Note : bonjour, je ne suis pas Mounette mais sa beta. Comme elle va vous l'expliquer ci dessous, elle a un problème d'ordi et le site buggant, elle n'a pas pu poster ce matin avant de ne plus avoir d'ordi. Elle m'a contactée pour que je le fasse dès que possible. BettyMars.

. . .

Bon, je vais faire court car j'ai peu de temps avant d'aller bosser et peu de temps tout court. Mon ordi merdouille, il s'arrête tout seul au bout de 5 à 10 min (je vous dis pas la galère pour vous envoyer ce chapitre...). Je l'amène tout à l'heure chez un copain qui le testera et me dira ce qui ne va pas avec lui. Aussi je poste aujourd'hui car demain je ne pourrais pas. Je ne garantis pas de poster à temps la semaine prochaine, mais au pire d'ici 10 jours j'ai repas chez une amie chez qui je pourrais squater internet et donc je posterais. Pour les reviews, j'essaierais de vous répondre via le téléphone portable de mon homme. Sinon n'ayez pas peur, mes chapitres d'avance sont sauvegardés sur 2 clé usb et 2 disques durs externes donc si mon ordi est bon à jeter, je n'ai rien perdu pour autant ) (oui, j'ai appris à sauvegarder … au fil des années de plantages informatiques lol).

Ce chapitre est le plus long de ce tome 2 et probablement de toute la saga. J'espère que vous l'appréciez autant que j'ai eu de plaisir à l'écrire. Bonne journée et à bientôt.


Phrases défi :

-« du miel ! » « elles sont où les abeilles ? »

-premiers baisers

-le miracle de l'amour,

-Hermione parle d'un article qu'elle a lu dans le Daily Planet

- Ron doit dire « Pourquoi veux-tu que je suive les abeilles ? Tu veux tomber sur une géante en mémoire du bon vieux temps ? »


Chapitre 49 : Maître Lucius.

Samedi 7 Mai 1994.

Remus inscrivit un large Désolant sur la copie qu'il était en train de corriger. Comment ces gamins pouvaient-il encore écrire de telles âneries à un mois de leurs examens de fin d'année ? C'était inimaginable. Il poussa un soupir avant de tendre la main vers sa tasse de thé. Il était encore relativement tôt mais il avait une pile assez conséquente de devoirs à corriger. Pas que Severus ait gagné un cran dans son rôle de bourreau de travail, mais parce qu'il avait lui-même demandé à son collègue de récupérer toutes les copies à traiter. Avec la fugue de Ioann et l'affaire Soloviev, il n'était pas bon de le laisser se défouler sur les devoirs des élèves.

Une confrontation entre Milovan, Severus et Sergueï avait été prévue pour le lundi suivant. Le loup-garou n'osait même pas imaginer ce qu'il en ressortirait. Pas que du bon certainement. Enfin, heureusement qu'Albus avait très rapidement réagi et avait scellé le château avec un sort, ainsi aucun élève n'avait pu faire sortir l'information de la fuite du garçon. Cela aurait aggravé les choses. La dernière fois que le directeur avait utilisé cette méthode, c'était déjà pour protéger Ioann, lors de son arrivée au château, huit ans plus tôt.

Remus attrapa une nouvelle copie tout en ayant une pensée pour l'enfant. Personne ne savait où il était et pourtant dès que l'alerte avait été donnée, des hommes de confiance, dont lui, avaient été mis sur l'affaire. Mais plus de trois jours après, il restait toujours introuvable. Il fallait souhaiter que ce soit parce qu'il avait de la ressource, et non qu'il avait eu quelques problèmes ...

Alors qu'il appréciait d'enfin tomber sur un parchemin de qualité, une énorme explosion retentit dans son salon. Baguette à la main, il arriva précipitamment pour voir qu'un nuage de suie avait pris possession de la pièce. Il toussa fortement avant de se rendre compte qu'il y avait de l'écho. Il s'approcha de la fenêtre qu'il ouvrit en grand avant de lancer un petit sort afin d'évacuer la fumée. Rapidement, il distingua une silhouette fine surmontée ... d'une tignasse violette.

-Dora ? Que me vaut cette ... spectaculaire entrée ?

-Oh, désolée pour le désordre. Je nettoierais, t'inquiète. J'ai trébuché en rentrant dans ma cheminée et j'ai un peu ricoché dans les conduits. Au moins l'avantage c'est que tu n'auras pas besoin de ramoner cette année.

Remus ne put que s'amuser à la regarder se redresser en s'époussetant vivement. Ses cheveux étaient tellement ébouriffés qu'il se demandait comment ils arriveraient à reprendre leur vraie forme sans un sort de glue. Son visage semblait tiré par la fatigue et était lui aussi marqué de larges marques de suie. Mais pas assez pour qu'il ne puisse remarquer son léger rougissement.

-Voilà une excellente chose, merci de ta participation.

Sa voix était amusée mais malgré tout, il était tendu. Il ne l'avait pas revue depuis le jour où elle avait découvert qu'il était un loup-garou. Aussi même s'il rangea sa baguette, il ne put totalement se relaxer.

-J'ai essayé de te voir avant, mais j'ai eu beaucoup de travail et ... non, en fait c'est que j'ai reculé à chaque fois le moment.

Dora était nerveuse. Elle passa sa main dans ses cheveux et grimaça à la crasse qu'elle enleva. Elle ne savait pas trop quoi lui dire. Elle avait longtemps réfléchi à la conduite à suivre. Et une chose était certaine, c'était qu'elle avait des sentiments pour lui. Elle ne savait pas encore trop quel nom apposer dessus mais elle l'avait dans la peau. Le problème était, non pas qu'il était un demi loup, mais plutôt comment elle allait lui dire ce qu'elle ressentait pour lui. Après tout, elle était bien Métamorphomage, son cousin animagus, son oncle ancien Mangemort et une de ses tantes bonne à enfermer profondément dans les coins les plus reculés d'Azkaban. Alors ce n'était pas son problème mensuel qui lui faisait peur. Par contre, si cette fois elle s'était décidé à venir le voir, elle n'avait toujours pas trouvé quoi lui dire.

-Je vais faire réchauffer du thé, je reviens, annonça Remus lui faisant reprendre conscience.

-Attends je ...

-Ecoute, je suis désolé que tu aies appris ma condition de cette façon là, soupira l'homme. Mais au moins maintenant les choses sont claires. Tu ne me dois rien et tant que tu ne le cries pas sur tous les toits, je m'en accommoderais.

-Ce n'est pas ce que je voulais dire. C'est que ... rha, ça m'énerve !

-Je vais m'occuper du thé.

-NON ! Ecoute, je ... je ressens des choses pour toi. Et non ce n'est pas du dégout ou autre. En fait, je crois même que je t'apprécie encore plus maintenant qu'avant car justement je sais pourquoi tu n'étais pas très en forme parfois. J'ai toujours aimé nos rencontres et nos discutions et j'aimerais beaucoup reprendre où on en était.

-Je pense, pour ma part, que c'était une erreur. Je ne nie pas ressentir une attirance envers toi. Mais je suis bien plus âgé que toi et surtout je suis un hybride, je vais forcément t'attirer des ennuis.

-L'âge n'est pas important. Nous sommes des sorciers, alors qu'est-ce que douze ans quand on peut vivre très vieux ? Quand à ton problème de condition ... et bien on évitera juste les rendez-vous à la pleine lune. Remus, j'aimerais vraiment qu'on essaye tous les deux. Sincèrement ...

-Ce n'est pas une bonne idée.

Remus la regarda avec une grande tristesse avant de fermer les yeux et de se frotter les tempes. Il ne lui apporterait rien de bon. Et pourtant savoir qu'elle n'était pas insensible à lui avait allumé un petit feu en lui. Pourquoi la vie était-elle si difficile ? Tout ça parce qu'un loup sanguinaire avait décidé d'agrandir sa meute. Si Greyback n'avait pas déjà été mort, il l'aurait sûrement torturé pour compliquer ainsi les choses. Un contact doux sur ses lèvres le fit sursauter et écarquiller les yeux. Il tomba dans le beau regard de Nymphadora. Un regard tendre et déterminé. Il avait l'impression que des décharges électriques le traversaient à chaque fois qu'elle picorait ses lèvres. C'était sûrement la chose la plus insouciante qu'il ait faite, mais il avait envie d'y croire. Alors il glissa une main dans ses cheveux plein de suie, son autre bras autour de sa taille, et la colla à lui afin de l'embrasser plus correctement. Et pour un début de relation, ces premiers baisers étaient fichtrement bons.

o0o

A Poudlard, l'heure du petit déjeuner était largement entamée. L'ambiance était tendue. Le dernier match de l'année allait être joué : Serpentard contre Poufsouffle. Un match de grande importance car si Serpentard perdait, les Gryffondors récupéreraient la coupe. Dans le cas contraire, c'était plus délicat. Si Higgs attrapait le Vif, alors sa Maison remporterait le tournoi. S'il ne l'attrapait pas mais que l'équipe gagnait quand même, tout se jouerait sur les points et donc à pas grand-chose. Alors l'école était en ébullition. Du côté des Serpentards, ce n'était pas simple. Avec Snape et Malfoy sur la touche, cela se compliquait. Pas que Terence et Blaise ne soient pas au niveau, mais en tant qu'équipe, ces joueurs n'avaient pas une aussi grande expérience.

