Salutations très chers !
Me revoilà cette semaine avec un chapitre un peu moins joyeux, mais un peu plus utile au niveau de l'avancement de l'histoire. (On ne peut pas tout avoir..)
Bleunta : Si as des liens à me passer pour les fics que tu as vu où Fei Wang était sympa je suis preneuse ! Personnellement je ne l'ai vue que dans des rôles de méchant, alors je serais curieuse de lire ça. Sinon, tu as raison, le plus à plaindre ça reste Ashura parce que lui il s'en prend clairement plein la tronche. x)
Je les aime bien les girafes, je les trouve majestueuses ! :D
Et oui, il ne faut pas non plus oublier que Fye est un pessimiste dans l'âme. Quant à la question de savoir s'il raison ou tort, l'avenir nous le dira..
Bonne lecture ! ;)
-J'ai quelque chose pour toi, Fye.
Un sourire enfantin apparu sur le visage du blond.
-C'est quoi ?
-Ouvre-le.
Kurogane lui tendit le paquet qu'il avait pris soin d'emballer en cachette. La veille le voyage les avait trop épuisé pour qu'il trouve le courage de lui offrir. Son petit-ami arracha le papier sans aucun scrupule, et éclata de rire en découvrant son contenu.
-Tu es sérieux ? Éclata t-il de rire en détachant les oreilles de leur emballage.
-Quand je les ai vues, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à toi.
-C'est un compliment j'imagine ? Gloussa t-il en les mettant sur sa tête.
Le brun avait vu juste. Fye était craquant avec des oreilles de chat. Ça lui donnait presque envie de lui faire des grattouilles dans le cou pour l'écouter ronronner.
-Merci Kuro-choupi, c'est trop mignon ! S'exclama le blond en le gratifiant d'un baiser.
-Tu sais ce que ça me rappelle ?
-Non, quoi ?
-En terminale, on était allé à une fête où tu avais tellement bu que tu te prenais pour un chat.
-Tu as raison, je m'en souviens. Je courrais partout en miaulant, et toi tu me poursuivais pour que j'aille me coucher.
Les deux hommes furent pris d'un tel fou rire qu'il leur fallut plusieurs minutes avant de se calmer. Cette soirée avait été mémorable, et elle avait valut une sacrée réputation à Fye pendant plusieurs mois. Kurogane se revoyait encore en train de traîner son petit-ami miaulant à la mort vers une chambre. Sur le moment, il n'avait pas trouvé ça si hilarant que ça, mais aujourd'hui il en gardait un bon souvenir.
-Tu peux me l'avouer tu sais... Finit par lui signaler le blond quand ils se furent remis.
-T'avouer quoi ?
-Que tu ne m'as pas fait ce cadeau innocemment.
-Je ne vois pas de quoi tu parles ! Démentit-il.
-Vraiment ? Alors tu ne veux pas que je les garde pour faire l'amour ?
La réponse était évidement que si. Ça lui allait tellement bien !
-J'ai pas dit ça.
-Donc tu avais bien une arrière pensée, gloussa Fye avec un air taquin.
-Je vais t'en donner de l'arrière pensée ! Grommela Kurogane en se jetant sur lui.
Le jeune homme se mit à crier, et tenta de le repousser en riant, mais il se calma rapidement en réalisant qu'ils n'étaient pas seul dans l'appartement. Ils commencèrent à s'embrasser et se déplacèrent vers le lit pour être plus à l'aise. Le brun passa ses mains sous le t-shirt de son petit-ami. Sa peau était incroyablement douce. Il ne put cependant pas en profiter bien longtemps car l'Anglais entrepris de lui enlever son propre haut. Il tenta bien d'y revenir mais l'autre attrapa ses mains pour l'en empêcher.
Kurogane se tortilla de façon à faire comprendre à Fye qu'il voulait rompre le baiser. Cette fois s'en était trop ! Le blond ne pouvait plus le nier, il avait définitivement un problème avec les contacts physiques. Même pendant les préliminaire il ne pouvait pas le toucher, c'était quand même un signe ! À travers les vêtements cela semblait lui poser moins de problèmes, mais sur la peau nue ce n'était même pas la peine d'essayer. Lorsqu'ils faisaient l'amour, Fye profitait du fait d'être au dessus pour lui bloquer les bras, et le reste du temps, il se débrouillait pour éviter les contacts. L'autre fois dans la salle de bain, il lui avait laissé une chance de s'expliquer et il avait nié le problème. Aujourd'hui, il ne se ferait pas avoir à nouveau. Il voulait des réponses, et son petit-ami allait les lui donner.
