Harry Potter et le temps des bonnes intentions

(ou : La dernière tentation de Harry Potter)

Wargate : pas taper, pas taper...
Lunenoire : A sa place, je les aurai eues aussi.
Mary Cooper : Ron et Harry ? dans ce cas, c'est griffondor et serpentard. Ca part mal.
popov : voilà la suite !
Ryan : tu veux un kleenex ?
Philippe gryffondor : tu sais...

Et maintenant, voici venir le....

Chapitre douze

All Through The Night (Tout au long de la nuit)

Après avoir donné à Ginny ce baiser d'adieu, Harry partit du bureau du concierge directement vers la maison Serpentard pour voir Jamie et Simon afin qu'ils sachent qu'il allait bien. Simon donna l'impression qu'il aurait plutôt aimé voir rentrer Stuart dans la salle commune. Mais pendant qu'elle le prenait dans ses bras, Jamie lui chuchota qu'il avait été perdu quand il se demandait ce qui était arrivé à Harry, mais il était maintenant perdu à cause de Stu, et voir Harry n'était pas aussi réconfortant que cela l'aurait été autrement. Bien sûr, Jamie pleura Ginny. Elles étaient devenues très amies, et elle était encore officiellement disparue, et son frère aussi maintenant. Harry souhaitait pouvoir lui dire la vérité, mais Dumbledore avait dit que personne d'autre à part Mr et Mrs Weasley ne pourrait savoir, et après les funérailles.

« Tu sais, » dit-elle, sa tête sur l'épaule de Harry comme il la tenait. « si cela n'avait pas marché entre Draco et moi, et si Cho n'avait pas voulu rester avec lui… je veux dire, Ron Weasley est plutôt séduisant, et il semblait m'apprécier… »

Il rit doucement, puis l'embrassa sur le front. « Il vaut mieux que Draco ne t'entende pas parler ainsi. » Elle sourit, gravement. Harry souffrait pour elle, pleurant deux personnes qui n'étaient pas vraiment mortes, et il ne pouvait rien lui dire.

Harry dut aller voir les professeurs MacGonagall et Black, pour leur expliquer d'une manière ou d'une autre comment il avait perdu Ginny dans la tempête et avait accidentellement trouvé les vestiaires, passant la nuit là-bas. Ils acquiescèrent et acceptèrent son histoire. Il était ravagé de façon appropriée de ne pas avoir pu ramener Ginny au château. (Quand Ginny était revenue à la salle commune de Griffondor, et qu'elle et Ron avaient reçu la chouette de Dumbledore, ils étaient partis directement, elle n'avait jamais eu le temps de donner le mot de Madame Pomfresh à Sirius) Harry ne mentionna pas la créature du lac à son parrain et à la directrice.

Plus tard, il joignit les autres cinquième, sixième et septième année sur le domaine, continuant à rechercher Ron et Ginny. Le temps était glacial, et leur souffle formait de petits nuages blancs devant leurs bouches. Il utilisa sa baguette pour déblayer la neige du passage, sachant que bien sûr, ils ne trouveraient aucun corps. Quand il fut près du bord du lac, il était compréhensiblement appréhensif, mais aucun tentacule ne vint au-dessus de la surface, attrapant les élèves et les tirant dans les profondeurs sombres. Il peinait dans la boue avec Draco. Il aurait préféré marcher dans la neige, au moins, cela aurait été propre. Une fois qu'ils avaient dégagé un chemin, cela devenait vite un champ de boue.

Il brandit sa baguette paresseusement vers le sol près de la rive du lac. La neige fondit et le liquide s'écoula sur le sol magiquement réchauffé, révélant un sac qui semblait être fait avec des algues, tissées dans un motif compliqué, et contenant un gros objet sombre. Son cadeau des hommes de l'eau ! Il l'avait oublié. Cela aurait été difficile à manier, en tous cas, de le porter en même temps que Ginny dans le blizzard. Dès qu'il était sorti du lac, il l'avait lancé et l'avait oublié. Il le ramassa maintenant, et le fourra rapidement sous sa robe. Draco le regarda, sourcils froncés.