A la table des Gryffondors, si l'humeur générale était stressée, un certain amusement flottait. Sûrement était-ce dû au fait que Lee venait de se faire jeter publiquement par sa petite copine. Hermione lança un regard exaspéré aux jumeaux qui se raillaient de leur ami sous les encouragements de leurs autres camarades et même par moment de l'amoureux pas si éploré que ça. Tout en secouant la tête, elle se replongea dans son journal. En face d'elle, Ron rigolait des facéties de ses frères tout en se faisant un honneur d'engloutir tout ce qui se trouvait à portée de son assiette. Harry sourit lorsque Ginny donna un coup de poing dans l'épaule de son frère pour qu'il avale ce qu'il avait dans la bouche avant de rire afin d'éviter de dégouter les autres personnes autour de lui. Il secoua légèrement la tête à les voir se chamailler alors que son regard se portait à la table des Serpentards.

Parkinson était semblable à elle-même depuis de longues semaines. Elle donnait l'impression de n'avaler que des pamplemousses trop acides tellement elle était de mauvaise humeur. La relation entre Davis et Malfoy lui était vraiment néfaste. Harry perdit son sourire en remarquant l'absence de ces deux là. Aucun doute sur le fait que le blond supportait mal la fuite de son frère. Il avait été maussade, pâle et ses yeux avaient été cernés de noir depuis plusieurs jours. Alors un soupir, Harry se concentra sur sa table en entendant Hermione leur parler.

-C'est incroyable. D'après cet article dans le Daily Planet, il paraitrait que pour le conserver le temps du trajet de Babylone à Alexandrie, le cadavre d'Aleksandre le Grand aurait été embaumé dans du miel !

-Et qui s'intéresse à ça ? Lui demanda-t-il avec exaspération.

-Tu imagines tout ce qu'on faisait avant et qu'on ne fait plus maintenant ? Avec du Miel !

-Du miel ? Où ? Demanda Ron en cherchant le pot des yeux.

-Dans la ruche sûrement, finis donc ta gamelle, s'énerva Hermione.

-Alors pourquoi tu en parles ? Tu as vu des abeilles c'est ça ? C'est le printemps, c'est normal, reprit le rouquin avant de regarder autour de lui en fronçant les sourcils. Elles sont où les abeilles ?

-Tu aurais bien besoin de quelque chose de plus fort que du chocolat pour te réveiller mon pote, rigola Harry. Mais si tu veux, on peut aller dans le parc, trouver des abeilles et les suivre.

-Pourquoi veux-tu que je suive les abeilles ? Tu veux tomber sur une géante en souvenir du bon vieux temps ?

-Parle pas de malheur, grimaça Harry, en pensant à un Aragog jaune rayé de noir avec des ailes.

-Vous n'êtes que des imbéciles tous les deux. Vous n'êtes même pas capables d'être sérieux deux minutes et de vous instruire, râla Hermione avant de se lever et de partir.

-Qu'est-ce qui lui arrive ? Demanda Ron en avalant son morceau de pudding. Si on a plus le droit de plaisanter maintenant.

-Je crois que c'est l'approche des examens qui la stresse. Sans compter l'affaire Snape qui la perturbe, répondit Ginny avec tristesse. Beaucoup font comme si tout allait bien, mais ce n'est pas vrai.

-D'ailleurs en parlant de ça, vous avez vu Neville aujourd'hui ? Demanda Harry.

-Non, il était déjà parti quand on s'est levé, répondit son meilleur ami.

-Il me semble l'avoir vu se diriger vers le parc quand je suis arrivée. Je pense qu'il a dû aller dans les serres, fit remarquer la rouquine.

-Il a l'air très affecté par tout ça. Presque autant que Malfoy ...

-Tu sais Harry, on est tous un peu bouleversé par ce qui arrive à Ioann, soupira Ron en posant ses couverts. Il n'était déjà pas en forme depuis l'attaque. Mais Neville est très proche de lui. C'est pas juste ce qu'il lui arrive à Snape Junior. Il ne méritait pas de se voir retirer son père alors qu'il venait de se faire torturer. C'est moche tout ça. Et j'espère vraiment que Snape père va gagner contre l'autre.

-Et j'espère aussi qu'on va retrouver Ioann ou qu'il va réapparaitre. Il n'est pas en état de s'en sortir seul, rappela Harry.

-Venez les garçons, le match ne va pas tarder et si on veut de bonnes places, il ne faut pas trainer, les entraina Ginny. On ne pourra de toute façon rien faire pour Ioann pour l'instant.

o0o

Alors que le match commençait, dans les cachots, Draco déprimait. Il était allongé sur son lit, en position fœtale, la tête sur les genoux de Tracey alors que sa main gauche s'activait mollement autour d'une balle en mousse. C'était un des exercices que Poppy lui avait demandé d'effectuer assez souvent afin de retrouver toute sa mobilité. Mais aujourd'hui, c'était plus pour évacuer sa nervosité que par soin thérapeutique. Et puis il s'était fait une raison. Il ne retrouverait vraisemblablement jamais l'entière capacité de sa main. Son esprit refoula vivement cette douloureuse constatation. Il était déjà assez perturbé comme ça sans rajouter à son mal être. Il n'avait pas voulu aller déjeuner et encore moins voir la dernière rencontre sportive de l'année. Pas alors que Ioann avait fugué. Merlin, était-il un si mauvais frère pour que celui-ci préfère fuir plutôt que de venir le voir ?

Il était un idiot. Il avait laissé leur brouille durer en pensant qu'il reviendrait rapidement vers lui mais l'effet inverse s'était produit. Encore une fois, il avait mal géré leur dispute. Et pourtant, la première fois il s'était juré de ne plus refaire les mêmes bêtises. Mais tout s'était enchainé trop rapidement. Maintenant en plus de s'inquiéter de savoir comment Sergueï serait mis sur la touche, ce dont qu'il espérait plus que tout, il ne pouvait s'empêcher de se demander où était Ioann et s'il allait bien. Il soupira lourdement avant de frotter son nez contre la robe de Tracey. Pour couronner le tout, les deux miroirs à double sens étaient à Poudlard, donc inutiles. Tout ça parce que Ioann avait compris qu'il lui cachait quelque chose et qu'il n'avait pas voulu lui parler de ses problèmes. Draco n'était pas stupide, il savait que son frère allait mal depuis quelques semaines.

-Tu as eu des nouvelles ? Demanda Tracey en lui caressant les cheveux.

-Non. Ni sur Io, ni sur l'affaire. Je sais que mon père se démène pour arrêter ce salopard de Soloviev mais je n'en sais pas plus.

-Et pour Snape père ?

-Je ne sais pas. Je crois que le service de l'enfance l'a interrogé plusieurs fois pour savoir s'il est réellement apte à s'occuper de son fils, mais je n'ai pas eu de nouvelles non plus.

-Tu sais, on devrait sortir de ce dortoir.

-Je ne veux pas voir le m ...

-Pas pour aller voir le match, mais pour prendre l'air, tout simplement. Ce n'est pas en restant enfermé que ça fera bouger les choses.

-Et alors ? Je ne peux rien faire, alors pourquoi ne pas rester là tout simplement.

-Parce que tu es en train de faire une dépression. Et que c'est pas bon de rester enfermé. Alors on va aller se promener un peu.