-Fye, ça ne peut plus durer.
-De quoi tu parles ?
-Tu me dis que les contacts physiques ne posent pas de problème, mais je vois bien que tu mens. À chaque fois que je tente de toucher ta peau, tu trouve un moyen de me repousser. Tu as beau faire ça discrètement, je me rend compte que c'est systématique. Si tu n'aimes pas qu'on te touche tu as juste à me le dire, au fond je m'en fiche, mais parle moi bordel !
Le blond eut un sourire entre l'amusement et le dépit.
-Désolé de te dire ça, mais tu te fais des idées Kuro.
-Non, je suis sûr que non.
-Il est tard, tu veux vraiment parler de ça maintenant ? Geint l'Anglais en recommençant à l'embrasser.
Cette fois-ci, le brun s'y attendait alors il n'eut pas de mal à le repousser.
-Arrête, gronda t-il, irrité.
-Quoi ?
-Quand la conversation te plaît pas soit tu te barres, soit tu te débrouille pour que ça finisse au lit. À un moment il va falloir arrêter de fuir ! Tu ne pourras pas éviter le sujet éternellement.
Le visage du blond se ferma. Il descendit de son petit-ami, et commença à marcher dans la pièce. Kurogane s'assit sur le bord du lit. Il tenta de capter le regard de son amant, mais ce dernier lui tournait résolument le dos.
-Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Finit-il par soupirer. De toute façon tu as décidé que je ne te disais pas la vérité, alors à quoi bon ?
-Je te fais confiance Fye, ce n'est pas la question. Sur ce sujet par contre, je sens que tu me mens. Tu as sûrement tes raisons, mais pour une fois j'aimerais que tu me dises les choses toi même plutôt que je les découvre par hasard.
Fye s'immobilisa et commença à croiser les bras. Lorsqu'il se tourna vers le brun, celui-ci compris qu'il était vraiment irrité. Il était sincèrement désolé de devoir en arriver là, seulement c'était le seul moyen. Son petit-ami refusait sûrement d'en parler parce que le sujet était sensible, et c'était exactement pour cette raison qu'il insistait. Son but n'était pas de le brusquer, au contraire. Tout ce qu'il voulait savoir c'est ce que le jeune homme acceptait ou non qu'il fasse. S'il ne pouvait pas le toucher, il s'en accommoderait. Il avait juste besoin de connaître les limites.
-Il n'y a aucun problème, déclara fermement le blond.
-Vraiment ? Aucun ?
-Oui.
Excédé, Kurogane se leva, et se dirigea droit sur Fye. Ce dernier eut un léger mouvement de recul, effrayé par la colère couvant dans son regard.
-Très bien, dans ce cas tu ne devrais pas avoir de problème avec ça ! Gronda le brun, qui souleva le t-shirt de son vis à vis.
Sans lui laisser le temps de réagir, il posa sa main sur son ventre nu. L'Anglais bondit en arrière.
-Qu'est-ce que tu fais ? Couina t-il en continuant de reculer.
-Selon toi, tout va bien. Je veux une preuve.
Le blond ouvrit et referma plusieurs fois la bouche dans une tentative désespéré de trouver quelque chose à dire. Il finit par se trouver adossé au mur. Kurogane en profita pour venir glisser ses mains sous son t-shirt. Il pouvait sentir tous les muscles de son petit-ami se contracter, essayant de s'éloigner de lui autant que possible. S'il avait pu s'enfoncer dans le mur il l'aurait probablement fait.
-Arrête... Gémit-il.
-Pourquoi ? Tout va bien non ?
-S'il te plaît...
Fye supporta son contact une dizaine de seconde de plus, avant de brusquement repousser ses mains. Son visage avait changé de couleur, et sa respiration était saccadée. Le jeune homme fit mine de s'enfuir, mais le brun l'attrapa par le bras et le ramena contre le mur.
-Tu vas continuer à prétendre qu'il n'y a pas de problème maintenant ? Demanda t-il, acerbe.
-Lâche moi.
-Il faut que tu me parles, je t'en prie. Tu ne peux pas tout me cacher.
