53
L'homme en noir
Hashirama resta un moment allongé avant de se lever. Il avait quitté les bras de Morphée voici quelques heures, et avait apprécié ce réveil en douceur. Pour la première fois en deux ans, il avait rêvé…
Hashirama se décida finalement à sortir de son lit. Il n'était pas au fait des horaires de Fuki, mais il supposait que ses membres étaient assez matinaux, puisqu'ils vivaient sur les nerfs avec la crainte constante de voir leur repaire découvert. Ses yeux se posèrent sur le lit qui jouxtait le sien. Vide. De toute évidence, Han était déjà levé en tout cas…
La réincarnation du Senju ferma la porte de la chambre et se retrouva nez à nez avec Sakura qui avait les cheveux tout ébouriffés.
- Bonjour Sakura ! s'exclama-t-il enthousiaste.
La kunoichi lui rendit la pareille un peu mollement. Elle était dans le coltard comme tous les matins. Voilà au moins une chose qui n'avait pas changé chez elle, pensa Hashirama avec un petit sourire.
- Au fait Sakura, où est la cuisine ? Je comptais prendre mon petit-déjeuner mais je suis un peu perdu…
Les yeux fatigués de la jeune fille rencontrèrent les siens.
- Bienvenue au club… Moi aussi, c'est la première fois que je mets les pieds dans cet endroit…
Hashirama eut un sourire d'excuse. C'est vrai qu'après la destruction de leur ancien QG la nuit dernière, les résistants découvraient eux aussi leur nouvelle base…
- Suivez-moi, dit simplement Sasuke en passant à côté d'eux.
- Hey Sasuke ! Bonjour !
Contrairement à Sakura, Sasuke n'avait aucun problème avec le matin. Mais ça ne le rendait pas plus loquace…
- Hmm salut Hashirama, yo Sak'.
La kunoichi lui envoya un regard courroucé en guise de réponse. Elle détestait ce surnom débile.
- Bref Sasuke tu connais les lieux ? s'étonna Hashirama.
- Hmm. J'y suis allé avec Sasori pour y installer des affaires, il y a un an. On a aussi acheté de la bouffe, histoire de ne pas être pris de court si on devait abandonner rapidement notre base…
- Ce qui s'est passé, compléta Sakura. En tout cas tu as une bonne mémoire...
En effet, l'Uchiha se déplaçait dans les couloirs d'une démarche assurée, sans jamais hésiter lorsqu'une intersection se présentait.
- C'est assez grand, fit remarquer Hashirama. C'est quoi exactement ce bâtiment ?
- Les anciens locaux d'une entreprise, rien de très original, répondit le frère d'Itachi. J'ai utilisé l'argent que m'avait laissé mon frère pour l'acheter.
Lorsque Sasuke mentionna Itachi, son regard se fit plus sombre et Sakura se mordit les lèvres.
Voyant que l'ambiance se dégradait, Hashirama s'empressa de poser une nouvelle question :
- Et il y a combien d'étages ? Vu que Pain nous a directement invoqué à l'intérieur, je n'ai pas encore exploré l'immeuble de fond en comble…
- Cinq étages. Mais on ne les utilise pas tous, précisa Sasuke. Cependant mieux vaut trop de place que pas assez…
Personne ne répondit, et le trio atteignit finalement la cuisine, qui se trouvait un étage plus bas.
La pièce était extraordinairement vaste, Hashirama n'avait quasiment jamais vu de cuisine de cet acabit. Une longue table trônait en son centre, à laquelle un seul shinobi était attablés.
- Ah vous voilà enfin ! s'écria Neji. Tu es plus matinal d'habitude, Sasuke…
- Tais-toi crétin, répondit instantanément l'Uchiha, toujours autant sur la défensive.
Neji haussa les épaules, puis accueillit Hashirama avec un grand sourire.
- Ça fait plaisir de te revoir, mon vieux ! On se croirait presque au bon vieux temps !
Hashirama lui rendit son sourire, puis s'assit à côté de lui.
- Il y a quelque chose de comestible ? lui demanda alors le Senju. Parce que Sasuke m'a dit qu'il avait acheté de la nourriture, mais c'était il y a un an…
Neji grimaça.
- Ouaip, et du coup il n'y a que des trucs qui se conservent longtemps. C'est-à-dire de la merde.
Sasuke leva les yeux au ciel.
- La prochaine fois tu feras les courses crétin…
- Tu n'as même pas acheté de lait ! se plaignit Neji. Essaies de manger des céréales sans lait…
Sasuke lança à son ami un regard qui se voulait méprisant.
- Du lait… Parce que tu as déjà vu du lait qui ne se périme pas au bout d'un an ? Déjà que les céréales, c'est plus que limite… Pathétique, vraiment.
Sakura toussa pour mettre fin au débat somme toute assez inutile, et les quatre ninjas retournèrent à leur bol de céréales.
Hashirama sentait que l'ambiance était bizarre, comme teintée de fausse joie. Apparemment, aucun d'entre eux ne s'était totalement remis de la bataille d'hier, et c'était on ne peut plus normal. Mais en plus de ça, Hashirama redécouvrait ses camarades. Ces derniers avaient énormément changé après deux ans, alors que lui n'avait pas vieilli…
- En tout cas grouillez-vous, les autres sont déjà au rez-de-chaussée pour une réunion stratégique, leur dit Neji en se levant de sa chaise.
Contents d'avoir une excuse pour ne pas ingurgiter ce qui était censé être des céréales, les trois autres se levèrent d'un bond et tout le monde fila vers le rez-de-chaussée.
Hashirama ne connaissait Nagato que de puis peu, mais il sentait qu'il n'était pas patient dans son genre…
- Regardez qui voilà, fit la voix narquoise d'Orochimaru.
Hashirama le salua, puis tous s'assirent précipitamment sur la table de la salle de briefing.
Tout dans la pièce, murs et meubles présentaient la même couleur gris métallisée. Pas très chaleureux, mais ce n'était pas le but d'une salle de réunion…
- Bonjour à tous, fit Nagato d'une voix sonore. J'ai organisé cette petite réunion afin de faire le point. Beaucoup d'évènements ont eu lieu la nuit dernière, un peu trop même.
Soudain, un bruit terrible éclata dans la salle, et la moitié des membres de Fuki dégainèrent leur sabre par réflexe, jetant ça et là des regards suspicieux.
Après un moment de flottement, Deidara éclata de rire.
- Rien de tel qu'un pétard pour détendre l'atmosphère, Yeah !
Une multitude de regards courroucés convergea vers lui, et le blond se fit le plus petit possible.
- Jleferaiplucépromis, fit-il d'une petite voix.
Hinata leva les yeux au ciel, amusée. Son petit doigt lui disait que cette bonne résolution serait oubliée dans moins d'une heure…
Nagato toussota, puis reprit là où il en était.
- Fermons cette parenthèse regrettable et passons à la suite. Y a-t-il un sujet que vous voudriez traiter en priorité ?
- Shino, intervint aussitôt Haku.
Nagato haussa un sourcil.
- Nous devrions nous occuper des vivants avant de penser aux morts.
