Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.

Précision : cette histoire se situe en gros après la fin de la saison 4, vu que je n'ai aucune idée de ce qu'il va advenir dans la saison 5. Avoir vu le premier épisode de la saison 5 change un peu mon optique, mais tant pis, je continue comme je suis partie.


Chapitre 51) Retour à New York

- Chérie... protesta Benjamin. Tu parles à un agent du FBI...

- Je parle à un agent du FBI qui est hors de sa juridiction. répliqua Marie sans cesser de foudroyer Peter du regard.

Peter haussa les sourcils puis se souvint qu'il fallait une autorisation pour enquêter en territoire navajo.

Il poussa un profond soupir.

- Si quelqu'un voulait bien me ramener en ville je vous laisserai en paix. dit il.

- Bien sur, je vais... commença Benjamin visiblement décidé à être cette personne.

- Tu vas aller te coucher, JE vais ramener l'agent Burke à Kayenta. le coupa Marie.

Peter et Benjamin grimacèrent de concert, le premier parce qu'il se doutait que le voyage du retour serait encore pire que celui de l'aller, le second parce qu'il trouvait tout de même humiliant d'être commandé de la sorte.

- Il n'en est pas question. intervint Mayana qui venait de les rejoindre. Marie, ma chère, accompagnez votre époux dans votre chambre, je me charge de ramener l'agent Burke en ville.

Marie inclina la tête et glissa son bras sous celui de Benjamin.

Mayana se tourna vers Peter.

- Ne craignez rien, ma voiture est solide et je sais encore conduire.

Peter hocha la tête et la suivit vers un véhicule tout terrain qui semblait pratiquement neuf.

Mayana posa la main sur la carrosserie.

- Un cadeau de Benjamin pour mon dernier anniversaire. Il est un petit fils très attentionné. Si son père avait essayé de l'aimer il aurait eu un fils exemplaire.

- Je n'en doute pas. déclara Peter avec prudence.

Mayana lui sourit.

- Montez donc agent Burke. Plus vite nous partirons plus vite vous serez de retour chez vous. Je suis persuadée que votre famille vous attend.

Peter fit ce qu'elle disait sans faire de commentaires.

Ce n'était pas qu'il n'avait pas une multitude de questions qu'il aimerait lui poser, seulement qu'il ne se sentait pas le droit de poser des questions à une femme de son âge sans y être obligé.

Ils firent la route sans se parler, Peter fixait le tableau de bord, se demandant s'il avait bien fait d'effacer les aveux de Benjamin.

N'importe qui aurait trouvé cela stupide, obtenir des aveux complets et ne pas les garder... mais il ne s'était pas senti le droit de conserver ces aveux qui n'étaient dus qu'à un moment de faiblesse.

Un moment de faiblesse qu'il ne s'expliquait pas, Benjamin Enderson lui avait semblé être un homme solide et décidé.

D'après les aveux qu'avait fait Benjamin il était même assez solide pour s'injecter volontairement un virus pour se construire un bon alibi. Il fallait une bonne dose de courage et de volonté pour agir de la sorte. Au vu de la rechute dont il avait été témoin, plus de dix mois après les faits, le virus devait être particulièrement méchant. Benjamin aurait très bien pu y laisser sa vie et quelque chose disait à Peter que l'homme serait mort sans se lamenter sur son sort.

Même s'il avait du mal à apprécier l'homme, il respectait sa façon d'être. En toute honnêteté, il n'était pas certain que s'il avait du traverser ce qu'avait enduré Benjamin, les maltraitances qui l'avaient rendu muet, les sévices sexuels, le rejet de ses propres parents, l'indifférence des gens autour, il aurait pu survivre sans haïr la terre entière.

Il se demandait comment Benjamin pouvait encore regarder Neal sans avoir envie de le faire disparaître.