-Lâche moi, répéta t-il en le repoussant brusquement.
Étonnement, le blond paraissait effrayé et non pas énervé. Il profita d'ailleurs de sa surprise pour fuir à l'autre bout de la pièce. Sentant qu'il venait de merder, Kurogane tenta de s'excuser :
-Désolé, je me suis emporté. Tout ce que je veux c'est qu'on puisse avoir une vraie discussion...
Son petit-ami l'ignora royalement. Sans un mot il attrapa le jogging qui lui servait de pyjama, ainsi que son oreiller, avant de se diriger vers la porte.
-Qu'est-ce que tu fais ?
-Je vais dormir sur le canapé.
-Non, attends. Reviens ! L'appela t-il, en vain.
Lorsque la porte se ferma, il faillit lui courir après. Il se retint car dans l'état actuel des choses, suivre Fye ne ferait qu'empirer les choses. Abattu, le brun se laissa tomber sur le lit.
-Merde... Mais quel con ! Se fustigea t-il.
Qu'est-ce qui lui avait pris de faire un truc pareil ? Il avait cru que prouver à son petit-ami la réalité du problème était la bonne solution. Son but était de le secouer pour le faire réagir, mais à la place il lui avait fait peur. Fye était si fragile, le pousser dans ses retranchement était la pire des idées. L'autre allait probablement lui en vouloir à mort après ça. Il n'avait plus qu'à ajouter ça à la longue liste de ses échecs avec Fye. Décidément, il faisait tout de travers...
Déprimé au possible, Kurogane alla se coucher. Malgré tout ses efforts, le sommeil refusa de venir. Plus les heures défilaient et plus il se sentait minable. Il imaginait sans problème l'Anglais en train de pleurer seul sur le canapé. À plusieurs reprise il dut se faire violence pour ne pas se lever et aller le voir.
Aux alentours de cinq heures du matin, il finit par tomber d'épuisement. Son réveil sonna une heure et demie plus tard, le faisait gémir de désespoir. Il était tellement fatigué qu'il lui fallut plusieurs minutes avant de trouver la force d'éteindre la sonnerie. Conscient qu'il avait plus qu'abusé de la qualité de meilleur ami de son patron ces derniers temps, il se força à aller travailler.
Lorsqu'il émergea enfin de sa chambre, il fut très surpris de trouver le canapé du salon inoccupé. Si Fye ne s'y trouvait pas, alors où était-il ? Une boule se forma dans son estomac. Il n'était quand même pas parti ?
-Tu as vu Fye ? Se renseigna t-il fébrilement auprès de Seishiro, en entrant dans la cuisine.
-Oui, il est dans ma chambre, le rassura son ami.
-Ouf, j'ai cru que... Attend quoi ?! Qu'est-ce qu'il fout dans ta chambre ?
-Fais moi disparaître ce ton accusateur, tu veux bien ? Grinça le borgne, un peu vexé. Il a une excellente raison d'y être figure toi.
Kurogane réalisa que son ton avait peut être été un peu sec. Ce n'était pas le moment de se mettre également son meilleur ami à dos.
-Désolé, j'ai mal dormi, s'excusa t-il.
-Je me doute oui. Et pour te répondre, Fye est dans ma chambre parce que je lui ai proposé d'y finir sa nuit quand je l'ai trouvé sur le canapé ce matin.
Le brun soupira, et s'effondra sur une chaise. Il se servit une grande tasse de café et s'efforça de la boire entièrement. Seishiro lui lança un regard désolé mais ne fit pas de commentaire. Ils restèrent silencieux pendant tout les trajet jusqu'à leur lieu de travail.
-Écoute, je sais bien que je ne suis pas très calé en problèmes de couples, mais... tu veux qu'on en parle ? Proposa le borgne pendant qu'ils étaient dans les vestiaires.
-J'en sais rien... Pas vraiment.
Il était assez démoralisé comme ça. Tout raconter à son meilleur ami n'allait pas l'aider à arranger les choses. Autant se concentrer sur autre chose tant qu'il était au travail.
D'un autre côté, en y réfléchissant, peut être qu'en discuter avec Seishiro n'était pas une si mauvaise idée. Après tout, son ami possédait des informations qui pourraient s'avérer intéressantes.
-En fait si, il y a bien quelque chose que je voudrais te demander, avoua t-il.
-Vas y, je t'écoute.
