Hey !
Je suis un peu inquiète pour ce chapitre mais j'espère qu'il va vous plaire. Mon seul conseil sera preparer les mouchoirs.
Pensez à mettre une reviews et Bonne Lecture.
Daryl dépose un léger baiser dans le cou de son compagnon, tout en le tenant doucement par la taille pour le garder contre lui.
« Daryl, j'aimerais prendre une douche avant qu'on parte chasser », annonce Matthieu en se tortillant gentiment pour essayer de se dégager de l'étreinte de son amant.
Le militaire réussit à se défaire des bras du brun, se levant d'un bond. Il s'apprêtait alors à prendre la direction de la salle de bain quand il remarque qu'il est retenu. Le redneck le ramène alors vers lui, l'embrassant langoureusement.
« Maintenant tu peux y aller », déclare le chasseur.
L'ex-lieutenant sourit, serrant doucement la main de son compagnon.
« Ton bandage est plein de sang », remarque soudainement Daryl avec un air inquiet.
Le militaire se stoppe alors dans son élan, observant son bras. Le bandage blanc est couvert de sang, rouge vif, comme si c'était récent. Pourtant il ne se souvient pas que sa blessure était dans cet état hier soir. D'ailleurs, il ne portait pas de bandage hier soir.
« Je sais, ment-t-il alors. C'est hier soir en forêt, ma brûlure s'est rouverte à cause d'un mouvement brusque que j'ai fait.
-Laisse-moi voir.
-J'ai regardé hier, ça ne s'est pas beaucoup ouvert. Je referai mon bandage après ma douche. »
Le redneck esquisse alors un air peu convaincu.
« J'irais voir Siddiq quand on rentrera de notre chasse, d'accord ? Propose le plus vieux.
-D'accord », se résigne son compagnon.
L'ex militaire dépose un baiser sur le crâne de son compagnon et se dirige ensuite dans la salle de bain.
Il enlève ses vêtements et se dirige directement dans la douche. Il remarque seulement qu'il n'a pas enlevé son bandage une fois le jet d'eau sur sa peau. J'espère que ce n'est pas grave, pense Matthieu. Siddiq est déjà débordé. Le militaire enlève alors l'attache, sortant rapidement de la cabine pour la poser sur le bord du lavabo. Il retourne ensuite sous l'eau tiède. Il observe le sang glisser sur son bras, descendre sur son corps et tournoyer dans le typhon de la douche. Il finit ensuite par enlever le bandage ensanglanté, sentant une vague douleur. Il observe alors sa blessure.
L'univers est une pute.
Mais le rouquin n'a pas le temps de regarder à nouveau son bras, la voix de son compagnon se fait entendre à travers la porte :
« Matt, je vais demander l'arbalète à Logan et chercher du matériel pour la chasse. Essaye d'être prêt quand je reviens.
-D'accord. »
Le miliaire souffle alors longuement et observe à nouveau son bras pour s'assurer qu'il n'a pas rêvé. Mais non, il voit bien ce qui recouvre sa brûlure et l'impact de balle : Une morsure. Une morsure de rôdeur.
Matthieu coupe alors le jet d'eau et se laisse glisser le long de la paroi de la douche, en même temps que ses larmes.
« Co… Comment ça a pu arriver ? »
Le militaire passe alors en revue ses derniers souvenirs.
Pourquoi je m'en rappelle pas ? Pourquoi ?!
Alors l'évidence le frappe.
Parce que j'ai eu un oubli... Hier, en forêt.
Il cale sa tête entre ses mains et respire fortement, calmant progressivement son souffle.
Il a fallu que ça arrive maintenant... Alors que tout commence à aller mieux.
Il essuie ensuite ses larmes et tente de prendre une décision.
Il faut que je l'annonce à Daryl.
L'ancien lieutenant essaye alors de savoir comment en parler à son compagnon mais rien ne vient, mis à part un sentiment de rage intense.
Non, je peux juste pas.
N'arrivant pas à réfléchir correctement, Matthieu se redresse et enclenche à nouveau le jet d'eau et
se savonne.
Et si… Je ne lui disais rien jusqu'à ce soir ?
Il effleure la morsure du bout des doigts, même en ne la touchant presque pas, il a mal.
C'est une mauvaise idée. Et pour que ça fonctionne, il faut que je tienne jusqu'à ce soir.
Il constate qu'il n'a encore aucun des symptômes liés aux morsures.
Mais c'est l'idée qui le fera le moins souffrir.