« C'est à moi. » lui chuchota-t-il, jetant un œil alentour aux autres élèves et professeurs qui cherchaient. « C'était un cadeau. Du peuple du lac. »

« Qu'est-ce que c'est ? »

Harry secoua la tête. « Sais pas. » dit-il doucement, essayant de bouger ses lèvres aussi peu que possible. « Je n'ai pas eu la possibilité de le regarder. Je vais le ramener au château maintenant. C'est lourd. Couvre-moi. »

Draco acquiesça. Juste à ce moment là, Liam Quirke s'avança vers eux, portant des mitaines et de grandes bottes en caoutchouc qui faisaient un fort bruit de succion dans la boue. Ses cheveux bruns étaient redressés sur son front nu, comme s'il n'avait pas arrêté de passer ses doigts dedans, de frustration. Le badge de préfet en chef épinglé sur sa cape était éclaboussé et sali, tout comme l'ourlet de sa cape. Il avait des cernes sous les yeux, et donnait l'impression de ne pas avoir dormi.

« Comment vous débrouillez-vous vous deux ? Aucun signe d'eux encore ? Cho est dans un drôle d'état. » Cho Chang était à environ trente pieds, déblayant aussi la neige et pataugeant dans la boue. Le nez de la préfète en chef était rouge, mais Harry pensa que ce n'était pas le froid. Elle avait parfois l'air d'essuyer des larmes de son visage. Peut-être qu'elle tenait vraiment à Ron, pensa-t-il.

Mais maintenant que Liam se tenait juste là, Harry se pencha, tenant son estomac (ce qui lui permettait d'agripper le cadeau sous sa robe), et il soufflait à toute allure, espérant qu'il avait l'air malade, ou qu'il avait l'air de vouloir vomir, ou quelque chose. Draco saisit rapidement cela, se mettant entre lui et le préfet en chef.

« Je pense que Harry va vomir. » lui dit Draco. « Je lui ai dit de rentrer au château, mais il ne veut pas écouter… »

« Potter ! » dit Liam, autoritaire, s'arrêtant. Le ton de sa voix rappelait à Harry celui de Percy quand il était préfet en chef. « Quand un préfet te dit quoi faire, tu le fais ! Compris ? » Harry acquiesça, essayant d'avoir l'air aussi malade et misérable que possible. « Bien ! Maintenant, file ! Va voir immédiatement Madame Pomfresh ! »

Harry se tourna vers le château, berçant le cadeau, essayant de ne pas aller trop vite au cas où Liam regarderait encore. Mais il n'osa pas regarder par-dessus son épaule et vérifier. Une fois qu'il fut dans le donjon, il sprinta dans les couloirs jusqu'à la maison Serpentard et à son dortoir. Il eut juste le temps de mettre l'objet du peuple du lac dans son coffre, quand Blaise Zabini entra dans la pièce, plastronnant. Il remarqua la boue sur les chaussures de Harry et sur l'ourlet de sa cape. Même le bout de son écharpe était couvert de boue, comme il s'était baissé pour ramasser le sac en algues.

« Tu étais dehors avec les autres idiots pour chercher ces stupides Griffondors, Potter ? Je vois pas pourquoi il sont pas revenus. Tu y es arrivé. Je pense qu'on peut conclure cela : n'envoyez pas un Griffondor pour faire le boulot d'un Serpentard. »

« Va te faire foutre, Zabini » dit-il, las, refermant sa malle et partant. Malédiction ! Il devrait attendre plus tard pour le regarder, essayer de voir ce que c'était. S'il le sortait de sa malle maintenant, Zabini poserait certainement des questions dessus.

Pendant tout le week-end, les professeurs et les élèves ôtèrent toute la neige du domaine, transformant la terre dans les environs du château en un bourbier. Bien que de nombreux élèves aient trouvés des écharpes, des bonnets, des gants, des planches et même une botte solitaire qui avait été perdue lors de la première neige de décembre, aucun signe de Ron et Ginny ne fut trouvé.

« Peut-être se sont-ils perdus dans la forêt » entendit dire Harry par Sirius, hésitant, au professeur MacGonagall le dimanche, comme ils se tenaient sur le terrain de Quidditch, scrutant le paysage boueux et couleur terre devant eux. Harry pensa que sa voix tremblait parce qu'il pensait à quelques créatures de la forêt. Y avait-il encore des loups garous ? se demanda-t-il. Peut-être que le ministère les avait tous capturés. Il pensa à Remus Lupin. Il y avait une raison de changer les choses que son père n'avait pas mentionnée. Peut-être que le fantôme de James Potter n'était pas au courant des camps de loups garous, et il était possible que même si sa mère et Sirius lui avaient parlé, ils aient retenus cette information.

