Holà ! Un petit chapitre de Il ragazzo, ça vous dit ?
Comment ça non ? Alors que j'ai mis autant de temps l'écrire (syndrome de la page blanche, les auteurs reconnaîtront...) vous voudriez me faire dire que ce que j'ai écrit ne sert à rien ? J'ai perdu mes cheveux à force de me les arracher ! TOT
Bon trêve de plaisanterie, je m'excuse beaucoup pour tout ce temps passé. Quand ce ne sont pas les études qui m'empêchent d'écrire c'est le syndrome de la page blanche. Je suis maudite ! Le pire est que j'avais tout le chapitre en tête. Je savais ce que je devais mettre en scène, mais je n'arrivais pas à écrire. Ça n'a pas aidé quand j'ai dû réécrire aujourd'hui une bonne partie de la fin du chapitre... Enfin, le chapitre est là, donc ne nous éternisons pas sur mes problèmes ^^
Je ne possède aucun droit sur Katekyo Hitman Reborn ni sur ses personnages, ils ont été crées par Akira Amano, que je remercie avec toutes les louanges qu'elle mérite pour ce bijou !
Je remercie grandement ceux qui ont laissé une review au chapitre précédent, le 47 : Heyli13, avion en papier, Tsuki Banritt, Hebihime, Chochocolat, Yuki4869 aka Maja, yoh-nee, Koyukii-chan, Asuna-Imagine, tahury, Karo et Minihold.
Merci également à fanais, aranley, addaline, Reima-chan, Minimiste, Fiane-Fiamma, Dixia, Himutsu-chan, Hebihime, Zeyra K, Tomokachan76, anastasia172, Lecfan, Izanami97, Alycia Panther, Yuki-Jiji, fuonhicali, Anonimo XD, mary6987, lupine13, manga-fic-love-sissi, amelieprosper, Akayui, lulue79, Tiffou, amiedu13, , Luce Li, Walarisse, Kyara17, Ekana, neko-chan L, neko-chan200, sacheliane, Caliste, yukixvongola, charlesdoudou, Riddikuluss, Mia Ako-nee, Elrika, Loucat, Sacha Tsukiya, PetitCrapaudBaveux, Minami12, inukag9, Audragon, ao no oni, Blihioma, tahury, Hikari0005, , ninolola, , Naidja, Llamas del Cielo, Ms Akabane, Noxerea, Marou83, Akuma-no-Kitsune, SinaKalissa, Nahel, tisha2803, jilie084, jevierita, Kyona-sama, Rebornx3, TheLadySoul, hiey, HarukaN, misa2, belkeirmed, Naelye, MissSexyBaby, Nama2902, Bottled Memories, history, Akuuma Tsukeshine, JuriiGothic, melamariannie, Darkounette, Cristalya, Dollwing, tsuukuun, Mimi et Neko, 444dodo444, Anlovi, Tsubaki-chan99, Sharo-chan, Natsume1111, Yaml, Sylcian Sph Legacy, yukiko-yu, Reizen. , Nunu c moi, erikadu19, Miss Green Rabbit, Ellewyl, meads, giannesky2305, freddyman, shinomena, Alexandra919, Parax et Gwenaelle7, tamarahc, tenshihouou, ShawolY, La Banshee Blihioma, Akashi-chan, Sealunis, Dayvis D. Pumpkin's Luys, manon.a.6, YamInari, Ondie-Yoko, kuroyukihime28, manga-fic-love-sissi, Denshitoakuma, yaoi-chan-poowa, missymanga, Complicate, Kikuue, avion en papier, maiko59, Aube Crepusculaire, Rikka Yomi, TheDevilOn, Kuroko23, alyss au pays de l'abyss, Psycho67, 3004, Wispers-Write, Olympe2, LOORELAI3, Balzud Anna-chan17, nekoko50, Guargante, Syt the Evil Angel, tsuni182718, Abana Shale, roxiyaoi, soratomoyo-chan, Heyli13, wellona, Mihide, .n, Lady Ree, Whintney, Yuuri81, Astropia, BloupBloup, misakiayumu, Akira Makkuro, wellona, valentin01988, Yumebaka, Lehna Black Amber, Sephra, Mangetsuko, Aliana lougia, Tsuki Sawada Hibari, 24Irinia, Elwenfeyn, Daidaiiro30, Chimamire no hebi, Lynnah O'Crazy, Anna27tsu, Zeneida262, chloedangelo84, Cassandre Potter, Princessefic, Kuromy RokuIchiku, Kinimitsu Kyoko, AdictaMoon, ryoma0310yugi, ellenvanlilie, testarossalea, NaomiDiPiuma, Alfader, Unknown by everyone, emimiecrazy, Revaan, megumi59, carolima777, Bachii, Byakan, kuro sora wa, himechu95670, Who known me, onedream54, Lei-An Natsume honeywitch, Nom-Provisoir, Naxxya, Kuro. , Deldom, Barukku-sama, Ombre-sama, Martinie Simon, ealine, mangas281, Yushiroko, Kuroko-SenPaille, Deponia, La mangeuse de livre, yoh-nee, vgfgf, Fricat P, larounette, clopidu49, la folie et je vais t'attraper, Kuurogi, himehimi, XIII-Van, Yuki manga, Seiya288, arala87, azerty73, Yanncat9853, Mizu Fullbuster, Amnesia Riku, IceMagnolia, Bokasuka, MikoSei'-San, angicat, Megdelfia, Shoto31, , EternityDream, Kyouya-Gaobu, LOVEMANGAANDDRARRY, katakumine, griffontard, Shin no panda, AkiHime20, Luciane Fernandes, Haku132, Kurikaa, Yuukitsune, raysuka, , marjo1607, Just-Sky, Amber Woods, SenseiFujuki, Coton-de-Loup, kyona-saye, Linola, Kiriho, keina1808, Koyukii-chan, Nobuca, La mangeuse de livre, Mliaa, Annoying Sublime Flower, Claraseth, Susukara, Oshurei, Nadeshiko666, Tsuki Banritt, Enelica, Walarisse, Lokasena, Judy1997, Cynthia Dossat, Lyraneko, Lilia Cristal Ramos, Hikari0005, prigentenora, DarkMoonOfShadow, Yuiu, tsuna1610, mangamanie, angel-944, Fannonyme, FionaTouki, akaisafire137, Mlo78, Solane Helsalrogo, Sora and Roxas, Ches134, , .1996, mahon5971, FunestiNoctu121, Aqualyne, Selena Psycho, Yuki4869 aka Maja, Sasam Moon, Blakotaku, lobalunallena, hneen898, Cosmos Asma, Plume d'Akusa, Minihold, La-flemmance et jukiji pour avoir mis en favoris ou suivre cette fic !
Réponses aux reviews anonymes :
Chochocolat : Merci pour la review ^^ Ravie de voir que je suis attendue impatiemment ^^ J'espère que le chapitre 48 sera à la hauteur de la nouvelle attente ^^ Ce qui est étrange, c'est que moi aussi je suis un peu contre les OC dans les fictions. Quand j'en lis une et que je vois qu'il y a un OC, mon intérêt descend très vite, surtout s'il prend une grand place dans l'intrigue ou s'il y a une romance avec un des personnage central de l'histoire. Mais Katekyo Hitamn Reborn, c'est tellement facile de faire des OC (malgré la tonne de perso qu'il y a dans le manga originel = je l'ai dit je suis maso ! je rajoute des perso, malgré leur nombre!) et il y a tellement peu de bon persos féminins que je ne peux m'empêcher d'en rajouter... C'est peut-être un peu égocentrique de ma part du coup... Tellement... Des fois dans le manga tu te demandes comment ça se fait qu'il ne soit pas plus la cibles des mafieux... Je suis contente que le chapitre t'ait plu en tout cas et je te dis à bientôt et bonne lecture ! P.S. : Alors ? As-tu réussi ton brevet ?
Asuna-Imagine : Merci pour la review ^^ La suite est juste en dessous, je te laisse la lire. Bonne lecture !
Karo : Coucou ! Bon retour dans ce cas ^^ et merci d'avoir laissé un commentaire ^^XD C'est le hic quand l'auteure ne va pas plus vite dans les sorties de chapitres. J'espère que tu sauras patienter ^^ Tu le sauras dans le prochain épisodes ! Pardon chapitre ! Bonne lecture !
Sur ce je vous souhaite une bonne lecture à tous et à toutes !
Enjoy !
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Chapter 48 : Conflit intérieur
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Le lendemain, aucun des gardiens n'osa reparler de l'incident de la veille, ni même des paroles déroutantes de Tsuna. En tout cas, pas face à lui. Après un court petit-déjeuner et que Knuckle ait terminé les derniers appointements, Tsuna fut autorisé à sortir de l'infirmerie. Il ne vit pas l'utilité de de demander à sortir de la propriété des Vongola. Avec ce qu'il s'était passé la veille et ce qu'il avait déjà révélé, il était maintenant certain que la première génération des Vongola ne le relâcherait pas dans la nature d'aussi tôt. De plus, certains étaient encore méfiants à son égard. Il pouvait cependant s'en accommoder pour la simple raison que, si jamais il essayait d'échapper à la vigilance des Vongola., il serait une cible de premier choix à l'extérieur des murs.
Sans aucune arme, ni renfort, il ne saurait pas non plus où commencer ses recherches dans la chance où il réussirait à fausser compagnie au Primo et ses gardiens Aussi décida-t-il de rester tranquillement dans le manoir et de trouver quelque chose pour s'occuper l'esprit.
