- En toute honnêteté Miles. Je ne sais pas ce que je vais faire avec vous, claque le directeur.

- Eh bien…

- Ne commencez pas !

Il se penche plus profondément dans son siège, le visage rouge. Ses yeux sont réduits à deux fentes. Vous vous souvenez quand je vous ai dit que Mark a dû pousser pour nous inscrire au lycée triballe ? Parce qu'ils sont racistes ?

Dites-moi que vous vous souvenez !

J'ai la vague impression que mon petit spectacle pour rendre justice va m'exploser au visage. Juste un peu…. Il met sa main devant sa bouche qui esquisse un sourire mauvais, un frisson me parcoure l'échine. Je l'a sens mal. Il va me virer quelques jours au pire, non ?

On frappe à la porte et ma mère entre en trompe.

- Ah Mme Miles, accueille le directeur.

Je serre le poing et tente de résisté de regarder le sol pour voir s'il est mouillé tellement sa voix dégouline de mépris. Ma mère se raidit et sa mâchoire se serre.

- C'est Rumancek, Miles était mon mari, elle force un sourire. Avocate jusqu'aux bouts des ongles.

- Mme Rumancek, il se redresse, j'ai le regret de vous informer que votre fille à perturber le parking du lycée aujourd'hui.

- C'est ce que j'ai cru comprendre, elle met une main sur mon poing sans me jeter un regard.

- Votre fille est une excellente élève avec un problème caractériel qui n'est pas récent, il prend un air hautain.

- Vraiment ? Souffle ma mère en prenant le même air, pourquoi est-ce que j'en entends parler que maintenant ?

L'homme en face me donne l'œil puante se rendant compte que les choses ne vont pas être aussi faciles que ce qu'il espère. Quoiqu'il espère. Et j'ai une petite idée de ce qu'il veut. Il c'était juste un petit problème il m'aurait donné des heures de colle ou m'aurait viré quelques jours sans appeler ma mère. Non, ce n'est absolument pas ce qu'il veut.

Les choses vont devenir salissantes. Très salissante si vous voyez ce que je veux dire. Après tout ce tocard fait partie des personnes qui font chier Tiffany Apple. Et ma mère est la même chose à ses yeux. Je viens de lui donner l'excuse parfaite.

- Votre fille perturbe nos cours et a une mauvaise influence sur le reste de ses camarades, lâche méchamment le type.

- Et quel professeur s'est plaint de moi jusqu'ici ? Je grogne, la main de ma mère se resserre.

- Le professeur de math, M. Kunnoi.

- Celui qui m'a fait descendre de force de ma voiture ? Je souris aigrement.

- Nous avons une politique très stricte en ce qui concerne les perturbateurs, il continue comme si je ne l'avais pas interrompu. Et les fausses accusations.

- Vous parlez du fait que Maya a dit qu'elle était la fille génétique de Billy Black ? Siffle maman.

Je suis prête à parler mais ma mère me tire un regard qui dit clairement «ne l'ouvre pas, si on doit venir aux insultes c'est moi qui les balances ! ». Donc je la ferme et regarde la scène comme si je n'étais pas concerné.

- Eh bien…

- Cela ne vous regarde en aucun point et si quelqu'un doit s'en plaindre, c'est Billy Black !

- Mme Rumencek

- Rumancek !

- Mme Rumancek, il s'impatiente clairement. Je vais réunir le conseil pour décider ce qui va ce passé.

Je vous explique, la chose. Ceci est un lycée triballe, donc les choses ne se passent pas comme dans tous les lycées. Il parle du conseil de la tribu. Conseil où Sue Clearwater a pris la place de son mari. Et même si elle m'aime bien, je viens de prendre publiquement la défense du fils bâtard de son cher mari. Le conseil est au courant de ce que je suis et de qui je suis la fille mais là, je viens de le crié haut et fort, Sue ne plus joué la politique de l'autruche, si je la connais bien elle me mettra dans la même casserole qu'Embry. Elle a des amis parmi les membres du conseil qui a aussi une main sur les décisions qui ce passe dans le lycée. Comme les sorties scolaires ou les renvois. C'est là où il veut en venir. Ca fait mal au cul au directeur d'avoir inscrit des blanches dans son lycée de natif et maintenant il a un motif légitime pour se débarrasser de moi.

Putain de merde.

- Vous voulez renvoyer ma fille, claque ma mère en se levant.

Oh oh elle fait le regard. Le super regard d'avocate qui fait peur. On ne fait pas chier les femmes de notre famille sans en payer les conséquences.

- Mme…elle lève la main le faire taire.

- Vous avez dit vous-même ma fille est une excellente élève de la même manière que ma cadette, avec elles vous aurez augmenté l'admission à l'université par deux…

L'homme tousse et je hausse les sourcils devant son insulte à peine voilée sur l'éducation de l'école de la Push.

