Titre :La Légende des Sept Portes

Auteur : Orlane Sayan

Disclaimer : Rien est à moi (ou presque): JKR a juste une générosité à l'aulne de son imagination!

Disclaimer : Je ne possède ni les univers de Charmed ni celui de Buffy contre les Vampires (je les ai revendus il y a quelques années et... Quoi? Comment ça vous ne me croyez pas?)

Résumé:

An 2022.

Cela fait désormais vingt ans que la Grande Guerre est terminée et tous les héros, reconnus ou simples anonymes, ont retrouvé une vie paisible dans un Royaume-Uni désormais guérit.

Mais dans l'ombre de cet avenir plein de promesses s'élève un murmure de plus en plus inquiétant. Une vieille légende se réveille sous les yeux de la nouvelle génération...

RAR :

phoenux saturne :

Hey ! Un grand merci pour ta review et ta fidélité à toute épreuve ! C'est un vrai plaisir de te retrouver à chaque mise à jour ! Oui, les démons n'allaient comme même pas rester sur une semi-défaite ! Ils ont eux aussi des comptes à régler^^. Qu'ils se rassurent, ils vont trouver des adversaires à leur mesure ! J'espère que tu aimeras !Bonne lecture !


Note:

Bonjour à tous et à toutes !

Comment va la vie de votre existence ?

Vous avez vu, cette année, les cloches n'apportent pas que des chocolats... La suite est là aussi ! Comme vous vous en doutez peut-être, l'ambiance de ce chapitre sera loin d'être aussi festif que ce beau week-end qui se profile.

Bref, nouveau chapitre. Le 75 avance gentiment. Je devrais le boucler d'ici peu (je ne vous cache pas que je n'ai pas beaucoup le temps d'écrire en ce moment – concours oblige – mais je m'y tiens tout de même).

En attendant, bonne lecture;)


Qui-est-Qui ?

(dès fois que vous ne soyez pas réveillés : G : Gryffondor, Serp : Serpentard, Serd:Serdaigle, P : Poufsouffle)

Harry/Ginny Potter: les jumeaux James et Lily (septième année G/G), Albus Severus (cinquième année Serd)

Ron/Hermione Weasley: Rose (septième année Serd), Hugo (quatrième année G)

Draco/Mélindra Black-Malefoy : William (26 ans G), les jumeaux Alyne et Aaron (septième année G/Serp), les jumelles Sarah et Syrielle (cinquième année Serd), Elzo (troisième année G), Emily (première année P).

Neville/Hannah Londubat : Alice (19 ans P), July (cinquième année Serd), Kiara (première année Serp)

Rolf/Luna Scamander : les jumeaux Lorcan et Lysander (troisième année G), Aïday (première année P)

Severus/Kate Rogue : Emma (24 ans Serp), Regulus (septième année G)

Remus/Nymphadora Lupin : Teddy (25 ans G), Violette (20 ans Serd)

Bill/Fleur Weasley : Victoire (19 ans), Dominique (sixième année), Louis (troisième année)

Charly/Down Weasley : Simon (première année P), Gualterio (8 ans)

Percy/Audrey Weasley : Molly (septième année Serd), Lucy (deuxième année G)

George/Angelina : Fred (sixième année G), Roxanne (troisième année G)

Lachlom/Buffy Swift : Joyce (deuxième année G), Alyssa (10 ans)

Léo/Piper Halliwell : Wyatt (28 ans), Chris (27 ans), Mélinda (24 ans)

Henri/Paige Halliwell : Henri Junior (25 ans), les jumelles Pearl et Pauline (22 ans)

Coop/Phoebe : Prudence (21 ans), Penelope (19 ans), Patricia (12 ans)


Previously on LSP :

La Porte Noire a quitté l'ombre dans laquelle l'histoire l'avait plongée. Après des siècles de préparatifs, les démons ont procédé à un immense sacrifice pour briser le sortilège qui maintient le passage fermé.

En Angleterre, la famille de Olympie – Gardien de la mémoire des Sept Portes – se sont lancés à corps perdu dans une lutte qu'ils savent inégale.

Après des recherches, les meilleurs espoirs reposent sur une ancienne théorie magique – l'Harmonique des Lignées – qui permettrait de rouvrir un passage vers Olympie afin de sommer les Dieux de leur venir en aide.

Afin de réaliser cet exploit, il faut toutefois ramener Lily Evans et Sarah Black dans l'époque actuelle afin de compléter le sortilège.

La nuit du 31 Décembre, un sortilège est lancé à cette fin, alors qu'en Grèce, la Porte Noire officie le plus grand sacrifice jamais vu depuis des siècles.

Un mois a passé depuis l'arrivée des parents de Harry et Mélindra dans un futur auquel ils ne s'attendaient pas. Tandis que les quatre Voyageurs s'acclimatent tant bien que mal à la réalité, les regards restent braqués en direction du Mont Olympe où les démons sont bien trop passifs.

A Poudlard, la lutte continue et porte le nom de l'Harmonique des Lignées. Les recherches, menées par Hermione Weasley s'annoncent encore longues.

Un espoir demeure tout de même puisque l'ultime Reine du Royaume Gardien et lointaine descendante de Mélindra Black et Harry Potter est arrivée en même temps que les parents de ces derniers.


Dans le chapitre précédent :

Après avoir secouru Penelope Halliwell et ses troupes parties en mission suicide contre l'un des démons Majeurs, Mélindra est de retour à Poudlard, juste à temps pour le réveil de Lillendrine.

De son côté, Alyne surprend ses anciens amis en trouvant (enfin) le courage de s'expliquer sur son comportement de ces deux dernières années.

Enfin, Severus Rogue rejoint l'équipe de recherche d'Hermione, toujours décidée à percer le secret de l'Harmonique des Lignées.

Tout semble rentrer dans l'ordre jusqu'à l'annonce de l'attaque de l'école de Magie italienne Abracadabra.


Chapitre 53

Mélindra réapparut dans le bureau directorial et ne fût pas surprise d'y retrouver Hermione, Kate, Neville, Remus et Kennedy. Ils étaient tous rassemblés devant la cheminée et Mélindra reconnut la voix de son mari avant de voir son visage qui dansait dans les flammes.