-Je sais que ma question va te paraître étrange, surtout venant de moi, mais c'est super important.
-Déconne pas, tu va me faire flipper !
Le brun n'arrivait pas à croire qu'il allait lui demander ça. Il respira un grand coup et se lança :
-Quand Fye et toi vous étiez..''au lit'', tu te rappelles s'il te laissait le toucher ? Dans le sens caresser sa peau, ou des trucs du genre.
Seishiro ne lui rit pas au nez comme il l'avait craint. L'homme prit une expression concentrée, se replongeant dans ses souvenirs. Heureusement -et malheureusement à la fois- ce n'était pas si lointain donc il ne devrait pas avoir trop de mal à se remémorer.
-Maintenant que tu le dis... je ne pense pas. C'était tout le temps lui qui me touchait, et pas l'inverse.
-C'est bien ce que je craignais. Cela dit, je préfère savoir qu'il fait ça avec tout le monde et pas seulement moi.
N'ayant pas une folle envie d'aller s'entraîner pour le moment, Kurogane décida à la place d'expliquer ce qui s'était passé au borgne. Il lui relata le moment où il avait commencé à avoir des doutes sous la douche, ainsi que leur conversation de la veille.
-Tu penses que ça a un rapport avec les cicatrices dans son dos ? S'interrogea son patron.
-Ça pourrait être le cas, mais de ça non plus il ne veut pas me parler...
Il y avait encore tellement de mystères non résolu autour de Fye. D'où venaient ses cicatrices ? Qu'est-ce qui lui était arrivé d'assez grave en Angleterre pour qu'il tombe en dépression ? Pourquoi ne supportait-il plus qu'on le touche ?
C'était presque effrayant de voir toutes les choses qui lui restaient à découvrir à son propos. Parfois il n'était pas sûr de vouloir vraiment savoir la vérité. Si les choses étaient aussi graves qu'elles paraissaient, il valait sûrement mieux qu'il reste dans l'ignorance.
-Tu sais, à bien y réfléchir, je viens de remarquer un truc, déclara Seishiro. De toutes les fois où on a couché ensemble, il ne m'a jamais laissé être au dessus. Évidemment je n'étais pas passif, mais il était toujours littéralement sur moi. Je pensais que c'était parce qu'il préférait dominer... Maintenant j'en viens à demander s'il n'y avait pas une autre raison.
Kurogane n'eut pas à beaucoup réfléchir pour réaliser qu'il faisait le même constat que le borgne. C'était Fye qui était au dessus à chaque fois. C'était toujours lui qui menait la danse, et pas l'inverse. Est-ce que ça aussi ça faisait partie du problème ?
-Merde t'as raison, c'est pareil pour moi. Je crois que les choses sont pires que ce que j'imaginais...
-Il vaut mieux que tu t'en rende compte maintenant, comme ça vous pourrez tout régler d'un seul coup.
-Tout régler ? Et comment je suis sensé faire ça ? D'un coup de baguette magique ? Je ne sais même pas s'il veut encore me parler, gémit-il.
-La seule solution c'est que vous en discutiez posément. Tu vas devoir garder ton calme, et t'efforcer de le rassurer assez pour qu'il arrête de fuir.
-Ça paraît presque simple dit comme ça. Si seulement j'avais été moins con hier soir.
Seishiro l'attrapa et le tira contre lui. Le brun posa sa tête sur son épaule.
-T'inquiète pas, je suis sûr que tout va s'arranger. Vous vous aimez trop pour laisser une petite dispute vous séparer.
C'était bête mais ça eut au moins le mérite de le réconforter un peu.
Plusieurs fois durant la matinée, Kurogane envisagea d'envoyer un message à son petit-ami. Il supportait assez mal de savoir qu'ils étaient en froid. Il s'abstint car il savait que si l'autre l'ignorait, ça rendrait les choses encore plus dures. Il se contenta donc de ronger son frein en silence. Intentionnellement il arbora son air le plus patibulaire pour faire fuir les clients qui auraient pu avoir la mauvaise idée de lui demander conseil.
À l'heure du déjeuner, il se proposa de rester pour garder le club. Il n'était pas d'humeur à plaisanter avec ses collègues. Seishiro tenta de le convaincre que se changer les idées lui ferait le plus grand bien, mais il l'ignora. Il grignotait vaguement un sandwich insipide lorsque Shaolan entra dans la salle. Après quelques secondes de recherche le jeune homme posa son regard sur lui, et vint dans sa direction. Le brun n'avait pas très envie de le voir, mais maintenant qu'il était là, il ne pouvait pas décemment le chasser.
