Chapitre 5

Les Cullen étant rentrés, nous n'avions pas eu besoin de retourner à la réserve, ça aurait été, de toute façon, trop conflictuel avec les loups. Techniquement, leur deal tenait toujours, Edward n'avait pas mordu Bella, il l'avait juste mise enceinte et Sam avait décidé de maintenir le traité malgré les protestations de Jacob.

Ce dernier avait été furieux, Paul ne voyait pas ça d'un bon œil non plus mais n'avait pas dit grand chose. Les autres pensaient que ça n'était pas leurs affaires.

Bella et moi avions dormi dans la villa et nous étions en train de rentrer chez nous, le ventre de Bella avait encore gonflé et maintenant, ça se voyait qu'elle était enceinte, on aurait dit qu'elle l'était de 3-4 mois. Carlisle en avait déduis que sa grossesse durerait finalement qu'un mois environ mais il n'avait rien trouvé sur une grossesse vampire/humaine.

Alice se gara devant notre maison et alors qu'elle s'apprêtait à dire quelque-chose, elle se figea, on aurait dit... un bug mais elle revint à la normale juste après.

« Je ne sais pas comment mais Charlie est au courant. Annonça-t-elle.

« Quoi ? S'étrangla Bella.

« Au courant de quoi ? Des vampires, des loups, de Bella ?

« Je ne sais pas, je le vois juste crier après vous.

Je soupirai et mis ma tête entre mes mains, Bella, assise sur le siège arrière s'agitait.

Bella et moi sortîmes de la voiture après avoir saluer Alice et nous allions vers une mort certaine.

Dans le salon, Charlie était fou de rage, il nous regardait l'une après l'autre sans pouvoir énoncer la moindre syllabe. Aucune de nous deux n'avait parlé non plus et au fond de moi, j'espérais que Charlie soit devenu muet.

« Je savais que vous me cachiez quelque-chose mais j'étais loin d'imaginer ça. Fulmina-t-il. Quand Jacob m'a raconté, je n'ai pas voulu le croire.

Foutu clebs ! Non, mais quel enfoiré celui-là !

« Des vampires, vous... traînez avec des vampires et toi ! Fit-il en désignant Bella. Enceinte d'un vampire...

Charlie faisait des aller-retours entre la table du salon et le canapé. Bella ne savait plus où se mettre.

« J'en reviens pas que vous soyez si stupides. Si j'avais su... ah si j'avais su !

Il balançait les bras de fureur dans tous les sens, au hasard.

« Bella, il n'est pas question que tu gardes ce... ce... truc, là. Dit-il en pointant son ventre.

Bella protégea instinctivement son ventre, elle commençait à pleurer.

« Quand ce sera fait, tu retourneras avec ta mère... asséna-t-il. Dire que tu étais la plus sage de vous deux. Mais qu'est-ce qu'il t'as pris ? Il secoua la tête. J'aurais dû être plus présent pour toi quand tu en avais le plus besoin mais là, je ne peux pas... je n'peux pas.

Bella allait dire quelque-chose mais il reprit.

« Montez dans vos chambres, commencez à faire vos cartons.

Je le regardai perplexe... il allait me jeter à la rue ? Je ne lui posai pas la question et suivis Bella à l'étage. J'entrai avec elle dans sa chambre, elle se mit à pleurer sur le lit.

Jacob n'était vraiment qu'un enfoiré de cabot.

Je pris Bella dans mes bras, elle pleura contre mon épaule pendant presque une heure entière. J'étais déjà en train d'établir un plan de fugue pour Bella. Pour moi, ce sera simple puisqu'il me fout dehors mais on pourrait demander aux Cullen de lui payer un vol retour Phœnix-Seattle et elle pourrait vivre avec eux ou juste avec Edward dans leur propre foyer.

Le lendemain, je me réveillai difficilement, j'avais affreusement mal dormi. Bella devait être dans un état pire que le mien mais elle n'était pas dans sa chambre. Lorsque je descendis, Bella était avachi dans le canapé, le regard dans le vide, Charlie buvait son café dans la cuisine. Je restai un moment à fixer Bella qui ne leva les yeux sur moi à aucun moment.

Il fallait intervenir.

Je me dirigeai dans la cuisine et m'installai face à Charlie. Il me jeta à peine un regard, comme si ce qu'il y avait sur le journal ouvert devant lui était plus intéressant.