Après le déjeuner, il aborda G, surprenant ce dernier qui devait sûrement penser que le plus jeune ne voudrait plus rien avoir avec lui. Il lui demanda où se trouvait la bibliothèque. L'homme aux cheveux rouges hésita mais finit par lui indiquer le chemin avant de s'interrompre puis de lui proposer de faire un tour pour éviter qu'il ne se perde à l'avenir. Tsuna accepta, ne voulant pas paraître suspect à connaître quelques recoins du manoir. G mit une bonne heure pour lui faire découvrir les pièces les plus utilisées. Bien évidement Tsuna pouvait également sentir que chacune d'entre elles étaient surveillées, soit par des hommes mis en poste soit par un des gardiens. Très certainement placés là pour garder un œil sur lui. Tsuna ne laissa rien transparaître, l'ayant suspecté. A la fin de la visite, G laissa Tsuna à la bibliothèque avant de retourner à son boulot. Dans la pièce se trouvait déjà Asari, qui fut surpris de voir Tsuna entrer en compagnie de G. Après une salutation polie au gardien de la Pluie, Tsuna remercia G avant de se détourner. Il s'engagea alors dans les différents rayons de livres avec curiosité. G adressa un signe de tête discret à Asari avant de sortir de la pièce. Le japonais retint une grimace mais non pas un soupir. Tsuna, inconscient de l'échange des deux gardiens flâna entre les bibliothèques, sous le regard quelque peu curieux d'Asari, qui recopiait sur plusieurs sélectionna quelques livres qu'il prit sous son bras puis retourna dans l'espace où se trouvait le japonais, avant de s'asseoir sur un fauteuil, en-dessous d'une fenêtre qui donnait vue sur l'entrée de la propriété. Tsuna plaça les livres dans l'ordre dans lequel il souhaitait les lire avant de demander, parfaitement conscient de l'attention d'Asari.
-Ma présence vous dérange-t-elle pour votre travail, signore Asari ?
L'homme sursauta, pensant avoir été discret avant de rire nerveusement.
-Non pas du tout. J'ai simplement été surpris. Très peu de personnes viennent ici. Pour cette raison, il n'est pas rare que je vienne travailler dans cette pièce. Pardonne-moi si je t'ai fait penser le contraire.
-Ne vous inquiétez pas. Je comprendrai très bien que vous me demandiez de partir. Après tout les affaires des Vongola ne devraient pas être mises sous le nez d'étrangers, déclara Tsuna en jeta un léger coup d'œil sur les papiers qu'Asari complétait.
-Je ne pense pas que tu puisses lire quoique ce soit depuis là où tu t'es installé, cependant, sourit Asari, amusé.
Tsuna laissa échapper un petit rire.
-Cela est vrai.
Sur ces faits, Tsuna s'installa sur le fauteuil, jeta un bref regard à l'extérieur avant de commencer à lire. De temps à autre, Asari jetait des coups d'œil curieux, mais le plus jeune était plongé dans sa lecture de la géographie spécifique à l'Italie du Nord. Bientôt, seul le grattement de la plume sur le papier, ainsi que le bruissement des pages que Tsuna tournait, interrompaient le silence de la pièce. A peine une heure de ce calme, cependant, Tsuna se redressa et détourna les yeux de sa lecture avant d'y retourner, presque agité. Asari le vit du coin de l'œil froncer légèrement les yeux, ceux-ci plantés dans un endroit particulier de la page qu'il lisait, et se mordre la lèvre inférieure. Quelques secondes plus tard, il leva les yeux vers Asari.
-Veuillez m'excuser, signore Asari...
Le gardien de la Pluie tourna son attention complète, avant de lui faire remarquer en souriant.
-Tu n'es pas obligé de t'adresser à moi avec toutes ses formalités, Tsuna-kun. Appelle-moi juste Asari. Que veux-tu ?
-Si cela ne vous dérange pas, Asari... pourriez-vous m'aider ?
L'adulte leva un sourcil interrogateur, mais également surpris. C'était bien la première fois, depuis que Tsuna était réveillé, voilà maintenant quatre jours, que celui-ci demandait leur aide. Et s'il en était étonné, Asari ne cachait pas qu'il était également curieux.
-Si je peux t'être utile, que puis-je faire pour toi ?
Tsuna se gratta la nuque distraitement tout en regardant sur le côté, geste qu'Asari identifia comme étant de la gêne, ce qui rehaussa sa curiosité. Qu'est-ce qui embarrassait le plus jeune qui avait parlé une telle détermination la veille ?
-Je... C'est assez délicat... Je... Pourriez-vous m'aider à prononcer certains mots utilisé là-dedans ?
Tsuna leva, d'un geste qu'il voulait nonchalant, le livre qu'il lisait quelques minutes plus tôt. Asari le regardait avec des yeux ronds, ne s'attendant pas à une telle demande. Un silence tendu s'installa. Plus il dura, plus Tsuna mordilla sa lèvre, refusant obstinément de regarder le plus vieux. Puis un léger rire s'éleva de la gorge d'Asari qu'il ne put retenir. Tsuna leva un sourcil, cette fois regardant Asari d'un air mi-boudeur, mi-ennuyé. Asari se fit la réflexion que le plus jeune faisait cette fois penser à un véritable enfant, non seulement par la nature de sa demande mais également par la réaction qu'avait provoqué son rire. Il leva une main comme pour apaiser Tsuna.
-Je m'excuse Tsuna-kun. Je ne voulais t'offenser en aucune manière.. Je n'aurais jamais pensé que tu viennes à moi pour une telle raison. Dis-moi quels mots te posent problème ?
Sans un mot de plus, Tsuna ouvrit le livre et le présenta à Asari, un doigt positionné au-dessus du mot voulu. Asari hocha la tête, comprenant sa difficulté, faisant ainsi abstraction de sa surprise en remarquant l'avancement du vocabulaire, compliqué pour un enfant. Il lui indiqua la prononciation avant de se reprendre.
-Il s'agit d'un mot pour désigner...
-Pour désigner la richesse des gisements de plomb en Toscana, finit Tsuna, sans sourciller. Alors c'est comme ça qu'il s'écrit...
Asari considéra l'enfant avec des yeux ronds, retenant son souffle. Tsuna s'en rendit compte et fronça les sourcils, confus.
-Que se passe-t-il ? Ais-je dit un erreur, Asari ?
-Ah non, se reprit l'adulte, avant de sourire doucement. Tu es plutôt intelligent pour quelqu'un de ton âge...
Une légère couleur rosée apparut sur les pommettes de Tsuna, attendrissant encore plus Asari, avant de disparaître instantanément. Asari se rendit compte que le coin des lèvres du plus jeune s'étaient légèrement relevé comme pour une grimace.
-Ne dîtes pas cela, Asari. Je n'ai rien fait d'exceptionnel pour me qualifier de tel. Et même si cela était le cas, je le dois à mes lectures et mes études. De plus, j'ai encore du chemin à faire vu que qu'il existe encore des mots que je ne sais pas lire...
-Mais, il est toujours plus compliqué de tout comprendre d'une langue qui n'est pas la nôtre.
-Que voulez-vous dire ? tiqua Tsuna.
-Ta langue maternelle n'est-elle pas le japonais ?
Pour la deuxième fois, Asari eut l'opportunité de voir la mine surprise de Tsuna. Celui-ci gardait constamment une façade calme et composée. Mais à cet instant, Asari pouvait sentir malgré son étonnement, que Tsuna était plus détendu et laissait transparaître des émotions franches. Le jeune se remit de sa surprise pour grogner.
-Je suppose que c'est mon prénom qui vous l'a fait comprendre ?
-Non... répondit lentement Asari. Mais je dois avouer que j'aurais dû m'en rendre compte. Le nom « Tsuna » ne doit pas être courant en Italie... Non je m'en suis aperçu quand tu as décerné un titre honorifique à Giotto.
Tsuna cligna des yeux essayant de s'en rappeler avant de se rendre compte de son lapsus. Il grogna avant de passer une main sur son visage. Il avait été tellement surpris par la demande de Giotto qu'il n'avait pas réalisé son erreur !
-A ce que je comprend, tu ne t'en aies pas rendu compte, rit doucement Asari. Pourquoi voudrais tu cacher ta langue maternelle ?
-Je ne veux pas spécialement la cacher, avoua Tsuna. Mais j'ai déjà appris l'italien depuis deux ans. Je devrais être capable de ne plus me laisser surprendre à parler japonais. Mon grand-père et tous ceux qui l'entourent, ceux qui m'ont sauvé, parlent les deux langues et m'ont appris. La moindre chose que je puisse faire est de savoir bien parler italien et ce, sans hésiter.
-Je vois. Je comprend très bien ce que tu ressens. Quand je suis arrivé moi-même en Italie, pour rejoindre Giotto depuis le Japon, j'ai eu beaucoup de difficulté à m'acclimater à la langue italienne. Les consonances sont tellement différentes. L'écriture et la lecture ont été deux obstacles pendant très longtemps. Heureusement mes amis ont été là pour m'aider. Je ne sais pas si j'aurais réussi à y arriver sans leur soutien. Parfois, cependant, je fais encore des erreurs et je possède toujours un accent qui me rappelle mes origines. Aussi je trouve qu'il est déjà impressionnant que tu parles italien aussi bien, malgré ton léger accent. Il faut bien plus que deux années pour être aussi fluide dans une langue étrangère. Tu es dur avec toi-même.
Tsuna haussa les épaules, n'ajoutant rien de plus. Asari voulut s'arrêter là mais la curiosité prit le pas sur la prudence.
-Si tu possèdes des origines nippones, lequel de tes parents est italien ?
Les jointures des mains de Tsuna devinrent blanches sous la pression des poings. Asari se retint de mordre ses lèvres devant la détresse évidente du plus jeune. Il s'apprêta à retirer sa question quand Tsuna soupira, relâchant difficilement la tension de ses muscles.
-Mon père avait des parents italiens si c'est là votre question.
Asari comprit alors les raisons du comportement tendu de Tsuna et se fustigea de tous les noms possibles qu'il connaissait et qu'il n'osait, en grande partie, pas dire à voix haute. Il s'exhorta à trouver un autre sujet de conversation. Il jeta un coup d'œil aux titres des livres que Tsuna avait sélectionné, traitant de la géographie, du système politique ainsi que les lois en général dans les différentes régions de l'Italie du Nord.
