Harry Potter et la Prophétie du Triangle

Chapitre vingt-huit.

Villa

'… Comme James Ackerman le dit dans son livre de 1990 'The Villa: Form and Ideology of Country Houses', les gens construisent des maisons de campagne depuis plus de deux mille ans… Ackerman identifie seulement deux périodes dans l'histoire occidentale où la culture urbaine ne s'est pas construit des retraites à la campagne : La naissance des commune d'Europe Centrale et d'Italie, entre 1000 et 1400, et au temps des cités état de la Grèce antique. La raison à ces deux exceptions n'est pas claire. Assez probablement, la vie en dehors de murs de la cité était simplement trop périlleuse.'

--Witold Rybczynski/Looking Around: A Journey Through Architecture/

Harry ouvrit ses yeux. Il était allongé sur un lit d'hôpital et pouvait sentir des liens le maintenant en place. Il sentit du mouvement dans la pièce et appela. « Hohé ? Où suis-je ? Qui est là ? Depuis combien de jours je suis là ? S'il-vous-plaît, j'ai besoin qu'on me laisse me relever… C'est très important. »

« Le Lion prendra des ailes. »

Sa respiration se saccada. Il espérait que si quelqu'un était là, il n'aurait pas entendu Sandy siffler. Un bruit de pas traversa la pièce, et un visage qu'il n'avait pas vu depuis presque un an apparut au-dessus de lui. C'était le docteur Clancy, le responsable de Nita. Il ne semblait pas avoir remarqué le sifflement.

« Bien, je peux vous dire que vous n'êtes pas près d'être libéré de votre lit de sitôt. Nous ne laissons pas les meurtriers se balader… »

« Les meurtriers ! » s'écria Harry, oubliant Sandy. « De quoi parlez-vous ? »

« Vous avez tué ce cracmol ! » cria Clancy. « Après vous avoir assommé, un des gardes est venu me chercher, et nous l'avons trouvé dans son lit, la gorge ouverte… »

« Je n'ai pas fait cela ! » fit Harry, désespéré. « Où est Nita Anderssen ? Il y a eu une incompréhension… Il y a des gens qui se demandent probablement où j'ai été… »

« Stupefix ! » fit soudain une voix familière. Harry pouvait seulement voir un bout du docteur Clancy du coin de l'œil, mais une fois qu'il fut stupéfixé et, et sortit complètement du son champ visuel, tombant au sol avec un bruit sourd. Le visage de Nita apparut au-dessus de lui. Elle lui ôta ses liens et l'aida à s'asseoir.

« Que se passe-t-il ? » demanda-t-il, n'ayant aucune pensée pour le docteur stupéfixé.

« Pas le temps… » dit-elle, prenant sa main. Mais il était plus fort qu'elle. Il planta fermement ses pieds et refusa d'être déplacé.

« Non ! dis-moi ce qui s'est passé ! Il dit que j'ai tué Jeffries ! »

Elle se tourna vers lui, son visage pâle et grave. « Je t'attendais en dehors de la chambre de Jeffries. Clancy a insisté pour que je revienne voir avec lui un cas vieux de plusieurs mois. Et il n'a pas arrêté d'aller et de venir dans le bureau de son assistant. C'est juste plus bas dans le couloir, par chance, et que tu es sorti de la pièce en criant, je t'ai entendu et je suis venue en courant. Malheureusement, lui aussi. Mais quand nous sommes arrivés, tu étais stupéfixé, et nous sommes rentrés dans la chambre… » Elle déglutit, hésitant.

« Quoi ? » lui demanda-t-il, sa voix craquant.

Elle soupira. « Jeffries a eu la gorge ouverte. »

Harry se sentit mal, s'appuyant contre le mur. « Je ne l'ai pas fait :

« Je sais que tu ne l'as pas fait, Harry ! Laisse-moi finir ! » ses yeux bleus brillaient comme ceux de Ron quand elle était en colère, réalisa Harry. Il ne leur manquait qu'un petit éclat de couleur rouge loup-garou dedans. Il acquiesça, espérant que l'histoire n'était pas trop longue. « Quand nous sommes entrés dans la chambre, nous l'avons trouvé la gorge ouverte, avec beaucoup de verre cassé sur le sol. Une des vitres avait violemment été cassée. Mais le fait est que… Clancy sait que tu es un animagus griffon d'or. » dit-elle doucement. « La plaie… Ce n'était clairement pas un couteau ou un sort. C'était les griffes d'un animal. » finit-elle si doucement que maintenant, Harry pouvait à peine l'entendre.

Il eut envie de sangloter, se souvenant encore du redoutable sentiment d'impuissance quand toutes les preuves le désignaient, l'impliquant dans la mort de sa mère, comme si c'était prémédité. Mais il se souvint ensuite pourquoi il était sorti en courant de la chambre de Jeffries. « C'était Cho ! »

Nita eut l'air très confuse. « Qui ? »

« Cho Chang, l'ancienne petite amie de Viktor Krum ! Tu sais, Viktor Krum, qui s'est avéré être le petit fils de Voldemort ! »

Nita poussa un petit cri d'exclamation. « Non, je ne savais pas cela ! Comment je l'aurais su ? » Elle secoua la tête. « Je veux dire… J'ai entendu qu'il jouait au Quidditch, tout cela. Il a commencé à jouer lors de sa première année à Durmstrang. Mais j'ai quitté l'école l'année d'avant, comme mes parents ont réussi à convaincre le directeur de me mettre avec les autres élèves de mon âge, même si j'avais commencé avec un an de retard… »

Harry déglutit, se demandant si ce directeur était Igor Karkaroff, qu'il avait vu mourir lors de la nuit de Noël de sa cinquième année. D'une manière ou d'une autre, il décida qu'il ne voulait pas savoir, et il poursuivit. « Est-ce que Percy ne t'a pas parlé de cela ? Quand nous revenions d'Azkaban, nous avons découvert que Cho était une mangemort et une animagus ! Elle peut devenir un aigle de mer géant, un erne. Elle doit avoir égorgé Jeffries avec ses serres ! Il a été tué par des serres, pas par des griffes de griffon ! » Il la regarda. « Amène-moi à la chambre de Jeffries. » Revenir sur les lieux du crime, pensa-t-il tristement. Je dois avoir un talent pour cela.

« Je… Je ne peux pas ! » fit-elle, à cours. « Je vais probablement me faire virer ! J'ai stupéfixé mon responsable. » dit-elle tristement, regardant l'homme roux sur le sol.

Harry essaya de lui faire un sourire rassurant. « Alors tu n'as rien à perdre. »

Elle émit un petit rire court, qui ne lui fit pas penser aux Weasley, mais aux Malfoy. « Bien vu. Mais je pense que je vais m'assurer qu'il ne va pas être trouvé tout de suite, pour être sûre. » Elle passa sa baguette au-dessus de Clancy, le métamorphosant en chaise, qu'elle posa proprement contre le mur. Harry la fixait, mais elle était toute à son affaire, se tournant vers lui et le regardant critiquement. « D'accord alors, nous avons besoin que tu raccourcisse tes cheveux. »

« Je pensais que j'étais sensé être déguisé ? »

« Tu étais… Mais maintenant, ils recherchent quelqu'un avec des cheveux longs et une barbe. »

« Ah. Exact. » Il raccourcit ses cheveux, et la suivit dans un coin de la pièce.

« Un passage secret, » lui chuchota-t-elle « va nous prendre dans un autre réseau de couloirs que les visiteurs et les patients ne voient jamais. Je ne connaissait même pas leur existence avant d'avoir passé mes examens finaux. Suis-moi. »

Les couloirs sombres et humides n'étaient pas gardés, bien qu'il puisse entendre d'autres personnes se déplacer autour d'eux, leurs pas et conversations résonnant au loin. Finalement, ils descendirent une volée de marches étroites. Nita ouvrit un panneau dans le mur, et Harry passa après elle, se retrouvant dans la chambre de Rodney Jeffries.

Il regarda autour de lui, horrifié. Jeffries n'avait pas encore été déplacé, mais il était encore allongé sur le lit où il avait été tué, son sang teintant sa tunique d'hôpital et les draps blancs.

« Ils l'ont laissé là tout ce temps ? » gémit-il, se sentant mal. Et pourtant… Le sang avait encore l'air frais, réalisa-t-il, et le corps n'avait pas commencé à sentir, bien qu'il puisse s'agir d'un sort. Ses yeux sans vie fixaient Harry, comme une accusation silencieuse. Je n'aurais pas dû quitter la pièce, pensa Harry, je ne l'ai pas tué, mais c'est ma faute s'il est mort.

« Tout ce temps ? » dit Nita, clairement irritée. « Cela ne fait qu'environ dix minutes. » Harry avait la tête qui tournait. Il aurait pu jurer qu'il était resté inconscient des jours.

La vitre centrale de la fenêtre, celle contre laquelle l'aigle géant s'était cogné, était en morceaux, le cadre de métal tordu, et le sol couvert d'éclats de verre. Harry s'avança, regardant avec intérêt des morceaux de verre encore en place sur le cadre de la fenêtre.

« Qu'y a-t-il ? » demanda brusquement Nita, voyant que son attention était attirée par le verre brisé.

« Elle est blessée. » dit-il. « Du sang et des plumes. » Il regarda par-dessus les débris de la vitre et vit que le cadre de la fenêtre était aussi généreusement couvert de sang.

Elle jura, puis dit « Brillant. Maintenant nous devons nous inquiéter qu'elle saigne à mort avant que nous puissions la retrouver. Bien que… Cela pourrait peut-être être à notre avantage, en supposant que nous puissions la trouver à temps. Comme c'est une animagus, on peut aussi raisonnablement penser qu'elle sait transplaner, mais elle ne pourra pas le faire avec une telle blessure. Elle pourrait même ne pas arriver à reprendre sa forme humaine, pas sans aide en tous cas. Elle peut peut-être voler, un peu, mais la perte de sang la rendra probablement plus lente. »

Il regarda Nita avec espoir. « Si cela la ralentit, alors peut-être que nous pourrons la ramener ici. Nous devons la poursuivre. »

Elle se refrogna. « Oui, je sais cela sans avoir besoin que le préfet en chef de Poudlard me le dise. » grommela-t-elle. « La question est 'comment ?'. »

« Je peux voler, tu te souviens ? En tant que griffon. Le problème c'est que je ne sais pas vraiment où nous sommes. »

« Hum, si, tu sais. Nous sommes à Ste Mangouste. » Elle le regardait comme s'il s'avérait qu'il était plus stupide qu'elle l'avait supposé.

« Non, je ne parle pas de cela. Je veux dire… Où est Ste Mangouste ? Je ne suis jamais venu ici par voie terrestre, seulement magiquement. Où est-ce en Grande Bretagne ? »

Elle soupira, comme si elle était soulagée qu'il ne soit pas totalement dénué de cervelle. « Oh. Nous sommes près de Glasgow, sur un grand domaine. Il y a des tonnes de sorts repousse-moldu pour le protéger. »

« Ho, je n'aurais pas pensé qu'à la fois Poudlard et Ste Mangouste seraient ici, en Écosse. » remarqua-t-il.

« Bien, tu te serais trompé. En fait, il y a une excellente raison à ce que ce soit ici, mais je ne pense pas que nous ayons le temps pour cela… »

« Trop juste. Je vais me transformer. Tu montes sur moi, et je vais sauter sur le seuil, puis bondir dans les airs. » Il pausa une seconde, comme il réalisait que la prédiction de Sandy était assez littérale, pas simplement figurée. « Ne t'inquiète pas… Je vais étendre mes ailes et commencer à voler avant qu'il n'y ait un danger pour nous. Nous sommes au dernier étage, cela va aider. Ensuite… »

« Quoi ? De quoi tu parles ? »

Il lui fit la grimace. « Tu vas devoir venir avec moi ! Je ne peux pas lancer d'incantation quand je suis en griffon, ou utiliser ma baguette. J'ai besoin d'avoir quelqu'un avec moi qui puisse. Quelqu'un qui est allé à Durmstrang et qui sait ce que peut faire une personne qui a été formée à la magie noire… »

Elle lui fit un petit demi sourire. « D'accord, d'accord. Tu es rusé, tu sais cela ? »

Il lui sourit. « On m'a dit que je m'en serais bien sorti à Serpentard. »

Il se métamorphosé et elle balança sa jambe par-dessus son dos, haletant quand il bondit soudain sur le rebord de la fenêtre, et puis elle cria quand il se jeta dans le vide et chuta quelques instants, avant qu'il n'étende ses ailes et commence à les battre. Harry pouvait entendre le souffle terrifié de Nita dans ses oreilles, et sentir ses doigts se prendre dans sa crinière comme elle se cramponnait pour sa vie. Il monta haut dans le ciel au-dessus de Ste Mangouste, jusqu'à ce que le toit paraisse petit et insignifiant. Il pouvait sentir son cœur battre très vite, et elle commença à parler nerveusement d'une voix plus aiguë que d'habitude, comme pour cacher sa terreur.

« Que cherchons nous ? Oh, malédiction, tu ne peux pas me répondre… »

Harry localisa quelque chose tombant d'un nuage gris. Cela semblait presque être un morceau du nuage, mais il vit ensuite que c'était un grand oiseau gris et blanc. Il plongea. Ils étaient maintenant au-dessus de l'eau, et il peina à se souvenir ce que c'était. La Clyde. C'était cela. Vers le sud, elle s'élargissait et devenait le fjord de Clyde, où se trouvait Dunoon, et plus loin au sud encore, l'île de Bute, nichée au cœur du fjord.

Il se trompa dans sa trajectoire cependant, et ne l'atteignit pas à temps. Elle frappa l'eau avec un grand bruit ! L'instant d'après, Harry était aussi dans l'eau, essayant de ne pas frissonner, mordant une grande aile grise détrempée et ne retenant que des plumes. Nita poussa un cri de surprise quand ses jambes entrèrent dans l'eau froide. Elle saisit l'une des pattes de l'oiseau, la traînant vers le bord, comme Harry nageait de travers à cause du courant puissant, son esprit presque engourdi par le froid. Quand ils furent à terre, il se retransforma, et avec les mains rouges et frigorifiées, Nita et lui tirèrent l'énorme oiseau blessé au sec.

Harry sortit sa baguette de sa poche pour lui rendre forme humaine. Cho Chang était allongée sur le sol entre eux, une blessure profonde au côté qui avait l'air bien pire que celle qui était sur l'aigle, même avec ses plumes tâchées de sang. Nita tomba à genoux, sortant sa baguette et commençant immédiatement à la passer au-dessus de la blessure, secouant la tête.

« J'espère que ce n'est pas trop tard. » murmura-t-elle. « On dirait qu'elle a perdu beaucoup de sang. Elle n'est probablement pas allée très loin parce que l'hémorragie la désorientait déjà. Elle volait probablement en rond. Le sort de suture que j'ai lancé va lui permettre de ne plus perdre de sang, et nous donner le temps de revenir, mais ce n'est que temporaire. » Harry acquiesça, ne se faisant pas confiance pour parler. Il tremblait encore à la fois nerveusement, et pour le froid de l'eau de la rivière, il ne savait pas trop. Cho était devenue une autre patiente pour Nita. Il n'osait pas dire ce qu'il pensait d'avoir sauvé sa vie, mais il se contenta de regarder Nita conjurer un brancard pour elle, puis un drap pour la couvrir jusqu'au menton.

Comme ils avançaient sur les grandes pelouses du domaine, avec la civière flottant devant eux, Harry réalisa. « Je sais pourquoi c'est Ste Mangouste. Je m'en souviens maintenant… »

Elle le regarda, intéressée. « Tu t'en souviens ? Tu faisais comme si tu n'en savais rien au début. Ou tu veux dire que tu t'en souviens de ton autre vie ? »

Il resta bouche bée, s'arrêtant pour la fixer. « Comme sais-tu cela ? »

Elle commença à compter sur ses doigts. « Bien, un, il y a Peggy… Maggie, je veux dire, qui m'a dit qu'elle avait vu tes deux auras quand elle t'avait rencontré pour la première fois. Deux, il y a Ron qui m'en a pas mal parlé, et trois, Ginny… »

Harry déglutit, se demandant ce qu'elle avait dit à sa sœur. « Que t'a-t-elle dit ? »

Nita haussa les épaules. « Elle m'a raconté comment cela s'était passé, et que tu étais son 'soupirant' dans cette vie là. » Il ne pouvait pas dire si elle se moquait de lui comme elle fit un geste de la baguette, faisant repartir le brancard qui portait Cho. « Et elle m'a dit que tu m'avais rencontré, et que j'étais infirmière, et pas docteur. »

Harry acquiesça. « C'est vrai. »

« Alors… Tu te souviens de quelques chose sur Ste Mangouste de ton autre vie ? »

« En quelque sorte… Est-ce que Ginny t'as dit que ma mère était mariée à Severus Rogue dans cette vie ? »

Ce fut au tour de Nita de rester sans voix. « Non, elle a de toute évidence oublier de mentionner cela. Et il va être mon beau-frère ! »

« Oui. Bien, je me souviens maintenant qu'il m'avait appris une comptine que son arrière grand-mère lui avait appris quand il était petit, quand il venait la voir à Glasgow. Elle est morte de chagrin peu après que ses parents aient été tués, il m'a dit. Il était déjà parti vivre chez son oncle à Dunoon. En tous cas, il nous a enseigné à ma sœur, mes frères et moi la comptine et les légendes de Ste Mangouste, qui était un sorcier. NDT : Quelle idée de traduire Mungo par mangouste… Enfin…» Il récita :

« C'est l'oiseau qui n'a jamais volé,

C'est l'arbre qui n'a jamais poussé,

C'est la cloche qui n'a jamais sonné,

C'est le poisson qui n'a jamais nagé. »

Nita acquiesça. « Cela ressemble presque à une incantation, n'est-ce pas ? »

« Oui, j'ai toujours pensé cela. Cela se réfère juste aux objets sur le blason de Glasgow : un oiseau, un arbre, une cloche et un poisson. Ils sont tous en rapport avec Ste Mangouste. Le poisson a un anneau dans la bouche, mais je ne me souviens plus de l'histoire… »

« Je l'ai connue, autrefois. » dit-elle,. « Nous y voilà. » dit elle d'un ton ferme et professionnel comme ils atteignaient l'allée devant l'énorme bâtiment qui abritait le seul hôpital magique de Grande Bretagne. Les grandes fenêtres à panneaux sur la façade de grès semblaient aveugles et indifférentes aux peines des gens atteints de maladies et de blessures magiques. Mais comme ils approchaient de la porte, Harry vit au-dessus du linteau le blason décrit obliquement par la comptine qu'il avait apprise petit garçon. L'oiseau qui ne volait jamais, l'arbre qui ne poussait jamais, la cloche qui ne sonnait jamais et le poisson qui ne nageait jamais. Au-dessus, au sommet du blason, il y avait l'image d'un évêque avec un mitre, la main levée pour une bénédiction. Ste Mangouste.