- Mais nous avons laissé son corps là-bas ! objecta Haku. Nous devons lui offrir une sépulture convenable ! Shino aurait voulu…
- Que nous risquions nos vies pour lui creuser une tombe ? Je ne crois pas, non, le coupa Jiraya. La mort de Shino me peine autant que toi, mais retourner là-bas serait du suicide… L'endroit doit être blindé niveau surveillance, et le temps que nous sortions le cadavre de Shino des décombres de cet immeuble, Madara sera arrivé avec toute son armada.
Nagato approuva les paroles de l'ermite, et Haku finit par se rendre à ses arguments, à contrecoeur cependant.
- Puisqu'il faut parler des vivants, qu'en est-il d'Hidan ? s'exclama Sakura.
Le regard de Nagato glissa jusqu'à la brune.
- Pas très bien. Orochimaru l'a installée dans l'infirmerie. Il faudra que tu ailles la voir après la réunion, Sakura.
- Entendu, répondit-t-elle. Ses blessures se sont rouvertes ?
Cette fois, ce fut Orochimaru qui répondit.
- Non, de ce côté-là tu as fait du très bon travail, et les dernières faveurs de Jashin ont fait le reste. Néanmoins…
Tout le monde à Fuki avait finit par apprendre qu'Hidan souffrait d'une maladie mortelle, mais Hashirama et Bee l'ignoraient toujours. Il furent donc les seuls à ne pas comprendre l'allusion du serpent.
- Comment ça néanmoins, monsieur l'ophidien ? chanta Bee.
- Hidan est gravement malade, depuis très longtemps, expliqua Lee. Et si j'ai bien compris, elle survivait uniquement grâce à son immortalité…
Hashirama garda le silence, peiné. Il n'aurait jamais soupçonné un truc pareil…
De son côté, Bee enleva ses éternelles lunettes de soleil pour les essuyer.
Tous hoquetèrent alors de stupeur lorsqu'elle ouvrit les yeux.
- Bee, tes yeux… murmura Jiraya.
La jinchuuriki le regarda sans comprendre et Deidara résuma la pensée de tous.
- Ils sont dorés… J'ai jamais vu un truc pareil.
Bee se gratta la tête, gênée malgré elle d'être la cible d'autant d'attention.
- Je ne vous les avais jamais montrés, désolé je pensais l'avoir fait… Ils sont comme cela depuis que j'ai fusionné avec 'Pa.
- Etrange… Naruto et Gaara les avaient violets… fit un Sasuke dubitatif.
- C'est parce qu'ils avaient les yeux clairs, expliqua Han. Bee devait les avoir noirs ou bruns…
Tout le monde se tourna vers lui, et le front du jinchuuriki se plissa de mécontentement.
- C'est si étonnant que je sache quelque chose ? C'est mon ancien maître qui me l'avait dit… Mes yeux sont violets parce qu'ils étaient verts, tout comme ceux de Naruto étaient bleus et…
- Et on s'en fout, intervint Nagato. Ne m'en veux pas, Han, mais je pense qu'il y a des sujets plus importants que la couleur des yeux des jinchuurikis…
Han sourit et laissa son chef et meilleur ami continuer.
- Merci. Avant tout, j'ai quelque chose de grave à vous annoncer.
Nagato ménagea ses effets, avant de finalement déclarer :
- Il se peut qu'il y ait un traître parmi nous. Quelqu'un qui aurait livré des informations à l'Empire depuis plusieurs mois.
Les ninjas de Fuki avaient entendu ces paroles prononcées par Tobirama, mais certains n'étaient pas parvenus à cette terrible conclusion.
- Comment… commença Neji en se levant les poings serrés.
Nagato l'arrêta d'un geste.
- Ça me répugne vraiment, mais je vais devoir fouiller l'esprit de chacun d'entre vous pour être sûr de votre loyauté et vous disculper. Néanmoins, je ne vous y forcerai pas car je sais que je mesure la portée de ce que je vous demande. Le choix vous appartient. De plus, je me plierai également à ce contrôle.
Sasuke, tu arrives à pénétrer l'esprit des gens avec ton sharingan n'est-ce pas ?
L'Uchiha acquiesça.
- Moins bien que toi avec ton Rinnegan, mais j'y arrive, en effet.
- Parfait. Que tous ceux qui refusent de voir leur esprit sondé se lèvent.
Voyant qu'aucune main ne se levait mais que tous semblaient hésiter, Nagato décida de changer de formulation.
- Que tous ceux qui acceptent que je m'introduise dans leur esprit se lèvent.
Han fut le premier à se lever, puis Jiraya l'imita, ainsi que Kushina.
A la fin, seuls restaient assis Sakura, Sasuke et Haku. Les moins commodes de Fuki en somme…
- Comme si j'allais balancer des informations au meurtrier de mon frère… cracha Sasuke. C'est ridicule.
Haku opina du chef, mais finit par se lever. Il n'avait pas envie de voir cette lueur de doute dans le regard de ses amis à chaque fois qu'il leur parlerait.
Avec force soupirs, Sakura et Sasuke se levèrent eux aussi. Si c'était pour la bonne cause…
Dans un nuage de fumée, Ningendô fit alors apparition dans la salle de réunion, et se dirigea immédiatement vers Han. Il posa sa main droite sur le front du jinchuuriki et ferma les yeux.
- Je suis navré, déclara Nagato lorsque tout fut terminé. De toute évidence... Il n'y a pas de traître parmi nous puisque Hidan est vraisemblablement tout sauf suspecte.
Tous exprimèrent leur soulagement, sauf Sasuke qui poussa un juron. On avait lu dans ses pensées les plus profondes, et tout ça pour du beurre !
- L'espion est donc quelqu'un d'extérieur à l'organisation, et qui nous observe, conclut Rai en se grattant le moignon de son bras perdu.
Orochimaru l'approuva, puis ses yeux de serpent glissèrent vers la blessure du shinobi.
- Dis Rai, ça te dirait de retrouver ton bras ?
L'ancien bras droit de Madara le regarda sans comprendre.
- Que veux-tu dire ?
- Que je peux le faire repousser.
Devant un Rai abasourdi, le sourire d'Orochimaru s'élargit, et Hinata prit la parole.
- J'ai perdu un doigt il y a deux ans, et il a repoussé grâce à Orochimaru.
Pour faire bonne mesure, la Hyûga montra ses deux mains et Rai put voir que ses dix doigts se portaient très bien.
- Incroyable…
- J'utilise un sérum à base d'ADN de lézard. Ces reptiles sont vraiment fascinants, puisque leur queue repousse quand on la coupe… J'ai donc combiné cet ADN avec du chakra et c'est une réussite.
Rai fit la moue.
- C'est vraiment dingue, mais tu es sûr que ça ne craint rien ? Je veux dire, je ne risque pas de me transformer en hybride ou je ne sais quoi d'autre ?
Orochimaru éclata de rire.
- Ne t'en fais pas, ça ne risque pas, dit-il sur un ton rassurant.
Sakura sourit en pensant à l'homme-lézard de Spiderman, qui était justement devenu un monstre en cherchant à découvrir le sérum qu' Orochimaru avait finalement mis au point. Ce dernier était vraiment un chercheur fantastique…
- Oui, je resterai le seul ici à être mi-homme mi-reptile… ajouta ensuite Orochimaru pour lui-même, et tous purent déceler l'amertume dans sa voix.