-... impossible d'évacuer les enfants. Les démons ont dû lancé un sortilège et ont bloqué les anciens passages secrets. Pour le moment, les barrières magiques tiennent le coup et l'armée moldue va essayer de nous faire gagner du temps en bombardant les monstres. Mél', il va falloir mobiliser les Elémentaires du Village de Lillendrine.

Mélindra hocha la tête en silence et échangea un long regard avec Draco. Elle comprit ce qu'il n'osa pas dire à voix haute : la situation semblait particulièrement délicate et plus que tout, il avait besoin de savoir qu'une personne capable coordonnerait les actions des différents communautés magiques.

- Je dois vous laisser. Craven veut lui aussi un rapport. Je vous tiens au courant dès que possible.

Son visage disparut dans une gerbe de flammes vertes et le silence tendu dans la pièce gagna encore en épaisseur.

- Quand ont-ils lancé l'attaque ? Demanda-t-elle.

- Il y a presque deux heures, répondit Hermione. Tu as une idée du temps qu'on a devant nous avant que les barrières magiques cèdent ?

Mélindra prit le temps de réfléchir : Abracadabra avait été complètement reconstruite à la fin de la guerre, comme si l'Italie avait voulu marqué le commencement d'une nouvelle époque. Par la suite, le directeur de l'école, Salvatore Montessori en personne, lui avait demandé de mettre en place des protections semblables à celles de Poudlard et des Villages de Lillendrine. Mélindra avait obtenu le concours de nombreux Acathlants et Elémentaires italiens en plus des sœurs Halliwell et de Willow. Seulement, c'était la première fois que leur magie se mesurait à celle de la Porte Noire. Et la magie des démons étaient sans nul doute possible plus puissante que celle de Lord Voldemort.

- Je dirais qu'on peut espérer tenir encore deux heures. Trois si on a de la chance.

Le visage de sa meilleure-amie se durcit considérablement et Mélindra retrouva la jeune femme qui s'était battue lors de la Grande Bataille de Poudlard.

- Je vais rejoindre le village Canis Major pour prévenir les Elémentaires qui sont là-bas, dit-elle finalement en s'approchant de la cheminée.

Mélindra ne put qu'approuver sa décision. Kennedy s'empressa d'imiter Hermione en leur rappelant qu'elle était tenue d'aider ses sœurs dans ce genre de situation.

- Kate, Remus, je peux vous demander d'aller rassurer mes enfants ? Certains de leurs amis sont à Abracadabra en ce moment. Dites-leur qu'on va tout faire pour les sortir de là.

- On s'en occupe, Merry, lui assura sa tante. Maintenant file.

Mélindra s'ecclipsa en direction de l'Italie.

...

Un nouvel éclair déchira le ciel, laissant entrapercevoir la toile magique qui protégeait l'école Abracadabra. La lumière se refléta à l'infini sur les baies vitrées omniprésentes et la structure d'acier des bâtiments, donnant l'impression qu'il s'agissait d'un artifice pour mettre en valeur l'architecture futuriste du site.

Pourtant, un fracas de fin du monde venait troubler le spectacle.

Aux limites du domaine qui entourait l'école, les protections magiques étaient mises à dures épreuves par les assauts répétés de monstres déchaînés et si aucun n'avait réussi à entrer, il était évident que ce n'était qu'une question de temps : chaque fois que l'un s'écroulait, un autre prenait sa place.

Rafael Zabini se recroquevilla sous la table du réfectoire où il avait trouvé refuge et serra les paupières pour ne pas se laisser envahir par la peur et la panique. Quand il eut retrouvé le contrôle de ses émotions, il se releva la tête pour détailler ses condisciples. Tous ceux qui, comme lui, étaient trop jeunes pour se battre, avaient été rassemblés dans l'immense réfectoire de l'école avec l'ordre de rester à l'abri. La tension dans la pièce n'avait jamais été aussi dense et partout où le jeune homme regardait, il ne voyait que des visages terrorisés.

Parfait reflet du sien, il le savait.

Mais comment en aurait-il pu être autrement ? Ils étaient piégés ici, comme des rats. Leurs attaquants les empêchaient de fuir l'école par tous les moyens magiques en leur possession et tenter une sortie en force serait un suicide. Ils ne pouvaient qu'attendre dans le silence, à tendre l'oreille en espérant que les cris des monstres à leurs portes cessent, à espérer que les secours viennent.

Et qu'ils viennent vite.

Rafael sentit la boule dans son ventre se serrer.

Et si les secours ne venaient pas ? S'ils ne pouvaient pas entrer pour les aider ?

Alors qu'une longue série de questions voulaient se frayer un chemin dans sa tête pour distiller doute et peur, Rafael fût distrait par un gémissement terrifié sur sa gauche.

Une fille se terrait deux tables plus loin et semblait à deux doigts de céder à la panique. Sans réfléchir, Rafael rampa pour la rejoindre.

Il n'était pas sûr d'assister au prochain levé de soleil mais il avait une certitude : si l'un d'entre eux cédait à la panique, la situation passerait de dramatique à catastrophique.

- Comment tu t'appelles ? Chuchota-t-il une fois à sa hauteur.

La fille -elle ne devait pas avoir plus de douze ans- sursauta au bruit de sa voix.

- Moi c'est Rafael.

Ses yeux, écarquillés par la peur, dansèrent follement dans leur orbite quand elle le dévisagea.

- Je ne veux pas mourir, grinça-t-elle.

Rafael déglutit.

- Personne dans cette pièce ne veut mourir. Et personne ne va mourir.

- Tu mens !

Son cris résonna étrangement dans le silence tendu.

- Moins fort !

- Je ne veux pas mourir. Je veux revoir mes parents. Je ne veux pas mourir.

Des larmes coulèrent le long des joues livides de la fille et à sa respiration sifflante, Rafael commença à craindre le pire. Si elle ne se calmait pas, il devrait lui lancer un sort...

Un sort !

