Bonjour mes amours ! :D

Nous sommes jeudi, jour de publication ! Vous êtes quelques rares survivant-e-s, votre enthousiasme me fait toujours autant plaisir.

Quelques informations rien que pour vous, du coup : j'ai terminé l'écriture des dix premiers chapitres de la Drarry ! D'ailleurs, cette fic s'appelle Vae soli. Les autres l'apprendront plus tard, ce n'est pas grave. (a) Normalement, j'aurais plutôt dû me concentrer sur les Portraits et OS bonus, mais ce n'est pas grave, je m'organise. :p Et tous les missing moments sont corrigés maintenant, donc je suis tranquille avec ça aussi !

Quoi d'autre ? Je vois le bout de mes idées noires ici ! Peut-être le savez-vous, je suis anxiodépressixe (en tout cas, ça se remarque au fait qu'Hermione est toujours dépressive au début de mes fictions) et l'hiver n'est pas vraiment la saison idéale pour un climat positif. Mais ça commence vraiment à aller maintenant ! D'ailleurs, ça se voit un peu avec mes notes d'auteurice qui se rallonge, non ? :p Maintenant que la session d'examen est terminée, c'est le moment de me concentrer sur mon rapport de stage et mon Travail de Fin d'Etudes... que je peux aborder plus sereinement (c'est-à-dire sans crise d'angoisse rien qu'à l'idée qu'il faut le faire...).

Allez, je vais vous laisser avec ce missing moment. Pour celleux qui voulaient du Sébastien, en voilà ! :D

Réponse à la review anonyme :

Betameche : Coucou ! Je fais comme toi, même si j'ai beaucoup plus de patience quand il s'agit d'attendre entre les chapitres ! Enfin, j'aime la continuité, en fait. Je n'aime pas commencer une fic en cours de route, mais j'aime autant lire une fic terminée qu'en la suivant semaine par semaine. Juste que j'aime rester dans le même schéma pour la même fic. Je trouvais ça pas mal aussi, en effet ! A la base, c'était juste supposé me servir, pour la cohérence, pour avoir du solide sur lequel me baser (12 ans d'absence quand même, il faut les justifier et ça fait une fameuse durée, riche en vécus, expériences...). Mais autant en faire profiter aussi. :p T'en fais pas, je ne risque pas d'arrêter d'écrire ! :D C'est une grosse partie de ma vie. Bisous !

Merci à Lyra Muushya.


What is this pulling, tugging at my

Quelle est cette attraction, qui me tiraille

Limbs so heavy, dragging me down again

Les flancs si durement, me tirant une nouvelle fois vers le bas

Into the depths of cold blue water

Dans les profondeurs des eaux sombres

But don't believe me, I swear this isn't me

Mais ne me fais pas confiance, je te jure que ce n'est pas moi

I just want to feel the sunlight

Je veux juste sentir la lumière du soleil

Warm and soothing on my naked skin

Chaude et réconfortante sur ma peau nue

So I'm hoping this cold blue water

Alors j'espère que ces eaux sombres

Scrubs me clean

Me purifient

.

Oh my one, swear I'm trying

Je te promets que j'essaie

What good would it do lying

Quel bien cela fera de mentir

Saw something in the shadows

Je vois quelque chose dans l'obscurité

Drew me into the shallows

Qui m'attire dans les bas-fonds

.

I just want to feel the sunlight

Je veux juste sentir la lumière du soleil

Warm and soothing...

Chaude et réconfortante…

.

Whirlpool, Sea Wolf.


Missing moment 4 : Whirlpool (Le tourbillon)

Mai 2002 : Élia a trois ans

Hermione, Alexandra et Sébastien applaudirent, alors qu'élia éclatait de rire après avoir soufflé les trois bougies qui se dressaient sur son gâteau à la fraise et à la crème fraîche.

Sébastien se chargea alors de le découper en quatre énormes parts, avant de les distribuer à chaque personne installée autour de la table.

« Je ne mangerai jamais tout ça ! » se plaignit Hermione en voyant son morceau arriver vers elle.

Sébastien lui sourit, amusé. L'estomac d'Hermione se tordit. Il avait ce sourire absolument craquant et doux à la fois, et cet éclat dans les yeux qui ne laissait aucune doute sur ses sentiments envers elle.