« Nous n'allons pas passer par ici. » dit Nita, tournant à gauche. « Par ici. Sauf que… » Elle passa sa baguette au-dessus des habits de Harry pour les transformer en robe couleur pêche, comme la sienne.

« Je vais jouer le rôle d'un docteur maintenant ? » couina-t-il. « Est-ce sage ? »

« Doucement. » dit-elle laconiquement. « Essaye juste d'avoir l'air de savoir ce que tu fais. » D'un geste de la baguette, elle conjura des presse-papiers pour eux. Harry la suivit en silence. Quand ils furent dans le bâtiment et traversèrent les couloirs, elle sembla chercher quelque chose du regard. Harry espérait qu'elle le trouverait vite. Il se sentait en fait plus suspect avec sa robe de médecin que sans, en train de marcher derrière elle et le brancard qui portait Cho. Il se lissa la frange de façon répétée devant sa cicatrice et essaya de ne pas sursauter au plus petit son.

Finalement, Nita conduisit la civière dans une pièce. Harry entra dans la pièce avec soin, regardant attentivement les gens dans les couloirs jusqu'à ce que la porte se trouve finalement fermée. Elle lui ordonna de la fermer sûrement, ce qu'il fit, et de monter la garde pendant qu'elle travaillait. Cela sembla prendre un très long moment, et Nita partit deux fois par un passage secret pour aller chercher quelques produits (une potion et un baume). Finalement, ne quittant pas la porte des yeux, il demanda « Puis-je demander pourquoi tu es si intéressée par la sauver ? »

Elle poussa un grognement irrité. « Bien, si tu es si pressé que cela d'aller en prison pour meurtre, je peux juste la laisser mourir… »

« Quoi ? » Il se tourna vers la porte

Nita le regarda à nouveau comme si c'était un idiot. « Elle est ton alibi ! La vraie meurtrière ! Un animagus mort n'est pas identifiable en tant que tel. Elle doit être vivante pour pouvoir dire que c'est elle qui l'a assassiné. Maintenant, cela aide que ce soit son sang sur le verre dans la chambre, et que les éclats soient par terre indique clairement que la fenêtre a été cassée de l'extérieur, et non de l'intérieur. Mais nous avons besoin d'un motif aussi… »

Il secoua la tête. « On ne parlait pas du tout d'elle quand Jeffries me racontait tout ce qui s'est passé. On parlait de Voldemort, bien sûr, et d'autres mangemorts. » Il prit une grande inspiration avant de dire « Et de ton oncle et ta tante. »

Elle essuya une larme à son œil. « Je m'en doutais. » Sa voix avait l'air un peu prise, et il put la voir déglutir. Elle regarda à nouveau Cho. « Nous n'avons plus qu'à attendre maintenant. Pour voir si elle va s'en tirer. D'une certaine manière, l'endroit d'où tu as disparu, Ste Mangouste, je veux dire, est probablement le lieu le plus sûr pour toi. Et moi. » Elle rit. « Quand je pense que j'ai été associée pendant toutes ces années à un paquet de mangemorts, et que quand j'aide à dissimuler un fugitif, il faut que ce soit Harry Potter ! »

Il s'assit à côté d'elle. « Personne ne viendra nous chercher dans cette pièce ? Je pense que je devrais transplaner à Bout-du-Lard… »

Elle secoua la tête. « Cette pièce est sensée être transformée en bureau bientôt. Toutes les pièces de cette aile vont subir le même sort. Mais les travaux ne vont pas commencer avant quelques jours. Nous ne devrions pas être dérangés. Bout-du-Lard est le premier endroit où on va te chercher, de toutes façons, même si tu pouvais transplaner hors d'ici, ce que tu ne peux pas faire. On ne peut venir ici que par cheminette, dans le hall d'entrée, par ambulance, ou à pied. » Elle regarda le visage de Cho Chang avec une expression que Harry ne put interpréter, mais Nita n'avait pas l'air particulièrement contente. Harry lui couvrit une main avec la sienne

« Comment tes parents l'ont pris ? Tes parents adoptifs. Que tu sois une Weasley ? »

Elle fit glisser sa main de sous celle de Harry et les posa toutes les deux sur ses genoux. « Ils ne savent pas. » chuchota-t-elle. « Je n'ai pas réussi à m'amener à parler de ma famille à quiconque. Je ne pouvais certainement pas parler à tante Cissy de ce qui se passait… »

Il acquiesça. « D'autant qu'il s'avère qu'elle incarnait un député, et que ton oncle incarnait le whip, en prenant la place de Roger Davies… »

Elle fronça les sourcils, confuse. « Quoi ? »

Harry lui raconta ce que Jeffries lui avait dit. A chaque surprise successive, ses yeux s'écartillaient. « Pas étonnant qu'on ait envoyé un mangemort pour le tuer, s'il te racontait tout cela ! » dit-elle. « Mais attends… Comment pouvait-on savoir qu'il te parlait de tout ça ? »

Harry n'hésita qu'un instant. « Des troisième œil. Nous en avons trouvé plein le château d'Ascog l'été dernier, et Cecilia, l'avocate de Mr Spinnet, qui est une sorcière, en a trouvé dans son bureau, ce qui explique pourquoi les témoins qui devaient venir à son procès pour la défense ont tous été mystérieusement absents. On leur avait envoyé des lettres avec l'en-tête du cabinet aussi. »

Elle se frappa le front très fort, l'air en colère. « Tellement idiote ! Je n'aurais jamais dû le laisser te parler là ! J'aurais dû vous mettre ailleurs tous les deux. »

Il montra Cho de la tête. « Tu penses vraiment qu'elle va bien aller ? Je ne vais pas être accusé de meurtre ? »

Nita eut l'air grave. « Je pense. C'est une bonne chose que je t'ai trouvé au moment où je l'ai fait. Ce foutu Clancy… »

Harry pensa encore à son responsable. « Tu ne penses pas que… Que Clancy est un mangemort ? »

Elle le regarda avec de grands yeux. « Il… Il pourrait l'être. » dit-elle doucement.

« Bien. » dit Harry, acquiesçant. « Je pense qu'il est temps que nous amenions ton petit frère Percy ici avec quelques uns de ses amis aurors pour prendre soin du docteur Clancy. »

xxxxx

Cela avait été une très très longue journée. Être dans la cuisine de Bout-du-Lard pour prendre un dîner tardif avec Ron, Hermione, Ginny, les jumeaux, Lee, Angelina et les bébés était très étrange alors que quelques heures plus tôt, il était à nouveau possible que Harry soit accusé de meurtre. En fait, il avait été questionné pendant des heures, et était en résidence surveillée. Deux aurors du ministère gardaient la porte d'entrée et la porte de derrière de la maison, qui avait été retirée du réseau de cheminette. On ne pouvait plus transplaner (et une alarme se serait déclenchée si quelqu'un s'était transformé en animagus, ce qui signifiait que Hermione ne pouvait pas le faire non plus.) C'était mieux que de se geler les pieds dans un cellule du ministère, cependant, et Harry était reconnaissant que Percy ait su quelles ficelles tirer pour arriver à cet arrangement.

Le dîner sembla prendre bien plus longtemps que d'habitude, comme Harry racontait ce que Jeffries lui avait dit alors que tout le monde l'interrompait pour lui poser des questions. Alors qu'ils allaient attaquer le pudding, Percy et Katie entrèrent depuis le couloire, se laissant tomber dans le sofa près du feu, l'air épuisé. Katie se laissa tomber contre Percy, les yeux fermés.

Ron retourna sa chaise et demanda avec excitation. « Alors ? »

Percy leur sourit à tous. « Nita a encore son boulot et Harry est blanchi, et n'est officiellement plus en résidence surveillée. » fit-il, sa voix très lasse. « Nous avons renvoyé les gars du ministère avant de rentrer ici. Tu veux voir écris que tu n'es plus suspecté de meurtre ? » Il sortit un rouleau de parchemin de sa robe et le lança à Harry, de toute évidence trop fatigué pour faire les quelques pas entre le sofa et ce dernier, assis à la longue table de la cuisine. Harry le saisit adroitement et le déroula, le lisant à haute voix.

Après les premiers mots, cependant, il fut submergé par des cris de joie tout autour de la table, et Ginny lança ses bras autour de son cou, l'embrassant partout sur son visage. Un sentiment de soulagement l'inonda comme il lisait, il s'affaissa dans sa chaise. Il vit que Ginny pleurait et riait en même temps. Il rit et lui embrassa le bout du nez avant de la prendre contre lui, la serrant fort, le parchemin froissé maintenant abandonné sur la table, avec les couverts sales. Après avoir caressé ses cheveux avec affection pendant un moment, il se leva et s'avança vers le sofa, tendant la main Percy qui la lui serra sans se lever.

« Merci Percy. Vraiment, je… »

« Oh, ne me remercie pas. Les preuves ne pointaient clairement pas sur toi, une fois que l'on a pris la peine de les regarder. Cho Chang avait du sang de la victime sous les ongles de ses pieds, comme elle l'a égorgé avec ses serres. Elle a longuement été interrogée, et sans Veritaserum, afin que personne ne puisse contester les résultats de l'interrogatoire. De plus, elle a été formée par MacGonagall et s'est enregistrée comme animagus, et il y a des enregistrements de sa forme d'animagus au ministère, des photos et tout cela. Et d'autres personnes à Ste Mangouste ont vu un aigle de mer géant voler devant leurs fenêtres. Nous l'avions de toutes façons. Elle a avoué et proposé de nommer d'autres mangemorts. Toutefois… »

Harry fronça les sourcils. « Quoi ? »

Percy s'éclaircit la gorge. « Elle n'avait pas beaucoup de choses agréables à dire à ton sujet. »

« Je ne suis pas exactement surprise. C'est à cause de moi que Lucius Malfoy l'a mise sous Imperius, puis je l'ai faite sortir avec un gars qui s'est avéré être le petit fils de Voldemort, et puis il est mort à cause de moi… Le deuxième petit ami mort en deux ans pour lequel elle peut me blâmer. »

Katie se redressa maintenant, s'étirant paresseusement. « Il y a encore d'autres bonnes nouvelles. Elle a corroboré beaucoup de choses de l'histoire que Jeffries t'a racontée. »

Harry la fixa, étonné. « Elle l'a fait ? Comment ? »

« Il s'est avéré qu'elle y était jusqu'au cou aussi. Elle servait d'intermédiaire entre Verpey et Roger Davies plus tôt. Être un animagus aidait pour cela. Jeffries ne savait probablement pas. En fait, nous avons trouvé de plus en plus de mangemorts qui étaient impliqués dans toute l'opération, et quelques uns ne se connaissaient même pas. Pour des raisons de sécurité, je suppose. Vous-Savez-Qui a toujours travaillé comme cela. Quelques uns étaient juste impliqués du côté du parlement, d'autre du côté de l'organisation de Jeffries, pour garder un œil sur lui, d'autre se sont occupés du vol des dragons, et d'autres encore de l'évasion d'Azkaban. »

Harry secoua la tête, se mettant à faire les cent pas . « Je ne peux pas croire que nous ayons pensé que Voldemort ne faisait rien tout ce temps, quand il y avait toute cette activité en coulisses. »

Percy se leva avec lassitude et alla jusqu'à la table où il se servit un peu de tarte aux pommes. « Moi si. Ils ont pris soin de faire des choses dispersées, de telle sorte que cela avait l'air imprévisible et aléatoire. Qui aurait pensé que quelqu'un volerait un troupeau de dragons ? Qui aurait pensé que les prisonniers qui s'étaient rendus à la Gringott étaient sensés attirer les aurors à Azkaban ? Et que les dragons seraient utilisés pour faire s'échapper les prisonniers ? Et puis il y avait les détraqueurs… » Il frissonna un instant avant de mettre un gros morceau de tarte dans la bouche.

Harry s'assit à côté de Ginny avec un soupir de soulagement. « Grâce à Dieu, ils ont disparu maintenant, avant de pouvoir faire trop de dégâts… »

Fred et George échangèrent un regard. « Heu… Tu ne sais pas ? » dit Fred en hésitant. Harry eut une sale impression au creux de l'estomac.

« Je ne sais pas quoi ? » réussit-il finalement à dire.

« Ils ont été temporairement lâchés ici et là, » dit Fred gravement. « Quand je voyage, parfois, je ne peux pas trouver de pub de sorcier où rester, ou je ne veux simplement pas être vu par des sorciers et je vais dans un pub moldu à la place. J'étais assis au bar d'un pub un peu à l'est d'ici, en train de prendre un verre et de regarder la télé, quand le journaliste qui présentait le journal a débité une histoire horrible sur des villages entiers ravagés par les détraqueurs. » Fred vit le choc de Harry et poursuivit. « Ce n'est pas ce qu'il a dit, bien sûr. Il a appelé cela 'un accès d'hystérie inexplicable'. Sauf qu'il y avait des experts de partout qui disaient qu'ils n'avaient jamais vu des cas d'hystérie comme ceux-là. Des gens complètement silencieux, en faisant plus du tout attention à ce qu'ils faisaient. Il y en avait qui avaient des travails, comme les chauffeurs de bus, mais qui tuaient les gens parce qu'ils ne réalisaient pas ce qu'ils faisaient, et personne ne s'en souciait. Les corps s'empilaient, simplement. Les gens s'arrêtaient de manger et mourraient de faim. Les petits enfants qui n'avaient pas été frappés par les détraqueurs n'avaient personne pour s'occuper d'eux, et quelques uns étaient en train de mourir par négligence… Simplement affreux. » Il déglutit et secoua la tête. « A la première histoire comme celle-là que j'ai entendue, je suis revenu ici. George, Lee et moi sommes allés jusqu'aux villages qui avaient été frappés, en prenant des chocolats. Cela a aidé quelques personnes qui avaient juste eu leur joie aspirée. Mais pas… »

« … Pas ceux qui avaient reçu le Baiser. » termina doucement Harry.

« 'Les sans espoir marcheront sur la terre…' » dit doucement Hermione. Ils la regardèrent tous. « La Prophétie que Maggie a faite à Fraserburgh. »

« Fraserburgh ! » s'exclama soudain Fred. « C'était l'un des villages ! »

« Oh non ! » dit Harry, se cramponnant au bord de la table, se souvenant des gens rassemblés au match de football auquel il avait assisté, et qui encourageaient « The Broch » et appréciaient cette rivalité bonne enfant.

« Et… Et les autres villages dans la zone ? Heu… » Il peina, essayant de se souvenir des noms des villages le long de la côte.

« Hum, Peterhead, je pense. Un camping a été frappé… Inveralochy ? C'est bien cela, George ? » Son jumeau acquiesça, ayant l'air d'avoir besoin d'un peu de chocolat maintenant.

Hermione s'étrangla. « Nous… Nous pensions que la Prophétie parlait juste de ce qui allait arriver à Stonehenge. Mais les détraqueurs ont été lâchés bien avant cela… »

George soupira, passant un bras protecteur autour des épaules d'Angelina. « Exact. Ces choses doivent être nourries. Les mangemorts ne pouvaient pas simplement les garder dans un coin. Ils ne voulaient probablement pas passer trop de temps avec eux, de toutes façons. Il devaient donner aux détraqueurs quelque chose pour les occuper. »

« Pourquoi n'avez-vous parlé de cela à personne ? » s'enquit Harry.

« Nous l'avons fait ! » dit Fred avec véhémence, l'air frappé par la suggestion. « Percy. Les aurors étaient partout dans le nord-est de l'Écosse, à la recherche de ces maudites choses. Mais ils s'étaient à nouveau évaporés. »

« Les dragons. » marmonna Harry. « Ils étaient probablement transportés par dragon sur un site, juste assez longtemps pour se nourrir, puis déplacés avant que les autorités n'arrivent… »

« Exact. » dit Katie. « Nous n'avons en fait jamais rencontré les uns ou les autres. » Elle frissonna. « Je ne pouvais pas croire comment c'était quant il y en avait tant ensemble à Stonehenge. Le froid. Cela m'a ramené à ma quatrième année… »

Hermione tapa sur la table, faisant trembler la vaisselle. « Je suis terriblement en retard dans la lecture des journaux de mes parents ! Je parie qu'il y avait quelque chose dedans ! »

Ron lui frotta doucement le dos, l'air grave. « Ce n'est pas ta faute. Et les histoires n'auraient pas mentionné les détraqueurs de toutes façons, n'est-ce pas ? De ce que Fred disait, les nouvelles moldues n'étaient pas très claires sur ce qui se passait. »

« Mais… Mais si j'avais simplement lu entre les lignes…. »

« Les détraqueurs ! » s'exclama soudain Harry, se souvenant qu'il avait eu une autre raison pour se rendre à Ste Mangouste. « Je ne suis pas allé voir ma tante ! »

Katie opina du chef. « Cela va devoir attendre. On a décidé que, maintenant qu'elle parlait, la meilleure chose à faire était de la ramener à Surrey. Je l'ai amenée. Pour être un visage familier. »

« Heu, ça va Katie ? Comment mon oncle a pris son retour ? »

« Oh, tout cela s'est bien passé. En chemin, cependant, elle a eu quelques mots choisis à me dire. Tu sais, sur le fait que j'étais sortie avec toi l'été dernier et que j'étais mariée à Percy maintenant. Une femme charmante, ta tante. Elle a déjà pensé au Quai d'Orsay ? A vivre comme une diplomate ? » suggéra-t-elle, sa bouche se tordant. Harry rit, puis redevint sérieux.