-Tu t'intéresses à des sujets peu communs, dit-il en désignant les livres.
Tsuna leva un sourcil au changement de sujet, mais un petit sourire reconnaissant avait étiré ses lèvres.
-Il me semble important de connaître son pays dans le moindre de ses aspects avant de dire que nous l'aimons. De plus, il serait dommage de ne pas profiter de la documentation que vous possédez.
-Giotto pense la même chose, sourit tendrement Asari. C'est pour cette raison qu'il a rassemblé autant de savoir dans cette pièce.
Sur cette note confortable, les deux passèrent leur temps dans la bibliothèque, reprenant leur occupations. Parfois ils lisaient (après qu'Asari ait fini sa part de travail), interrompu de temps à autre par Tsuna qui demandait de l'aide sur la prononciation, parfois, ils essayaient de mieux se connaître. Asari se relaxa plus encore qu'il ne l'avait déjà fait en présence de Tsuna, appréciant l'ouverture d'esprit et la gentillesse de Tsuna, lui rappelant beaucoup celle de son ami blond. Tsuna, de son côté, malgré qu'il savait qu'il ne resterait pas dans cette époque, ne pouvait s'empêcher d'apprécier à son tour, la bonne humeur et la franchise d'Asari, très semblable à celle de Takeshi.
Alors qu'ils lisaient leur livre respectif, profitant d'un agréable instant de calme, Tsuna sentit brusquement une présence pénétrer silencieusement dans la pièce. Il n'eut pas besoin de lever les yeux, son corps se tendit en reconnaissant la flamme du porteur, et ses doigts se crispèrent sur le livre qu'il tenait. Sa mâchoire se contracta, faisant apparaître une grimace. Il soupira discrètement, essayant de paraître neutre tandis qu'Asari, qui avait remarqué la tension du plus jeune avait levé les yeux vers le nouveau venu.
-Deamon, salua-t-il avec un grand sourire. Je ne t'ai pas entendu entrer...
-Nufufufu, je n'ai pas utilisé la porte si c'est ce que tu insinues.
-Je vois... Que nous vaut le plaisir de cette visite ? Je sais que tu ne viens que très rarement ici.
-Le dîner va bientôt être servi. Giotto m'a envoyé vous chercher.
Asari tiqua, avant que ses sourcils ne se froncent légèrement, lançant inconsciemment un regard scrutateur vers Daemon. Jamais celui-ci n'aurait accepté d'aller chercher des retardataires pour un simple dîner. Inutile de dire qu'ils avaient des des domestiques pour cela. De plus, Deamon était bien trop fier. Un léger regard vers Tsuna, lui fit comprendre que cela avait un rapport avec leur invité, quand ce dernier ne lâchait pas des yeux le gardien du Brouillard, une lueur défiante dans le regard. Il leva un sourcil, curieux, mais ne dit rien. A la place, il répondit au possesseur de la flamme du Brouillard.
-Merci de nous avoir prévenu, Deamon. Je suis désolé de notre retard, nous ne sommes pas rendus compte du temps qui passait.
-Ce n'est pas moi que cela dérange le plus, ricana Deamon, sans toutefois lâcher son regard de Tsuna. Mais notre cher policier risque de perdre patience.
-Haha, je crains que tu n'aies raison, rit nerveusement Asari. Nous arrivons.
Sur ces mots, il ferma son livre prenant soin de noter la page où il était rendu et se leva. Ce ne fut qu'au moment où il atteignit la porte qu'il se rendit compte que ni Tsuna, ni Deamon n'avaient bougé.
-Tsuna-kun ? interrogea-t-il, mais ce fut Deamon qui répondit.
-Pourrais-tu nous laisser seuls ? J'aimerai parler au gamin.
-Deamon, je n suis pas certain que ce soit...
-Ne vous inquiétez pas, Asari, rassura Tsuna en gardant le même air prudent sur Deamon. Je souhaite savoir ce que le signore Deamon me veut.
Asari hésita avant de jeter un coup d'œil à son homologue. Il ne vit aucune mauvaise intention dans son regard, juste une légère curiosité. Reconnaissant que le garçon ne craignait rien, si ce n'était que d'être seul avec Deamon -ce qui était déjà en soi une certaine menace- mais ayant foi en son ami, il hocha la tête et laissa les deux seuls. Deamon se retourna pour fermer la porte à clé, le claquement résonnant en un bruit sourd dans la pièce normalement calme. Tsuna le laissa faire, mais ses yeux s'étrécirent.
Ce n'était pas que Tsuna avait peur de Deamon. Il avait une totale confiance en son ancêtre et celui-ci avait choisi l'ancien aristocrate pour une bonne raison. De plus, de par ce qu'il avait appris dans les recueils de son époque, Deamon avait toujours été loyal aux Vongola, au point de ne pas suivre le Primo dans sa retraire au Japon, comme les autres gardiens et de servir la seconde génération sous Riccardo di Vongola. Mais Tsuna n'était pas stupide ou naïf pour penser que Deamon ne lui voulait aucun mal. Deamon était un illusionniste, peut-être plus fort que Mukuro. De plus comme pour son apparence, Deamon avait les mêmes méthodes, certes parfois nécessaires, mais cruelles pour obtenir ce qu'il voulait. Et si Deamon était loyal aux Vongola, cette loyauté ne s'étendait pas à Tsuna, aussi s'il décidait que le jeune héritier était une menace pour sa famiglia, il n'hésiterait pas à user des pires subterfuges pour soustraire des informations de son esprit.
-Peut-être te sens-tu oppressé par le fait que je nous ai enfermé, gamin ? ricana Deamon en reconnaissant l'ombre dans le regard chocolat du plus jeune.
-Vous voudriez. Et je vous prie de ne pas m'appeler comme ça, répondit sèchement Tsuna. Que voulez-vous ?
-Justes quelques réponses à quelques questions... haussa les épaules Deamon.
-Posez-les en ce cas.
-Je suis certain que tu sais de quoi je parle, gamin, sourit Deamon.
Les yeux de Tsuna s'étrécirent de nouveau à l'appellation mais ce fut la seule réaction que Deamon perçut. Puis Tsuna se redressa légèrement sur le fauteuil, croisa les jambes d'une manière presque nonchalante mais Deamon ne put s'empêcher de se demander si le moindre mouvement n'était pas calculé, et de son regard perçant croisa celui du gardien qui ressentit instantanément une sensation désagréable secouer son être, ses yeux s'arrondissant légèrement. Il pouvait ressentir de la puissance au sein de cet enfant. Ses yeux le jugeaient, comme pour savoir si Deamon était digne de son attention, sa présence était plus que présente, englobant la pièce, piégeant Deamon qui était dérangé par le fait qu'un être qui avait l'apparence d'un enfant le bouleverse. Il le sut instantanément. Deamon ne devait pas sous-estimer Tsuna.
-Éclairez-moi, Deamon, déclara Tsuna, d'un ton calme, peu affecté par l'inquiétude du gardien.
Tsuna savait qu'il jouait un jeu dangereux, mais il savait aussi que Deamon, tout comme Mukuro, respectait la puissance et la détermination de ceux qu'il croisait. Ils avaient beau préféré leur liberté de mouvement, ils étaient tous deux attirés par les personnalités avec de forts charismes que ce soit Giotto et Alaude pour Deamon ou Tsuna et Hibari pour Mukuro. Aussi Tsuna espérait qu'en ne se laissait pas faire par le manège de Deamon, il pourrait avoir le dessus ne serait-ce qu'un instant sur lui. Et quoi de mieux que de commencer par l'impressionner dès le début. Et ce même si Tsuna devait révéler sa facette de boss. Qui plus est, Tsuna, à l'instar de Deamon pouvait attendre un autre moment pour une conversation. Ce qui n'était apparemment pas le cas du gardien, vu qu'il le retenait.
Le gardien resta silencieux quelques secondes. Puis il se dirigea vers les rayons de la bibliothèque avec nonchalance sans quitter le champ de vision du plus jeune. Ce dernier ne bougea pas, ne questionnant même pas en son for intérieur les raisons d'un tel mouvement. Il avait après tout vu le mouvement crispé des doigts de Deamon en réponse à son changement de comportement. De toutes évidence, celui-ci avait voulu faire apparaître son arme, mais s'était ravisé. Tsuna pouvait voir le gardien passer son doigt sur les tranches des livres comme s'il les lisait mais son regard était légèrement perdu, tandis que son autre main était agrippé à son costume., montrant sa nervosité. Tsuna le regarda du coin de l'œil, silencieux, attendant que Deamon fasse le premier pas au bout de quelques minutes, Deamon poussa un léger soupir avant de se tourner vers Tsuna, qui, au son, avait légèrement tourner la tête vers lui, et lui adressa un sourire narquois.
-Tu es malin pour quelqu'un de ton âge.
Un léger tressautement sur le coin des lèvres de Tsuna montra son irritation.
-Serais-tu agacé que nous rappelions ton âge, ragazzo ? ricana Deamon.
-Pour être honnête, oui, admit Tsuna d'une voix forte, arrêtant l'amusement du gardien. Mon âge ne définit pas ce que je suis.
-Je vois... accepte mes excuses en ce cas. Je ne voulais pas t'offenser... Tsuna, c'est ça ?
Tsuna haussa un sourcil devant cette excuse sincère avant de hocher la tête. Deamon continua.
-Je ne doute pas que les autres t'aient déjà posé des questions, mais j'ai besoin que certaines choses soient éclairées.
-Je ne dis pas que j'y répondrais, mais j'accepte de vous écouter, signore Deamon.
-Pourquoi cette colère envers moi ? Je sais que tu n'aimes pas être retenu, cela se voit dans ton regard, mais pour quelle raison cette colère m'est-elle spécifiquement destinée ?
-Oh, vous avez remarqué ? demanda Tsuna d'une voix lente mais froide. Pour répondre à votre question, je n'ai rien contre vous personnellement. Ce que j'abhorre ce sont vos méthodes, signore Deamon.