Voilà quelques temps à présent qu'il la regardait de cette manière, et ce, à chaque fois que leurs regards se croisaient. Depuis la visite de Ron et d'Harry, pour être exact. Et, depuis lors, ils passaient beaucoup plus de temps ensemble. Hermione devait bien avouer qu'elle n'y était pas totalement indifférente…

Non, elle n'était pas amoureuse de lui. Mais, en trois ans et demi, c'était le premier homme qui la regardait de cette manière. Et ça, oui, ça lui faisait quelque chose. Elle ne s'était plus sentie importante et intéressante aux yeux de quelqu'un depuis longtemps. Depuis son aventure avec Malefoy, en fait. En plus, Sébastien était vraiment gentil avec elle et avec Élia, ce qui avait finalement beaucoup plus de valeur à ses yeux de mère. Parce qu'Hermione ne méritait pas autant d'attention que sa puce et, malgré tout, Sébastien lui en donnait énormément.

Oh ! Cela restait discret. Il n'était vraiment pas un sorcier intrusif. Mais il était attentif à ses besoins. Il se proposait souvent pour garder Élia quand Hermione semblait fatiguée. Il l'emmenait au parc pour qu'elle puisse se reposer pendant une heure ou deux. Parfois il venait le soir, elle s'endormait dans le canapé et, quand elle se réveillait, il avait fait la vaisselle ou le ménage avant de partir. Et ce, sans jamais rien lui demander en retour. Tout ce qu'Hermione était en mesure de faire pour lui rendre la pareille, c'était de l'aider dans ses cours.

Au début, il avait dit que ce n'était pas nécessaire. Alors, évidemment, Hermione avait insisté. Elle avait l'impression d'avoir une dette envers lui. Elle s'en serait voulu si elle n'avait pas pu lui rendre un peu de tout ce qu'il lui apportait. C'était un sorcier intelligent, il n'avait pas réellement besoin de son aide. Mais il fallait régulièrement se mettre à jour, et de façon autonome, dans les différentes cours, le droit était une matière en constante évolution. Et, tout ça, ce n'était pas forcément enseigné.

Ainsi, il avait finalement accepté. Ils s'étaient retrouvés tous les samedis, d'abord pour une ou deux heures, puis de plus en plus longtemps. À présent, il était pratiquement présent chaque jour après les cours, et weekends compris.

Sans être indispensable, sans qu'Hermione ne quémande sa présence, Sébastien remplissait un vide dans sa vie. Sans le combler totalement. Sans que ça ne l'empêche de penser qu'elle prenait de mauvaises décisions. Mais que pouvait-elle faire, après tout ? Elle se l'était promis pour elle, pour sa fille : elle voulait la laisser en dehors de ses problèmes d'adulte aussi longtemps que possible.

Même s'il était toujours difficile pour elle de rester loin de ses amis, elle en était arrivée à la conclusion que sa fille serait moins présente en étant scolarisée à Poudlard et, ainsi, elle n'aurait pas à porter sur ses épaules une mère accablée par les conséquences de ses choix. Même si l'entrée au Collège d'Élia pouvait sembler encore loin, Hermione n'envisageait pas de l'inscrire dans une autre école que celle qui l'avait aidée à grandir.

Après tout, aujourd'hui ou dans huit ans, ça ne ferait pas une grande différence, sinon qu'elle devait serrer les dents au quotidien. Si la perceptive ne l'enchantait pas, elle lui paraissait être la meilleure décision pour sa fille. Elle occultait bien sûr le problème quant à ses origines paternelles, mais Malefoy ne voudrait de toute façon pas d'elle, alors… elle se déculpabilisait à ce niveau.

Elle releva la tête de son assiette, apercevant la cuillère que lui tendait Sébastien, attendant qu'elle sorte de ses pensées. Elle l'attrapa, et son geste fut ponctué d'un clin d'œil de la part du jeune sorcier. Il faisait toujours preuve d'une extrême patience avec elle, alors qu'il lui semblait qu'elle était perdue depuis si longtemps dans ses pensées… Et ça arrivait tellement souvent, en plus.

Un peu plus tard, ce fut l'heure de déballer les cadeaux d'Élia, pour la troisième année consécutive.