« Désolé. Elle a été vraiment si terrible avec toi ? » Il secoua la tête. « D'accord, on dirait qu'elle est revenue à la normale. Je suppose que je peux attendre un petit peu pour lui rendre visite alors. » Katie roula les yeux. Peut-être avait-elle espéré que les détraqueurs auraient aspiré l'acrimonie de Petunia Dursley. Puis il pensa à autre chose et fronça les sourcils à Percy. « Ce que je ne saisi pas, c'est… Comment Cho est passée de tuer Jeffries pour l'empêcher de parler à parler tellement elle-même ? »

Percy haussa les épaules. « Nous avons beaucoup vu cela. De loyaux mangemorts, exécutant les ordres jusqu'à ce qu'ils se fassent prendre. Ensuite, ils s'effondraient et donnaient de noms. Pas si bizarre en fait. » Il le fit un sourire malicieux très peu courant chez lui. « Des rumeurs circulent dans les cellules du ministère que quelque chose de bien pire qu'Azkaban est en train d'être préparé pour le remplacer, et personne ne veut savoir de première main ce dont il s'agit. »

Ron le regarda avec de grands yeux. « Pire qu'Azkaban ? Qu'est-ce qui pourrait être pire que les détraqueurs ? »

Fred, parfaitement sérieux, répondit « Ils ont du entendre qu'ils allaient tous être bouclés dans une grande pièce pendant que Percy leur lit ses vieux rapports sur les fonds de chaudron nuit et jour… »

Tout le monde éclata de rire à cela, même Percy et Katie. Ron, Lee et les jumeaux nettoyèrent la table et commencèrent à faire se laver les couverts tandis qu'Angelina mettait les bébés au lit avec l'aide d'Hermione, qui cocoonait le petit Rufus en route. Harry sortit dans la salle à manger avec Ginny, jetant par dessus son épaule un coup d'œil au joyeux nettoyage.

« Je ne les ai jamais vu lever le petit doigt au Terrier. Ta mère doit être contente qu'ils se mettent finalement au ménage ici. »

Elle laissa échapper un court éclat de rire « Tu ne comprends pas. Fred et George suppliaient maman de les laisser aider à la maison. Le chaos total. Mais ici, il n'y a personne pour les arrêter. Percy et Katie sont occupés avec leur travail d'auror, et Angelina a les mains pleines avec les bébés, alors ils ne sont pas ennuyés. Quelqu'un doit le faire. Ils s'amusent et utilisent simplement 'Reparo' à loisir quand ils cassent quelque chose. Ce qui arrivent plusieurs fois par jour. »

Elle lui sourit et ouvrit la porte de la salle à manger. Bien que le début de printemps soit passé d'un mois, les nuits étaient encore très fraîches, alors Harry alluma un feu dans la cheminée et s'installa avec elle dans l'un des canapés, se sentant très domestique et installé, et essayant de ne pas penser qu'il n'était pas passé loin d'aller en prison. Le chat de Ginny, MacKenzie, vit se blottir sur les cuisses de cette dernière, et ronronna doucement pendant que Harry le caressait.

Une minute plus tard, Percy et Katie les rejoignirent, s'asseyant pour leur tenir silencieusement compagnie sur un autre canapé. Pendant un moment, les yeux de Katie croisèrent ceux de Harry. Elle avait l'air contente et satisfaite, lui faisant un petit signe de la tête avant de fermer les yeux et de poser sa tête contre l'épaule de Percy. Harry serra Ginny contre lui, poussant un soupir de satisfaction. Le chat descendit sur le tapis où il se mit en une boule noire et passa sa truffe sous sa queue.

Harry se souvint s'être excusé auprès de Katie après avoir quitté son appartement et l'avoir embrassée, lors de leur première sortie, d'elle lui disant. « Tu pensais que tu pourrais te forcer à oublier cette autre fille ? C'est bon Harry. Cela te dérange si… Si je te demande si c'est Ginny Weasley ? » Katie avait su tout du long que c'était Ginny. Il se tourna et pressa ses lèvres contre le front de Ginny, avant de se renfoncer dans le canapé et de fermer les yeux. Si seulement il avait su qu'elle n'aimait pas vraiment Draco Malfoy, et que la cousine de Draco Malfoy était en fait la sœur de Ginny…

Il ouvrit d'un coup de grands yeux et se redressa un peu. « Percy… Tu es sûr que Nita va bien ? Tu as dit qu'elle avait encore son travail… Mais pour son responsable, le docteur Clancy ? Elle pensait qu'il pouvait être… »

« Un mangemort ? Dans le mille. Il est en garde à vue. Bien qu'il ne soit plus une chaise. Cela a été plus pratique pour l'arrêter. Nous avons attendu de l'avoir en sécurité pour le retransformer. » ajouta-t-il avec un rictus. « Il s'avère qu'il savait ce que racontait Jeffries parce qu'il te surveillait depuis le bureau de son assistant en utilisant un troisième œil associé à celui qui était dans la chambre. Il a contacté Cho Chang pour qu'elle s'occupe du problème, comme il ne pouvait risquer de se faire prendre. Il supposait que comme on savait que tu était un animagus griffon d'or, ce ne serait pas trop dur de t'arrêter une fois qu'il aurait mis des preuves à charge contre toi. C'est une bonne chose que Nita l'ai stupéfixé quand elle l'a fait, avant qu'il ne puisse monter son piège. Maintenant, si cela ne te dérange pas que je ne parle pas travail pour une fois Harry… » dit Percy, paresseusement, appuyant à nouveau sa tête contre celle de Katie.

Harry le regarda. « C'est pour cela qu'il n'arrêtait pas d'aller et de venir alors qu'il était sensé parler à Nita ! Bien, alors, si ce n'est pas un souci… Je n'étais simplement pas sûr que Nita était vraiment en sûreté. Vous êtes sûrs qu'elle aurait dû rentrer chez elle toute seule ? Et si quelqu'un lui tend un traquenard là-bas ? Je viens de découvrir aujourd'hui que Narcissa Malfoy est en fait Harrington-Smyth… Il n'y a probablement pas eu le temps de la traquer et de la capturer. N'est-ce pas ? Et si… » Il s'arrêta, voyant les regards malicieux de Percy et Katie.

« Je pense que Nita va bien, Harry. Non, nous n'avons pas mis sa tante en garde à vue encore, mais elle ne va pas passer la nuit seule. » lui dit Katie, un sourire apparaissant au coin de ses lèvres.

« Elle est… Oh, bien. Quelqu'un la protège alors ? Elle a un autre endroit où aller ? »

Katie eut l'air très enjouée, comme si elle avait un secret. « Le même 'autre endroit' où elle va depuis une paire de semaines maintenant. L'appartement de papa. »

Harry resta bouche bée. « Quoi ? Nita… Ton père… »

Katie se blottit encore dans les bras de Percy, l'air très heureuse. « C'est exact. Je ne l'ai pas vu aussi joyeux depuis… Bien, jamais en fait. »

« Je pense qu'ils vont bien ensemble. » proclama Percy, retrouvant son vieux ton pompeux.

« Ha. » dit Harry, ne s'étant pas attendu à cela. « Elle n'a rien dit… »

« Elle n'aurait rien dit, n'est-ce pas. Nita n'est pas… N'est pas habituée à partager ses choses là. Maggie m'a dit qu'elle avait essayé d'apprendre quelques choses, mais c'était comme lui arracher les dents. » dit Ginny, pas étonnée.

« Mais ton père est allé en prison à cause de Lucius Malfoy ! » dit-il à Katie.

« Elle ne chante plus exactement ses louanges. » observa Katie.

Ginny acquiesça et attira la tête de Harry vers son épaule. « Viens-là. » dit-elle d'une voix lasse. « Passe un peu de temps avec moi avant que nous devions partir dans nos chambres séparées… »

Juste comme elle disait cela, la porte de la salle à manger s'ouvrit, laissant entrer Ron, Hermione et les jumeaux. George avait l'air assez surpris.

« Tu plaisantes, pas vrai ? » demanda George, commençant à pouffer.

Harry tourna la tête et regarda George. « A quel sujet ? »

« Sur faire chambre à part. Tu penses que cela vaut le coup de prétendre que vous quatre » il montra Ron et Hermione en plus de Harry et Ginny, « n'allez pas changer de lit au milieu de la nuit ? Est-ce que ne pourriez pas au moins avoir un peu de considération pour le restant de nous et ne pas faire de bruit en faisant craquer le plancher et claquer les portes ? Aller simplement dans la chambre où vous allez passer la nuit, et ne faites pas semblant… »

Harry regarda George avec de grands yeux. « Mais… Mais… Ginny… Ses frères… » Il savait qu'il n'était pas cohérent, mais il n'arrivait pas à former une phrase tellement il était choqué.

« Tu peux remercier Ron. » l'informa George. « Bien sûr, ce n'est pas comme s'il n'avait pas d'intérêts personnels. Il compte bien passer la nuit avec sa petite amie… » Cela fit virer Hermione à l'écarlate. Elle avait l'air de vouloir quitter la pièce.

« En fait, » dit Ron, se redressant de façon à dominer les jumeaux, « je préfère considérer que nous avons appris à être mûrs sur ce point. » dit-il de la voix la plus pompeuse que Harry l'avait jamais entendu utiliser. « Harry est mon meilleur ami. » dit-il noblement. « Ginny est… »

« Oh, oui. » dit George, roulant les yeux. « Tu es mûr à sur ce point parce que toi et Hermione pouvez… »

« George ! » le coupa Ginny, voyant l'inconfort d'Hermione. « La ferme ! »

George sourit simplement avec amusement. « Je dis juste… »

Harry remarqua que Fred était entre Ron et George, immobile, ses mains enfoncées dans ses poches, lançant à Harry un regard très hostile. « Ca va, Fred ? » lui demanda Harry en hésitant. Fred n'avait pas été ravi de le trouver au lit avec Ginny la dernière fois qu'il était resté dormir à Bout-du-Lard. Les lèvres jointes de Fred bougeaient comme s'il y avait quelques mots choisis qui ne demandaient qu'à sortir. Soudain, George lui donna un brusque tape sur la nuque.

« Hey ! » s'exclama Fred.

« Oui, il va bien. N'est-ce pas, Alfred ? Tu ne vas pas faire de problèmes, n'est-ce pas ? » dit à dessein son jumeau.

Fred se passa la main sur la nuque. « Tu veux un bon maléfice ? » demanda-t-il.

Harry étouffa un rire. Il regarda Ginny, qui, à sa surprise, était aussi rouge que Hermione. Il n'avait certainement su sur le changement de chambre. De toute évidence, Ron comptait que cela soit une surprise.

« Dis-lui, Ron. » dit doucement George. Harry ne le saisit qu'en lisant sur les lèvres de George.

Ron sourit comme s'il avait un secret, et se pencha pour chuchoter quelque chose à Fred, qui commença à rire. « Oh, d'accord. C'est bon alors. »

Ron lui donna une tape sur l'épaule, souriant. « Je pensais que tu serais d'accord. »

Fred eut l'air encore un peu hésitant. « Tu en es absolument certain ? »

Ron continua à sourire et tapota le côté de son nez avec le doigt. « Crois-moi. »

Fred rit encore et se laissa tomber sur une chaise. « Merci petit frère. » dit-il, bien que Ron mesure quelques pouces de plus que lui maintenant.

« Ah, je vois. » fit rapidement Harry. « C'est un piège. Nous allons nous retrouver sur une planche à clous, ou il y a un sort dans la chambre pour que nous tombions de fatigue à la seconde où nous entrerons dans la pièce… »

Ron eut l'air affronté. « Pas du tout ! C'est… Tout le monde se comporte en adulte. » dit-il d'une voix étrangement calme. Les jumeaux avaient l'air près d'éclater de rire. « Bien que pour certain d'entre nous, il y ait des bénéfices marginaux… » ses yeux glissèrent vers Hermione à nouveau.

« Oh, Ginny ! » fit Hermione d'une voix étranglée, changeant à dessein de sujet. « Tu aurais du voir les bébés prendre leur bain. Rowena était si adorable… »

Un air terrifié s'afficha brusquement sur le visage de Ron, et il fit le mot 'bébé' sur les lèvres, à destination de Harry. « Harry, que dirais-tu d'une partie d'échecs ? » dit-il, se levant rapidement. Harry essaya de ne pas rire et accepta, embrassant Ginny sur le front, puis suivant Ron de l'autre côté de la pièce, jusqu'à l'échiquier. Comme ils mettaient en place les pièces, Ron secoua la tête, regardant Hermione raconter à Ginny toutes les risettes qu'avaient fait Rowena et Rufus pendant qu'Angelina leur donnait leur bain et les préparait à mettre au lit. Il secoua la tête, commençant à jouer.

« Ne t'inquiète pas Ron. » dit Harry en souriant, jouant le premier coup. « Elle ne veut probablement pas avoir des enfants tout de suite… » Il avait l'impression de prendre une petite revanche. Il ne savait pas encore ce qui allait les attendre, Ginny et lui, quand ils iraient se coucher, plus tard.

« Des bébés. » dit encore Ron, prenant un pion de Harry. « Eurk ! » Harry rit simplement.

xxxxx

« Bon. »

« Bon. »

Ils se regardaient l'un l'autre, nerveusement, la porte de la chambre de Harry soigneusement fermée. Harry était très conscient de la présence du lit au coin de l'œil, avec ses sacs et ceux de Ginny à son pied. Jusque là, ils n'avaient pas vécu de malaises rien qu'en entrant dans sa chambre, mais c'était comme attendre que l'autre se décide à faire le premier pas. Il devait y avoir une bonne raison pour que les frères de Ginny aient été d'accord pour la laisser passer la nuit dans la chambre de Harry.

« Bien… »

« Bien. » dit-elle d'un voix faussement enjouée, ayant l'air de n'avoir jamais vu la pièce.

C'est stupide, pensa-t-il. Ce n'est pas comme si nous n'avions pas fait cela avant. Mais il réalisa alors que ce n'était pas strictement vrai. Ils n'avaient jamais passé la nuit ensemble, à part deux nuits dans cette même pièce, une avec Harry assis sur le siège de la fenêtre, et une durant laquelle Fred avait dormi sur ce siège. Ils avaient fait l'amour une fois de plus depuis la sortie à Pré-au-Lard, bien qu'ils aient eu deux occasions. Les deux opportunités avaient été des samedis après-midi passés dans la chambre de Maggie. Elle avait voulu se faire pardonner d'avoir aider Harry à se faire suspendre, et les avait invité à prendre la thé, puis elle leur avait fait un sourire et été partie. Ils n'avaient pas à s'inquiéter d'être en dehors de la tour Griffondor pendant les patrouilles, ils n'avaient pas à s'inquiéter d'être à un endroit où Harry avait été avec Hermione. C'était parfait. (Bien que la réaction de Ron, plus tard, ait laissé à désirer).

Le samedi suivant, Maggie s'était arrangée pour leur laisser sa chambre encore, mais cette fois, Ron leur avait prévu un entraînement matinal de Quidditch et les avait complètement épuisés. Ils étaient allés chez Maggie, encore en tenue de Quidditch, et quand elle les laissa seul cette fois là, ils s'effondrèrent tous deux rapidement sur son lit et tombèrent dans un sommeil profond. Quand elle revint, entrant en hésitant dans la chambre, elle les réveilla avec son rire.

« Je pensais qu'il y avait une raison différente à ce que vous deux ratiez le dîner. Je ne pensais pas que c'était une sieste prolongée. » Elle eut beaucoup de mal à se retenir de rire. Ils avaient dû partir afin de revenir à la tour Griffondor avant les neuf heures fatidiques, et en chemin, Ginny s'était arrêtée et excusée auprès de Harry.

« Ne t'excuse pas. Je me suis endormi aussi. » lui rappela-t-il, l'embrassant sur le front.

« C'est juste que… J'ai l'impression d'avoir gâché une parfaite occasion… »

« Allons, je ne veux plus entendre cela. Du temps passé au lit avec toi sous n'importe quelle circonstance n'est pas du temps perdu, en ce qui me concerne. Je veux passer beaucoup de temps au lit avec toi dans les années à venir, et pas seulement pour faire la première chose qui vient à l'esprit. » dit-il, commençant à lui déposer des baisers dans le cou. Elle rit d'abord, puis soupira.

« Et quelles sont les choses qui ne sont pas les premières à te venir à l'esprit ? » demanda-t-elle, sa voix ponctuée par un halètement comme il approchait sa bouche de son oreille.

« Dormir, lire, parler dans le noir, manger des gâteaux et mettre des miettes dans les draps, faire des mots croisés… » murmura-t-il, soufflant chaudement dans son oreille. Elle frissonna.

« Continue comme cela et je te traîne jusque chez Maggie de nouveau. Tu ne fais pas de mots croisés. » dit-elle soudain, se reculant et regardant son visage.

Il haussa les épaules. « Je sais. Mon père en faisait. Je suppose que quand je pense que je suis avec toi… Je me souviens d'eux cette nuit là… »

« La nuit où ils sont morts. » chuchota-t-elle, appliquant sa main sur la joue de Harry.

