Hello !

Comment va le monde ?

Moi je vais bien ! Les vacances me font du bien ! Je suis désolée de ne pas avoir publié plus tôt, mais disons que la fête m'a appelée à elle et que je n'ai pas pu résister ! :p

Brefouille, ce chapitre est un peu plus long que les autres ! J'espère qu'il vous plaira autant que les autres ! D'autant plus que je me suis éclatée à vous l'écrire ! Et encore, je n'ai pas écrit tout ce que je voulais mettre dans ce chapitre parce que sinon, il aurait été totalement disproportionné par rapport aux autres !

En tout cas, je remercie tous mes lecteurs et mes lectrices pour leurs reviews que je reçois, même si je ne réponds pas tout de suite !

Disclaimer : Tout est à JKR, sauf l'intrigue et les personnages originaux. Je rappelle aussi que le dessin de la fiction a été fait par une bonne amie à moi qui lit cette histoire ! Je la remercie !

Bref !

Bonne lecture !

Enjoy it !


Chapitre 48

Devant Enora, Drago, George et Bénédicte se tenait le Supra-Golem du sous-sol de l'hôtel du Caire. Ses cheveux blonds étaient toujours aussi brillants. Ses yeux avaient toujours une couleur bleu marine et paraissaient sans fond. Seulement, si son corps n'avait en aucun cas changé, de même que ses vêtements, cette fois-ci, le Supra-Golem qui leur faisait face portait à la ceinture une épée au pommeau finement ouvragé, de même que son fourreau. Malgré ce changement, son charisme était certain, sa beauté toujours aussi improbable, impalpable, presque impitoyable.

La surprise se peignait sur le visage des quatre compagnons. Si le Supra-Golem l'interpréta comme un mélange de peur et de découverte, c'était plutôt l'étonnement qui régnait en maître chez les sorciers. Tous avaient suivi le même cheminement de pensée : un Supra-Golem se forme grâce à un morceau d'âme donné par son créateur. Bien que cette quantité d'âme soit minime, cela signifiait que l'Elfe qui avait créé ces deux créatures avait coupé son âme au moins en trois morceaux distincts. Cela eut en chacun, peut-être plus chez les Anglais que chez la Française, une résonnance, un écho inquiétant et particulier.

Voldemort.

Seulement, il leur semblait que cela ne soit pas fait dans le même but. Ce qu'ils ne savaient pas non plus, c'était que, lorsque les Supra-Golem étaient détruits d'une manière ou d'une autre, l'âme du créateur retournait à sa place originelle avec les souvenirs du Supra-Golem. Mais, cela, ils ne le savaient pas.

Enora cligna des yeux plusieurs fois pour se persuader que c'était bien le même, puis, elle se reprit totalement.

- Vous vous rappelez de nous ?, lui demanda-t-elle, sa question sortant ses amis de leurs pensées.

La créature elfique fronça les sourcils.

- C'est bien la première fois que je vous rencontre, fille de la Précieuse, ainsi que vos compagnons.

Un bruit sourd les fit sursauter tous les quatre. Drago fut le premier à comprendre d'où cela venait.

- Encore ? Pourquoi avez-vous fermé la porte ? Personne ne nous poursuit cette fois-ci !

Dans un geste très humain, le Supra-Golem se gratta l'arrière de la tête en signe d'incompréhension complète.

- Cette fois-ci ?

Bénédicte, intriguée par ce que disait la créature, s'approcha d'elle, tandis que la main de George se crispait sur sa baguette pour intervenir au cas où la créature serait moins pacifique avec eux que la première. En effet, la vision de l'épée que le Golem portait au côté le rendait nerveux, d'autant plus que Bénédicte et Enora s'étaient avancées vers lui, à portée de lame.

- Oui… Nous avons, dans notre périple, commença la Française, déjà rencontré une créature de votre espèce.

- Un Supra-Golem ?

- Oui, et ce n'est pas tout. Il était exactement comme vous, termina Enora.

- Êtes-vous issus de la même âme ?, demanda Bénédicte, bien qu'elle connaisse déjà la réponse à cette question.

- Oui. C'est le cas. Mais nous ne partageons rien. C'est comme si nous étions deux personnes différentes avec la même âme.

- Vous n'êtes pas liés ?

Le Supra-Golem secoua la tête.