Orochimaru ne s'était jamais vraiment fait à son état… Cette malédiction lui était tombée dessus du jour au lendemain, et c'était sans doute une des réincarnations qui avait le plus souffert du changement, avec Zetsu.
- Et le bras repousserait en combien de temps ?
Orochimaru retrouva son sourire narquois.
- Un peu plus d'une journée, mais entre-temps il te faudra garder le lit…
- Dans ce cas c'est hors de question pour l'instant, rétorqua Rai. Tant que l'Empire n'aura pas été détruit, je refuse que vous vous battiez ne serait-ce qu'une seule seconde sans moi !
- Des paroles pleines de noblesse, répondit Nagato. Mais tu es conscient que des années pourraient s'écouler avant que nous y parvenions ? Voire plus ?
L'expression de Rai ne changea pas d'un iota. Il en était conscient mais peu lui importait.
- Et bien moi, je ne suis pas d'accord, lui répondit Nagato. Tu es un ninja très puissant, Rai, et en perdant un bras tu amoindris considérablement nos chances de victoire dans un combat. Si tu veux vraiment nous aider, alors mets-toi au pieux, et fissa ! De toute façon, ce ne sont pas trois jours d'entraînement qui feront la différence sur le champ de bataille. Alors qu'un bras…
Tout était dit, et Rai comprit qu'il n'avait pas le choix.
- Ok, je veux bien passer sur le billard…
- Très bien, dit finalement Orochimaru en se léchant les lèvres avec sa longue langue.
- Passons maintenant aux autres problèmes qui sollicitent notre attention, reprit le chef de Fuki. A commencer par le sceau…
- Pour l'instant nos recherches sont au point mort, admit Kushina.
Jiraya opina du chef malgré lui. Cela faisait des mois qu'ils tournaient en rond devant la complexité du sceau. En plus d'être complexe, le sceau présentait une structure inhabituelle, et les deux spécialistes des sceaux ne parvenaient même pas à comprendre son fonctionnement.
- Si seulement nous avions un point de départ, un indice sur sceau, quoi que ce soit…
Un long silence embarrassé répondit à Jiraya. La plupart des ninjas de Fuki regrettaient de n'être pas aussi doués en Fuuinjutsu que Kushina, Jiraya ou Naruto.
- Je ne comprends pas… avoua Nagato au bout d'un moment. Comment un sceau peut-il être si compliqué à déchiffrer ? Enfin je veux dire tous ces trucs se ressemblent non ?
Kushina garda son calme et sa patience pour répondre au leader de Fuki.
- Tout d'abord, il faut savoir que la première chose à faire pour venir à bout d'un sceau, c'est de l'étudier afin de comprendre son fonctionnement, et ses faiblesses. A première vue, rien de bien compliqué. Le premier problème, c'est que ce sceau est de ceux que l'on appelle multidimensionnel… Il existe trois dimensions dans le sceau du Yondaime. Chaque caractère est lui-même composé d'autres caractères, eux-mêmes composés de nouveaux caractères. Il nous a fallu le Byakugan d'Hinata pour les analyser, et je n'ose imaginer quel moyen le Yondaime a bien pu utiliser pour les dessiner.
Mais à cette première difficulté s'en ajoute une bien plus grande : le sceau est codé.
Devant l'incompréhension totale de ses auditeurs -Jiraya excepté-, Kushina leur apporta des explication supplémentaires :
- C'est assez courant en Fuuinjutsu. Pour qu'il soit difficile de trouver un sceau annulateur, les signes et caractères utilisés dans la réalisation ont été modifiés, de sorte qu'ils sont désormais incompréhensibles. Le but de la manœuvre est de nous empêcher de trouver les failles du sceau.
- Mais… Si les caractères et donc les mots sont modifiés, l'effet du sceau est également modifié, non ? intervint Sasuke.
- C'est ce que l'on pourrait croire, mais le Fuuinjutsu est un art encore très méconnu, lui répondit Jiraya. Comme tu le sais sans doute, les symboles utilisés dans la réalisation des sceaux ne sont ni chinois, ni japonais. Ce sont des caractères uniques, dont certains représentent les signes du Ninjutsu. les autres sont les reliques d'un alphabet perdu…
- Oui je le sais ça, rétorqua Sasuke. Je sais quand même faire un sceau, faut pas déconner...
Jiraya hocha la tête.
- Bien sûr, bien sûr, mais il y a un hic : Depuis quand cette écriture est-elle la langue du Ninjutsu ? Qui a bien pu donner aux mots assez de pouvoir pour contrôler le chakra ?
Pourquoi des symboles différents ne pourraient pas eux aussi permettre une manipulation des éléments ?
Sasuke hocha la tête, totalement perdu. Il n'avait jamais songé à tout ça.
- Des questions sans réponse… murmura Kushina.
- Bref, le Yondaime connaissait une autre méthode d'écriture des sceaux, de telle sorte qu'il est totalement indéchiffrable.
L'annonce jeta un froid sur l'assistance, et Jiraya s'empressa d'ajouter :
- Cependant, tout n'est pas perdu ! Nous pouvons trouver la faiblesse du sceau sans l'étudier. Et pour cela, il va falloir faire des expériences… marmonna Jiraya sans trop y croire.
Tous se mirent à réfléchir, et ce fut finalement Bee qui prit la parole la première.
- C'est assez évident, non ? Après tout tu as utilisé Extase pour nous libérer, Hashirama et moi, donc on pourrait en conclure que cette faiblesse est le plaisir. Ou les sentiments, voire même l'amour, puisque Anko a résisté grâce à ses sentiments pour Orochimaru.
Tout le monde regarda la jinchuuriki bizarrement. Elle n'avait pas fait de rimes, comme à chaque fois qu'elle était sérieuse.
- Malheureusement, il est impossible de créer un sceau qui crée ou contienne ce genre de choses, dit tristement Jiraya. En fait je pense que le Yondaime n'était même pas au courant de cette faiblesse.
Voyant que personne ne semblait trouver de solution, Nagato mit fin au brainstorming.
- Vous allez continuer à bosser là-dessus, Jiraya et Kushina et…
- Je crois que j'ai trouvé… marmonna soudain Neji.
Les autres ne cachèrent pas leur étonnement. Neji était courageux et doué dans les arts Ninjutsu, mais il n'était pas du genre à réfléchir, à l'image d'un certain Naruto Uzumaki…
- Surprenant, hein… reprit le Hyûga d'un air sombre.
- Accouche ! s'écria Nagato. Si jamais c'est effectivement la clé que nous cherchons…
Neji se frotta le menton, puis expliqua son raisonnement.
- Le sceau de Tobirama a disparu quand il est mort. Je suppose donc que la faiblesse est la mort, non ?
Devant l'air ahuri de Jiraya, Neji lui demanda :
- Euh… J'ai dit une connerie ?
- Un génie ! s'exclama l'ermite, enthousiaste.