Le militaire coupe l'eau et sort de la cabine. Il prend un linge et s'essuie, réfléchissant en même temps.
Quoi que je fasse ça va arriver, autant rendre ça le moins douloureux possible pour eux.
Le rouquin ouvre alors le placard et prend un bandage, constatant ironiquement, et amèrement, que c'est le dernier. Il soupire profondément et pence son bras, cachant au mieux sa blessure. Il pose ensuite l'attache et relève la tête, observant son visage dans le miroir.
Je vais faire ça, pour eux...
Il soupire alors à nouveau et sort de la salle de bain, allant s'habiller.
Daryl pousse la porte d'un coup d'épaule et vient poser les sacs sur le lit. Il jette un coup d'œil à la pièce, constatant que son compagnon est en train d'attacher ses chaussures.
« J'ai déjà fait nos sacs, on est prêt à partir, déclare-t-il. Oh, et j'ai ça pour toi. Logan a été compréhensif. »
Le chasseur fait glisser de son épaule l'arbalète et la tend à Matthieu. Ce dernier la prend, l'observant sous tous les angles :
« Ça fait un bail, ça m'avait manqué.
-Tu es sûr de ne pas être trop rouillé ?
-Au pire tu joueras le professeur », rétorque le militaire avec un sourire plein de sous-entendu.
Le brun ne répond pas, souriant vaguement avant de se tourner pour finir de se préparer. Il enfile sa veste d'angle et prend son arbalète.
« Tu devrais laver tes ailes, commente le rouquin en attachant sa machette à sa ceinture.
-Quoi ?
-Les ailes, sur ta veste. J'ai connu une époque où elles étaient blanches. »
Le redneck hoche vaguement les épaules. Puis, il vérifie que son sac est bien placé et reprend son arbalète.
« T'es prêt ? » demande-t-il en se tournant vers son compagnon.
Le militaire hoche positivement la tête, esquissant de manière discrète un petit sourire triste.
Le rouquin note quelques indications sur la carte, puis la range dans son sac et s'étire.
« On bientôt fini de vérifier toute la zone, commente-t-il. On devrait s'arrêter pour manger, le soleil commence déjà à redescendre.
-Ouais. On n'a qu'à aller vers les gros arbres qu'on a vus en venant, propose Daryl. On sera tranquille pour le retour. »
Matthieu hoche la tête et ils rebroussent chemin, arrivant à l'endroit au bout d'une bonne heure. Ils vont alors s'installer, s'appuyant confortablement contre un des troncs. Ils profitent du calme de l'endroit, du soleil sur leurs peaux. Une fois le repas fini, le plus vieux vient s'appuyer contre l'épaule du brun, fermant les yeux pendant quelques secondes.
Je veux rester là pour l'éternité.
Il finit par rouvrir les yeux, observant les herbes autour de lui, remarquant un coquelicot :
« Tu savais que les coquelicots sont les fleurs qu'on met sur la tombe des soldats américains morts au combat ? »
Son compagnon ne répond pas. Il vient passer sa main dans ses cheveux roux, l'observant calmement.
« Est-ce que ça va ? Demande-t-il au bout d'un moment
-Ouais, un peu épuisé après tous les combats qu'on a faits mais, oui.
-Je veux dire, avec Negan... Il est toujours en vie, et je ne veux pas que…
-C'est… C'est une situation étrange mais je gère, ment-il.
-Sûr ? »
L'ancien militaire hoche la tête positivement et vient se mettre à califourchon sur son compagnon. Puis, il vient l'embrasser doucement. Le redneck prolonge leur baiser, le rendant plus langoureux. La bouche du plus vieux vient ensuite glisser dans la nuque de son compagnon, déposant quelques petits baisers. Il remonte ensuite au niveau de son oreille, venant chuchoter :
« Est-ce que tu veux bien être mon professeur d'arbalète ? »
Le chasseur sourit alors, hochant positivement la tête.
Les deux hommes se relèvent. Matthieu détache son arbalète du sac et regarde les alentours, réfléchissant à sa cible. Mais, avant qu'il n'ait pu en choisir une, il sent Daryl se glisser dans son dos.
« Il faut d'abord travailler la position », déclare-t-il d'une voix qu'il veut plus ou moins sérieuse.
Le chasseur vient alors placer ses mains sur les bras de son compagnon, les plaçant correctement par rapport à l'arbalète.
« Corrige la position de tes jambes », demande le brun.