- Nous avons connaissance de tout ce que notre créateur savait au moment même de notre naissance. Ensuite, bien que nous soyons programmés pour certaines tâches, il faut savoir que nous sommes proches du libre-arbitre, notamment dans la manière de s'occuper des devoirs que nous nous sommes vu confier par notre créateur. Ai-je répondu à vos interrogations, fille de la Précieuse ?

Enora fronça à son tour les sourcils et sa langue d'agacement claqua contre son palais.

- Encore ce titre ! Mais qu'est-ce que cela signifie à la fin ? Qu'est-ce donc qu'un Précieuse, comme vous dîtes ? L'autre Supra-Golem n'a pas daigné me répondre !

Le Supra-Golem se tourna totalement vers elle et sourit.

- C'est tout à fait normal, fille de la Précieuse. Ce n'était pas son rôle. Il devait être bien trop exposé, là où notre créateur l'avait installé.

Les quatre amis acquiescèrent en repensant au fait que pour les sauver, il avait dû se faire exploser, ainsi que l'entrée de la bibliothèque par la même occasion. Trop exposé… C'était l'expression.

- Vous… Êtes-vous capable de me dire ce qu'est la Précieuse ?, reprit la rousse.

Le sourire de la créature s'élargit, tout en restant très discret. Très Malefoyen, pensa George, un ricanement coincé dans la gorge.

- C'est le cas. Je peux vous expliquer ce qu'est la Précieuse, fille de la Précieuse.

Cette réponse fit tiquer Drago, à qui on avait appris depuis son plus jeune âge à déceler les sous-entendus, les doubles-sens. Ce genre d'apprentissage lui avait toujours été utile, mais pas dans les situations auxquelles il avait pensé de prime abord. Comme à cet instant précis.

- Mais nous autres, dit-il d'un air impérieux dont il avait le secret et qu'Enora détestait, humains, compagnons de la fille de la Précieuse, pouvons-nous aussi avoir accès à cette explication sur ce qu'est une Précieuse ?

Le Supra-Golem sembla réfléchir, tout d'abord impressionné par l'aisance orale du petit blond inquiet pour la fille de la Précieuse.

- Oui… Mais à une condition…

- Je m'y attendais à celle-là, marmonna George.

- Laquelle ?, grogna Enora. Ce sont mes amis, les personnes en qui j'ai le plus confiance… Cela n'aurait pas été le cas, je ne les aurais pas laissé me suivre dans cette quête !

- Je m'en doute, fille de la Précieuse, reprit l'Elfe qui n'en était pas un avec un air contrit. Mais je ne peux pas laisser des inconnus, des personnes qui pourraient vouloir du mal à la communauté elfique apprendre nos secrets. Je pense que vous me comprenez, fille de la Précieuse…

Enora baissa la tête en signe de reddition. Elle n'avait rien à redire face à cela. Tout ce que disait le Supra-Golem était parfaitement logique et compréhensible. Satisfait d'avoir pu faire comprendre son point de vue à la rousse, la créature se tourna vers les trois amis de la demi-Elfe.

- Ma condition est de vous faire passer une petite épreuve.

George eut un regard suspicieux. Des souvenirs d'histoires racontées par son jeune frère à propos de chien à trois têtes et de partie d'échec lui revenaient en mémoire. Ce genre d'épreuves ne le branchait pas trop, bien que s'il y était obligé, il les aurait tentées.

- Quel genre d'épreuve ?, demanda Bénédicte qui avait fait un pas en arrière en direction de George.

Elle aussi s'attendait à quelque chose qui puisse être dangereux, prouvant au Supra-Golem qu'elle n'avait pas peur, qu'on pouvait compter sur elle, ou ce genre de choses. Seulement, la brune savait que cela ne se passerait pas forcément pour le mieux pour elle si l'épreuve qui les attendait se trouvait être taillé dans ce bois-là.

- Cette pièce, comme vous devez le savoir, est le cœur de la bibliothèque d'Alexandrie et l'entrée vers la partie sorcière. Ce lieu est donc entièrement magique, du sol au plafond, en passant par les murs. Face à vous, continua-t-il en se tournant vers ce qu'il avait dans le dos, se trouve le Mur des Intentions.

Bénédicte eut un petit sourire ironique.

- Ça fait penser au Mur des Lamentations…, marmonna-t-elle si bas que seuls le Supra-Golem et Enora purent l'entendre, et encore, à peine.

Aucun des deux n'eut une quelconque réaction, étant donné que c'était une référence au monde moldu, monde qu'ils ne connaissaient pas très bien.