-Si je peux me permettre, tu n'es pas en notre compagnie depuis assez longtemps pour connaître mes méthodes.
-Vous n'aimez pas vous mettre en avant. Vous êtes prêt à tout pour obtenir les informations que vous voulez cependant vous préférez les obtenir dans l'ombre en toute discrétion... ou sous couvert d'illusions.
-Que... réussit à dire Deamon, étonné.
-Croyez-vous vraiment que je n'ai rien ressenti ? Lors de notre première rencontre, à l'infirmerie, vous étiez invisible, caché sous une illusion et où vous vouliez voire toutes mes réactions, espérant que je baisse ma garde. Mais si ce n'était que ça, je ne serai qu'ennuyé par votre façon de faire...
-Voudrais-tu me dire qu'il y une autre raison ?
-Exactement. Pour être franc, je vous considère comme un des responsables de la mort de cet homme, hier soir.
-Je te demande pardon ? s'étonna Deamon, avant de froncer les sourcils, une aura menaçant autour de lui. Dois-je te rafraîchir la mémoire, ragazzo ? Il s'est immolé. Il s'est donné lui-même la mort, je ne suis en aucun cas responsable. Et même si cela était le cas, cet homme était un espion. Il menaçait les Vongola.
-Le groupe de cet homme possède deux mottos : l'anonymat et la discrétion. Si ce ne serait-ce qu'un de ses deux aspects est compromis, leur mission est un échec et, selon la gravité de la situation, doivent mourir. C'est leur façon de penser. Hier soir, l'espion n'a pas réussi à être discret, ayant été surpris tour à tour, par vous, les gardiens des Vongola, puis par moi. Mais vu que personne n'a été en mesure de découvrir son identité, sa mort n'était pas nécessaire. Il aurait pu continuer à faire d'autre mission sous couverture pour le compte de son groupe... cependant son identité a failli être compromise et s'il ne s'était pas immolé, elle aurait été révélée à tous et avec elle toutes celles des membres de son groupe.
-L'illusion que j'ai placé sur lui pour le forcer à enlever de lui-même son masque... comprit Deamon.
-Oui. L'espion n'a pas enlevé son masque malgré la douleur de l'illusion. Si les Vongola allaient aussi loin pour découvrir son visage alors il ne lui restait qu'une solution.
-L'immolation. Afin de détruire toute preuve ou toute particularité physique, continua une nouvelle fois Deamon. Au vu de la vitesse de la propagation et du fait qu'il ne reste absolument rien, je suppose qu'il avait enduit préalablement ses vêtements d'une substance inflammable. C'était bien pensé.
-C'est une de leur sécurité avant de partir en mission. Ils sont prêts à tous pour cacher leur identité.
-Je vois, mais cela ne réponds pas au fait que tu m'en veuilles... Ah je comprend... Si je n'avais pas essayer de découvrir son visage, il ne serait pas donné la mort, est-ce bien là où tu veux en venir ?
-En partie. Je ne peux pas vous en vouloir pour avoir fait le nécessaire pour en apprendre sur les... « ennemis » des Vongola. Cet homme essayait de vous voler, vous espionner, aussi vous vouliez protéger votre famiglia. Je peux le comprendre. Ce que je n'ai que peu apprécié, par contre, c'est la façon dont vous vous y êtes pris.
Au sourcil relevé de Deamon, Tsuna continua.
-Vous auriez pu essayer de démasquer l'espion. Le forcer à se révéler lui-même par la souffrance que vous avez causé peut-être une tactique bien pensée, mais pour ma part, je n'y ai vu que de la cruauté pure et simple. Sans compter que j'avais déjà neutralisé cet homme.
Deamon dévisagea l'enfant avant de comprendre.
-En fin de compte, tu ne me reproches pas la mort de cet homme, mais plutôt la façon dont je me sers de mes pouvoirs ?
-Les illusions sont produites pour tromper les sens de ses adversaires. Il serait inconcevable de ma part de changer cet état de fait ou de changer ce que vous êtes. Mais au moins vous êtes prévenus : je n'aime pas vos méthodes.
Sans un mot et jugeant que la conversation était terminée, Tsuna se leva et s'apprêta à sortir de la salle.
-Tu es bien au fait de mes pouvoirs, mon cher Tsuna.
-Que voulez-vous dire ?
-Tu appelles mes pouvoirs « illusions », et si c'est le terme exact , peu de personnes l'utilise. En fin de compte, seuls les plus grands maîtres de cet art parlent d'illusion, qui, comme tu l'as si bien décrit, permettent de tromper les sens d'autrui. Pour le reste, il s'agit de magie ou de pouvoirs... dirons-nous... démoniaques.
Tsuna se retint de se mordre la langue. Il n'avait pas prévu le fait que le terme pour les illusionnistes et ce qu'ils créaient puissent être différents en fonction des époques. Mais à présent qu'il y réfléchissait, il ne pouvait être que logique que plusieurs appellations se soient succédées avec le temps. Maintenant il devait réfléchir à une excuse pour expliquer sa connaissance.
-Votre réputation vous précède, informa Tsuna avec une voix qu'il espérait calme. J'ai maintes fois entendu des personnes parler de vos capacités d'illusionniste.
-Est-ce que le nom d'une de ces personnes était Mukuro ?
La réaction de Tsuna fut instantané. Ne s'attendant pas à entendre le nom d'un de ses gardiens, il se retourna précipitamment vers Deamon, une stupéfaction non feinte dans ses yeux, tandis que sa bouche s'était ouverte en une question muette. Deamon eut un petit ricanement alors que ses lèvres s'étiraient en un sourire de victoire.
-Oya, oya... Il semblerait que ma supposition soit la bonne...
-Comment connaissez-vous ce nom ? demanda d'une voix sourde, se remettant de sa surprise et en plissant les yeux.
Le ricanement de Deamon mourut en entendant la menace dans la voix de Tsuna, mais l'illusionniste ne se démonta pas.
-Que dis-tu d'un petit échange, jeune homme ? Tu me dis qui est ce Mukuro pour toi et je te dis de qui je l'ai entendu. En somme, un petit échange d'information qui assouvira notre curiosité à tous deux.
Tsuna se retint de se mordre les lèvres. D'un côté savoir d'où venait cette connaissance ne lui apporterai rien de plus. Il ne pouvait pas quitter les Vongola comme ça. Si jamais Mukuro avait été capturé ou pire, il ne serait pas en mesure de l'aider sans anneau ni boite. De plus, parler d'un de ses amis à un quelconque membre de la première génération pouvait se révéler dangereux, plus particulièrement si ce membre était Deamon, connu pour ne jamais avoir laissé échapper une « proie ». Mais d'un autre côté, il ne pouvait pas croire que Mukuro se soit fait capturé. Il était un des illusionnistes les plus puissants, en dehors de Deamon, que Tsuna connaissait, il ne se laisserait pas avoir, sans faire de gros dommages à son adversaire que ce soit les Vongola ou les Verredicci. Si les Vongola connaissaient son nom par un des Verredicci, il devait très certainement s'agir d'un espion et Tsuna pourrait éveiller la suspicion de la première génération sur l'individu ou s'en méfier pour lui-même. Enfin, ce n'était pas comme si Deamon et Alaude pouvaient retrouver la trace de son gardien du Brouillard, celui-ci ne figurant sans aucune archive ou papier officiel ou rapport. Certes, ce point éveillerait la méfiance des Vongola, mais c'était un moindre mal. Il n'était plus à ça près...
-Très bien. Je vous dirai qui est Mukuro si vous me dîtes comment vous connaissez son nom.
Les yeux bleus de Deamon brillèrent de contentement avant de faire un signe signalant au plus jeune de commencer. Mais Tsuna eut un petit sourire.
-Je vous en prie commencez. Je vous promets de remplir ma part du marché.
Deamon avait beau de ne pas avoir l'Hypr-Intuition de Giotto, il sut néanmoins que l'enfant était honnête et ne soustrairait pas à sa parole, peu importe ce qu'il révélera. Il haussa les épaules.
-Très bien. C'est toi qui m'a révélé ce nom.
Tsuna ouvrit des yeux étonnés avant de les plisser.
-C'est impossible. Je m'en serai souvenu, dit-il d'une voix peu convaincue, tandis que son Hyper-Intuition lui confirma la vérité des propos de Deamon.
-Tu as évoqué ce nom lors de notre première rencontre dans la forêt.
Tsuna essaya de se souvenir avant de se rappeler. Il rougit légèrement de gêne au souvenir de Deamon qui le sauvait des eaux tumultueuses. Il se souvenait de l'amalgame dont il avait été le sujet, confondant Deamon et Mukuro. Sûrement dans sa fatigue et son soulagement d'avoir vu son ami sain et sauf, avait-il prononcé à voix haute, le faisant entendre à Deamon.
-Je vois... En avez-vous parlé aux autres gardiens ?
-Oui, mentit Deamon.
Tsuna fronça les sourcils, avant de hausser les épaules. Il se doutait que le gardien du Brouillard voulait étudier sa réaction en lui faisant croire que Giotto et les autres étaient au courant. Il ne savait pas pourquoi Deamon ne leur avait rien dit, mais pour être honnête avec lui-même, peu lui importait que Deamon les en informe. Ils ne trouveraient pas plus d'informations sur lui ou les autres que Tsuna voudrait bien leur donner.
Deamon le regarda, attendant silencieusement la réponse à sa propre question.
-Mukuro est un ami. Il fait partie de ceux qui m'ont aidé à me remettre de mon supplice. Il est une personne très chère à mes yeux. C'est pour cela que si jamais vous le menacez de quelques façon que ce soit vous me trouverez sur mon chemin.
-C'est tout ce que tu peux me dire sur lui ? s'étonna Deamon qui s'attendait à en apprendre plus. Même pas un nom de famille ?
-Vous m'avez demandé qui il était pour moi. Je vous ai répondu. Mukuro est Mukuro. Son nom de famille m'importe peu.