Il sauta ensuite sur la table et se mit à danser, sous les regards réprobateurs de Sasuke et Nagato et ceux amusés de Kushina et Orochimaru.
Une fois que son chef l'eut gentiment invité à se rasseoir, il se tourna vers Kushina.
- Tu penses que c'est ça Kushina ? Mon instinct me dit que oui !
- Je le pense aussi, répondit la rousse en souriant. Du coup il nous faudra probablement créer un sceau qui fera croire à celui du Yondaime que la cible est morte… Intéressant !
Jiraya opina du chef. C'était sûrement ça. Le problème était qu'ils ne savaient pas du tout créer ce type de sceaux à l'heure actuelle…
- Et bien il semblerait que l'on avance, se réjouit Nagato. Il tourna la tête pour regarder ses subalternes à tour de rôle.
- Quelqu'un a-t-il quelque chose à ajouter ?
- Oui, moi… fit Sasuke en s'étirant. C'est à propos de l'homme en noir. Le type qui nous a sauvé hier, et que je soupçonne être Naruto. Il a dit qu'il avait quelque chose à nous dire, non ?
- Oui, je m'en souviens, répondit Han d'une voix pensive. Mais il ne risque pas de nous retrouver maintenant que nous avons changé de QG…
Nagato hocha la tête, et souligna que la question de l'homme en noir n'était pas un problème majeur.
- Mais Naruto pourrait changer le cours de la guerre ! s'insurgea Sasuke. Ce crétin est encore plus fort que moi, même si ça me coûte de le dire…
- Sasuke, nous ne savons même pas s'il s'agit bien de Naruto… fit le chef de Fuki, excédé.
- Quand bien même, nous avons tous vu qu'il était extraordinairement puissant ! Qui sait, il s'agit peut-être de l'élu ?
Un silence s'abattit à nouveau sur la salle de réunion. L'élu était devenu le mot tabou par excellence. Après tout, les anciens d'Amaterasu l'avaient attendu pendant plus de quatre ans. Quatre ans passés à se battre sans interruption et à voir leurs camarades mourir, et tout ça pour rien. L'élu ne s'était jamais montré.
- Ce type est probablement mort depuis longtemps… conclut Nagato. De toute façon, nous n'avons pas besoin de lui. Nous nous sommes toujours débrouillés seuls jusqu'à maintenant, non ?
- Peut-être, admit Jiraya. Cependant, nous n'avons jamais vaincu Madara. Itachi, Naruto, et même toi, Nagato, avez échoué à le vaincre. Qui donc en sera capable en ce cas ?
Haku soupira.
- Je pense que l'on devrait s'arrêter là, plutôt que de perdre le peu d'optimisme qu'il nous reste…
Certains firent écho à ses paroles, et Nagato ajourna la réunion.
Tous retournèrent vaquer à leurs occupations, la tête baissée et le regard éteint. Cette dernière bataille avait rouvert beaucoup de plaies parmi les résistants.
Deidara observa Sakura partir vers l'escalier pour se rendre à l'infirmerie, puis pivota sur lui-même.
- Bon ça te dit un petit film Hinata ? J'ai vu qu'il y avait une télé dans le salon, à côté de la salle de réunion.
La Hyûga opina du chef. S'entraîner était inutile lorsque l'on avait le moral dans les chaussettes.
Deidara attrapa la télécommande et alluma le téléviseur. Il cherchait le mode qui lui permettrait de lire les DVD lorsqu'il se figea.
- Qu'est ce que c'est que ça ? Il y a la même chose sur toutes les chaînes !
Hinata fronça les sourcils.
C'était un direct, et elle reconnut le centre-ville de Tokyo. Et l'homme qui parlait semblait être une des têtes pensantes de l'Empire.
- Fuki est sommée de se rendre ! vitupéra l'homme sur un ton hargneux.
La caméra glissa alors vers un groupe de personnes qui était en train de mettre le feu à un immeuble.
- Rendez-vous, ou ces hommes continueront à brûler les foyers de japonais innocents. Et vous serez alors responsables de leur mort ! Vous prétendez offrir la liberté aux citoyens japonais, mais vous leur apportez la souffrance ! éructa le porte-parole.
La caméra zooma alors sur le groupe responsable des incendies criminels, et Deidara marmonna un juron qu'Hinata, qui avait blanchi tout au long du flash spécial, ne releva même pas.
Sous leurs yeux, se dressaient les plus puissants shinobis qu'ils avaient eu à combattre… et qu'ils avaient tués.
Hinata mit rapidement un nom sur chaque visage.
- Kisame, Hiruzen, Kakuzu, Mei, Zetsu, Hanzô, Gai et Juugo…
- Edo Tensei, encore… grommela Deidara avant de sortir en hâte de la pièce pour prévenir les autres.
Tous les membres de Fuki, dont Hashirama et Bee qui les avaient officiellement rejoints en début de matinée, s'étaient à nouveau rassemblés dans la salle de réunion. Les visages des shinobis étaient encore plus fermés que précédemment.
- Je me demandais quand est-ce que Madara nous ferait ce coup-là, admit Jiraya. Prendre les citoyens en otage… Je suppose que jusqu'à maintenant le peu d'honneur qui lui reste l'en avait empêché.
- Quoiqu'il en soit, nous devons agir, dit Nagato d'une voix grave. L'objectif de cette odieuse manœuvre est, vous l'aurez compris, de nous forcer à sortir. C'est un piège, et nous n'avons d'autre choix que de tomber dedans… Je pense qu'il faut donc envoyer le plus petit nombre de ninjas possible, afin de minimiser les pertes.
L'expression provoqua le mécontentement de certains shinobis autour de la table, mais tous reconnaissaient le raisonnement de leur chef. Il énonçait les choses un peu crûment, mais au moins ce n'était pas un hypocrite…
En effet, Madara les prenait tous à la gorge en menaçant le peuple plutôt qu'eux. Si Fuki ne bougeait pas le petit doigt pour aider les citoyens, ils perdraient le peu de confiance que ces derniers avaient en eux. Sans compter que le peuple s'empresserait de livrer Fuki à l'Empereur…
Kushina répondit à l'injonction de son chef en se levant de sa chaise.
- Je vais y aller. Seule.
Sans attendre, un tonnerre de protestations s'éleva dans la pièce, mais Kushina leva le bras pour les faire taire.
- Pour venir à bout de l'Edo Tensei, il faut utiliser la puissance du Fuuinjutsu. Et je possède justement un sceau qui pourrait marcher.
- Et pourquoi est-ce que tu devrais y aller seule ? s'emporta Sasuke. Jiraya…
- Jiraya va continuer à travailler sur le sceau du Yondaime, rétorqua Kushina. De plus, les autres ne seront que des poids pour moi, sans vouloir vous vexer. Si jamais mon sceau échoue, aucun d'entre vous ne sera en mesure de mettre ces zombies hors d'état de nuire.
Nagato reconnut le bien-fondé de la remarque, et dit entre ses dents.
- En tout cas, je me mets sérieusement au Fuuinjutsu dès que j'en ai l'occasion. Il est temps de combler la dernière lacune qui reste dans ma formation.
La rousse eut un sourire fugace, puis sortit en hâte de la salle avant que quiconque n'ait pu la faire changer d'avis.