Tracey se leva et entraina Draco avec elle. Le blond grommela fortement avant de se faire couper par un baiser. Il se sentit coupable d'autant prendre de plaisir alors que les évènements ne s'y prêtaient pas. Mais cette chaleur que lui offrait Tracey était délicieusement réconfortante. Si Ioann avait été là, il se serait raillé de lui en avançant le miracle de l'amour et pleins d'autres bêtises de ce genre. Mais là, il n'avait plus envie de penser à autre chose d'autre que sa petite amie et surtout pas à son frère. Il avait besoin de s'évader. Et ce fut ce qu'il fit en se laissant entrainer vers le lac, tout en essayant d'occulter les cris provenant du terrain de Quidditch.

o0o

Severus aurait préféré ne pas être là. Il aurait aimé qu'on lui dise où était son fils et qu'il puisse le retrouver. Merlin, son bébé n'était peut-être pas très grand pour son âge, mais il n'était pas non plus invisible. Pourquoi diable personne ne l'avait encore trouvé ? Surtout qu'il n'était pas suffisamment remis physiquement pour supporter cette fugue. Alors non, il aurait préféré être ailleurs que sur ce gradin inconfortable à regarder des enfants disputer un match pourtant important pour la première place. Mais il se fit violence pour rester jusqu'au bout. Il était le directeur de Maison d'une des équipes. Son rôle était de montrer qu'il les soutenait. Même si au fond de lui, tout cela lui paraissait bien futile. Il remarqua tout de même que le stresse de Zabini était plus qu'évident et lui faisait rater beaucoup de passes. Mais dès que Higgs attrapa le Vif d'Or et que la fin du match fut sifflée, le professeur quitta la tribune précipitamment. De toute façon il n'y avait pas de quoi se réjouir. Serpentard avait le Vif, mais les Poufsouffles avaient les points et la coupe était très certainement aux Gryffondors.

Le professeur parcourut rapidement le chemin qui le ramenait vers le château. Sa préoccupation était plus compliquée encore que la fugue de Ioann. Pour trouver des indices sur l'endroit où il aurait pu aller ou même un mot, il avait fouillé, avec répugnance il devait bien l'admettre, dans les affaires du garçon. Ce n'était que par hasard qu'il était tombé sur une liasse de lettres anonymes et insultantes cachées sous le matelas. Son bébé avait encaissé tout ça sans rien dire et cela avait sans aucun doute joué sur son état mental. Lui répéter qu'il n'apportait que du malheur à sa famille et que celle-ci serait bien mieux sans lui avait dû être le déclencheur pour le faire fuir.

Merlin mais quel mauvais père était-il de ne rien avoir vu ! Pourtant ce n'était pas comme s'il ne le couvait pas en permanence. Et Warrington avait de la chance d'être déjà enfermé car Severus n'avait aucun doute sur la provenance de ces immondes parchemins, il connaissait bien son style. Enfin tous sauf peut-être le dernier. Car d'après la date, l'ex-Serpentard était déjà en institut pénitentiaire quand Ioann l'avait reçu. Apparemment, un complice avait dû l'aider dans son entreprise. Mais vu la conjoncture, Lucius avait gardé les lettres précieusement après qu'il les lui avait remises. Son ami lui avait dit qu'il ne pourrait les utiliser qu'une fois l'affaire réglé avec les services de l'enfance et Ioann en sécurité dans les bras possessifs de son père.

Le regard du professeur fut attiré par un mouvement du côté des serres. Instinctivement il glissa sa main autour de sa baguette. Après tout, l'attaque de son fils avait commencé sur ce chemin. Mais ce n'était que Neville. Celui-ci leva son regard à ce moment là et s'arrêta un instant avant de détourner les yeux. Severus se demanda ce qui lui arrivait, bien qu'il se doutait vaguement de ses tourments. Il hésita un instant entre l'attendre et le confronter ou reprendre son chemin. Mais le garçon décida pour lui en accélérant le pas dans sa direction.

-Professeur, vous avez eu des nouvelles ?

-Non Monsieur Londubat, rien de nouveau pour l'instant.

-Oh. Je suis inquiet pour Ioann.

-Et je vous en remercie. Mais dites moi, vous n'avez pas l'air en grande forme, dormez-vous bien la nuit ?

-Ce n'est rien, juste un coup de fatigue ça va passer. Au revoir professeur, répondit Neville ne reprenant sa marche.

-Un instant Neville. Ne partez pas comme ça. Suivez-moi.

Le Gryffondor se mordilla la lèvre et ne put faire autrement que le suivre. Mais il dut allonger le pas pour ne pas se faire distancer. Le professeur semblait décidé d'arriver à destination le plus rapidement possible. Et le garçon ne fut pas étonné d'arriver dans son bureau. La dernière fois qu'il y était venu était lors de la réimplantation de son souvenir. Ça avait été moins difficile que l'extraction et le bouleversement qui en avait découlé bien plus gérable. Mais il ne s'attarda pas là dessus et s'assit lorsqu'on le lui demanda.

-Bien, la situation a beau ne pas être évidente pour moi, je ne suis pas encore totalement aveugle pour ne pas voir que vous n'êtes pas bien. Comme je vous l'avais indiqué, si vous avez besoin de parler, je serais là pour vous écouter.

-Je sais, et je vous remercie de votre offre, mais ça va bien. J'ai un peu de mal à bien dormir en ce moment, c'est vrai, mais ça va passer.

-Je vous proposerais volontiers une potion pour vous aider à dormir, mais je pense que si vous parliez de vos problèmes à quelqu'un, alors votre sommeil reviendrait d'une bien meilleure façon. Je ne veux pas vous forcer mais je pense sincèrement que vous devriez vous ouvrir à quelqu'un.

-J'ai peur professeur, murmura Neville en fixant son regard sur ses mains. Depuis l'attaque de Ioann, j'ai peur pour lui. Mes ... mes parents ont subi les Doloris de Lestrange et ... et ...

-Et ils souffrent encore des conséquences.

-Oui, et même si Ioann n'a pas subi les mêmes dommages, il n'était pas en forme physiquement. Il est blessé et il a besoin de soins. Personne ne sait où il est et peut-être qu'il a eu des complications. Et moralement il n'allait pas bien non plus. Il a peut-être eu quelques séquelles aussi comme mes parents ... sinon pourquoi il serait parti ? Ce n'est pas son genre.

-Je comprends vos inquiétudes, car elles rejoignent les miennes. Je me rassure en me disant qu'il est parti en emportant le stock de potions que j'avais préparé pour qu'il puisse être soigné. Mais est-ce qu'il les prend correctement ? Est-ce qu'il a de quoi se nourrir suffisamment pour ne pas tomber en anémie ? Je ne peux pas répondre à ces questions. Mais je sais pourquoi il est parti. Il a subi beaucoup d'épreuves depuis quelques mois. Avec son parrain, nous en avions conclu qu'il était arrivé à un point de rupture lorsqu'il ne sortait pas de son état de choc consécutif à son attaque. Le retour de Sergueï Soloviev dans sa vie était de trop pour lui.

-C'est lui qui l'avait battu n'est-ce pas ?

-Oui, c'est bien lui.

-Vous allez le faire arrêter n'est-ce pas ? Il va payer pour ce qu'il a fait et fait encore à Ioann, n'est-ce pas ?

-Nous faisons tout pour. J'avoue que la fuite de mon fils nous met dans une situation bancale. Mais ce n'est qu'une légère épine dans le dossier.

-Ioann ... il ne va pas perdre la tête ?

-Je ne peux pas vous le garantir car il a fugué alors qu'il était encore convalescent. Mais s'il avait dû subir des désagréments mentaux, ils seraient apparus très rapidement à son réveil. Ce qui n'est pas le cas. Même si des cas de folie post traumatique ont déjà été recensés, Ioann n'entrait pas dans ce cas de figure. Il aura besoin d'un soutien mental dès son retour, c'est plus qu'évident, mais rassurez vous, vous ne devriez pas avoir à supporter une nouvelle fois la maladie de vos parents.

-Merci Professeur de m'avoir parlé. Je ... enfin vous m'avez souvent fait peur avant et encore des fois maintenant, mais je vous apprécie. Vraiment.

-Je vous apprécie également, monsieur Londubat. Et passez donc voir madame Pomfresh en sortant. Elle vous donnera de quoi vous requinquer. Comme ça vous pourrez m'aider à faire la leçon à mon garçon si irréfléchi dès son retour.

-D'accord, mais après l'avoir soigné et rassuré seulement.

-Et après une bonne dose de tendresse, je suis bien d'accord avec vous. Allez, filez avant que je ne vous embauche pour nettoyer quelques chaudrons.