De sa marraine, elle reçut une nouvelle peluche, représentant cette fois un chat. Élia ne jurait que par cela : elle n'était pas attirée par les poupées, uniquement par les peluches, avec lesquelles elle jouait pendant des heures, leur inventant de folles histoires, développant ainsi ses côtés rêveurs et créatifs. Elle disait que les poupées étaient moches, qu'elles lui faisaient peur parce que disproportionnées. Sur ce point, Hermione n'allait pas la contredire.

De Sébastien, elle reçut une robe de princesse violette qui la fit grimacer : elle détestait cette couleur. C'était tellement spontané que son expression fit rire tout le monde. Malgré tout, elle la mit immédiatemment, dans l'optique de faire plaisir à celui qu'elle considérait comme son parrain, bien que cela soit officieux.

D'Hermione, elle reçut un petit livre de contes qui s'ouvrait et s'animait de lui-même quand on prononçait les mots « s'il-te-plaît, raconte-moi une histoire ». Elle l'apprécia à sa juste valeur, sautant à tout va dans la maison, tournant sur elle-même en répétant des remerciemments à tue-tête. Son autonomie la poussait à lire seule le soir, même si elle inventait l'histoire, étant toujours incapable de lire véritablement les mots inscrits.

Enfin, de ses grands-parents, elle reçut un énième DVD d'un dessin-animé, au grand désespoir d'Hermione, qui n'aimait pas tellement les Disney. Heureusement pour elle, Élia avait plutôt tendance à lui réclamer les contes de Beedle le Barde avant d'aller se coucher, délaissant les contes de princesse, qu'elle regardait plutôt pour les jolies robes portées par les différentes protagonistes.

OoOoO

Juin 2002

Hermione et Sébastien préparaient leur examen du lundi suivant. Tous les deux n'avaient qu'une idée en tête : valider tous leurs cours pour accéder à leur cinquième et dernière année de droit. Ils avaient tous les deux choisi la spécialisation en coopération internationale, et partageaient donc les mêmes matières.

« Je n'aurais jamais pensé dire ça un jour, mais le droit magique des anglais manque un peu de social », lâcha Sébastien au bout d'un moment.

Hermione releva la tête de ses codes magiques, fronçant les sourcils.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

Le sorcier pouffa.

« Tu ne devrais voir ta tête, Hermy », se moqua-t-il gentiment, alors qu'elle secouait la tête de droite à gauche, en souriant. « Non, mais franchement. C'est barbare de placer des Détraqueurs devant une prison. C'est pire que la mort votre méthode. »

« Très belle approche pour une collaboration avec les Britanniques. Tu vas te faire des alliés, c'est certain », lui répondit Hermione, sans se départir de son sourire. « Et je te signale que les Détraqueurs ont quitté Azkaban en 1998. Maintenant, avant de continuer à faire le Troll, si tu reprenais tes révisions ? »

Sébastien lui lança un regard appuyé, lui signifiant « Vraiment ? Moi, un Troll ? », ce qui la fit éclater de rire.

Lorsqu'elle s'arrêta, elle croisa ses pupilles vert nacre. Elle n'avait jamais remarqué qu'elles avaient cette nuance de couleur, et elle trouva en cet instant que ça avait quelque chose de rassurant.

Les secondes qui suivirent, elle vit les deux pupilles se rapprocher d'elle, et au moment où elle sentit les lèvres de Sébastien toucher les siennes, elle avait fermé ses yeux. Ses lèvres étaient douces, exerçant une légère pression contre les siennes.

Hermione ne bougea pas, ne sachant pas si elle devait ou non apprécier le moment. Elle ne pouvait pas dire que c'était désagréable, mais une part d'elle-même lui répétait qu'elle n'avait pas le droit. Qu'elle n'était pas capable d'aimer, d'être en couple. Puis elle ne le méritait pas non plus. Elle n'était même pas en mesure de s'occuper d'elle-même, alors comment faire perdurer une relation ?

Alors que Sébastien reculait, jaugeant sa réaction, elle ne lui laissa pas le temps d'espérer.

« Je ne pense pas que ça soit une bonne idée… », lui avoua-t-elle précipitemment, sur un ton d'excuse.

Il lui sourit gentiment, mais elle perçut sa déception.

« ça ne fait rien. »

Il tenait vraiment à Hermione. C'était un amour avec tout le monde, à commencer par Élia et elle. Et, elle, elle lui brisait le cœur… Quelle sorte d'être infâme était-elle pour faire cela ?