Nagato ressentait un profond malaise à l'idée d'envoyer la kunoichi seule. Si son plan tournait mal, elle serait faite prisonnière, ce qui constituerait une perte énorme. Cependant, il fallait absolument que les exactions des réincarnés cessent.
- Voilà un terrible dilemme… chuchota Sasori, qui comprenait ce que son chef ressentait.
Nagato hochait la tête lorsqu'une idée vit le jour dans son esprit. Lui aussi avait un moyen de vaincre ces zombies…
Recouvrant le sourire, il échangea un regard complice avec le marionnettiste.
- Je crois qu'il est temps d'utiliser ce nouveau Tendô…
Kushina filait à toute vitesse dans les rues de Tokyo, sous les exclamations des passants qui l'avaient reconnue. Fuki avait beau être discrète, les rumeurs et ragots s'étaient propagés, de telle sorte que tous savaient qu'une rousse faisait partie des résistants.
Or, il était plutôt peu fréquent de croiser une européenne aux cheveux auburn à Tokyo, plus encore lorsqu'elle courait à mach 2 en faisant des bonds de deux mètres…
Malgré sa vitesse, Kushina pouvait entendre les cris des passants. Les rares encouragements qui parvenaient à ses oreilles étaient masqués par le déluge d'insultes et de reproches qu'elle recevait de toutes parts. Pour la plupart des tokyoïtes, Fuki n'était qu'un trouble paix, le seul obstacle à une vite paisible et bienheureuse. Comme ils se trompaient !
Lorsque la kunoichi pénétra dans la rue en question, la caméra se tourna aussitôt vers elle, à son grand déplaisir.
- Maintenant, tout l'Empire sait que je suis arrivée. Saloperie de caméra.
En moins de temps qu'il n'en aurait fallu pour le dire, le pied de Kushina explosa l'appareil, envoyant valser le caméraman par la même occasion. Elle réserva le même traitement au porte-parole de l'Empire qui s'enfuit la queue entre les jambes.
Alors que les derniers badauds assez fous pour être restés aussi longtemps prenaient la fuite, Kushina fit face aux huit shinobis. Parmi eux, six ex Ombres et deux ex Capitaines d'Akatsuki.
- Je peux y arriver ! s'écria-t-elle pour se donner du courage.
Un instant plus tard, elle bondissait pour éviter la boule de feu lancée par Kakuzu. A peine avait-elle reposé les pieds sur l'asphalte qu'un requin aqueux créé par Kisame fondit sur elle.
Kushina n'avait plus le temps de l'éviter, et elle fut emportée par la masse d'eau. Le goudron lui râpa le dos sur une dizaine de mètres avant qu'elle ne finisse par s'arrêter. Ses vêtements étaient déchirés et d'impressionnantes zébrures rouge sang apparaissaient entre les lambeaux de ses frusques.
Mais Kushina n'avait pas dit son dernier mot. Avec une vitesse d'exécution digne des plus grands shinobis, elle déclencha le sceau qu'elle avait mis au point voici quelques mois.
Une sorte de cercle incandescent se dessina alors autour du groupe de morts-vivants, qui se retrouva totalement immobile, paralysé.
La rousse eut alors un haut le corps. Ce sceau était extrêmement efficace puisqu'il ne requérait pas le tracé préalable du sceau, le cercle se dessinant automatiquement autour de la cible. Mais en échange de cet avantage, le coût en chakra de la technique était bien plus important que pour la majorité des sceaux.
Kushina soupira, puis se prépara à utiliser le sceau du dieu de la mort, version Jiraya. L'ermite pervers du monde de Naruto avait en effet amélioré le Shiki Fuujin du Yondaime, de telle sorte que l'utilisateur ne mourait plus en l'utilisant. En revanche, une fois encore, le coût en chakra n'était pas négligeable…
Les jambes flageolantes, Kushina se dirigea vers Kakuzu, probablement le plus dangereux de toutes les Ombres ressuscitées.
Elle se souvint que le Sandaime Hokage avait utilisé le Kage Bunshin pour poser le sceau sur le Nidaime et le Shodaime, mais elle n'en avait pas les moyens. Le Kage Bunshin était une technique très fatigante, que les jinchuurikis seuls pouvaient utiliser à loisir.
- Shiki Kyuufuujin (L'ultime emprisonnement des morts), murmura-t-elle en composant les douze signes fatidiques, soit trois de plus que la technique originale.
Aussitôt, deux bras fantomatiques semblèrent s'échapper du ventre de Kushina, avant de plonger dans celui de Kakuzu.
Au bout d'un moment qui parut très long à Kushina, le corps de Kakuzu tomba en poussière, tandis qu'un sceau se dessinait autour du nombril de la kunoichi.
- Au suivant…
- Je ne pense pas…
Kushina fit brusquement volte-face, et se retrouva nez à nez avec Kimimaro.
- Toi !
L'Uzumaki n'eut pas le temps de dire ouf, et fut promptement éjectée par une rafale d'os.
Elle heurta l'asphalte avec force et des étoiles dansèrent devant ses yeux. Elle n'avait plus assez de chakra, et son sceau de rétention prendrait bientôt fin. Les morts-vivants seraient libérés avant qu'elle n'ait eu le temps de les sceller.
Des larmes apparurent dans ses yeux, alors que Kimimaro la soulevait par le col.
Une lame osseuse apparut dans un bruit sec entre les phalanges de la Kaguya, et Kushina ouvrit ses yeux clairs, qui ne reflétaient pas la peur.
« Désolé tout le monde, on dirait que j'ai pas été à la hauteur… »
- Bien joué Kimimaro !
La kunoichi arrêta sa lame à un cheveu de la nuque de Kushina. Son supérieur hiérarchique venait d'apparaître à l'autre bout de la rue, et paraissait en assez bonne forme.
- Tobirama ? Tu t'en es sorti ?
- Evidemment… Mais pas indemne, comme tu peux le voir, répondit l'Ombre en désignant ses yeux recouverts par un bandeau noir.
Kimimaro reporta alors son attention sur sa victime du jour, lorsqu'un ordre de Tobirama l'arrêta à nouveau.
- Ne la tue pas. L'Empereur la veut vivant. Il en a besoin pour obtenir plus de renseignements sur Fuki.
Un éclair de colère passa dans les yeux de Kimimaro.
- Elle mérite la mort, elle…
- … est bien plus utile vivante que morte. Alors repose-la.
Kimimaro jura, puis lâcha Kushina qui s'effondra par terre.
- Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Je ne pense pas qu'un autre membre de Fuki se pointe… grommela la Kaguya en observant les alentours.
- Tu te trompes, ricana Tobirama. Un autre membre de Fuki vient d'arriver.
Aux aguets, Kimimaro tourna la tête en tous sens.
- Où ça ?
Avec un sourire, Tobirama plaça sa main sur la tête de Tobirama.
- Ici. Shinra Tensei. (la répulsion divine)
Kimimaro s'envola dans les airs comme un boulet de canon. Cette fois-ci, elle n'avait pas eu le temps de planter ses racines dans le sol… songea Nagato avec un sourire sadique en la voyant s'écraser à presque un kilomètre de là. Un Shinra Tensei à bout portant, ça ne pardonnerait pas. Elle survivrait peut-être, mais ne devrai pas les importuner avant un bout de temps.