Le militaire s'exécute, s'approchant volontairement trop du corps de son compagnon. Ce dernier ne bouge pas, malgré le fait évident que le médiateur l'ait fait exprès. Le rouquin tourne légèrement la tête, observant le visage de son compagnon, plus exactement ses lèvres.
« Est-ce que tu te mords la lèvre parce que tu es concentré ou parce que mon corps est collé au tien ? Demande-t-il d'un ton taquin.
-Un peu des deux j'imagine. »
Matthieu se retourne alors totalement, écartant l'arbalète qui le sépare de son compagnon, et vient effleurer les lèvres de Daryl. Leur regard est plongé l'un dans l'autre, comme s'ils étaient mutuellement hypnotisés. Leurs lèvres finissent finalement par se rencontrer.
Pour l'éternité.
Les deux chasseurs arrivent essoufflés devant la grille d'Alexandria. Jésus les regarde alors d'une manière amusée, puis il pousse la grille, les laissant entrer. Daryl et Matthieu le saluent alors d'un mouvement de la tête et prennent la direction de leur maison.
« Je vais prendre une douche, déclare le brun une fois qu'ils sont à l'intérieur.
-D'accord. Je vais rendre l'arbalète à Logan. »
Son compagnon hoche la tête positivement et ils se séparent.
Le militaire monte alors les escaliers, rejoignant la chambre du jeune homme. Il toque deux fois, il entend un "entre" quelques secondes plus tard.
« Hey, s'annonce Matthieu. Je suis venu te rendre l'arbalète. Merci de nous l'avoir prêtée.
-Ça m'a semblé normal, c'était la tienne après tout. »
Le plus vieux pose l'arme sur le lit sur lequel est assis Logan.
« Pourquoi, tu l'as pas gardée ? Demande ce dernier. Je veux dire… Ton bras va mieux, non ?
-Maintenant, je me sens plus vraiment à l'aise avec. Puis, c'est un peu devenu ta marque de fabrique. »
Le plus jeune observe son vis-à-vis, il lui semble un peu étrange. Il stoppe alors son ami qui s'apprêtait à sortir de la pièce :
« Pourquoi tu te soucies de moi ?
-Quoi ?
-Tu fais toujours attention à moi, tu viens voir comment je vais, t'essayes d'avoir des discussions avec moi. Pourquoi ?
-Parce que... C'est normal, je te traite comme un égal.
-On n'est pas égal, t'es un putain de survivant. Tu as supporté plusieurs semaines d'enfermement et t'en es revenu comme si de rien n'était. »
Le médiateur esquisse un faible sourire, puis répond :
« Tu sais, je suis fier de toi, je suis heureux de la manière dont tu as changé. Tu n'es plus ce gamin arrogant qui pensait que parce qu'il était un survivant, il était l'une des choses les plus importantes de l'univers. Maintenant, tu ressembles vraiment à un survivant.
-J'étais arrogant à ce point ?
-À peu de choses près. »
Le garde esquisse un faible sourire, restant perplexe. Le militaire hoche alors la tête et sort de la pièce.
Matthieu redescend ensuite les escaliers, rejoignant sa chambre. Il remarque que Daryl est sorti de la douche, il est entrain de finir de s'habiller.
« Je vais aller faire un rapport à Rick, affirme-t-il. T'as rangé où la carte ? »
Son compagnon la sort d'une de ses poches arrière et la tend au brun. Ce dernier la prend et se retire tranquillement de la pièce. Le militaire soupire alors, constatant qu'il commence à être fiévreux. Il s'assit alors sur le lit, détachant au passage l'étui de sa machette pour la poser à côté de lui. Son regard se pose sur les sacs que son compagnon à laisser contre la commode. Une idée lui vient alors en tête. Il se relève, allant ouvrir son sac. Il en sort un flingue, il vérifie qu'il est chargé. Il l'est. Il ouvre ensuite un des tiroirs de la commode, y trouvant du papier et de quoi écrire. Il s'assit alors à même le sol. Il réfléchit pendant plusieurs longues secondes, puis se met à écrire :
Daryl,
Je n'ai jamais vraiment su ce que c'était l'amour, le véritable amour. Jusqu'à ce que j'apprenne à t'aimer, Dixon. J'aimerais pouvoir dire que je ne te quitterais jamais, que je serais toujours à tes côtés pour te soutenir. Mais c'est faux, pas parce que mes sentiments pour toi ont changés, c'est faux, parce que j'ai été mordu.
Je voudrais que tu comprennes pourquoi je ne te l'ai pas dit ce matin.
