Chapitre 49 : Au petit matin

Durant la nuit…

Maena s'éveilla doucement, mais elle garda les yeux fermés. Elle se demanda la raison de son réveil car elle se sentait aussi fatiguée que si elle venait de fermer les yeux. Puis, elle entendit. Elle entendit un drôle de son à son oreille droite. Un son régulier et réconfortant. Elle se demanda d'abord ce que c'était avait de se rendre compte que ce qu'elle entendait, c'était un cœur battre. Oui, elle entendait des battements de cœur. Les battements du cœur de Malefoy. Et si elle entendait si bien son cœur battre, c'était parce que sa tête reposait sur le torse du jeune homme. Elle remarqua alors que les bras du Serpentard l'entouraient et la serraient contre lui. Elle se sentait en sécurité et avait l'impression que plus rien de pourrait lui arriver.

Alors, doucement, elle se détendit et sombra à nouveau dans le sommeil.

°o0o°

- Je n'arrive pas à croire que vous ayez laissé une telle chose se produire, Rubeus ! s'exclama Runick.

Lui, ainsi que Hagrid, Rogue et McGonagall, marchaient en direction de la cabane du professeur de soins aux créatures magiques.

- Et que vouliez-vous que je fasse ?! répliqua Hagrid, en colère. Que je les laisse sous la pluie, à la merci des Acromentules, peut-être ?!

- Mais enfin ! Un jeune homme et une jeune fille, seuls durant toute une nuit ! Que croyez-vous qu'ils aient fait ? Qu'ils aient bu du thé ? D'autant plus que Malefoy n'a pas la réputation d'un saint !

- Ce n'est pas le genre de Maena ! assura Hagrid. Ne vous inquiétez pas, Aldwin ! Nous n'allons pas les trouver dans les bras l'un de l'autre ! Détendez-vous !

- Quand le ministère apprendra qu'on a laissé un garçon et une fille durant toute une nuit, seuls, on aura des problèmes ! C'est contre l'éthique !

- Et, à votre avis, d'où viennent les rumeurs comme quoi Mr Malefoy n'est pas un saint ? Si ces rumeurs sont vraies, c'est qu'il a passé des nuits auprès de jeunes filles, et que cela se sait.

Cette remarque avait calmement été faite par Rogue. Remarqua à laquelle Aldwin ne trouva rien à redire, à la grande satisfaction du maître des potions qui, ayant passé un mauvais moment avec Mentha, trouvait plaisir à rabaisser quiconque lui tendait une perche.

Les quatre professeurs arrivèrent enfin devant la cabane de Hagrid. Celui-ci essaya d'ouvrir la porte, sans succès.

- Elle est fermée… constata Hagrid. Ils ont sûrement dû la fermer de l'intérieur. Je vais frapper plus fort…

- Non, ils dorment sûrement, intervint McGonagall. Ils ont eu une nuit mouvementée (« Ils ne sont pas les seuls ! » pensa Rogue) et le mieux serait de les réveiller doucement, pas en tambourinant à la porte. Ils vont croire qu'ils sont attaqués !

- D'autant plus que, connaissant nos lascars, ils ont sûrement utilisé un sort pour fermer la porte, dit Rogue.

- Oh ? Oui… sûrement, admit Hagrid, penaud.

Rogue sortit sa baguette.

- Alohomora !

Ils entendirent le déclic de la serrure. McGonagall sortit sa baguette à son tour et lança un sort d'Insonorisation pour que le bruit qu'elle est ses collègues ne manqueraient pas de faire, ne réveille pas trop brusquement les deux étudiants. Après ça, ils ouvrirent doucement la porte et entrèrent, Hagrid en tête.

Ils découvrirent des tasses de thé sur la table.

- Il semblerait qu'ils aient bu du thé, remarqua Hagrid en lançant un regard au professeur de Runes anciennes.

- Apparemment, ils n'ont pas fait que ça ! répliqua Aldwin en montrant le lit du doigt.

Les trois autres professeurs s'approchèrent du lit où ils virent… Maena pelotée contre Malefoy qui l'entourait fermement de ses bras.

- Alors ? fit Runick. N'avais-je pas raison ?

- Non ! répliqua Hagrid. Cela ne veut pas forcément dire qu'il s'est passé quelque chose entre eux !

- Vous êtes bien naïf, mon cher Rubeus…

Mais Rogue n'écoutait pas ce que Runick et Hagrid se disaient. Il regardait les deux jeunes gens qui dormaient. En fait, il regardait plus précisément Malefoy. Son élève avait une expression qu'il ne lui avait encore jamais vue : il paraissait détendu et heureux. Quant à Maena, elle était tout simplement angélique.

« Comme Aria ! » pensa immédiatement Rogue.

- C'est fou… murmura McGonagall qui regardait également les adolescents endormis. Quand je pense qu'ils s'insultaient et se battaient comme des chiffonniers à la moindre occasion…

- C'est sûr que, maintenant, leurs "combats" auront lieu d'une toute autre manière ! fit Runick, acerbe.

