le désordre qui y règne pour pouvoir nous y cacher, mais en nous efforçant quand même que tout y fonctionne correctement. C'est un pays pauvre, mais les gens ici sont agréables, généreux, et étonnamment joyeux. Et nous y sommes bien intégrés. Je possède deux restaurants et de petits commerces, grâce auxquels je fais vivre les membres de mon clan. Beaucoup d'entre eux ont des emplois dans mes entreprises et cette situation semble leur convenir. Semblait, plutôt, parce que depuis que Dossou est arrivé, plus rien ne va.

Il marqua une pause, s'accordant un moment pour réfléchir à la façon dont il allait présenter les choses, ou peut-être pour calculer jusqu'où il pouvait aller dans ses révélations.

- Dossou... Dossou est une exception. D'ailleurs il ne vit pas en ville. Il a un domaine dans les montagnes, une ancienne prison où il vit retiré avec ses hommes. Quand il a besoin de quelque chose, il envoie ses seconds couteaux le chercher à sa place. Il sort rarement lui-même. Il a quand même mis la main sur une grande partie de nos affaires et tyrannise nos gens, il tue, rackette, se sert chez tout le monde comme si on lui appartenait...

- Pourquoi n'avoir rien fait ? demanda Kurogane. D'après ce que tu dis, les clans de vampires de cette ville sont assez soudés. Tous ensembles vous auriez pu vous en débarrasser.

- Nous avons essayé, mais ça a été un échec retentissant. Il a tué beaucoup de nos hommes, il a pris des otages, il a graissé la patte de certains rois pour les attirer de son côté, et au final, notre organisation a éclaté. Les clans sont partagés entre ceux qui le suivent et ses détracteurs, et on se tape dessus dès qu'on se rencontre. Un flop total.

- Il est si puissant ? demanda Fye.

- Puissant, oui, et très riche. Et il a une petite armée à son service. Des mercenaires qu'il a recrutés parmi les pauvres gens et qu'il a nourris, retapés, formés et armés. Ils le vénèrent pour avoir mis leurs familles à l'abri du besoin alors... ils feraient n'importe quoi pour lui. C'est pourquoi je suis venu vous voir.

Le roi des Servals se pencha en avant, et plongea son regard de velours noir dans la prunelle dorée du magicien, car il avait très bien compris que s'il parvenait à le convaincre, le ninja suivrait. Alors qu'il n'était pas sûr d'arriver à persuader ce dernier ; ce type avait l'air d'avoir la rancune tenace, et féroce.

- Je sais que vous vous êtes fait passer pour Dossou pour vous rendre au Bouillon des Poisons et poser des questions. J'ignore les tenants et les aboutissants, mais vous recherchez des informations sur lui. Je vous dirai tout ce que je sais à son sujet, si vous voulez bien m'aidez à me débarrasser de lui.

- A nous deux, on n'est pas de taille, répondit le mage.

- Je sais que vous n'êtes pas que deux, et je viendrai avec vous, ainsi que mon second. Mais je n'impliquerai pas le reste de mon clan. Ils devront quitter la ville avant notre... opération, au cas où les choses tourneraient mal.

- Vous demandez beaucoup, et notre groupe n'est pas aussi... ce n'est pas aussi simple. Si nous réunissons suffisamment de preuves, nous aurons peut-être l'appui de la police, mais ce n'est pas une certitude. Quant au jeune vampire qui nous accompagne, si c'est à lui que vous faites allusion, il ne sera peut-être pas en mesure de nous aider. Il ne sait pas se battre et il a déjà eu, disons, des démêlées avec Dossou.

- Je peux peut-être recruter d'autres personnes, au besoin.

- Mais je me pose une question : pourquoi maintenant ? Hier vous ne vouliez absolument pas vous en mêler, et ce matin... vous voilà.

