Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.
Précision : cette histoire se situe en gros après la fin de la saison 4, vu que je n'ai aucune idée de ce qu'il va advenir dans la saison 5. Avoir vu le premier épisode de la saison 5 change un peu mon optique, mais tant pis, je continue comme je suis partie.
Chapitre 50) Nuit d'angoisse
Peter décrocha et alluma la lampe que Benjamin avait suspendue au mur, il la fixa à la porte de la hutte afin qu'elle serve de point de repère puis se lança à la recherche du fugitif en s'éclairant avec son téléphone portable.
Il commença par regarder s'il n'y avait pas des traces qui pourraient lui donner des indications sur la direction prise par Benjamin.
Bien entendu il ne trouva rien et leva les yeux vers le ciel, nuageux, il n'avait même pas la chance d'être aidé par les étoiles alors qu'il devait retrouver un gars qui se planquait dans un endroit qui lui était familier et que lui Peter découvrait pour la première fois.
Peter se mit à avancer avec précaution, il n'avait aucune envie de se tordre la cheville, surtout dans un coin où son téléphone n'avait pas de réseau.
Il lui fallut une bonne demie heure pour enfin retrouver le fugitif.
Benjamin s'était coulé entre deux rochers et il y dormait, enroulé dans sa couverture. Ce fut elle qui permit à Peter de localiser l'homme, sa couleur rouge avait attiré son regard.
Il poussa un profond soupir de soulagement et marqua une pause, se demandant ce qu'il devait faire.
Bien sur, il ne pouvait laisser Benjamin rester dans cet endroit, il fallait qu'il réussisse à le reconduire à la hutte, mais ce qu'il n'arrivait pas à décider c'était la meilleure façon de procéder.
Réveiller Benjamin allait être nécessaire, mais mieux valait y aller en douceur. Peter réprima un soupir. C'était tout de même incroyable, il devait y aller doucement avec un homme qu'il rêvait de mettre en prison.
Il posa la main sur l'épaule de Benjamin avec précaution.
La réaction du dormeur fut immédiate, il s'éveilla aussitôt et se débattit instinctivement, luttant à la fois contre la main de Peter et contre la couverture qui entravait ses mouvements.
Haletant, paniqué il parvint finalement à se défaire de la couverture et essaya de fuir.
Peter agit instinctivement et le plaqua au sol pour l'empêcher de filer et disparaître à nouveau.
Comme Benjamin se débattait de plus belle Peter lui saisit les poignets et appuya ses genoux contre les jambes de l'homme pour le maîtriser.
Benjamin se figea brusquement en sentant ces mains et ces genoux emprisonnant son corps, ses yeux gris écarquillés par l'angoisse fixaient sans le reconnaître celui qui le retenait de la sorte.
Un sanglot douloureux échappa à sa gorge.
Il avait déjà vécu cela...
Il se souvenait...
Anatoli aimait à le maintenir ainsi avant de...
Lutter ne servait à rien, il n'était pas assez fort pour vaincre Anatoli.
Il ne pouvait rien faire d'autre que d'attendre et de subir.
Il pouvait supplier, Anatoli adorait l'entendre supplier.
Il battit des paupières pour chasser les larmes qui lui montaient aux yeux.
Non... il n'allait pas supplier cette fois... il n'allait pas faire ce plaisir à Anatoli... ce dernier serait trop heureux.
De toute manière parler était trop dur, trop douloureux, plus douloureux que ce qu'allait lui faire Anatoli.
Malgré sa volonté de ne pas supplier il s'entendit le faire.
- S'il vous plaît... je ne veux pas... ne faites pas cela...
Il fut surpris d'entendre sa propre voix. Elle était étrange mais parler ne faisait pas mal.
Peter le regarda en fronçant les sourcils, pourquoi Benjamin disait il cela ?
Puis il réalisa en voyant le regard embrumé et terrifié de l'homme qu'il maintenait à terre.
Il se redressa immédiatement, horrifié par ce qu'avait imaginé Benjamin.
Il ne pouvait plus avoir de doutes sur un certain sujet désormais.
