Je veux juste une dernière danse

Avant l'ombre et l'indifférence

Un vertige puis le silence

Je veux juste une dernière danse

Juste une dernière danse : Kyo


Chapitre 155 : Juste une dernière danse (Nuit du 10 au 11 octobre)

C'était le lendemain que je devais accompagner Hélène à la gare et je n'avais toujours pas trouvé de solution.

En fait, il n'y en avait qu'une de solution et malgré tout mes efforts, elle ne me plaisait pas non plus... La seule possibilité était que chacun continue sur une route séparée, que nous arrêtions tout ! Oh que je la haïssais cette fin !

Mais il valait sans doute mieux que je ne lui dise rien avant son départ.

Je lui annoncerais donc que n'ayant rien trouvé d'acceptable, je reportais ma décision à son retour.

Mon ami s'étant absenté pour la nuit, j'allai me coucher vers les vingt-deux heures. Mes dernières nuits n'avaient pas été de tout repos car j'avais retourné le problème dans tous les sens et rien à faire...

Il me fallait y mettre un terme, me répétai-je inlassablement dans l'espoir qu'à la fin cette idée me paraisse être la bonne... et s'apprêter à souffrir tous les deux, chacun de son côté.

Cette solution me déplaisait au plus haut point mais je n'avais pas le choix...

Allez Sherlock ! Sois fort mon vieux !

Une fois dans mon lit, il me sembla entendre s'ouvrir la porte de séparation entre le fond de mon placard et la pièce secrète à côté. Ensuite, un léger grattement se fit entendre sur le bois de la porte dudit placard.

Me levant, j'allai ouvrir la porte de mon armoire et je tombai nez à nez avec Hélène.

- Hélène ? fis-je étonné de la trouver à cet endroit la veille de son départ en plus. Mais que fais-tu ici ?

- Sherlock, ne dis rien ! me supplia-t-elle avec des sanglots dans la voix tout en passant du placard à ma chambre.

- Mais...

- Non ! m'implora-t-elle. Je ne suis pas venue ici pour connaître ta réponse ! D'ailleurs, ne me la donne pas... Si je suis ici, c'est pour passer une dernière nuit avec toi avant mon départ.

- Hélène, je...

Elle posa ses doigts sur mes lèvres pour m'empêcher de parler. Puis, elle vint se blottir dans mes bras.

- Chut ! Juste une dernière danse Sherlock ! C'est tout ce que je te demande ce soir : une dernière nuit à passer auprès de toi avant mon départ... Si tu as pris la décision de me dire « non », ne m'annonce rien ce soir et fais comme si de rien n'était... Alors cette nuit sera la dernière entre nous. Et si par bonheur tu as décidé de me répondre « oui », garde là au fond de ton cœur et cette nuit ne sera pas notre dernière...

- Hélène... tentai-je pour lui annoncer que je n'avais pas vraiment pris de décision.

- Non ! Ne me dis rien ! Faisons comme si de rien n'était, comme si je ne t'avais pas fait des aveux, comme si je ne t'avais rien demandé. Les condamnés à mort ont bien droit à un dernier repas de leur choix, alors laisse-moi choisir une nuit auprès de toi, juste m'endormir à tes côtés et c'est tout ! Reste silencieux s'il te plaît ! Accorde-moi cette dernière danse avant mon départ... que je garde au moins ce souvenir en partant pour mon exil...

Oh mon aimée, te voir ici, dans ma chambre, pour la dernière fois, me mettait le cœur à feu et à sang ! J'allais souffrir et j'allais te faire souffrir...

- Tu as pris tes affaires pour la nuit ? la questionnai-je puisque je ne pouvais rien lui dire.

- Oui... dans mon petit sac... juste une nuisette, il ne me fallait rien de plus.

- Et tes bagages pour demain ? Qui te les amènera à la gare ?

- Le cocher d'Amélia... Tout est prêt, il ne lui reste plus qu'à les apporter à la gare.

- Meredith et Amélia ne seront pas sur le quai demain ? demandai-je étonné qu'elle n'aillent pas l'embrasser avant son départ.