Il acquiesça. « C'est juste que…. Quand j'ai eu la chance… »

« … De sauver ta mère, oui, chut, je sais… »

Et elle était dans ses bras et embrassait son cou pendant qu'il essayait de se calmer à nouveau. Finalement, il se sépara d'elle et lui sourit du mieux qu'il pouvait. « En tous cas, nous devrions rentrer à la salle commune… Et plus un mot sur le temps perdu au lit, d'accord ? »

Elle lui sourit, faisant bondit son cœur. « D'accord. Je te le promets. »

Ils se tenaient maintenant dans une grande chambre à peine meublée et continuaient à se regarder l'un l'autre, mal à l'aise, entendant les autres Weasley s'affairer dans le couloir des escalier, se disant bonne nuit les uns aux autres et regagnant leurs chambres.

« Hum, je vais me laver les dents et passer aux toilette. Je reviens. » dit-elle rapidement.

Harry déglutit et se mit à faire les cent pas. Est-ce que Ron et les jumeaux leur avaient préparé une surprise ? Cela lui tapait sur les nerfs de ne pas savoir. Pendant qu'il attendait, il prit son pantalon de pyjama et l'enfila rapidement. Il ne portait rien au-dessus de la taille, comme d'habitude, à part son pendentif du basilik, et Sandy autour de son bras. Il commença à diriger sa main vers le pendentif, mais y réfléchit un instant. A la place, il vérifia son haleine et grimaça, puis sortit sa brosse à dent de son sac. Quand il descendit le couloir vers la salle de bain, toutefois, ce n'était pas Ginny mais Hermione qui la quittait, portant un petit sac qu'elle fit rapidement passer derrière son dos. Il regarda son expression coupable, perplexe.

« Est-ce que ça va, Hermione ? » demanda-t-il, n'étant pas sûr de vouloir une réponse.

« Si ça va ? Heu, bien sûr. Tout va bien. Tout est comme cela devrait être. »

Elle parlait d'une étrange voix aiguë, mais avant qu'il puisse lui dire quelque chose d'autre, elle s'éloigna vers la chambre qu'elle partageait avec Ron. Ginny lui rentra pratiquement dedans quand elle sortit de la salle de bain, et son visage vira immédiatement au pourpre.

« Oh, te voilà. » dit-elle tout aussi étrange que Hermione. Harry n'avait aucune idée de ce qui se passait. Est-ce que Ron ou les jumeaux avaient mis quelque chose dans la nourriture de Ginny pour qu'elle se comporte si étrangement ? Si c'était le cas, Ron allait aussi en pâtir. Hermione semblait aussi en avoir mangé.

« Oui, Il faut que je me lave les dents aussi. » expliqua-t-il, faisant un geste de sa brosse à dent comme si c'était une baguette. Elle sourit, son regard s'attardant un instant sur son torse. Il souhaita soudain avoir apporté une robe de chambre, au cas où l'un de ses frères les aurait trouvé à se regarder comme cela dans le couloir, et qu'il aurait changé d'avis sur le fait qu'ils passent la nuit ensemble.

Elle courut pratiquement jusqu'à la chambre pendant qu'il entrait dans la salle de bain. Quand il ressortit, le couloir était vide et silencieux. Il était conscient qu'à chaque pas il faisait grincer et craquer le plancher. Une fois de retour dans la chambre, il trouva Ginny déjà au lit, les couvertures remontées jusqu'au menton, l'air endormie. Il contourna le lit et grimpa dedans, éteignant les chandelles. La lune projetait une lumière argentée dans la chambre.

« Ginny ? » lui chuchota-t-il, allongé sur son côté gauche, se demandant ce qui se passait.

« Oui, Harry ? » lui chuchota-t-elle, encore toute immobile, ne bougeant rien que ses lèvres.

« Tout va bien ? »

Elle ouvrit ses yeux et le regarda. Même à la lueur de la lune, Harry pouvait voir qu'elle avait l'air très malheureuse.

« Qu'y a-t-il, Ginny ? » dit-il, sa main allant instinctivement contre la joue de Ginny, un nœud commençant à se former dans son estomac. Qu'est-ce qui pouvait tant la contrarier ?

« C'est vraiment stupide. » dit-elle d'une vois étouffée, tournant sa tête vers l'oreiller, de telle sorte que la main de Harry était maintenant sur sa nuque.

« Quoi ? »

Elle s'assit brusquement et tint le drap et la couverture contre elle, en une posture défensive. « Bien… Nous somme ici, et… Et nous ne pouvons rien faire parce que… Parce que… »

Harry s'assit aussi, fronçant les sourcils, confus. « Simplement parce que tes frères savent où nous sommes ? Où parce qu'ils ne sont pas contre ? Quoi ? Je ne comprends pas. »

« Non, mes frères n'ont rien à voir avec cela. » dit-elle avec impatience. « C'est moi… »

« Nous ne pouvons rien faire à cause de toi. » dit lentement Harry, essayant de comprendre. « Mais tu veux faire quelque chose ? Pardonne-moi, mais je ne comprends toujours pas… »

Elle poussa un soupir impatient. « Harry ! Ron… Ron n'est pas le seul de la famille qui a… Qui a quelque chose qui lui arrive tous les mois… » Elle le regarda avec de grands yeux, attendant qu'il comprenne, et donnant l'impression de ne pas vouloir avoir à être plus claire.

« Oh ! » fit immédiatement Harry. « Pourquoi ne l'as-tu pas dit ? C'est tout ? C'est ce qui te mettait dans cet état ? » Cela ne lui était pas venu à l'esprit qu'il y avait une simple raison biologique.

Une larme roula sur la joue de Ginny, et il l'essuya avec son pouce, pressant à nouveau sa paume contre sa joue, en lui souriant. « Je sais tout à ce sujet, Ginny. J'étais le seul à la maison quand c'est arrivé à Jamie la première fois, et j'ai dû l'aider. De plus, j'ai eu Hermione pour petite amie pendant un an ! » Maintenant, elle avait l'air encore plus énervée qu'il évoque Hermione, et il se débattit pour limiter les nouveaux dégâts. « Je veux dire… Tu n'arriverais pas à croire le cours auquel j'ai eu droit à ce sujet de la part d'Hermione. La totale, avec les tableaux, les graphiques. Non vraiment. Je n'invente pas. » dit-il en riant.

Elle se mit aussi à rire maintenant, ce qui était une grande amélioration par rapport à la jalousie. « Tu aurais dû voir la tête de Ron après qu'elle lui ait fait son cours. » continua Harry. « On aurait dit qu'il aurait préféré repasser ses BUSEs. C'est une bonne chose ! »

« Bonne ! » dit-elle. « C'est quelqu'un qui n'a jamais vécu cela qui le dit. »

« Je ne veux pas dire… Écoute, au moins, nous savons que la potion fonctionne, qu'elle n'a pas perdu son effet, n'est-ce pas ? » Elle concéda cela d'un hochement de tête. « Tu ne devrais pas être énervée ! Je t'ai dit avant… Jamais du temps passé au lit avec toi ne sera du temps perdu. Le simple fait de t'avoir à côté de moi est merveilleux. Je vais être complètement pourri après une semaine quand je vais devoir retourner à l'école et dormir seul à nouveau… » Il se pencha vers elle et l'embrassa légèrement sur les lèvres, puis sur le front. Elle soupira profondément.

« Je pensais juste… Quel timing ! Pour eux tous… A part Fred, jusqu'à ce que Ron lui dise quelque chose… qu'ils soient d'accord avec cela, et puis… »

« Ron ! » dit soudain Harry. « Il savait ! C'est pour cela qu'il était d'accord pour que nous passions la nuit ensemble. Et il l'a dit à Fred… C'est pour cela que Fred s'est calmé. Et Ron avait pu le dire à Percy et George avant… »

Ginny se renfrogna. « Comme Ron a pu savoir quand nous étions en bas ? Je n'ai pas découvert avant d'aller aux toilettes… Et puis j'ai dû appeler Hermione pour qu'elle m'amène quelque chose… »

Harry se tapota sur le nez. « C'est un loup-garou, Ginny. Il a senti le sang. »

Elle eut l'air indignée. « Pourquoi ce grand… »

Il l'interrompit en attirant son visage contre le sien et en clamant ses lèvres. Quand il s'écarta, elle semblait avoir perdu le train de ses pensées et avait un petit sourire qui lui faisait penser trop vivement à ce qu'ils ne feraient pas. « Ne sois pas en colère avec Ron, Ginny. Écoute, nous allons dormir dans le même lit chaque nuit pendant toutes les vacances sans que tes frères ne me tuent. Je ne m'attendais à rien d'aussi merveilleux cette semaine… N'en veux pas à Ron. Il nous a fait une grande faveur, vraiment. Allons… Prenons un peu de repos. »

Elle lui fit un petit sourire et posa sa tête sur l'oreiller, et il posa aussi sa tête, la regardant dans les yeux. Après un moment, cependant, elle chuchota « J'ai besoin de me retourner. Désolée de te tourner le dos, mais je ne peux pas m'endormir sur mon côté droit. » expliqua-t-elle.

Il lui sourit dans la nuque. « Cela ne me dérange pas. C'est une chose de plus que j'apprends sur toi. » Il embrassa tendrement sa joue. « Bonne nuit, Ginny. Je t'aime. »

Elle tourna son visage vers lui et attrapa ses lèvres. « Je t'aime aussi, Harry. Bonne nuit. »

Il reposa sa tête, glissant un bras autour de sa taille. Elle lui plaqua sa main contre son estomac et soupira un instant, mais bientôt, l'épuisement l'emporta et sa respiration profonde et régulière signifia à Harry qu'elle était déjà endormie.

xxxxx

Chaque nuit, il se mit au lit, presque inconscient avant que sa tête ne touche l'oreiller. Hermione les préparait, Ron et lui, à passer leur examens pratique des ASPICs pendant la journée, et les tests écrit le soir. Percy et les jumeaux leur avaient permis d'utiliser une grande partie du jardin pour s'entraîner, et après avoir passé les trois premières matinées de vacances à combattre des Chthoniens qu'ils avaient créés en plantant des dents de dragons dans le sol gras, Hermione était finalement assez satisfaite pour qu'ils passent à autre chose. Harry adorait se réveiller au côté de Ginny le matin, la regardant dormir un petit peu avant qu'elle n'ouvre les yeux et ne le regarde avec amour, ensuite, il la prenait dans ses bras et l'embrassait jusqu'à la réveiller complètement, bien qu'ensuite, aucun d'eux n'ait envie de se lever après cela, mais plutôt de rester couché sous un tas de draps et de couvertures emmêlées.

Finalement, le jeudi, Hermione leur permit, à Ginny, Ron et lui, d'avoir un entraînement de Quidditch. Ginny bloqua un tiers des balles que Ron envoya au travers des buts improvisés dans le jardin de Bout-du-Lard, mais il était impressionné qu'elle en arrête autant, et Harry aussi, étant donné la nature innarrêtable de Ron. Après avoir dîné, elle avait demandé si quelqu'un devait utiliser les toilettes avant qu'elle aille prendre une douche, dont elle disait avoir besoin pour se détendre les muscles. Harry savait qu'elle avait mal comme elle avait bloqué les tirs de Ron, et qu'elle serait épuisée quand elle arriverait au lit. Il n'était pas aussi fatigué que lorsqu'il avait joué un vrai match de Quidditch, comme personne n'essayait d'attraper le vif avant lui, ou de lui fracasser le crâne avec un cognard. Pendant qu'elle se douchait, il enfila son pyjama et se glissa dans le lit, sachant qu'il devrait plutôt relire un peu de son livre d'histoire de la magie plutôt que 'En vol avec les Cannons' encore une fois.

« La fille et le lion seront un. »

Il avala sa salive, regardant Sandy, sur son bras gauche, comme d'habitude. « Quoi ? »

Il n'obtint pas de réponse, cependant, car un instant plus tard, la porte de la chambre s'ouvrit et Ginny entra, portant sa vieille robe de chambre, ses cheveux pas complètement secs, mais peignés en arrière de son visage, ce qui rendait ses yeux sombres très grands.

« Tu te sens mieux ? » lui demanda-t-il en lui tendant la main. Elle s'avança vers le lit et la prit.

« Un peu. Tu n'as pas regardé ? » demanda-t-elle avec un éclat coquin dans ses yeux.

« Allons, je ne fais cela que lorsque tu me le demandes expressément. » dit-il, prétendant être plus choqué qu'il ne l'était. Ce n'était pas comme s'il n'avait pas été tenté.

Elle rit, puis grogna, penchant sa tête en avant puis en arrière. « Je suppose que tu pourrais un peu me masser le cou ? Cet entraînement aujourd'hui… J'ai perdu la main je crois. »

« Bien sûr que non ! Nous aurons quand même sans doute besoin de nous entraîner intensivement tous les jours de la semaine prochaine pour le match de samedi. » Il la fit se retourner et s'asseoir au bord du lit. Il s'assit derrière elle, ses jambes flanquant les siennes, et déplaça ses cheveux humides pour accéder au cou. C'était difficile avec sa robe de chambre qui gênait, alors il la fit descendre sur ses épaules… Seulement pour découvrir qu'elle ne portait rien en-dessous.

Sa respiration s'accéléra. Il fixa, comme hypnotisé, sa nuque, l'eau de sa douche perlant encore entre ses omoplates. Nous ne pouvons rien faire, se rappela-t-il comme il se résolvait à passer ses mains sur son sou et ses épaules. Quand elle se tortilla vers l'arrière, cependant, il sut qu'elle pouvait sentir que cela avait de l'effet sur lui, et il aurait pu jurer l'avoir entendu émettre un tout petit rire.

Il ne put résister à l'envie de lui souffler chaudement dans le cou, aimant le frisson qui la parcourut. Il continua à passer ses mains sur ses épaules, puis descendit un petit peu dans son dos avant de revenir à son cou. Son estomac se contracta quand elle répondit en inclinant la tête en arrière, poussant un petit grognement, en se cambrant. Quand elle fit cela, il eut pendant un instant une vision claire de sa poitrine nue, brillant encore de l'eau de la douche, et cela n'aida pas à son self-contrôle. Harry pressa ses lèvres contre son cou, tout en sachant qu'il ne devrait pas se torture plus longtemps de cette manière. Cependant, juste au moment où il allait dire quelque chose à ce sujet, Ginny dit « Harry ? »

« Mm ? » répondit-il, sa bouche encore sur son cou. Avant qu'elle ne continue, elle poussa un grand soupir de contentement.

« La raison pour laquelle mes frères nous ont laissé partager la chambre… Bien, disons simplement que ce qui était vrai il y a cinq jours ne l'est plus. Je pense qu'ils ont oublié que ce n'est pas une condition permanente… »

Il leva la tête et la regarda. Elle tourna son visage vers lui, le désir dans ses yeux rendant ce qu'elle disait très clair. Elle n'eut qu'à se pencher d'un demi pouce pour capturer les lèvres de Harry avec les siennes. Harry se sentit énormément soulagé. Ils n'avaient pas à se retenir, ils n'avaient pas à prétendre que ce n'était pas ce qu'ils voulaient. Comme ils s'embrassaient, Harry glissa ses mains sous les bras de Ginny et prit ses seins dans ses paumes, pressant son torse contre le dos de Ginny, l'amulette du basilik entre eux. Elle haleta dans sa bouche, se cambrant à nouveau, se poussant contre ses mains. Il fit glisser ses lèvres le long de sa gorge, la faisant se retourner et s'allongeant sur le dos, la tirant au-dessus de lui, sa robe de chambre partant maintenant complètement. Elle remonta son torse avec sa langue, couvrant encore une fois la bouche de Harry avec la sienne comme il la tenait contre lui, passant ses mains sur son dos soyeux, sentant les doux cheveux humides tomber en cascade autour de lui.

Simplement dormir dans le même lit que Ginny avait été à la fois merveilleux et une torture pendant les vacances. Maintenant, la torture prenait fin comme elle lui enlevait le pantalon de son pyjama, et qu'ils rentraient en contact l'un avec l'autre comme ils avaient voulu le faire pendant les cinq nuits précédentes. Cependant, Harry était conscient du fait que quatre de ses frères étaient dans la maison avec eux, et que Ron avait une audition extraordinairement fine. Quand il voulut pousser un cri, il tint sa bouche fermée, et quand les gémissements de Ginny devinrent plus fort, Harry colla sa bouche à la sienne, avalant ses cris avant qu'elle n'arrive et s'effondre, un air comblé au fond des yeux.

Il remonta le drap et couverture sur leurs corps, encore enlacés, avec l'impression que tout s'était finalement retrouvé à sa place dans sa vie… Presque. Il encadra le visage de Ginny entre ses mains et fixa ses yeux sombres, incapable de se souvenir comment il avait pu rester loin d'elle pendant si longtemps. Et puis il se souvint que ce n'était pas le cas… Pas vraiment. Il avait été incapable de résister à l'envie de la retrouver au sommet de la tour d'Astronomie, de voler avec elle, de l'embrasser et de lui déclarer son amour, même si elle avait encore été avec Malfoy..

Un sentiment soudain de sympathie pour Draco Malfoy jaillit en lui. Il ne connaîtrait jamais un tel lien avec elle. Malfoy aimait bien Mariah, mais Harry se souvenait de comment c'était de coucher avec Hermione, son amie qu'il aimait bien et qu'il aurait défendue de sa vie… Mais bon, il n'avait pas été amoureux d'elle. Ce petit truc en plus avait manqué. Qui Draco Malfoy verrait s'il tenait l'amulette maintenant ? Verrait-il Mariah ou encore Ginny ? Et comment diable pourraient-ils jamais avoir son aide pour se débarrasser de Voldemort, d'autant qu'il était rempli de haine pour Harry et d'amour pour Ginny ?