Tobirama alias Tendô enleva alors le bandeau qui masquait ses rinnegans, et se passa la main sur son visage. Nagato n'avait pas l'habitude de ce visage lisse, dépourvu de piercings. Il avait en effet pris garde à ne placer aucun capteur de chakra sur le visage de Tobirama, afin de ne pas se faire démasquer trop tôt.
« Mais ce n'est pas la seule différence entre ce Tendô et l'ancien » songea Nagato en voyant que les sept morts-vivants se remettaient à bouger. « J'ai également transmis un autre pouvoir à Tendô, un pouvoir que je préfère ne pas déléguer d'ordinaire… »
Tendô ferma les yeux en même temps que Nagato, et ce dernier se concentra de toutes ses forces :
« Gedô Rinne Kei no Bankai (technique du démon métempsychique du rétablissement de l'ordre des choses) »
Nagato sentit du sang couler de sa narine gauche, mais il n'en tint pas compte.
« Je suis l'héritier du Rinnegan, je commande à la vie et la mort… Ces hommes ont été tués, ils ne devraient pas pouvoir fouler cette terre ! »
La volonté du chef de Fuki anima ses pupilles d'une flamme nouvelle, et Tendô ouvrit les yeux, plongea son terrible Dôjutsu dans les orbites vides des sept réincarnés.
Ceux-ci s'arrêtèrent subitement de marcher, puis se mirent à trembler.
Ils semblaient en proie à une douleur inouïe, alors qu'ils étaient censés être immunisés à toutes les sensations.
Tout prit fin en un instant. Les sept corps de poussière retournèrent à leur état d'origine et se dispersèrent dans une bourrasque de vent. Sept sphères convergèrent ensuite vers Nagato, qui hoqueta en les recevant en lui. L'homme au Rinnegan était l'intermédiaire entre le monde des morts et celui des vivants, et il sentit les âmes torturées traverser son corps pour enfin trouver la paix.
- J'ai réussi… murmura Tendô en tombant à genoux.
Il n'avait jamais employé cette technique auparavant, même à l'entraînement. Il avait juste supposé que puisqu'il avait le pouvoir de résurrection, il pouvait parvenir à faire l'inverse.
Un coup de poker gagnant donc, mais qui aurait pu lui coûter cher, songea Nagato en s'apercevant qu'il avait grillé plus de la moitié de son chakra.
- Merci Nagato… murmura Kushina en se relevant. J'ai été un peu trop gourmande je crois…
Tendô acquiesçait, lorsqu'un frisson remonta son échine.
Il se retourna lentement vers l'homme dont la haine pulsait par toutes les pores de sa peau.
- Bonjour Nagato… dit froidement Madara. Je vois que tu as pris le corps de mon fidèle bras droit… C'est regrettable.
Tendô ne répondit rien. Comme prévu, Madara ne s'était pas laissé abuser par son corps, et avait immédiatement reconnu le chakra de Nagato en se servant de ses sharingans.
Kushina, elle, se rapprocha inconsciemment du corps de Tobirama. La puissance de l'Empereur était vraiment effroyable, et son aura glaciale.
- Vous avez tué une centaine de mes hommes, tué deux de mes meilleurs éléments, libéré deux Ombres et détruit les précieux outils que Tobirama m'avait laissé. Inutile de préciser que Fuki commence sérieusement à m'indisposer…
Madara claqua dans ses doigts, et deux shinobis apparurent à ses côtés.
- Voici Higashi et Nishi, l'Est et l'Ouest, déclara Madara en faisant les présentations. Ils font partie de mes quatre gardes du corps. Ils seront amplement suffisants pour vous battre.
- Un plagiat éhonté des quatre du son… commenta Nagato de sa voix atone.
Madara l'ignora, puis recula de quelques pas. Il avait bien l'intention de profiter du spectacle.
- Ouest et Est ? Et vous osez sortir dans la rue avec des noms pareils ? Heureusement que le ridicule ne tue pas…
Cinq têtes se tournèrent vers le nouvel arrivant, un ninja habillé de noir et dont un capuchon dissimulait le haut de son visage. Il se trouvait sur le toit d'un bâtiment de deux étages et faisait de grands gestes pour les saluer.
- Yo Fuki ! Ça fait plaisir de vous revoir ! Vous avez des problèmes ?
- Disons qu'un peu d'aide ne sera pas de refus, avoua Nagato bien qu'il lui en coûtait.
L'homme en noir se gratta la tête un peu bêtement, et murmura pour lui-même :
- Le problème c'est qu'il m'a dit de ne pas intervenir. Encore cette histoire de prophétie…
- Qui êtes-vous ? s'époumona Madara, qui en avait marre de voir de nouveaux shinobis se dresser sur sa route.
Le ninja en noir le salua de la main.
- Le Pape. Ravi de vous rencontrer, mon fils ! Désirez-vous vous confesser ? J'ai comme l'impression que vous en avez bien besoin ! fit la voix de l'homme du haut de l'immeuble.
L'Empereur serra le poing.
- Vous deux, tuez-moi ce guignol sur le champ.
Ni une ni deux, Nishi et Higashi s'envolèrent vers le toit de la structure, et Nishi sortit de nulle part un sabre d'environ un mètre de long.
Madara sourit, confiant. La puissance de ces deux-là était phénoménale.
Il y eut une explosion, ponctuée par deux bruits sourds.
Nishi et Higashi se relevèrent ensuite avec difficulté, se massant le dos après leur chute de deux étages. Leur adversaire s'était contenté de les repousser et de les faire tomber du bâtiment. Et ils n'avaient rien vu venir.
- On ne l'a peut-être pas pris au sérieux, reconnut Nishi en croisant le regard meurtrier de l'Empereur.
Et sur ce, ils repartirent à l'assaut.
Le shinobi en noir put alors constater que leur vitesse avait augmenté, à tel point qu'elle rivalisait avec la sienne.
- Vous êtes impressionnants les gars ! s'exclama-t-il avant d'ajouter en son for intérieur :
« Sans l'entraînement des moines et de mon meilleur pote, ils seraient plus rapides que moi. Je ne dois surtout pas les sous-estimer. »
Quant à Nishi et Higashi, ils étaient tout simplement estomaqués. Ils avaient cessé de plaisanter, et pourtant ce mystérieux individu était encore légèrement plus rapide qu'eux… Jusqu'à présent, seul Madara et ses deux autres gardes avaient été capables de cet exploit.
Les deux shinobis échangèrent un regard, et Nishi comprit le message. Il allait en finir avec son sabre, comme à chaque fois qu'il s'était frotté à quelqu'un de puissant.
Voyant Nishi avancer seul, le katana levé, l'homme en noir sortit sa propre épée. Son propre katana était blanc et de très belle facture.
Higashi se contenta de rester en arrière pour regarder le combat. Il semblait avoir une confiance inébranlable en les capacités de son ami.