- Que faut-il que nous fassions ?, interrogea Drago qui sentait son impatience et celle de celle qu'il aimait monter dans leur esprit.

- Il faut simplement que vous posiez la main droite dessus, et ce, chacun votre tour.

Le gardien de la salle, voyant que les amis de la fille de la Précieuse ne se décidaient pas à s'approcher, leva les yeux au ciel dans un autre geste terriblement humain.

- Je vous assure que cela ne vous fera aucun mal.

George se rendit alors compte que Bénédicte tremblait. Il ne savait pas si c'était à cause de la brise légère, mais répétitive, qui tombait sur leurs épaules, rafraichissant l'atmosphère, ou si c'était parce qu'elle avait peur. Dans tous les cas, il savait au fond de lui qu'il se devait de faire en sorte d'ouvrir le chemin pour que tout cela se finisse rapidement, permettant à son amie de retrouver son bien-être. Le rouquin déglutit alors et s'approcha du mur, la main droite levée. Enora était, tout comme ses amis, crispée, ne sachant pas du tout ce qui allait se passer. Nulle part dans les livres qu'elle avait potassés avec Hermione et Percy n'avait été mentionné un Mur des Intentions. Finalement, au bout de quelques secondes d'hésitation, durant lesquelles son courage de Gryffondor menaçait de prendre ses jambes à son cou à cause de l'appréhension. Seule la pensée de savoir que son orgueil serait touché et blessé en reculant face à ce défi devant la fille qui lui plaisait lui fit faire ce que le Supra-Golem venait de leur demander.

Attendez, il avait bien pensé que Bénédicte lui plaisait ?

Il n'eut pas le temps de penser plus avant à cette question perturbante que le Supra-Golem attirait son attention en s'avançant vers lui.

- Ô Maât… Je fais appel à toi, ô Maât, Précieuse parmi les Précieuses passées. Toi que l'on dit déesse de l'ordre, de la solidarité, de l'équilibre du monde, de l'équité, de la paix, de la vérité et de la justice entend mon appel.

Enora ouvrait grand les yeux et les oreilles face à cette incantation, à l'instar de Bénédicte, qui, sa peur (parce que cela avait bien été de la peur) oubliée, prenait des notes de ce qui se passait devant elle. Le mur se mit soudainement à briller, pour ensuite ne briller que sous la main de George, qui lui était fasciné par ce qui lui arrivait.

- Maât, ô Maât, puisse-tu nous révéler les intentions de cet humain vis à vis du grand peuple qu'est celui des Elfes, ainsi que vis à vis de la fille de la Précieuse.

Ce fut alors que, sous leurs yeux ébahis (même Drago ne put s'empêcher d'ouvrir le bouche quelques secondes avant de se reprendre), des images apparurent sur le mur. Tous purent y voir des scènes passées : Enora pleurant dans les bras de son meilleur ami, Enora riant avec George, des moments sérieux à plancher sur de nouvelles farces ou sur les livres légués par Dumbledore. Puis, les images changèrent. Tous purent découvrir des images de moments qui n'étaient pas arrivés. C'était, comme ils le comprirent, ce que George imaginait pour la suite de sa vie avec Enora et tout ce qu'ils découvriraient dans leurs recherches. Partout, George était présent pour soutenir sa meilleure amie ou s'effacer quand il le faudrait. Il avait imaginé la rencontre entre la rousse et sa mère, mais aussi le fait qu'elle puisse être morte, ainsi que d'autres scénarii catastrophes ou à la fin heureuse. À chaque fois, à chaque nouvelle image, le Supra-Golem analysait ce qu'il voyait et ses traits se faisaient de plus en plus indulgents au fur et à mesure de ce qu'il pouvait comprendre de la relation qui liait le fils de Molly et la rousse. Il finit par laisser un sourire prendre place sur son visage.

- Merci, ô Maât ! Toi, toi que l'on dit déesse de l'ordre, de la solidarité, de l'équilibre du monde, de l'équité, de la paix, de la vérité et de la justice, je te remercie pour m'avoir montré quelles sont les intentions véritables de cet homme.