Lui qui n'avait pas eu à traverser les épreuves qu'avait traversé Benjamin avait eu plusieurs fois envie de renvoyer Neal en prison lorsque le jeune escroc faisait des siennes et que cela mettait sa carrière ou la vie de sa femme en danger. Il ne l'avait pas fait parce que Neal méritait qu'on lui donne sa chance, même s'il mettait souvent les gens autour de lui à rude épreuve. Même s'il se montrait parfois incorrigible, qu'il lui arrivait de faire des faux pas.

Peter s'était plus d'une fois demandé pourquoi il se montrait si conciliant envers le jeune homme, il n'était pas certain d'avoir la réponse. Celle qu'il se donnait quand il commençait à y penser était que Neal avait bon fond.

Il était si pris par ses pensées qu'il ne remarqua pas le véhicule garé sur le bord de la route à la sortie du ranch.

Mayana elle ne le manqua pas mais fit comme si elle n'avait rien vu, elle réglerait ce problème à son retour. Elle avait tout son temps, pour le moment la seule chose qui lui importait c'était de ramener l'agent Burke au motel et de s'assurer qu'il quittait la région.

Elle savait parfaitement qui se trouvait dans le véhicule qu'ils avaient croisé et pourquoi ces gens étaient là. Elle n'aimait pas cela.

Lorsqu'elle se gara sur le parking du motel elle accompagna Peter à l'intérieur et régla le problème de la chambre inoccupée.

Même si l'homme était venu au début avec des intentions pas vraiment bonnes envers sa famille il n'en avait pas moins protégé Benjamin au cours de la nuit qui venait de s'écouler. Mayana lui en était reconnaissante et tenait à le lui prouver.

Peter la remercia lorsqu'ils ressortirent.

- C'est moi qui vous remercie d'avoir veillé sur mon petit fils cette nuit.

- Comment savez vous que ce n'est pas lui qui a veillé sur moi ? demanda Peter.

- Je me suis levée tôt ce matin et j'ai vu les traces. Vous avez aidé Benjamin à gagner le hogan. Vous l'avez ramené dedans lorsqu'il s'en est échappé.

Peter la regarda avec un peu d'ébahissement et d'admiration.

- Vous avez déduit tout cela de simples empreintes ?

Mayana hocha la tête.

- Si vous revenez je vous apprendrai deux ou trois choses. J'aimerai bien faire la connaissance de Neal Caffrey également.

Peter ne put s'empêcher de sourire.

- Je dois vous avouer que je doute fort que Neal apprécie cet endroit, il est citadin dans l'âme. Il n'y a pas assez de choses à faire par ici pour un homme comme lui.

A part soi il songea également qu'il n'y aurait pas non plus de tentations pour le jeune escroc, rien à voler également.

Mayana le regarda monter dans la voiture de location et partir, elle le suivit du regard un moment puis une fois certaine qu'il était vraiment parti elle regagna son véhicule et repris la route du ranch.

Elle se sentait fatiguée, elle n'avait pas beaucoup dormi cette nuit là, ayant passé beaucoup de temps à réfléchir.

Lorsqu'elle parvint à l'emplacement où elle avait vu le véhicule elle découvrit avec dépit qu'il n'était plus là. Elle aurait bien voulu dire à ces gens ce qu'elle pensait d'eux. A ne pas en douter ils allaient s'assurer que l'agent Burke quittait bien le territoire navajo. C'était la seule chose qui la réconfortait. Pour le reste elle n'aimait pas les avoir vu arriver aussi vite, à n'en pas douter quelqu'un les avait prévenus de la venue de l'agent Burke depuis New-York.

Elle cessa d'y penser pour reprendre sa route, elle devait s'assurer que Benjamin avait eu les soins dont il avait besoin.

Lorsqu'elle se gara devant le ranch elle vit Marie arriver en courant.

- Benjamin s'est évanoui !

Mayana se hâta d'aller voir et trouva Benjamin en proie à une forte fièvre.