C'est parce qu'on avait préparé une journée qui aurait pu être magnifique, et pour cette matinée, c'était une vérité bien trop douloureuse. Je préfère me dire que ton dernier souvenir de moi, avant ma mort, était un jour dans la forêt. Avec mon rire qui a rempli tes oreilles, le soleil sur notre peau, ton sourire qui m'avait tant manqué, ou même la course quand il a fallu rentrer. Et si ce dernier jour est douloureux, rappelle-toi du premier jour, quand un carreau d'arbalète m'a effleuré.
Le poing du militaire se sert alors autour du crayon, presque au point de le briser. Il souffle alors profondément et se redresse, pliant soigneusement la lettre au passage, avant de la mettre dans la poche de sa veste. Il y met aussi le flingue et sort de la chambre, puis de la maison. Il se dirige ensuite d'un pas rapide jusqu'à la maison de Maggie. Une fois devant, il hésite pendant quelques secondes, puis toque. La chef de la Colline vient alors lui ouvre. Il la prend alors dans ses bras, la serrant avec force.
« Matthieu ? Demande-t-elle en posant une main sur son épaule. Tu es sûr que ça va ?
-Je peux entrer ? Demande-t-il en la libérant de son étreinte.
-Bien sûr. »
Matthieu pénètre dans la bâtisse, puis se tourne vers sa vielle amie :
« Je viens te dire au revoir.
-Je ne pars que demain à la Colline, et je serais passée...
-Non, je viens te dire au revoir définitivement.
-Quoi ? Demande-t-elle d'un ton inquiet.
-J'ai été mordu.
-Quand ? Dit-elle avec un regard terrifié.
-Hier dans la soirée.
-Et tu le sais depuis combien de temps ?
-Suffisamment de temps. »
Une larme coule le long de la joue de la brune.
« Daryl est au courant ? Demande-t-elle en tentant de retenir ses autres larmes.
-Pas encore, mais j'ai écrit quelque chose pour lui. »
Maggie essuie ses larmes et observe son ami, ne sachant pas quoi dire.
« Je veux pas que l'un d'entre vous aie à m'achever. Je vais m'en charger moi-même, déclare Matthieu en sortant le flingue de sa poche. Je veux juste que tu donnes ça à Daryl. »
Il sort alors la lettre, la tendant à la future mère. Cette dernière la prend.
« Tu peux la lire si tu veux. Je veux juste que tu ailles la lui donner et que tu lui dises que je ne serais pas loin du coin à coquelicots qu'on a trouvé. Considère ça comme ma dernière volonté.
-D... D'accord, répond la brune avec une voix tremblante.
-Merci, Maggie vraiment. »
La brune vient enlacer son ami une dernière fois, essayant de calmer ses larmes.
« Je te donne deux minutes d'avance, dit-elle-en restant appuyée contre lui. Pas une de plus. »
Le militaire sourit alors gentiment et hoche la tête positivement.
Il traverse la ville, sentant que la fièvre est de plus en plus forte. Il souffle, arrivant devant la grille. C'est Aaron qui est de garde, il s'approche alors de lui :
« Rick m'a demandé d'aller vérifier un détail que j'ai oublié de spécifier sur la carte. J'aimerais corriger ça avant que la nuit tombe, tu me laisses passer ?
-T'en as pour long ?
-Pas plus d'une demi-heure, pas tellement plus je pense. »
Le brun hoche alors la tête et ouvre la grille. Matthieu sort d'Alexandria et prend la direction des coquelicots.
Maggie doit déjà avoir donné la lettre à Daryl.
Il se met alors à marcher de plus en plus vite. Il lui faut alors dix bonnes minutes pour rejoindre la place où ils étaient cet après-midi.
Il sent ses mains trembler à chaque pas qu'il fait. Il serre alors les poings, essayant de se calmer. Le militaire va ensuite s'appuyer contre le même arbre. Il inspire longuement, puis sort l'arme et la charge. Il lui semble entendre des pas au loin. Il appuie le canon contre sa tempe, sa main tremble encore un peu. Il serre les dents, au point que sa mâchoire lui fait mal.
Aller Matthieu, un peu de courage !
Sa main s'arrête de trembler mais son cœur s'emballe
« Matt ! »
C'est la voix de Daryl.
Il sent que les larmes ne sont pas loin. Il croit apercevoir son compagnon au loin, il arrête alors de réfléchir. Une larme a le temps de couler sur sa joue, puis, Matthieu presse la détente.