Les recherches continuèrent pendant une semaine. Personne ne pouvait bien se concentrer en classe. Charlie confia à Harry et Draco qu'il aurait presque souhaité que Dumbledore lui ait lancé un sort de mémoire comme il avait parfois des difficultés à se souvenir qu'il devait apparaître ravagé à cause de son frère et de sa sœur disparus, alors qu'il savait qu'ils étaient en réalité vivants et en lieu sûr. Il dit que quelques élèves semblaient le trouver un peu froid et je-m'en-foutiste pour quelqu'un qui avait perdu deux membres de sa famille. Il avait déjà dû mentir à ses parents, et les avait finalement convaincus que l'horloge du Terrier devait être cassée. Du moment que les aiguilles étaient encore pointées sur « Danger mortel » pour eux trois, au lieu de « Au travail » pour Charlie, et « Mort » pour Ron et Ginny (normalement, leurs aiguilles auraient dû pointer sur « A l'école ») Mr et Mrs Weasley avaient encore l'espoir qu'ils seraient retrouvés.

Finalement, Ron et Ginny furent officiellement déclarés morts. Un 'expert' en créatures magiques du ministère vint et trouva quelques os humains dans la forêt interdite, et déclara qu'ils étaient ceux de Ron et Ginny. Harry suspecta que cela avait probablement à voir avec Aragog, et qu'ils étaient sans doute assez vieux. Harry n'était pas content de cela. Si quelqu'un avait vraiment disparu, est-ce ce qui se passerait ? Est-ce qu'un gratte-papier du ministère viendrait à l'école pour faire de la propagande à tout le monde et donner des réponses faciles ?

Le pantin du ministère, cependant, donna à tout le monde une issue qui manquait. Ce soir-là, au dîner dans la grande salle, le professeur MacGonagall leur fit porter à tous un toast à Ginny et à Ron, leurs noms résonnant dans la salle, venant de tous les coins, sauf de la table de Serpentard, où Harry, Draco, Jamie, et Mariah furent les seuls qui se levèrent et se joignirent à l'hommage (Harry pouvait dire que Mariah essayait de croiser son regard, mais il se détourna). Les funérailles devaient avoir lieu le samedi suivant, ce qui ferait une quinzaine depuis que Ron et Ginny étaient partis se cacher, et aussi une quinzaine depuis que Stuart avait disparu. Mrs Weasley avait demandé à Harry de venir aux funérailles, mais il savait qu'il ne pourrait pas lui faire face, qu'il ne pourrait pas la voir endeuillée et ne pas lui dire la vérité. Il déclina l'invitation, donnant une excuse différente. Il dit que comme il s'était aussi retrouvé dans le même blizzard, il aurait souhaité être celui perdu, et il aurait aussi souhaité que Ginny trouve son chemin jusqu'aux vestiaires de Quidditch comme il l'avait fait. Elle lui renvoya une lettre pleine de remerciements pour avoir sauvé Ginny quand elle avait été renversée par une voiture, et pour avoir trouvé Maggie. Cela lui fit mal au ventre de la lire. Il n'en pouvait plus d'attendre que les funérailles soient passées pour que Mrs Weasley connaisse la vérité.

Il traîna dans le château le plus long de la journée, même si c'était un week-end à Pré-au-Lard. Ses parents ne s'étaient pas débrouillés pour louer encore la maison, il serait allé là-bas, pour traîner dans sa propre chambre et dans sa propre maison, mais les nouveaux locataires y étaient solidement ancrés jusqu'à la mi-juin, alors c'était hors de question. Draco le retrouva finalement devant les marches du château, fixant la route de Pré-au-Lard, frissonnant dans le froid.

« Harry » lui dit-il précipitamment, s'asseyant à côté de lui. Il était tard dans l'après-midi, il commençait à faire sombre. Les élèves qui étaient allé au village allaient bientôt revenir. « Mon père m'a finalement répondu. Je pense que tu devrais lire cela. » Draco lui tendit le parchemin qu'il avait apporté et Harry le lut.