Deamon grimaça légèrement. Alors que Tsuna ouvrait et passait la porte, une pensée traversa son esprit. Il emboîta le pas à l'enfant.
-Je suppose que ce Mukuro est aussi un illusionniste, s'il est celui qui t'a parlé de moi...
Le jeune ne réagit pas mais son pas ralentit quelque peu avant de reprendre son allure initiale. Deamon eut un petit sourire satisfait.
-Je vais prendre cela pour un oui...
Giotto regarda ses gardiens un par un, chacun debout devant son bureau.
-Sommes-nous tous d'accord ? Demain, nous ferons en sorte d'inciter Tsuna à se dévoiler. Il sera très certainement prudent aussi nous devrions user de subtilité, compris ?
Ses gardiens acquiescèrent tandis que G restait immobile à ses côtés, les yeux fermés. Giotto remarqua cependant le manque d'entrain de son gardien de la Pluie.
-Asari ?
Ce dernier ne réagit pas, malgré les regards de ses homologues, gardant le sien pensif et empreint de culpabilité tourné vers le sol. Enfin, au bout de plusieurs secondes, Asari parla enfin, sans détourner les yeux de sa contemplation.
-Cela est-il vraiment nécessaire, Giotto ?
Ses compagnons le regardèrent, abasourdis, tandis que Giotto considéra calmement son ami japonais.
-Que veux-tu dire, Asari ? questionna-t-il d'une voix douce.
-Tsuna est certes un enfant suspicieux et très mystérieux, mais ce n'est qu'un enfant. J'ai pu passé quelques heures en sa compagnie. Il est très intelligent, curieux, respectueux, poli et quand nous n'essayons pas de lui extorquer des informations personnelles, il peut être chaleureux. Je ne sais pas s'il fait partie de la mafia... Mais je ne pense qu'il est du sang sur les mains. Alors pourquoi devons-nous essayer de tout savoir sur lui ? A essayer de faire en sorte qu'il se trahisse, j'ai peur que nous perdions la confiance qu'il nous ait accordé. Pour quelles raisons ne sommes-nous pas plus direct avec lui ? Il mérite notre honnêteté.
-Qu'est-ce que tu racontes, Asari ? s'insurgea G, plus surpris qu'autre chose. Tu étais d'accord pour piéger ce gamin l'autre soir ! Il est peut-être un espion qui...
-Nous n'en savons rien, répliqua calmement Asari. Giotto n'a-t-il pas dit que nous devrions attendre d'avoir des preuves concrètes de son affiliation avec elle pour en conclure cela ? Il ne nous dit en effet pas toute la vérité...
-Plutôt rien du tout, oui... grommela G.
-Mais nous ne lui disons pas tout non plus, continua Asari sans se soucier de la remarque de son ami. Je ne possède pas l'Hyper-Intuition, aussi je ne peux être certain à tout prix, comme tu pourrais l'affirmer Giotto, mais je mettrai ma main à couper que Tsuna a été honnête durant notre conversation cet après-midi. De plus, il m'a volontiers donné des précisions à son sujet...
-Quelles genres d'informations ? intervint Alaude.
Asari regarda le gardien du Nuage, hésitant.
-Serais-tu réellement curieux ? Tu devrais déjà tout savoir avec ton réseau d'information...
Alaude croisa les bras devant son torse et darda un regard menaçant au japonais. Giotto, lui, sentit la tension dans la posture du français.
-Alaude, qu'as-tu trouvé sur l'enfant ?
Le blond platine resta silencieux un moment avant d'avouer, une note frustrée dans sa voix.
-Rien.
-Comment ça ? n'en crut pas ses oreilles G, se retrouvant à son tour sous le regard dangereux du policier français.
-J'ai dit : rien. Il n'y a aucun certificat de naissance, aucun papier d'un enfant d'une dizaine d'année, se prénommant Tsuna. Le fait que je n'ai même pas de nom de famille ne me facilite pas la tâche. Mais personne ne se prénomme ainsi en Italie.
-As-tu regardé parmi les personnes venant du Japon ? demanda Giotto.
Alaude fusilla du regard l'autre blond. Ce dernier leva les mains en signe d'apaisement.
-Je sais que tu fais ton travail correctement Alaude. Pardonne-moi pour ce doute.
-Mais si le gamin n'est ni connu au sein du pays, ni connu parmi les services de transports maritimes, alors soit il nous a menti et Tsuna n'est pas son nom...
-Giotto l'aurait senti si l'enfant mentait, intervint Knuckle. Donc il doit s'agir de son véritable prénom.
-Si je peux me permettre, sourit Deamon, L'enfant n'a jamais dit s'appeler Tsuna mais que des personnes l'appelait ainsi.
Il y eut un moment de silence avant que G ne jure entre ses dents.
-Bordel !... Vous avez raison ! Mais alors...
-Qu'est-ce que ça peut faire ? haussa les épaules Lambo. Moi aussi parfois je me présente comme ça...
-Ce n'est pas le plus troublant justement Lambo... souffla Knuckle.
-En utilisant une forme aussi familière, cet enfant a réussi à semer le doute concernant la véracité de son propre prénom, le tout sans que Giotto ne soupçonne quoi que ce soit. Il se peut qu'il se nomme ainsi, déclara Daemon, mais le plus troublant serait de savoir si Tsuna était au courant ou non de l'Hyper-Intuition de Giotto...
-Si l'enfant herbivore savait, alors il a pu orienté toutes ses réponses dans le seul but de ne pas attirer notre attention, ou plus particulièrement l'attention de l'omnivore.
-Dans ce cas, n'aurait-il pas été plus simple de nous donner son véritable nom ? s'écria Lampo
-Sauf s'il existe des traces de son implication dans la mafia ou quelques affaires douteuses, soupira Knuckle, qui commençait à réaliser l'épaississement des mystères autour de l'enfant qu'il comptait protéger. Le fait qu'il ne nous ait pas donné son vrai nom est en quelque sorte une preuve qu'il cache quelque chose.
-Cela ne veut pas forcément dire qu'il s'agit quelque chose concernant la mafia, rétorqua avec douceur Asari. Tsuna ou peu importe son nom, est quelqu'un de gentil, d'ouvert d'esprit et d'intéressé. Comme je l'ai dit, il est possible qu'il ne soit pas tout à fait honnête avec nous, mais nous ne sommes pas meilleurs non plus.
-Asari, qu'as-tu appris de plus sur lui ? Qu'as-tu appris pour le défendre aussi ardemment ? demanda d'une voix calme Giotto.
Asari soupira, avant de parler.
-Plus que les informations qu'il a accepté de me donner, c'est surtout la façon dont il me les a donné. Sûrement parce que nous étions seuls, et que nous étions pas plusieurs contre lui, à lui poser des question, Tsuna était plus détendu et laissait plus facilement ses émotions s'exprimer. Un espion ou quiconque d'une famiglia ennemie n'aurait pas été aussi détendu, en présence d'un des gardiens Vongola. Mais en ce qui concerne les informations qu'il a donné, il semble avoir un peu de mal avec la langue italienne, malgré qu'il soit très intelligent. Il a quelque peu hésité à venir me demander de l'aide pour une prononciation d'un mot assez compliqué pour son âge. Aussi, je ne pense pas m'avancer de trop en pensant que Tsuna a sûrement été habitué à ne pas montrer sa faiblesse ou une quelconque hésitation. Peut-être à cause de son séjour chez la famiglia qui l'a torturé ou autre chose. Il est modeste, il m'a déjà dit que ce qu'il connaissait n'était pas exceptionnel. Peut-être était-ce de la fausse modestie, mais je suis à peu près certain qu'il était véritablement embarrassé que je le complimente. Il semble que le respect qu'il te porte Giotto, s'étend également à tes gardiens...
Daemon tiqua, mais ne commenta pas. Il ignora promptement Alaude et Giotto qui avait aperçu son mouvement, qui ne dirent rien. Pour l'instant.
-Quand il m'a parlé du fait qu'il se sentait mal de ne pas connaître tous les mots en italien, j'ai réussi à lui avouer qu'il est japonais. Mais également qu'il est à moitié italien. Et d'après lui, c'est son père qu'il l'est.
-Son père... Celui-là même qui l'a renié ? demanda Giotto.
Asari hocha la tête.
-Donc une mère japonaise et un père italien. Un métissage assez rare, commenta Alaude.
-Surtout quand on sait que le trajet pour y aller au pays est long, coûte beaucoup d'argent, grimaça G. Seuls quelques hommes qui ont les moyens peuvent commander un tel voyage et peu y survivent. Et très peu de femmes japonaises partent du Japon pour aller voir les pays lointains... Avec Giotto, nous y avons fait quelques voyages. D'ailleurs, si on considère le fait que le gamin te ressemble énormément, tu serais le premier sur la liste des pères potentiels...
Giotto soupira avant de se masser les tempes.
-Je pensais que nous avons déjà résolu ce problème. Tsuna ne peut pas être mon enfant : il est trop vieux. Et, de surcroît, jamais je n'ai jamais eu de relation avec une japonaise.
Il se tourna ensuite vers Alaude.
-Pourras-tu chercher d'ici demain si des hommes italiens se sont mariés avec une japonaise ou eut ne serait-ce qu'une relation ?
Alaude eut un reniflement dédaigneux.
-Déjà fait. Seuls quelques hommes ont effectué ce voyage en dehors de vous. Beaucoup sont des marins, mais très peu quittaient les bateaux donc peu d'occasion de voir des femmes. Cinq hommes pourraient donc être le père de ce Tsuna.
Ses collègues le regardèrent à moitié-surpris de voir qu'il avait déjà des résultats malgré le fait qu'il n'avait pas toutes les informations. Cependant, il semblait plus évident pour chacun des gardiens de la première génération que le nom du pré-adolescent serait utilisé par défaut. Et si certains étaient réservés quant à son authenticité, la plupart préféraient ignorer que l'enfant leur ai possiblement menti.
-Très bien, accepta Giotto. Que peux-tu nous dire sur eux ?