Il attrapa sa main et sa serra aussi fort qu'il put. Elle finit par s'y raccrocher et son regard retrouva un peu de lucidité.

- Calme-toi. Respire. Encore. C'est bien.

La fille sifflait comme une théière sur le point d'exploser mais il avait récupérer son attention.

- Quel est ton animal préféré ?

- Papillon.

Rafael sortit sa baguette et dessina plusieurs huit dans les airs. Chacun de ses gestes créèrent des papillons aux couleurs chatoyantes dans l'esprit de la fille et elle se détendit légèrement.

Rafael soupira discrètement mais ne songea pas à retrouver sa place. Affronter l'attente seul était largement au-dessus de ses forces aussi préféra-t-il fermer les yeux pour échapper à l'horreur.

Tu avais raison, Twyla. Je n'aurai jamais dû quitter Poudlard pour cette foutue école, songea-t-il en réalisant qu'à cet instant, il aurait fait n'importe quoi pour se trouver auprès de sa sœur.

Mélindra se matérialisa dans une ancienne caserne de pompier désaffectée et mit plusieurs secondes à retrouver ses repères. Cela faisait plusieurs années qu'elle n'était pas venue dans les quartiers généraux des Tueuses Italiennes et elle devait reconnaître qu'elle ne s'attendait pas à ce qu'Andrew ait aussi bien arrangé l'endroit. Toutefois, elle était là pour d'autres raisons, aussi ne s'attarda-t-elle pas sur la salle d'entraînement qui occupait une grande partie de la pièce principale et préféra imiter Ron et Harry quand ils s'éloignèrent en direction d'un véritable bastion informatique. Ils étaient les derniers arrivés. Buffy, d'astreinte en Grèce, avait dû attraper un Portoloin, tout comme les deux Elémentaires qui venaient tout droit du Village de Lillendrine pour leur prêter main forte, tandis que les Acathlants étaient représentés par leur matriarche Regina Seraiuoli. Enfin, Ugo La Malfa, un brillant membre de la Milice italienne, avaient quitté ses quartiers situés au centre de Rome pour coordonner les forces en présence. Mélindra lui adressa un regard de soutient : au fil de leur vie en Italie, Ugo était devenu un ami proche de Draco et il n'avait pas hésité à se ranger à leurs côtés dès qu'ils lui avaient parlé de la menace de la Porte Noire.

- Alors ? Demanda Harry. Comment ça se présente ?

Andrew se racla la gorge et désigna le mur blanc derrière eux. Mélindra détailla le plan des environs de l'école Abracadabra et secoua la tête en relevant les nombreux points faibles des bâtiments. L'école avait été complètement reconstruite presque vingt ans plus tôt pour offrir un visage plus moderne à la communauté sorcière. C'était un architecte moldu qui était à l'origine du projet et si l'édifice était splendide, il n'offrait aucune place facile à défendre.

- Le Directeur d'Abracadabra est en liaison permanente avec notre Premier Ministre, répondit Ugo. Sous nos conseils, ils ont rassemblé les enfants dans le réfectoire situé au milieu du Lac. C'est le bâtiments le plus facile à protéger car il y a exactement trois ponts qui y mènent. Les professeurs, les Mages du Collège et les élèves les plus âgés vont garder leur accès et si les choses se gâtent, ils pourront toujours les détruire. Le Kraken qui vit dans le Lac protège l'école et ralentira les monstres s'ils essayent de rejoindre le réfectoire à la nage. Pour le moment, les protections magiques tiennent encore.

Mélindra ne chercha pas à dissimuler son soupir de soulagement : la situation aurait pu se présenter plus mal.

J'ai envoyé toute ma Squade en éclaireur, leur expliqua Andrew. Elles vont essayé de trouver des accès pour qu'on puisse faire passer les renforts.

- C'est une zone immense, ils ne pourront pas verrouiller tout un périmètre, remarqua Ron. Ça nous laisse une bonne marge de manœuvre.

- Nos hommes ne pourront pas être d'un grand secours. Il y a des bestioles qui survolent la zone et les démons qui les chevauchent ne nous permettent pas de parachuter des renforts. Seuls les avions de chasse sont assez rapides pour éviter leurs attaques.

Mélindra glissa un regard à l'homme qui venait de parler et dont elle n'avait pas remarqué la présence à son arrivée. A son uniforme impeccable, décoré de nombreuses médailles, elle devina sans mal qu'il s'agissait d'un soldat moldu haut gradé.

- Les monstres ne sont pas insensibles aux balles, rétorqua Buffy. Mes sœurs s'occuperont des survivants sur place. Les Squades des pays les plus proches ont été prévenues et devraient être là-bas rapidement.

Mélindra approuva l'efficacité des Tueuses et une part d'elle ne put s'empêcher de penser que les Filles de la Terre étaient sans nul doute possible leur meilleur atout.

- La grande question, c'est comment réussir à faire rentrer les magiques, leur rappela Andrew. Mes filles tapent fort, mais toutes Tueuses qu'elles sont, ça ne suffira pas cette fois.

Un silence pensif suivit ses paroles et les regards convergèrent peu à peu vers Ron. Le rouquin le remarqua à peine tant il semblait absorbé par ses réflexions. Finalement, au bout de plusieurs minutes, il eut cette grimace étrange qui précédait toujours ses victoires quand il jouait aux échecs.

- On ne pourra rien tenter tant que les protections magiques sont en place. Il faut épuiser les montres tant que les enfants ne risquent rien grâce aux moldus. Pendant ce temps, les Tueuses vont avoir le temps de nous préparer un accès. Idéalement, il faut que l'on puisse se déployer autour du Lac pour protéger les enfants.

- On va faire au mieux, Weasley, railla Buffy.

Ron ne releva pas et préféra se tourner vers elle.

- Merry, les Êtres de Lumière peuvent avoir accès à Abracadabra ?

Mélindra ne put que trouver la question de Ron pleine de bon sens et remercia Merlin en silence qu'un tel homme soit de leur côté.

- Les protections sont en alertes, on ne pourra pas passer tant qu'elles n'ont pas cédé mais à moins que les démons aient pensé à nous inclure dans les transports magiques, on devrait pouvoir faire évacuer les enfants.