Lucius Malfoy

Manoir Malfoy

Mr. Draco Malfoy

Préfet

Maison Serpentard

École de sorcellerie et de magie de Poudlard

Draco,

J'ai contacté les personnes appropriées et les ai informées du contenu de ta lettre précédente. Maintenant que les Weasley ont enterré leur fils et leur fille, vérifiant ainsi les événements que tu m'as décrit, ta mère m'a été rendue. Elle est brûlée par le soleil, et presque complètement déshydratée. Elle va récupérer à Ste Mangouste. Je n'ai pas arrêté de me démener ces quinze derniers jours, depuis qu'elle avait disparu. Dans le futur, fais ce que l'on te dis dès qu'on te le dis. Tu ne peux pas être cavalier sur ces choses et penser que personne d'autre que toi ne sera blessé par ta paresse et ta lâcheté. Nous avons de la chance que ta mère soit en vie.

J'espère que tu as un bon alibi afin que je ne doive pas venir à l'école pour te défendre. Je suis très mécontent que tu aies laissé cela durer si longtemps, et je ne ferais certainement pas un travail très convaincant s'il s'agissait de te défendre maintenant.

Ton père.

Harry déglutit. « Ta mère a été enlevée ? Pourquoi ne te l'a-t-il pas dit ? »

« Parce que c'est Lucius Malfoy, voilà pourquoi. Je suis cependant content que maman aille bien. »

Harry acquiesça. Puis il eut une idée. « Draco… peut-être que cela signifie que Stuart va nous être rendu ! »

« Mais… Charlie est encore… tu sais. Et ce mot était adressé au père et au frère de Stuart. »

Harry reconnut cela, mais il espérait que Draco se trompe. Ils se levèrent et rentrèrent dans le château. Avant de fermer la porte, Harry put voir au loin la foule des élèves commençant à rentrer vers l'école. Il s'arrêta et ressortit à nouveau jusqu'en haut des marches, fouillant l'obscurité qui tombait, essayant de déterminer pourquoi la foule des élèves avait l'air si étrange.

Ils se rapprochaient de plus en plus, puis quelqu'un se détacha du groupe et courut vers le château à toute allure. Harry pouvait voir que le garçon était un excellent coureur, gardant ses bras contre son côté et gardant son menton relevé.

« Potter » cria-t-il quand il était encore à vingt pieds. Harry vit maintenant qu'il s'agissait de Rupert Londubat. « Potter, » dit-il encore, plus doucement, quand il fut au pied de l'escalier. Il se plia en deux et s'appuya sur ses genoux, clairement essoufflé, bien que Harry ait été assez impressionné par sa course.

« Il est de retour ! » s'exclama Rupert d'en bas. Harry fronça les sourcils.

« Qui ? »

Rupert se redressa, avec difficultés. « Ton frère disparu ! On l'a trouvé chez Honeydukes ! Ils le ramènent ! »

Maintenant Harry comprenait pourquoi la procession des gens avait l'air si bizarre. Il y avait un corps en lévitation au milieu, et au moins une demi-douzaine de personnes avait leur baguette pointées dessus pour le garder en l'air.

Quand ils atteignirent finalement le château, il sembla que tout le monde commença à parler en même temps. Des élèves qu'il n'avait jamais rencontré lui parlaient comme s'ils le connaissaient, décrivant comment Stuart avait été retrouvé derrière le comptoir du confiseur, à quel point c'était étrange qu'il ait l'air d'avoir pris le soleil alors qu'il était normalement si pâle…

« Le soleil ? » dit Harry, alarmé. Il écarta la foule afin de pouvoir voir son frère. Sa peau était affreuse. Elle était rouge et pelait, et Harry toucha légèrement ses lèvres. Elles étaient aussi sèches que le sable, gercées et craquantes. Harry se souvint de ce que Mr Malfoy avait écrit au sujet de sa femme. Elle est brûlée par le soleil et presque complètement déshydratée… Ils devaient avoir fait la même chose, quelle qu'elle soit, à Stuart.

« Je vais chercher ton père et ta mère ! » cria Draco, et il disparut.