A l'inverse de ce qui s'était produit quelques instants auparavant, seule la pierre où George avait posé sa main s'illumina pour laisser ensuite la lumière s'étaler sur tout le mur. Finalement, elle disparut et George enleva lentement sa paume de la pierre. Choqué par ce qui venait de se passer, le jeune homme regarda ses doigts comme s'ils avaient été transfigurés par ce qu'il venait de vivre. Il ne rendit donc pas compte de l'approche rapide de Bénédicte dont l'inquiétude transparaissait sur ses traits.

- Tu vas bien ?, demanda-t-elle, la voix partant un peu dans les aigus.

Bien que George ait acquiescé à sa question, la jeune femme ne put s'empêcher de prendre sa main dans la sienne pour l'examiner elle-même. Quelques secondes plus tard, c'était son visage qu'elle prenait en étau dans ses mains pour lui faire lever la tête vers la sienne. Ils se regardèrent droit dans les yeux pendant un temps aussi court qu'il leur parut être une éternité. Pendant ce laps de temps, Drago et Enora échangèrent un coup d'œil complice. Tous les deux avaient senti ce lien spécial qui se formait entre les deux autres depuis le début de leur relation. Ils considéraient d'ailleurs que c'était une bonne chose. Surtout pour George. Ils s'étaient rendu compte qu'il avait besoin de Bénédicte pour panser le trou béant qu'avait laissé la perte de son frère. En effet, Enora était bien consciente que même si elle était sa meilleure amie, même si elle faisait tout pour qu'il ne se sente pas triste, elle n'y réussissait qu'à moitié. Et ce, même si le rouquin ne le montrait que peu. La brune était l'autre moitié du baume dont George avait besoin. Elle avait un caractère qui offrait au cœur de George une nouveauté constante : elle était imprévisible.

- C'est votre tour, amie de la fille de la Précieuse.

Tous se tournèrent vers le Supra-Golem qui ne semblait pas avoir perdu de vue ce qu'il leur avait demandé pour les juger digne de confiance. L'Elfe qui n'en était pas un fixa de son regard clair Bénédicte. Cette dernière n'avait toujours pas lâché le visage de George. Quand elle s'en rendit compte, elle perdit toute sa verve habituelle et retira prestement ses mains tout en rougissant. George le remarqua et sourit doucement.

- Tout va bien se passer, lui dit-il en remontant son visage vers le sien du bout de l'index. Ça ne fait pas mal du tout.

- Tu veux que je passe avant toi ?, interrogea Drago, qui avait bien compris la gêne de la brune.

Cette dernière se détourna de George et acquiesça. Le blond souffla un bon coup et se dirigea de manière résolue vers le mur. Même s'il était sûr de lui, il avait peur de ce que ses intentions profondes pourraient être vraiment. Il avait peur qu'un mur lui montre qu'il se voilait la face envers quelque chose dont il n'avait même pas conscience. Cela lui était déjà arrivé par le passé. Quand il s'était rendu compte que ce que prônait son père était un tas informe et indigne de mensonges. Il savait inconsciemment qu'il n'y croyait pas, mais il s'était persuadé que c'était le cas pour plaire à celui qu'il considérait comme étant le meilleur : Lucius Malefoy.

Toujours aussi déterminé, il lança un coup d'œil vers la femme qu'il aimait pour se donner du courage.

- Quoi que tu vois, sache avant tout que je t'aime, lui murmura-t-il, sachant qu'elle seule (ainsi que le Supra-Golem, mais cela il faisait semblant de ne pas le savoir étant donné que c'était un peu gênant) pouvait l'entendre.

La rousse lui sourit simplement. Un tant soit peu rassuré par cette vue, le filleul de Severus s'en trouva rasséréné et posa finalement sa main sur le mur, tandis que George et Bénédicte rejoignait Enora. Cette dernière se retrouva au milieu des deux autres, un peu gênée en sentant les regards que ses amis se lançaient plus ou moins discrètement.

Comme pour George, le Supra-Golem prononça des incantations. Comme pour George, tous purent voir les pierres s'illuminer. Comme pour George, les visions que l'on pouvait observer commencèrent par relater le passé commun de Drago et d'Enora. Les menaces de Lucius envers Enora, le blond qui faisait tout pour ne décevoir ni l'un ni l'autre, jusqu'à la nuit où la rousse avait été libérée. Cette même nuit, c'était l'esprit de Drago qui avait été affranchi de l'esclavage paternel. Il s'était véritablement permis de penser par lui-même. Si on s'était rendu compte par le biais des visions que George n'avait aucun doute quant à sa relation avec Enora, ce n'était pas vraiment le cas de Drago. En effet, celui-ci ne s'en sentait pas digne. Tout ce qu'il avait vécu lui faisait se poser bon nombre de questions à propos de tout ce qui se passait autour de lui. Il ne voulait pas se faire prendre au piège d'un embrigadement à nouveau. Il voulait être lui. Pour cette raison, même s'il lui faisait entièrement confiance, son esprit ne pouvait s'empêcher d'être sceptique. Drago regardait ces images avec des expressions de gêne et de surprise sur le visage. Il se doutait de ce qu'il voyait, mais être forcé de le considérer le rendait mal à l'aise.