Alors qu'il replongeait déjà dans leurs cours, comme si de rien n'était, ne faisant preuve d'aucune rancœur à son égard, souriant comme si rien ne comptait plus que l'instant partagé, Hermione commençait déjà à regretter ses paroles.

OoOoO

Juillet 2002

Alors qu'Hermione rangeait le linge qu'elle venait de repasser dans l'armoire de sa fille, son regard fut attiré par un tissu à voile d'une couleur bleu électrique qu'elle n'avait jamais vu auparavant. Intriguée, elle termina de ranger les derniers vêtements avant d'en sortir le dit tissu.

Comprenant de quoi il s'agissait, elle restait interloquée quelques secondes avant d'éclater de rire. C'était la robe de princesse, auparavant violette, que Sébastien avait offerte à Élia pour son anniversaire. (1)

Elle s'en rappelait comme si c'était hier : deux mois auparavant, déballant son cadeau d'anniversaire, sa fille avait grimacé de dégoût face à la couleur du tissu, qu'elle détestait par-dessus tout.

Aucun doute possible : sa fille manifestait ses premiers dons pour la magie. Peut-être pouvait-on également y voir une prédétermination pour le bleu des Serdaigle, mais il était encore trop tôt pour l'affirmer, et Hermione ne voulait pas vendre la peau de la Demiguise avant de l'avoir attrapée.

Septembre 2002

Hermione avait vu ses parents durant les vacances d'été. Ils étaient descendus de Londres pour passer l'entièreté de leurs jours de congé auprès de leur fille et de leur petite-fille. Ils avaient assuré à Hermione qu'ils n'avaient rien dit à ses amis. Elle les croyait, évidemment : à n'en pas douter, elle aurait reçu un enguirlandage en règle de la part de l'un d'eux si ça avait été le cas.

Mais c'était plus facile pour eux de ne rien dire. Hermione répondait à chacune des lettres qu'Harry et Ginny lui envoyaient, et elle savait qu'ils allaient à nouveau insister pour la revoir. Eux n'étaient pas confrontés à leurs relances.

Et cela n'avait pas tardé. Quelques jours avant la rentrée, Hermione avait reçu une lettre d'Harry. Il voulait la voir. Ginny aussi. Ron également, malgré les raisons de leur rupture. Partagée entre la culpabilité de continuer à leur mentir et la joie de les revoir, Hermione avait accepté de les retrouver après les cours.

Le vendredi de leur arrivée, Alexandra avait été chercher Élia à MiniBalais (2), l'école maternelle des sorciers de l'Hérault. Elle était tellement anxieuse que Sébastien avait tenu à l'accompagner, et elle n'avait pas pu le lui refuser.

Elle avait donc retrouvé ses amis, au bas des marches de l'école de Magie-Strature. Les deux sorciers les avaient dévisagés avec des yeux comme des ronds de flanc, tandis que Ginny sautillait sur place comme une cisburine.

« Je le savais ! J'en étais sûre ! Est-ce que je ne vous avais pas dit Hermione avait une bonne raison pour rester en France et qu'elle nous cachait quelque chose ? Non ? Non ? Aaaaaaaaaaaaaah ! » s'était écriée la benjamine Weasley avant de sauter sur Hermione pour la serrer dans ses bras.

Hermione s'était figée, ne comprenant pas très bien ce qui lui arrivait.

« Han tu m'as manquée ! Mais je suis tellement heureuse pour toi ! » s'exclama-t-elle.

Il fallut deux secondes supplémentaires à Hermione pour que la Noise tombe. Ginny pensait qu'elle sortait avec Sébastien. Elle ouvrit la bouche, voulant protester… puis elle réalisa que la rousse venait en réalité de lui offrir un alibi sur un plateau d'argent. Elle avait trouvé toute seule une justification crédible à l'absence prolongée d'Hermione. Une justification à laquelle Hermione elle-même n'aurait jamais pensé tellement c'était cruel pour le concerné.

Si Hermione parvenait à leur faire croire à une relation amoureuse avec Sébastien, elle aurait une excellente excuse pour rester en France aussi longtemps qu'elle voudrait faire durer cette relation imaginaire… Et si, en plus, l'idée venait de Ginny, ça ne serait que plus crédible encore.

La culpabilité lui tordit tout de même l'estomac. Mais, après tout, elle n'était plus à un mensonge près… Et, l'important, c'était qu'elle protégeait sa fille, pas vrai ?