Quand Neville sortit de son bureau avec un petit sourire aux lèvres, Severus se dit que tout n'était pas si noir. Au moins avait-il pu aider ce garçon à défaut d'aider le sien. Il s'appuya sur son dossier en fermant les yeux. Son visage impassible se teinta alors d'une triste douleur. « Où es-tu mon cœur ? Reviens auprès de papa, s'il te plait, reviens ... »

o0o

Albus était en train de regarder Fumseck sans vraiment le voir. Pourtant le magnifique oiseau avait effectué sa combustion peu de temps avant et essayait d'enlever les cendres gênantes de son duvet de jeunes plumes rosissantes. Il poussa un petit cri indigné avant de se secouer et de piétiner en rond afin de nettoyer sa couche des traces de sa renaissance. Remuant la tête de satisfaction, il chantonna de fierté avant de s'installer confortablement et de fermer les yeux. Mais le directeur n'était plus aussi subjugué par ce phénomène depuis bien des années. Non, il était trop inquiet pour cela. La situation était difficile. Ioann avait disparu et risquait d'être enlevé à Severus, celui-ci pouvait se voir sommé de quitter Poudlard si ça devait arriver et ils n'avaient aucune piste pour arranger les choses pour l'un ou l'autre des problèmes.

Sergueï Soloviev avait réussi à se mettre dans une position très avantageuse. Mais Albus était sûr qu'il y avait une faille quelque part. Le tout était de la trouver et de s'y engouffrer. Ce qui l'embêtait également considérablement, était que le Russe avait trouvé un allié, très certainement bien placé pour que les dossiers des Aurors aient disparu. Ce qui voulait dire que de la vermine circulait au Ministère. Même si ce n'était finalement pas une grande nouveauté. La question était de savoir si c'était la même personne qui avait révélé des semi-vérités à Skeeter six mois plus tôt.

La cheminée s'activa et coupa Albus dans ses réflexions. Il se leva au moment où le visiteur arrivait et fronça les sourcils malgré son visage calme. Quel nouveau problème allait encore leur tomber dessus ?

-Bonjour Albus.

-Lucius. Je vous dirais bien que c'est un plaisir de vous voir, mais j'appréhende un peu ce que vous comptez m'annoncer.

-Je pense que nous tenons notre homme, cher directeur, annonça le blond avec un air qu'on n'aimerait pas affronter.

-Voilà qui est intéressant. Asseyez-vous donc mon ami, je pense que nous pouvons bien prendre une tasse de thé pour parler de cette bonne nouvelle.

-Avec plaisir. J'avoue que je n'ai pas eu beaucoup de temps pour moi depuis quelques jours et que l'absence de Narcissa n'arrange rien.

-Votre femme est en voyage ?

-On peut dire cela.

-Votre sourire m'intrigue, Lucius, racontez moi tout.

-En fait, nous devons ce merveilleux avantage à Milovan. Les choses s'étaient enchainées et je n'y aurais peut-être pensé tout seul. Mais comme il est assigné à domicile, il a eu plus de temps que nous pour y réfléchir. Soloviev a été arrêté par les Aurors anglais mais emprisonné en Russie. Le service d'autorité sorcier Russe avait donc une copie des dossiers et preuves de l'affaire de 1986. Or aussi malin que Soloviev ait été, il n'a visiblement pas pensé à ça.

-Une erreur de sa part. Un oubli très grossier de la notre.

-En fait Milo a surtout pensé au dossier médical de Ioann. Si on prouvait l'état dans lequel était le garçon lorsque Severus l'a récupéré, alors cela mettrait le doute sur l'oncle. Même si cela ne résolvait pas le problème pour Severus, au moins Soloviev n'aurait pu récupérer la garde. Sauf que la copie de Poppy n'aurait pas suffi car il est relativement facile de falsifier une copie qui n'est pas certifiée. L'original était toujours dans les archives du docteur Olga Tsekhoh à Kazan.

-Ce qui nous fait que nous avons une copie estampillée du Ministère des dossiers de l'arrestation de Sergueï et l'original du premier dossier médical de Ioann. C'est un pas de géant que nous venons de faire.

-Nous ne les avons pas encore. Narcissa est actuellement à Kazan et se charge de nous les rapporter. Nous avons pensé gagner ainsi du temps. Je m'occupe de l'affaire ici et elle se charge des procédures pour sortir ces papiers du pays. Elle agit sous ma procuration approuvée par Amelia Bones. Tout a été fait dans les règles. Soloviev et son avocat véreux, ce Walter Douglas, ne pourront rien y redire. Je démonterais l'image d'oncle victime qu'il s'est construit avec un plaisir incommensurable !

-Impressionnant. Lucius, vous êtes un défenseur hors pair qu'il vaut mieux avoir dans sa poche. Quand aurons-nous tout en main ?

-Narcissa a déjà le dossier médical. Elle devrait être en mesure de revenir d'ici une heure, deux maximum. C'est pour cela que je suis là. Nous devons presser Fudge de façon a réunir le Magenmagot pour ce soir. Puis nous convoquerons l'accusation à cette confrontation. Severus et Milovan seront évidement présents. Tout doit être réglé avant la nuit afin que dès demain matin, nous puissions lancer un avis de recherche officiel pour Ioann.

-Ne craignez-vous pas que les services sociaux n'utilisent ceci contre Severus ? Demanda Albus.

-Ils peuvent essayer. Mais cela ne fonctionnera pas. Ioann a été aperçu pour la dernière fois à environ seize heures trente le mardi trois Mai par le Baron Sanglant. Il était donc encore dans le château et plus précisément dans les cachots, à ce moment là. Le retrait de la garde a été officiellement signé à quinze quarante cinq ce même jour. Si Severus n'a reçu l'acte qu'au repas du soir, il était effectif depuis de nombreuses heures. Quand Ioann a fugué, il était officiellement sous la responsabilité du Ministère. Si sa disparition doit être imputée à quelqu'un, ce n'est pas à Severus.

-Je me répète, mais vous faites un avocat exceptionnel. Utiliser ainsi les faits et les arranger à votre sauce tout en restant dans la légalité ... je sens que cette histoire va être passionnante.

-J'ai évidement votre soutien n'est-ce pas ?

-Il en va de soit. Il est impensable à mon goût de séparer le père et le fils.

-Bien. Alors nous allons pouvoir faire du bon travail. Avec ma façon de faire, votre renommée et bien sûr la presse, ça devrait être intéressant, s'amusa Lucius en se carrant dans son fauteuil. Si Skeeter joue sur du velours depuis sa suspension, Cuffe va ramasser pour son article odieux. Nous avons par contre l'entier appui du Daily Wizard. Le rédacteur en chef, Daniel Weiss, est plus que ravi de pouvoir descendre en flèche son plus ancien rival. La Gazette va perdre de sa notoriété et Weiss va récupérer des abonnés.

-C'est un grand avantage quand Lucius Malfoy est en relation avec l'un des journalistes phares d'une rédaction.

-Almeida est sûrement notre meilleur atout pour tout ce qui est presse. Heureusement que sa relation avec les Snape ou ma famille n'est pas connue. Sinon l'avantage serait moins flagrant. Mais ne perdons pas de temps, nous avons beaucoup de choses à faire avant le retour de Narcissa et le temps passe.

-Votre femme est bien généreuse de nous aider ainsi.

-Ne vous méprenez pas. Elle m'aurait tué si je ne l'avais pas laissée partir s'occuper de cette partie de l'affaire. Elle a décidé de montrer qu'elle n'est pas que la Potiche de Lucius Malfoy. Je ne sais pas d'où elle tient cette idée. En attendant, elle s'est mise en tête que malgré les demandes officielles, le fait qu'elle soit une femme séduisante et de caractère ne pourrait que nous avantager.

-Et elle a raison. Toutes nos armes sont bonnes dans cette affaire. Et Merlin sait que Narcissa n'est pas du genre à se laisser faire. Mais le temps passe comme vous dites. Je vous laisse partir devant. Je préviens Minerva que je m'absente, j'avertis Poppy de se tenir prête et je vous rejoins au Ministère. Oh et je vais voir si je ne peux pas venir avec un ou deux autres témoignages. Il faut avoir du poids pour les écraser.

-N'oubliez pas qu'ils se moquent du témoignage de Ioann alors qu'il est au cœur de l'affaire. Tout ça parce qu'il est mineur. Même s'il a des camarades à la loyauté infaillible qui pourraient l'appuyer, s'ils ne sont pas majeurs cela ne nous aidera pas.

-Ne vous inquiétez pas, et ayez foi en moi.

-Salazar me le fera un jour regretter ...