- Il s'est passé quelque chose de terrible, il y a quelques jours. Je ne l'ai appris qu'après votre départ hier. J'ai une... amie, qui a trois filles. C'est une humaine, une très belle femme, et ses filles lui ressemblent. Dans le courant de l'année dernière, peu après l'arrivée de Dossou, l'aînée de ses filles, qui était âgée de huit ans, a disparu pendant plusieurs semaines. La police la croyait morte, et il aurait peut-être mieux valu qu'elle le soit, mais elle a fini par réapparaître loin de la ville. Les habitants d'un village dans la campagne l'ont trouvée errant sur le bord de la route, nue. Elle avait subi de nombreux mauvais traitements, de la pire sorte, et elle avait été zombifiée. Elle ne parlait plus, reconnaissait à peine sa mère, elle était sujette à de terribles crises de terreur qui la rendaient violente, et elle n'avait plus la moindre autonomie. Du peu qu'on a pu en tirer, elle prétendait ne se rappeler de rien et si on insistait, elle paniquait. Sa vie était ruinée. Hier soir, après que vous soyez partis, cette femme est venue me trouver. Sa deuxième fille, qui vient d'avoir huit ans, a été enlevée la semaine dernière.

Fye rata une respiration, et entendit le ninja jurer entre ses dents. Une semaine, c'était très long.

- Pourquoi cette femme a-t-elle mis si longtemps à vous en parler ? A-t-elle prévenu la police ? C'est peut-être simplement une fugue ?

- Elle était terrifiée. Elle a dit que des hommes étaient venus jusque dans sa maison, pour chercher sa fille. L'un d'eux l'a battue et lui a dit que si elle les dénonçait à qui que ce soit, il reviendrait chercher sa troisième, une fillette de cinq ans. Quand elle l'a vu, son aînée a fait une crise si terrible qu'elle est tombée dans le coma. Elle a passé la semaine à l'hôpital à son chevet, mais la pauvre enfant n'a pas survécu. On peut dire qu'elle est morte de peur.

- Quel rapport avec Dossou ? demanda Kurogane, juste pour tester.

- Vous. Vos recherches. Les questions que vous avez posées...

- Vous le soupçonniez déjà avant, avança le magicien. C'est contre lui que vous m'avez mis en garde hier, et de lui que vous protégez votre clan.

- En effet.

- Et cet homme, est-ce que votre amie a pu le décrire ?

- Il ne se cachait pas. Un blanc, taille moyenne, châtain, très sec, très bronzé, avec des cicatrices de morsures plein le cou. Les mains très abîmées. Probablement un manutentionnaire.

Le blond et le ninja se regardèrent, surpris, et un immense et féroce sourire s'épanouit sur les lèvres de Kurogane.

- Oy, le mage, tu penses que ça te suffira comme preuves pour bousculer un peu ce type et voir ce qui en tombe ?

- Disons qu'une partie de mes scrupules vient de s'envoler, oui.

- Vous le connaissez ? demanda Wei Zheng.

- Il travaille sur les docks. On l'avait dans le collimateur depuis un moment mais on avait pas de certitudes.

- Alors... est-ce que vous allez m'aider ?

- Nous devons d'abord en parler avec les autres, mais nous vous donnerons rapidement notre réponse. Nous vous ferons passer un message dans la matinée, et disons que, si c'est positif, et ça le sera sûrement, nous pourrions nous retrouver près de la fourrière municipale en fin d'après-midi ? Il sera encore à son travail.

Le chinois accepta la proposition, et prit congé de la même façon qu'il était venu, par le balcon. Après son départ, le ninja éteignit la lumière et obligea le mage à se rallonger. Fye n'avait pas beaucoup dormi, et ils devaient se reposer autant qu'ils le pouvaient ; la soirée du lendemain risquait d'être très longue, et passablement agitée. Bien que la situation ne s'y prête pas vraiment, le blond s'installa confortablement, le cœur un peu plus léger à l'idée d'avoir enfin un peu de concret à se mettre sous la dent, et il s'endormit rapidement.