- Vous allez arrêter avec ça ?! s'exclama Hagrid.

- Il ne s'est rien passé entre eux, assura Rogue.

- Bien sûr, qu'il ne s'est rien passé ! dit Hagrid.

- Et comment pouvez-vous en être aussi sûr ? demanda Runick.

- Car elle est comme Aria, répondit McGonagall.

Hagrid et Rogue étaient d'accord avec le professeur de métamorphose. Maena ressemblait à sa mère en beaucoup de points. Et jamais Aria n'aurait agi de façon répréhensible en pareille circonstance. E devait être pareil pour sa fille.

- Oui, vous avez raison, dit Hagrid.

- Vous en semblez convaincus… remarqua Runick.

- Ça se voit que vous ne connaissez pas Aria ! répliqua McGonagall. Car, si c'était le cas, vous ne douteriez pas de sa fille !

À ce moment-là, Rogue vit son protégé ouvrir doucement les yeux. Il cligna plusieurs fois des paupières avant de reconnaître les quatre professeurs.

- Oh non ! dit-il en fourrant son visage dans le cou de Maena.

Rogue aurait été prêt à parier qu'il avait renforcé son étreinte autour de la jeune fille.

- Il n'a pas l'air super emballé de nous voir… remarqua Runick.

- Peut-être n'a-t-il pas supporté de vous voir Aldwin –vous qui êtes si rabat-joie – après avoir passé une bonne nuit… dit Severus.

- Comment ? s'indigna Runick.

- Ça suffit, vous deux ! s'exclama McGonagall. Ça me donne presque envie de vous retirer des points !

Les deux professeurs se turent, comme deux élèves réprimandés. Le professeur de métamorphose se dirigea vers le lit et toucha le bras de Malefoy. Celui-ci se retira du cou de la jeune fille et rouvrit les yeux. On voyait bien qu'il aurait préféré continuer à dormir dans le cou de la Gryffondor. Avec un soupir résigné, il secoua légèrement Maena.

- Hum ! protesta la jeune fille en se serrant un peu plus contre Malefoy et en l'entourant de ses bras.

- Black… dit-il doucement. On a de la visite…

- Hum…

Quelques secondes plus tard, lorsque les paroles de Malefoy se frayèrent un chemin jusqu'au cerveau embrumé de sommeil de Maena, celle-ci releva la tête et le regarda.

- De la visite… ?

Malefoy lui désigna les quatre professeurs du menton, qui se trouvaient au dos de Maena. Elle tourna la tête et vit, effectivement, les quatre enseignants. Se frottant les yeux et bâillant, Maena se décolla de Malefoy et se redressa, toute échevelée.

- Keski's passe ? demanda-t-elle d'une voix endormie.

- Il se passe que vous avez passé la nuit ici, seule avec un jeune homme, et que ça m'étonnerait que nous n'ayez fait que boire du thé ! dit Runick avec du reproche dans la voix.

Malefoy fronça les sourcils sous les sous-entendus du professeur. Quant à Hagrid, il lança un regard noir à Aldwin.

- Ah… Ben si, on a bu du thé, dit Maena.

- Mais il ne s'est rien passé d'autre ! ajouta Malefoy, voyant que Maena n'avait pas compris ce que sous-entendait le professeur de Runes anciennes.

Maena, elle, continuait de se frotter les yeux et émergeait doucement du sommeil.

- Vous voulez dire, monsieur Malefoy, qu'il ne s'est rien passé entre vous durant cette nuit ? demanda Runick, soupçonneux.

Maena, qui recouvrait ses esprits, regarda son professeur en fronçant les sourcils.

- Et qu'aurait-il dû se passer entre Malefoy et moi, professeur ? demanda-t-elle calmement.

- Ce qui aurait dû se passer ? répéta Runick. Dois-je réellement vous faire un dessin ?

Maena se tourna vers Malefoy, abasourdie.

- Il s'imagine qu'on a couché ensemble ? dit Maena.

- Je crois que c'est en effet ce qu'il croit, dit Malefoy en croisant les bras et en hochant la tête.

- N'importe quoi ! dit Maena en se tournant vers Runick tandis que Malefoy approuvait la Gryffondor avec moult hochements de tête.

- Pourtant, vous aviez l'air bien quand on vous a trouvée dans les bras de ce jeune monsieur, remarqua Runick. C'était n'importe quoi, ça ?

Maena ne répondit rien. Que pouvait-elle bien répondre, de toute façon ?

- Black a peur des orages, dit Malefoy.

Maena rougit et se tourna vers le Serpentard en s'écriant :

- C'est même pas vrai !!

- Oh que si ! Tu tremblais tellement fort que je sentais les vibrations du matelas ! J'ai dû te prendre dans mes bras qu'on que t'arrêtes enfin de trembler !