Après avoir convenu de ne rien dire pour l'instant à Severus, les deux hommes se séparèrent rapidement. Le temps était un adversaire encore plus difficile que Sergueï et ils ne pouvaient pas se permettre de le laisser filer alors que Ioann pouvait être dans une situation délicate.

o0o

Dans la Salle Commune des Gryffondors, l'ambiance était à la joie. Après décompte des points, Madame Bibine avait annoncé que c'était leur équipe qui avait gagné la coupe. Ça s'était joué de peu car les Serpentards n'étaient qu'à une poignée de points derrière eux. Mais cela avait suffi pour qu'une fête s'improvise. Les jumeaux Weasley et Lee, étonnamment bien remis de sa peine de cœur qui n'en était visiblement pas vraiment une, avaient fait un raid aux cuisines et avaient rapporté quelques douceurs à grignoter. Olivier Dubois semblait s'être fait greffé un sourire plus grand que lui tellement il était heureux d'avoir remporté cette dernière coupe avant de quitter Poudlard.

Colin avait rechargé son appareil photo et shootait ses camarades comme un vrai photographe. Mais pour l'instant ses cibles préférées, sous l'impulsion de Fred ... ou George, étaient Dean et Ron qui dansaient ensemble avec fougue. Ils avaient tous les deux leurs cravates nouées autour de la tête et si leurs chemises étaient encore sur leurs épaules, c'était surtout parce qu'elles ne risquaient pas de tomber vu qu'ils avaient les bras en l'air.

-Hey Ron, prépare tes oreilles, cria l'un des jumeaux, tu vas voir ce que tu vas prendre quand maman aura reçu les photos !

-Déconne pas ! S'écria Ron en s'approchant rapidement de Colin. Pas question que tu leur files ces photos de moi !

-Bien sûr que si, répondit George en coupant la réponse de leur jeune camarade, on ne va pas manquer une occasion de te voir tout penaud devant maman !

-J'empêcherais tous les hiboux de partir !

-Désolé mon vieux, mais pour un coup comme celui-là, je prête Hedwige avec grand plaisir, rigola Harry.

-Faux frère ! Comment oses-tu me trahir ainsi !

-C'est la loi du plus drôle et là ça vaut tout son pesant de gallions ! Et tu pourras faire ce que tu veux, elle est bien trop intelligente pour se faire avoir et détourner de sa mission.

Alors que Ron plissait les yeux, prêt à se jeter sur son ami, ses deux frères ainés lui coupèrent l'herbe sous le pied et le basculèrent au sol pour une ignoble séance de chatouilles. Harry sentit par contre son rire s'étrangler dans sa gorge. Parce qu'à sa droite, Ginny le regardait d'une façon étrange. Et il se dit que si la rouquine décidait de s'allier à Ron, lui, il était bon pour les chatouilles également. Mais alors qu'il reculait d'un pas, elle arriva sur lui, l'attrapa par la manche et le tira un peu plus loin.

-Gin ?

-Harry, Hedwige est une chouette très maligne n'est-ce pas ?

-Euh oui, pourquoi ?

-Parce qu'elle pourrait sûrement apporter un message à Ioann Snape où qu'il soit, non ?

-Je suppose, mais je suppose aussi que son père a déjà essayé de le faire. Alors pourquoi ça marcherait mieux avec Hedwige ?

-Parce que je suppose que Snape a utilisé un des hiboux des Malfoy et que Ioann les connait assez pour ne pas y répondre. Quant aux hiboux de l'école, ils n'ont pas une grande volonté et ne doivent pas bien insister. Et je ne pense pas qu'il ait eu recours à la poste de Pré-au-Lard, parce que sinon l'information de la fugue se serait répandue.

-Oui mais il reconnaitra sûrement Hedwige aussi, elle n'est pas non plus banale !

-C'est vrai, mais il se demandera peut-être ce que toi tu lui veux et ça suffirait peut-être à débloquer la situation.

-Il y a quand même beaucoup de peut-être.

-Oui, mais je pense que c'est un truc à tenter. Il suffit parfois de pas grand-chose alors pourquoi pas essayer.

-Tu n'as pas tort ... mais je ne sais pas ce que je pourrais lui dire ... sauf si c'est Malfoy qui lui écrit par l'intermédiaire d'Hedwige. Lui saura trouver les mots et Hedwige ne le lâchera pas tant que Ioann n'aura pas lu la lettre ! Tu es géniale Ginny !

-Je sais je sais ... Je vais t'aider à chercher Draco.

-Attends, je crois que Neville est monté dans le dortoir tout à l'heure, je vais vite lui demander s'il a une idée sur l'endroit où se trouve le Serpentard. En espérant que ce n'est pas dans sa Salle Commune ...

-Je vais chercher une veste et je te rejoins.

La jeune fille fila dans son dortoir alors que Harry se faufilait dans le sien. Il trouva son camarade en train de réviser ses cours de Métamorphose. Mais en voyant son air triste, il n'osa pas lui poser la question. Par contre, il se jeta sur sa malle, activa discrètement la carte du Maraudeur et chercha fébrilement l'étiquette de Draco. Il ne voulait pas se faire prendre en pleine utilisation de cet artefact. Heureusement, il trouva rapidement ce qu'il cherchait. Malfoy étant, sans surprise, en compagnie de Davis et ils étaient au bord du lac. Il rangea le tout et attrapa également un pull afin de justifier sa recherche dans ses affaires. Il ressortit juste au moment où Ginny arrivait. Il l'entraina avec lui dans les couloirs en priant pour que les amoureux ne quittent pas leur coin en cours de route. Mais il eut de la chance. Il les trouva assis côte à côte, légèrement cachés par des arbustes.

Rapidement il expliqua au blond l'idée de Ginny. Le regard du Serpentard sembla s'éclairer au fur et à mesure de ses paroles. Rapidement il le prévint qu'il allait écrire le message et qu'il le rejoignait à la volière. En un instant il disparut sans se soucier de Tracey. Elle roula des yeux à ce comportement et lança un sourire en coin à la rouquine quand Harry l'abandonna sur place pour aller convaincre sa chouette de les aider.

-Par trop dur de passer après Snape à chaque fois ? Demanda Ginny.

-On s'y fait. Et puis je l'aime bien Ioann. C'est un brave type. Je comprends aussi qu'avec ce qu'il subit et a visiblement subi avant, il a besoin de soutien. Draco le connait mieux que n'importe qui. Alors on s'y fait. Et toi, ça fait quoi de baver sur le Survivant sans qu'il te voie ?

-N'importe quoi. Je ne bave pas sur lui.

-Pourtant l'an dernier tu lui as fait un poème ... très romantique pour la St Valentin. Une histoire de crapaud aussi vert que ses yeux je crois, ricana Tracey.

-C'était juste une erreur de parcours, renifla Ginny avec dédain. Va retrouver ton mec et fous moi la paix.

-J'aurais plus vite fait de le retrouver en allant l'attendre avec ton amoureux, Weasley. J'espère que tu ne m'en voudras pas de me taper la causette avec lui.

-Espèce de sale vipère !

Mais Tracey prenait déjà le chemin de la volière en rigolant. Ginny la jaugea avec humeur avant de la suivre d'une démarche un peu raide.

o0o

Lorsque Severus arriva au ministère, il tomba directement sur Kingsley qui attendait l'arrivée de Milo. Le Russe étant sous injonction judiciaire, il devait être escorté d'un Auror pour se déplacer hors de chez lui. Et le temps que les deux hommes se saluent, il arriva en affichant un air déterminé et surtout sévère qu'on ne lui connaissait guère. On ne leur avait dit que les grandes lignes mais pour que Lucius et Albus s'associent pour obtenir une audience exceptionnelle, c'était sûrement qu'ils avaient quelques as dans leurs manches. Le professeur de potions espérait surtout qu'on lui apporte de bonnes nouvelles de son fils et se sentait légèrement fébrile de cette confrontation.

Dans la salle d'audience numéro neuf, Fudge était nerveux. Cette affaire le mettait mal à l'aise. Toute cette histoire autour de Snape le laissait perplexe. Ce type vivait à Poudlard depuis de nombreuses années et son fils avec lui. S'il y avait eu le moindre problème de maltraitance, jamais Albus n'aurait pu cacher ça si longtemps. Et d'un autre côté, Soloviev avançait des preuves non négligeables de ce qu'il affirmait. Tout ceci n'était pas bon. Si jamais Snape n'était pas en tort, cela allait lui retomber dessus car il aura été le Ministre qui avait autorisé les services de l'enfance à perturber un peu plus un garçon qui venait d'être torturé. Et vu l'assurance de Lucius lorsqu'il lui avait demandé d'agir vite, il y avait de grande chance pour que tout ça lui retombe bel et bien dessus.

Lorsque Snape, Gabrilov et Shacklebolt entrèrent, il se ressaisit légèrement et les dirigea vers leurs sièges près de Lucius. Soloviev et Douglas avaient déjà pris place de l'autre côté de la salle. Un instant plus tard, Narcissa Malfoy, accompagnée d'Albus et de Poppy Pomfresh, s'avança vers son mari. Il prit une forte respiration, se leva de son siège et attira l'attention.