-Bonjour Kurogane, le salua t-il. Je passais dans le coin, et je me suis dis que pouvait en profiter pour aller te voir.
-C'est gentil. Comment vas-tu depuis la dernière fois ?
Ils échangèrent quelques phrases, à propos de la météo, des examens de Shaolan dont les résultats ne devraient plus tarder, et de sa pseudo amitié avec Sakura, mais il y avait comme une sorte de malaise entre eux. Kurogane compris pourquoi lorsque le châtain finit par lui avouer qu'il n'était pas là par hasard.
-Je sais que ma démarche va te paraître étrange, mais elle ne l'est pas tant que ça en réalité. En fait, j'ai rencontré Henry, c'est pour ça que je suis venu.
-Quoi ? Comment ça ?
-On s'est croisé en ville par hasard. On a commencé à parler, et de fil en aiguille, on s'est retrouvé à prendre un café.
-Okay. Qu'est-ce que j'ai à voir là dedans ?
Il avait bien une petite idée de la réponse, mais il espérait se tromper. Shaolan se tortilla sur place, gêné.
-Je sais que ce n'est pas à moi de te dire ça... Depuis que j'ai parlé à Henry, j'ai énormément réfléchi, et il y a une question que je dois vraiment te poser.
Les choses ne prenaient pas une bonne tournure du tout.
-Vas y, soupira t-il.
-Tu es vraiment sûr de ce que tu fais avec Fye ?
-Oui, évidement !
-Tu as abandonné ton ancienne vie du jour au lendemain, quasiment sur un coup de tête, et je suis pas certain que tu aies réellement réfléchi à tout ça avant de te lancer.
Ils n'allaient pas encore revenir là dessus ? Kurogane n'était pas vraiment d'humeur, et en plus ils en avaient déjà parlé la dernière fois.
-Détrompe toi, j'ai passé des semaines à y réfléchir. Ça a failli me rendre dingue d'ailleurs. Peut être que mon choix final s'est effectué sur un coup de tête, mais je n'ai fait qu'écouter ce que mon cœur me disait. Je crois que pour ce genre de décision, notre instinct est souvent le bon.
-C'est possible oui, mais il peut aussi se tromper.
-Où est-ce que tu veux en venir à la fin ? S'énerva le brun, qui avait le sentiment de tourner autour du pot.
-Tu n'as pas vu dans quel état est Henry depuis que tu l'as quitté. J'ai failli ne pas le reconnaître. Ça l'a complètement détruit. Il t'aime encore, il est fou amoureux de toi ! Tu peux encore le récupérer si tu veux. Je suis sûr qu'il est prêt à te donner une autre chance si tu reviens maintenant.
Kurogane laissa tomber sa tête entre ses mains. Pourquoi tout était toujours si compliqué ? Entre son petit-ami qui ne voulait plus lui parler, et son ex qui refusait que leur histoire soit finie, il passait vraiment une journée de merde. Combien de fois allait-il devoir répéter qu'il n'y avait plus de retour en arrière possible ? Il avait dû faire un choix entre Henry et Fye, et ce choix était définitif. Depuis le moment où il s'était précipité à la gare, tout ses doutes avaient disparu. Fye était le bon, il n'y avait rien d'autre à ajouter.
-C'est Henry qui t'envoie ?
-Non. J'ai décidé de venir tout seul. J'ai senti à quel point il t'aimait, et je me suis dit que je devais au moins essayer de te raisonner.
-Shaolan, je vais être très clair avec toi. Premièrement, je n'apprécie pas particulièrement qu'on se mêle de ma vie sentimentale, mais disons que je te pardonne parce que c'est moi qui aie commencé à te la raconter. Deuxièmement, oublie tout de suite cette idée ridicule selon laquelle il reste de l'espoir pour Henry et moi. Tu désapprouves ce que j'ai fait, et il y a de quoi, mais je ne vais pas revenir en arrière. Je suis désolé de faire souffrir autant Henry, je le suis vraiment, mais je ne peux rien pour lui. Je ne l'aime plus, et je suis avec Fye maintenant. Laisse tomber, d'accord ? Je ne veux surtout pas que tu lui donnes de faux espoirs !