Soudain, ce produisit quelque chose qui n'était pas arrivé avec George. En effet, ils s'étaient contentés d'observer les images que leur donnait à voir le mur. Les rires, les pleurs, les discussions animées, tout se faisait en silence. Mais cette fois-ci, le mur prit un peu plus vie lorsqu'ils passèrent à la partie hypothétique, à la vie que le blond rêvait en compagnie d'Enora. En effet, la voix de Drago se fit entendre.

- Enora… Tu sais que je déteste quand tu me caches des choses…, fit plaintivement le Drago du mur.

- Je suis désolée, mais il y a des secrets elfiques que je n'ai absolument pas le droit de révéler, et tu le sais depuis toujours…

- Mais je vois bien que cela te tracasse… Je ne supporte pas de te voir comme ça…

- Mais ne t'inquiète pas…, sourit la rousse au mur. J'en parlerai avec…

- Ton ami elfique ?, la coupa Drago. Encore ?

- Dray…, soupira-t-elle. Tu sais très bien qu'il y a des aspects de ma vie que je ne peux saisir qu'en sa compagnie. On en a déjà discuté…

- Oui, mais je vois bien que tu t'éloignes de moi à cause de tout cela… J'aurais aimé que cette quête ne finisse jamais…

- Comment oses-tu ?

Finalement, le mur arrêta la vision et s'illumina de manière plus sombre que lorsque cela avait été fini avec George. Un silence de mort plana sur la pièce.

- Merci, ô Maât ! Toi, toi que l'on dit déesse de l'ordre, de la solidarité, de l'équilibre du monde, de l'équité, de la paix, de la vérité et de la justice, je te remercie pour m'avoir montré quelles sont les intentions véritables de cet homme.

Cette fois, le visage du Supra-Golem était dur, sa voix était froide. Ce qu'il avait vu ne lui plaisait pas apparemment. S'il avait apprécié la foi aveugle qu'avait George en Enora, il n'avait pas supporté le scepticisme du Serpentard lors des visions que Maât, ou qui que ce soit, leur avait accordé.

Seulement, le Supra-Golem ne put ouvrir la bouche pour invectiver le blond que le mur s'éclairait à nouveau, bien que Drago ait retiré sa main de la pierre. Une nouvelle vision prit place. Le silence régnait toujours en maître, jusqu'à ce qu'Enora apparaisse en robe blanche, en robe de mariée. Drago se mit alors à rougir, chose qui ne lui était que très peu arriver depuis le début de sa vie. Ce qui se montrait à cet instant précis, c'était son plus grand fantasme, sa plus grande envie, son plus grand désir. Désir dont il avait fatalement conscience. Désir qu'il n'aurait pas voulu révéler. Seulement, la situation semblait l'exiger. Malgré tout, il s'interrogeait sur le fait que cette vision survienne après qu'il ait retiré sa main du mur.

On entendait les murmures de l'assemblée bien que réduite qui assistait à l'évènement. On voyait aussi Drago respirer à grandes goulées, comme s'il craignait de manquer d'air, tandis que George posait une main sur son épaule pour le contraindre au calme. La scène s'accéléra jusqu'à ce que Drago soit en train de parler, les yeux plantés dans ceux de celle avec qui il allait se marier.