« Tu peux me foutre à la rue mais tu ne peux pas rejeter Bella comme ça. Lui lançai-je.

« Te foutre à la rue ? Mais qui parle de te foutre à la rue ? Gronda-t-il.

« Ben, tu m'as dit de commencer à faire mes cartons, moi aussi et moi, je n'ai pas de mère alors...

Je haussai les épaules.

« Je ne te jette pas à la rue, on déménage.

Je le fixai incrédule.

« On déménage ?

« Les Cullen sont des vampires, est-ce que seulement tu t'en rends compte ?

« Qu'est-ce que t'as dit Jacob exactement ? M'enquis-je.

« Il m'a dit que les Cullen étaient des vampires et que Bella était enceinte d'Edward. C'est suffisant pour prendre cette décision.

Abruti de clebs !

« Et il t'as rien dit sur lui-même ? M'énervai-je.

« Ne me parle pas comme ça et non, je connais Jacob, je ne vois pas ce qu'il pourrait m'apprendre sur lui.

« Tss... et bien peut-être qu'il aurait pu te dire qu'il était un loup garou ! Grognai-je. Un putain de loup garou... tu as vu le visage d'Emily ? Ce n'est pas Jacob qui a fait ça mais c'était aussi un loup-garou !

Je ne voulais pas que Sam ait des problèmes mais j'étais tellement énervée.

« Qu'est-ce que tu racontes ? Billy me l'aurait dit si...

J'eus un rire nerveux.

« Billy est un putain de menteur ! Il était au courant pour le don de ma mère, le don que j'aurais et pire... il était au courant pour Lyana, depuis le début. Ça fait des années qu'il te cache ta propre fille.

Il devint subitement pâle.

« Billy est un putain de menteur ! Appuyai-je. Ton adjoint, c'était son pote, lui aussi était au courant pour mon don et c'est ton adjoint qui a mis les vampires à ma recherche, c'est de sa faute si j'ai été enlevée et failli être transformée en vampire... les Cullen n'ont fait qu'essayer de me protéger. Tu ne peux pas pas me faire partir... si je pars, les Cullen ne pourront pas continuer de me protéger.

Il secouait la tête, tentant d'assimiler les nouvelles informations.

« Tes kidnappeurs étaient des vampires ? Mon adjoint... Mais les Cullen... ils ont fait quelque-chose pour tes kidnappeurs puisque tu dis qu'ils te protègent, non ?

« Il y a un clan de vampires qui nous veulent, Lyana et moi. C'est un clan puissant, s'ils nous trouvent, tu ne nous reverras plus jamais. C'est pour ça que Lyana est partie avec Lucian, parce que notre mère avait eu raison de nous séparer, il ne faut pas qu'ils nous voient ensemble.

« Lucian est un vampire ?

« Ouais.

Je lui expliquai les particularités de Lucian et des Cullen et appuyant bien sur le fait que les méchants c'était les vampires sanguinaires... et Jacob.

« Vous n'allez plus à la réserve. Je ne veux pas qu'ils vous arrivent ce qui est arrivée à Emily. Trancha-t-il.

« Et pour les Cullen ? Demandai-je.

« Je vais y réfléchir. Bougonna-t-il.

Je savais qu'il ne fallait pas insister davantage alors je quittai la cuisine pour ma chambre, je grimpai ensuite sur le toit de notre maison pour écouter de la musique et peut-être donner les dernières nouvelles à Edward, s'il se pointait.

La musique était forte dans mes oreilles mais ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas eu de moment comme ça que j'en profitai autant que possible. Je fermai les yeux pour savourer chaque note et chaque parole lorsque je sentis une présence devant moi. J'ouvris les yeux immédiatement.

La vampire rousse était là, l'infirmière, elle me souriait d'une façon qui n'était pas vraiment amicale. Mon don se déclencha mais elle me poussa du toit pour le faire cesser. Ce qui fonctionna puisque j'étais trop occupée à crier dans ma chute.

J'avais l'impression que ma chute durait au moins plusieurs minutes alors qu'en réalité, seulement quelques secondes s'étaient écoulées entre le moment où Victoria m'avait poussée et le crack qui survint d'une quelconque partie de mon corps.