- Parfait. Tu t'occupes de rassembler tes troupes. Harry, tu sors ta casquette de Sauveur et tu lances un appel aux volontaires à travers les cellules officielles. On va avoir besoin de gens qui ont l'habitude de se battre. Mesdames, je vais vous demander de préparer vos communautés magiques respectives comme vous en avez l'habitude.

La matriarche des Acathlants se fendit d'un sourire torve tandis que les Elémentaires échangeaient un regard plus réservé.

- Je vais mobiliser la résistance. Rendez-vous au Village de Lillendrine dans les plus brefs délais.

Mélindra sentit une énergie nouvelle s'immiscer en elle quand tous les occupants de la pièces s'en allèrent pour accomplir leur mission.

Une énergie nouvelle ?

Elle croisa son reflet dans l'un des écrans d'ordinateur et sursauta : l'espace d'une folle seconde, elle s'était vue vingt ans plus jeune, de nouveau vêtue de cette robe courte qui lui laissait toute sa liberté de mouvement alors que ses bras et ses jambes étaient recouverts d'épaisses protections de cuir qui tenaient des plaques métalliques entre elles...

Ce n'était pas une énergie nouvelle. Au contraire. Par delà la mort, son esprit se rappelait des anciennes batailles qu'elle avait mené et semblait pressé d'en découdre à nouveau.

Mélindra fît jouer ses doigts comme elle l'avait toujours fait avant de se battre puis s'éclipsa.

Juno attrapa une ultime prise et se glissa dans l'ombre que lui procurait un surplomb rocheux pour demeurer invisible aux yeux des Enlils qui survolaient l'école Abracadabra. Depuis son arrivée dans la zone de combat, elle en avait repéré au moins trois différents, et elle ne serait pas surprise d'apprendre que les neuf démons Majeurs qui étaient arrivés dans leur dimension la nuit de la nouvelle année soient tous impliqués dans l'attaque.

Le vent qui soufflait toujours à cette altitude s'enroula autour de son corps, faisant claquer sa longue tresse sombre derrière elle. Juno reporta son attention en contrebas et s'en remit à tous ses sens pour analyser la situation. La barrière magique qui protégeait l'école était désormais visible, signe qu'elle commençait à s'affaiblir. Juno n'essaya pas de voir à travers la bulle lumineuse : la situation à l'intérieur n'avait aucune raison d'avoir changé. Si les sorciers étaient assez malins, ils avaient sûrement allumer toutes les lumières afin de désorienter les démons quand ces derniers attaqueraient. En attendant cette échéance, Juno les savait rassemblé dans le réfectoire, ce qui restait le meilleur choix tactique.

La Tueuse préféra balayer les environs de l'école pour déterminer les positions des démons : les moldus avaient braqué leurs satellites sur la région mais le maelström magique qui avait lieu ne faisait pas bon ménage avec la technologie, aussi fallait-il s'en remettre à une méthode plus traditionnelle...

La vallée était enclavée entre deux montagnes escarpées à l'est, au pied duquel s'épanouissait un lac imposant, tandis qu'à l'ouest, un autre sommet, moins élevé, refermait la large combe, la dissimulant dans le massif alpin.

A travers la nuit, elle perçut les cris des monstres qui montaient depuis sa droite. Le plus gros des troupes s'était rassemblé plein sud, aussi proche des bâtiments que possible... Juno nota une première faille à exploiter. Elle savait que la situation ne leur était pas favorable, principalement à cause du surnombre de l'ennemi, mais le terrain allait leur permettre de limiter les dégâts. Si ses sœurs réussissaient à contenir les monstres au sud-est, leurs adversaires seraient alors coincés contre les montagnes et n'aurait plus qu'une seule ligne d'attaque.

Un avion de chasse passa en vrombissant au-dessus d'elle et elle verrouilla ses prises pour ne pas basculer dans le vide quand la pierre vibra sous ses doigts après que plusieurs missiles se soient écrasés sur les démons.

En réponse à cette attaque venue du ciel, les démons majeurs et leurs Enlils reprirent une ronde plus serrées au-dessus des monstres. Juno comprit qu'elle ne devait plus s'attarder mais prit le temps de détailler la partie nord de la vallée. En découvrant une forêt dense de conifère, elle renonça aussitôt à guider ses sœurs dans cette direction.

Les Magiques mettraient trop de temps à la traverser.

Un Enlil passa à moins de quinze mètres d'elle et elle sentit le souffle de ses ailes parvenir jusqu'à elle. Sans perdre ni son sang- froid, ni son objectif de vu, elle continua à lire la montagne et ses yeux se posèrent sur le versant nord-ouest de la vallée. Il leur faudrait trouver un accès pour les magiques dans cette direction si elles voulaient qu'ils arrivent à temps pour renverser la situation.

Elle hocha la tête, comme pour approuver ses propres pensées puis commença à désescalader la roche en une série de gestes confondant d'aisance.

Il lui fallut moins de cinq minutes pour retrouver le sol, plus de deux cents mètres plus bas.

Le Village Lupus était en effervescence. Partout, des membres de toutes les communautés magiques, jeunes ou moins jeunes, couraient en tout sens, cherchant un proche ou une arme. Les enfants qui vivaient là avaient été tenus de rester dans leurs quartiers mais d'aucun parmi les plus âgés n'avaient écouté, et il n'était pas rare de voir des gamins d'une dizaine d'année apporter à un adulte une brassée de plantes magiques ou une arme de poing.

Mélindra n'avait jamais pensé que les Villages des Enfants de Lillendrine servirait un jour de poste avancé dans une guerre.

Auprès de ses collègues Êtres de Lumière, elle assistait à cet étrange ballet sans oser interférer : si on pouvait croire que la panique avait gagné les rangs de la résistance, elle était intimement convaincue qu'il n'en était rien. Toutes les personnes présentes ici étaient des guerriers, chacun à leur niveau.