« Nous devons immédiatement l'amener à l'aile de l'hôpital ! » dit Harry paniqué aux autres. La foule qui avait tenu Stuart en lévitation continua de le faire, et Harry ouvrit la porte de l'infirmerie afin qu'ils puissent le prendre dedans.

Madame Pomfresh devint livide quand elle le vit, et chassa tout le monde en dehors de l'infirmerie, à part la famille de Stuart. Harry se tenait avec son bras sur les épaules de Jamie, tandis qu'elle trifouillait sa robe avec ses doigts. Simon était assis au chevet de son frère, l'air grave, et leur mère était assise de l'autre côté de Stuart, lui tenant légèrement sa main, pour éviter de toucher les brûlures. Leur père parla à voix basse à Madame Pomfresh, au sujet de potions, à ce qu'il semblait, et Harry n'avait jamais trouvé que le temps se passait si lentement que durant cette veille à l'infirmerie. Il pouvait voir sur les traits de Madame Pomfresh et ceux de son père la raison pour laquelle ils étaient tous là : ils attendaient que son frère meure.

Le souffle rauque de Stuart semblait remplir la pièce comme les heures s'étiraient en jours. Personne ne s'attendait à ce que Harry, Jamie ou Simon n'aille en cours, et Harry ne posa pas questions sur ce qui pouvait être fait pour les cours de potion et de Forces du Mal que ses parents étaient sensés enseigner. Il entendit Madame Pomfresh parler calmement à sa mère le troisième jour.

« Tous ses organes s'arrêtent. »

« Peut-être… peut-être que dans un hôpital moldu… »

« Ils vous diraient la même chose. Ils le relieraient simplement à d'horribles machines qui ne feraient rien pour le guérir, qui l'aiderait juste à respirer et le maintiendraient dans la douleur. Il n'est pas un candidat pour une transplantation dans son état. C'est juste une question de temps maintenant, ma chère… »

Madame Pomfresh posa une main compatissante sur le bras de sa mère. Sa mère recula d'un pas, comme si cela l'avait brûlé d'être touchée par la vieille femme. Stuart n'avait pu que très peu parler. La plupart de ce qu'ils avaient appris provenait d'une lettre que Mrs Malfoy avait dicté à quelqu'un du personnel de Ste Mangouste. Elle disait que Stuart et elle s'étaient retrouvés ensemble, dans un désert. Ils ne savaient pas comment ils s'étaient retrouvés là. Ils avaient un peu de nourriture et d'eau au départ, mais leurs réserves avaient rapidement été réduites à néant. Ils étaient restés sans manger pendant quatre jours, et sans boire pendant deux jours quand ils s'étaient mystérieusement retrouvés au manoir Malfoy (pour Mrs Malfoy) et chez Honeydukes (pour Stuart). Quand il avait réussi à croasser quelques mots, Stuart avait dit que la mère de Draco avait bien pris soin de lui, mais la lettre de Mrs Malfoy exprimait sa frustration quant à la situation. Il y avait si peu qui pouvait être fait alors que le soleil était si écrasant et que leurs réserves étaient si maigres…

Harry était couché en position fœtale sur l'un des lits de l'infirmerie la dernière nuit. Jamie était allongée sur le lit d'à côté, portant encore sa robe, ayant l'air d'une princesse attendant d'être embrassée par son prince. Simon s'était endormi contre le lit de Stuart. Harry ne savait pas où se trouvait son père, mais sa mère était encore assise de l'autre côté du lit de Stuart, lui tenant encore la main. Stuart paraissait bizarre et cireux à Harry.

Et puis… elle commença à chanter. Il ne l'avait pas entendu chanter depuis des lustres, à ce qu'il semblait, et il ne l'avait pas entendue ceci depuis que les jumeaux étaient très petits. Sa voix résonna sur les surfaces dures de l'infirmerie, claire comme du cristal. Il ne put empêcher les larmes de couler sur son visage, mais il ne fit aucun mouvement pour les sécher afin qu'elle ne sache pas qu'il était réveillé. Il l'écouta chanter pour son fils cadet, les larmes coulant le long de ses joues…

Sleep my child and peace attend thee,

All through the night

Guardian angels God will send thee,

All through the night

Soft the drowsy hours are creeping,

Hill and dale in slumber sleeping

I my loved one's watch am keeping,

All through the night.