Et dès la première passe d'armes, le shinobi habillé de noir comprit qu'il n'avait aucune chance. Il n'avait jamais ressenti une telle pression dans un duel de bretteurs. Bien qu'il soit légèrement plus rapide que son adversaire, celui-ci parait toutes ses attaques. De plus, à chaque fois que Nishi se défendait, il en profitait pour lancer une nouvelle attaque dans la continuité. Nishi ne se battait pas au sabre, il dansait dans une parfaite harmonie.
Soufflé, l'ami de l'élu recula de quelques pas et rangea son sabre.
- Je pense que c'est inutile de continuer. Ta supériorité dans cet art ne fait aucun doute, reconnut-t-il en observant Nishi avec un intérêt renouvelé. Qui es-tu donc ?
Il avait beau chercher, il ne voyait pas quelle réincarnation serait à ce point douée au sabre. Il était plus doué que Zabuza, Bee ou Kisame !
- Je suis Nishi. C'est tout ce que tu as besoin de savoir, répondit l'homme en caressant son sabre.
- Nishi a vaincu Madara-sama en personne dans un duel de sabre… Personne ne peut le battre, s'enorgueillit Higashi.
Cela n'étonna pas le ninja inconnu, qui se demandait même si l'élu en sortirait vainqueur. Pas sûr…
Cependant, ce Nishi n'était certainement pas aussi puissant au Ninjutsu qu'au sabre…
- Katon : Fushichô no jutsu. (Le Phénix de flammes) murmura l'homme en noir.
Nishi reconnut le fameux jutsu d'Itachi, mais il était trop près pour l'éviter. Heureusement, Higashi le couvrait.
- Fuuton : Koritsu no Baburu. (la bulle d'isolement)
Un sourire se dessina sur la partie apparente du visage du shinobi au capuchon noir.
« Du vent pour stopper du feu ? C'est ridi… »
Il s'arrêta là lorsqu'il vit son phénix emprisonné dans une sphère de vent, où il s'éteignit rapidement. Une telle maîtrise du vent…
- Décidément, l'Empire possède d'excellents shinobis… murmura l'homme, avant de passer une nouvelle fois à l'offensive. Il composa une longue suite de sceaux, que Nagato reconnut malgré la distance qui le séparait du combat.
- C'est pas vrai…
- Tu connais ce jutsu ? l'interrogea Madara en voyant l'étonnement peint sur le visage de Tobirama.
- Oui, mon ancien maître me l'avait appris. Le Rikudô Sennin... Mais il m'a dit de ne l'utiliser qu'en dernier recours.
Nishi et Higashi se raidirent en entendant la déclaration de Nagato. Cet homme maîtrisait une technique du légendaire Sage des Six Chemins. La prudence était de mise.
- Fuuton : Choushinsei no seikatsu ya shuuen (vie et mort d'une supernova), annonça finalement l'homme en noir.
Un instant plus tard, Nishi et Higashi hoquetèrent de stupeur, puis se massèrent la gorge avec l'énergie du désespoir. Ils commençaient à manquer d'air.
- Eloignez-vous de lui ! s'écria Madara. Il est en train d'aspirer tout l'air du périmètre !
C'était vrai. Tout l'air autour de l'adversaire de Nishi et Higashi était aspiré vers l'homme en noir, et se concentrait pour former une sphère d'énergie autour de la tête de ce dernier, à la manière d'un scaphandre.
Higashi et Nishi parvinrent à reculer suffisamment pour pouvoir à nouveau respirer, et regardèrent avec intérêt ce qui allait suivre. Ce jutsu était extraordinaire. Il pompait tant d'air que le vide créé n'avait pas le temps d'être à nouveau rempli. Mais cette technique n'avait rien d'extraordinaire, il était assez facile d'y échapper…
Sur cette réflexion, le regard d'Higashi se dirigea vers leur ennemi, et il pâlit. Le volume de la sorte de sphère composée d'air s'était démultiplié, de telle sorte qu'elle englobait désormais tout le corps du ninja. Quand à la puissance qui se dégageait de ce globe d'air, elle était tout simplement pharaonique.
Soudain, la sphère de l'homme en noir céda, et tout explosa. L'air étant attiré par le vide, la célérité et donc la puissance du souffle était inimaginable.
Nishi et Higashi furent balayés, de même que l'immeuble sur lequel ils se trouvaient. Madara n'eut même pas le temps d'activer son jutsu de téléportation, et fut lui aussi heurté par l'onde avant de s'écraser contre une voiture.
Nagato et Kushina avaient été étrangement épargnés, mais ce n'était pas le cas du reste du quartier…
L'homme en noir apparut ensuite aux côtés des deux ninjas de Fuki, et leur dit d'une voix faible :
- J'ai réussi… Ça été assez difficile de diriger l'explosion mais j'ai réussi à vous éviter.
Il toussa un peu, puis renchérit :
- Je pense qu'il serait tant de décarrer d'ici… J'ai peut-être un peu forcé.
« Sans compter que je n'aurais peut-être pas dû attaquer Madara… Putain de prophétie… »
Tendô opina du chef, mais ni lui ni Kushina ne semblait en mesure de bouger. L'homme au rinnegan était vidé, et Kushina blessée.
L'ami de l'élu vit alors Madara se relever assez péniblement, et il se dirigea vers lui.
L'Uchiha releva la tête et l'homme en noir ne marqua aucune surprise en voyant les yeux écarlates de son vis-à-vis.
- Yo Madara, c'est ici que nos chemins se séparent, mais ravi de t'avoir revu ! Ah oui j'oubliais, l'élu te passe le bonjour. Il viendra bientôt te flanquer une dérouillée, alors ne désespère pas !
Il disparut aussitôt, avant de réapparaître à quelques mètres de là, à côté de Kushina et Nagato. Il posa ensuite ses deux mains sur les épaules respectives des deux shinobis, et tous les trois disparurent.
Lorsque Madara se remit debout, il fut rejoint par Nishi et Higashi. Les deux gardes du corps faisaient triste figure, le premier ayant une large plaie au ventre quand le premier présentait une imposante collections de bleus en tout genre.
- Comment allez-vous Madara-sama ? s'enquit Higashi d'une voix inquiète.
- Bien mais pas grâce à vous, répondit l'Empereur furieux.
La dernière phrase de ce mystérieux shinobi l'avait complètement retourné. Il avait fini par oublier l'élu et la prophétie, persuadé de la mort du premier, et voilà que cet homme remettait en cause tout ce en quoi il croyait !
« Il faut que je me calme » pensa Madara. « Mon destin n'est pas fixé par cette prophétie. Je ne vais pas me laisser faire par ce satané élu, rien n'est programmé à l'avance ! Je le tuerai tout comme j'ai tué Itachi ! »
Rasséréné par ces pensées, Madara se concentra sur ce que disait Nishi.
- Il était un peu plus rapide que nous, et m'a semblé très polyvalent. De plus, il a dû être l'élève du Rikudô Sennin, puisqu'il maîtrise une de ses techniques... Vous avez une idée de l'identité de cet homme, votre altesse ?
Madara fit non de la tête, et Higashi choisit ce moment pour intervenir.