Pour ce problème, que pourrait faire Ginny ? Sa gorge se serra un instant quand il se souvint de ce que sa mère avait fait, et il serra Ginny un peu plus fort encore, ayant soudain du mal à respirer comme il se souvenait comment, dans son autre vie, il avait reçu la lettre de son beau-père qui lui disait que Ginny avait été tuée…

Ginny posa sa joue sur son torse et chuchota. « A quoi penses-tu ? »

Harry hésita. « A la Prophétie. » dit-il, presque dans le vrai. « Voldemort. Tout cela. Nous. Comment… Je me demande comment… »

« Chut. » lui fit-elle. « J'ai parlé de cela à Maggie. Elle a dit que les Prophéties sont des choses très tordues. Pense à celle qu'elle a donnée à Fraserburgh. Maintenant, elle a pris moins de temps à se réaliser que celle qu'elle a donnée quand elle était petite, mais même si tu avais compris que 'Où le jour et la nuit doivent être d'accord' signifiait l'équinoxe de printemps, tu n'aurais pas pu savoir que le 'bon port' des détraqueurs signifierait trouver comment les envoyer dans les Limbes, et que tout se passerait à Stonehenge… »

Harry commença à s'asseoir, et Ginny dut rouler de côté. Elle s'assit aussi, tandis que Harry digérait ses paroles, avec l'impression que sa tête allait exploser. « Attends… Quelle prophétie a-t-elle donnée quand elle était petite ? » Mais comme il demandait, il eut le sentiment étrange de connaître la réponse. Ce n'était pas Trelawney. « Tu veux dire… C'est Maggie qui a donné la Prophétie ? Celle dans laquelle nous sommes ? Et Malfoy ? »

Elle acquiesça. « Je… Je pensais que tu savais. » chuchota-t-elle. « Mon… Mon père a dit à Dumbledore que c'était Trelawney, il y a tout ce temps. Ils voulaient protéger Maggie, afin que personne ne sache ce qu'elle avait fait. Papa et Trelawney, je veux dire. Je pensais que Sirius te l'aurait dit, comme il était le Lion du premier triangle… »

« Quoi ? » explosa Harry, ne se souciant plus du bruit maintenant. « Sirius ? Je… J'avais toujours pensé… Pensé que c'était mon père… »

Elle secoua la tête. « Non. Quand Peter Pettigrew était encore en prison, et parlait, lui et Sirius ont eu une longue conversation sur le premier triangle… Pettigrew était le premier fils de la lune. Son anniversaire est le vingt-huit juin. Tu vois, le professeur Rogue avait aussi peur d'être l'enfant de la lune. Son anniversaire est le neuf juillet, ce qui cadre aussi en arithmancie. Sirius lui a dit que c'était Pettigrew en fait, que Tu-sais-qui en personne savait cela, et qu'il savait que Sirius était le lion. C'est Sirius qui a pris la décision de changer de Gardien du Secret. » chuchota-t-elle, baissant les yeux et détournant le regard.

« Ce n'était pas la faute de Sirius si mes parents ont été tués ! » dit-il avec ferveur, bien que son torse tremblât comme il disait cela. Est-ce bien le cas ? fit une vois en lui. N'était-ce pas sa faute si Queudver savait où ils étaient et a pu le dire à Voldemort ? Les battements de son cœur semblaient être quelqu'un qui lui donnait des coups répétés dans la poitrine. Il se souvint de quand i lavait vu Sirius dans la chambre de sa sœur avec sa mère, sa rage faisant se fracasser la porte contre le mur…

« Non, ce n'était pas sa faute. » acquiesça-t-elle, ne sachant pas ce qu'il pensait. « Mais il a contribué à la chute de Voldemort, à sa manière, juste comme ta mère, en se sacrifiant. Et… Et à sa manière, Peter Pettigrew y a contribué aussi… »

« Non ! C'est un traître et un assassin ! » cria Harry avec colère.

Ginny lui posa une main contre sa joue. « Oui, il est cela aussi. » dit-elle doucement. « Mais… Mais les trois personnes du triangle ont fait quelque chose… »

Harry déglutit. « Oui, bien, je ne vois pas en quoi Draco Malfoy pourrait possiblement contribuer, à part d'être un crétin fini. La dernière fois que j'ai vérifié, cette qualité n'était pas connue pour aider à la chute des Seigneurs des Ténèbres. » fit-il amèrement. Ginny déglutit et s'assit fermement.

« Pas plus qu'être une petite fille stupide qui se laisse contrôler par un journal enchanté. » dit-elle doucement. Il lui prit rapidement les mains, commençant à ouvrir la bouche, mais elle en retira rapidement une et la lui posa sur les lèvres. « Non. Tu n'as pas à dire quoique ce soit. Je sais que tu m'aimes Harry. Mais je sais aussi que tu penses que je suis inutile pour cela… »

« Non ! » insista-t-il, la prenant contre lui. Elle secoua la tête.

« Je ne suis pas auror, comme ta mère, et je n'ai pas d'enfant pour lequel je pourrais mourir, mais qui sait ? Peut-être que lorsque nous… nous accomplirons la Prophétie… »

« non ! » fit-il encore, ses mains se resserrant autour d'elle comme il lui chuchotait dans le cou « Tu ne vas pas mourir ! Pas si je peux y faire quelque chose ! »

Elle s'écarta de lui, et son regarda effraya Harry plus que tout ce qu'il avait jamais vu. « Tu n'aurais peut-être pas ton mot à dire, Harry. » chuchota-t-elle. « C'est le sacrifice de ta mère qui a fonctionné la dernière fois… Depuis que j'ai découvert que j'étais la Fille de Guerre, j'ai… J'ai réfléchi à cela… A ce que je veux faire… »

Il haleta. « Non, Ginny : Tu… Tu n'as pas pensé que tu devais mourir, n'est-ce pas ? »

Elle se mordit les lèvres et détourna le regard. « Comment aurais-je pu ne pas y penser ? » dit-elle si doucement qu'il pouvait à peine l'entendre. Elle lui fit à nouveau face, les yeux remplis de larmes. « Aucun de nous ne sait ce qu'il va être amené à faire. Je … Je veux simplement être avec toi jusqu'à ce que nous sachions… »

Elle plongea sur lui et l'embrassa soudain, avidement, avec un désespoir qu'il savait né de ses pensées fatalistes. Elle continua à pleurer comme ils continuaient à s'embrasser, et il put goûter le sel de ses larmes coulant dans leurs bouches. Il la prit contre lui, la faisant rouler au-dessus. Ses cheveux étaient secs maintenant, et faisaient comme un nuage de feu autour de sa tête. Il fit descendre sa bouche le long de sa gorge, essayant lui-même de ne pas pleurer.

« Tu ne vas pas mourir, Ginny. » chuchota-t-il, comme ses lèvres parcouraient sa peau échauffée, mais il disait cela, il se demandait si elle le croyait. Elle est morte jeune dans cet autre monde. Qui dit qu'elle n'est pas destinée à mourir jeune dans celui-ci aussi ? Et si Voldemort chute…

« Tu ne vas pas mourir, Ginny. » répéta-t-il plus fort, essayant de faire taire la voix dans sa tête. Il remonta pour embrasser ses lèvres, mais il avait le sentiment, comme ils remettaient leurs corps ensemble pour un déni de la mort, qu'aucun d'eux n'y croyait complètement. Après cela, il la prit contre lui, la tenant aussi près de lui que possible sans être joint à elle, sentant chaque inspiration qu'elle prenait, ses côtes sous ses doigts, tandis qu'ils étaient tous deux allongés, immobiles, fixant la lumière de la lune se déplaçant au plafond. Finalement, ils s'endormirent tous deux près de l'aube, ayant fait battre la vraie mort en retraite pendant la nuit, mais plus capable de faire venir la petite.

xxxxx

Il passa les portes de Poudlard, s'arrêtant un instant pour regarder les statues des sangliers ailés au sommet des piliers du portail. Il lui sembla prendre beaucoup de temps pour atteindre le château. Il continuait à avancer un pied devant l'autre, et pourtant, il ne semblait pas être plus près que lorsqu'il avait commencé…

Il pouvait voir que quelqu'un l'attendait sur les marches du perron du château, mais il était trop loin pour voir de qui il s'agissait. Puis soudain, tout sembla s'accélérer. Sans effort ou mouvement de sa part, le château sembla se précipiter sur lui, et il leva les yeux, vacillant pour voir sa sœur debout sur les marches, lui souriant.

Elle était comme il se souvenait, les cheveux noirs bouclant légèrement sur ses épaules, avec des reflets roux là où la lumière les touchait. Ses grands yeux verts étaient exactement comme ceux de sa mère, mais les tâches de rousseur étaient bien à elle. Elle portait une robe de Poudlard et lui souriait, lui faisant chavirer le cœur.

« Bonjour Harry. »

Il voulut courir vers elle et la serrer contre lui, tellement elle semblait réelle, mais soudain, elle changea. C'est tout ce qu'il savait. Il ne pouvait pas exactement dire comment elle changeait. Cela lui rappela Fleur se transforma en une terrifiante créature mue par la vengeance au mariage, mais Jamie n'avait en rien l'air d'une vélane. Et pourtant, malgré tout, il savait que c'était sa sœur…

« Jamie ! »

« Harry ! »

Harry s'assit tout droit, son cœur battant très vite. Le soleil semblait être déjà assez haut dans le ciel. Il regarda sa montre. C'était dix heures passées, et il grogna. « Nous devrions probablement nous lever. » Voir Ginny allongée à côté de lui sans rien sur elle, fit fuir le rêve de son esprit et il commença à se pencher au-dessus d'elle, un sourire apparaissant au coin des lèvres. « A moins bien sûr que tu veuilles rester encore un peu au lit… »

Ginny resta allongée sur le dos, le regardant avec incrédulité. « Oui, parce que c'est exactement ce que veux chaque fille après avoir entendu son petit ami se réveiller en appelant sa sœur. »

Il se recula, peinant à se souvenir du rêve. Il avait le sentiment que c'était plus difficile que cela devrait être, comme si on lui avait lancé un sort de mémoire. « C'est vrai… Jamie… Je rêvais… »

« Mmm mm » fit Ginny, recherchant sa robe de chambre dans les draps.

« Non, vraiment… C'était étrange cependant. Je ne pense pas que c'était vraiment elle. Elle changeait. »

Ginny s'arrêta. « Elle changeait comment ? »

Il lui raconta ce dont il se souvenait de son rêve pendant qu'elle enfilait sa robe de chambre et resserrait la ceinture. Elle regarda dans le vide, réfléchissant. « Bien, je ne me souviens pas que Trelawney ou ma sœur aient dit quoique ce soit sur comment interpréter un tel rêve… Tu es sûr que tu ne pense pas toujours à Cho ? Est-ce que Jamie s'est changée en aigle géant ? »

Il secoua la tête. « Non, ce n'était pas cela. » Il soupira et ferma les yeux, essayant de réfléchir. « Je ne sais pas ce que cela signifiait… »

Ginny se pencha pour l'embrasser sur le front, juste à côté de sa cicatrice. « Je suis désolée d'être un peu agressive. Je suis… Bien, franchement, je suis souvent un peu de mauvais poil le matin… »

Il lui sourit. « Oui, j'avais remarqué quand tu descends dans la salle commune pour les échauffements pour le footing. »

Elle fit la tête, la main sur la poignée. « Tu ne sais pas combien de temps j'ai résisté à me lever tôt le matin pour aller courir. Je reviens. Il me faut aller aux toilettes. »

Il entendit la voix d'Hermione comme elle passait sa porte, ce qui lui fit penser à Ron. Il réalisa soudain qu'ils pouvaient avoir un petit problème sur les bras à moins de faire quelque chose, et il courut à la porte, cherchant Hermione dans le couloir. Elle était toute habillée, attendant en dehors de la salle de bain que Ginny finisse. Quand il l'appela, elle le regarda, avec son pyjama.

« Bien, regardez-moi ce lève-tard ! Tu penses te joindre au monde des éveillés finalement ? »

« Je dois te parler ! » chuchota-t-il avec urgence. « Viens ici ! »

Elle fronça les sourcils à son impolitesse, mais il n'avait pas l'impression d'avoir le temps de s'inquiéter des convenances sociales, la tirant dans sa chambre alors qu'elle était encore à trois pieds et refermant la porte brusquement. Elle posa ses poing sur ses hanches et demanda. « Que se passe-t-il ? »

« Où est Ron ? »

« Dans le jardin, en train de faire des katas. Il y a des gens qui sont levés depuis un moment, eux. Qu'est-ce qui ne va pas avec toi, Harry ? »

« Bien, Ginny a dit que tu l'avais aidée avec quelque chose, lors de sa première nuit ici… Bien, cela fait environ cinq jours, et elle n'a plus besoin de cette sorte d'aide, alors la nuit dernière, nous… Heum… »

« Oooh. » souffla-t-elle doucement. « Et tu t'inquiètes que Ron ait vent de cela ? »

« Littéralement. »

Elle sourit. « J'ai exactement le sort qu'il faut. Il va anesthésier ses nerfs olfactifs, son sens de l'odorat. Il ne détectera rien. »

« Tu es sûre ? Et si cela ne marcha pas sur les loups-garous ? »

Elle haussa les épaules. « Je le lancerai assez fort pour qu'il ne puisse pas sentir Crocdur s'il se tenait un pied derrière lui. Fais-moi confiance. Je m'en occupe. »

« Merci. Parce que j'aurais vraiment pu faire sans sa tentative de m'arracher la tête à dîner, il y a quelques semaines, quand Maggie nous a laissé sa chambre pour l'après-midi… »

Hermione roula les yeux. « Il n'a pas voulu me parler pendant trois jours comme je lui avais mis une retenue pour cela. Que pensait-il que je ferais ? Je suis préfète en chef, et il venait de s'attaquer au préfet en chef avec un saladier de purée. »

Harry grimaça. « Pas que sa retenue ait fait beaucoup pour ma dignité. Malfoy a adoré cela, voir son vieux Potty sortir de la grande salle les cheveux pleins de purée. »

Elle avait l'air d'essayer de ne pas rire. « Ron essaye d'être mûr à ce sujet, vraiment. Je pense que ce serait plus facile pour lui s'il n'avait pas à y penser, comme ses frères, mais comme c'est un loup-garou, et qu'il peut détecter certaines choses, il a l'impression de ne pas avoir d'autre choix qu'y penser. Alors je vais simplement l'aider un peu à ne as y penser. »

Il la prit dans ses bras. « Tu me sauve la vie, Hermione. »

Ginny ouvrit la porte et les regarda en haussant un sourcil. Hermione se sépara de Harry et dit « Je m'en occupe maintenant. » , les laissant rapidement. Ginny referma la porte derrière elle et s'avança lentement vers Harry.

« Elle s'occupe de quoi ? »

Il la prit contre lui pour un long baiser, tandis qu'il défaisait sa robe de chambre et la poussait de sur ses épaules. Il lui chuchota dans l'oreille ce que Hermione allait faire, et Ginny rit. « Oh, merci mon Dieu ! Je… Je m'inquiétais de ne pouvoir rien faire ce matin en cas… En cas que cela lui semble trop évident… Mais maintenant… »

Harry lui sourit, et la prit dans ses bras, la portant au lit.

xxxxx

Ron fut convaincu qu'il avait pris un rhume de cerveau le restant du temps qu'ils passèrent à Bout-du-Lard parce qu'il était incapable de sentir quoique ce soit. Hermione lui avait très obligeamment préparé un potion de pimentine, qui n'avait eu aucun effet (elle avait assuré Harry que ce serait le cas). Quand ils avaient été de retour à Poudlard depuis une paire de jours, elle avait mis fin au sort, et il avait simplement déclaré qu'il était tout simplement guéri. Son appétit avait repris, comme si la nourriture n'avait pas eu autant d'intérêt pour lui quand il n'avait pas pu la sentir.

Harry avait l'impression d'avoir passé bien plus d'un an à l'école depuis septembre. Il semblait constamment quitter l'école et y revenir. Comme prévu, Ron les fit s'entraîner très dur toute la semaine précédant la finale de Quidditch contre Serpentard. Quand Harry entra sur le stade au début du match, il remarqua que Munro Kirkner était assis avec sa sœur. De nombreuses filles à proximité de lui lui lançaient des regards très appréciatifs. Il leur souriait comme pour gagner leur faveur. Quand il ne les regardait (bien qu'il puisse être conscient que cela arrivait), cela produisait des pâmoisons.

Harry sentit sa gorge se nouer en voyant les Kirkner. Il n'y avait toujours pas de nouvelles de leur mère. Il n'avait pas pensé à eux pendant les vacances, ayant été tellement pris par Ginny, la préparation du match et les révisions des ASPICs. Les problèmes de la famille Kirkner étaient sortis de sa tête. 'Mais ce sont aussi mes problèmes', se rappela-t-il, conscient du visage pâle de Draco Malfoy, au coin de son œil. Il se souvint de la manière cavalière dont il s'était avancé et avait blâmé Harry pour la perte des détraqueurs, des dragons, et de nombreux mangemorts. 'Il n'a pas besoin d'un foutu sort d'Obéissance pour être le caniche de Voldemort' pensa Harry avec colère, comme Madame Bibine lançait le souaffle en l'air.

Ron s'en saisit immédiatement et fila vers les buts de Serpentard. Harry monta directement, scrutant le terrain de son point de vue aérien, à la recherche d'un reflet doré. Malfoy se précipita vers les buts de Griffondor, où volait Ginny, bien qu'elle n'ait rien à faire à ce moment comme Ron venait de marquer à deux reprises contre le gardien de Serpentard.

« VINGT A ZERO POUR GRIFFONDOR ! » cria Seamus Finnegan.

Un cognard se précipita sur Harry et il descendit de près de quinze pieds, se rappelant de manière peu plaisante du cognard enchanté que Verpey avait envoyé après lui. Malheureusement, l'autre cognard heurta le balai de Ron, le détournant de sa trajectoire, de telle sorte que le gardien de Serpentard put lancer le souaffle à un des ses poursuiveurs qui commença immédiatement à se diriger vers Ginny.