- J'ai fait mes adieux ce soir à tout le monde et je suis partie pour te retrouver. Ce serait trop dur de les voir demain...

- Viens alors, allons nous coucher. Watson est absent...

- Attends, je meurs de soif. Y a t il de l'eau dans la salle à manger ?

- Oui, la carafe est posée sur la table, il y a des verres dans l'armoire... Laisse, je vais aller te chercher un verre d'eau.

- Non, c'est bon, je vais le faire... puisque Watson n'est pas là, je peux aller dans la pièce sans risque...

Son absence dura quelques minutes et elle revint ensuite dans ma chambre.

Elle se dévêtit et endossa sa fine nuisette et vint me rejoindre sous les draps. J'hésitai sur la marche à suivre : la prendre dans mes bras ou non? Si je l'enlaçais, elle pourrait interpréter mon geste pour une réponse positive et si je lui tournais le dos, elle le ressentirait comme un abandon... et saurait que dans le fond de mon esprit, la réponse à sa demande était négative...

- Prends-moi dans tes bras, si tu veux bien... me demanda-t-elle timidement. Faisons comme si rien n'avait été dit...

Alors je passai mon bras autour de sa taille, toujours silencieux et je l'écoutai tenter de s'endormir. Moi, je n'y parviendrais pas.

Que lui dire demain ? La vérité était le mieux mais cela impliquait aussi de devoir lui causer du chagrin à un mois du terme en lui révélant mon choix...

Choix qui n'était pas celui du cœur mais celui de la raison... Une fois de plus j'allais lui causer de la peine... Alors que je l'aimais... On avait raison de dire que c'était les personnes qui nous aimait le plus qui nous causait les plus grands chagrins...

J'aimais Hélène et pourtant, lorsqu'elle reviendrait, je lui causerais du chagrin...

Il valait mieux ne pas dire à une femme sur le point d'accoucher dans un mois que l'on n'avait pas l'intention de la garder auprès de soi ou lui donner des faux espoirs non plus. Vu que je ne savais pas quoi choisir... Ne valait-il pas mieux reporter cette discussion plus tard ?

Ma décision n'était pas facile et je savais que choisir entraînerait des sacrifices et des souffrances.

Sa respiration se stabilisa et elle s'endormit enfin. Moi, je me contentai de la regarder dormir...

J'ai passé la nuit à te regarder dormir

Ton visage est si calme

On le croirait de cire

Mais je l'entends qu'il respire

J'ai passé la nuit à te regarder dormir

Ce que je ressens, assis là

Est difficile à écrire

J'aurais tant voulu t'offrir

Tous ce que j'avais à t'offrir

Le meilleur, pas le pire

J'aimerais pouvoir te le dire

Mettre sur tes lèvres un sourire

Mais il est trop tard pour agir

Je sais que tu vas partir

Que notre histoire va finir

Ne me dit pas non

Je l'ai lu dans ton regard

Tes yeux ne savent pas mentir

Ils sont clos quand tu dors

C'est pour ça que j'en profite

Pour passer la nuit à te regarder dormir

Ton visage est si calme (...)

J'aurais voulu toujours vivre ça toute ma vie

Rester assis là, voir selon la lune différents reflets sur ton visage

Et, le voir s'épanouir avec l'age

Te bercer du regard, éloigner les cauchemars

Un autre le fera...

Mais j'espère en tout cas qu'il prendra soin de toi

Comme moi qui

Qui passe la nuit à te regarder dormir

Ton visage est si calme

On le croirait de cire

Mais je l'entends qu'il respire

Ce que je ressens assis là est difficile à écrire

J'ai passé la nuit à te regarder dormir

Ce que je ressens assis là est difficile à écrire


La chanson qui se trouve ci-dessus est "Te regarder dormir" de Riké.

Message à Skarine : la cocaïne? J'ai un chapitre qui s'intitulera ainsi... mais ce n'est pas tout à fait ce que tu pourrais penser en lisant le titre...

Message pour Elyon: Tu connais Holmes (du moins le "mien"), tu connais son choix désormais...