Elle tourna la tête en direction de Sébastien qui, lui, semblait attendre sa réaction pour savoir comment se comporter. Hermione l'interrogea du regard pour lui demander son avis. Il hocha la tête, comme s'il avait compris. Visiblement, il allait jouer le jeu.

Harry et Ron approchèrent alors. Le premier avait un sourire conciliant, le deuxième avait le visage crispé. Ce n'était pas gagné à ce niveau, mais au moins, il était là. Il avait demandé à la voir. C'était probablement parce qu'il ne lui faisait plus la tête depuis la dernière fois… mais peut-être aussi que l'épisode allait engager une nouveau silence après son départ.

La culpabilité forma une boule dans l'estomac d'Hermione. Cette dernière n'était pas prête à se déloger. Après tout, Hermione ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Mais qu'allait-il penser quand la réalité éclaterait au grand jour ?

Trop Gryffondor pour agir avant de réfléchir. Suffisamment Serdaigle pour se rendre compte qu'elle fonçait droit dans le mur…

OoOoO

Octobre 2002

Jouant nerveusement avec sa plume, Hermione regardait Sébastien, qui rédigeait quelques notes par rapport à sa semaine de stage. Tous les deux avaient gardé cette habitude de se retrouver tous les samedis pour travailler ensemble, quand bien même leur expérience de travail ne se déroulait pas dans le même service, et donc qu'ils ne devaient pas effectuer des recherches dans la même direction. Travailler ensemble était tout de même motivant et permettait des échanges de leurs réflexions.

Elle devait bien l'admettre, Hermione lui était reconnaissante. Elle se le répétait, parce qu'elle n'arrivait jamais à trouver comment le remercier pour tout ce qu'il faisait pour elle et Élia. Sa présence quotidienne lui était bénéfique. Elle lui permettait de se focaliser sur le présent : ses études, sa fille.

Et, malgré son baiser volé et la relation qu'il n'avait pas démentie quelques semaines auparavant, il ne lui demandait rien. Absolument rien. Hermione lui était redevable, mais, à aucun moment, il ne lui faisait ressentir cela. Ça semblait si naturel pour lui… et c'était ce qui avait décidé Hermione.

« Seb' ? » commença-t-elle, hésitante malgré sa décision.

« Mmmh ? » fit-il en relevant la tête de sa direction, le regard voilé par la concentration.

Hermione se mordit la lèvre. Elle n'avait pas réfléchi à ce qu'elle voulait lui dire exactement, elle l'avait appelé sans vraiment savoir comment s'y prendre.

« Je… je ne t'ai jamais remercié pour tout ce que tu fais pour moi. »

« Tu n'as pas à me remercier, Hermione. Je ne me force pas », lui répondit-il en haussant les épaules.

Elle acquiesça plusieurs fois. De ça, elle n'en doutait pas une seule seconde.

« Oui, oui, je sais », répondit-elle précipitamment. « Mais tu n'étais pas non plus obligé de faire semblant d'être mon petit ami. »

Ses yeux se perdirent sur son visage. Son regard s'ancra au sien, lui tordant l'estomac.

« Oh ! ça… Non, je n'étais pas obligé. Mais tu n'aurais pas fait semblant si tu n'avais pas besoin d'une excuse. Et, pour Élia aussi, je pouvais bien faire ça. Ça ne m'a rien coûté. C'est même plutôt l'inverse, en fait », expliqua-t-il.

Hermione le dévisagea, perplexe. Elle aurait plutôt imaginé que ça avait été difficile pour lui, compte tenu de l'attirance qu'il éprouvait à son égard.

« Comme ça, c'est même plutôt l'inverse ? »

Les paupilles vertes échappèrent au regard interrogatif d'Hermione, se perdant quelque part au loin.

« Eh bien pendant une journée, j'ai eu l'impression d'être ton petit ami. Ce n'était pas désagréable. »

L'estomac d'Hermione se tordit davantage, perdue entre la culpabilité et la sensation agréable que suscitaient ses révélations. Les orbites vertes revinrent se poser sur elle, s'ancrant une fois de plus dans son propre regard.

« Mais ne te fais pas de soucis, j'ai bien compris la première fois. Je ne te demande rien, je me contente de l'amitié que tu veux bien me donner. »

La vue d'Hermione se brouilla, envahie par les larmes. Si son cœur ne battait pas en résonnance avec celui de Sébastien, elle n'en restait pas moins touchée par ses paroles : jamais auparavant, on ne lui avait dit quelque chose d'aussi gentil et respectueux de ses choix.