- Enora, ce que j'admire chez toi, c'est ta force à toute épreuve. Tu n'as jamais renoncé à quoi que ce soit, et même lorsque tu as failli abandonner, tu as réussi à te relever. Tu es un phénix, le plus beau, le plus fort, le plus admirable que je n'ai jamais rencontré. Pour cela, je t'aime et je veux t'épouser. Chaque jour, tu me ravies un peu plus… Avec toi, on ne s'ennuie pas. Pour cela, je t'aime et je veux vivre avec toi. Ton arrivée dans ma vie a été la meilleure chose pour moi. Nous savons bien tous les deux pourquoi… Tu m'as sauvé, moi, celui qui n'avait pas d'identité, mis à part celle de suivre les pas de son père pour le rendre fier. Pour cela, je t'aime et je veux te sauver au centuple de ce que tu as fait. Avec toi, j'ai appris à me respecter, mais aussi à respecter les autres. J'ai appris à sourire, à rire, mais aussi à pleurer. En fin de compte, tu m'as appris à vivre. Pour cela, je t'aime et je te chérirai toute ma vie, et même après ma mort s'il le faut. Quand je pense à nous plus tard, je vous vois vieux, extrêmement vieux. Je nous vois heureux, confiants, sans peur de la mort parce qu'elle n'est que la porte vers un autre monde, un monde que nous n'avons pas encore découvert. Nous le découvrirons ensemble. Comme toujours. Parce que je t'aime et je veux t'épouser, vivre à tes côtés tous les jours de ma vie, te sauver de tous les maux du monde, te chérir encore et encore, quitte à subir ta colère parce que je te paraîtrai trop inquiet pour mon propre bien. Tu me fais me sentir vivant, surtout parce que mon cœur bat plus fort quand tu es près de moi. Alors, je te veux à mes côtés pour le reste de ma vie. Je veux te prendre pour épouse. Accepte-moi, malgré nos différences, malgré nos divergences, malgré des secrets, malgré tous les obstacles que pourrait mettre la vie sur notre route, parce que ce sera notre route. Je t'aime.

Soudain la vision disparut, laissant à nouveau place au silence. Enora, depuis le début, ressentait les émotions de son petit ami. La peur de ne pas être jugé digne d'elle, la honte de se voir mis à l'écart à cause de son caractère qui le poussait à se poser des questions. Puis, vint la gêne face à la mise à nu de son désir le plus secret. Drago n'osait plus lever la tête et croiser le regard d'une des personnes qui étaient présentes. Un reniflement se fit entendre. C'était tellement incongru dans le silence religieux que tous se tournèrent vers son origine. Tous purent voir une Enora aux yeux noyés, la main sur la bouche, le nez rouge, les jambes tremblotantes. Toutes les émotions de Drago se mélangeaient aux siennes et elle semblait ne plus savoir où elle en était.

- Je n'ai jamais entendu quelque chose d'aussi pur, dit simplement le Supra-Golem, gardien des secrets, avec un sourire doux.

La dureté de ses traits avait totalement disparut, comme si les paroles de Drago dans la vision avait tout adouci. De leur côté, George et Bénédicte n'avaient jamais apparu aussi proches. Sans s'en rendre vraiment compte, en entendant les paroles de Drago, leurs mains s'étaient jointes, comme s'ils avaient adapté les paroles de leur ami à leur propre cas. Ils se jetèrent un regard en coin et rougirent en enlaçant leurs doigts un peu plus. Jamais une fille, pas même Angelina, n'avait eu un tel effet sur le rouquin. Jamais un garçon, pas même son ex, n'avait eu un tel effet sur la briseuse de sorts.

- Même si tu doutes, tu seras toujours présent pour la fille de la Précieuse. C'est écrit.

Finalement, Drago rejoignit celle qu'il aimait. Il hésita un instant, tandis que la rousse se jetait dans ses bras.

- Je t'aime, sanglota-t-elle. Jamais on ne m'a fait autant plaisir avec des mots.

En entendant ses paroles, Drago enserra plus fort Enora et enfouit son visage dans son cou, sous ses cheveux, respirant un grand coup.

Pendant ce temps, Bénédicte avait lâché la main si réconfortante de George et s'était à son tour approché du mur tant redouté.

- Ô Maât… Je fais appel à toi, ô Maât, Précieuse parmi les Précieuses passées. Toi que l'on dit déesse de l'ordre, de la solidarité, de l'équilibre du monde, de l'équité, de la paix, de la vérité et de la justice entend mon appel. Maât, ô Maât, puisse-tu nous révéler les intentions de cette humaine vis à vis du grand peuple qu'est celui des Elfes, ainsi que vis à vis de la fille de la Précieuse.