La douleur n'était pas si forte que je l'aurais imaginée, j'étais pourtant sûre d'avoir la jambe cassée mais je n'avais jamais été très douillette alors c'était peut-être normal.

J'aperçus brièvement Edward entre les arbres me regardant avec son air inquiet mais il disparut d'un coup.

« Kiara ! Bordel mais qu'est-ce que t'as foutu ?

La voix de mon père me faisait prendre conscience que j'étais toujours couchée par terre. Je me redressai et j'allais me lever quand la main de Charlie sur mon épaule m'en empêcha.

« Ne bouge pas, tu es tombée du toit, tout de même.

Je me laissai faire à contre-cœur.

« Je savais qu'un jour ça arriverait... soupira-t-il. Tu as mal quelque-part, en dehors de ta tête ?

Je n'avais même pas senti que je saignais à l'arcade.

« J'ai la jambe cassée, la gauche mais ça va, ça ne fait pas trop mal.

« J'appelle une ambulance. Déclara-t-il.

Je ne voulais pas aller à l'hôpital, on ne savait jamais quels genres de psychopathes se cachaient derrière les médecins et les infirmières.

« N'essaye même pas de protester. Ordonna-t-il alors que j'allais justement protester.

« Ok. Cédai-je. Mais je veux que ce soit Carlisle mon médecin.

Il soupira alors que son téléphone était collé à son oreille.

« Bonsoir, je suis le chef Swan, ma fille a eu un accident, il faut une ambulance, elle a sans doute la jambe cassée et s'est cognée la tête violemment.

« Elle est tombée du toit.

« Bien, on vous attend.

Je me demandai bien ce que devait penser la personne au bout du fil... en fait, je m'en foutais, je voulais juste dormir.

« Kiara ?

Je fermai les yeux me préparant à passer la nuit ici, dehors, rien à faire... un clac et une légère douleur sur la joue me fit rouvrir les yeux. Charlie venait de me gifler.

« Tu m'as frappée alors que je suis blessée ? M'offusquai-je.

« Ne t'endors pas. Exigea-t-il.

« Mais je suis fatiguée.

« Il ne faut pas que tu t'endormes, l'ambulance va arriver.

« Laisse-moi juste dormir un peu.

« Non.

Bella arriva à ce moment là.

« Je t'avais dit de rester à la maison. Fit Charlie.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda-t-elle.

« Elle est tombée du toit. Répondit-il.

« Mais elle ne tombe jamais.

« Elle n'est pas infaillible.

« Faire sa première chute à 18 ans, c'est quand même bizarre. Répliqua-t-elle.

« Fallait bien que ça arrive un jour.

« Eh oh, je suis là, hein ! Leur fis-je remarquer.

Il me fixèrent mais n'ajoutèrent rien.

« Ce n'était pas un accident. Victoria était là, elle m'a poussée.

Bella fut horrifiée.

« Qui est-ce ? Demanda Charlie.

« La vampire rousse qui m'a faite enlevée, elle veut me tuer maintenant, genre pour de bon.

Charlie devint tout pâle.

« Edward est arrivé et elle a dû fuir, encore.

J'entendis la sirène d'une ambulance qui approchait puis s'arrêta tout prêt de là où on était. Les ambulanciers me prirent en charge et me placèrent sur un brancard. Ils me mirent dans l'ambulance et Charlie monta avec moi.

« Est-ce que sa sœur peut venir aussi ? Demanda-t-il à l'ambulancier.

Je voyais bien qu'il ne voulait pas laisser Bella seule, surtout avec Victoria dans les parages.

« Désolé, ce n'est pas réglementaire, un accompagnateur seulement. Lui répondit l'ambulancier.

Charlie grommela mais Edward apparut près de Bella. Comme j'étais allongée, je ne voyais que leurs têtes.

« Je veillerai à ce qu'il ne lui arrive rien. Le rassura Edward.

Charlie grommela un ''ok'' et l'ambulancier ferma les portes arrières de l'ambulance.

« Est-ce que je peux dormir maintenant ? Demandai-je, lasse.

« Restez éveillez, mademoiselle. Lança l'ambulancier.

Ils voulaient tous ma mort à m'empêcher de dormir. L'ambulancier épongea la plaie que j'avais sur le front.

« Ça va, votre plaie n'est que superficielle, il y aura juste besoin de quelques points.

Charlie jeta un œil sceptique.