« Et Ginny Weasley BLOQUE la tentative de Serpentard ! » hurla Seamus comme Ginny lançait le souaffle vers son frère, zigzagant maintenant entre les autres joueurs, jaillissant pour saisir la balle rouge dans les airs, faisant demi-tour et puis filant vers les buts de Serpentard. Harry le suivit avec excitation, loin au-dessus, l'adrénaline se répandant en lui comme il se plaisait à regarder Ron jouer. Le souaffle passa loin à gauche du gardien de Serpentard, et Harry ne put s'empêcher de penser que ceci allait être le dernier match de compétition de Quidditch de Ron. Ron ne savait toujours pas ce qu'il comptait faire après l'école. Il avait pensé le savoir quand il avait joué au Quidditch pour l'Angleterre, mais maintenant…

« WEASLEY MARQUE ENCORE ! MAINTENANT, CELA FAIT VINGT A ZERO POUR GRIFFONDOR ! »

Harry sourit à Ron et revint sur les bords du terrain, essayant d'éviter les autres joueurs et les cognards. A deux reprises, les Serpentards avaient essayé de marquer contre Ginny, et au troisième essai, ils avaient finalement réussi. Cependant, Ron n'avait pas été inactif, et ils avaient cinquante points d'avance. Harry parcourut encore le terrain du regard, essayant de ne pas se laisser distraire par les reflets des lunettes et des montres. Draco Malfoy semblait toujours être de l'autre côté du terrain, comme s'il l'évitait. C'était étrange car le modus operandi habituel de Malfoy était de coller à Harry pour lui laisser le soin de trouver le vif et essayer ensuite de le battre. Comme jusqu'à présent, cela n'avait jamais marché pour lui, Harry ne lui en voulait pas vraiment pour son changement de tactique.

Finalement, Harry le vit. Il essaya de ne pas donner l'impression d'aller quelque part en particulier, tout en gardant un œil sur Malfoy qui volait encore près de Ginny, et ses lèvres bougeaient. Harry souhaitait savoir ce qu'il lui disait, mais il n'eut pas le temps d'y penser. Il plongea carrément, espérant que Malfoy penserait à une feinte, et quand il remonta de son plongeon, il tenait le vif au-dessus de sa tête, un sourire triomphant sur le visage. L'équipe se précipita sur lui et les cris et les accolades commencèrent. Quand ils se furent tous posés et qu'ils firent le tous, se prenant tous dans les bras, Harry atteignit finalement Ginny, qui passa ses bras autour de son cou sans hésitation, et l'embrassa profondément, tandis que le restant de la maison Griffondor portait Ron, le capitaine de l'équipe, sur ses épaules, le ramenant en triomphe au château.

Harry et Ginny s'échangèrent un sourire et suivirent la foule à un rythme plus calme, bras dessus- bras dessous. Quand ils furent à mi-chemin, cependant, Harry sentit les poils se dresser sur sa nuque. Il se tourna pour voir Draco Malfoy, se tenant seul au milieu du terrain, le foudroyant du regard. Harry tourna à nouveau son visage vers l'avant, mais il ne put empêcher un étrange frisson de le parcourir, ni de revoir la visage pâle et pointu, pour autant qu'il essaye.

xxxxx

Harry n'arrivait pas à y croire. En plein milieu de la fête, Hermione était assise, en train de réviser. Il laissa Ginny, Tony et Ruth, qui étaient au milieu des réjouissances, pour s'avancer vers l'endroit près de la fenêtre où elle était, lui apportant une bouteille de Bièraubeurre.

« Tu n'es pas sérieuse, Hermione. Nous avons gagné la coupe de Quidditch ! Viens te joindre à la fête. Tu es la petite amie du capitaine. Ron voulait cela depuis sa première année ! Hé… attends une minute. » dit-il soudain, remarquant le livre qu'elle lisait. « N'est-ce pas mon livre ? »

« Oui, désolée. J'ai demandé à Ron de te l'emprunter afin de pouvoir le lire, juste pour être sûre. On n'est jamais trop sûre avant les ASPICs. Après tout, j'ai décidé de me présenter à l'ASPIC de runes anciennes, qui est très tordu, et ce livre est rempli de runes… »

« Bien, je ne pense pas que tu veuilles t'embarrasser de ce livre. Souviens-toi de ce qui nous est arrivé, à Ron et à moi, quand nous avons essayé un petit sort ? J'ai transformé Sandy en l'image de ma sœur, et tout le monde à l'école a pensé que nous faisions rentrer des filles étrangères au château… »

Elle rit. « J'avais oublié cela. »

« Pas moi. » fit Sandy.

« Je ne t'ai pas demandé. » lui répondit-il en sifflant.

« Je sais. » répondit calmement Sandy.

« En tous cas » dit Hermione, reportant son attention sur le livre, « je n'ai pas pu en lire beaucoup. Le sort que tu as utilisé était en latin, et il était aussi donné en grec, en français ou en italien médiéval, à moins que ce soit du provençal… Mais il y a des langues que je ne reconnais pas du tout… »

Harry fit le tour de la table et se pencha sur le livre avec elle comme elle tournait les pages. Il l'arrêta après quelques pages, reconnaissant quelque chose de son autre vie, de sa visite à la synagogue du Rabbi Pelta. « N'est-ce pas de l'hébreu ? » dit-il, passant le doigt sur la page. Toutefois, à côté de la colonne de caractères carrés, il y avait un texte en écriture cursive, et à côté de cela, une colonne avec d'étranges symboles qui semblaient être faits de très petits triangles.

« On dirait du cunéiforme ! » s'exclama Hermione.

« Du quoi ? » fit Harry, fronçant les sourcils.

« Du cunéiforme. C'est une écriture très primitive, peut-être la toute première, si on excepte les bâtons pour compter les choses. De petits bouts de bois triangulaires étaient pressés dans de la terre glaise, qui était ensuite séchée. Cela doit être un très vieux sort. J'aimerais pouvoir le lire… »

« Bien, je sais à qui nous pouvons demander pour l'hébreu. » dit Harry, traversant la pièce à grands pas jusqu'à l'endroit où Ruth était assise sur les cuisses de Tony, son bras sur ses épaules. « Tony ! » s'exclama-t-il. « C'était un match fantastique. Écoute, je peux t'emprunter Ruth un instant ? »

Une minute plus tard, ils étaient tous trois penchés au-dessus du livre tandis que Ruth fronçait les sourcils sur le texte que Harry avait pris pour de l'hébreu. « Ce n'en est pas ? » les informa Ruth d'une vois rêveuse, comme elle regardait les pages jaunies. « C'est de l'araméen. »

« De l'araméen ? » cela sembla exciter Hermione. « J'aurais aimé apprendre l'araméen en runes anciennes ! Après tout, c'est la langue qui… » Elle lança un coup d'œil à Harry, se mordant la lèvre.

« Oui. » dit Ruth, continuant à faire descendre son doigt sur la page, marmonnant quelque chose dans sa barbe. « Je l'ai appris de ma mère. Elle l'enseigne à l'université. Les anciennes langues du proche orient. » Elle fixa encore un moment les colonnes du livre. « Je pense que vu la façon dont les choses sont disposées, elles semblent être comme une pierre de Rosette. La même chose dans chaque colonne, très probablement, mais dans une langue différente. Je ne lis qu'un peu l'arabe, et ce n'est pas de l'arabe moderne, mais de ce que je peux dire, cela raconte la même chose que l'araméen… »

Et puis, à la stupéfaction de Harry, elle marmonna quelque chose comme abracadabra, et inspira, surprise.

« Quoi ? Quoi ? »

Ruth regarda Harry et Hermione. « C'est un sort très ancien qui a été créé en même temps que… que le sortilège mortel. Il… Il est sensé maintenir l'équilibre… »

« L'équilibre ? Que veux-tu dire ? » voulut savoir Hermione.

Elle tapota la page avec son doigt. « C'est un sort de résurrection. C'est pour cela qu'il est fait avec un serpent, l'ancien symbole de l'immortalité. C'est pour ramener un mort à la vie. »

Hermione s'énerva. « Il n'y a pas une telle chose. La mort c'est la mort. »

Ruth haussa les sourcils. « Je n'ai pas dit que j'y croyais… Je vous dis juste ce que cela dit. D'accord, pour être technique, ce n'est pas un sort de résurrection. C'est… Une manière de pétitionner les dieux… »

« Pétitionner les dieux ? » couina Harry. « Quoi… ? »

« Cela a à voir avec la création du monde. De ce que je peux dire des versions araméennes et arabes, elles ont chacune une description phonétique du sort. Le deux premiers mots ressemble à 'Enuma Elish' dans chaque colonne. C'est le nom du poème babylonien sur la création. Cela veut dire 'Au commencement'. »

« Ca a l'air familier. » fit Hermione, hésitante.

Ruth lui sourit. « Ne t'inquiète pas de m'offenser. Mes parents sont des rabbis, mais ce sont aussi des chercheurs. Ils sont tous deux bien conscients des histoires variées de la création qui se sont mélangées et ont convergé au fil du temps au moyen orient. La plupart des mythes de création commence par 'au commencement'. » Elle montra le livre. « C'est suivi par les noms des dieux de la création pour les convoquer : Tiamat et Apsu, qui signifie 'abysse'. »

« Alors, » dit Hermione, un peu fière d'elle, « ce n'est pas un sort de résurrection. »

« Non, je suis désolée. Je me suis mal exprimée. Selon ceci, quand quelqu'un a été tué prématurément, le monde est déséquilibré. Avec ceci, on peut pétitionner les dieux pour le ramener. »

Harry eut l'impression de ne plus pouvoir respirer. Si quelque chose arrivait à Ginny, peut-être… « Comment le fait-on ? » dit-il rapidement. Il ignora le regard noir d'Hermione.

Ruth ne remarqua pas l'expression d'Hermione, mais se pencha sur le texte, lui expliquant la théorie. Quand elle se redressa, elle siffla. « C'est vraiment de la magie puissante. On n'invoque pas les royaumes mystiques sur un coup de tête, je pense… »

Harry regarda gravement la page. Une impression montrait un énorme serpent enroulé autour d'un sorcier, et ayant sa queue dans sa bouche. Le sorcier avait sa baguette levée. « Non. Pas sur un coup de tête. Mais pour se débarrasser des détraqueurs, ou de Grindenwald… »

« Harry ! » fit brusquement Hermione. « Est-ce que tu oublies que les grands parents du professeur Rogue ont été aspirés dans les Limbes ? Et que Verpey ne sera jamais amené devant la justice maintenant ? C'est des choses dangereuses. Je me moque que tu sois un fourchelang et… Et tout le reste. Tu as déjà essayé de sauver ta m… » Elle s'arrêta net et referma la bouche.

« N'y touche pas. » dit rapidement Ruth, sa voix très tendue.

Harry la regarda, se souvenant de quand il était assis au piano à côté d'elle, en train d'apprendre le Kadish. « Pourquoi ? »

« Même si le sort a été créé pour maintenir l'équilibre, pour contrer le sort mortel, qui décide de qui doit vivre ou mourir ? Dieu seul. » dit-elle doucement, presque inaudible.

« Et si quelqu'un a déjà joué à Dieu en tuant quelqu'un d'autre ? Hein ? »

« Alors cette personne était destinée à mourir. » chuchota-t-elle, incapable de le regarder.

« Non ! » fit-il plus fort qu'il ne le voulait. Par chance, la fête était très très bruyante. Il baissa d'un ton. « Je ne pense pas que c'est toujours vrai. Parfois, mais pas… »

« Pas d'autre Dieux. » chuchota-t-elle. Harry la fixa.

« Quoi ? »

« Écoute… Penses-tu que c'est facile pour moi d'être élève ici ? Tu n'as peut-être pas remarqué, mais les vacances de Poudlard ne coïncident pas avec le calendrier juif, la nourriture n'est pas vraiment kasher, et il est presque impossible de ne rien faire le samedi. Mais j'essaye de m'assurer que je ne suis pas d'autres dieux. Ce sort… Je ne sais pas ce en quoi tu crois, si tu crois en quelque chose, Harry. Mais ce n'est pas marrant de faire appel aux dieux. Je ne le recommande pas. »

« Aux dieux ? Tu veux dire… Tu crois qu'il y en a d'autres… »

« Bien sûr qu'il y en a d'autres. Pourquoi donc sinon y aurait-il un commandement pour ne pas les suivre ? Dans ce cas, ce n'est pas un problème de croire ou pas… C'est un problème d'allégeance. Les dieux demandent de l'attention. Tu en invoques un, et tu ne sais pas ce que cela va faire. Et si tu veux une faveur d'un Dieu ? Cela signifie des sacrifices. On n'a jamais quelque chose pour rien. Ce n'est pas quelque chose dans lequel tu veux te retrouver. »

Lui lançant un regard craintif, elle traversa la pièce et retourna auprès de Tony. Hermione, se mordant la lèvre, regardait Harry avec inquiétude. « Je pense qu'elle a raison, Harry » dit-elle doucement.

Il acquiesça. « Je sais. » Il regarda à nouveau la page. Quelque chose était familier avec ce sort… « Hermione ! Ce livre que j'ai lu dans la bibliothèque en cinquième année, celui sur l'autre Voldemort. C'est le sort qu'il a utilisé pour essayer de retrouver son fils ! »

Elle fronça les sourcils au-dessus de la page. « Tu es sûr ? »

« Je m'en souviens maintenant ! Et… Et il a vécu après cela… » ajouta-t-il en hésitant.

« Mais a-t-il vraiment réussi ? »

Harry fixa à nouveau le livre. « Je ne me souviens pas. Je pense… Je pense que ce n'était pas vraiment dit. »

Ils regardèrent encore une minute le livre, Harry traçant l'illustration avec son doigt. Soudan Hermione dit « Oh, tu as entendu ? Le professeur Rogue nous donne des bonbons à la mandragores pour emporter pour les examens pratiques des ASPICs, en cas de souci. L'an dernier, madame Pomfresh a été submergée par les patients après les examens pratiques. Il y a eu tellement de gens qui se sont pris des maléfices, et ils devaient être remis d'aplomb pour passer leurs autres examens. Maintenant que les jumeaux ont développé un bonbon qui est imprégné de potion de mandragore, tout ce que l'on a à faire est d'en mettre un à la bouche, de le mâcher et de l'avaler, et hop, fin du maléfice ! Ils auraient vraiment dû avoir des BUSEs en plus, tu ne penses pas ? »

Harry haussa les épaules. « J'espère juste que Padma Patil a autant révisé que toi. Je ne pas croire que je l'aie pour partenaire. »

« C'est simplement parce qu'il y a si peu de filles dans notre année à Griffondor. Padma devrait bien s'en sortir. Ce n'est pas ma personne favorite, comme elle a aidé Parvati à monter cette histoire incroyablement stupide qui aurait pu finir avec un cada… hum, encore plus mal. » bafouilla Hermione. « Mais c'est une bonne élève, et une Serdaigle. Ca ira. Nous avons passé beaucoup de temps à réviser, tu es le capitaine du club de duel. Tu peux contrôler les dragons, Harry, pour l'amour du ciel. Ca ira. »

Il soupira. J'espère que tu as raison. Ces taureaux du soleil ne me tardent pas. »

Elle secoua la tête. « Ni à moi, et je ne vais pas devoir y faire face en personne. Ron devrait bien s'en tirer, cependant, avec sa force de loup-garou et tout. Ils ne vont pas réaliser ce qui leur tombe dessus. »l acquiesça. Ron aurait définitivement un avantage.

« Alors, » dit-elle montrant de la tête le livre. « Tu ne joueras pas à Dieu ? » fit-elle avec espoir. Il regarda vers Ron et déglutit. Facile à dire pour elle. Son petit ami était virtuellement impossible à tuer. Ginny avait déjà failli mourir à cause de Tom Jedusor quand elle était en première année.

Il ne répondit pas, mais claqua le livre et le remonta dans son dortoir. Jouer à Dieu. Qui faisait cela plus que Voldemort ? Il regarda le livre avant de le remettre dans son coffre. Je l'ai fait, aussi, pensa-t-il. J'ai créé un nouveau monde. Est-ce que je jouais à Dieu ? Probablement. Mais il l'avait déséquilibré et puis il l'avait rétabli. Il avait encore joué à Dieu.

Mais c'était une erreur, et elle devait être réparée ! Pensa-t-il avec irritation.

Qui décide de ce qui est une erreur ou pas ?

Il avait l'impression que son crâne allait se fendre en deux, et il se mit en position fœtale dans son lit à baldaquin, essayant de faire taire ses doutes, mais ses rêves ne furent d'aucune aide. Il eut à nouveau le rêve avec sa sœur, et quand il se réveilla, couvert de sueurs froides, la lumière du lever du soleil entrait par la fenêtre et baignait la pièce d'un éclat doré.

xxxxx

Maintenant que la finale de Quidditch était passée, Harry avait l'impression que la fin du trimestre arrivait à une allure alarmante. Fin mai, Hermione et lui avaient passé trois nuits avec Ron pendant la pleine lune, et avant de réaliser, ils étaient déjà en juin. Ils allaient devoir passer les écrits de leurs ASPICs pendant la première semaine, et leur examens pratiques pendant la deuxième. La veille du début de leurs examens pratiques, Remus Lupin entra dans la grande salle pendant le petit déjeuner, portant trois grands paquets qu'il plaça devant Harry, Ron et Hermione.

