Précédemment, alors que la contre-attaque de la résistance continuait, la relation entre Harry et Lillian a évolué avec l'aide de Sirius et Chelsea.

Chapitre 49 - Mission

"Harry, réveille-toi !" Sirius secoua Harry pendant quelques secondes, mais n'obtint aucune réponse. Son filleul s'était endormi sur le canapé dans la salle commune de Gryffondor et Lillian était confortablement installée près de la cheminée. On dirait que quelqu'un a eu une nuit tardive, pensa-t-il joyeusement.

"Harry, Harry... Harry réveille-toi !"

"Va-t'en," marmonna Harry en somnolant. Surprenant Sirius, Lillian se mit à remuer et ouvrit doucement les yeux en se demandant ce qu'il se passait.

"Sirius ?" Dit-elle en baillant.

"Vous avez eut une nuit tardive, toi et Harry ?" Demanda-t-il sciemment en continuant à secouer son filleul.

Lillian se réveilla instantanément. "Harry et moi ?" Dit-elle innocemment. "Qu'est-ce que tu veux dire ?"

"Rien," dit Sirius. "Je me demandais juste pourquoi vous vous étiez tout les deux endormis dans la salle commune, c'est tout."

"Hein," dit Lillian en feignant la surprise. "Je me demande quand il est arrivé. Je lisais un livre ici et j'étais trop fatiguée pour retourner dans mon lit."

"Ah bon," dit Sirius. Il voulut faire la remarque qu'il n'y avait aucun livre en vue et qu'il avait été témoin de leur aventure nocturne, mais il s'abstint.

"Ouais," dit Lillian. Elle se leva et étira ses membres en laissant échapper un autre bâillement. "Bonne chance pour le réveiller," dit-elle. "Je dois aller me préparer, j'ai promis à Hermione que je les accompagnerai à leurs leçons de duel avec le professeur Lupin."

"Très bien, passe une bonne journée."

"Merci," dit-elle. "Oh, et quelle heure est-il ?"

"Six heures et quart."

"Super," marmonna-t-elle. "On se verra plus tard, Sirius."

Sirius eut un petit rire puis se rappela de la vraie raison pour laquelle il était venu ici. "Harry réveille-toi !"

"Qu'est-ce que tu veux Sirius ?!" Gémit Harry, la tête enfouit dans le coin du canapé.

"Il y a une réunion et je pense que tu voudras être présent pour celle-ci."

Harry soupira et ouvrit les yeux. Il regarda son parrain et se redressa. "Je ne peux pas la sauter ?"

"Absolument pas," dit Sirius. Il pointa sa baguette sur Harry et dit, "Levamenovus."

Presque, instantanément, Harry sentit sa somnolence disparaître et se sentit aussi frais qu'après une bonne douche.

"Tu n'étais pas obligé de faire ça, Sirius," se plaignit Harry. "Ce sort ne remplacera jamais une bonne douche !"

"Eh bien, tu n'as pas le temps pour une bonne douche," dit Sirius. "Maintenant, bouge-toi."

Harry grogna dans sa barbe, mais se leva néanmoins. Cette réunion avait intérêt à être intéressante, pensa-t-il d'un ton maussade.

Quand ils atteignirent le bureau de Dumbledore, Harry fut choqué de voir ses occupants. Le bureau de Dumbledore avait été modifié par magie et, là où se trouvait son bureau, il y avait maintenant une longue table avec un grand nombre de sorciers et sorcières assis autour d'elle.

Cependant, la partie choquante était de voir Lucius, Narcissa et Drago Malfoy dans la même pièce. Lucius et Narcissa étaient enchaînés à leurs chaises contrairement à Drago, mais il avait l'air mal à l'aise quand il posa les yeux sur Harry.

Le choc disparu pour laisser place à l'amusement. "Eh bien, eh bien," dit-il en riant. "Regardez qui voilà."

Harry et Sirius s'assirent entre Remus et Kingsley.

"Où en étions-nous ?" Demanda Dumbledore.

"Notre ami Lucius nous parlait des plans de protection de leurs villes en construction," dit Rogue avec un air méprisant. Il semblait être très satisfait de l'état dans lequel se trouvait Lucius.

"Où les avez-vous capturés ?" Chuchota Harry à Remus.

"Ils ont été pris dans l'un de nos pièges à l'extérieur de Pré-au-Lard," dit Remus. "Voldemort était furieux de découvrir que Draco avait été trompé, il y a un prix sur leur tête."

Harry rit. Il savait qu'il ne devrait pas, mais il ressentait un sentiment de satisfaction face à la déchéance des Malfoy. Son attention se tourna vers Lucius qui continuait à réciter la liste des personnes qui contrôlaient les barrières magiques.

"Voldemort, utilise-t-il une forme de magie noire ?" L'interrompit Harry.

Lucius y réfléchit une minute, "Pas que je sache," dit-il lentement en se demandant pourquoi c'était pertinent.

Harry acquiesça simplement.

"Y a-t-il quelque chose que tu voudrais nous dire, M. Potter," demanda Croaker avec suspicion.

Harry lança un regard à Dumbledore et Dumbledore hocha la tête. Peut-être qu'il était temps pour le reste de connaître l'origine de la magie noire.

"Hestia, pourquoi n'emmènerais-tu pas les Malfoy dans les donjons, nous finirons leur interrogatoire plus tard," dit Dumbledore.

"Suis-je exclus de la réunion ?" Demanda-t-elle en plissant les yeux.

"Bien sûr que non," dit Dumbledore. "Tu seras mise au courant dès ton retour."

Hestia fit une pause puis acquiesça. "Suivez-moi, bande de dégénérés," aboya-t-elle. Elle agita sa baguette et les chaînes qui retenaient les parents Malfoy se transformèrent en menottes qui les enchaînèrent tous les trois. Une extrémité flotta vers elle et elle tira dessus brusquement.

Drago cria de douleur alors que l'acier s'enfonçait dans sa peau. "Fais attention, Sang-de-bourbe," gronda Lucius.

Hestia le gifla du revers de la main et personne ne dit un mot. "Encore une remarque de ce genre, et au diable l'interrogatoire, je demanderais à Severus de déchirer ton esprit !"

"Maintenant bouge," aboya-t-elle.

"Elle a mauvais caractère," commenta Chelsea après qu'Hestia et les Malfoy ne soient plus là.

"Tu n'as pas idée," marmonna Remus.

"Revenons-en aux choses sérieuses," dit fermement Croaker.

"Veux-tu leur expliquer ou je m'en occupe ?" Demanda Dumbledore à Harry.

Harry y réfléchit un instant. "Je pense que je vais le faire," dit-il. "Il y a beaucoup plus que je ne vous ai pas dit à vous non plus."

"Il y a autre chose ?" Demanda Dumbledore étonné. Comment pourrait-il y avoir plus à l'histoire derrière les reliques de la mort ?

Harry regarda autour de lui pour voir qui étaient présent et il reconnut presque tout le monde. Sirius, Remus, Tonks, Maugrey, Kingsley, Chelsea, Vance, McGonagall, Casey, les Weasley, Granger, Austin, Elphias, Rogue, Bones et Croaker étaient présents. Il y avait deux autres sorcières qu'il ne reconnaissait pas et une autre femme qui, comme le général, était vêtue d'un uniforme militaire.

"Tout ce que je vous demande, c'est que ce que je vais vous dire ne quitte pas cette pièce. Sommes-nous clairs ?" Harry décida de tout leur dire. Cela ne servait plus à rien de garder le secret. Que les Flamel soient morts ou vivants n'avait pas d'importance. Ils ne pouvaient pas les aider même s'ils le voulaient.

Il y eut un murmure d'agrément.

Harry invoqua sa baguette, surprenant les sorciers présents. Ils n'avaient jamais vu quelqu'un faire apparaître une baguette d'une telle manière. Les moldus présents se penchèrent en avant avec intérêt.

"Cette baguette n'est pas qu'une simple baguette," commença Harry. "Il s'agit du cadeau d'une vile créature à un homme appelé, Antioche Peverell," dit-il. Harry remarqua que certains des sorciers reconnurent le nom.

"Vous avez sûrement déjà entendu cette histoire : le conte des trois frères. Il s'agit de cette baguette, le Bâton de la Mort ou la Baguette de la Destinée. Cette histoire n'est qu'une couverture pour dissimuler la vraie histoire. Les Peverell étaient trois frères extrêmement puissants qui vivaient à un temps où une créature terrible habitait la planète. Alors que les sorciers souhaitaient vivre en paix et prospérer, cette créature ne voulait qu'une chose, mettre fin à l'existence de toute créature qui n'était pas la sienne et créer un monde à son image.

"Es-tu en train de dire que ce conte est réelle !" Haleta Elphias. "La Mort dans l'histoire est cette créature !?"

Harry réprima son agacement d'être interrompu. "Oui," dit-il rapidement. "Les frères Peverell ont réussi à vaincre la créature, mais au lieu de la détruire une fois pour toutes, ils lui ont laissé la vie à condition qu'elle leur donne quelque chose en retour."

"La baguette, la pierre et la cape," marmonna Remus.

"La baguette imbattable, la pierre qui invoque les morts et une cape qui vous rend invisible au monde," élabora Harry.

"Wow," chuchota Chelsea. "Quand est-ce que c'est arrivé ?"

"Je dirais bien avant que l'histoire ne soit documentée."

"Alors comment sais-tu que c'est vrai ?" Demanda Croaker.

"J'ai rencontré quelqu'un qui a été formé par Ignotus Peverell pour arrêter cette créature."

Dumbledore se retourna vers Harry avec surprise. C'était la première fois qu'Harry mentionne cette personne.

"Tu veux dire que cette créature est toujours parmi nous !" S'exclama Casey.

"La créature a perdu ses pouvoirs quand les frères l'ont vaincu, donc afin de regagner sa puissance, elle s'est transformé en une autre forme de magie qu'on appelle aujourd'hui, la magie noire," dit Harry en faisant une pause après cette révélation. "Lorsque un sorcier ou une sorcière utilise la magie noire, il sacrifie inconsciemment sa magie et agit comme combustible pour que la créature retrouve sa puissance d'antan. Elle va continuer à devenir de plus en plus forte jusqu'à ce qu'elle se libère de la prison dans laquelle elle s'est enfermé."

L'horreur se reflétait sur tous les visages présents dans le bureau du directeur.

"Si cette créature s'échappe de sa prison, elle deviendra inarrêtable," dit Harry sombrement.

"Qu'en est-il du Bâton de la Mort et de ton rôle dans tout ceci," demanda Croaker.

"Seule une personne ayant le potentiel de devenir aussi puissant qu'Antioche, le frère aîné, est capable de brandir cette baguette," dit Harry. "La baguette m'a choisi, en d'autres termes je suis le seul à pouvoir arrêter cette créature si jamais elle se libère... C'est ma destinée."

"Et bah merde," dit Casey, interrompant le silence tendu qui s'était formé.