« J'aurais juré que la plaie était plus grosse que ça, tout à l'heure. Lâcha-t-il.

« C'est normal, c'est votre fille, vous avez eu peur et l'arcade saigne toujours beaucoup sans que ce ne soit forcément grave.

Charlie ne semblait pas y croire mais je n'avais pas mal à cet endroit alors ce n'était forcément pas grave. Ma jambe me faisait un peu plus mal maintenant mais c'était encore supportable.

L'ambulance s'immobilisa et je sus qu'on était à l'hôpital. L'autre ambulancier, celui qui conduisait, aida l'autre à nous sortir de l'ambulance, mon brancard et moi.

Ça m'énervait de rester coucher et en même temps, j'avais envie de dormir. Un docteur et une infirmière m'accueillirent comme si j'étais leur invitée surprise et prirent le relais pour pousser mon brancard. Je fermai les yeux, bien décidée à m'endormir.

Une autre claque survint, j'ouvris les yeux et vit que c'était le médecin qui venait de me gifler. Il ne me connaissait même pas.

« Bordel, abruti, je te jure, moi aussi je vais te frapper ! Hurlai-je.

« Kiara ! Gronda Charlie.

Je me calmai, ne voulant pas envenimer la situation mais ce médecin ne perdait rien pour attendre.

« Je veux le docteur Cullen. Exigeai-je.

« Je suis désolé, le docteur Cullen n'est pas de garde ce soir, je suis le docteur Newton...

« Newton ? Comme Mike Newton ?

« C'est mon fils.

« Génial... soufflai-je. Je veux pas de vous, je veux le docteur Cullen.

« On doit vous faire des radios pour votre jambe, elle est sans doute cassée. Votre plaie à l'arcade est bénigne, il n'y aura pas besoin de points.

« Mais l'ambulancier a dit qu'il en faudrait quand même quelques-uns. Contra Charlie.

Le médecin revérifia.

« Je vous assure que non, il a dû se tromper.

« Je vais régler les formalités à l'accueil. Fit Charlie en s'éloignant.

Le médecin et l'infirmière arrêtèrent mon brancard à côté d'un autre.

« On va vous changer de brancard pour rendre celui-ci aux ambulanciers.

« Ok. Fis-je.

Je me redressai et commençai à me déplacer moi-même d'un brancard à l'autre.

« Attendez, vous ne pouvez pas le faire toute seule avec votre jambe. Me stoppa le médecin.

« On parie ? Raillai-je alors que je me déplaçai moi-même en levant ma jambe gauche et en m'appuyant sur la droite.

Je me glissai d'un brancard à l'autre et lançai un regard haineux au médecin qui secouait la tête face à mon entêtement.

« Vous ne m'approchez pas, je veux le docteur Cullen.

« Il n'est pas de garde.

« Je vous ai déjà dit que j'attendrai.

« Vous devez passer une radio.

« Pas avec vous.

« Je peux appeler un autre médecin...

« Appelez-donc le docteur Cullen.

« Je ne vais pas le déranger pendant ses heures de repos.

« Vous l'appellerez quand il prendra sa prochaine garde.

Je voyais bien que sa patience allait bientôt atteindre ses limites.

« Ecoutez, vous n'avez pas le choix, c'est moi ou je vous transfère à l'hôpital de Seattle, vous être vraim...

« John, laissez, je m'en occupe.

Mon sauveur !

« Carlisle, mais...

« Je m'occupe d'elle. Informa-t-il.

« Ok. Lança Newton senior soulagé.

Quand même.

« Je veux porter plainte contre ce type, il m'a giflée pour m'empêcher de dormir.

« Voyons, Kiara, c'est pour éviter des complications qu'on doit t'empêcher de dormir.

« Ben il a réussi, je suis trop énervée pour dormir, maintenant. Pestai-je.

Charlie arriva à ce moment-là.

« Bonsoir docteur Cullen, je croyais que vous n'étiez pas de garde ? Lança Charlie.

« Mon fils m'a appelé pour me dire que Kiara était à l'hôpital et qu'elle montrait quelques résistances.

Charlie parut sceptique dans un premier temps puis finit par y croire puisque j'avais effectivement eu quelques résistances.

« Merci... d'être venu. Le remerciai-je. Désolée de te faire travailler pendant tes heures de repos, j'aurais pu attendre demain.