- Vous ne voulez pas de Maya ? Vous n'aurez pas Angie, je ne vous laisserais pas trouver un quelconque prétexte pour salir ma petite et victimiser ma grande. Oui, Maya à un mauvais caractère mais elle n'a jamais manqué de respect à ses enseignants. Je connais assez ma fille pour cela. Donc je vais retirer mes enfants de votre établissement et je vais les mettre à Forks. Je suis sûr que votre collègue là-bas serait plus que ravit de les accueillir. Satisfait ? Elle crache les yeux en feux.

Le directeur à la bouche bée et moi aussi. Waouh ! Maman, je savais qu'elle était bonne mais quand même. Elle est géniale. Ma mère est magnifique. Osez dire le contraire !

- Très bien, rien de tout ça ne figurera dans son dossier.


Le voyage du retour est calme, essentiellement parce je suis seule et que maman est devant dans sa voiture. Mon sourire ne m'a pas quitté. Attendez que j'en parle à Peter ! Juste au moment où je me gare derrière elle ou plutôt à côté d'elle, sur le gazon mon téléphone sonne.

Le nom qui s'affiche me fait froncer les sourcils. Vasile. Mon autre cousin.

Vasile, il est… Il n'est pas aussi facile à vivre que Peter. Vasile est le prototype pur roumain loup-garou. Il ne faut pas le faire chier. Peu de patience avec beaucoup d'arrogance.

- Comment je peux t'aider cher cousin ? Je demande.

- La vie est toujours aussi belle pour toi cousine à ce que je vois, il répond avec son accent traînant.

- T'adorerais être à ma place, hein ?

Il ricane et je souffle dans le téléphone.

- Tu vas bien au moins ? Il dit sur un ton doux.

Pour toute son arrogance et ses défauts, il a aussi un cœur énorme pour sa famille et la meute, pour rien d'autres. Il n'y a rien de plus cher aux yeux de Vasile. Il y a le bruit d'un gémissement qui me fait froncer les sourcils. Connaissant mon cousin, il pourrait m'appeler alors qu'il est au pieu avec une fille sauf que le gémissement qui n'a rien à voir avec celui d'une nana. Et il n'est pas de l'autre bord.

- T'as gueule toi, il ordonne de l'autre côté de la ligne et il y a le bruit caractéristique d'un coup de pied.

- T'es en train de tabasser un mec ? Je réalise. Dis-moi qu'il est de la meute !

- Tu m'as pris pour quoi ? Il grogne.

- Pourquoi tu es en train de tabasser un autre loup ? J'exige.

- Je n'ai pas de compte à te rendre !

- Tu veux que je téléphone à Seb ? Je le menace sachant que notre Alpha ne tolère pas ce genre de comportement.

- Putain ne t'avise même pas, il siffle avec une urgence dans la voix que je reconnais trop bien.

- C'est le mec d'Ariane ? Je blanchis.

Il y a un silence inconfortable. C'est le mec d'Ariane. Si vous vous posez la question, il n'y a pas qu'ici qu'il y a des drames. Vous vous souvenez la nuit digne de Las Vegas que nous ne parlons pas ? Le sujet de cette nuit c'était Ariane. Malheureuse Ariane. Belle Ariane. Mes cousins étaient des trous du cul et je l'avoue avec beaucoup de regret et de honte, je ne suis pas blanche dans cette histoire. C'était juste une petite gaffe qui a eu des conséquences cruelles et malheureuses pour Ariane.

- Vasile, laisse-la tranquille, je crache.

- Maya…

- Tu t'attends à quoi ? Lâche l'affaire, laisse-la vivre sa vie. Tu en as assez fait ! Je frappe le volant.

- Je crois me rappeler que je ne suis pas le seul dans cette histoire, il tacle.

Ma gorge se serre sous la culpabilité.

- Je ne l'avais pas fait exprès, je dis avec une voix blanche.

- Tu as commencé et tu as terminé les choses Maya. Même si tu ne voulais pas.

- Vasile…

- Tu as fermé ta gueule et tu as laissé faire. Je ne pense pas que ça veut dire ne pas faire exprès.

Ce n'est même pas un coup bas, c'est la stricte vérité. Ça fait mal comme une chienne.

- Dis-moi pourquoi tu m'as appelé et retournes à tes affaires !

- On vient dans deux semaines, pour le week-end.

Je raccroche et souffle. Ma mère me regard en croissant les bras. Je n'ai même pas remarqué qu'elle m'observait.

- Y'a un problème avec Ariane ? Sa voix est lourde de reproche.

- Non, juste Vasile qui fait son numéro. Ils viennent dans deux semaines pour le week-end, je répète le message.

Je ne veux pas parler d'Ariane. Aller demander à Peter s'il a les couilles de le faire. Je dis juste qu'elle mérite sa propre histoire.

Alors le lycée de Forks, hein ? Maman a joliment fermé la gueule de ce fasciste.

Attendez, attendez ! Je viens de percuter, le lycée de Forks ?

Le lycée de Forks ? Pas moyen !