Chapitre 52 : La bonne étiquette.

- Harry explique-toi clairement, ordonna Soazick.
Harry cessa de fouiller dans les fioles de souvenirs et se tourna vers Soazick.

- Serpentard a dit que les Forêts de Kodrulles gardaient sa puissance à son niveau le plus élevé…

- Et ? demanda Soazick.

- Lorsque Voldemort était faible il aurait eu intérêt à se cacher dans un endroit où personne ne pouvait le trouver et où le peu de magie qu'il avait pouvait rester vivace, à son niveau le plus élevé…

Soazick regarda fixement Harry.

- Albanie, dit-elle lentement.

- Oui, la rumeur dit qu'il s'est caché dans les forêts d'Albanie, expliqua Harry.

- L'Albanie n'est pas plus grand que deux départements Français, récita Soazick pour elle-même, climat difficile, montagnes et forêts…

- Comment tu sais ça ? demanda Harry étonné.

Soazick se retourna à nouveau vers lui.

- Je retiens tout ce que je lis et entends, raconta-t-elle.

- Dumbledore ne t'a pas dit s'il était allé voir où se trouvait la cachette de Voldemort ?

- Non, je ne crois pas qu'il y soit allé, une fois il m'a brièvement parlé de la supposée cachette. Il m'a dit qu'il l'avait localisée à une trentaine de kilomètre près.

- C'est tout ? demanda Harry.

- Oui, répondit Soazick pensive.

Harry se retourna vers les flacons et lut quelques étiquettes.

- Qu'est-ce que tu espères trouver ? Une étiquette qui dira « la cachette des treize ans de fuite de Voldemort »? demanda Soazick septique, il y a au moins trois cent flacons.

Harry, déçu, s'assit sur une chaise et regarda fixement Soazick.

- Il a sûrement laissé un souvenir là-dessus, dit Harry avec un ton suppliant.

- Probablement, répondit Soazick en recommençant à faire les cent pas.

Silencieusement Harry la regarda marcher durant quelques minutes. Enfin il lui demanda :

- Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Quoi ? dit Soazick surprise.
- Tu es bizarre depuis quelques semaines… expliqua Harry, tu es froide, sarcastique et quasiment tout le temps en colère.
Soazick regarda Harry comme si elle cherchait la meilleure réponse.

- … c'est à cause… de notre rupture ? hésita Harry.

Soazick réprima un rire.

- Non, désolée de te décevoir, dit-elle amusée, ne t'occupe pas de mon changement de comportement, c'est normal.

Elle se remit à faire les cent pas.

- À quoi tu penses ? demanda Harry agacé de voir Soazick une nouvelle fois perdue dans ses pensées.

- Dumbledore avait probablement trouvé l'endroit où Voldemort se cachait… il a sûrement laissé un souvenir là-dessus, il faut trouver l'étiquette à chercher… Dumbledore a peut-être discuté avec quelqu'un… la question est de savoir à qui il aurait eu le plus de chances de confier ce genre d'éléments.

- McGonagall, Maugrey, suggéra Harry.

- Non, une personne à qui il aurait pu se confier sans risques, dit Soazick.

- McGonagall et Maugrey ne sont pas de confiance ? demanda Harry stupéfiait.

- Si, mais de telles informations auraient pu leur être arrachées facilement, expliqua Soazick, il faut une personne capable de se tenir à distance des Mangemorts et de Voldemort... Autrement dit personne à part Dumbledore ne correspond…

- Un journal, suggéra Harry.

- Non, je suis sûre qu'il n'en avait pas, dit Soazick, réfléchissons. Ce ne peut pas être quelqu'un, il n'aurait pas pris le risque d'être trop précis. Donc il s'est confié à quelque chose que lui seul aurait eu accès.

Soazick soupira.

- On s'égare, conclut-elle, il aurait pu rassembler ces informations en d'autres occasions qu'une conversation comme… je ne sais plus… de surcroît il n'a peut-être pas laissé un souvenir… on ne peut même pas chercher au hasard, les étiquettes ne sont pas claires, il faut toutes les mettre dans le bon contexte pour comprendre de quoi elles parlent. Comme par exemple « l'entretien d'embauche de Sibylle Trelawney », qui en fait ne dévoile en rien les compétences de Sibylle, juste la prophétie.

- Lorsque tu as un secret à confier, à qui tu le confies ? demanda Harry.

Soazick réfléchit quelques secondes.

- Personne, dit-elle, et toi ?

- Ron et Hermione.

- À part les collègues de Poudlard, dit Soazick, Dumbledore n'avait plus d'amis très proches.

- Peut-être que si, dit brusquement Harry.

- Qui ça ?

- Les tableaux, bon d'accord ce n'était pas des amis, mais ils doivent être fidèles au directeur de Poudlard et ce sont des représentations donc personne ne peut les forcer à parler, dit Harry.

- Harry, ce soir tu es bourré de soudaines illuminations, mais là je ne comprends rien à ce que tu racontes, dit Soazick.

- Les tableaux qu'il y a dans le bureau du directeur, expliqua Harry, ce sont les portraits d'anciens directeurs de Poudlard…

- « Conversation avec les portraits » coupa Soazick en avançant vers l'armoire.

Elle fouilla rapidement parmi les flacons et en sortit un. Elle s'approcha de la Pensine, ouvrit le flacon et déposa le contenu dans la Pensine.

- J'y vais, dit-elle.

- Moi aussi, dit Harry.

- On n'a pas besoin d'y aller à deux, surveille que personne n'arrive.

Elle mit un doigt dans la Pensine et Harry attendit. Bientôt Harry vit des larmes couler sur les joues de Soazick, puis une expression de profond mépris remplaça les larmes.

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Une dizaine de minutes plus tard Soazick revint.

- Alors ? demanda Harry.

Soazick alla dans sa salle de classe, Harry la suivit. Elle prit une sorte de long tuyau dans un coin près de son tableau. Harry fut surpris lorsqu'elle déroula ce qui était en réalité un immense parchemin. Elle fixa le parchemin sur son tableau, et sortit sa baguette.

- La carte, dit-elle en pointant sa baguette sur le parchemin.

Aussitôt sur l'immense parchemin vierge, une carte du monde se dessina.

- Europe, dit-elle.

L'Europe apparut plus grande et effaça les autres continents de la carte.

- Albanie, dit Soazick.

Harry vit un petit pays côtier de la mer méditerranée apparaître.

- Kodra e Pillogut, dit Soazick.

Un point rouge apparut sur la carte.

- Kodra a bute, dit Soazick.

Un second point rouge apparut sur la carte.

- Voila, dit Soazick, c'est entre ces deux points vers l'Est. À trente kilomètre près.

Harry regarda la carte, la région désignée était très montagneuse.

- Il n'y a plus qu'à y aller, dit Soazick.

- Même si l'on sait à présent où se trouvent les Forêts de Kodrulles, on ne pourra pas trouver l'entrée. Serpentard a dit qu'il fallait de la haine, et tu as dit que nous ne l'avions pas.

- La haine saine et légitime ne marchera pas, il faut un sentiment plus puissant, plus mauvais, alimentée et qui se renforce continuellement, expliqua Soazick, du moins, c'est ce que je pense.

- C'est bien ce que je dis, aucun de nous deux ne correspond, dit Harry.

- Nous ? Non. Mais je connais l'un de nos alliés qui a ce sentiment… Sentiment qui subit un violent renouveau au moment de Noël et des grandes vacances. Depuis seize ans cela s'amplifie, jusqu'à devenir la description faite par Serpentard.

- Qui ?