Les Acathlants avaient l'habitude d'affronter des démons depuis des générations et sous les conseils avisés de Chi Dialo, le sage d'Afrique, beaucoup de clans avaient préparés potions et sortilèges depuis la nuit de la nouvelle année. Désormais, il ne leur restait plus qu'à rassembler leur matériel et à s'équiper avec les armes à feu prêtées par l'armée moldue italienne.

De leur côté, les Elémentaires se tenaient à l'écart et débattaient du meilleur charme protecteur qu'ils allaient pouvoir lancer en attendant que tous les enfants aient été évacués.

Enfin, les sorciers s'étaient éparpillés à travers le village. Il y avait parmi eux des gens venus de tous pays. Les gouvernements qui soutenaient la guerre avaient dépêché l'équivalent de leurs Aurors ou de leurs tireurs d'Elite et avaient mis des portoloins à disposition de volontaires. En apprenant la nouvelle de l'attaque, d'autres pays jusqu'alors sceptique avaient accepté d'ouvrir les yeux et les avaient prévenus que des renforts arriveraient sous peu. Pour finir, les résistants de la dernière guerre contre Voldemort s'étaient déplacés en nombre pour venir montrer à la Porte Noire de quoi il en retournait. Mélindra glissa un regard vers la place principale du Village où des cordes étaient alignées avec soin sous les ordres de Ginny. La cadette de la fratrie Weasley avait pris en main l'organisation des portoloins qui transporteraient tous les combattants à proximité du champ de bataille : Buffy avait appelé pour les prévenir que ses sœurs et elle-même avaient sécurisé un accès praticable pour des groupes d'une dizaine de personnes.

- Je veux l'attention générale !

Mélindra sursauta, surprise par le cri d'Harry, magiquement amplifié.

Elle le chercha du regard et le trouva juché sur une table, aux côtés de Ron et Ugo La Malfa.

- Merci ! Les protections d'Abracadabra sont en train de tomber. On va commencer les transferts tout de suite. Je veux les Elémentaires et les Acathlants aux pouvoirs actifs dans la zone de départ. La Milice Italienne est déjà sur place. Je vous rappelle que notre priorité n'est pas de tuer le plus de monstres possibles mais d'évacuer les enfants. Les Tueuses ont repéré des Irtychs, des Oh'Bràms et des Snikyrgs. Les démons majeurs sont aussi de la partie. Évitez tout affrontement direct avec eux. On a pas exclu la présence de démons mineurs ou de vampires alors restez sur vos gardes. Merci à tous d'être venus. Et bonne chance.

Toutes les personnes concernées s'empressèrent d'obéir et en moins de quelques minutes, trois groupes disparurent avec leur portoloin. Mélindra quitta les rangs des Êtres de Lumière pour rejoindre son meilleur-ami. Harry avait ce visage dur qui trahissait sa tension. Elle passa un bras rassurant autour de ses épaules et il lui sembla qu'il se détendait légèrement.

- On va gagner la zone de combat pour coordonner les actions, lui dit Ron. Les moldus ont une base arrière. Dès que les protections magiques nous le permettront, on pourra déterminer d'où les démons sortent de terre et les harceler à la source.

- Soyez prudents, souffla-t-elle en se détachant de son meilleur-ami.

Harry lui rendit son regard puis attrapa la corde que tenait Ugo La Malfa. Le temps de battre des paupières, ils avaient disparu.

Une lumière bleue aveuglante précéda de quelques secondes un vrombissement de fin du monde. Le bruit de centaines d'éclairs satura jusqu'à l'air et Rafael pressa ses mains sur ses oreilles pour se protéger, même si ce geste lui semblait dérisoire face aux déchaînement des forces en présence. Prostré sur le sol à essayer de se convaincre qu'il allait survivre malgré tout, il ne réalisa pas tout de suite que certaines parties de son corps le piquait soudainement, alors qu'un vent glacial le fît frissonner. Il releva la tête et devina des éclats de verre près de lui.

Le vent revint, plus fort et plus froid en cette nuit d'hiver.

Rafael comprit alors que tout cela ne pouvait être un cauchemar particulièrement réaliste.

Toutes les baies vitrées du réfectoire avait implosé sous la force du souffle magique qui avait succédé à l'effondrement des protections magiques de l'école. Autour de lui, ses condisciples semblaient aussi sonnés que lui, et ceux qui ne pleuraient pas avaient un visage décomposé, comme s'ils étaient à deux doigts de s'évanouir.

- Que tout le monde garde son calme, dit le Doyen du Collège des Mages. Les protections magiques de l'école viennent de tomber mais les secours arrivent. Je veux que vous restiez à l'endroit précis où vous vous trouvez. Nous allons tous nous en sortir.

Rafael déglutit difficilement mais s'en tint pour une fois aux ordres du vieil homme. Il se rallongea lentement et enfouit son visage dans ses bras. Plongé dans le noir, il n'eut bientôt rien de mieux à faire que d'écouter les bruits qui l'entouraient : les reniflements de ses condisciples et les nombreux sanglots résonnaient sinistrement à ses oreilles, ajoutant une touche de détresse à un tableau déjà bien sombre. Craignant de se laisser gagner par une peur qu'il contenait à grand peine, il prêta attention aux échos qui semblaient provenir de l'extérieur : beaucoup de cris, des grognements, des explosions, des coups de feu... Les combats ne tarderaient pas à éclater et Rafael eut une pensée pour les élèves plus âgés qui s'étaient portés volontaires pour les défendre. Combien reviendraient ?

Soudain, une mélodie complètement incongrue dans cette situation emplit la pièce. Rafael fronça les sourcils en sentant l'espoir se frayer un chemin jusqu'à son cœur.

Quand une main se posa sur son épaule avec douceur, il sursauta vivement.

Une femme d'une quarantaine d'années à la lourde chevelure brune se tenait au-dessus de lui. Elle lui adressa un sourire serein qui atténua la peur qui rongeait ses entrailles puis passa une main dans les cheveux de la fille près de lui.

- Je suis une Être de Lumière. Je vais vous faire sortir d'ici.