Sans perdre son calme elle utilisa les remèdes dont elle disposait. Sa mère et la mère de sa mère lui avaient enseigné très jeune qu'il valait mieux faire ses propres remèdes qu'attendre le bon vouloir des médecins blancs. Elle avait grandi en apprenant les bonnes plantes, qu'elles soient de leur région où d'ailleurs. Elle aimait tellement soigner que sa voie s'était tout naturellement portée vers la médecine traditionnelle, aussi bien navajo que chinoise, son beau père étant un herboriste de ce peuple.

Maintenant elle ne pratiquait plus que dans le cadre de sa famille mais elle n'avait pas oublié une seule des plantes dont elle avait appris les bienfaits.

Elle ne pratiquait pas les rituels complexes des hataalis mais utilisait les plantes et la hutte de sudation.

Elle resta auprès de son descendant jusqu'à ce que la fièvre soit tombée et que Benjamin repose enfin paisiblement puis alla prendre elle aussi du repos.

Pendant ce temps, ignorant tout cela Peter poursuivait sa route avec la voiture de location.

Il la rendit, s'acheta une place sur le premier vol en direction de New-York et patienta le temps qui le séparait de l'embarquement.

Il traînait à côté de la baie vitrée donnant sur le parking lorsqu'il remarqua un véhicule qu'il avait vu rouler derrière le sien pendant une partie du trajet entre Kayenta et l'aéroport. Cela ne lui sembla pas surprenant à première vue, après tout il n'était sans doute pas le seul de la région à vouloir se rendre à l'aéroport. Ce qui lui sembla plus suspect par contre ce fut que les occupants du véhicule ne semblaient pas vouloir en descendre. Il était clair qu'ils n'étaient pas là pour prendre l'avion et s'ils étaient là pour chercher un passager il était étonnant qu'aucun d'entre eux ne sorte pour attendre dans le hall.

Il nota sans en avoir l'air tous les détails qu'il pouvait remarquer puis se détourna pour gagner une des boutiques. Il fit semblant d'étudier les vitrines et se débrouilla pour prendre des photos du véhicule et de ses occupants en se servant des reflets dans les vitres. Ce ne serait pas des photos de très bonne qualité mais il ne pouvait pas non plus marcher droit vers eux et les prendre en photo sans se cacher. Quelque chose lui disait que ces gens n'apprécieraient pas qu'il agisse de la sorte.

Il entra ensuite dans la boutique de souvenirs dans l'idée de ramener quelques babioles à Elizabeth, cela ne suffirait sans doute pas à apaiser totalement la contrariété de sa femme, mais elle apprécierait le geste. Il se laissa rapidement tenter par plusieurs objets et ressortit une demie heure plus tard les bras chargés de paquets, bien plus qu'il n'avait pensé en acheter au départ, la vendeuse qui l'avait accueilli était indéniablement une bonne vendeuse. Lui qui était entré décidé à n'acheter que peu s'était laissé entraîner dans une spirale d'achats.

Tout en rangeant ce qu'il venait d'acheter dans ses bagages il recommença à surveiller la voiture.

Ce ne fut que lorsque retentit l'appel pour l'embarquement qu'il cessa d'y penser. Il se retrouva mêlé à la cohue des passagers se dirigeant vers le lieu d'embarquement et pensa surtout à protéger ses affaires et sa personne contre des chocs préjudiciables, certains parents étant visiblement incapables de contrôler leurs progénitures et ayant pourtant eu l'idée saugrenue et redoutable de leur confier les chariots de bagages, chariots qui se transformaient en autant de dangereux projectiles.

Pourtant, avant de se diriger vers la porte qu'on lui avait indiqué il tourna une dernière fois les yeux vers le véhicule. L'emplacement en était désormais vide. Il songea avec ironie qu'il avait du se faire des idées, ce n'était probablement qu'un véhicule sans intérêt, des gens venus chercher un passager et lui s'était fait des idées.

Il embarqua avec plaisir, il avait vraiment hâte de rentrer à New-York et de retrouver son épouse. Il prit place sur son siège le sourire aux lèvres et même la présence très proche d'enfants bruyants ne parvint pas à lui retirer ce sourire. Enfin, pas avant la fin de la première heure de vol.

A suivre