« Bonjour ! » dit-il. « Je suis venu vous amener des cadeaux. Comment se passent les ASPICs ? »

« La moitié est faite. » lui dit Hermione. « Nous avons eu les examens écrits la semaine dernière avec Serdaigle, tandis que Poufsouffle et Serpentard faisaient la pratique. Cette semaine, c'est notre tour. »

Remus acquiesça. « Je sais. » Il montra les paquets de la tête. « Ne les ouvrez pas encore. Vous avez fini de déjeuner ? Je suis venu voir Sirius pour une chose ou deux. Pourquoi ne montez-vous pas cela jusqu'à ses appartements, et vous pourrez les ouvrir tout à votre aise. »

Harry fronça les sourcils à ceci. « De qui sont-ils ? »

Ron tapota son paquet, qui avait quelque chose écrit dessus. « Tu ne reconnais pas l'écriture de ma mère, Harry ? » dit-il en souriant. « Je pense que ce sont des cadeaux pour les ASPICs. »

« Ooh ! » fit Hermione, appuyant un peu sur son paquet mais n'obtenant pas de bruit autre que celui du papier. Harry regarda la table des professeurs. Sirius lui fit un signe de la tête et peu après tous les cinq, et Ginny, montaient les escaliers vers l'aile des professeurs.

Une fois qu'ils furent dans le salon de Sirius, Remus les encouragea à ouvrir les paquets, souriant à Sirius. Harry déplia un parchemin qui était attaché à la corde d'emballage tenant le papier brun, un sentiment chaleureux naissant en lui.

Cher Harry,

Comme tu te prépares à passer tes examens pratiques des ASPICs, accepte s'il-te-plaît ce cadeau. Les bottes seront les meilleures choses à porter quand tu utilisera le joug pour les taureaux, la cape et les braies sont enchantées pour empêcher tout objet pointu de les percer, comme des cornes par exemple, et la chemise est simplement ample et confortable. La cape devrait aller au-dessus de ta robe.

J'ai tout fait moi-même, et j'ai lancé les sorts de protection. Je sais que tu feras bien, mais cela ne peut pas faire de mal d'avoir quelques avantages en plus. Je ne pourrais pas être plus fière de toi si tu étais mon propre fils. Si Ron commence à perdre le sourire à l'approche des examens, s'il-te-plaît, rappelle lui à quel point nous l'aimons et essaye de lui remonter le moral. Remus a aussi de bonnes nouvelles pour lui.

Embrasse Ginny pour moi.

Affectueusement,

Molly Weasley

Harry ouvrit le paquet, trouvant les habits que Mrs Weasley avait décrit dans la lettre. Il leva les yeux pour voir Ron lire sa lettre. Ce dernier se passa la main dans les cheveux, faisant retomber sa mèche blanche sur son front. Après avoir plié le parchemin en un petit carré, il ouvrit gravement le paquet et découvrit ses habits, comme ceux de Harry, mais en plus grands. Hermione s'exclama aussi sur sa nouvelle cape et ses bottes.

Harry avait redouté les examens écrits, mais ils s'étaient passés bien mieux qu'il ne l'avait espéré. Il avait été assez confiant pour les examens pratiques, mais maintenant, il avait l'impression d'avoir quelque chose qui tournait sans arrêt dans son estomac. Ron et lui échangèrent un faible sourire tandis que Hermione rayonnait.

Essayant d'avoir l'air plus confiant qu'il ne l'était réellement, Harry dit « Bien, nous sommes parés, je suppose ? Avec ceci et les bonbons à la mandragore, nous ne devrions avoir aucun problème, n'est-ce pas ? »

« Exact.' Dit Ron d'une voix étranglée, passant une main sur ses toutes nouvelles bottes.

Harry sourit à Ginny et la prit contre lui avec un bras, lui chuchotant « De la part de ta mère. » Elle acquiesça et posa sa tête sur son épaule.

« Tu t'en tireras bien. » chuchota-t-elle. Il pouvait dire qu'elle comprenait ce qu'il ressentait.

Remus s'assit sur un fauteuil adjacent à celui de Ron et Hermione, l'air assez grave. « Maintenant, Ron, je veux que tu passes tes examens très sérieusement. Ils sont très importants. Ah, ah, » dit-il, levant la main pour arrêter les protestations de Ron qui moururent sur ses lèvres. « Je sais que tu penses que cela importe peu que tu fasses bien, mais tu dois montrer un certain niveau de compétence dans tes ASPICs si tu veux venir travailler pour moi au ministère. »

Ron resta bouche bée. « Travailler… Travailler pour toi ? » Il sourit comme si Noël était en avance. « Tu plaisantes, non ? »

Remus rit. « Pas le moins du monde. Maintenant, tu sais que j'ai travaillé comme opérationnel pour Dumbledore pendant ces quelques dernières années, n'est-ce pas ? En dépit d'être un loup-garou, de ne pas pouvoir transplaner, et tout cela. Cela ne m'a pas arrêté, n'est-ce pas ? » Il haussa les sourcils à Ron.

« Non, je suppose que non, » admit Ron, « Mais… »

Remus leva à nouveau les mains. « Bon, c'est vrai que quelques règles ont été adaptées pour moi au ministère. Mais ce qu'ils ont largement fait a été de se débarrasser de vieilles règles qui n'avaient pas lieu d'être pour quelqu'un qui puisse faire le travail que je fais. Ce n'est pas vraiment le travail d'un auror, mais je m'engage dans des opérations sous couverture assez dangereuses. Réfléchis-y, je ne suis même pas certain que cela t'intéressera… »

« Quand est-ce que je commence ? » demanda Ron avec excitation. Harry vit un éclair rouge dans ses yeux.

Remus rit. « Bien, tu pourrais vouloir quelques vacances après avoir fini l'école. Disons… En septembre ? Si cela te tarde vraiment, tu pourras commencer la formation en août. »

Ron se tourna vers Hermione, tout sourire. Harry se sentit authentiquement heureux pour Ron, qui n'avait rien d'aussi bon qui lui était arrivé depuis qu'il avait appris qu'il allait jouer au Quidditch pour l'Angleterre. Hermione regarda Remus. « Tu ne sais pas si quelqu'un du ministère va répondre à mes lettre avant que j'ai fini ma septième année ? »

« Quelles lettres ? » demanda Ron, fronçant les sourcils. Hermione roula les yeux.

« Tu ne pensais pas que j'allais attendre de finir l'école pour chercher un travail, n'est-ce pas ? J'ai envoyé des lettres à de nombreux départements il y a des mois, avec des lettres de recommandation des professeurs MacGonagall, Flitwick, Dumbledore et Rogue. »

« Et de moi, » ajouta Remus, souriant. « et oui, Hermione, il se trouve que je sais que tu devrais avoir bientôt des nouvelles de tous les départements auxquels tu as écrit… Mais ne saute pas sur la première lettre que tu recevras. Tu pourrais vouloir en attendre une en provenance d'un département assez secret… »

Elle se mit à sauter sur son siège, ses yeux ronds d'excitation. « Non ! Tu plaisantes ! Le… Le département des Mystères ? »

Remus acquiesça, se plaisant clairement à la voir si excitée. Ron la regarda, bouche bée.

« Tu… Tu va être une Langue de Plomb ? » dit-il avec une admiration mêlée d'effroi.

Elle eut l'air très contente d'elle. « Peut-être. » dit-elle, réjouie.

Harry soupira. « C'est une bonne chose que j'aie plein d'argent dans ma crypte, je suppose… »

« Quoi ? » fit Remus. « Pour tenir compagnie à tout celui que tu vas gagner quand tu seras un joueur de Quidditch professionnel ? »

« Un… Quoi ? »

« Bien, j'ai appris que Owen Aberystwyth est intéressé par t'avoir de retour dans l'équipe de Galles, et j'ai entendu qu'il y avait de nombreux observateurs des équipes de la ligue présents à la finale, à la recherche de nouvelles têtes. Tu devrais avoir des nouvelles de quelques personnes sous peu. »

Harry réfléchit à cela un moment tandis que Ginny le serrait dans ses bras avec excitation. « Je suppose que je pourrais faire cela. » dit-il lentement. « Après tout, mon père était un joueur de Quidditch. Bien sûr, » ajouta-t-il, « ma mère était auror… » Allons d'où est-ce que cela vient ? se demanda-t-il.

Ginny le regardait maintenant avec anxiété. « Est-ce quelque chose qui pourrait t'intéresser, Harry ? » demanda Remus. « Parce que je ne pense pas que tu serais refusé. Tu devrais passer les tests de qualification pour être admis à la formation, bien sûr. »

Ron s'éclaira. « Si tu travaillais pour le ministère aussi, Harry, nous pourrions encore faire des choses ensemble tous les trois ! Ce serait génial ! »

Harry suspecta que Ron se sente juste jaloux qu'il ait la chance de pouvoir jouer au Quidditch alors que Ron pas, mais Harry sourit et acquiesça. « Oui, ce le serait. »

D'abord, cependant, les trois devaient passer le restant de leurs ASPICs. Le soir, Padma vint trouver Harry pour lui donner la potion qu'elle avait préparée. Il posa les fioles sur sa table de chevet, se tournant pour les regarder fréquemment pendant la nuit. Il n'arrêtait pas de se réveiller, son esprit trop agité pour rester endormi. Une fois, quand il se réveilla, il se souvint vaguement avoir encore eu le rêve avec sa sœur, mais il n'arrivait toujours pas à dire en quoi elle avait changé. Une autre fois, il se retrouva face à sa mère dans une immense salle avec d'énormes colonnes qui supportaient un plafond qui disparaissait dans les ténèbres. Elle se tenait devant lui comme une reine alors qu'il se sentait insignifiant et sans valeur. Et c'était avant qu'il ne baisse les yeux, réalise qu'il était nu, et se réveille en sursaut, son cœur battant très vite.

Le matin, après s'être douché, Harry appliqua la potion cutanée sur tout son corps, et il but ensuite la potion d'Eutharsos que Padma avait aussi préparé. Il se souvint de ce qu'il avait ressenti la première fois qu'il en avait pris, de la manière dont son corps s'engourdissait, morceau par morceau, puis de l'éveil qui se produisait en lui, il était alerte et avait une vision claire qui rendait facile à comprendre comment Neville avait pu devenir accro à cela.

Il lança maintenant un coup d'œil à Neville, en train de regarder un moment la fiole de potion avant de finalement pencher sa tête en arrière et de la boire. Il regarda Ron et montra Neville de la tête. Dean et Seamus virent aussi cela. Ils avaient déjà parlé de ceci, tous les quatre. Ils allaient garder un œil sur Neville, pour s'assurer qu'il allait bien, qu'il ne flancherait pas et n'essayerait pas de prendre encore de la potion après les examens. Neville leva les yeux et croisa le regard de Harry, sachant peut-être ce qu'ils pensaient.

« Ca va, Harry ? » dit-il doucement. Harry lui sourit.

« Ca va Neville. »

Harry inspira profondément, sa peau lui piquant sur tout le cuir chevelu, se sentant très fort et entreprenant. Il se demanda si Ron se serait sentit comme cela sans aide, et pensa qu'il était assez possible que les Chthoniens ne sauraient pas ce qui leur arrive quand ils commenceraient à combattre Ron. Ils revêtirent les habits que Mrs Weasley leur avait envoyés et partirent pour le petit déjeuner.

Pour quelque raison, Ginny n'était pas à la table de Griffondor pour le déjeuner. Harry demanda à Ruth où elle était, mais à sa surprise, elle devint toute rouge et bafouilla « Elle a quitté tôt le dortoir, elle a dit qu'elle devait rencontrer quelqu'un pour parler… » Harry fronça les sourcils, mais ensuite il leva les yeux et vit une place libre à la table de Serpentard. Malfoy. Mariah était à côté de Blaise Zabini, avec Crabbe, Goyle et Nott à proximité. Mais Malfoy n'était en vue nulle part.

Harry mentionna cela à Ron comme ils quittaient la grande salle. Ron hésita un instant, puis dit « Nous sommes sensés être en bas dans les paddocks dans cinq minutes, Harry. Ginny a dit qu'elle viendrait me voir comme je passe en premier. Elle… Elle ne manquera pas cela… N'est-ce pas ? » ajouta-t-il, hésitant. Harry regarda avec nervosité la masse des élèves les dépassant.

« Je ne sais pas. » dit-il sincèrement. « Et si Malfoy la blesse ? »

« Voilà Rogue et Maggie… Ils la retrouveront. Viens, je ne veux pas manquer cela non plus. »

Ils attirèrent Rogue et Maggie, les faisant sortir du flot de la foule pour leur dire que Ginny et Malfoy avaient disparu. Ils acquiescèrent tous deux, et Maggie dit « Je peux sentir sa présence, pas loin. Elle est… Elle est énervée, mais n'a pas peur. Et je ne pense pas qu'elle est en danger… » dit-elle, fermant les yeux et se massant les tempes avec ses doigts.

« D'accord alors. » dit Ron. « Vous la trouve et vous la faites descendre au terrain. Oh, et je veux que vous y soyez aussi ! » dit-il en souriant, prenant sa grande sœur dans ses bras. « Dommage que Nita ne soit pas là… »

« Qui a dit qu'elle n'est pas là ? » dit une voix claire derrière eux. Ron se retourna et sourit à sa sœur aînée, qui était flanquée de Fred, George, Percy et Angelina.

« Super ! Vous avez pris la journée ! »

Elle haussa les épaules. « Ce n'est pas tous les jours que l'on peut voir un loup-garou passer ses épreuves pratiques des ASPICs. » dit-elle, ses yeux bleus brillant malicieusement.

Maggie salua ses frères et sœur. « Oui, bien, d'abord, nous devons retrouver Ginny. Je peux dire qu'elle est quelque part dans le château, la question, c'est où… »

Harry se frappa le front. « Comme je suis bête ! » Il se pencha vers Fred en lui chuchotant « Vas dans mon dortoir et récupère la carte dans ma malle. »

Fred acquiesça. « D'accord. Seulement… »

« Oh, exact. » Harry lui chuchota le mot de passe actuel de Griffondor et il fila dans les escaliers de marbre. Avec Fred, Maggie, Nita et Rogue à la recherche de Ginny, les autre autres accompagnèrent Harry, on et Hermione vers les paddocks où les Taureaux du Soleil attendaient.

« Maman s'occupe des bébés, » les informa George, « et Bill et Charlie ne pouvaient pas venir, malheureusement. Ni papa. »

« Papa ? Oh, pas de chance. » dit Ron en se renfrognant comme il avançait.

« Qu'est-ce qui ne va pas avec nous ? » demanda Percy, clairement blessé. « Katie aurait aimé être ici aussi, mais seul l'un de nous pouvait ne pas travailler. »

Harry lui sourit. « Je suis content que vous soyez si heureux tous les deux. » dit-il, assez doucement pour que seul Percy entende. Percy lui fit un signe de la tête et lui donna une tape de la main sur l'épaule. A cause de la potion, Harry put à peine la sentir. Il semblait y avoir une barrière protectrice entre lui et le reste du monde. C'était une étrange sensation.

Ils se tenaient tous en dehors des enclos, attendant que Hagrid sorte les Taureaux du Soleil. Ron serrait et desserrait ses poings, et Harry espérait que Ginny arriverait à temps. Quand Hagrid amena finalement les taureaux par la porte opposée du paddock, tout le monde retint son souffle en voyant ces terribles animaux. Hagrid fit un signe de la tête à Ron et Ron fit un geste de sa baguette, attelant les taureaux sans les toucher eux ou le joug. Comme Ron s'approchait d'eux, Harry fut soudain conscient du coin de l'œil que quelque chose de orange et noir se déplaçait sur les prés verts qui descendaient du château. Il protégea ses yeux de la lumière du soleil et vit que c'était Ginny.

« Attends Ron. » cria-t-il. « Ginny arrive. Attends qu'elle soit ici. » Ron acquiesça. Il mit sa main au-dessus de ses yeux, regardant sa sœur courir vers eux à toute allure. « Oui, d'accord. Mais quand elle sera proche, je vais commencer. Je les ai déjà attelés. Je ne veux pas les laisser attendre trop longtemps. » Les taureaux tapaient du pieds et reniflaient nerveusement.

Harry acquiesça et regarda Ginny s'approcher d'eux. Maggie, Rogue et Fred n'étaient visibles nulle part. Elle semblait complètement désespérée, comme si c'était une question de vie ou de mort qu'elle les voit passer leurs ASPICs. Harry fronça les sourcils. Il y avait quelque chose qui le tracassait. Quand elle fut à environ quarante pieds, elle cria à bout de souffle « Arrêtez-le ! Ne le laissez pas faire ! C'est un piège ! » Sa voix était très faible, comme elle était encore si loin.

« Quoi ? » dire Harry et Hermione, hésitant une seconde. Mais quand ils se retournèrent, ils virent que Ron écoutait quelque chose que lui disait Hagrid. Il aurait aisément pu entendre sa sœur s'il avait fait attention, mais Hagrid l'avait distrait. Il était sur le point de mettre les mains sur les poignées du joug. Ginny était maintenant à hauteur de Harry et Hermione, et tous trois se précipitèrent vers Ron pour empêcher Ron de le toucher. « Non ! Fais pas ça ! » crièrent-ils tous, tandis qu'il leur fronçait les sourcils, ne comprenant pas leur problème. Ils durent passer par-dessus la clôture et parcourir trente pieds encore. Harry avait le cœur dans la gorge comme il courait, ses bras contractés sur ses côtés. Si tout ce que j'ai couru ces trois dernières années doit me servir à quelque chose, s'il-vous-plaît faites que cela m'aide à sauver Ron maintenant…

Lui et les filles atteignirent Ron presque simultanément. Ce dernier se retourna, surpris de voir les trois autres se précipiter vers lui. Ils étaient trop essoufflés pour parler et n'avaient aucun espoir de l'empêcher physiquement de toucher le joug. Mais Harry vit avec des grands yeux qu'il avait posé sa main droite sur la poignée du joug juste au moment où tous les trois le mirent au sol…

Trop tard.