Angels watching, e'er around thee,

All through the night

Midnight slumber close surround thee,

All through the night

Soft the drowsy hours are creeping

Hill and dale in slumber sleeping

I my loved one's watch am keeping,

All through the night.

[Dors mon enfant, et reste en paix,

Tout au long de la nuit.

Les anges gardiens que Dieu t'enverra

Tout au long de la nuit

Doucement les heures somnolentes rampent

Dans le sommeil profond des collines et des vallons

Et je continue à te regarder mon aimé

Tout au long de la nuit.]

[Les anges te regardent tout autour de toi,

Tout au long de la nuit

Le sommeil de minuit t'entoure

Tout au long de la nuit

Doucement les heures somnolentes rampent

Dans le sommeil profond des collines et des vallons

Et je continue à te regarder mon aimé

Tout au long de la nuit.]

Puis elle passa au gallois, à la berceuse que le garçon soprano avait chanté lors des funérailles de Dudley, et finalement, elle passa à la même chanson en anglais, et Harry put plus clairement entendre les larmes dans sa voix, à la manière dont elle s'étouffait au long de la chanson…

Sleep, my baby, on my bosom,

Warm and cozy, it will prove,

Round thee mother's arms are folding,

In her heart a mother's love.

There shall no one come to harm thee,

Naught shall ever break thy rest;

Sleep, my darling babe, in quiet,

Sleep on mother's gentle breast.

Sleep serenely, baby, slumber,

Lovely baby, gently sleep;

Tell me wherefore art thou smiling,

Smiling sweetly in thy sleep?

Do the angels smile in heaven

When thy happy smile they see?

Dost thou on them smile while slumb'ring

On my....

[Dors mon bébé, sur mon sein

Chaud et confortable, cela prouvera

Entouré des bras de ta mère,

Dans son cœur l'amour d'une mère.

Personne ne viendra te faire de mal,

Nul ne viendra briser ton repos

Dors, mon bébé chéri, au calme,

Dors sur la douce poitrine de ta mère.

Dors sereinement, bébé, dors,

Adorable bébé, gentiment endormi

Dis moi pour quoi tu souris,

Souriant gentiment dans ton sommeil ?

Est-ce que les anges sourient au ciel

Quand ils voient ton sourire heureux ?

Leur souris-tu quand tu dors

Sur mon ...]

Elle s'arrêta, incapable de continuer. Harry attendit les derniers mots, mais ils ne vinrent jamais. Elle posa finalement sa tête sur le lit et se laissa aller, laissa sa douleur sortir d'elle, les sanglots déchirant le cœur de Harry, et il sut que son frère était mort.

Leur veille était terminée.

Il voulut aller vers elle, pour essayer de la réconforter, mais il resta où il était, la laissant continuer à pleurer, sans que cela ne diminue. Il avait le sentiment qu'elle avait besoin de faire cela toute seule, de ne pas avoir besoin de penser à quelqu'un d'autre que ce soit pour la réconforter ou être réconfortée.

Il ne sut pas combien de temps sa mère pleura. A la longue, quand elle sembla s'être calmée, Harry entendit Simon remuer. « Maman ? » chuchota-t-il.

Sa mère essuya les larmes de son visage. « Oui, Simon ? »

« Pourquoi… pourquoi est-ce que Stu… est si froid ? »

Elle regarda son fils, de seulement douze ans, et elle déglutit. « Il… Il est parti, Simon. Notre Stu est parti. » dit-elle doucement.

Harry se demanda ce que pensait son frère. Il fixa son frère mort, tellement comme lui. Harry se rassit lentement, et sa mère le regarda. Il lui fit un signe de la tête, et elle le lui rendit, puis il prit doucement l'épaule de Jamie. Ses yeux s'ouvrirent complètement, et Harry se demanda si elle avait réellement été endormie ou si elle avait écouté leur mère chanter, et puis sangloter, comme elle pleurait son bébé. Il lui fit maintenant un signe de la tête, comme il l'avait fait avec sa mère, et sans un mot, elle passa ses bras autour de sa taille et enfouit sa tête contre son torse. Il tint sa sœur contre lui, sentant ses larmes mouiller sa chemise, comme il caressait ses long cheveux noirs brillants, et il sut que leur famille ne serait plus jamais la même.

* * * * *