Alors cette fois, ce fut elle qui se pencha sur le visage de Sébastien. Ce fut elle qui initia le baiser. Et, cette fois, les langues se lièrent, conjuguant une tendresse mutuelle.

Hermione se perdit dans se tourbillon qui lui donnait autant une sensation de bien-être que l'impression d'être attirée dans des eaux sombres. Et elle se perdait de plus en plus profondément…

OoOoO

Décembre 2002

Ils fêtaient Noël en grand groupe. « Ils », c'était les membres du groupe habituel. Sébastien, Alexandra, Carlos et Angélique s'étaient réunis chez Hermione, qui possédait le plus grand lieu de vie de tous.

Il était vingt-deux heures, les cadeaux étaient dispersés autour du sapin qui trônait au milieu du salon. Élia s'était endormie dans le canapé et la joyeuse bande riait autour d'une raclette. Tous avaient déjà trop mangé, mais ils ne cessaient de se resservir, en nourriture comme en élixir viticole, boisson inévitable pour des Français, qu'ils soient sorciers ou moldus.

Hermione était un peu saoule, elle devait bien l'admettre. Voire même complètement éméchée. Mais elle se sentait comme dans une dimension parallèle, loin de ses problèmes. C'était agréable. C'était enivrant.

La soirée passa beaucoup trop vite. Aussi vite qu'un mouvement de baguette. Ils avaient déballé les cadeaux depuis longtemps, ayant tout de même attendu les douze coups de minuit dans une effusion de joie, puisqu'Élia s'était réveillée un peu avant, en alerte.

Puis chacun avait migré vers son studio ou chez ses parents, non sans un coup d'œil appuyé en direction d'Hermione et de Sébastien. Ce dernier n'avait pas cessé de la dévorer du regard durant toute la durée du réveillon, tandis qu'elle avait rougi à chaque coup d'œil, un peu aidée par l'alcool qui lui colorait les joues. Cela faisait deux mois qu'ils sortaient ensemble, et ses regards lui tordaient toujours l'estomac. Mais, cette fois, un rugissement semblait naître en elle, lui donnant chaud, aussi sûrement que l'alcool colorait ses joues.

Elle avait couché Élia dans sa chambre et, quand elle était revenue dans le salon, Sébastien était toujours là. Il l'attendait. Et sans qu'Hermione ne comprenne réellement ce qui lui arrivait, ou qui avait initié le mouvement, ils s'étaient jetés l'un sur l'autre, prenant la direction de la chambre d'Hermione.

Elle était allongée sous lui, quand il s'était arrêté dans sa pulsion, la regardant dans les yeux. Les joues d'Hermione avaient chauffé, mais l'alcool rendait flou le visage de son petit ami. Elle lui avait souri, enjaillée par l'excitation et l'ivresse.. Pour la première fois depuis si longtemps, elle ressentait du désir…

« Ne crois pas que je n'en ai pas envie… mais ce n'était peut-être pas une bonne idée si on a bu », souleva Sébastien.

Elle n'était toujours pas amoureuse en deux mois de relation, mais elle se sentait bien avec lui et, en cet instant, elle avait envie de partager quelque chose de plus intime avec lui. Était-ce mal ? Son cerveau était trop engourdi pour lui donner une réponse. Ou, en tant cas, une réponse autre que « Oh ! Après tout, on s'en fout ». Parce que c'était bien ce qui dominait en cet instant : personne n'avait dit qu'on devait être amoureux pour avoir une relation. Sa vie n'avait de toute façon rien de conventionnelle. Et elle se sentait bien avec Sébastien…

« Mais j'en ai quand même envie… », souffla-t-elle d'une petite voix. « Je ne regretterai pas demain… »

Le visage de Sébastien s'illumina soudainement, avant de fondre sur le sien, happant ses lèvres dans sa chute.

Alors, comme à chaque baiser, Hermione se perdit. Mais cette fois, ce fut plus intense. Ce fut plus profond. Elle était attirée dans une profondeur qu'elle n'estimait pas elle-même. C'était irrésistible, c'était peut-être bien ou mal, elle ne savait pas. Mais elle était entraînée, comme dans un tourbillon.