-Mesdames, Messieurs, tout le monde est arrivé, je pense qu'il est temps de commencer cette séance.

-Pas encore tout à fait Cornélius, l'interrompit Dumbledore. Il nous manque encore deux personnes.

-Qui donc ? Elles n'ont pas été notées dans la liste des témoins fournie par Monsieur Malfoy.

-Parce que j'ai pris moi-même la responsabilité de les faire venir. Ne vous inquiétez pas, j'ai reçu un message il y a quelques instants, l'attente devrait se réduire à quelques minutes.

-Alors attendons vu qu'on ne nous demande pas notre avis, répondit sarcastiquement Walter Douglas.

-N'ayez crainte, Maître, vous aurez largement le temps de parler et votre client également, susurra Lucius. Même si je pense que vous ne pourrez pas beaucoup commenter notre défense.

Les conversations reprirent de part et d'autre afin de passer le temps d'attente qu'il leur restait. Severus se tourna vers son ami qu'il trouva très sûr de lui.

-Lucius, si tu m'expliquais maintenant, ce ne serait pas une mauvaise idée.

-Il y a que si Soloviev a fait disparaitre les dossiers de notre Ministère, il a oublié une partie de l'affaire ...

- ... une partie Russe, finit Narcissa avec un sourire aussi suffisant que son mari.

-Alors le docteur Tsekhov a accepté de nous confier son dossier sur Ioann ? Demanda Milo avec un léger soulagement.

-Oui, reprit la blonde, et elle n'a pas été la seule à nous confier des papiers importants.

-Comment ça ? Demanda Severus qui commençait à être perdu.

-J'ai signalé à Lucius que nous pouvions peut-être nous servir du dossier médical du petit Ange qui était resté en Russie. Tu n'as présenté que la copie à Poppy à votre retour, lui confia Milo.

-Et nous avons bien plus qu'un dossier médical, reprit Albus. Nous avons également la copie certifiée de l'affaire Soloviev de 1986 qui était détenu par le Ministère Russe. Nous avons bien sûr le dossier médical authentique présentant l'évolution de Ioann depuis son premier examen en Angleterre, provenant de Poppy. Nous avons le souvenir de Narcissa concernant les deux jours noirs où Sergueï a réapparu. Souvenir validé il y a dix minutes par deux Langues de Plombs comme n'étant pas falsifié. Et ... ah les voilà, Messieurs William et Charlie Weasley qui témoigneront de l'état psychologique dans lequel ils ont rencontré Ioann lors de son arrivée à Poudlard et son évolution dans les mois qui suivirent.

-Professeur Dumbledore, j'espère que nous ne sommes pas trop en retard, s'excusa Bill.

-Pas le moins du monde mes enfants. J'espère que ce petit contre temps ne vous apportera pas d'ennui avec vos employeurs.

-Ne vous inquiétez pas Professeur, quand Albus Dumbledore fait demander personnellement quelqu'un, c'est la sécurité que rien ne sera reproché à cette personne, rigola Charlie avant de redevenir sérieux. Et de toute façon, rien ne nous aurait empêché de venir pour aider le p'tit bonhomme. Comment vit-il tout ça ?

-C'est une longue histoire que nous détaillerons plus tard, coupa Lucius qui ne voulait pas leur parler de la fugue devant témoins. Il est temps de passer aux choses sérieuses.

Il s'approcha alors de Fudge afin de lui confirmer que tout le monde était présent et que la séance pouvait commencer. Mentalement il convint qu'Albus avait apporté deux bons atouts en la présence des Weasley. Le Ministre demanda le silence et chacun s'installa à sa place. Puis il se leva et résuma les faits, les accusations avant de demander à Lucius de prendre la parole vu qu'il avait été l'instigateur de cette confrontation. Ce que le blond fit avec un grand plaisir.

-Chers membres de notre cour. Monsieur Soloviev ici présent a accusé. C'est son droit. Il a accusé Milovan Gabrilov ici présent d'abus de pouvoir qui l'aurait privé de plus de sept ans de sa vie. Période qu'il a passé en prison. Et comme par miracle, il n'y a plus aucune trace de cet épisode là dans les archives. C'est si pratique, ne trouvez-vous pas ?

-Monsieur Malfoy, coupa Douglas, parler pour ne rien dire ne vous aidera pas sauver votre client.

-Vous avez raison, Maître. Mais ceci devrait par contre être plus intéressant, reprit Lucius en sortant les dossiers et en les remettant à Amelia Bones. Ne posez pas la question, la réponse arrive tout de suite. Il s'agit de la copie du rapport correspondant à l'affaire de 1986. Et comme vous pouvez le voir, aucune triche possible, il est authentique. Dans ce rapport, il y est fait mention de la violence dont Monsieur Soloviev a fait preuve vis-à-vis du jeune Ioann Snape et de la plainte portée pour maltraitance par Gabrilov à ce moment là. Comme vous pouvez le voir, il n'y a pas eu d'abus de pouvoir. Soloviev s'est retrouvé en prison, non pas parce qu'il était Moldu et qu'on a voulu se débarrasser de lui, mais pour les mauvais traitements qu'il infligeait à son neveu. Vous trouverez également le dossier médical du garçon daté du trois juin 1986, soit une journée après que Severus Snape ait récupéré son fils. Comme vous pouvez le voir, malnutrition sévère, défaillance de la croissance, anémie et j'en passe. Il est évident que ce genre de problèmes n'apparait pas en vingt quatre heures.

-Madame Bones ? Demanda Fudge.

-Monsieur Malfoy dit vrai. Tout est bien retranscrit ici ... et bien d'autre chose, grimaça Amelia alors qu'elle venait de lire que l'enfant avait également soufferts d'attouchements. C'est ... ce que ce garçon a subi est tout simplement inadmissible. Monsieur Soloviev, qu'avez-vous donc à répondre ?

-C'est un coup monté pour discréditer mon client !

-Très bien, alors je demande à ce que le témoignage de Monsieur Charlie Weasley soit entendu, continua Lucius avant d'obtenir l'accord du Ministre. Monsieur Weasley, je crois savoir que vous connaissez Ioann depuis de nombreuses années.

-Effectivement. J'étais en deuxième année lorsque son père a dû être remplacé quand il l'a récupéré.

-Que pouvez-vous nous dire sur l'enfant à cette époque ?

-En fait, la première fois que je l'ai vu, c'était complètement par hasard. C'était début juin soit quelques jours après le départ du professeur. J'étais en route vers l'infirmerie et j'ai croisé Snape père qui le portait. Ils ne m'ont pas vu à ce moment là, mais je me rappelle que j'ai été bluffé de voir le comportement tendre et protecteur de mon professeur. Je l'ai revu le jour même mais plus tard. A l'infirmerie. Il dormait tranquillement dans un lit et quand ... par ruse, j'ai réussi à extorquer son âge, ça m'a un peu secoué. Il avait l'âge de ma sœur et il était bien plus petit et frêle. Avec une amie, nous avons appris plus tard qu'il avait été maltraité et que c'était la cause de beaucoup de ses problèmes. Ce jour là j'ai été choqué car avec sa bouille d'ange je ne comprenais et je ne comprends toujours pas comment on avait pu lui faire tant de mal.

-Merci Monsieur Weasley. Et que pouvez-vous nous dire de son comportement par la suite ? Continua Lucius, surpris que le jeune homme en ait su autant aussi rapidement.

-Après, le professeur l'a jalousement protégé du regard des autres. Il a fallu de longues semaines ou des mois je ne sais plus, pour qu'on le voit plus souvent. Mais je crois que je n'oublierais jamais le bonheur qu'il dégageait lors du repas de Noël cette année là.

-Vous confirmez donc qu'il était mieux nourri, mieux soigné et que Severus Snape ne lui était donc pas néfaste ?

-Oh oui. Je me rappelle m'être fait la réflexion qu'il avait les yeux aussi pétillants que notre directeur. Un enfant battu ne dégage pas tant de joie en présence de son bourreau. Par la suite je lui ai servi de gardien les rares fois où son père était convié à une réunion professionnelle. Je me rappelle qu'une fois il y avait de la neige. On s'est amusé avec la poudreuse et il était si émerveillé parfois, que ça donnait l'impression qu'il n'avait jamais fait ça avant. C'était très troublant pour moi qui viens d'une famille nombreuse et aimante. J'avais l'impression qu'à cinq ans il découvrait les joies d'une enfance qu'il n'aurait pas eue.

-Merci Monsieur Weasley.