« Ne dis pas de bêtises. Balaya-t-il mes excuses.

Pour une fois que je m'excusais...

« Est-ce tu as mal autre part qu'à la jambe et à la tête ?

« Je n'ai pas mal à la tête, j'ai mal à la jambe, c'est supportable. Fis-je en haussant les épaules.

« Tu saurais me dire comment tu as mal ?

« Comme si... je ne sais pas... comme si ma jambe mutait au niveau de la cuisse, j'ai l'impression que ça se frotte.

« On va passer une radio.

Il examina ma plaie au front.

« Il y a des traces de sang mais pas de plaie. S'inquiéta-t-il.

« Ce n'est pas possible. Lança Charlie. Avant l'ambulance, elle avait une énorme plaie, dans l'ambulance, c'était superficiel et elle n'avait besoin que de quelques points, ensuite, elle n'a plus besoin de points et maintenant, il n'y a plus rien ?

Charlie se déplaça pour voir mon front et son visage prit un air surpris.

« Je vous jure qu'elle avait une énorme plaie sur le front.

Carlisle réfléchit un instant.

« Kiara, tu es un véritable mystère. On va passer la radio, on s'occupera de ta cicatrisation spontanée après.

Carlisle et l'infirmière qui ne parlait jamais poussèrent mon brancard jusqu'à une grande salle où se trouvait un appareil étrange. Charlie devait attendre à l'extérieur et Carlisle fit les clichés dont il avait besoin.

Il plaça les radios sur un tableau lumineux et les regarda attentivement.

« Sophie, vous pouvez nous laissez.

L'infirmière hocha la tête et s'en alla.

« C'est étrange.

Il resta plusieurs minutes à contempler mon fémur, cassé, sous deux angles différents.

« On va en refaire d'autres.

Il en refit deux autres et plaça les radios à côté des deux précédentes.

« Ce n'est pas possible. Lâcha-t-il.

Il fit entrer Charlie pour lui expliquer que j'avais la jambe cassée et qu'il y avait un truc qui n'était pas possible chez moi. J'avais peut-être un os en plus... ou en moins... ou alors, j'étais vraiment en train de muter ?

« Ça, se sont les premiers clichés. On voit l'os du fémur fracturé. Vous voyez ici. Il montra un endroit où les moitiés d'os cassés étaient collés. Le cliché montre que l'os est déjà en train de se réparer. J'ai fait une seconde radio, pour vérifier, et c'est encore plus étrange, regardez ici. Il montra le même endroit. La réparation de l'os a avancé en quelques minutes alors qu'on aurait dû avoir une semaine entre les deux résultats.

« Qu'est-ce que cela veut dire ? Demanda Charlie.

« Votre fille guérit vite, trop vite, ce n'est pas normal. À ce rythme là, sa jambe sera guérie avant même que le soleil ne se lève.

Carlisle s'approcha de moi.

« C'est pour ça que tu sens que ça bouge, c'est ton os qui se déplace pour se ressouder.

« J'ai un don de guérison éclair ?

« Ça n'existe pas. Contra Carlisle. Je le sais parce qu'Aro voulait savoir si un tel don était possible pour faire du propriétaire de ce don l'un des membres de sa garde. Un humain qui se guérit de façon si rapide ferait un vampire immortel, ce qui enchanterait Aro.

« Aro ? Fit Charlie, perdu.

« Aro est le chef du clan dont je t'ai parlé tout à l'heure. Lui expliquai-je.

J'avais à nouveau sommeil et ne pus contenir un bâillement.

« Je vais te mettre dans une chambre seule et on va te laisser dormir. Lança Carlisle.

« Je croyais qu'il ne fallait pas que je dorme.

« Et bien, je pense que là, c'est nécessaire, je pense que ça accélérera le processus de guérison et je pense que c'est pour ça que tu as envie de dormir.

« Super, je vais enfin dormir. Soupirai-je.

« Est-ce que tu veux des calmants pour ta jambe ? Me demanda-t-il alors qu'il me poussait dans le couloir.

« Non, ce n'est pas la peine, je supporte bien.

Il me fit entrer dans une chambre toute blanche. Il y avait une porte ouverte sur une petite salle de bain, j'avais l'impression d'être retournée dans la chambre où j'avais été séquestrée, sauf que là, il y avait une fenêtre.