Après tout, tout ce qu'elle voulait c'était du réconfort. Ce n'était pas vraiment elle qui agissait, mais elle espérait se retrouver en agissant ainsi, d'une certaine manière.

Janvier 2003

Hermione et Élia longeaient le bois qui se trouvait sur le chemin entre l'établissement préscolaire et la maison. Hermione venait enfin de terminer ses examens, elle avait droit à une semaine de congé. Elle allait entamer son dernier quadrimestre de cours, et ça avait quelque chose d'étrange. Et d'inquiétant : bientôt, il lui faudrait annoncer à ses amis qu'elle n'était pas prête à revenir au Royaume-Uni. Même si elle avait excuse servie sur un plateau d'argent, elle faisait durer le mensonge…

Elle sourit en voyant Élia s'extasier sur toutes les plantes qui longeaient le trottoir et qui donnaient sur un bois. Puis soudainement, elle s'arrêta, fixant sa mère.

« Maman ? »

« Oui, ma chérie ? »

« Tu sais, mes copains Louis et Léon ? Ils sont rigolos. Et ils savent plein de choses. »

Hermione sourit. Louis et Léon étaient des frères jumeaux qui vivaient dans la même rue qu'elles. Élia les avait rencontrés au gardiennage, et tous les trois passaient le plus clair de leur temps ensemble.

« On pourra les inviter à la maison un jour, si tu veux. »

« Je veux bien », répondit Élia d'une voix légère et presque désintéressée, avant de reprendre la route, toute guillerette.

Elle ne se doutait pas de la surprise que sa mère lui réservait. En effet, ses grands-parents l'attendaient à la maison et allaient s'occuper d'elle tout le weekend pour qu'Hermione puisse se reposer un peu.

Lorsqu'elles arrivèrent sous le perron de la porte, Hermione ne put retenir un sourire en imaginant le tourbillon de joie qu'allait devenir sa fille dans quelques instants. Elle lui ouvrit la porte, et pendant qu'Élia lui parlait de ses deux amis en retirant chaussures et veste, Hermione vit ses parents approcher en silence.

Face à l'absence de réponse de sa mère, Élia releva la tête pour comprendre la raison de son silence, découvrant ainsi la supercherie.

« Papyyyyyyyyyy ! » s'écria-t-elle en courant dans ses bras, tandis que ce dernier la soulevait pour la prendre dans ses bras.

« Comment va ma petite-fille préférée ? », lui demanda-t-il.

Élia fronça les sourcils d'un air sceptique.

« Je suis ta seule petite-fille, papy », lui rappela-t-elle, provoquant le rire des adultes.

« C'est vrai, tu as raison. Mais tu es quand même la préférée dans mon cœur », lui affirma Henry Granger.

Élia écarquilla les yeux, visibilement surprise des propos de son grand-père.

« Ta préférée de toutes les personnes que tu connais ? » lui demanda-t-elle sur un ton qui trahissait son étonnement.

Il déposa un doux baiser sur sa tempe.

« C'est exactement ça. »

Hermione sourit. Même dans le tourbillon qui l'amenait dans les profondeurs des ténèbres, sa fille lui apportait une luminosité presque réconfortante.

OoOoO

Drago débutait sa quatrième et dernière année d'études. Il avait choisi de se spécialiser dans les relations extérieures et, pour la première fois depuis des années, son père avait approuvé sa décision.

Il n'avait prononcé que deux mots, « bon choix », d'une voix morne et dénuée d'intérêt. Mais il avait approuvé, et Drago en avait eu le souffle coupé, avant que son rythme cardiaque ne reprenne, plus intensément.

Il priait les quatre fondateurs, mais il se sentait enfin sur la bonne voie pour obtenir la reconnaissance de Lucius.

À côté de cela, il avait commencé un stage rémunéré au sein d'une boîte privée. Il mettait cet argent de côté car, suivant les traditions des Sang purs, il devrait bientôt demander la main d'Astoria à son père et, si ce dernier acceptait, il devrait mettre les plats dans les grands pour une demande en bonne et due forme.


(1) et (2) Merci à MissPika42 pour m'avoir soufflé ces brillantes idées.

Je vous dis à la semaine prochaine pour le cinquième missing moment et... le premier Portrait ? (a) J'hésite encore entre ce dimanche et celui d'après, mmmh.

Paillettes de licorne sur vous !