"Et qui est cette personne dont tu as parlé, celle que tu as dit avoir été entraînée par Ignotus ?" Demanda Dumbledore. Il était plus intéressé par cette information.

"Nicolas Flamel," dit Harry en souriant et en appréciant la surprise qui apparut sur le visage du directeur.

"Flamel est mort !" S'exclamèrent la moitié des sorciers dans la pièce.

"Eh bien, c'est son fantôme que j'ai rencontré alors," dit Harry d'un ton sarcastique.

Il n'y eut pas de réponse à cela.

"Quand et comment ?" Demanda Dumbledore. La pierre philosophale avait été détruite ! Il s'en était assuré.

"Vous vous souvenez des deux mois où Lillian et moi avons disparu ?"

"Lillian a disparu pendant deux mois ?" Dit M. Austin, surpris. "De quoi est-ce que tu parles ?!"

"Lillian et moi sommes tombés à travers un portail dimensionnel et nous nous sommes retrouvés dans un univers alternatif avec quelques différences. Deux mois plus tard, nous étions de retour, mais au lieu de deux mois, seules quelques secondes s'étaient écoulés dans cet univers.

"Nicolas a également un portail et il vous a intercepté," murmura Dumbledore en commençant à comprendre. "Qu'avez-vous fait durant ces deux mois, dans ce cas-là ?" Demanda-t-il.

"On s'est entraîné," répondit Harry. "Les Flamel sont au courant de l'histoire derrière les reliques de la mort depuis des siècles et leur but était de trouver et de former celui qui est capable de vaincre la créature: c'est-à-dire moi."

"Tu sembles plutôt calme pour quelqu'un qui est destiné à vaincre un tel monstre," observa Kingsley.

"Je l'ai accepté," dit Harry en haussant les épaules.

"Alors c'est pour ça que tu es comme tu es," dit pensivement Sirius. "Je me suis toujours demandé pourquoi tu agissais comme si tu avais un énorme fardeau sur les épaules et maintenant, je sais pourquoi." Il n'y avait pas de pitié, seulement du regret dans les yeux de Sirius. "Tu aurais dû me le dire Harry."

"Cela n'a pas d'importance," dit Harry.

"Alors que je comprenne bien," dit Casey. "Cette magie noire que vos terroristes utilisent est en fait une mutation d'une créature dangereuse."

Harry acquiesça.

"Et ce monstre reviendra à la vie s'ils continuent à utiliser la magie noire."

"C'est exact."

"Tu es le seul à pouvoir la vaincre si elle revient à la vie."

Harry hocha de nouveau la tête.

"Alors qu'est-ce que cela a à voir avec notre guerre actuelle ? Notre objectif reste inchangé."

"Cela a tout à voir avec cette guerre," dit brusquement Harry. "La créature a besoin d'un hôte pour revenir dans cette dimension. Seule une personne ayant immergé son âme profondément dans la magie noire serait capable d'être un hôte viable pour cette créature."

"Voldemort," dit Sirius. Cela prenait soudainement tout son sens.

"Oui," dit Harry d'un air sombre. "Sa résurrection a permis à la créature de prendre possession de lui et le pouvoir qu'il utilisait quand il a détruit le pont de Londres n'en était qu'une fraction. Je suis sûr que vous vous souvenez tous de la destruction que seulement une fraction de ce pouvoir a pu causer."

"Et c'est pourquoi tu leur as demandé si le Seigneur des Ténèbres utilisait toujours la magie noire," dit Rogue, comprenant finalement pourquoi un mage noir cesserait d'utiliser la magie noire. Il eut un frisson quand il pensa à l'état dans lequel devait se trouvait son propre noyau magique.

"C'est une histoire très intéressante, mais comment cela nous aide-t-il ?" Demanda Casey avec irritation.

"Eh bien, une des raisons que je peux vous donner, c'est que toutes ces prédictions et prophéties sur la fin du monde que vous trouverez dans d'innombrables textes religieux étaient tous basé sur cette histoire, je le sais de source sûre."

"Flamel ?" Demanda Sirius.

"Ouep et connaître cette histoire n'est pas indispensable pour vous, mais j'ai pensé que vous voudriez savoir exactement ce que nous essayons tous d'empêcher."

"Alors pourquoi nous en parler que maintenant ?" Demanda Tonks.

"Comme le général l'a dit, cette histoire n'est pas pertinente au champ de bataille, mais ensuite Croaker m'a posé une question et j'ai décidé de répondre honnêtement, j'espère qu'il comprend maintenant à quel point, je suis essentiel à cette résistance," ajouta-t-il sarcastiquement.

"Avez-vous toujours des contacts avec les Flamel ?" Demanda Croaker avec aigreur.

"Pas depuis que nous sommes partis," dit Harry. "Et cela ne servirait à rien de les contacter, Ignotus leur a fait prêter serment de ne pas s'immiscer dans nos affaires."

"Les serments peuvent être brisés," dit doucement Chelsea, prenant la parole pour la première fois de la réunion.

"Pas les serments magiques," dit Sirius.

"Harry, peux-tu me dire une chose ?" Demanda le père de Lillian.

"Oui ?"

"Pourquoi Mary était avec toi quand tu es allé dans cet autre univers ?"

Harry regarda M. Granger. "C'était la faute d'Hermione," dit-il en souriant. "Elle nous a couvert de sable du temps au mauvais endroit et au mauvais moment."

"Ma Hermione ?" Demanda M. Granger atterré. "Elle vous a fait ça ?!"

"C'était un accident," dit rapidement Dumbledore.

"Ne perdons pas de vue le but de cette réunion," aboya, Casey. "Quel est notre plan d'action maintenant ? Nous avons réussi à bombarder Londres, mais Voldemort aura sûrement prévu des mesures pour nous empêcher de recommencer."

"J'ai un plan, mais je pense qu'il est temps pour nous de manger. Les elfes détestent quand nous sautons nos repas," dit-il légèrement. "Nous reprendrons après le petit-déjeuner."

Des bruits de bois grattant le sol inondèrent la pièce alors que tout le monde sortait du bureau. Dumbledore fit signe à Harry de rester alors que les autres partaient.

Il tapa sa baguette magique sur la table et immédiatement son bureau reprit son apparence d'origine. "Assieds-toi, Harry."

"Qu'est-ce qu'il y a ?" Demanda Harry.

"Mon plan n'est pas d'engager le combat contre l'armée de Voldemort, mais d'envoyer des équipes pour assassiner des cibles haut placées dans son armée," dit sombrement Dumbledore.

"Assassiner !" Dit Harry avec un air impressionné. "Comment est-ce qu'on va réussir un truc pareil ?"

"Nous avons des gens assez intelligents pour réussir à se glisser entre leurs barrières magiques," répondit Dumbledore. "Si nous nous débarrassons de ceux qui sont au sommet, Voldemort perdra l'influence qu'il exerce actuellement. Ses alliés sont des lâches et le moment où ils réaliseront que se cacher derrière Voldemort n'est plus sûr, ils s'enfuiront."

"Où vont-ils s'enfuir ?" Se moqua Harry. "Ils n'ont nulle part où aller, à moins qu'ils ne changent de camp et nous rejoignent... Oh, je vois, c'est un plan sournois !" S'exclama Harry avec approbation. "Mais ça ne nous aide pas à faire face à cette armée gargantuesque de monstres... J'ai entendu Warlow dire à Kingsley que des trolls de montagne, des acromantules et certaines bêtes mythiques se sont ajoutées aux rangs de son armée."

"Oh, je pense que l'armée moldue sera plus que capable de gérer cette menace," dit Dumbledore. "Le problème le plus urgent est le cerveau derrière cette armée."

"Je suppose que vous avez raison," dit Harry. "Alors, qui avez-vous décidé d'envoyer pour cette mission ?"

"Comment se déroule ton Occlumencie ?" Demanda Dumbledore au lieu de répondre.

Harry sourit. "J'ai l'impression que je vais bientôt atteindre un nouveau stade," dit-il. Après la nuit dernière, il se sentait plus léger, plus libre.

"Très bien," Dumbledore a dit," Parce que je veux que tu sois dans l'une des équipes d'assassinat."

"Quoi ?!"

Dumbledore sortit un dossier de son tiroir. "Voici la liste des sorciers qui sont très importants pour Voldemort. Ces sorciers sont très compétents dans leurs domaines respectifs et je me sentirais beaucoup mieux s'ils ne travaillaient plus pour Voldemort."

"Quel genre de compétences ?" Demanda Harry. Il essayait toujours d'assimiler la requête de Dumbledore. L'homme qui avait désapprouvé de son massacre des Mangemorts lui demandait maintenant de tuer, non, d'assassiner des sorciers employé par Voldemort.

"Maîtres des potions, experts runiques, créateurs de sorts, la liste est longue," soupira-t-il. "Il a également plusieurs scientifiques moldus retenus quelque part travaillant sur divers projets pour lui."

Harry prit le dossier des mains de Dumbledore et feuilleta les profils. Il y en avait quelques-uns avec la mention capture, mais la plupart était marqué assassinat.

"Aucun de ces noms n'est à Londres," dit Harry en fronçant les sourcils.

"Londres est trop dangereux à infiltrer, nous allons nous concentrer sur l'extérieur de Londres pour l'instant. Tu peux choisir ta propre équipe pour la mission ou je peux t'en affecter une. Tu auras besoin de quelqu'un pouvant s'occuper des barrières magiques, d'un guérisseur et enfin de quelqu'un pour finir le travail," dit Dumbledore.

"Je choisirai ma propre équipe," dit Harry sans hésitation. Il était hors de question qu'il se coltine des adultes condescendants.

"Je suppose que cela veut dire que tu acceptes la mission."

"Comme si vous en doutiez ! Quand est-ce que je pars ?"

"Lorsque ton Occlumencie aura progressé et que Miss Walker sera satisfaite par tes compétences en combat au corps-à-corps."

"S'il n'y a rien d'autres, je peux y aller ?" Demanda Harry avec respect. Il avait beaucoup à penser.

"Bien sûr," dit Dumbledore. "Je t'enverrai un patronus si nous avons besoin de toi et réfléchis bien à qui tu veux dans ton équipe."

"Oui monsieur," dit Harry avant de quitter le bureau.

"Je vais définitivement finir en enfer pour ça," soupira Dumbledore.


Après la réunion, Harry se dirigea vers son repère pour réfléchir et méditer. Si Dumbledore lui avait parlé de cette mission il y a deux jours, il aurait joyeusement accepté, mais après ce qu'il s'était passé avec Lillian, il était un peu incertain. C'était exactement le genre de situation qu'il redoutait lorsqu'il avait décidé de faire avancer les choses avec Lillian.

Un désir étrange gonfla dans sa poitrine et, pour la première fois de sa vie, il aurait souhaité être un enfant normal, avec une famille normale. Il aimait vraiment Lillian, il ne pouvait plus le nier, mais il ne pouvait pas se permettre de se ramollir, pas maintenant alors qu'il avait pour responsabilité de vaincre Voldemort.