Tous se firent attentifs. Les trois Anglais grimacèrent en comprenant que Bénédicte avait aussi saisi, en leur compagnie, l'opportunité de mettre à son nom la découverte de la bibliothèque. Seulement, cette impression n'était restée que peu de temps. En effet, la brune avait été séduite autant par George que par la cause d'Enora. Elle ne pouvait plus leur faire du mal, leur vouloir du mal. Elle avait alors mis corps et âme dans la recherche de cette bibliothèque mythique. Ainsi, ses intentions futures se firent claires : elles étaient toutes en faveur de la rousse. Cette dernière souriait de toutes ses dents. Celui qu'elle aimait lui avait fait la plus belle des déclarations (même si c'était par le biais d'une vision), son meilleur ami avait encore prouvé à quel point elle pouvait compter sur lui et Bénédicte s'était révélée être aussi digne de confiance que ce que la rousse avait pensé en la rencontrant.

Toute cette histoire ne faisait que renforcer les liens qui existaient entre eux. Cela ne pouvait la rendre plus heureuse.

- Merci, ô Maât ! Toi, toi que l'on dit déesse de l'ordre, de la solidarité, de l'équilibre du monde, de l'équité, de la paix, de la vérité et de la justice, je te remercie pour m'avoir montré quelles sont les intentions véritables de cette femme.

Au bout de quelques minutes, le Supra-Golem se tourna vers les quatre compagnons de route qui s'étaient regroupé pour reprendre leurs esprits en silence, mais ensemble.

- Je vais donc pouvoir vous expliquer ce qu'est une Précieuse. Je dois vous avertir que cela fait partie des secrets les plus importants des Elfes que nous gardons. Si cela était révélé à une mauvaise personne, cela pourrait avoir des effets dévastateurs sur notre espèce.

George, Enora, Drago et Bénédicte hochèrent de la tête gravement. Ils comprenaient parfaitement ce que cela signifiait : ils devaient rester silencieux sur ce sujet.

- Une Précieuse est la femme la plus importante dans la vie des Elfes, commença le Supra-Golem. Sa vie vaut plus que toutes les autres.

À cette phrase, les quatre jeunes adultes froncèrent les sourcils simultanément. Mais aucun d'entre eux n'osait poser de questions de peur que les informations données par la créature ne se tarissent pour de bon.

- En effet, elle seule à leur pouvoir d'unifier les différents peuples qui forment la race des Elfes. La Précieuse tient généralement son pouvoir de sa mère. Seule la Précieuse est capable de désigner sa successeuse, les pouvoirs se passant lors d'une cérémonie en présence de tous les Elfes. Aucun d'entre eux ne manquerait cela. La Précieuse est un véritable mélange culturel de tous les peuples qui composent notre race. Elle acquiert cette culture durant une initiation de plusieurs jours. Il arrive aussi que, lorsque la Précieuse n'a pas de fille, ou qu'elle ne la juge pas digne, elle se tourne vers une autre héritière. C'est considéré comme étant un des plus grands honneurs qui soit possible de faire.

Après cela, l'Elfe qui n'en était pas un se tut. Enora passa une main dans ses cheveux pour essayer d'assimiler tout ce qui venait d'être dit. Cela lui faisait comprendre un bon nombre de choses.

- Ma mère essayait simplement de me protéger… Tout cela pourrait avoir de nombreuses implications pour moi… Je pourrais devenir la prochaine Précieuse… Je comprends pourquoi ma mère a caché son identité et l'a faite oublier à mon père : si quelqu'un s'était rendu compte du pouvoir que ma mère avait et que je pourrais un jour acquérir, on aurait pu essayer de me contrôler. Cette prise de contrôle aurait eu des conséquences dévastatrices sur le monde elfique… Parce que si on contrôle celle qui unifie les Elfes, on contrôle les Elfes… Les Elfes sont un grand peuple avec de grands pouvoirs. De grands pouvoirs impliquent donc de grandes responsabilités… C'est pour ça que ma mère ne m'a jamais reconnue. Et puis, elle ne voulait sûrement pas que j'ai ce rôle sur les épaules…Cette fuite qu'elle a faite, où elle a rencontré mon père, cela devait être pour fuir ces responsabilités. Seulement, elles nous rattrapent toujours…

Tandis que la rousse continuait d'exprimer à haute voix toutes les implications de ce que venait de leur révéler le Supra-Golem, ce dernier se mit à sourire en coin. Sourire qui fut par hasard intercepter par Drago. Le jeune homme ne savait pas comment le prendre. Devait-il le prendre comme une note d'ironie ? En effet, c'était ce genre de sourire qu'il était capable de servir à tout Poudlard pour cacher ses véritables sentiments. Mais celui pouvait être de la satisfaction face à quelque chose d'accompli, de bien fait. Drago aurait parié son manoir de c'était la seconde option qui était la bonne. Cela devait être une sorte de mission que l'autre Supra-Golem n'aurait pas eu le temps d'accomplir ou dont il n'était même pas au courant. Quelle que soit la situation, le blond ne savait pas comment réagir. Il décida simplement d'être encore plus sur ses gardes qu'à partir du moment où ils avaient commencé les recherches dans l'hôtel, deux jours auparavant.