-J'aimerais ajouter à cela que n'importe qui au château, élèves, professeurs, fantômes ou tableaux pourrait vous dire que le comportement du professeur Snape envers son fils n'a jamais été violence ou négligence, appuya Bill. C'est une hérésie de vouloir faire croire ça. Par contre je me rappelle très bien que plusieurs fois nous avons comparé Ioann à un animal blessé car il avait un certain conditionnement pour rester sur ses gardes. Et c'est quelque chose qui semblait bien ancré en lui.

-Snape l'a dit lors d'un l'article il y a quelques mois. Être changé de famille sans arrêt a fragilisé l'enfant. Mon client n'a en aucun cas fait acte de violence sur lui. Il est victime d'une machination grotesque.

-A vrai dire, intervint Amelia Bones de nouveau, j'ai là le détail écrit d'un souvenir de Narcissa Malfoy. Celui du jour où vous êtes arrivé chez les Snape en Juillet 1986 pour récupérer la garde de votre neveu. L'échange a visiblement été violent et traumatisant. Et vous n'êtes pas tout blanc dans la dégénération de la situation, Monsieur Soloviev.

-Je ne sais pas comment fonctionne tous vos tours de passe-passe, mais cela n'a visiblement aucun rapport avec ce qui s'est passé, répondit Sergueï d'un ton méprisant.

-Monsieur le Ministre, intervint Narcissa en se levant avec élégance. Comme vous pourrez le voir, mes souvenirs ont été validés, rien n'est donc faux dans les scènes qui s'y trouvent. De plus, j'ai passé deux jours à Kazan pour récupérer les dossiers que mon mari vient de vous transmettre. En fait je n'ai pas fait que ça. J'ai retrouvé Sylvana Soloviev, enfin ex-Soloviev et j'ai pu parler avec elle. J'ai là une lettre écrite de sa main et signée attestant du traitement que son ex mari infligeait à leur neveu. Je savais que le garçon avait souffert mais ce que j'ai appris m'a donné la nausée. Un animal aurait reçu plus de soins que lui. Sylvana n'a pas tenu à venir et être confrontée à son ex-mari. Elle a toujours essayé d'aider un peu Ioann sans aggraver son cas mais elle avait peur de Soloviev. Il avait parfois la main leste avec elle aussi. Par contre, elle m'a certifié que si sa présence était nécessaire, elle accepterait de venir témoigner des violences dont a été accablé le garçon.

Un murmure s'éleva de la cour alors que Sergueï la regardait méchamment. Mais Narcissa ne se démonta pas. Elle releva le menton et le fixa comme s'il n'était qu'une bouse de dragon particulièrement malodorante. Lucius était soufflé. Sa femme venait de porter l'estocade et avec cette information, Douglas ne pourra plus rien faire pour son client. Les preuves étaient là. Le blond était fier de sa moitié. Et le regard qu'il lui portait était brulant tant les sentiments l'échauffaient. De son côté Albus souriait. Il n'avait jamais douté de la fougue de l'aristocrate pour défendre ses intérêts et ceux de sa famille ... et donc celle d'adoption par extension. Mais quand le couple faisait front ensemble, cela ne laissait que peu de chance à leurs adversaires.

Sergueï savait qu'il était en mauvaise posture. Il était persuadé que la prison se profilait de plus en plus. Comment avait-il oublié qu'une partie des documents incriminants avaient dû rester dans son pays ? Pourtant avec Rita et Walter, ils avaient tout ficelé pour que le doute soit permis et qu'il puisse s'en sortir avec quelques pirouettes ... et peut-être même le morveux. Il aurait dû s'occuper de lui pendant quelques temps, mais après il aurait pu disparaitre puis s'en débarrasser. Et la perte aurait été excessivement douloureuse pour Gabrilov et Snape. Mais ils avaient omis un détail. Un énorme détail qui venait de le faire tomber. Et en prime, son ex femme décidait de ne plus s'écraser et de dévoiler ce qu'il ne fallait pas.

Il n'écouta même pas son avocat le défendre car il ne savait que c'était inutile. Il avait bien trop souvent connu cette situation, mais en étant dans le camp des gagnants, pour se faire des idées. Il entendit à peine les témoignages se succéder. Le médecin du gosse, Gabrilov et Snape. Et encore ces deux roux sortis d'il ne savait où. Et encore cette blonde qui le regardait avec mépris. S'il avait été son mari, il lui aurait appris où était sa vraie place. Avec toutes les autres femelles de la création, derrière un chiffon à servir les hommes. Il ne réagit de la fin de la confrontation que lorsqu'une nouvelle fois, il fut emmené les poings liés entre deux Aurors dans une petite cellule. Son avocat viendrait bien assez tôt lui donner la durée de sa sentence. Car déjà, il savait qu'il retrouverait les barreaux.

Milo soupira de soulagement lorsque la porte se referma derrière Soloviev. Cette fois ce salopard allait payer pour les sévices qu'il avait fait endurer à Ioann. Presque toutes les femmes de la cour avaient été indignées et horrifiées. Il faudrait que le Magenmagot se réunirait de nouveau dans la semaine pour statuer sur la durée et tous les détails de l'emprisonnement, mais il savait que cette fois, il ne sortirait pas au bout de sept petites années. Lucius avait commis la petite erreur de ne pas le garder enfermé indéfiniment, mais il avait réglé le problème de manière magistrale. Et Narcissa avait été épatante. Il braverait le courroux du mari jaloux, mais il comptait bien l'embrasser généreusement sur les deux joues. Sans compter que son assignation avait été, par le même coup, levée et qu'il avait été lavé de tous les soupçons qui pesaient sur lui. Il se retourna vers Severus, posa sa main sur son épaule et la serra fortement. Son frère de cœur le regarda et lui fit son premier vrai sourire depuis quelques jours. Mais alors qu'il s'apprêtait à se lever, Lucius redemanda le silence. Et au froncement de sourcils de Severus, il n'était pas le seul ne pas comprendre ce qu'il se passait.

-Chers membres du Magenmagot, voilà une bonne chose de faite que d'avoir mis hors de circulation un criminel tel que lui. Mais je n'en ai pas fini. Parce que cette fois c'est moi qui accuse. J'accuse la Gazette du Sorcier d'avoir une nouvelle fois accablé la famille Snape avec de fausses insinuations. La suspension de Skeeter semble lui avoir remis les idées en place. Je demande donc que la parution de la Gazette soit suspendue pendant six mois.

-Six mois ? S'écria un sorcier presque aussi barbu que Hagrid. C'est bien trop long !

-Il a raison Lucius, appuya Fudge. C'est déraisonnable.

-C'est pourtant tout ce que mérite Cuffe après son article de mardi dernier.

-Je comprends que vous soyez énervé, mais six mois, je ne peux pas accepter cela.

-Très bien, alors je veux bien baisser la sentence à quatre mois, mais c'est mon dernier mot. Au dessous, je ne vous garantis pas des ravages que mon mécontentement pourrait occasionner.

-Bien bien. Ne vous énervez pas. Que ceux qui sont pour une suspension de quatre mois pour la parution de la Gazette lèvent la main, demanda Cornélius.

Les mains se levèrent les unes après les autres avant de s'arrêter à un nombre non négligeable. Le Ministre demanda alors que ceux qui étaient contre se fassent connaitre et d'autres mains se levèrent. Mais pas autant.

-Sentence adoptée. Dès demain je notifierais à Monsieur Cuffe qu'il est sous injonction du Magenmagot et qu'il ne pourra faire tourner ses presses que dans quatre mois à partir d'aujourd'hui, soupira Fudge en commençant à se lever, ravi que cette séance soit finie.

-C'est parfait, reprit Lucius en se disant que priver la Gazette de la coupe du monde de Quidditch était la meilleure des punitions ... même si la cour n'avait pas eu conscience de sa petite ruse. Mais je n'ai pas fini. Car cette fois j'accuse le Ministère et en particulier le service de l'enfance pour avoir mal effectué son travail.

-C'est une accusation bien légère, rétorqua une voix que Severus aurait préféré ne pas entendre de nouveau.

-Elle n'est pas légère, Madame Ombrage. Elle est fondée.

-Expliquez-vous. En quoi trouvez-vous le travail du Ministère si répréhensible ?