-Parmi eux, deux sont des marchands de moyenne renommée, et si l'un d'eux est assez connu pour fréquenter les tavernes et les filles faciles, tous deux ont été les hôtes de marchands japonais respectables. Un troisième est un reporter italien qui voulait écrire une rubrique sur les us et coutumes asiatiques.
-A t'entendre tu n'as pas l'air convaincu...
-Je n'ai aucune preuve sur une relation quelconque, aussi elle me semble très peu probable. En revanche les deux autres... L'un s'appelle Rosario Donnaiolo. Un marchand célibataire de 35 ans, qui y a étudié là-bas les décorations de céramiques japonaise. Sa réputation de charmeur impénitent n'est plus à démontrer.
Tous sentirent la désapprobation dans la voix du policier et tous surent que si jamais Alaude venait à se retrouver face à l'homme, il lui inculquerait la bonne conduite à tenir.
-Le deuxième homme est plus intéressant, avoua Alaude. Leonte Camel est un homme d'affaire plutôt riche, personnalité plutôt discrète venant de Venise, il a effectué plusieurs voyages en Asie, particulièrement au Japon, pour entretenir des relations commerciales. Homme d'une quarantaine d'année. Il a l'air intéressé par la culture et leur mythe. Il est relativement connu auprès des commerçants, mais également auprès des geisha. On le dit particulièrement proche de l'une d'elle qui se trouve être la dirigeante de l'oshaya qu'il fréquente au moins une dizaine de fois durant ses séjours...
-Autant ? s'étonna Asari.
-Penses-tu que cet homme pourrait être le père de Tsuna ?
-Il y a en tout cas plus de chance que Rosario Donnaiolo. Celui-ci fréquente très souvent les bars et les femmes, mais il n'aurait aucune raison de renier un enfant. Si je devrais rechercher plus profondément, je serais presque certain de trouver plusieurs de ses bâtards. En revanche, Leonte Camel, lui, est marié à Flora Battaggia, venant d'une famille de tisserand de Venise.
-Autrement dit pour éviter que sa femme apprenne que son époux aurait eu une enfant avec une autre femme, il l'aurait probablement renié cet enfant. Il serait donc possible qu'il soit le père de Tsuna, réfléchit G.
-Rien n'est moins sûr, conclut Giotto à qui ces explications ne convainquait pas.
-Ce ne sont que des suppositions, avoua Alaude, mais c'est une piste à explorer. C'est le seul homme qui pourrait avoir un enfant japonais. A moins...
-A moins... ?
-A moins que l'enfant soit un clandestin ou que sa mère l'ait été.
-Je le pensais également, grommela G. Sans papier, sans identité certaine, peut-être que ce gamin ou que sa mère soit arrivé clandestinement en Italie. Et le fait de savoir que son père ait renié peut très bien venir du fait que son père n'ait jamais su qu'il avait un enfant, ou que Tsuna ne le connaisse pas.
-Je n'en suis pas sûr, murmura Asari. Quand nous l'avons interrogé la première fois, Tsuna avait l'air d'être triste en disant qu'il avait été renié. Et au contraire, on aurait dit que l'enfant avait considéré l'homme comme son père avant d'avoir été rejeté.
-Je rejoins Asari sur ce point, intervint Giotto. J'ai pu voir dans ces yeux que Tsuna était triste mais aussi en colère. Il semble en vouloir à son père de son abandon, c'est indéniable.
-Nufufufu, cela est bien utile de débattre sur des sujets dont nous savons rien, mais pourrions-nous revenir au point qui nous intéresse ? ricana Deamon.
-C'est vrai, acquiesça Giotto. Qu'as-tu appris de plus, Asari ?
-Pas grand-chose... Ah si. Nous avions raison sur un point : Tsuna n'est pas seul. D'après lui il connaît des personnes qui connaissent le japonais. Ce serait eux qui lui aurait appris l'italien.
-Qu'as-tu appris de plus sur ses compagnons ? demanda Deamon, très intéressé.
-Rien d'autre, avoua Asari en grimaçant.
-Oya, oya, il semblerait que j'ai une avance sur vous tous alors...
Tous le considérèrent avec surprise avant qu'Asari ne s'exclame.
-Il est vrai que tu as parlé avec Tsuna avant le dîner...
-Eh bien ? demanda G, irrité, qu'est-ce que tu as à nous dire de plus ?!
-Nufufu, tu devrais savoir qu'il ne vaut mieux pas me parler sur ce ton, mon cher G, déclara l'illusionniste d'un ton doucereux. Je ne suis pas un de tes laquais.
-Veuillez me pardonner Votre Seigneurie, répliqua le gardien de la Tempête avec un sarcasme qui ne plut pas du tout à Deamon.
-Il suffit, vous deux, intervint Giotto en haussant la voix. Deamon, pourquoi t'être confronté directement à Tsuna ? Je sais que tu préfères les approches plus... discrètes.
A cette remarque, le sourire de Deamon s'effaça quelque peu.
-Le gam... Tsuna me regardait d'une manière très antipathique... comme je n'arrivais pas à savoir pourquoi, je suis allé lui poser la question directement. Et j'en ai également profité pour lui demander une information.
-Je vois, accepta Giotto en ne faisant pas remarquer, qu'il ne s'agissait que d'une demi-réponse ni également comment Deamon s'était rattrapé pour appeler Tsuna par son prénom.
Il sentait qu'il qu'il y avait là quelque chose de plus profond, mais ne demanda rien de plus à ce sujet.
-Et qu'as-tu donc découvert de plus sur Tsuna ?
-Plus que sur lui, il s'agirait plutôt d'un de ses compagnons. Un dénommé Mukuro.
Un mouvement collectif de surprise étira encore plus le sourire supérieur que leur lançait Deamon. G s'était soudainement redressé la bouche ouverte en un cri silencieux. Lampo dont la tête n'était suspendu au dessus de la table que par sa main, avait perdu son perdu son support et son menton avait douloureusement salué la table. Knuckle et Asari regardait bouche bée leur compagnon. Alaude, lui, n'avait que très peu bougé, mais sa tête était complètement tourné vers sa némésis, une lueur suspicieuse et, malgré lui, ébahi. Même Giotto avait levé un sourcil interrogateur.
Car après tout, tous étaient surpris de la même chose.
-Et comment, Deamon, as-tu réussi l'exploit à lui faire dire le nom d'un de ses compagnons ?
Daemon ricana légèrement et déclara le plus simplement au monde.
-Il l'avait murmuré lorsque que je l'avais sorti de l'eau.
-Attends... continua G d'une voix basse. Tu veux dire lorsqu'on l'a trouvé dans la forêt. Tu savais le nom d'un de ses compagnons depuis tout ce temps et tu ne nous a rien dit ?! Alaude aurait pu trouver des infos sur cet homme.
-Avant de vouloir vous dire quoi que ce soit, je voulais être sûr qu'il s'agissait bien d'un de ses amis. De plus, Tsuna était au bord de l'inconscience, il aurait très bien pu parler de quelqu'un d'autre dans une sorte de délire. Mais le fait qu'il était au bord de l'inconscience a permis que lui-même ne se souvenait-il plus de l'avoir prononcé. Tout ce que j'ai eu à faire était de le prononcer pour qu'il réagisse. Je lui ai proposé ensuite un marché. Si je lui disais où j'avais entendu ce nom, il devait me révéler qui il était. Cependant, Tsuna est très retors... Il ne m'a directement révélé que son prénom et le fait qu'il faisait parti de ceux qui l'ont aidé après sa prise d'otage. Il ferait partie également des personnes précieuses à Tsuna : je le cite : « Si vous menacez de quelques manières que ce soit, vous me trouverez sur votre chemin ». Et je dois dire qu'il a été très convaincant...
-Tu parles du fait qu'il t'ai révélé tout ceci directement... Est-ce que cela veut dire que tu as appris autre chose.
-En effet, et cela ne va pas te plaire Giotto, déclara Deamon en perdant son sourire.
-C'est à dire ?
-Tsuna a parlé de mes illusions et de ma réputation d'illusionniste.
-Il a employé ces termes ? voulut s'assurer G.
-Exact. J'en ai déduit que Tsuna avait sûrement été en contact avec un maître illusionniste pour pouvoir parler de mes capacités ainsi, à l'instar des autres personnes, parfois même de certains mafieux... Or une partie de ces personnes, pour ne pas dire la totalité rejoignent les familles mafieuses ou tout du moins y sont-elles approchées... Et je mettrais ma main à couper que ce Mukuro est un illusionniste. Et pas un amateur.
-C'est... ennuyeux, avoua Giotto en plaçant ses mains jointes devant la partie inférieure de son visage.
Deamon hésita puis continua.
-Giotto. Je suis d'accord avec Asari.
Cette fois, Giotto lui jeta un regard éberlué, secondé par G, puis par les autres gardiens.
-Quoi ?
-Vraiment... ? s'étonna Asari, qui parmi tous ses compagnons, Deamon était celui dont il croyait le moins recevoir un quelconque soutien.
-Qu'est-ce qui vous arrive à tous ?! rugit G. Une minute de parlotte avec ce gamin et vous changez tout de suite d'opinion ? C'est quoi votre problème ?!
-Je n'ai pas dit que j'étais contre le plan, grimaça Deamon en jetant un regard méprisant à G. Mais je suis d'accord avec ce qu'il a dit à une certaine limite.
Giotto, regarda son gardien du Brouillard, tandis que Alaude n'avait pas décroché son regard suspicieux de Deamon.
-Explique-toi.
-Nous ne devons rien changer à notre plan pour demain. Je pense personnellement qu'il s'agirait même du meilleur moyen pour en apprendre plus sur le... sur Tsuna. Celui-ci ne veut rien nous dire. Même si nous allons lui demander directement, il ne nous dira rien. Par contre je suis d'accord avec Asari quand il dit que Tsuna mérite notre honnêteté.
Il y eut un silence avant que Deamon ne continua, regardant son boss dans les yeux.