Tandis qu'il réfléchissait, sa petite amie était sortie de ses pensées. Elle se tourna vers le Golem, un air sérieux planté sur le visage.

- Tout à l'heure, quand vous avez invoqué, si on peut dire ça, Maât, vous l'avez nommée Précieuse parmi les Précieuses… Pour quelle raison ? Maât était une Elfe ?

Le Golem sourit.

- Oui et non… Il s'avère que tous les sorciers égyptiens qui avaient accès à la bibliothèque sorcière d'Alexandrie avaient aussi en quelque sorte accès au monde elfique…

- Ah bon ? Comment ça ?, interrogea Bénédicte en se rapprochant du Golem, son instinct de férue d'histoire prenant le contrôle.

- Les Elfes étaient présents lorsque l'Humanité est venue au monde. C'était notamment le cas de certains d'entre eux qui étaient tombés amoureux des humains et de toutes leurs valeurs. C'est pour cette raison que dans l'Antiquité les Elfes ont beaucoup aidé les hommes, surtout les Égyptiens. Puis, un jour, certains hommes, des sorciers qui étaient à la tête de l'empire égyptien, ont cherché à avoir plus.

- Comme tous les hommes, soupira Drago, en repensant à son père.

- A partir de ce moment-là, les différents chefs des peuplades elfiques se sont rassemblés sous l'égide de la Précieuse qui les a menés à la difficile décision de fermer les portes de leur royaume. Toutes sauf une.

- Laquelle ?, demanda avidement Enora qui ne perdait pas une miette de ce que disait le Supra-Golem.

- Je ne suis pas programmé pour répondre à cette question, fille de la Précieuse.

Ladite fille de la Précieuse grogna en se retournant pour shooter dans une pierre qui se trouvait par terre.

- Merde ! Par Merlin ! Pourquoi faut-il que, quand on est près du but, on nous mette un autre obstacle ?

- Pour être sûr que vous êtes dignes d'accéder au monde des Elfes.

- Mais on l'est !

Drago s'approcha de sa petite amie et lui prit les mains sans rien dire. Cette dernière souffla encore et encore, pour finalement se lover dans les bras de celui qu'elle aimait.

- Comment pouvons-nous trouver le chemin pour accéder à ce monde ?, demanda alors George, qui essayait, malgré toutes les nouveautés de garder les pieds sur terre.

Le Supra-Golem ne répondit rien. Le rouquin ne savait pas si c'était bon signe. Voulant assurer le coup, il s'approcha de Bénédicte et se plaça imperceptiblement devant elle, comme pour la protéger. La jeune femme sourit à l'épaule de son ami, tout en le fustigeant, arguant que les femmes sorcières de sa trempe étaient tout à fait à même de se défendre, même face à un Supra-Golem dont ils ne connaissaient pas l'étendue des pouvoirs.

Tous les quatre purent finalement observer le Supra-Golem se tourner pour montrer une porte qui était en train d'apparaître sur le mur à gauche du Mur des Intentions. La rousse, subjuguée, s'approcha, après s'être détachée de son petit-ami. Elle observait les runes inscrites dessus, tout en marchant droit vers l'ouverture. À elle venaient toutes les informations qu'Hermione, Percy et elle avaient trouvées avant qu'elle ne parte : la potion et ses ingrédients. Perdue dans ses pensées, elle leva les doigts vers la poignée de la porte. Perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas les avertissements de ses amis. Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas le sourire satisfait du Supra-Golem. Perdue dans ses pensées, elle attrapa la poignée.


Alors ? Vos réactions ? J'ai peur que ce chapitre ne fasse pas l'unanimité, même si, pour moi, c'est un de mes préférés !

Laissez-moi donc une review pour que j'ai une petite idée de la façon dont vous avez pris les choses ! :p

Allez ! A la revoyure !