-D'accord, très bien... Soupira Shaolan. C'est toi qui vois. Je voulais juste que tu le saches.
Ils tentèrent vaguement de reprendre une conversation normale, mais l'ambiance entre eux était trop tendue. Le jeune homme finit par prétexter un rendez-vous pour partir. Kurogane n'arrivait toujours pas à croire ce qu'il venait d'entendre. Il savait que son ami n'était pas fan de son couple avec Fye, mais il ne s'était pas rendu compte que c'était à ce point. Seishiro fut moins choqué que lui quand il le lui raconta. Le borgne avait prédit que sa rupture avec Henry n'allait pas plaire à tout le monde. Le brun n'avait pas encore croisé d'amis qu'ils avaient en commun avec son ex, mais il était loin d'avoir hâte. De toute façon, il avait un autre problème bien plus urgent en tête.
Lorsqu'ils rentrèrent à l'appartement avec Seishiro, Kurogane avait les mains moites. Fye et lui ne s'était pas parlé de la journée, il ne savait donc pas du tout à quoi s'attendre. Il ne savait même pas si son petit-ami serait toujours là. En ouvrant la porte de sa chambre, il trouva le jeune homme assis sur le bord du lit.
-Viens, l'appela t-il en désigna la place libre à côté de lui.
Le brun laissa tomber ses affaires par terre. Sans poser de question, il s'installa à son tour sur le lit.
-J'ai beaucoup réfléchi aujourd'hui, commença le blond. Je n'ai même fait que ça, et j'en suis arrivé à la conclusion que tu avais raison. Je te cache trop de choses pour que notre couple puisse fonctionner. J'ai toujours peur de ce que tu pourrais découvrir, et toi tu cherches constamment à deviner ce que je refuse de te dire. Comment veux-tu qu'il y ait de la confiance entre nous ?
Kurogane était parfaitement d'accord avec lui. Il voulait bien faire des efforts, mais l'Anglais allait devoir en faire de son côté pour que ça fonctionne.
-C'est pour ça que j'ai décidé qu'il était temps que te parle de certaines choses, poursuivit-il. À commencer par le fait que je déteste effectivement qu'on me touche. Tu avais bien deviné hier, je te repousse toujours à cause de ça. C'est pitoyable comme excuse, mais je ne voulais pas t'en parler parce que j'avais peur que ça t'effraye.
-Pourquoi est-ce que ça m'effrayerait ? Tout ce que je demandais c'est que tu me le dises. Les choses deviennent plus simple si je connais les limites.
-Tu découvres tous mes problèmes petit à petit, et je me dis qu'à force de les accumuler, tu vas finir par t'enfuir en prenant conscience de l'ampleur du problème.
S'il n'avait pas craint de le vexer, le brun aurait soupiré. Cette peur de l'abandon était vraiment récurrente chez lui. Ce n'est pas qu'il en avait marre de se répéter, mais il avait le sentiment de faire deux pas en arrières pour un pas en avant.
-Désolé de te décevoir, mais je ne compte pas m'en aller de sitôt. Je t'ai dit que je t'aiderais à aller mieux, et c'est ce que je vais faire, mais pour ça, il faut que tu y mettes du tien.
-D'accord, je vais essayer.
Kurogane repensa à sa conversation avec son meilleur ami. Leurs constatations avaient soulevé un certain nombre de questions dans sa tête. Pour une fois, Fye semblait enclin à parler, peut être était-ce le bon moment pour les lui poser ?
-A ce sujet, j'ai remarqué que tu veux toujours être au dessus quand on fait l'amour, est-ce que c'est... ?
Le britannique eut un rire désemparé.
-Tu es tellement perspicace... Comment j'ai cru pouvoir te cacher ça ? Se murmura t-il pour lui même. Tes suppositions sont exactes. J'ai besoin d'avoir le contrôle sur mes mouvements, et mes actions, c'est pour ça que je ne te laisse pas dominer. J'imagine que c'est un peu lassant pour toi, je suis désolé.
-Arrête de t'excuser, ce n'est pas de ta faute.
-Qu'est-ce que tu en sais ?
Il marquait un point. Il se rendait compte que Fye venait de faire un gros effort pour lui avouer tout ça, donc il se voyait mal lui demander les raisons qui avaient provoqué ce blocage. Cependant, s'il lui demandait de confirmer une hypothèse, ce n'était pas pareil, non ?