-Tu devrais aller lui parler avant demain.
-Quoi ?! s'écria G, en n'y croyant pas ses oreilles. Et pourquoi pas lui révéler tout notre plan en même temps ? A quoi tu joues Deamon ?!
-Si tu ne joues pas carte sur table avec lui, s'évertua Deamon en ignorant son compagnon de la Tempête, je crains que tu perdes la confiance qu'il te porte. Et ce ne sera pas facile de la regagner...
Giotto déglutit discrètement devant le sérieux de son gardien du Brouillard.
Giotto regarda la porte qui lui faisait face avec un mélange d'incertitude et de gêne. Comment annoncer à un enfant qu'il fera tout ce qui est en son pouvoir pour lui extorquer des informations ? Certes, il faisait cela pour protéger sa famille et ses amis, mais était-ce justifié ? Deamon lui avait dit que Tsuna serait plus compréhensif s'il lui parlait mais cela pourrait-il effectivement le cas ? Personne ne pouvait calmement accepter que quelqu'un cherche à le piéger... Sans compter que si Giotto en révélait de trop, leur plan se révélerait inutile. Mais Asari et Deamon étaient ses gardiens, des personnes à qui Giotto avait accordé sa confiance en même temps que son amitié. Alors si deux deux d'entre ses amis pensaient que Giotto avait tout intérêt à parler à leur invité, il n'en voyait pas l'inconvénient... Malgré l'étrangeté de la situation.
Giotto prit une grande inspiration, puis frappa de légers coups contre la porte en bois. Il eut à peine à finit son geste que la porte s'ouvrit silencieusement. Giotto jeta un regard surpris au visage parfaitement réveillé de Tsuna qui lui accorda un sourire sincère.
-Vous arrivez juste à temps Giotto-san. La tisane allait refroidir.
Sur ces mots, Tsuna ouvrit plus franchement la porte et s'effaça pour laisser entrer le boss éberlué.
-Comment savais-tu que je viendrais ?
Tsuna prit le temps de refermer la porte avant d'inviter Giotto à s'asseoir sur une des fauteuils qui comblaient la chambre et de servir la tisane dans les deux tasses posées sur la table basse. La chambre était à moitié éclairée par un feu de cheminée, diffusant une lumière orangé dans la pièce sombre, tandis que l'autre était illuminée par un rayon de lune, plus clair. Tsuna donna une tasse à Giotto qui l'accepta, encore interdit. Tsuna prit la sienne et en but une gorgée.
-N'était-ce pas évident ? J'ai révélé certains choses sur moi aux signore Asari et Deamon, cet après-midi. J'étais certain qu'ils vous diraient tout. Tout comme j'étais certain que vous viendrez ce soir. J'avais par contre prévu que vous veniez plus tôt. Et non pas plusieurs heures après le coucher du soleil...
Giotto ne sut quoi penser. D'un côté, le raisonnement de Tsuna était logique mais son Hyper-Intuition lui susurrait qu'il y avait une autre explication. D'autre part, l'argument montrait que l'enfant manipulait une fois de plus ce qu'il se passait autour de lui. Avait-il fait exprès de parler et d'éveiller la curiosité de ses gardiens ? Avait-il fait cela dans le but que Giotto vienne lui parler seul ? Était-ce un coup monté afin de le piéger, lui, le boss des Vongola ? Non, c'était impossible. S'il s'agissait véritablement d'un piège, jamais Tsuna ne lui aurait proposé une boisson... A moins que la tisane ne soit empoisonnée ?... Giotto jura mentalement : toutes les tentatives d'assassinat qui avaient été commanditées contre lui, le poussait maintenant à douter non seulement d'un enfant, dont il s'était juré d'attendre des preuves concrètes avant de le juger, mais également de son Hyper-Intuition qui semblait lui crier depuis des jours que Tsuna n'était pas un ennemi, lui causant d'énormes maux de têtes.
-Pardonne-moi pour ça... Je devais m'occuper de...
-Ne vous inquiétez pas. Vous êtes un homme occupé, un boss d'une famiglia. Il est normal que vous n'avez pas autant de temps à accorder.
Giotto regarda sa tasse, hésitant à en boire, doutant encore de l'honnêteté de Tsuna. Puis il leva son regard pour regarder son hôte de la soirée. L'enfant le regardait impassible, mais Giotto avait eu le temps de voir disparaître une expression blessée, presque déçue sur le visage de Tsuna. Puis celui-ci amena la tisane à ses lèvres et en but une longue gorgée. Giotto pouvait voir l'enfant déglutir, anéantissant toute doute sur un possible empoissonnement. Tsuna soupira d'aise.
-J'ai appris à aimer le café depuis que je suis en Italie, mais sincèrement j'ai toujours préféré une bonne tisane avant d'aller me coucher. Cela apaise mes sens et me permet de mieux me reposer.
Giotto ne laissa rien paraître de sa gêne pour ses doutes et amena la tasse à ses lèvres à son tour. Il en but une gorgée et ne put qu'apprécier la chaleur de la boisson qu'il sentait parcourir son corps. Le goût, léger en arôme, sembla le relaxer, plus qu'il ne s'était déjà senti depuis des mois. Quand il rouvrit les yeux, qu'il ne s souvenait pas avoir fermé, il vit Tsuna qui lui souriait avec douceur.
-Qu'en dites-vous ?
-Où t'es-tu procuré les plantes ? s'étonna Giotto.
-Dans votre jardin. J'y suis allé faire un tour en début de matinée et j'ai trouvé une sorte de jardin aromatique que votre jardinier tenait, presque comme un endroit secret, répondit Tsuna, son sourire s'élargissant. Je lui ai demandé, évidemment, la permission de m'y servir. Il a semblé plus qu'heureux de voir quelqu'un qui s'y intéressait. Le fait que les plantes soient fraîches rehausse l'arôme, n'est-ce pas ?
-Je dois avouer. C'est un des meilleurs thés que j'ai pu boire, complimenta Giotto, en reprenant une gorgée.
-Tisane, corrigea Tsuna. Il n'y aucune trace de feuilles de thé dans cette concoction. Je suis ravi qu'elle vous plaise. Mais voudriez-vous parler de la raison pour laquelle vous êtes ici ?
Giotto ne répondit rien. Il regarda Tsuna dans les yeux et en plongeant dans ces yeux marrons il eut alors une envie irrépréhensible d'activer son pouvoir. Son Hyper-Intuition ne contredisant pas ce désir, il alluma alors sa flamme frontale tandis que ses yeux prenaient la couleur de l'or liquide. Tsuna arqua un sourcil devant cette action, mais Giotto put percevoir que l'enfant s'était redressé légèrement en voyant sa flamme comme le ferait un boss en face d'un autre, la gravité prenant place de toutes les autres émotions sur son visage. Giotto aperçut alors une pointe d'ambre s'étendre dans les iris de Tsuna, mais à peine avait-il cligné des yeux, que la couleur avait disparue. Était-ce un simple effet de lumière face à sa flamme ? Ou bien un autre mystère sur cet enfant venait de se pointer ? Il n'eut pas le loisir d'y penser longtemps.
-Alors il est vrai que vous pouvez enflammer votre front... déclara pensivement Tsuna.
-Tu n'as pas l'air plus surpris que cela. En aurais-tu déjà entendu parler ?
-Oui, avoua Tsuna, hésitant. J'ai déjà entendu parler du pouvoir mystérieux de Giotto di Vongola, capable d'enflammer ses poings et son front. Mais jamais je n'aurais cru avoir la chance de pouvoir la contempler d'aussi près, si ce n'est de la contempler tout court...
Giotto fut perturbé en sentant toute la sincérité, le respect et l'admiration dans la voix de Tsuna. Déterminé à continuer le cours de la conversation, il laissa éteindre sa flamme et ne put s'empêcher de faire référence à la conversation entre Deamon et Tsuna, que son gardien lui raconter dans les moindres détails après la réunion.
-Dois-je comprendre que ma réputation me précède également ?
Tsuna lui adressa un petit sourire amusé, comprenant l'allusion.
-N'es-tu pas surpris ou déçu de savoir que mes gardiens m'ait absolument tout raconté ? s'étonna Giotto.
Tsuna haussa légèrement les épaules, confus.
-Ne s'agit-il pas de vos gardiens ? Je vous l'ai déjà dit. Pour quelle raison serais-je étonné qu'ils vous fassent un rapport sur moi ?
-C'était plutôt des informations personnelles...
-Pas exactement. Juste des informations générales. Et si je ne voulais pas que les Vongola soient au courant je n'aurais absolument rien dit.
-Peu de personnes aiment qu'on les espionne, fit remarquer Giotto.
-Peu de personnes ont réussi à le faire, annonça Tsuna en haussant nonchalamment les épaules, et quand ils réussissent c'est parce que je le leur ai permis. Je suis une personne très méfiante... Mais plus que tout, je sais que vous ne trouverez rien sur moi ni sur Mukuro. Rien que d'autre que ce que j'accepte de vous dévoiler.
Giotto fut tenté de demander la raison, mais sut que c'était la vérité. Depuis le début, Giotto avait senti que Tsuna contrôlait la moindre partie des conversations, réfléchissant à la moindre de ses paroles mais aussi à la façon dont il donnait les informations. Au fond de lui, Giotto pouvait sentir que la tournure des phrases de Tsuna était importante. Il manipulait les autres, comme il manipulait la conversation. Quand il parlait d'une manière aussi assurée, Giotto savait que cela n'était pas seulement une confiance absolue en ce Mukuro pour couvrir leurs traces, mais qu'ils ne trouveraient aucune informations sur lui, comme si... elles n'existaient pas. Giotto ne savait pas si cela pouvait être possible, mais il ne voyait aucune autre possibilité.
-Est-ce que cela vaut également pour tes parents ?
-Le sujet vous intéresse-t-il, Giotto-san ?
Giotto nota avec amusement que Tsuna ne répondait pas à sa question.
-En effet, tu es encore jeune, pourtant tu as subi plus qu'un enfant ne devrait...