"Ressaisis-toi, Harry !" Gronda-t-il.

Il était tard dans l'après-midi quand il prit une décision et alla chercher Lillian. Il la trouva dans la salle commune de Gryffondor avec Hermione et Ron.

"Hey !" Le salua-t-elle en se levant de son siège. "Où est-ce que t'étais ? Je t'ai cherché toute la matinée !"

"J'étais avec Dumbledore," dit Harry en souriant. "Pourrais-je avoir un mot en privé ?"

Ron et Hermione les regardèrent avec méfiance et Hermione plissa les yeux quand elle remarqua que Lillian rougissait légèrement.

"Bien sûr," dit-elle indifféremment et suivit Harry hors de la salle commune.

Harry regarda à sa gauche, puis à sa droite avant de l'embrasser.

Lillian eut un petit rire. "Ça ne te ressemble tellement pas."

"Tu n'as pas idée à quel point, je me sens idiot," dit Harry avec ferveur.

Lillian l'embrasse à son tour. "Maintenant, on est deux à se sentir idiot," dit-elle en riant. "De quoi voulais-tu me parler ?"

"Pas ici," dit Harry avant de le conduire dans une salle de classe vide. Ils ne remarquèrent pas les deux adolescents à l'air choqué sous le sort de désillusion. Ron et Hermione venaient d'assister à leur baiser.

"Oh. Mon. Dieu," haleta, Ron.

"Tu m'ôtes les mots de la bouche," couina Hermione. Le sort de désillusion que Remus leur avait appris avait fini par être utile. "Est-ce qu'on devrait les suivre ?"

Ron lui lança un regard.

"C'était une question rhétorique," dit précipitamment Hermione. Ils suivirent les deux dans la salle de classe vide, mais avant qu'ils ne puissent se faufiler à travers la porte, elle fut claqués et verrouillés.

"Verrouillée," s'exclama Hermione.

"Dans ce cas, déverrouille-la !" Siffla Ron.

"Et ils ne vont pas remarquer une porte verrouillée qui s'ouvre toute seule bien sûr," dit Hermione d'un ton sarcastique.

"Qu'est-ce qu'on est censé faire alors, on ne peut pas la laisser seule là-dedans, on doit la sauver !" Dit-il en paniquant.

Hermione leva les yeux au ciel et lui donna une tape sur la tête.

"Bon sang, Hermione," jura-t-il bruyamment.

"Parle moins fort, crétin et ils sont clairement ensemble maintenant," dit-elle. "Pas besoin de la sauver comme tu l'as si éloquemment dit."

Ron fronça les sourcils, se frottant la tête. "Je n'y crois pas une seconde. Mary ne pourrait jamais tomber amoureuse d'un gars comme ça," dit-il obstinément. "Il l'a évidemment ensorcelé."

Hermione le frappa à nouveau et lui donna un coup-de-poing dans le bras.

"Tu veux bien arrêter ça, bon sang !"

"Allez viens," dit-elle en l'entraînant. "Nous n'aurions pas dû les suivre en premier lieu."

"Mais-"

"Pas de, mais qui tienne ! Active toi, Ronald Weasley."

De retour dans la salle de classe, Lillian était assise sur le bureau de l'enseignant, balançant ses jambes alors qu'elle fixait solennellement le mur opposé.

Harry venait de lui parler de sa mission et elle ne pouvait s'empêcher de se sentir un peu dévastée. C'est ce qui se passe dans un scénario de fin du monde, pensa-t-elle sombrement. Pas le droit de faire passer ses sentiments avant toute le reste.

"Alors je suppose que tu vas accepter ?" Demanda-t-elle d'un ton faussement indifférent.

"En fait, j'allais te demander de venir avec moi."

Lillian se tourna vers lui avec surprise.

"Et je suis un peu surpris que tu n'aies pas insisté pour venir avec moi," dit Harry.

"Je voulais te demander !" Protesta-t-elle immédiatement, sa voix reflétant sa joie intérieure. Elle savait que partir en mission pour tuer des gens n'avait rien de joyeux, c'était même vraiment horrible, mais Harry lui avait demandé de venir avec lui !

Elle serra les bords de la table pour s'empêcher de se jeter sur Harry. "Alors qu'est-ce qui t'a fait penser à moi en premier ?" Demanda-t-elle, essayant d'être calme.

"Eh bien, pour une telle mission, Dumbledore a besoin de quelqu'un qui peut prodiguer des soins, quelqu'un qui a de l'expérience avec les barrières magiques et quelqu'un qui pourra assassiner la cible sans broncher. Pernelle et Nicolas nous ont enseigné des techniques de guérisons, ta téléportation est capable de passer à travers n'importe quelle barrière magique et Penny m'a appris à tuer sans remords."

Le dernier point amoindrit son excitation. Elle se rappelait du jour où Harry été revenu de son entraînement avec Pernelle trempé de sang et avec une expression vide sur le visage.

"Je n'ai pas pris cette décision à la légère," dit Harry en ramenant son attention à lui. "J'y ai réfléchi pendant des heures, j'ai fait des combinaisons d'équipes comprenant tous les combattants compétents que nous avons et, finalement, j'ai réalisé que toi et moi ensemble, nous sommes létale."

Lillian rougit. "T'essaies juste de me flatter."

"Mais est-ce que tu pourras me regarder tuer quelqu'un de sang-froid ?" Demanda-t-il. Sa voix était hésitante ; il ne voulait pas qu'elle le rejette à cause de sa capacité à tuer. Il attendit avec impatience sa réponse.

Il n'eut pas à attendre longtemps. "Tu n'as pas à me demander ça," dit-elle brusquement. "Au cas où tu aurais oublié, je m'en fichais à l'époque et je m'en fous toujours maintenant. Nous devons tous faire des choses qui sont parfois viles, mais nécessaires. Je n'ai pas oublié ce que notre monde est devenu à cause de la cupidité d'un seul homme et si tuer les monstres qui l'aident est nécessaire, alors je le ferais fait debout à tes côtés.

Elle le dit si férocement que même Harry fut intimidé pendant un instant, bien qu'il se remit rapidement et lui sourit sincèrement.

"Donc, qui va annoncer à ton père que nous allons en mission ensemble ? Et je peux imaginer à quel point Dumbledore va être mécontent de cette idée," dit Harry après un moment.

Lillian pâlit à la mention de son père. "Euh, est-ce qu'on pourrait éviter de lui préciser la nature de la mission," dit-elle nerveusement.

"Je ne crois pas que ça soit possible," dit Harry. "Nous ne sommes pas les seuls à participer à cette mission. Il y aura beaucoup d'autres équipes avec des cibles différentes, il le découvrira tôt ou tard."

"Et mince," maudit-elle, ses yeux se crispant d'inquiétude. "Mon père a peut-être accepté que je parte en Allemagne pour empêcher une centrale nucléaire d'exploser, mais quand il a découvert que j'avais tué un vampire qui m'avait presque tué, il n'était pas content du tout."

"Eh bien, ce n'est pas de sa faute si tu es resté figée sur place comme une fillette alors que le vampire approchait," dit Harry raisonnablement.

Lillian lui lança un regard méchant. "Allez," dit-elle d'un ton hautain. "Allons parler à Dumbledore et finissons-en avec ça."

"Je plaisantais avec toi, Freckles," taquina Harry.

"Ha, ha, tu es un hilarant," dit-elle sarcastiquement. "Abruti," ajouta-t-elle silencieusement.

Harry leva les yeux au ciel.


Comme prévu, Dumbledore n'était pas du tout satisfait de la décision d'Harry et s'y opposa avec véhémence, mais Harry resta ferme.

"Les Flamel ne nous ont pas entraînés pour rien, Dumbledore," dit-il. "S'ils pensaient que Lillian serait inutile dans cette guerre, ils l'auraient simplement renvoyée à Poudlard !"

"Harry, elle n'a encore jamais pris une vie et j'ai bien l'intention que cela continue comme ça," dit fermement Dumbledore.

"C'est une élémentaliste de feu, Dumbledore, elle peut traverser n'importe quelle barrière magique que Voldemort pourrait mettre en place. On aurait déjà dû l'utiliser pour infiltrer Londres selon moi. Comme vous l'avez dit plus tôt, nous sommes en guerre et les sacrifices sont nécessaires. Si vous n'avez aucun problème à m'envoyer en mission d'assassinat, quel est le problème avec quelqu'un qui a les mêmes capacités que moi ?"

Harry fit une pause.

"Enfin, pas exactement les mêmes capacités, mais pas loin !"

"Harry, elle n'a pas besoin d'entacher son âme !"

"Et qui a dit qu'elle allait tuer ! Je m'en chargerai, son boulot sera de nous amener à des endroits protégés magiquement," rétorqua Harry.

"Je suis juste à côté de vous, vous savez," s'indigna Lillian. Elle en avait assez de les voir se disputer comme si elle n'était pas présente dans la pièce.

"Miss Austin," commença Dumbledore.

"Mon âme est la mienne et suis la seule à décider de ce qui lui arrive, professeur," dit-elle. "Je ne me suis pas porté volontaire pour participer à cette mission. Harry m'a choisi. Vous savez bien qu'il ne se soucie pas de savoir si je participe ou non à cette guerre, mais cette fois-ci, nous avoir tout les deux sur une telle mission nous procure un grand avantage tactique."

Dumbledore n'était pas au courant des récents développements dans leur relation et elle n'avait pas l'intention que ça change. Elle ne savait pas vraiment non plus ce qu'elle disait, mais ça semblait intelligent.

"Nicolas m'a dit qu'il y aurait un moment où je serais la seule à pouvoir fournir la force nécessaire à Harry pour qu'il puisse combattre et je crois que c'est un de ces moments." C'était un mensonge déguisé ; Nicolas parlait de l'éventualité où la créature se libérerait.

Dumbledore soupira avec lassitude et retomba dans sa chaise. "Pourquoi les jeunes doivent-ils être si têtus," grommela-t-il.

Harry et Lillian le fixèrent, attendant sa réponse.

"Vous savez que nous avons des sorciers et des sorcières qui sont tout aussi capables que vous, sans avoir le bonus d'être élémentaliste."

"Heureusement pour nous, nous avons ce bonus," répliqua Harry. "On ne sera que deux, Dumbledore. Vous n'aurez pas besoin de nous affecter une baby-sitter."

"Je ne m'inquiète pas de la puissance que vous possédez tous les deux," dit-il. "C'est votre inexpérience qui m'inquiète."

"J'ai assez d'expérience," dit Harry.

"Non, tu n'en as pas," rétorqua durement Dumbledore.

"On doit bien commencer quelque part," dit Lillian. "C'est dommage que cela se fasse dans de telles circonstances, mais comme vous l'avez dit vous-même, nous sommes en guerre."

