Bonsoir,

Je réapparais soudainement, oui, ok, c'est vrai. Et en plus, le chapitre n'a pas une taille énorme. Malheureusement. Il a un peu une allure d'apéro raté. Mais je devais bien commencer par quelque chose, hein. En attendant, je vous laisse lire mais sachez juste que ce petit bout est le commencement d'une légère aventure. Je vise quatre ou cinq chapitres, à voir selon l'inspiration, bien évidemment.

Bonne lecture très courte !


Disclaimer : Fairy Tail ne m'appartient pas.


Rating : K


SANCTION


Les chaînes trainent sur le sol dans un bruit de métal désagréable. Les couloirs sont étroits, pratiquement plongés dans l'obscurité. Les quelques torches allumées sont les seules sources de lumière, permettant de dévoiler des vieilles cages rongées par la rouille et le sang. Parfois des mains en sortent et tentent vainement d'attraper un bout de vêtement. C'est ridicule, mais l'espoir est la seule chose qui reste aux vermines condamnées à être ici.

Le vent s'infiltre entre les briques et délivre une sombre mélodie qu'il connait par coeur. Après tout, ici, c'est son terrain de jeu. Du moins, avant. La situation a quelque peu changé désormais.

Une main, assez grande, le force à avancer. Le coup est rude mais Gerald ne s'en offusque pas. À quoi bon, de toute façon ? S'il désire réellement étriper ce stupide gardien qui lui colle aux pieds, il en a largement les capacités. Là, il n'en a juste plus envie.

L'ennui le grignote et lui rappelle à quel point il a perdu goût à toute cette existence. Ses seuls plaisirs résident dans la manipulation, afin de voir des relations se détruire et la discorde s'installer. Peut-être est-ce pour ça qu'il se retrouve ici, devant tous ces vieux fous, dans cette immense salle baignée dans la lumière dite divine.

C'est même certain.

Gerald connait déjà son châtiment. Il ne compte même pas y échapper, parce qu'il sait que sa place n'est plus ici. Et puis, de toute façon, est-ce qu'elle l'a été ? Combien de fois s'est-il senti étouffé par toutes les règles stupides dont les Sages s'entravent ? Il a cessé d'y prêter attention, décidant d'enfouir toute sa frustration dans la violence.

Il n'a jamais nié être colérique. Les objets fracassés contre un mur sont monnaie courante avec lui mais jamais il n'a levé la main sur qui que ce soit. Et bien évidemment qu'il n'est pas un homme doux et serviable. Il est intéressé lorsque ça peut lui être favorable. Égoïste, aussi ? Oui. Malgré tout ses petits défauts, Gerald pense que sa plus grosse qualité est son sens de la justice.

Un sens de la justice que les Sages n'ont jamais apprécié, de toute évidence.

Maintenant à genoux sur le marbre éclatant, le jeune homme lève les yeux pour observer tour à tour les dirigeants de ce monde. La paume qui claque l'arrière de sa tête est là comme un avertissement. Sa mâchoire se contracte pendant qu'il fait taire le monstre à l'intérieur de lui ; assez de sang à couleur pour aujourd'hui , même s'il souhaite égorger ce stupide geôlier trop sûr de lui. Il peut ajouter ça à la liste des dommages collatéraux.

« Tu es allé trop loin, Gerald. »

La voix, rauque, profonde, résonne entre les piliers aux somptueuses dorures. Quand les dernières notes de ce ténor s'éteignent, les chuchotements s'élèvent. Il se redresse légèrement, suffisamment pour étudier les personnes venues assister à son jugement.

« Je ne suis pas allé trop loin, répond-il en levant le menton, vos règles sont simplement dépassées. Comment pouvez-vous permettre l'acte odieux qu'a commis mon confrère ? »

Il tente de paraître calme mais sa gorge est serrée à cause de la sourde fureur qui menace de remonter. Et il y a la haine, aussi.

« Ce n'était pas à toi de décider de son sort.

- Vous alliez le laisser !

- Aucune preuve ne l'a accablé.

- Vous refusez de l'admettre, c'est tout ! »

Les fers autour de ses chevilles et de ses poignets le retiennent quand il s'est brusquement relevé, le corps entier tendu à l'extrême.

« Tu as violé suffisamment de principes, mon enfant. Nous ne pouvons pas continuer à fermer les yeux. Il est temps pour toi de payer pour tes actes. »

Un pied s'écrase dans le creux de son genou, à l'arrière de sa jambe, le faisant tomber en avant. Le choc est brutal, assez pour que sa joue touche le sol. Les liens se raffermissent soudainement et Gerald sait ce qui est en train de se passer.

« Tu n'es plus digne. »

Le tissu se déchire quand, brusquement, des ailes se déploient dans son dos. Les plumes sont blanches, brillantes, subjuguantes. Il est l'Ange le plus prisé, le plus séduisant. Il est celui qui fait plier chaque personne face à sa volonté, celui dont la force fait frémir chaque être présent dans une pièce.

« Tu as amené la haine et la violence parmi nous. »

Gerald ferme les yeux, prenant une longue inspiration. Il entend les bruits de pas qui se rapprochent, lentement, ça et aussi une lame qui laisse une trace constante sur le sol. Il est cloué par terre, incapable de faire le moindre mouvement.

« Pourquoi nous as-tu fait ça, mon enfant ? »

Le coin de ses lèvres frémit. Un sourire mauvais manque de barrer son visage, parce que toute cette histoire ressemble à une blague. Le mal a toujours rongé ses lieux. La perfection n'est pas ici. Pour lui, cet endroit ressemble autant à la Terre. La cupidité, la trahison, les excuses, cette façon de fermer les yeux…

Oui, ils sont comme eux, comme ces maudits êtres humains.

« Vous êtres incapables de changer, siffle le condamné.

- Tu es celui qui doit changé, jeune impudent !

- Votre monde n'est qu'un tissu de faux-semblants. Tout est à vomir. »

Il capte du coin de l'oeil un mouvement. Il y a aussi un éclat, quelque chose de doré. Une épée.

« Comment oses-tu prononcer de telles paroles ? »

Les prunelles braquées sur le futur exécutant des ordres, il fait en sorte de retenir le visage fermé de son vieil ami, Simon. Lui aussi se baigne dans des convictions remplies d'illusions. Il lui fera ouvre les yeux, un jour. Que ce soit de façon douce ou brutale, il s'en fiche pas mal.

« Peut-être que les humains sont bourrés de défauts… mais au moins, ils en sont conscients. »

Son murmure est étouffé par des exclamations excitées. La lame est levée.

Et aussitôt, l'épée s'abat.