-Je peux te poser une dernière question ?
-Vas y.
-Est-ce que tout ça a un rapport avec tes cicatrices ?
Le jeune homme changea de couleur. Kurogane eut peur qu'il parte en courant, mais il n'en fit rien. Il resta assis à côté de lui, complètement immobile, les yeux dans le vague. Soudain, le blond attrapa sa main, et la serra fort dans la sienne.
-Je n'ai pas envie d'en parler... Souffla t-il, à peine assez fort pour qu'il l'entende.
-Je compre...
-... mais tu as le droit d'en savoir au moins un peu, le coupa Fye. Tu acquiesces à tout ce que je te raconte sans poser de question, mais au fond je suis sûr que tu en as des tas. C'est compréhensible vu mes dernières révélations. C'est pour cette raison que je vais te raconter une petite partie de l'histoire. Je ne pense pas être capable de te la dire en entier un jour, alors tu devras te contenter de ça, d'accord ?
-Oui.
Un petit bout, c'était déjà mieux que rien. Il savait que ce serait dur de ne pas essayer d'en savoir plus, mais il devait apprendre à se contenter de ce qu'on lui donnait.
-Pour répondre à ta question, oui, mes cicatrices ont en partie un rapport avec ça. Je me suis fait ces blessures quand j'étais encore en Angleterre. Elles sont une des raisons pour lesquelles je suis rentré au Japon.
Le blond serrait sa main de plus en plus, comme s'il se raccrochait à elle pour ne pas tomber. Ses yeux étaient toujours concentré sur un point imaginaire dans le mur.
-Je me suis fait ça en tombant par une fenêtre.
-Comment ça ? Je ne comprend pas...
-Il y avait une grande baie vitrée au premier étage, et je suis passé à travers. Toutes ces marques proviennent des coupures que m'ont fait les morceaux de verres. Je suis tombé en arrière, alors il y en a un certain nombre qui se sont planté dans mon dos...
-Mon pauvre Fye...
Tout doucement, il passa un bras autour de ses épaules, et l'attira contre lui. Le jeune homme se laissa faire. Il posa sa tête contre lui, sans pour autant lâcher sa main.
-Tu veux me dire comment c'est arrivé ?
-...ce n'était pas un accident, lâcha le blond.
-Qu-quoi ?! Qu'est-ce que ça veut dire « pas un accident » ? C'était quoi si ce n'était pas un accident ?
-Tu connais la réponse, Kuro.
D'un seul coup, Kurogane eut du mal à respirer. Quelqu'un avait intentionnellement poussé Fye par la fenêtre ? C'était inconcevable. Comment quiconque pouvait avoir envie de lui faire du mal ? Quel espèce de connard avait osé lui faire ça ?! Il sentit la colère enfler en lui. Maintenant il avait envie de frapper dans quelque chose, et de préférence la tête du responsable des blessures de Fye.
-Qui ? Qui t'as fait ça ? Gronda t-il, contenant à grand peine la fureur dans sa voix.
-Je ne te le dirais pas. Ça ne servirait à rien.
-Tu ne peux pas me balancer un truc pareil, et t'attendre à ce que je ne réagisse pas !
-Je sais... Je n'aurais pas dû répondre à ta question, reconnut-il.
Pour être honnête, le brun regrettait déjà de l'avoir posée. Cette histoire allait l'obséder maintenant, et il n'obtiendrait probablement jamais de réponses.
-Tout ce que je peux te dire, c'est qu'il y a quelqu'un en Angleterre qui m'a fait beaucoup de mal. Je suis parti pour cette raison, et maintenant j'essaye de passer à autre chose. C'est pour ça que je ne t'en dirais pas plus. Depuis qu'on est ensemble, je commence enfin à avancer, et je refuse d'aller en arrière. Tout ça est derrière moi maintenant et je veux que ça le reste. Tu comprends ?
-Oui. Concentrons nous sur le présent, c'est la meilleure chose à faire.
-Je suis heureux de te l'entendre dire.
Kurogane lui sourit tendrement. Le blond sourit à son tour, et cala sa tête dans le creux de son cou.
Soyons honnête, "un peu moins joyeux" était un euphémisme, mais je ne trouvais pas ça gentil de vous déprimer d'avance.