"Arrêtez d'utiliser cet argument avec moi," claqua Dumbledore. Cela ne lui ressemblait pas de montrer son agacement aussi visiblement, mais ces élémentaliste le poussait à bout.

"Donc ?" Demanda Harry. "On peut avoir le dossier de mission ou pas ?"

"Très bien," acquiesça Dumbledore. "Tu peux dire à ton parrain que tu pars en mission d'assassinat avec une fille inexpérimentée qui n'a jamais assisté à un meurtre et toi, Lillian, tu peux aller dire à ton père que tu pars en mission pour voir des gens se faire assassiner !" C'était la dernière tentative de Dumbledore pour les convaincre de changer d'avis. Si ça ne fonctionnait pas, rien ne marcherait.

Dumbledore se sentit un peu coupable d'avoir dit ça quand il vit Lillian tressaillir, juste un peu. Harry, d'un autre côté, leva simplement les yeux au ciel. Albus attendit, espérant que la jeune fille changerait d'avis.

"Et donc ?" Demanda Harry, encore une fois quand Lillian ne changea pas d'avis.

Dumbledore capitula. "Termine la première étape de l'Occlumencie et je vous donnerai votre mission."

Harry était sur le point d'argumenter, mais il se ravisa. "Ça sera tout ?" Demanda-t-il d'un air moqueur, exaspérant le directeur.

"Oui, Harry," répondit poliment Dumbledore, peut-être un peu trop poliment. "Vous pouvez partir et Lillian, j'espère que tu as conscience du niveau de danger de cette mission. Prépare-toi bien. Quand Harry aura achevé sa tâche, vous serez tout seul sans aucune aide."

"Oui, professeur," dit-elle en évitant son regard pénétrant. "Je connais les risque." Elle se souvenait du test auquel Nicolas les avait soumis à leur arrivée. Elle était prête.

"Et bien, ça s'est pas trop mal passé," dit Lillian quand ils se furent éloigné du bureau de Dumbledore.

"Ça aurait pu être pire," acquiesça Harry. "Mais je dois te demander..." Il s'arrêta en voyant l'expression sur le visage de Lillian. "D'accord, je ne te le demanderai pas." Mais Harry le savait ; il connaissait les émotions et le changement qu'un meurtre pouvait provoquer chez une personne. Et surtout chez un élémentaliste.

"N'oublie pas que j'étais là quand nous avons vu tout ces moldus massacrés," dit-elle doucement. "Tuer un vampire ne compte peut-être pas comme une vie humaine, mais..."

"Ce n'est pas la même chose," dit immédiatement Harry. "Mais ne t'en fais pas pour ça. Pour l'instant, concentrons-nous sur ce que nous allons dire à ton père et à Sirius quand ils le découvriront."

Lillian grogna. "Ça va être une conversation douloureuse."

Lillian fronça les sourcils quand elle remarqua qu'Harry ne se dirigeait pas vers la salle commune. "Où allons-nous ?" Demanda-t-elle.

"Tu peux retourner dans la salle commune ou aller autre part si tu veux," dit-il. "Je retourne à mon repère, j'ai l'Occlumencie à maîtriser."

"Hmm, bonne chance avec ça," dit-elle. "Je pense que je vais aller m'entraîner avec Chelsea."

"Botte lui les fesses pour moi, d'accord ?" Demanda Harry avec un sourire narquois.

Lillian ricana, "Il y a peu de chance que ça arrive sans utiliser la magie. On se voit au dîner ?"

"On verra," marmonna-t-il.


Harry était assis les jambes croisées au milieu de sa chambre et cela faisait près de huit heures qu'il avait fermé les yeux et était entré en transe. Bien sûr, il n'en avait pas conscience. Sa concentration était telle qu'il n'avait plus conscience du temps qui s'écoulait.

Il lui avait fallu huit heures, mais Harry avait finalement franchi la barrière qui l'avait frustré pendant près d'un an maintenant.

Le but: atteindre un état parfait d'irréflexion. C'était différent de tout ce qu'Harry avait jamais ressenti et ce n'était pas du tout ce à quoi, il s'attendait. Il avait l'impression que son cerveau était en feu. Il ne pouvait pas penser, il ne pouvait pas bouger, il ne pouvait pas sortir de cette transe. Un moment, il méditait comme à son habitude quand soudain, chaque souvenir que son cerveau avait accumulé pendant les quinze ans de sa vie avaient été revisités à des vitesses vertigineuses. Des souvenirs du moment où il avait quitté le ventre de sa mère jusqu'au moment où il s'est assis et avait fermé les yeux il y a huit heures de cela; il pouvait tout voir et il n'y avait rien qu'il puisse faire pour l'arrêter.

C'était une agonie mentale. La vitesse à laquelle son cerveau opérait s'était multipliée de façon exponentielle.

Il dut endurer cette torture pendant encore deux heures avant que ses yeux ne s'ouvrent brusquement et qu'il ne vide le contenu de son estomac sur le sol.

"Punaise," haleta Harry. Sa tête tournait violemment et il n'arrivait pas à se relever. Les images flashaient encore devant ses yeux, déformant sa vision, mais il n'y avait rien qu'il ne puisse faire pour l'arrêter.

Cela prit un moment, mais le voile qui était tombé sur ses yeux fut levé.

"Pas étonnant que ce soit une branche obscure de la magie," hoqueta Harry d'une voix rauque en se relevant. Il se sentait encore un peu étourdi et il s'installa doucement sur le lit et s'allongea avec un soupir. Le marteau mental qui martelait sa tête ne montrait aucun signe de relâchement.

Sans la force mentale nécessaire pour faire façe au traumatisme de voir autant de souvenirs en si peu de temps, on pouvait devenir fou. Harry le comprenait maintenant et il n'arrivait pas à croire que Dumbledore ne l'avait pas averti à ce sujet !

Mais il pouvait le sentir maintenant. Il avait juste se concentrer un peu et il pouvait voir n'importe lequel de ses souvenirs avec une clarté éclatante. Cela semblait irréel. Au début, il s'attendait à tomber dans une sorte de monde intérieur semblable au monde dans lequel se trouvait son noyau magique, mais c'était complètement différent.

Il réalisa qu'il y avait deux sortes de boucliers mentales. L'un était une couche de magie que l'on entretenait autour de son esprit en utilisant notre imagination, notre créativité et notre intention. L'autre n'était pas vraiment un bouclier. C'était l'art de permettre à un legilimens de voir certains souvenirs tout en cachant habilement ceux qui étaient importants sans trahir le fait qu'ils étaient cachés. C'était la vraie compétence que les occlumens devaient maîtriser !

La meilleure façon de décrire la magie derrière l'Occlumencie était de regarder et de trier ses souvenirs à travers un troisième œil. C'était un sentiment déconcertant qui prendrait du temps à s'y habituer. Mais pour l'instant, il avait finalement réussi et il se sentait encore plus puissant qu'avant.


Bureau du directeur

"Êtes-vous sûr qu'il est sur le point de vivre le flash ?" Demanda Rogue à Dumbledore avec scepticisme. Devenir occlumens à quatorze ans était tout simplement impensable.

"Il a commencé à le sentir," dit Dumbledore avec un soupir.

Les yeux de Rogue s'élargirent. "Mais il n'a que quatorze ans !"

"Il aura quinze ans le mois prochain," dit fièrement Sirius. "Pourquoi nous avoir convoqué nous quatre seulement, Albus ?"

Dumbledore joignit ses doigts et regarda les personnes en face de lui. Il s'était demandé avec qui il devrait discuter de la situation d'Harry et Lillian et avait finalement choisi Sirius, pour des raisons évidentes; Chelsea, qui était devenue étonnamment proche des deux adolescents durant le peu de temps qu'elles les avaient connus; et après beaucoup de réflexion, le Général Casey et Severus rejoignirent le groupe de quatre. Le Général était là parce qu'il allait coordonner les missions une fois que Dumbledore serait parti à la recherche des dragons et Severus était présent pour donner une évaluation biaisée de l'Occlumencie d'Harry.

"J'ai décidé d'envoyer Harry en mission d'assassinat," dit Dumbledore, décidant d'être franc.

"QUOI ?!" Éclata Sirius en se levant brusquement de sa chaise.

Des expressions identiques de choc se reflétaient sur les visages de Chelsea et Casey. Rogue, comme toujours, était parfaitement composé.

"Avez-vous perdu la tête, M. Dumbledore ?" Dit Chelsea avec incrédulité. "Harry a à peine quinze ans et je sais que vous dites tous qu'il est très puissant, mais une mission d'assassinat ?!"

"Êtes-vous apte à diriger cette résistance, Albus ?" Grogna Casey.

"Albus non ! Tu ne peux pas le laisser faire ça," plaida Sirius.

"C'est nécessaire," dit Dumbledore avec regret. "Et s'il vous plaît dites-moi ce que vous avez entendu à propos de M. Potter; Général, Miss Walker," demanda-t-il en se tournant vers les deux moldus.

"Juste ce que vous nous avez dit," dit calmement Casey. "Un enfant très puissant et doué et je ne pense pas qu'aucun d'entre nous ait oublié cette histoire qu'il nous a racontée, une grande partie de cette guerre dépend de lui."

"Cela ne veut pas dire que nous devons l'envoyer en mission pour assassiner des gens," dit Chelsea avec colère. Étant une des meilleurs assassins de la CIA, elle n'arrivait pas à croire que ces gens envisageaient d'envoyer un jeune garçon de quinze ans dans une telle mission !

Dumbledore soupira. "Vous n'avez pas à vous inquiéter à ce sujet," dit-il. "Harry Potter a massacré plus d'une cinquante de Mangemorts quand Londres a été attaqué."

Un silence stupéfait accueilli ses paroles. Excepté pour Sirius qui fixait misérablement ses mains.

"Sans pitié," ajouta Dumbledore.

"Ce-ce n'est pas possible," dit Chelsea, choquée. "Je veux dire, il a l'air si..." Elle s'interrompit. Elle ne pouvait pas le croire.

Casey, d'un autre côté, avait l'air très impressionné. "Voilà pourquoi vous lui permettez de participer à nos réunions et le tenez en si haute estime, tout prend son sens maintenant."

"Il n'y a pas de quoi être impressionné, Général," dit vivement Sirius. "Il ne devrait pas avoir à se mettre dans une telle position. Surtout, alors qu'il se remet si bien !"

"Se remet de quoi ?" Demanda Chelsea.

"De l'isolement," dit froidement le parrain d'Harry. "Il commence enfin à se connecter avec les autres et cette mission ne servira qu'à effacer toute l'empathie qu'il lui reste !"

"Harry n'est pas celui dont je suis concerné, Sirius," dit Dumbledore.

"Quoi ?"

"Il a l'intention de partir seul en mission avec Miss Austin."

"Il a perdu la tête ou quoi ?!" Rugit Sirius. "Est-ce que Donald est au courant de ça ?"