Wyatt Halliwell apparut avec deux Elémentaires au milieu d'un groupe de sorciers dont la majorité étaient des étudiants de l'école. Ils tenaient tous leur baguette aussi fermement que possible mais leurs visages étaient défigurés par la peur, ce dont personne ne pouvait leur en vouloir.

- Placez-vous derrière moi ! Ordonna-t-il tout en faisant un geste pour être sûr d'être compris.

La petite dizaine d'ados s'empressa de trouver refuge dans le couloir qu'ils devaient garder puis Wyatt se prépara à lever son bouclier protecteur afin d'interdire l'accès aux démons qui arriveraient jusque là. Son regard se porta au loin et il ne put qu'assister au déploiement de puissance que la Porte Noire leur avait préparé. Loin au sud, une masse sombre remontait le parc illuminé par les lumières des bâtiments dans leur direction, aussi nombreux que les Tueuses le leur avaient annoncés.

Plus de cinq cents. Et d'autres peuvent encore arrivés.

Le souvenir des paroles de Buffy s'estompaient à peine dans son esprit que déjà, il vit les Fugaces -les plus rapides des Tueuses- passer au loin et avaler la distance qui les séparait de leurs ennemis à une vitesse effrayante.

Les barrières n'étaient tombées que depuis quelques minutes quand les combats éclatèrent.

Wyatt suivit du regard la progression des autres Tueuses, semblable à une vague déchaînée, et la clameur de la bataille parvint jusqu'à lui quand les Filles de la Terre commencèrent à semer la mort parmi leurs ennemis. Le gros des troupes fût très largement freiné par les guerrières mais les Tueuses n'avaient pu réunir que cent-cinquante d'entre elles et certains démons échappèrent à leurs coups pour continuer leur avancé. Wyatt porta son regard au Nord et devina la lente progression des magiques qui, escortés par quelques Tueuses, avaient reçu l'ordre de rejoindre le Lac dans la plus grande discrétion afin de ne pas attirer l'attention des Démons Majeurs qui continuaient leur ronde au-dessus de l'école.

Le vrombissement des avions de chasse revinrent alors et Wyatt hocha la tête quand les militaires moldus commencèrent à harceler les Démons juchés sur les Enlils dans un concert de claquements secs et d'explosions feutrées.

Une série de hurlements graves le ramenèrent à la réalité et il leva sa protection au moment où une horde d'Irtychs apparurent à moins de cent cinquante mètres des rives du Lac. Il se tint près à user de ses pouvoirs de télékinésie quand la dizaine de monstres manquèrent de se faire foudroyer par un autre Acathlant. Les gamins derrière lui étouffèrent des exclamations impressionnées et Wyatt ne pu que leur donner raison : définitivement, l'union faisait la force.

...

Buffy asséna un coup de coude dévastateur à un Köriseal puis planta son talon dans la gorge du second qui venait porter secours à son compagnon. Elle apprécia de voir les monstres trapus s'affaisser sur le sol et ne plus bouger. Sans plus se soucier d'eux, elle continua à remonter la marrée de démons qui se portaient à l'attaque d'Abracadabra en distribuant des coups tout en essayant de jauger la situation : droit devant elle, les démons continuaient de se déverser dans le parc de l'école en provenance du sud sans même un semblant d'ordre. Une masse grouillante qui n'avait qu'un seul but : détruire. Et parmi cette foule d'un nouveau genre, ses sœurs avaient repéré des Ob'hràns, des Köriseals, des Irtychs et malgré leur capacité à se fondre dans le décors, la présence de Sneakyrg ne faisait aucun doute. Toutefois, ce n'étaient pas ces démons inférieurs qu'elle craignait le plus mais ceux qui étaient juchés sur leurs Enlils. Pour le moment, ils ne donnaient pas l'impression de vouloir prendre part au combat mais ce n'était sûrement qu'une question de temps.

Buffy évita au dernier moment la charge d'un Ob'hràns, ces monstres bipèdes à la peau sombre et recouvertes de tatouages rituels d'un vert malsain, mais se retrouva encerclée par trois Irtychs particulièrement hargneux. Mû par une volonté commune, ils attaquèrent dans un même ensemble.

Buffy fît chanter sa hache.

L'arme mythique trancha chairs et os sans faire de différence: des trois Irtych, aucun n'atteignit son but. Elle reprenait déjà sa route, soucieuse avant tout de rejoindre les sorciers postés devant les accès au réfectoire, quand la terre commença à vibrer.

Elle se stoppa net dans sa course, chercha l'origine du phénomène...

N'en crut pas ses yeux.

Cinq monstres, qu'elle n'avait encore jamais vu, se dirigeaient tout droit vers le lac et c'était leur course qui lui donnait l'impression qu'un tremblement de terre était en train d'avoir lieu. Croisement étrange entre l'ancêtre du rhinocéros et un éléphant dont ils avaient la taille, ils possédaient une longue corne et leur corps semblait recouvert d'une armure impénétrable.

Et bien voilà le reste ! Jura-t-elle intérieurement avant de s'élancer à leur rencontre. Elle avait du mal à imaginer un moyen de terrasser ces mastodontes mais elle était sûre d'une chose : ils ne devaient pas atteindre le lac.

Wyatt dut s'y reprendre à trois fois avant de réussir à faire reculer un Ob'hràn. Le monstre se releva aussitôt, saisit le corps d'un Irtych dans un geste qui témoignait de sa puissance physique à toute épreuve, et le lança droit sur lui. Wyatt attendit le dernier moment et repoussa l'attaque d'un simple geste de la main. Surpris, l'Ob'hràn réagit trop tard et son projectile le percuta de plein fouet. Profitant de son avantage, Wyatt utilisa son pouvoir télékinésiste pour enfoncer le dard qui terminait la queue de l'Irtych dans le cuir de son adversaire.

L'Ob'hràn hurla puis cessa de bouger.