- Je pense malgré tout que sa maîtrise du Fuuton est loin d'égaler la mienne. Sa technique était certes puissante, mais elle aurait pu l'être plus encore…
Madara acquiesça. Il avait eu la même impression.
- A mon avis, le Fuuton n'est pas sa première affinité, ajouta Nishi. Il avait l'air plus à l'aise avec le Katon…
- Ou bien il faisait semblant et se moquait de nous… Quoiqu'il en soit ça n'a strictement aucun intérêt, rétorqua l'Empereur. Cet homme n'est rien, et il se fera balayé tôt ou tard par nos forces armées.
Les deux gardes opinèrent du chef, puis disparurent dans le vortex de Madara.
- Comment as-tu su où se trouvait notre nouveau QG ? demanda un Tendô interloqué.
L'homme en noir se contenta d'un sourire mystérieux, et tous les trois atteignirent la porte de l'immeuble, non sans avoir auparavant vérifié les alentours.
Sitôt arrivés dans le hall d'entrée, tous les membres de Fuki se précipitèrent vers Tendô et Kushina, soulagés de les voir sains et saufs.
C'est ensuite qu'ils notèrent la présence du shinobi en noir.
- Qu'est-ce qu'il fait là, lui ? s'enquit Deidara d'un air suspicieux.
- C'est le fameux homme en noir dont nous avons parlé, expliqua Nagato. Il nous a sauvé la vie tout à l'heure…
- Je n'ai fait que mon devoir, répondit le concerné dans un sourire éclatant. C'est toujours ce genre de connerie que dit le héros dans les films…
Sasuke se planta devant lui et croisa les bras.
- Merci beaucoup pour tout ce que tu as fait, mais il serait temps de nous dire qui tu es.
Le sourire de l'homme s'élargit.
- Décidément, c'est une obsession ! Mais que préférez-vous ? Libérer vos amis emprisonnés par le sceau, ou découvrir mon identité ?
- Je ne vois pas le rapport, intervint Sasori après un silence pesant.
Le mystérieux ninja hocha la tête, puis sortit un livre de sous sa cape.
- Voilà. Mon ami m'a dit de vous donner ça. Il devrait vous aider à venir à bout de ce maudit sceau.
Jiraya s'empara du livre, et vit qu'un marque-page y avait été placé. Sans attendre, il l'ouvrit à la page en question et poussa une exclamation.
- C'est pas vrai…
Kushina se précipita à côté de lui, et Jiraya lui montra le dessin du sceau.
- Regarde ça… Il est inachevé, mais c'est exactement ce que nous cherchons à faire !
Kushina hocha la tête. Ils avaient sous les yeux le mode d'emploi pour créer le sceau dont ils avaient besoin. Celui qui permettait de persuader un autre sceau de la mort d'une personne.
- Ce sera en effet… d'une grande aide, reconnut Jiraya.
Tous adressèrent à l'inconnu des sourires de gratitude. Libérer leurs amis ne serait bientôt plus un rêve…
- Et qui est cet ami ? demanda Haku à brûle-pourpoint.
L'homme s'amusa de sa réaction.
- Et bien et bien, il y en a qui ne perdent pas le nord !
Il sourit à nouveau, puis accepta de répondre à la question.
- Tout comme moi, il veut garder son identité secrète, pour le moment. Mais vous pouvez l'appeler « l'élu ».
Tous les sourires disparurent, remplacés par des expressions d'espoir, de surprise, de doute et même de rancœur.
- Je vois que mon pote ne fait pas l'unanimité, rit l'homme en noir.
- Pourquoi devrions nous vous croire ? s'emporta Nagato. Nous attendons cet élu depuis tant d'années et…
- Il ne pouvait pas intervenir jusqu'à maintenant ! s'emporta le shinobi inconnu.
Pour la première fois, la colère avait remplacé la joie sur son visage, mais il retrouva vite son sourire, comme si cette saute d'humeur n'avait été qu'une illusion.
- Je ne vous demande pas de le comprendre, de l'aimer ou de lui pardonner, continua-t-il d'une voix plus calme. Je vous demande juste de ne pas le juger, car vous ne savez rien de lui.
Fuki digéra ces paroles, puis l'homme en noir agita sa main pour les saluer.
- A plus les amis, on se revoit après-demain !
- Comment ça après-demain ? fit Hashirama, surpris. Il s'était attendu à ne pas revoir le shinobi avant un bout de temps, maintenant qu'il leur avait donné le livre.
- J'ai oublié de vous le dire ? Ah la la quelle tête de linotte je fais.
L'homme tira sur sa capuche d'un geste machinal, puis cracha finalement le morceau.
- C'est après-demain que tout va commencer. Le grand jour ! Le jour où l'élu va enfin quitter son exil !
Il fit une pirouette, puis résuma d'une voix plus calme :
- Bref rendez-vous ici après-demain. Je serai avec lui.
Et il disparut.
L'élu accueillit avec soulagement le retour de son ami.
- Tu en a mis du temps…
- Désolé, j'ai été pris à parti par Madara et deux de ses bonhommes…
Il y eut une lueur d'inquiétude dans les yeux de l'élu, et son ami s'empressa de le rassurer.
- Je n'ai rien, et Madara est vivant. Par contre ses deux gardes du corps étaient vraiment puissants… L'un d'eux avait une maîtrise exceptionnelle du Fuuton. Tu crois que ça pourrait être…
- Ne nous donnons pas de faux espoirs, répondit l'élu. S'il était vivant et au service de Madara, je l'aurais senti depuis longtemps… Mais cela fait deux ans que je n'ai pas senti sa présence. Deux ans de silence radio.
L'homme en noir eut un sourire peiné, puis demanda à son ami :
- Je suppose que tu veux des nouvelles ?
Tous d'eux s'assirent sur le lit de l'élu, et le shinobi commença son compte-rendu.
- Jiraya se porte comme un charme apparemment, et j'ai aussi vu Hashirama. Ils l'ont libéré, comme tu l'avais prévu.
- Très bien. Et les autres ?
- Neji est en grande forme, mais je n'ai pas vu Hidan.
- Sa maladie doit empirer, soupira l'élu. Je suppose qu'elle a fini par céder devant la douleur et a abandonné l'immortalité…
Le shinobi en noir se gratta la tête, puis demanda :
- Je continue ?
Devant l'acquiescement de son ami, il poursuivit de sa voix claire :
- Sasori est toujours le même, Haku et Sasuke sont des glaçons mais je suppose que c'est un trait d'hérédité… D'ailleurs en parlant de Sasuke, il a pas mal changé par rapport aux photos que tu m'as montrées, de même qu'Hinata !
Le regard de l'élu s'éclaira à la mention de ces êtres chers qu'il avait laissés derrière lui.
- Ah et il y a Sakura. Plus belle que jamais, répondit l'homme en noir avec son éternel sourire. Mais elle a l'air d'avoir pas mal souffert de ces années de résistance. Comme les autres d'ailleurs…
L'homme en noir constata qu'il avait fait à peu près le tour, et il sortit de la chambre de son ami, sentant que ce dernier avait envie d'être seul.
Pour la première fois en deux ans, un vrai sourire se dessina sur les lèvres de l'élu. Bientôt, très bientôt, il les retrouverait.