"Ais-je bien entendu ?" Dit Chelsea avec scepticisme. "Ce n'est plus seulement un adolescent aux tendances meurtrière qui se lance dans une mission d'assassinat, mais une autre adolescente non-meurtrière va l'accompagner ? Oh, et puis-je ajouter, qu'il sont tous les deux pleins d'hormones !"

"C'est pourquoi je veux que vous essayiez de leur faire changer d'avis," soupira Dumbledore.

Sirius se laissa tomber sur sa chaise, l'air complètement déprimé. "Qu'est-ce qui ne vas pas avec cette journée ?" Grogna-t-il.

"Où est Potter ?" Demanda Rogue doucement.

"Probablement quelque part, se préparant à surmonter le flash," dit Dumbledore.

Rogue hocha la tête et se retourna gracieusement, quittant la pièce.

"Où vas-tu Severus ?" Demanda Sirius bruyamment avant que l'homme ne passe la porte.

"Je vais trouver le père de Miss Austin et l'informer de la décision de sa fille. Il est responsable d'elle et je suis sûr qu'il aura quelques mots à dire à ce sujet."

"J'avais espéré résoudre cela sans avoir à traumatiser le pauvre homme," dit Dumbledore en fronçant les sourcils. "Revenez à l'intérieur, Severus."

Rogue hésita un moment. "Vous ne pouvez pas laisser son père ignorant de ce qu'il se passe," dit-il d'un ton anodin. "Potter est peut-être un tueur, mais elle ne l'est pas." Il sortit de la pièce et claqua la porte de bois derrière lui.

"Seront-ils les seuls à participer à cette mission ?" Demanda Casey en fronçant les sourcils.

"Bien sûr que non," répondit Dumbledore. "J'ai cinq équipes en tête, mais si Lillian rejoint Harry, nous en aurons six."

"Parfait !" Dit Casey. "Plus on est de fous, plus on rit."

"Général !" S'exclama Chelsea avec indignation. "Vous ne pensez sérieusement pas à les envoyer sur le terrain ! Ce ne sont que des enfants pour l'amour du ciel !"

"Et nous sommes en train de vivre l'apocalypse, agent Walker," répondit Casey. "Gardez cela en tête et n'oubliez pas l'âge que vous aviez quand l'agence vous a recruté," ajouta-t-il. "Maintenant parlez-moi de ces équipes, Albus."

Dumbledore sortit le fichier que Warlow avait compilé. "Notre première cible est Abraham Lopez," commença-t-il.


Lillian n'en pouvait plus. Elle ne savait pas ce qui était arrivé à cette journée qui avait si bien commencé.

Elle se tenait dans un coin de la chambre de son père, se concentrant intensément sur sa respiration et les vibrations intéressantes que cela faisait dans sa gorge pour étouffer les voix de son père, Ron et Hermione. Elle se dirigeait joyeusement vers la Grande salle, son estomac grondant, mais la minute d'après elle fut prise en embuscade par Ron et Hermione qui la bombardèrent de questions à propos d'Harry et d'elle.

Elle n'eut même pas le temps d'exprimer sa surprise qu'ils soient déjà au courant, avant que son père et Rogue n'arrive vers elle, l'air absolument furieux. Il l'avait traînée dans sa chambre et avait commencé à hurler qu'elle ne se souciait de personne, qu'elle était égoïste et pensait que cette guerre était de la rigolade. Elle avait d'abord essayé de protester et argumenter, mais elle avait laisser tomber quand elle réalisa que personne ne l'écoutait.

Maintenant, les cris n'était plus que de la cacophonie qu'elle essayait de noyer. Elle voulait désespérément retrouver Harry ; elle voulait disparaître avec lui, mais il était au milieu d'une tâche importante. Elle ne pouvait pas le déranger alors elle se contenta de repenser à la soirée d'hier et elle sourit.

Cela ne fit qu'exaspérer ses persécuteurs encore plus et le volume des cris augmenta. Quand allaient-ils s'arrêter ? Elle était tellement tentée de crier et de se déchaîner contre eux en leur disant qu'ils étaient tout aussi égoïstes et incapable de voir la situation dans son ensemble, mais elle se retint.

Attends une minute, pensa-t-elle soudainement. Pourquoi y avait-il du silence ?

Elle leva les yeux et vit qu'ils la dévisageaient. Enfin, son père et Ron la dévisageaient, Hermione semblait prête à tuer Ron. Hermione n'était plus en colère contre elle ? Quand est-ce que c'était arrivé ?

"Suis-je bien clair Lillian Mary Austin ?" Gronda son père.

"Absolument," dit-elle en hochant la tête vigoureusement. "Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je vais aller manger quelque chose. Je me dirigeais vers la Grande salle pour aller manger avant que tu me traînes ici devant un million de personnes."

"Méfie-toi de Potter, Mary !" Dit Ron. Son visage était plus rouge que jamais.

"Quoi ?" Aboya M. Austin.

"Vas-tu la fermer, idiot insensible !" Cria Hermione. "Désolé M. Austin !" Ajouta-t-elle en s'excusant.

"Qu'est-ce que tu voulais dire à propos de Potter ?" Demanda M. Austin en plissant les yeux.

Oh, il est temps de partir, s'affola Lillian. Elle s'occuperait de ses amis plus tard.

"Reste ici, jeune demoiselle !"

"Tais-toi !" Cria Lillian soudainement. "Je vous déteste tous !"

Elle se dirigea vers la sortie et repoussa Ron quand il essaya de l'arrêter. Après qu'elle se fut éloignée et qu'elle était sûre que personne ne la suivait, elle sourit. Elle les avaient surpris avec son exclamation soudaine et elle espérait qu'il resterait surpris assez longtemps pour qu'elle ait le temps d'atteindre les cuisines.

Elle se sentait un peu mal de quitter son père comme ça. Elle savait qu'il voulait juste qu'elle soit en sécurité, mais ça ne voulait pas dire qu'il pouvait la traiter comme ça ! Elle n'avait plus six ans, pensa-t-elle sombrement.

"Par où se trouve la cuisine, déjà," marmonna-t-elle. Peut-être qu'un bon repas lui remonterait le moral.


Harry trébucha hors de son repère et faillit s'écraser contre l'armure dressée contre le mur opposé. Il avait du mal à contrôler son Occlumencie. Il avait l'impression de regarder deux images en même temps. Une image du présent et une de ses souvenirs.

"Comment suis-je censé désactiver cette chose !" Grogna-t-il. Prenant appui sur le mur, il ferma les yeux et imagina une bulle autour de son esprit. Une bulle que lui seul pouvait franchir pour accéder à son esprit.

Il cligna des yeux de surprise quand son mal de tête disparut presque instantanément et sa double vision disparut.

"Tempus."

Il était près de minuit, réalisa Harry. Ce serait amusant de faire irruption dans le bureau de Dumbledore à cette heure-ci, pensa-t-il en ricanant. "Je parie que le vieil homme ne s'attendait pas à ce que je progresse aussi rapidement !"

"Je ferais mieux de prévenir Lillian," se dit-il. Pensant à un souvenir heureux, il leva sa baguette et dit, "Expecto Patronum !"

Un ours polaire argenté jaillit majestueusement de sa baguette et s'arrêta quand il remarqua qu'il n'y avait pas de danger. Il se retourna et flotta vers son maître. Harry sourit et passa sa main sur son corps. "Va voir Lillian et dis-lui de me rejoindre à l'entrée du bureau de Dumbledore."

Le gros animal hocha la tête et disparut, laissant derrière lui une traînée d'argent.

Lillian était assise sur la rambarde de la tour d'astronomie. Elle avait évité tout contact tout au long de la journée et elle commençait à en avoir marre. Combien de temps faudrait-il à Harry pour terminer sa tâche ? Pensa-t-elle avec irritation.

Ses pensées furent interrompues par l'apparition d'un ours polaire gigantesque qui se matérialisa juste à côté d'elle et l'a fit sursauter au point qu'elle faillit passer par-dessus la rambarde.

"Rejoins-moi à l'entrée du bureau de Dumbledore," dit le patronus avec la voix d'Harry avant de disparaître. L'excitation nerveuse remplaça l'irritation. Harry l'avait fait ? Elle sauta de la rambarde et se précipita vers le bureau du directeur.

Elle fit tout le chemin en courant et fut naturellement à bout de souffle quand elle atteignit la gargouille. Harry l'y attendait déjà avec un sourire satisfait sur le visage.

"Tu as l'air d'avoir fait tout le chemin en courant," commenta Harry inutilement.

"Je commençais à en avoir marre d'attendre," dit-elle en reprenant son souffle. "Tu as réussi ?"

Son sourire répondit à sa question.

"Plumes en sucre," dit Harry en se tournant vers la gargouille.

"Correct," gronda l'ancienne gargouille avant de s'écarter.

Les deux adolescents furent surpris quand, au même moment, trois personnes sortaient du bureau du directeur.

"Harry, Lillian !" S'exclama Sirius. "Justement les abrutis que nous cherchions."

Harry plissa les yeux, "Abrutis ?" Dit-il dangereusement.

Malgré son sourire narquois, Harry pouvait l'émotion dans les yeux de Sirius et qu'il se retenait à peine de lui crier dessus.

"Le Général t'attend Harry," dit Chelsea. "Lillian, tu viens avec nous."

"Pourquoi seulement moi ?" Demanda-t-elle avec appréhension.

"Allez, jeune fille," dit Croaker avec impatience. "Nous n'avons pas toute la nuit, Potter, tu peux monter dans le bureau."

Harry regarda les trois adultes avec méfiance. Il échangea un regard avec Lillian et ils décidèrent silencieusement d'accepter de les écouter... pour l'instant.

"On se voit dans pas longtemps," dit Harry.

Quand Harry entra dans le bureau, il vit le Général assis derrière le bureau en acajou. Dumbledore n'était pas présent et, naturellement, ce fut la première question qui lui vint à l'esprit.

"Où est Dumbledore ?"

"Professeur ou Monsieur Dumbledore," corrigea Casey. "Cet homme a un siècle de plus que toi, un peu de respect ne ferait pas de mal."

"Très bien, où est le professeur Dumbledore," répéta Harry.

"Il s'est lancé dans une quête mythique," répondit Casey en levant les yeux au ciel. "J'ai tendance à ignorer les détails quand il s'agit de fantaisie."

Casey sortit un des nombreux cigares qui dépassaient de sa poche avant et l'alluma habilement.

Certains portraits toussèrent bruyamment.

"Bouclez-là, bande de crétins," gronda Casey. "Les peintures ne peuvent pas sentir la fumée !"

"Nous pouvons quand même prétendre !" Brailla l'une des anciennes directrices avec indignation.

"Je ne sais pas comment Albus fait pour supporter ces images parlantes," dit Casey à Harry. "Ils sont aussi agaçants qu'un tas de moustiques bourdonnant autour de ma tête."

"J'imagine qu'il faut être un peu fou pour supporter leur bavardage insensé," dit Harry en s'asseyant. Des gestes grossiers et des protestations bruyantes suivirent ce petit commentaire.