-Parce que lorsqu'on défend les intérêts des enfants, la moindre des choses est de les rencontrer. Brenda Peters a passé trois jours à interroger le père de l'enfant, les professeurs, le parrain. Mais lui a-t-elle seulement parlé ? Ne serait-ce que pour le rassurer sur la suite des évènements, pour le consoler également. Car je tiens à rappeler que ce n'était pas une nouveauté si Ioann avait pour peur de perdre sa famille. Or il a appris par l'intermédiaire d'un journal que son père n'avait plus d'autorité sur lui et que sa plus grande peur venait d'arriver. Alors en tant que défenseur de la famille Snape, je porte plainte contre le Ministère pour manquement auprès d'un enfant qui venait de se faire torturer et qui était encore convalescent. Qu'on protège les enfants et leurs droits est une chose, mais alors que cela soit fait correctement. Aussi je demande la suspension de la destitution du droit de garde de Severus Snape.

-Que Sergueï Soloviev ait maltraité son neveu ne signifie pas que Snape est apte à s'occuper de son fils, rétorqua Ombrage.

-Sur quel fait vous basez-vous ?

-Où était-il lorsque son fils a été attaqué ?

-Il effectuait son travail de professeur, Madame Ombrage, il était à une réunion professorale, commença Lucius.

-Et je porte pour l'instant l'entière responsabilité de cette attaque, intervint Albus d'un ton sans appel. Du moins le temps que nous définissions par quelle circonstance Lestrange et les Carrow se sont trouvés sur le domaine de Poudlard. Le collège étant sécurisé, il est impensable d'imputer la responsabilité de cette attaque à Severus. Il a agi comme n'importe quel autre professeur qui se repose sur les règles de sécurité qu'on lui confie. Après tout, qui oserait accuser de négligence, les parents de n'importe quel autre élève de Poudlard, alors qu'ils ont remis la sécurité de leur enfant entre mes mains ?

-Il a raison, Dolores, intervint une petite sorcière de l'assemblée. Le retrait de la garde ne peut reposer sur un tel argument.

-Et étant donné qu'avec l'affaire précédente, il a été prouvé que Severus Snape n'était pas un père violent mais au contraire attentionné, je demande une dernière fois la levée de la sanction, termina Lucius avec agacement.

-Très bien très bien, soupira Cornélius. Je mets donc fin à cette mascarade et Severus Snape récupère la garde totale de son fils.

-Voilà une bonne décision. Et je demande des dommages et intérêts pour les soucis causés à un adolescent de treize ans qui a déjà bien trop souffert.

-Vous en demandez beaucoup, Lucius, s'indigna le Ministre.

-Apprenez qu'alors qu'il était déjà moralement très affaibli, la nouvelle du dégagement de tutelle à complètement détruit Ioann Snape. Malgré une recherche minutieuse, il reste introuvable.

-Attendez, vous voulez dire qu'il a disparu et que le Ministère n'a pas été mis au courant ? S'éructa Dolores. Et vous trouvez que ce n'est pas suffisant pour retirer la garde du garçon à ce Mangemort ?

-Le garçon a fugué alors qu'il était sous la tutelle du Ministère. Si les employés du Ministère avaient fait leur travail et avaient pris en compte ses sentiments alors peut-être qu'il serait toujours à Poudlard, répondit froidement Lucius. S'il y avait eu moins de manquements au Ministère, l'enfant serait actuellement coincé dans les bras de son père à profiter d'un énorme câlin que Severus Snape n'aurait pas manqué de lui donner !

Le professeur en question roula des yeux. Comment ternir une réputation de bâtard en une phrase ? Demandez à Lucius. Les débats s'animèrent et il aurait presque pu s'amuser de voir son ami envenimer les choses entre les différents membres de la cour. Mais il ne put que féliciter son esprit tortueux lorsqu'il se rendit compte que le Magenmagot était progressivement embobiné et se renvoyait la responsabilité de la fugue de Ioann. Milo, à ses côtés, se retenait de pouffer de rire et un regard à Poppy manqua de les faire craquer tous les deux. Rien de mieux qu'un serpent à la langue de vipère pour vendre à un érudit, une poule ordinaire pour une poule aux œufs d'or.

La séance dura encore un certain temps alors qu'Albus appuyait régulièrement les piques de Lucius. Et le directeur, avec tout le sérieux du monde, s'amusait comme un petit fou. Mais le résultat fut là. La garde de Ioann resta à la charge de Severus, une campagne de recherche serait mis en action par la famille et le Ministère s'engagea à fournir gracieusement à Ioann le suivi psychologique nécessaire pour dépasser ce terrible cauchemar dont il avait été le catalyseur. Fudge alloua également un dédommagement financier qui serait bloqué sur un compte jusqu'à sa majorité afin qu'il puisse effectuer les études supérieures de son choix sans être restreint par un manque de moyens matériels.

Quand, après de longues heures de séances, ils se retrouvèrent dans le bureau d'Albus, Severus remercia chaleureusement Lucius pour la grande prestation qu'il avait effectué. Puis il continua les remerciements auprès de tous ceux qui avaient apporté un appui non négligeable dans cette affaire. Malgré l'heure terriblement avancée, Minerva et Sirius arrivèrent aux nouvelles dès que les tableaux les eurent prévenus, et partagèrent les bonnes nouvelles. Les frères Weasley posèrent enfin les questions qui les démangeaient depuis qu'ils avaient appris pour la fugue. Cela les avait inquiétés mais ils n'avaient rien osé demander avant, de peur de faire rater la manœuvre de Lucius. Mais bien vite le silence revint lourdement, car personne n'oubliait la réalité de la situation, Ioann était seul et certainement pas remis de ses blessures. Si Amelia Bones avait été mandatée pour relater sobrement les évènements de la confrontation et l'issue de cette affaire, le communiqué à la presse pour l'avis de recherche avait été laissé pleinement à la charge de la famille, au grand dam d'Ombrage qui avait eu du mal à concéder que le Ministère ne puisse pas s'y mêler.

-Il est évident que le Daily Wizard aura la primeur de tout ça, mais ... commença Narcissa, visiblement perturbée. Mais je pense qu'il faudrait étendre les avis au moins jusqu'à Kazan.

-Pourquoi donc ? Demanda Severus en sentant son cœur s'affoler.

-C'était furtif et je pense que j'ai dû l'imaginer. Mais j'ai cru entrevoir un garçon qui pourrait être Ioann lorsque j'étais en Russie. Le temps que je réagisse et que je parte à sa recherche, il avait disparu. Je suis désolée.

-Ne t'excuse pas, répondit Lucius d'une voix douce. Tu ne t'attendais pas à voir Ioann là-bas, c'est normal que tu n'ais pas réagi rapidement. Et puis ce n'était sûrement pas lui. Comment aurait-il pu quitter ainsi le pays sans attirer l'attention ?

-Parce qu'il était désespéré et qu'il était prêt à tout pour rester introuvable, soupira Severus. Dans son état je n'ai pas pensé qu'il aille loin, mais tous les ans nous allons sur la tombe d'Ivanna. Maintenant que tu en parles, il est tout à fait possible qu'il soit allé la voir. Il croyait qu'il m'avait perdu et qu'il risquait de repartir chez Soloviev.

-Et se rapprocher de sa mère lui a sûrement paru nécessaire, termina Milo d'une voix blanche. Bordel. Je pars dès la première heure à Kazan, je me charge de publier un avis de recherche. Il ne connaît que peu la ville mais moi je la connais comme ma poche. Et j'ai encore des connaissances là-bas. Si jamais c'est bien lui que Narcissa a vu, alors je le trouverais.

-Je viens avec toi, affirma Severus.

-Non. Si jamais ce n'était pas lui et qu'il est toujours dans le coin, alors ta présence ici est plus que nécessaire, surtout quand il va apprendre que l'affaire est réglée et qu'il ne craint plus rien.

-Vous oubliez une chose, coupa Sirius d'un air sombre. Il va falloir le retrouver très rapidement. Car une fois l'avis de recherche publié, ma chère cousine saura qu'il n'est plus sous protection et va sûrement se mettre à sa recherche.

-Mesdames, messieurs. Il est très tard et la nuit est plus qu'entamée. Je vous propose d'aller nous reposer, annonça Albus tranquillement. Le Ministère n'a aucune autorité pour diffuser la fugue de Ioann, alors nous allons avoir un peu de temps devant nous. Nous verrons demain comment le retrouver sans le mettre plus en danger. Nous serons plus productifs et même si nous perdons une journée, c'est préférable que de lancer les Mangemorts sur ses traces. De plus Milovan, malgré la levée de votre injonction judiciaire, vous allez avoir des choses à faire pour que tout soit bien réglé. Et demain c'est dimanche, je doute que vous ne puissiez quitter l'Angleterre avant lundi.

-C'est frustrant, mais vous avez raison, soupira Severus d'une voix fatiguée. Allons-nous reposer. Nous verrons demain pour la suite.