- Désolée d'avoir imposé cela à sa Majesté Malefoy !

- Oh, mais je ne m'en plains pas, loin de là ! C'était très agréable ! En plus, tu sens bon la pêche !

Maena rougit encore plus et se détourna de Malefoy pour ne pas voir son petit sourire en coin qu'il ne manquerait pas d'afficher.

- Je retourne à l'infirmerie ! dit-elle en sortant du lit.

Elle prit sa baguette magique qu'elle avait posée sur la table de chevet et fit apparaître ses pantoufles.

- Pourquoi tu ne les as pas fait apparaître hier soir ? s'étonna Malefoy.

- Je crois que je n'étais pas vraiment en état pour jeter un sort de Transfert, dit la jeune fille. J'ai toujours du mal avec ce sort. Et puis, ça n'aurait pas été pratique pour courir dans la boue…

Elle se dirigea vers la porte en remerciant Hagrid pour la veille.

- Y a pas de quoi, voyons ! dit-il d'un ton bourru.

Maena sourit et McGonagall s'approcha de son élève.

- Je vous raccompagne jusqu'à l'infirmerie, Miss Black, dit-elle.

Maena hocha la tête et sortit, non sans lancer un dernier regard à Malefoy, avant que McGonagall ne lui cache la vue.

Une fois qu'ils furent entre hommes, les trois professeurs se tournèrent vers le Serpentard. Celui-ci n'aima pas le regard accusateur du professeur de Runes anciennes.

- Vous allez arrêter de me regarder comme ça ?! s'exclama Malefoy. C'est agaçant !

- Vous n'avez rien à dire ? s'enquit le professeur Runick.

- Si ! dit Malefoy. J'ai pas touché à un cheveu de Black… enfin, si… Mais il ne s'est absolument rien passé !

« Et ce qui s'est passé ne te regarde pas ! » ajouta Malefoy en lui-même.

- Voyez-vous ça ! N'aviez-vous pas l'air béat lorsque nous sommes arrivés ?

- Peut-être. Et ça peut s'expliquer très simplement : j'ai passé une bonne nuit, pour une fois ! Mais pas de la façon dont vous croyez ! Nous n'avons rien fait !

Il sortit du lit et remit chaussettes et chaussures à ses pieds.

- Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, professeurs, je vais rentrer au château !

Le jeune homme se dirigea vers la porte mais Severus l'attrapa par le bras.

- Malefoy… ?

- Il ne s'est RIEN passé ! s'écria Malefoy.

- Je sais…

Malefoy regarda son professeur avec surprise.

- Alors, lâchez-moi !

- Je voudrais d'abord vous poser une question… Pourquoi avez-vous passé une bonne nuit ?

Malefoy fronça les sourcils.

- Pardon ?

- Oui ? insista Rogue en observant son élève dans les yeux. Est-ce parce que vous avez passé une nuit avec une fille dans les bras ou parce que vous avez passé la nuit avec Miss Black dans les bras ?

L'élève et le professeur s'observaient, sous les regards attentifs de Runick et Hagrid. Mais Malefoy ne répondit pas et Rogue savait qu'il ne répondrait pas.

Le jeune homme se dégagea de l'emprise de roue et sortit de la cabane de Hagrid. Les trois professeurs le virent se diriger vers le château.

« Pas besoin de mots… On lit tout dans ses yeux » pensa Rogue.

°o0o°

« Que ce soit une fille ou Black, c'est quoi la différence ?! Black n'est-elle pas une fille ?! Et puis, en quoi ça le regarde, de toute façon ?! Il n'est pas mon père !! »

Malefoy marchait dans les couloirs de Poudlard en direction de sa salle commune. Là, une jeune fille de cinquième année l'attendait. La veille, après sa rupture avec la blonde, elle lui avait demandé si elle pouvait être sa nouvelle petite copine. Il avait accepté en précisant bien qu'il ne s'attacherait pas.

- Et bien, il t'en a fallu du temps pour apparaître ! T'étais où ?

- Quelque part, répondit rudement Malefoy.

« J'l'avais complètement oubliée, celle-là ! » songea-t-il.

Elizabeth –surnommée Eli- sourit et s'approcha du jeune homme. Elle avait les cheveux noirs, des yeux entre le bleu et le vert et une voix cristalline. Elle se mit sur la pointe des pieds et posa ses lèvres sur les siennes. Malefoy répondit à ce baiser pour la forme car il n'avait pas envie d'embrasser celle qui était sa "petite amie".

À la fin du baiser, il lui demanda en fronçant légèrement les sourcils.

- C'est quoi, ton parfum ?

- Oh ! Rien de spécial. Juste un parfum qui sent la pêche.

- C'est bien ce qu'il me semblait… dit Malefoy.

Il prit la jeune fille dans ses bras et l'embrassa doucement et longuement, respirant son parfum à la pêche.

« Maintenant, je sais… je sais pourquoi j'ai passé une aussi bonne nuit… »