Casey acquiesça et tendit un dossier à Harry.

"Nicolaï Wanbosi," dit-il. "Maître des potions et l'homme derrière le désastre de Montova."

"C'est l'homme responsable de Montova ?" Dit Harry en inspirant brusquement.

"Apparemment," dit Casey. "Il y a des choses dans ce dossier que je ne peux même pas essayer de comprendre, mais il y a une chose qui est parfaitement claire," dit-il sombrement. "Cet homme a besoin d'être tué."

Harry feuilleta le dossier impassiblement. "Sa localisation n'est pas précisée," dit-il en fronçant les sourcils.

"Il se cache quelque part en Irlande," grogna Casey. "C'est votre boulot de le trouver, de le tuer, et de mettre un terme au projet sur lequel il travaille."

"Et sur quoi travaille-t-il ?"

"Ça n'a pas d'importance," dit Casey. "Quoi que ce soit, ça ne peut pas être que dangereux si cela provient des esprits tordus de Voldemort et Wanbosi.

Harry acquiesça. Ses yeux aperçurent plusieurs dizaines de fichiers similaires à celui qu'il tenait dans ses mains sur le bureau.

"Différentes missions pour différentes équipes," dit Casey en suivant le regard d'Harry.

"Quand est-ce que je pars ?" Demanda Harry.

Casey sourit et recula dans sa chaise. "Tu sais, tout le monde est contre ton idée d'emmener avec toi une jeune fille immature et inexpérimentée."

"Ceux qui pensent ça ne la connaisse pas du tout alors. Ses compétences font d'elle une alliée parfaite pour cette mission," dit Harry d'un air défensif.

"Je suis d'accord," dit Casey, surprenant Harry. "M. Dumbledore nous a parlé de la façon dont vous avez combiné vos pouvoirs pour abattre un dragon et comment tu as massacré une cinquantaine d'ennemies juste après."

Harry se figea. Il avait espéré que Dumbledore voudrait que cette histoire ne se répande pas.

"Et bien que j'ai beaucoup de questions à propos de ce monde effrayant et de cet Armageddon, je n'en ai qu'une seule pour toi."

"Qu'est-ce que c'est ?"

"Quand as-tu tué un homme pour la première fois ?"

La question frappa Harry comme un marteau sur une enclume et grâce à son Occlumencie, son souvenir de cette nuit était très clair et avec un peu d'effort, il s'en extirpa et regarda le Général droit dans les yeux.

"Personne ne peut tuer autant d'hommes sans l'avoir fait auparavant," dit Casey. "Quand t'es-tu habitué à la vue du sang et de la mort ?"

"Perenelle Flamel," dit Harry d'une voix rauque. Le souvenir le hantait toujours de temps en temps. "Elle a amené cinq meurtriers condamnés à mort et a tué le premier en lui tranchant la gorge sans la moindre hésitation."

Casey le regarda calmement et écouta attentivement. Le premier était toujours le pire.

"Elle m'a ensuite tendu le couteau et m'a dit que les quatre restants étaient à moi et que je n'avais pas le droit de quitter la pièce tant qu'ils n'étaient pas morts."

Harry se tut et Casey continua à fumer.

"Il m'a fallu une heure pour trouver la force de faire passer le couteau dans le cœur de la première: c'était une femme et j'ai manqué son cœur et percé son poumon à la place.

Les sourcils de Casey s'élevèrent et il grimaça intérieurement. Il aurait fallu des heures pour que la femme meure.

"Le deuxième condamné, un homme, je l'ai poignardé proprement et il est mort assez vite. Au moment où j'ai tué le quatrième, je n'était plus aussi repoussé qu'au début.

"Que ressens-tu maintenant, quand tu prends une vie, de la culpabilité ou de la satisfaction ?"

Le regard d'Harry dit au général tout ce dont il avait besoin de savoir.

"Je vois," dit-il calmement. "Je suppose qu'il ne me reste plus qu'une chose à te dire, essaye de ne pas te faire prendre."

"Qu'est-ce que Sirius et Chelsea, ont-ils à faire avec Lillian ?" Demanda Harry.

"Oh, ils l'ont déjà trouvée ?" Dit Casey avec surprise.

"Elle était avec moi quand je suis arrivé ici."

"Ils sont probablement dans la salle d'entraînement où vous aviez l'habitude de retrouver Walker. Ils essaient sûrement de lui faire changer d'avis et s'ils n'y arrivent pas, ils lui donneront des objets dont elle aura besoin pour la mission."

"Comme quoi ?"

"Tu verras par toi-même," dit Casey en haussant les épaules. "Ta mission est-elle claire ?"

"Trouvez Nicolaï, le tuer, détruire sa base d'opération et essayez d'en extraire le plus d'informations possibles."

"Rogue a un... comme vous dites déjà," dit-il en fronçant les sourcils, "Ah, un portoloin pour vous emmener à Dublin. Une fois arrivé, vous devrez trouver la base par vous-même. Nous n'avons aucune information sur l'emplacement de sa base excepté le fait qu'elle est censée se trouver quelque part au nord-ouest de la ville."

"Bonne chance."


Avant qu'Harry ne se rende à la salle d'entraînement, il se dirigea vers son repère et remplit un sac à dos sans fond avec les choses qu'il estimait être importantes pour la mission. Quelques livres sur les barrières magiques, les soins et les runes; des vêtements; plusieurs potions et bien sûr, sa cape d'invisibilité. Il était tenté de prendre la Pensine de Serpentard avec lui, mais décida que c'était trop risqué.

Hedwige était visible depuis la fenêtre. Elle volait gracieusement dans le ciel au-dessus de la belle vallée, ses plumes blanches brillaient presque sous la lumière de la pleine lune et Harry ne put s'empêcher de sourire. Il la regarda pendant un moment, profitant de cette vue qui lui apportait un peu de tranquillité d'esprit avant de passer son sac sur son épaule et de partir.

Quand Harry entra dans la salle d'entraînement, il y avait plus de monde qu'il ne s'attendait à voir. Donald, le père de Lillian, regardait d'un air maussade sa fille d'un bout de la pièce. Croaker et un homme mince aux cheveux bouclés, expliquaient quelque chose à Lillian. Severus, Sirius et Chelsea regardaient la scène sans rien dire.

Dès que Donald posa les yeux sur Harry, son air maussade se transforma en rage. "Tout ça, c'est de ta faute !" Éclata-t-il furieusement. "Sans toi, Lillian ne serait pas impliqué dans cette satanée guerre !"

"Papa, tais-toi !" Cria Lillian. "On a déjà eu cette conversation !"

M. Austin fusilla sa fille et Harry du regard avant de sortir de la pièce et de claquer la porte derrière lui.

Harry était perplexe devant sa réaction, mais ne s'y attarda pas. Il avait l'habitude qu'on le blâme pour quelque chose dont il n'était pas responsable.

"Tu es prête ?" Demanda-t-il à Lillian.

Avant que Lillian ne puisse répondre, Harry sentit quelque chose entrer dans son esprit et passer presque inaperçu à travers la bulle qu'il avait placée autour de son esprit. Il se concentra immédiatement sur son Occlumencie pour voir ce que la présence extérieure recherchait dans son esprit. Elle semblait se concentrer sur les souvenirs impliquant les Flamel et Harry commença à mettre en avant des souvenirs sans importance comme des cours avec McGonagall, Rogue et ainsi de suite tout en repoussant les souvenirs des Flamel au plus profond de son esprit.

Quelques secondes plus tard, la présence disparut et Harry se tourna vers Rogue.

"Alors ?"

"Pas mal," admit Rogue à contrecœur. "Si j'avais été plus agressif, j'aurais pu me procurer ces souvenirs. Ton talent de débutant est admirable, mais tu as encore un long chemin à parcourir pour perfectionner cet art."

Harry sourit. C'était probablement le plus haut compliment que Rogue était capable de donner.

"Tu étais supposé dire qu'il craint et qu'il ne peut pas partir Rogue," s'exclama Sirius.

"Je ne suis pas un menteur, contrairement à toi le chien," répliqua Rogue.

"Enfin bref !" Interrompit Lillian avant que les deux ennemis d'enfance ne puissent s'y mettre. "Tu en as un pour Harry aussi ?" Demanda-t-elle à l'homme aux cheveux bouclés.

"Un quoi ?" Demanda Harry en se tournant vers eux.

"Le nouveau DOMS 1000," dit fièrement l'homme en retirant un pistolet d'une des poches de sa blouse blanche.

"Un pistolet ?"

"Ce n'est pas n'importe quel pistolet, mais un pistolet magique. Une arme fabriquée à partir de nos rêves. Une arme..." dit l'homme en souriant largement. Il ressemblait à un enfant qui présentait le jouet le plus cool du monde.

"Viens-en au fait, Chris," claqua Chelsea avec irritation.

"Euh, oui de suite."

Derrière lui, Lillian sourit en agitant sa nouvelle arme.

"Il possède un noyau en bois recouvert de métal argenté, ce qui permet à un pistolet normal d'être enchanté. Ce bébé peut produire par magie plus de mille balles avant d'avoir besoin d'au moins une journée pour être rechargé. Vous ne ressentirez aucun recul et le tir est aussi silencieux qu'un cri de terreur au-delà de notre atmosphère. Tout ce qui compte, c'est votre capacité à atteindre la cible et votre niveau de tolérance pour le sang jaillissant du corps de l'ennemi," dit-il de façon dramatique.

"Cool," dit Harry avec un air impressionné et tendit la main. Chris lui tendit l'arme et se tourna vers Chelsea. "Écoute Chelsea, je sais que nous ne nous sommes pas quittés de la meilleure façon possible, mais tu penses que nous pourrions..."

"Garde tes excuses, Chris," dit-elle froidement. "Je ne veux pas t'entendre. Voyons voir comment tu te débrouille avec ça, Harry," dit-elle à la place.

Harry jeta un regard à Chris qui avait l'air dévasté avant de hausser les épaules et de s'émerveiller devant la légèreté de l'arme.

"Que le meilleur gagne ?" Demanda-t-il à Lillian en faisant tournoyer le pistolet entre ses doigts.

"Viser et tirer, c'est ça ?" Confirma Lillian avec Croaker. L'homme hocha la tête.

Ils commencèrent presque en même temps. Les mannequins d'entraînement en bois étaient les cibles et ils déchargèrent autant de coups que le pistolet était capable de suite.

Les armes étaient complètement silencieuses et s'ils ne pouvaient pas voir l'impact des balles, ils auraient pensé que les pistolets ne fonctionnaient pas.

"C'est incroyable !" S'émerveilla Lillian.

Harry était tout aussi impressionné. "Une arme parfaite pour un assassinat," dit-il.

"Content que ça vous plaise," dit Croaker en regardant la majorité des trous qui étaient apparus au milieu des mannequins. Les deux adolescents étaient presque égaux en compétence. "Vous n'avez pas idée de l'enfer que mon équipe a traversé pour concevoir ce truc."