Wyatt aurait voulu souffler quelques secondes mais les démons de la Porte Noire ne lui en laissèrent pas la chance : ils arrivaient de toute part, de plus en plus nombreux à échapper aux Tueuses, et il devenait compliqué de tenir les défenses. Il leva son bouclier juste à temps pour contrer l'attaque d'un Sneakyrg et trancha la tête du démon d'un revers de son épée. Il jeta un coup d'oeil par dessus son épaule et les visages crispés des deux élémentaires lui tirèrent une grimace inquiète. Les renforts arrivaient au compte goutte depuis que des monstres harcelaient les groupes escortés par les Tueuses et parmi eux, il y avait trop de sorciers et d'Acathlants. Si ces derniers offraient de meilleures perspectives offensives, ils ne pouvaient pas renforcer les défenses que les Elémentaires essayaient de mettre en place.

Et au rythme où arrivaient les démons, il fallait que les gamins soient en sécurité !

Non loin sur sa gauche, une jeune femme s'écroula sous les coups de deux Köriseals. Wyatt voulu se porter à son secours mais des Irtychs jaillirent sur sa droite.

Il recula précipitamment, repoussa ses assaillants grâce à ses pouvoirs puis retrouva sa garde de combat juste à temps. En désespoir de cause, Wyatt ne vit qu'une seule chose à faire :

- Mélindra ! La situation est critique ! Fait quelque chose !

- Mélindra ! La situation est critique ! Fait quelque chose !

Mélindra reçu l'appel de son protégé alors qu'elle allait s'ecclipser à nouveau pour repartir chercher des enfants à Abracadabra. Elle modifia sa destination initiale et réapparu dans la base arrière de l'armée moldue, à deux pas de Ron.

- Merry ! Bon sang, tu m'as fait peur ! Qu'est-ce que tu fais là ?

- Les magiques sont débordés au lac. Wyatt demande de l'aide !

Une grimace apparut sur le visage de son meilleur-ami et il désigna l'écran qui lui faisait face : sur un fond en nuances de gris, des points rouges -plus ou moins gros- donnaient l'impression qu'un étrange phénomène physique avait lieu.

- Les démons viennent de là, lui expliqua Ron en désignant un endroit en haut de l'écran. L'armée tente de percer les défenses des démons majeurs mais ils dévient les missiles. Ils finiront sûrement pas se fatiguer mais...

- On a pas le temps d'attendre, Ron !

- Je sais... Il reste beaucoup d'enfants ?

- Non, on a bientôt terminé de les évacuer. Mais ça ne change pas le problème ! Les démons seront toujours là et continueront à attaquer les magiques. L'armée ne peut pas faire quelque chose ?

- On ne peut plus tirer sur le champ de bataille. On risquerait de toucher des Tueuses, je...

- Je peux vous prêter mes tireurs d'élite, intervint l'homme qui avait assisté à la réunion dans le QG des Tueuses à Rome. Une unité est toujours prête à intervenir dans tout le pays. Si vous allez les chercher à Rome et que vous les déposer dans les bâtiments les plus au sud, ils pourront descendre des démons sans prendre de risque.

Ron sembla réfléchir quelques secondes puis échangea un regard avec elle :

- C'est toujours bon à prendre. Passe à Lupus, Ginny te fera un Portoloin.

Mélindra hocha la tête et s'ecclipsa en direction du Village de Lillendrine. Là-bas, elle fût soulagée d'apprendre que les derniers groupes étaient sur le point de partir. Ginny lui confectionna un énième Portoloin en grimaçant de fatigue.

- Je vieillis, dit-elle simplement en réponse à son regard inquiet. File.

Les tireurs d'élite – vingt hommes équipés de fusil de précisions et d'un large sac que Mélindra imaginait remplis de munitions – l'attendaient, le visage impassible sous leur casque noir.

- Attrapez-ça et ne le lâchez sous aucun prétexte, leur expliqua-t-elle en leur tendant la corde que Ginny avait ensorcelée.

Ils furent de retour sur sur la base arrière moldue quelques secondes plus tard et Mélindra attrapa aussitôt deux hommes par les épaules et s'éclipsa avec eux. A peine arrivés, les deux hommes se portèrent à une fenêtre dans la salle de classe où elle les avait emmenés et installèrent leur matériel. Le premier coup partit moins d'une minute après leur arrivée... Mélindra ne douta pas une seule seconde qu'un démon venait de s'écrouler.

Buffy passa sous la défense longue de deux mètres de l'énorme animal qu'elle affrontait et réussit enfin à planter sa hache à la base de la corne démesurée.

L'animal gronda, voulu se dégager : Buffy banda ses muscles et poussa de toutes ses forces.
La corne tomba à ses pieds et rendit le monstre ivre de rage. Pour ne pas se faire piétiner, Buffy saisit la collerette osseuse qui protégeait le coup de l'animal et s'y cramponna. Du coin de l'oeil, elle vit deux de ses soeurs empoigner la corne qui gisait au sol : d'un geste parfaitement synchronisé, elles attaquèrent le monstre avec.

Les plaques osseuses de l'animal ne purent arrêter la corne aussi dure que la pierre. Il était mort avant de toucher le sol.

- C'était le dernier ? Cria-t-elle pour couvrir le vacarme de la bataille.

Les trois Tueuses rescapées de leur combat face à l'énorme monstre hochèrent la tête positivement.

- Parfait, marmonna Buffy pour elle-même tout en jetant un regard haineux au corps de son adversaire.

L'animal faisait plus de trois mètres au garrot et les plaques osseuses qui protégeait son corps le rendaient presque invulnérable. Buffy avait vu quatre de ses sœurs tomber avant qu'elles soient arrivées à le terrasser.

Buffy monta sur le cadavre de la créature et détailla les alentours : le combat les avait éloignées des principaux affrontements et deux lignes de front se dégageait désormais. L'une au sud, où ses sœurs contenaient les démons le plus loin possible du lac, et l'autre où les magiques continuaient de garder les entrées menant au réfectoire.

- Allez soutenir nos sœurs au sud, je remonte ! Ordonna-t-elle aux trois femmes qui reprenaient leurs forces.

Juste avant de s'élancer en direction du lac, Buffy jeta un dernier regard en direction du ciel, soucieuse de localiser les Enlils.

Elle se figea en constatant leur absence.