-Je ne suis plus un enfant.
-Non... Je suppose que non, déclara Gioto en s'apercevant du ton défiant et légèrement ennuyé de Tsuna. En tout cas en tant qu'ancien orphelin, je pense comprendre les raisons de ta méfiance...
-Avec tout mon respect, je ne pense pas que puissiez comprendre ce que je ressens. Que ce soit à l'égard des mafieux, des personnes en général, de vous ou de celui qui a permis que je sois en face de vous en ce moment.
Tsuna finit par soupirer. Il se recala dans son fauteuil et but une gorgée de tisane. Quelques minutes plus tard, il se pencha en avant pour reposer la tasse sur le meuble, avant de s'enfoncer à nouveau dans le fauteuil.
-Depuis ma naissance, mon père biologique n'a jamais eu que du dédain et de la haine à mon égard. Il me... tient pour responsable pour la mort en couche de mon frère jumeau. La seule chose qui l'empêchait de me renier dès ma naissance était le fait que ma mère se réjouisse de ma survie. Ce n'est que lorsque j'ai eu neuf ans, profitant que ma mère s'absentait que cet homme m'a emmené dans la forêt, m'y a abandonné et a déclaré que je n'étais pas son fils.
-Je... commença Giotto, mais Tsuna leva une main pour lui indiquer de se taire.
-J 'ai passé une nuit dans cette forêt. Plusieurs heures plus tard, j'ai été trouvé par un homme. Il me disait vouloir me ramener à mes parents. Cependant, je me suis retrouvé entre les mains des mafieux.
Giotto regarda Tsuna avec horreur.
-Voudrais-tu me dire que ton père est... en partie responsable des cicatrices que tu portes ?!
-Responsable... Pour moi, les seuls responsables, sont ceux qui me les ont faîtes directement.
-Mais tu ressens de la colère pour ton père, n'est-ce pas ?
-En effet. Je me soucie peu ce que ses actions ont amené. Bien entendu, je me mentirai à moi-même si je dis que je ne me suis pas senti triste ou trahi par rapport à ça. Le fait que cela m'aurait pu être évité me rempli de colère, mais, j'ai trouvé des personnes que je peux appeler ma famille grâce à cette... expérience. De plus, j'ai pu m'endurcir et apprendre quels visages pouvait revêtir l'être humain. Enfin, j'ai compris que je ne pouvais pas faire confiance à cet homme. Il y eut un temps où j'ai cru que mon père s'était inquiété de mon sort mais il m'a de nouveau rejeté. J'ai su que je ne devrai plus jamais compter sur lui et j'ai dépassé ces états d'âmes. Cet homme pourrait disparaître ou être puni pour mon abandon, je ne m'en soucierai peu.
-Alors pourquoi le protèges-tu ? Pourquoi ne pas nous dire son nom ? s'étonna Giotto.
Tsuna garda le silence pendant quelques secondes avant de répondre d'une manière qu'il voulait détaché.
-Mon père est responsable de la mort de ma mère.
-Je t'avouerai que je comprend encore moins...
-Mon père a poussé ma mère au désespoir, puis au suicide en lui révélant ce qu'il avait fait. Ma mère s'est pendue, désespérée que celui qu'elle aimait depuis des années et qu'elle continuait d'aimer avait pu faire une telle chose à son enfant. Je ne protèges pas cet homme de bonté de cœur. Je respecte juste le dernier souhait de ma mère qui ne voulait pas voir le reste de sa famille être détruite. De son vivant, elle a redoublé d'effort pour faire en sorte que notre famille se réunisse, consciente de l'amertume de cet homme à mon encontre. C'est pour cette simple et unique raison que même si je suis amené à le voir encore dans le futur, je ferais en sorte de rester cordial envers lui.
Giotto resta silencieux avant de murmurer :
-Ta mère est une personne forte. J'aurais aimé la rencontrer...
Tsuna eut un petit sourire.
-Je suis certain que vous vous serez bien entendu.
-Revois-tu souvent ton père ?
Tsuna grimaça, se rendant compte qu'il en avait peut-être trop dit. Mais il ne pouvait pas vraiment s'arrêter là, non ?
-Disons que celui que j'appelle affectueusement « grand-père » est souvent amené à le recevoir.
-Tu dis que tu l'appelles « grand-père »... Cela voudra-t-il dire qu'il ne l'est pas ?
-Mon père biologique et lui ont des liens étroits, si bien que notre famille le considérait comme en faisant partie. De plus, il m'a aidé à sortir de mon emprisonnement et m'a en quelque sorte adopté, non officiellement.
-Je comprend mieux... Dans ce cas, que vas-tu faire ? Vas-tu lui pardonner ?
-Voulez-vous parler de mon père ?
Giotto hocha la tête. Tsuna baissa la tête, réfléchissant.
-Haya... Quelqu'un m'a déjà posé cette question. Et pour être honnête, je ne le sais pas. Je voudrais lui pardonner... pour que la mort de ma mère ne soit pas vaine. Pour partager une relation cordiale afin que mon grand-père n'ait plus ce soucis entre nous...
-Mais... hésita Giotto, tout ce que tu dis... tu veux lui pardonner pour les autres. Mais qu'en est-il de toi ?
Tsuna resta silencieux avant de prendre la parole d'une voix contrôlée.
-Moi, je... Je ne veux pas lui pardonner. Il m'a fait trop de mal pour que je puisse être totalement en paix et en confiance en sa compagnie.
-Je comprend, acquiesça Giotto.
-Et si nous parlions de ce que vous voulez vraiment, Giotto-san ? déclara abruptement Tsuna pour changer de conversation. Je ne crois pas que vous vouliez simplement parler. Ce genre de discussion pourrait très bien attendre demain matin et ce, malgré votre charge de travail en tant que boss.
Giotto retint un soupir avant de commencer.
-Tu as raison. Je suis venu pour m'excuser.
-Pour quelles raisons ? questionna Tsuna, surpris.
-Demain, il se peut que tu n'apprécies pas ce que nous avons prévu. Je voulais t'en avertir.
Tsuna ne réagit pas tout de suite avant de pousser un grand soupir. Il ferma les yeux avant de se pincer l'arête du nez.
-Dois-je conclure que vous allez tenter de me faire parler ou réagir à propos de moi ou de mes compagnons ?
-En effet.
Il resta silencieux et regarda Giotto dans les yeux. Celui-ci ne cilla pas et réussit à soutenir son regard.
-Est-ce dangereux ?
-Pardon ?
-Ce que vous prévoyez. Est-ce dangereux ?
Giotto n'hésita que quelques instants.
-Il y a des risques en effet...
-Vous prévoyez de le faire malgré tout ?
-Exact.
-Est-ce pour la sécurité des Vongola ?
-Et plus encore.
Tsuna resta silencieux encore quelques secondes avant de souffler d'un air exaspéré et fatigué.
-Très bien...
-Ne comptes-tu pas nous arrêter ?
-Et que devrais-je vous dire ? Vous êtes le Primo Vongola : vous faîtes ce qu'il vous semble le mieux pour votre famiglia. Si vous pensez que le risque peut permettre de sauver ou aider vos hommes et votre territoire, qui suis-je pour vous en empêcher ? Mais ne croyez pas que je vais me laisser faire. Si vous protégez les vôtres, vous devez savoir que je protèges mes amis également.
-Je comprend, acquiesça Giotto.
Tsuna hocha la tête avant de désigner la porte d'un mouvement de la main.
-Maintenant, et j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur, mais il se fait tard et j'aimerai dormir. J'ai l'impression que je vais avoir besoin de toute l'énergie qu'il me sera possible de posséder demain.
Giotto nota avec amertume le retour de la nonchalance et de l'indifférence dans la voix de Tsuna. Il ne cacha pas sa déception. Dire que depuis le début de la conversation, l'enfant s'était montré accueillant,amicale et avait baissé ses barrières. Il était de retour à la case départ, si ce n'était pas en arrière.
-Je m'excuse de ce manque de délicatesse de ma part, Tsuna, tenta Giotto tandis que l'enfant le raccompagnait jusqu'au couloir. Je...
-Détrompez-vous. Je préfère mille fois que vous me préveniez que d'en avoir la surprise... Mais... Répondez-moi avec sincérité. Si jamais quelqu'un que vous respectez plus que tout, à qui vous faîtes une confiance indéniable et à qui vous seriez prêt à donner votre propre vie, est prêt, lui, à tout pour découvrir le moindre secret sur vous, secret que vous essayez désespérément de garder pour vous... comment réagiriez-vous ?
Giotto ne dit rien et ne laissa rien paraître, mais au fond de lui un poids coupable lui tordait les entrailles tandis que son Hyper-Intuition continuait de lui hurler que l'enfant qui se trouvait devant lui n'était pas un ennemi, qu'au contraire, il pouvait lui faire confiance. Comme si Tsuna connaissait ce que lui disait son intuition, il continua :
-Comme je vous l'ai déjà dit, je ne veux pas de mal aux Vongola.
Sur ces mots, il ferma la porte de sa chambre, laissant Giotto à ses pensées.
~ ~ ~ ~OoO~ ~ ~ ~
Et voilà chapitre 48 finit ! Enfin ! J'ai cru que je ne le finirai jamais ! Croyez-moi c'était horrible. En plus le changement de scénario à la fin du chapitre ne m'a pas aidé.
Si vous voulez le savoir dans la première version, Giotto entrait dans la chambre de Tsuna sans frapper pendant que celui-ci dormait, mais j'ai trouvé après coup ce scénario un peu bizarre, du coup j'ai dû remanié toute le début de la conversation et la meubler pour que ça soit plus cohérent. Qu'en pensez-vous ? Auriez-vous préféré que Giotto entre sans frapper alors que Tsuna dormait ? Ou vous préférez cette version-ci ?
Sur ce je vous laisse et j'espère que le chapitre 49 ne mettra pas autant de temps à sortir de ma tête !
Merci de m'avoir lue !