"Le concept n'était pas le plus difficile," Chris intervint. "C'était la mise en œuvre qui était presque impossible, c'est un mélange parfait de magie et de technologie."

"Comment avez-vous fait ?" Demanda Harry.

Chris était sur le point de répondre, mais un seul regard de Croaker le fit taire. "C'est un secret," marmonna Chris. "On ne peut pas risquer que les psychomages ne le découvre." Croaker se renfrogna devant le surnom que ses savants s'étaient mis à utiliser pour designer les Mangemorts, il ne trouvait pas ça amusant du tout.

"Et le portoloin ?" Demanda Harry à Sirius. Chris baissa la tête quand il réalisa que plus personne ne faisait attention à lui.

Sirius hésita. "Tu es sûr de toi, Harry ?"

Harry plissa les yeux.

Sirius soupira et jeta un soldat en jouet à son filleul. "Le code d'activation est le nom de ta cible. Vous êtes libre de partir quand vous voulez, vous n'aurez aucun contact avec nous par peur d'alerter l'ennemi de votre présence. Une fois, la mission accomplie, revenez immédiatement, ne vous éloignez sous aucune circonstance de votre objectif."

Harry et Lillian acquiescèrent.

"Vous pouvez retourner dans votre laboratoire," dit Chelsea en fusillant Chris du regard. Tout le monde se demandait ce que cet homme à l'air faible avait pu faire à Chelsea pour qu'elle donne l'impression qu'elle voulait l'éventrer. "Severus, tu peux rapporter à Casey qu'Harry a réussi," ajouta-t-elle.

"Chelsea écoute s'il te plaît, je veux juste te dire que..."

BANG !

Chris blanchit en fixant l'impact de la balle qui avait manqué son pied de quelques centimètres.

"Je ne veux pas t'entendre !" Cracha-t-elle. "Allez Lillian," dit-elle, sa voix devenant douce. "Laisse-moi te montrer comment une femme cache une arme."

Lillian rougit, mais suivit l'ancienne espionne jusqu'à un coin de la pièce, laissant les hommes derrière eux.

"Qu'est-ce t'as bien pu lui faire ?" Demanda Sirius, les yeux écarquillés.

"Ne me posez pas de questions s'il vous plaît," dit-il d'un air morose avant de sortir de la pièce en suivant Rogue et Croaker.

Cela ne laissait plus que Harry et Sirius.

"Jolis tirs," dit Sirius.

"Perenelle s'en est assuré," marmonna Harry. "Malheureusement, ses méthodes étaient plus douloureuses que celle de Nicolas."

"Pas de questions," ajouta Harry.

"Tu as pris les fournitures nécessaires ?" Demanda son parrain à la place.

Harry acquiesça.

"Attrape," dit Sirius en lui lançant une petite sacoche.

"Qu'est-ce que c'est ?"

"De la nourriture en conserve; assez pour durer un an et si tu es bon en métamorphose, tu peux changer le goût fade de ces nutriments."

"Pas mal, merci," dit Harry en haussant les sourcils. Il prit note mentalement de maîtriser la métamorphose des aliments. C'était une compétence utile à avoir.

"Et pour finir, faites attention. C'est ta première mission sans supervision. N'utilisez pas la magie trop souvent ou vous pourriez alerter l'ennemi. Il y a certaines barrières magiques qui peuvent détecter la magie sur de longue distance."

"Tu me l'as déjà dit," lui rappela Harry.

Sirius l'ignora et continua. "Vous pourriez rencontrer des survivants moldus, mais n'essayez pas de les aider avant la fin de votre mission. L'élimination de votre cible est plus importante que sauver la vie de quelques moldus."

Les yeux d'Harry se dirigèrent vers la porte derrière laquelle Chelsea était probablement en train d'embarrasser Lillian.

"Tu es le leader de cette mission, Harry, indépendamment de tes sentiments pour elle," dit calmement Sirius, remarquant son regard. "Ne l'oublie pas."


Plus au Nord

Dumbledore avançait tant bien que mal dans de la neige profonde au milieu de ce qui était sûrement un blizzard magique. Même à travers la multitude de sortilèges de réchauffement qu'il avait placé sur son corps, le froid réussissait quand même à se frayer un chemin jusqu'à ses os. Les sorts de réchauffement ne suffisaient pas à prévenir les engelures. Il était littéralement obligé d'augmenter sa température corporelle au-delà de la normale et ce n'est que grâce à la magie qu'il ne s'était pas effondré.

Il s'arrêta, sortit sa baguette et se concentra sur le sort de localisation. "Pointe au Nord," murmura-t-il et une fois de plus, la baguette pointa droit devant lui et Dumbledore soupira. Il marchait depuis des heures et selon le sort de localisation, le dragon qui s'était échappé de Londres se trouvait encore à un kilomètre devant lui.

Le dragon était-il conscient de sa présence et gardait-il cette distance entre eux intentionnellement ? Dumbledore enveloppa ses robes épaisses autour de lui et continua son voyage dans le froid.

Il se demandait où il était. Était-ce la Sibérie ? Était-ce l'Arctique ? Ou était-ce un endroit caché par la magie, révélé uniquement par le sort de pistage ? Comment Voldemort, avait-il réussi à trouver les dragons libres ?

Le dernier endroit qu'il avait traversé et qu'il était certain de reconnaître était les Alpes, mais cela avait changé il y a quelques heures quand il est entré dans ce blizzard magique. Et depuis qu'il était entré dans cette zone, il était incapable de transplaner et le paysage était plat et blanc. La raison pour laquelle il savait qu'il avait quitté les Alpes était que les sommets supposés être tout autour de lui avaient soudainement disparu. Non, il n'était à proximité d'aucune montagne qu'il connaissait.

Dumbledore était certain que le dragon était maintenant conscient de sa présence et garda sa baguette à la main. Maintenant qu'il était au courant de ses pouvoirs, il ne serait pas vaincu comme il le fut lors des attentats de Londres.

Quelques heures plus tard, il eut la preuve qu'il avait raison.

Un rugissement féroce noya le bruit du blizzard et quatre dragons massifs atterrirent brutalement sur le sol autour de lui.

Corps écaillés, cornes incurvées et dents effrayantes; quatre yeux reptiliens le fixaient d'un air menaçant et Dumbledore était légèrement intimidé; juste un peu.

"Indiquez le but de votre présence ou soyez éliminé," rugit le dragon devant lui. Dumbledore resta debout malgré l'incroyable force qui percuta son corps quand le dragon parla.

"Je souhaite parler avec les nains," dit calmement Dumbledore.

Les énormes yeux des dragons s'élargirent et immédiatement les trois autres dragons s'élevèrent dans les airs. La curiosité de Dumbledore face à leurs actions disparue rapidement lorsque le chef de la meute ouvrit la bouche, prêt à faire disparaître le sorcier dans un rugissement de magie.

Des éclairs de lumière rouge crépitaient autour de son corps immense et Dumbledore invoqua sa magie, prêt à contrer tout ce que les dragons lui lanceraient.

Les négociations étaient terminées avant même d'avoir commencé.

"Serait-ce trop demander d'avoir une discussion pacifique ?" Se moqua Dumbledore.

Le faisceau destructeur rouge sang de magie condensée qui jaillit vers lui suffit comme une réponse.

"Je suppose que non !" Cria Dumbledore et avec son propre rugissement, il dévia la magie destructrice vers les dragons qui volaient au-dessus d'eux.

La magie ne se dissipa pas comme Dumbledore s'y attendait et le dragon rugit à nouveau. Dumbledore fut choqué de voir le faisceau de magie se condenser en une sphère et, comme un météore, elle se précipita vers lui une fois de plus.

"Cela ne va pas être aussi facile que je le pensais," plaisanta Dumbledore.

Malheureusement pour lui, il était le seul à trouver ça drôle.


Poudlard

"Ils sont partis," soupira Sirius.

"Ce n'est pas le moment de s'inquiéter pour eux," dit Chelsea.

"C'est vrai," grogna Casey. "La nouvelle ville de New York se développe à un rythme alarmant. Notre marine nous a informé d'un grand boost dans la population magique et elle a confirmé le début d'un hiver nucléaire."

"Même au-dessus de la ville ?"

"Non, apparemment, le ciel au-dessus de la ville est dégagé, mais le reste du pays s'assombrit en ce moment même."

"Alors, que pouvons-nous faire ?"

"Infiltrer la ville et découvrir comment ils le font," dit simplement Casey.

"Peut-être devrions-nous les laisser continuer à agrandir leur ville," plaisanta Diggle.

"Ce n'est pas drôle," grogna Maugrey. "L'hiver nucléaire signifie que notre ozone va être ravagé jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Même si jusqu'à présent, on a eu la chance d'échapper aux effets des radiations, je doute qu'on soit épargné si l'ozone disparaît."

"L'Europe aussi voit les débuts d'un hiver nucléaire," ajouta Casey en ignorant Diggle qui était maintenant honteux.

"Et Paris ?" Demanda Chelsea.

"L'armée de monstres de Voldemort la protège et tout ce qui se trouve à l'Est. New York est encore très peu surveillée, c'est pourquoi c'est une cible plus facile," dit Croaker. "Nous avons envoyé Potter en Irlande, car rien n'indiquait la construction d'une nouvelle ville, ce qui signifie que quelque chose se passe là-bas et les informations de Warlow le prouve."

"Et pour le sud ?" Demanda Casey à Patil.

"Nous avons déjà désarmé trois bombes sales. La situation devient de plus en plus périlleuse et il ne faudra pas longtemps avant qu'une bombe ne nous échappe. Pire encore, une partie de l'armée de Voldemort composée de loups-garous et d'inférius balaye l'Afghanistan et ont presque atteint la frontière du Pakistan. Une armée de vampires et de trolls des montagnes sont sur le point d'entrer en Chine par la Mongolie et des gobelins envahissent toute l'Afrique et les pays arabes. "

"Toutes les nations ont combiné leurs armées et ont envoyé des unités des deux côtés pour éliminer les monstres, mais leur force et leur résilience sont de loin supérieures aux nôtres," ajouta Patil.

"Croaker ?" Appela Rogue.

"Nous avons un lot de cent armes prêtes et nous sommes prêts à les envoyer à vos armées," déclara-t-il.

"Comment se déroule la construction du refuge en Australie ?" Demanda Casey à Kingsley.

"Flitwick et son équipe travaillent dur pour établir le fidelitas sur une grande envergure," dit-il de sa voix forte. "C'est un peu plus difficile que prévu à cause des décharges magiques que chacun des enchantements produit."

Casey se tourna vers Croaker pour une meilleure explication.

"Il n'est pas possible pour le sortilège de fidelitas, qui cache un endroit en permanence, de couvrir de vastes zones comme celle que nous avons prévue. Nous essayons donc de l'appliquer un par un à des zones plus petites pour couvrir toute la zone. Le problème est que cette magie est très puissante et lorsque de telles protections puissantes se trouvent à proximité l'une de l'autre, elles ont tendance à se détruire mutuellement."