Benjamin avait vraiment subi des choses ignobles enfant et lui venait de faire remonter les souvenirs de ces moments en le plaquant au sol.
Il vit Benjamin se recroqueviller sur lui même en tremblant et se passa une main sur le visage.
Que faire à présent ?
Comment ramener Benjamin à reprendre conscience de la réalité ?
Il prit finalement la décision de ramener l'homme à la hutte, de gré ou de force, il faisait vraiment trop froid pour qu'ils restent dehors jusqu'au matin.
Il récupéra l'épaisse couverture de laine et la déposa avec précaution sur le corps tremblant.
Les mains de Benjamin s'agrippèrent aussitôt au tissus et ce geste fit souvenir à Peter le moment où il avait retrouvé Neal dans la maison des gardes.
Il se pencha pour aider Benjamin à se relever comme il avait aidé Neal.
Les yeux gris étaient toujours embrumés par la fièvre, la crainte y persistait mais l'homme se laissa redresser et guider sans protester.
Peter le ramena à la hutte et le fit se recoucher.
Il déplaça ensuite la couche qu'il occupait en travers de l'entrée, afin d'éviter toute nouvelle tentative d'évasion. Il n'avait aucune envie de devoir retourner à la recherche de Benjamin une autre fois au cours de la nuit.
- Maintenant on dort. lança t'il à l'homme. Pas de nouvelle balade nocturne.
Benjamin frissonna et se recroquevilla sur sa couche.
Peter s'étendit sur la sienne et ferma les yeux.
Il s'endormit en quelques secondes. Il fut cependant rapidement tiré du sommeil et obligé de se relever puis de remettre sa couche à son emplacement initial, un souffle glacial passait à travers les planches mal jointes et l'empêchait de dormir. Il rechargea le poêle et resta quelques minutes à côté pour se réchauffer.
Un regard à l'autre couche lui appris qu'il n'avait pas à redouter une nouvelle tentative de fuite, celui qu'il voulait surveiller dormait profondément.
Benjamin vaincu par la fièvre et l'angoisse avait fini par sombrer dans l'inconscience.
Son sommeil fut agité, tandis qu'il revivait les pénibles moments que lui avaient fait vivre Anatoli et Miroslav.
Il se réveilla à l'aube les yeux humides mais l'esprit un peu plus clair. Sa fièvre était moins forte et il faisait désormais la différence entre les délires de la nuit et la réalité.
Il se souvenait parfaitement de ce qu'il s'était passé pendant la nuit, la fièvre n'avait hélas pas effacé ces moments pénibles de sa mémoire comme il aurait pu souhaiter que ce soit le cas.
Il s'assit et s'enroula dans la couverture de laine.
Un regard en direction de l'autre couche lui apprit que l'agent Burke dormait toujours.
Cela le réconforta, au moins l'homme ne serait pas plus témoin de sa détresse.
Il se leva à nouveau sans faire de bruits, ouvrit la porte et la referma derrière lui.
Toujours enroulé dans la couverture il grimpa sur un bloc de rocher et se tourna en direction du soleil levant.
Il ferma les yeux lorsque les premiers rayons frappèrent son visage.
Il savoura leur chaleur mais cela ne suffisait pas encore à compenser le froid du petit jour et il maintenait solidement la couverture autour de son corps nu.
Peter le découvrit dans cette position, immobile face au soleil, lorsqu'il sortit en trombe du hogan, persuadé que Benjamin avait filé à nouveau.
La surprise figea Peter.
Ainsi placé, avec cette couverture indienne enroulée autour de son corps, ses cheveux bruns tombant en désordre sur ses épaules nues Benjamin avait vraiment l'air d'un indien.
Peter eut l'étrange pensée que plus de cent ans auparavant d'autres blancs comme lui avaient peut être eu la chance de voir cette étrange vision. Il se demanda si ces gens avaient trouvé cela beau ou s'étaient sentis mal à l'aise, voir indignés devant cette quasi complète nudité que la couverture ne suffisait pas à cacher.
Benjamin tourna la tête mais ne fit pas un mouvement de plus.
Leurs regards se croisèrent. Peter détourna les yeux. Il avait encore du mal avec lui et ne savait plus trop que faire.