Au moment où il toucha la poignée, le portauloin les emporta. Harry et Hermione avaient saisi son bras gauche, et Ginny se tenait à l'autre bras de Harry. Ainsi reliés, ils furent propulsés dans l'espace, leurs épaules se cognant douloureusement. Le joug ne chatouillait pas non plus. Il était grand et dur, bien que les taureaux ne semblent pas faire partie du voyage. Comme ils n'avaient pas physiquement touché le joug, ils semblaient être restés en dehors. C'était tout aussi bien, comme Harry pensa prendre le genou de Ron dans son estomac à un moment, lui coupant le souffle. Le crochet derrière le nombril de Harry tirait de plus en plus fort, l'attirant inexorablement.

Finalement, il s arrivèrent sur le sol, allongés dans un méli-mélo de jambes et bras, dans une haute herbe verte, tellement que Harry n'était pas entièrement certain qu'ils étaient allés quelque part. Peut-être que le portauloin n'avait pas fonctionné. Mais quand il se mit debout et regarda autour de lui, il sut qu'ils étaient bien loin de Poudlard. Et il sut exactement où ils étaient.

Le cottage était bien plus envahi de végétation que la dernière fois qu'il l'avait vu, et en bien plus mauvais état. Il se souvint qu'au début de sa sixième année, Voldemort avait échoué (c'est ce qu'il pensait) à convaincre Harry de sauver sa mère. Dumbledore avait dit qu'il était retourné à Godric's Hollow et avait fait exploser la maison de frustration. Harry ne pouvait plus voir des choses simples comme le manteau de la cheminée du salon ou la large pierre qui servait de pallier. Aucun reste ne s'élevait à plus d'une paire de pieds du sol. La commode de la cuisine avait disparu, ainsi que la table avec son service à thé protégé par la verdure.

Il regarda les autres espérant qu'ils allaient bien. Il appela chacun de leur prénoms et ils répondirent par des grognements. Ron se leva en grimaçant, puis lança une paire de jurons hauts en couleur. Il regarda autour de lui, suspicieux. « Malédiction… Cela fait partie des examens ? »

Hermione scrutait les environs. « Non. Définitivement non. Où diable sommes nous ? »

Ginny regarda le cottage en ruine couvert de végétation. « Tu le sais, Hermione. Nous le savons tous. De la pensine de Harry. C'est Godric's Hollow. »

Harry avait le cœur qui décollait. « Ginny… Je vais me transformer en griffon d'or et t'évacuer d'ici. Je ne veux pas que tu restes là… » Il se souvenait de son vieux rêve dans lequel Ginny était à Godric's Hollow et se transformait en squelette. « Ron, Hermione… Je… Je peux revenir avec des balais pour vous… »

« Mais je sais transplaner, Harry » dit Hermione, se renfrognant.

« Tu veux laisser Ron tout seul ici ? » dit-il, montrant de la tête son meilleur ami. Si seulement les loups-garous pouvaient transplaner, pensa-t-il, pas pour la première, ni pour la dernière fois.

Ron se rebiffa. « Je peux m'occuper de moi-même, Harry. »

« Oui, mais nous ne savons pas pourquoi nous avons été amenés ici. Ce qui signifie…. Merde ! Ce qui signifie qu'aucun de nous ne devrait partir parce que tu as probablement été amené ici pour être otage… Nous sommes tous coincés. »

Il se mit à faire les cent pas, se passant la main dans les cheveux. Ginny posa sa main sur son bras pour essayer de le calmer. « Nous trouverons quelque chose. » dit-elle, sa voix tremblant. « Nous avons tous nos baguettes, et toi et Hermione êtes des animagi et savez transplaner. Ron et une loup-garou, et moi… » Elle se tut. Elle avait sa baguette. C'était tout. Harry commença à se demander qui était vraiment sensé être pris en otage.

Il prit le haut des bras de Ginny fermement et lui aboya pratiquement. « Comment savais-tu que c'était un piège ? Pourquoi es-tu venue en courant du château ? » Ses lèvres bougèrent sans émettre un son. Elle eut l'air terriblement coupable. Finalement, il dit le mot pour elle. « Malfoy. »

Elle acquiesça, ses yeux humides. « Il m'a envoyé une chouette, tard la nuit dernière, il disait qu'il voulait me parler avant que j'aille voir Ron. Je n'étais pas convaincue que je devais y aller… »

« Mais tu y es allée. » dit-il gravement. Elle le scruta.

« Tu es jaloux ? »

Il essaya de se débarrasser de ce sentiment, avec difficulté. « Ginny… C'est juste… Je ne lui fais pas confiance. Pour de bonnes raisons. Et tu ne devrais pas non plus. Qu'avait-il à te dire ? »

« Bien, il était en haut de la tour d'astronomie. Avec son balai. Quand j'ai vu cela, je lui ai dit ce que je pensais. Je lui ai dit que je trouvais très peu fair-play de sa part, alors qu'il avait déjà passer ses examens pratiques, d'essayer de gêner ceux des autres en faisant des acrobaties sur son balai. Je pensais qu'il allait essayer de distraire les taureaux, ou quelque chose comme cela. Il s'est moqué de moi et a dit que les jour où il se déguisait en détraqueur pour essayer de distraire quelqu'un étaient loin derrière lui. Il a dit qu'il voulait juste s'assurer que j'étais en sûreté. Cela m'a fait repartir. J'ai commencé à lui crier 'Qu'est-ce que tu as fait ? Pourquoi est-ce que quelqu'un passant les ASPICs ne serait pas en sécurité ?'. Il ne me répondit pas et j'ai dit. 'C'est un piège, pas vrai ? Pas vrai ?'. Il est monté sur son balai et a dit qu'il devait y aller. Il était attendu autre part, et ce serait l'enfer pour lui s'il n'y allait pas. Je… Je n'ai pas aimé cela. L'instant d'après, il était parti, et j'avais l'impression qu'il allait 'le' rencontrer. »

Harry chuchota « Voldemort. ». Elle acquiesça.

« Alors je suis descendue en courant pour essayer d'arrêter Ron. Oh, je n'ai jamais souhaité aussi fort d'être comme toi, Harry, et de pouvoir me transformer en griffon ! J'aurais pu vous atteindre tellement plus vite… »

Il la serra contre lui et lui caressa les cheveux, la sentant trembler contre son corps. Elle avait une estafilade sur la joue à cause du voyage avec le joug. « Ca va, Ginny, ça va. Personne n'est ici. Peut-être que Malfoy a fait la bonne chose pour une fois, et quand il est allé retrouver Voldemort, il a fait quelque chose pour… Pour l'arrêter, ou le distraire. »

Elle s'écarta de lui et fronça les sourcils. « Tu vas peut-être penser que je suis encore trop indulgente avec lui, mais je pense que tu es pire parfois, Harry. Il n'est plus ton meilleur ami de ton autre vie. C'est un mangemort, et je parie que c'est lui qui a enchanté le joug afin de pouvoir amener Ron ici ! » Elle était en colère. « La prochaine fois que je le voies, il ferait mieux d'être mort, de peur que je le tue de mes mains ! »

« Allons, allons. Est-ce une manière de parler de son ancien petit ami ?

La voix glaciale et aiguë glaça Harry jusqu'à la moelle. Il se retourna et sentit ses genoux trembler. Voldemort avait l'air plus fort que Harry ne l'avait jamais vu, plus fort même que quand il avait été initié Mangemort, dans son autre vie, par un Voldemort qui n'avait jamais été affaibli. Clairement, depuis qu'il avait retrouvé son corps, il avait fait des choses pour le fortifier, pour se rapprocher de l'immortalité. Harry déglutit et regarda les inquiétants yeux rouges, puis il détourna le regard. Il se souvint de la voix hypnotique de Voldemort dans son autre vie. Ne regarde pas ses yeux, pensa-t-il. A côté de lui, Ginny les regardait, hypnotisée, et Harry vit que Ron et Hermione l'étaient aussi.

Il y eut soudain pop, mais Harry disait « Ne regardez pas ses yeux ! » Il tourna Ginny pour qu'elle le regarde, et elle cligna des yeux, comme si elle se réveillait d'un long sommeil. Puis Harry entendit un rire, mais ce n'était pas celui de Voldemort. Le pop, avait été celui de Draco Malfoy transplanant à côté du mage noir, portant encore son balai, avec un rictus au coin des lèvres. Il avait entendu ce que Harry disait.

« Oui, c'est la raison pour laquelle d'autres sont morts. » fit-il sarcastiquement de sa voix traînante. « Ils l'ont regardé dans les yeux. Ce n'est pas un foutu basilik, Potter, espèce d'idiot. »

« J'ai déjà tué un basilik. » chuchota Harry, menaçant.

Malfoy balaya cela. « Oui, oui. C'est tellement impressionnant. »

« Oh, et tu pensais que nous serions impressionnés, Malfoy ? » dit maintenant Ron, se hérissant. « Impressionnés que soit à sa solde ? »

Draco Malfoy scruta très froidement Ron. « Je pensais ce que je vous avez dit à la fin de la quatrième année… Je compte être du côté des gagnants. C'est assez clair de quel côté cela va être. Tristement, le cerveau de Granger semble n'avoir été d'aucune aide pour trouver une chose si simple… »

« Parfois, on doit faire ce que l'on pense être bien ! » lui cria Hermione, se jetant sur lui. Ron lui saisit le bras, et elle lutta contre lui. « Parfois, être du côté des vainqueurs n'est pas ce qui est le plus important ! » Puis elle vit la tête de Ron. « Je veux dire… Oh, tu sais ce que je veux dire Malfoy ! »

Le garçon blond rit. « J'ai toujours pu te faire dire des choses que tu ne voulais pas, Sang de Bourbe. C'est cela, Sang de Bourbe. Tout le monde entend ? Qu'est-ce que vous allez faire pour cela ? Tête fendue ? Weasel . Sang de Bourbe, Sang de Bourbe, Sang de Bourbe. Je le dirai autant que je veux. Bientôt, ce terme sera obsolète de toutes façons, après qu'ils aient tous disparu du monde des sorciers. Il n'y aura pas besoin d'un mot pour des gens qui n'existent pas. » Maintenant c'était Ron qui plongeait sur lui, et Hermione essayait de l'arrêter.

« Silence. » fit le mage noir, d'un geste de la main adressé à Draco Malfoy, dont la bouche disparut, de la même manière que ce que Mrs Figg avait fait à Harry à Privet Drive. « Tu étais sensé m'amener le meilleur ami. Je vais commencer à penser que tu es comme ton père et que tu ne sais rien faire bien. » Draco Malfoy toucha son visage avec horreur.

Voldemort fit à nouveau un geste négligent de la main, et tous les quatre se retrouvèrent soudain pieds et poings liés, leurs bras collés à leur côté. Le rire froid coupa encore l'air, et ils se rapprochèrent les uns des autres. Harry scruta le visage des autres. Ils n'avaient jamais été aussi proches de Voldemort avant. Il pouvait voir les filles trembler. Ron avait juste l'air en colère et buté. Harry était content que lui et Ron aient utilisé des potions qui étaient sensées les aider pendant leurs examens. Il savait qu'il aurait dû être terrifié, mais il ne l'était pas. Il regarda crânement Draco Malfoy, mais ne pu déchiffrer le regard de l'autre garçon.

Une potion. Quelque chose lui vint à l'esprit, en voyant le visage inhumain de Voldemort. Combien de sorts étaient responsables de son apparence, de sa presque immortalité ? Et si… La main de Harry se dirigea vers la poche de sa robe. Il farfouilla dans le tissu, essayant de passer ses doigts dans la fente, grognant légèrement. Cela attira l'attention de Voldemort.

« Potter ! Que fais-tu donc là ? »

Harry retira immédiatement sa main. « Rien. » sa voix était inhabituellement aiguë. « Rien du tout. »

Voldemort émit un bruit sceptique. L'air ennuyé, il dit « Accio ! ». Il tendit sa main comme le contenu de la poche de Harry volait vers lui, et il saisit le petit sac fermé par du raphia d'une main. Il le regarda critiquement un instant avant de l'ouvrir et de regarder dedans. Quand il vit le contenu, il commença à rire. « Des bonbons ! Du essayais de prendre des bonbons. Bien, je suis désolé… Il n'y aura pas de bonbons pour toi, Harry Potter… »

Harry ne put retenir le grognement de déception qui s'échappa de ses lèvres. Il referma rapidement la bouche et regarda Voldemort qui le scrutait avec suspicion.

« Cela concerne ces bonbons, n'est-ce pas ? Bien, je pense que je vais me servir… » Il semblait observer Harry avec beaucoup de soin, pour juger de sa réaction.

« Non ! » s'écria Harry. Voldemort s'arrêta et fixa Harry.

« Qu'est-ce que tu me dis ? » La voix était très calme et lente.

« Hum, je veux dire… » Il se lécha nerveusement les lèvres. « J'ai… J'ai changé d'avis. Allez-y, mangez-en un. Ou plus. Beaucoup. Mangez en beaucoup si vous voulez. » dit-il très rapidement.

Voldemort s'arrêta et examina attentivement le bonbon dans sa main maintenant. « Hmm. Tu veux que je le mange ? Cela ne peut pas être bon. Je crois que j'ai besoin de quelqu'un dans le rôle de goûteur royal… » fit-il d'une voix presque enjouée, regardant à tour de rôle Ron, Hermione et Ginny, son regard s'attardant sur cette dernière. « Toi là. Tu vas en manger un et je vais voir ce qu'il va te faire. »

« Heu, non ! S'il-vous-plaît ! C'est… c'est du poison ! » cria rapidement Harry.

« Du poison, hé ? C'est pour cela que tu voulais que j'en mange beaucoup ? Tu ne comprends pas, de toute évidence, Harry. » Il semblait beaucoup s'amuser. « Il faudrait bien plus qu'un peu de poison pour me tuer à ce point. Si je pouvais être tué. Encore… Si c'est du poison, comme ce serait amusant d'en donner à l'un de tes compagnons ici… »

Harry tordit nerveusement sa robe, regardant Voldemort se rapprocher de Ginny avec le bonbon déballé. Harry essaya de regarder Draco Malfoy du coin de l'œil. Il avait l'air de vouloir bondir, bien que Harry ne soit pas certain de ce que cela signifiait. Ginny semblait incapable de bouger, comme si Voldemort l'avait hypnotisé. Il la força à ouvrir sa bouche et inséra le bonbon, puis pointa sa baguette sur elle. Elle sembla mâcher et avaler contre son gré. Il se tenait tout proche d'elle, la regardant attentivement. La coupure sur sa joue guérissait et disparaissait à vue d'œil, jusqu'à ce que la peau soit lisse et à nouveau colorée.

A la grande horreur de Harry, Voldemort souriait. Personne ne devrait jamais voir cela, pensa-t-il. Voldemort était pratiquement nez à nez avec lui, le faisant tressaillir à cause de sa proximité. « J'aurais dû savoir. » dit-il doucement. « D'abord, tu ne voulais pas que je le mange parce qu'il avait des propriétés curatives, et tu voulais le garder pour toi. Puis tu as su que je serai suspicieux sur quoique ce soit que tu voudrais que je manges, et que j'en donnerais probablement un à l'un de vous pour le tester. » Un sourire diabolique s'étira sur son visage. « Mais ta tentative d'amateur pour me manipuler n'a pas marché. Je sais qu'ils guérissent, que c'est une aide. Bien, dis au revoir à ta petite arme secrète, Harry Potter. » dit-il avec contentement, souriant encore. « Je suis celui qui sera fortifié par ces bonbons maintenant… »

Il commença à déballer les bonbons à la mandragore. Il les mettait tous à la bouche, en mâchant plusieurs à la fois, et Harry sentit des sueurs froides en le regardant, essayant d'avoir l'air inquiet et déçu plutôt que plein d'espoir. Mange-les, mange-les tous, espèce de vieux bâtard…

Et il les avala, se réjouissant clairement de l'air désespéré sur le visage de Harry. Les bonbons passaient l'un après l'autre dans la fente qui lui servait de bouche, mais à la satisfaction de Harry, la bouche ne ressemblait plus autant à une fente, et les yeux rouges s'étaient notablement assombris. Le nez plat semblable à celui d'un serpent dépassait maintenant de son visage, ressemblant à présent à un nez humain, et il y avait de vraies lèvres visibles autour des dents. Des cheveux poussaient lentement sur sa tête auparavant chauve, des cheveux entre le brun foncé et le gris. Tous les cinq regardaient avec fascination la métamorphose qui se produisait devant eux, et Harry se demanda ce qu'il serait arrivé s'il avait lui-même mangé un de ces bonbons, si sa cicatrice aurait disparu. Cela ne lui était jamais venu à l'idée que cela pourrait arriver s'il mangeait quelque chose à base de mandragore. Il jeta un coup d'œil à Malfoy, les yeux grands ouverts de surprise comme il fixait Voldemort. (il aurait probablement aussi eu la bouche ouverte s'il en avait encore eu une).

Quand il eut fini le dernier, le Voldemort qui se tenait devant eux n'était plus le Voldemort que Harry avait vu quand il était sorti du chaudron, avec son corps restauré. Ce n'était pas le Voldemort qui l'avait initié dans son autre vie. Ce Voldemort était bien plus que ressemblant à une version âgée du garçon que Harry avait rencontré deux fois (une fois dans la Chambre des Secrets, et une autre fois dans le bosquet juste devant l'ancienne maison de ses parents, à une cinquantaine de pieds de l'endroit où ils étaient rassemblés).

Il jeta un coup d'œil à Ginny pour voir sa réaction, mais à sa surprise, elle ne reculait pas de peur ou de dégoût. (il se souvint à posteriori de la manière dont elle avait dit que Tom l'avait terrorisée) Elle avait un sourire en coin ironique, et il semblait qu'elle essayait de ne pas rire. Forçant sa bouche dans une position plus sobre, elle observait le sorcier entre deux âges devant elle, ses cheveux poivre et sel, ses yeux sombres, et ses traits fins familiers.

Ses yeux riaient encore, cependant, comme elle lui dit clairement et lentement « Salut, Tom. »

xxxxx