"Eh bien, je vous laisse vous occuper de ça," grogna Casey. "Avez-vous décidé de la composition de votre équipe, Maugrey ?"

"Sirius et Vance," grogna Maugrey.

"Walker se joindra également à vous," dit Casey. "C'est une experte de l'infiltration."

Maugrey acquiesça simplement.

"Kingsley, demande aux professeurs de se dépêcher et de transporter les survivants dans le désert. Trouve quelque chose pour les occuper quand ils arriveront."

"Qui est sur le terrain aux frontières ?" Ajouta Casey.

"Tonks et Remus ont tous les deux leurs équipes qui aident l'armée à se diriger vers la frontière en Afghanistan et les autorités magiques chinoises ont mobilisé leurs propres escouades pour contrer les vampires et les trolls," dit Patil. "Jusqu'à présent, ils ont réussi à contrer les frappes aériennes moldues."

"Et les gobelins ?" Demanda Sirius.

"Trop nombreux et plus forts que les gobelins habituels," soupira Croaker. "Le général Smith a près d'une douzaine de navires de guerre près des côtes, mais la magie des gobelins a été très efficace pour arrêter leur bombardement. Ils ont une unité sur le terrain en plus de l'équipe de Warlow, mais on leur a ordonné de ne pas avancer et de défendre les moldus qui n'ont pas encore été touchés."

"Très bien," dit Casey en se levant, l'air intimidant. "Croaker, fait en sorte que tes geeks travaillent plus dur. Kingsley, fait en sorte que tes professeurs enchantent plus vite et Maugrey, trouve cette solution pour contrer l'hiver nucléaire !" Aboya-t-il.

"Au boulot !"

Le général costaud se rassit avec un soupir, une fois que le bureau fut vide, fixant les papiers devant lui. Ils avaient besoin de plus d'hommes, pensa-t-il d'un air morose. Quinze équipes composées de trois hommes ou femmes en mission d'assassinat. Il était certain que tous ne réussiraient pas et certains ne reviendrait peut-être même pas.

Une cinquantaine de sorciers capables de combattre dans le sud, quatre atouts précieux envoyé aux vestiges des États-Unis et les mille sorciers et sorcières restants étaient pour la plupart domestiqués ou des enfants. Les non-magiques étaient pratiquement inutiles autour de Poudlard, c'est pourquoi il voulait qu'ils aillent en Australie le plus tôt possible pour construire une ville où ils pourraient vivre.

Il décida de faire appel au capitaine Morgan et de l'amener à sélectionner des hommes et des femmes capables de manipuler les nouvelles armes et de les envoyer dans les zones de guerre. McGonagall pouvait commencer à sélectionner les sorciers qui, selon elle, étaient maintenant capables de se battre et les envoyer au combat eux aussi. Cette décision pourrait le rendre détesté par les familles, mais ils avaient besoin de plus d'hommes !


Dublin

Un portail multicolore s'ouvrit à quelques mètres au-dessus du port de Dublin et deux adolescents enchevêtrés en sortirent.

"Ouch," gémit Lillian, sa tête tournant dans tous les sens. C'était le pire portoloin qu'elle ait jamais pris. Encore pire que celui de Beauxbâtons.

"Non pas que ça me dérange, mais tu pourrais te lever ? T'es un peu sur moi là."

Lillian entendit Harry et cligna rapidement des yeux pour essayer de retrouver ses esprits. Ses yeux s'ajustèrent à l'éclat soudain et elle eut un large sourire quand elle réalisa qu'ils étaient dans la même position qu'ils avaient été lors de leur tout premier voyage en portoloin ensemble, mais le cri d'une mouette les fit sursauter et leur fit rappeler où ils étaient et ce qu'ils étaient censés faire !

Ils se relevèrent rapidement et l'énergie intime qui se formait entre eux s'effondra presque instantanément.

Ils étaient dans un port abandonné.

Les bateaux et les navires attachés à la jetée se balançaient sur l'eau doucement, exhalant un calme qui n'était pas vraiment là. Des conteneurs d'expédition massifs traînaient tout au tour, leur contenu étant répandu partout. Des bâtiments vides se trouvaient à une certaine distance, les fenêtres cassées et des meubles en morceaux tout autour.

Dans une autre période, ce silence aurait pu être agréable, mais ce silence révélait autre chose. Il décrivait les horreurs qui avaient frappé cette ville par la volonté de Lord Voldemort. Les deux élémentaliste pouvaient entendre le son de la mort crier dans le silence.

"Explorons la ville," dit calmement Harry.

Lillian hocha la tête, le visage sombre. Ils retirèrent leurs balais de leurs sacs respectifs et s'envolèrent à quelques mètres du sol.

Le premier signe que la ville avait été ravagée par des loups-garous et des vampires était la vue des corps à l'entrée du port.

"Ils ont été complètement drainés à sec," informa Harry.

"Comment tu le sais ?" Demanda Lillian avec un air dégoûté.

"Ces plaies perforantes partout sur le corps devraient te suffire comme indice," dit sombrement Harry. "Tu peux imaginer combien de jeunes vampires, poussés par leur soif, ont immobilisé ces hommes et ont bu leur sang jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien."

Lillian se contenta de grimacer.

La ville était belle, réalisa-t-elle en continuant leur vol en silence. Il y avait de la couleur et du caractère dans chaque structure qu'ils croisaient et l'architecture était très agréable à regarder. Cependant, ils trouvèrent également d'innombrables cadavres de toutes formes et de toutes tailles et à divers stades de décomposition, ce qui rendait la ville révoltante à regarder. Certains des corps étaient mutilés au point qu'ils étaient impossible à identifier, mais ils étaient en meilleur état que les autres cadavres.

"Nous devrions installer notre camp dans l'un des bâtiments. Le soleil se couche et nous ne devrions pas voyager la nuit," dit Harry alors qu'ils entraient plus profondément dans la ville. "Ces cadavres récents indiquent qu'il pourrait y avoir des survivants et qu'il y a encore quelque chose qui les chasse."

"Des loups-garous ?"

"Les loups-garous ont tendance à transformer leurs victimes au lieu de les tuer. Les victimes meurent parce que leur corps ne peut pas supporter le virus. Ces corps, par contre," dit Harry en les pointant du doigt, "Ont été littéralement déchirés vivant. C'est probablement le travail d'un animal qui a été lâché dans la ville. Je parierais sur une créature magique."

"J'ai l'impression d'être dans un film d'horreur," marmonna Lillian alors qu'elle regardait autour d'elle à la recherche d'un mouvement suspect. "Est-ce qu'on a une idée de l'endroit où ce Nicolaï pourrait être caché ?"

"Le nord-ouest de Dublin est le seul indice que nous ayons."

"Et bien ça craint," soupira Lillian. "De toute façon, le soleil est presque couché. Espérons qu'on aura la chance de trouver un appartement en bon état quelque part."

Harry sourit et, ensemble, ils atterrirent et sautillèrent de leurs balais. Maintenant que le vent ne soufflait plus, ils se sentaient incroyablement seuls dans cette ville déserte.

"Beurk, quelque chose empeste !" Dit Lillian en se bouchant le nez.

"C'est l'odeur des cadavres. Ceux que tu as vus dans la centrale nucléaire venaient d'être tué donc ils n'avaient pas eu le temps de pourrir. Ce n'est pas le cas ici." Ils tournèrent au coin de la rue et virent des dizaines de cadavres en décomposition. Des corbeaux picoraient des asticots de la taille de son petit doigt et il y avait des chiens et des chats qui déchiraient avidement la chair des cadavres. "Ce sont des cadavres d'à peine quelques jours," dit-il d'un ton indifférent.

Lillian, quant à elle, était devenue verte et avait plaqué ses mains contre sa bouche et son nez. "Éloignons-nous le plus loin possible de cette rue !" Grogna-t-elle, combattant la nausée qui était apparue à la vue des corps.

Harry se contenta de rire et prit sa main, la guidant autour des corps. "Tu t'y habitueras," dit-il, se sentant un peu coupable quand il vit ses yeux s'embuer, pas par tristesse ou révulsion, mais à cause de l'odeur et des gaz libérés par les cadavres.

Elle n'osa pas respirer pendant les quelques secondes qu'il fallut pour naviguer autour des corps et se rendre de l'autre côté de la rue. "Comment est-ce que t'arrives à supporter ça !" Haleta-t-elle, une fois qu'ils s'étaient éloignés de la pile de cadavres.

Harry haussa les épaules. "Avant de quitter Grimmaurd pour Beauxbâtons, j'ai appris à supporter cette odeur et cette vue. Londres était encore pire que ce que tu peux voir ici parce que même l'infrastructure n'avait pas été épargnée lors de l'attaque des Mangemorts. Tu devrais t'estimer heureuse de pouvoir marcher dans les rues ici."

Lillian sentit une vague de regret emplir son cœur à la mention de Londres. Mais elle n'eut pas le temps de s'en inquiéter, car Harry se raidit soudainement.

Lillian n'hésita pas et retira rapidement sa baguette de son étui.

Harry avait cru entendre quelque chose bouger à l'intérieur du bâtiment à côté d'eux et se figea immédiatement. Il étendit sa magie vers le bâtiment pour détecter tout signe de vie à l'intérieur.

Dès l'instant où sa magie détecta quelque chose, il fit apparaître sa baguette et se prépara pour la bataille. À côté de lui, Lillian se tendit, se préparant à ce que des monstres les attaquent à tout moment.

"YAAAAAaaaaaaa !"

Une petite silhouette jaillit du bâtiment et fonça vers en courant et en hurlant.

Harry et Lillian le regardèrent arriver sous le choc.

Un enfant, âgé de moins de huit ans, courait vers eux avec un couteau levé au-dessus de sa tête, prêt à tuer.

Lillian réagit avant qu'Harry ne puisse lancer un sort à l'enfant. Elle s'approcha rapidement, attrapa le dos de la chemise de l'enfant et lui fit lâcher le couteau en frappa sa main. Elle le souleva par le col et le regarda avec incrédulité.

"LÂCHEZ-MOI SALE MONSTRES !" Cria le garçon. "JE VAIS VOUS TUER ! LÂCHEZ-MOI ! AAAHHHH!"

Harry le fit taire d'un coup baguette et regarda Lillian avec un air perplexe. "Il y a quelque chose qui ne va pas avec cette image."

Lillian donna une tape au garçon sur sa tête, le faisant arrêter de se tortiller. La disparition de sa voix l'avait fait paniquer et il s'était mis à se tortiller plus violemment. Lillian le souleva jusqu'à ce qu'il soit à son niveau et d'un ton menaçant lui dit, "Fais un mouvement de travers et je te mangerai pour le dîner."

Le jeune garçon la dévisagea, maintenant horrifié.

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Comme d'habitude, n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre !

À la prochaine !

Chapitre 50 - Monstres et Dragons