- Vous voulez toujours que je paye ? demanda brusquement Benjamin en reportant son regard sur le soleil levant.
Peter ne répondit pas mais cela n'avait pas d'importance pour Benjamin, il voulait en finir.
Il en avait assez des gens qui ne voyaient que ses crimes.
On voulait le mettre hors d'état de nuire ?
Fort bien, il allait donner les armes qu'il fallait pour ce faire.
Qu'ils assument ensuite les conséquences de son arrestation.
- Prenez votre téléphone et activez la fonction enregistrement, je vais tout vous expliquer.
Comme Peter ne bougeait pas et ne faisait pas mine de faire ce qu'il venait de dire Benjamin le rejoignit, les sourcils froncés.
- Faites le !
Peter grimaça et sortit son téléphone, puisque l'autre voulait se faire coincer il allait se faire un plaisir de lui donner satisfaction.
Il lança l'enregistrement et fixa Benjamin d'un air froid.
Benjamin lui répondit d'un sourire ironique et commença à parler.
- Voila dix huit mois très exactement j'ai été informé qu'un membre de ma famille se préparait à faire enlever une personne dont j'ai fait la connaissance enfant. Je n'étais pas proche de la personne en question, j'avais même des raisons de la détester, j'ai donc décidé d'intervenir. Je voulais être partie prenante de l'affaire. Pour mieux convaincre la personne qui désirait mener l'affaire à terme j'ai été la trouver et je lui ai offert le libre accès à mon corps pour six nuits. Au terme de ce délai nous avons conclu un accord, je menai à bien la capture de la cible et la personne se chargeait du reste tout en demeurant dans certaines limites. J'ai étudié la cible, préparé l'action visant à sa capture et je l'ai mise en pratique. La cible a répondu à certaines stimulations, à savoir des menaces de mort sur son entourage sous forme de photos retouchées et s'est rendu à l'endroit convenu. Je l'ai expédié à la personne devant la prendre en charge et j'ai assuré mon alibi en me faisant injecter un virus très virulent qui m'a cloué au lit en trois heures et m'a permis d'avoir l'aspect d'un malade atteint de la grippe depuis plusieurs jours. Ma participation aurait du s'arrêter là mais la cible a fait des bêtises qui ont fortement indisposé la personne en charge de lui et j'ai été obligé de rendre une petite visite à la cible pour la gronder. Fin du rapport. Des questions ?
- Pas pour le moment. grogna Peter en éteignant la fonction enregistrement.
- Je présume que vous avez assez pour m'envoyer derrière les barreaux à présent. commenta Benjamin en retournant vers le hogan.
Peter l'arrêta en posant la main sur son épaule.
- Un instant.
Benjamin le regarda en fronçant les sourcils.
- Quoi encore ?
Peter leva le téléphone portable et appuya sur les touches qui effaçaient.
Benjamin le regarda d'un air ébahi.
- Mais... pourquoi...
- Si je dois vous coincer ce ne sera pas parce que vous m'aurez offert votre arrestation sur un plateau.
- Vous n'aurez peut être pas d'autre occasion.
- Tant pis. Je préfère suivre ma voie.
Benjamin hocha la tête et se permit un rapide sourire.
Ils rentrèrent dans le hogan afin d'éteindre le poêle et de ranger ce qu'ils avaient déplacé.
Benjamin guida ensuite Peter vers le ranch.
Lorsqu'ils l'atteignirent enfin Marie sortit du bâtiment en courant et se jeta dans les bras de son mari.
Elle le regarda attentivement.
- Tu vas bien ? Tu as l'air fiévreux.
- J'ai fait une poussée de fièvre hier soir, mais elle est pratiquement tombée maintenant.
Marie hocha la tête et lui caressa la joue, elle foudroya ensuite Peter du regard.
- Maintenant que vous avez eu ce que vous voulez je vous suggère de retourner à New York. Mon mari, nos enfants et moi même avons besoin d'avoir la paix et il est clair qu'avec vous ce n'est pas envisageable.
Peter grimaça mais il devait bien avouer que malgré la dureté des propos elle n'avait pas tort.
A suivre