Ron détaillait avec inquiétude l'écran où une vision infrarouge lui permettait de suivre l'évolution de la bataille en temps réel : les Tueuses réussissaient bel et bien à contenir les démons au sud-ouest mais, se faisant, étaient désormais trop éloignées du lac pour arriver à temps si jamais les magiques se retrouvaient submergés. La seule avancée notable en deux heures était la fin de l'évacuation des enfants. Les gamins étaient tous en sécurité au Village Lupus... Ron espérait juste qu'il n'avait pas condamner les combattants à mourir pour eux.

- Commandants, les Démons Majeurs battent en retraite ! Je répète, les Démons Majeurs battent en retraite !

Ron se leva précipitamment pour rejoindre les moldus près du poste de communication avec les avions de chasse. Les visages des différents haut gradés étaient soudainement plus détendus.

- Faites-moi sauter tout ce merdier ! Immédiatement !

La formule était loin d'être académique mais toutes les personnes présentes approuvèrent l'ordre dans un concert d'acclamation, puis d'applaudissements quand le bruit de l'explosion leur parvint, appuyée par les images satellites.

Déjà, le Colonel se tournait vers un de ses hommes :

- Romano ! Donnez l'ordre aux hélicos de décoller ! On va aider ces demoiselles à faire le ménage !

Ron aurait voulu savourer le soulagement et l'euphorie qui emplissaient la tente de commandement mais une pensée vint assombrir le moment :

Pourquoi diable les Démons Majeurs abandonnaient une bataille dont l'issue aurait très bien pu tourner en leur faveur ?

Mélindra détailla la plaie de la jeune Tueuse qui lui faisait face : trois profondes entailles parallèles avaient déchiré la chair jusqu'à l'os, ratant de peu l'artère.

- Je vais perdre mon bras ? Demanda l'adolescente d'une voix froide où il aurait été vain de chercher une émotion, à commencer par la douleur.

- Bien sûr que non, répondit-elle avant de faire briller ses mains.

Les saignements cessèrent et les bords de la plaie se rapprochèrent plus lentement que ce à quoi elle était habituée. Mélindra sentit une lame de feu vriller son cerveau de part en part et elle comprit qu'elle n'arriverait pas au bout de son travail de guérison.

- Je ne peux plus faire de miracle ce soir, lança-t-elle. Tu iras voir les médecins de l'armée pour qu'ils te mettent un bandage. Tes capacités de régénération feront le reste.

- J'aurais une cicatrice ?

- Probable.

- Super.

Mélindra secoua la tête sans pouvoir dire si c'était d'amusement ou de défaitisme et laissa sa jeune patiente s'éloigner. Elle se sentait soudainement plus lasse, maintenant que l'adrénaline refluait.

Elle embrassa les alentours du regard et ne pu s'empêcher de soupirer : tous les bâtiments de l'école avait subit de lourds dommages, le parc était recouvert de corps et les vivants qui étaient encore présents donnaient l'impression d'errer sans but précis.

- J'ai une impression de déjà vu, pas toi ?

Elle eut une grimace et serra les doigts qu'Harry venait d'emmêler aux siens.
- - On s'en est pas mal sorti, non ? Les enfants sont tous en sécurité, la Porte Noire a perdu deux bonnes centaines de monstres...

- L'école est à moitié détruite, vingt-trois Acathlants, trente-sept sorciers, onze Elémentaires sont morts. Buffy ne sait pas encore combien de ses sœurs y sont restées et un Démon Majeur a réduit un avion de chasse en poussière. Ah, j'oubliais, on compte un nouveau monstre sur notre liste.

- Potter, j'apprécierais que tu me laisses le rôle du pessimiste, s'il-te-plaît, grogna une voix à leur droite. Tu es livide, Mél'.

- Je viens de découvrir que les Êtres de Lumière peuvent s'épuiser... Des nouvelles ?

Draco vint passer un bras autour de ses épaules et Mélindra appuya sa tête sur son épaule. Elle se sentait vraiment fatiguée, ce qui ne lui était pas arrivée depuis la naissance d'Emily.

- Des bonnes et des moins bonnes.

- Les bonnes d'abord la Fouine.

Draco eut un grognement excédé et Mélindra n'eut pas besoin de relever la tête pour savoir qu'il venait de fusiller Ron du regard.

- Allez, Dray, ne te fait pas prier, intervint Ginny en assénant un coup de poing énergique dans l'épaule de l'ancien Serpentard quand elle passa près de lui, avant de venir se glisser dans les bras de son mari.

Draco fît claquer sa langue.

- Très bien... Outre le fait que tous les gouvernements magiques sont désormais derrière nous, cette attaque risque de faire cas d'école. Des négociations sont déjà en cours pour que les protections des hauts lieux magiques soient renforcés. Je ne serais pas surpris que des bataillons de Tueuses et de soldats moldus s'installent à proximité des écoles magiques. Et comme Potter nous l'a si bien fait remarquer, on a tout de même évité le pire cette nuit. Avec un peu d'organisation, les prochaines batailles seront réglées plus vites.

- Et les mauvaises nouvelles ?

Ils se tournèrent tous les cinq vers Hermione et trouvèrent leur amie au moins aussi épuisée qu'eux alors qu'elle avait aidé à soigner les blessés sans relâche depuis son arrivée à l'école.

- La presse a eu vent de l'histoire et on va devoir éviter la panique générale. On ne sait ni pourquoi, ni comment les démons ont attaqué cette école. Et surtout...

- On ne sait pas pourquoi les Démons Majeurs ont abandonné leurs troupes précipitamment, termina Ron pour lui.

- Une diversion ? Proposa Harry.

- C'est bien ce que l'on craint, marmonna Ron.

- Mais pourquoi ?

Personne n'avait de réponse à donner à Ginny aussi se contentèrent-ils d'échanger des regards graves avant de repartir aider les magiques et les soldats moldus.


Alors, votre avis ? N'hésitez pas à me laisser un petit mot à défaut de pouvoir m'envoyer des chocolats. C'est aussi délicieux et bien moins néfaste pour mes hanches.

A dans un mois !

Mis en ligne le 05/04/2015