Choucroute: Je vais te rebaptiser Charlie ! Une vraie chocolaterie ta vie XD ! Quant à moi, je pense et vie Mozarella *ç*
Oui, en effet, le POV Riza vient couper le délire entre Roy et Ed. C'est du calculé. J'avais aussi très envie de faire un chapitre qui nous permettais de savoir ce qu'il se passe dans sa tête car dès le début, elle est la seule qui est froide.
Merci beaucoup à SuigyleSushi ! Décidément, il ne faut pas avoir faim quand on vient sur fanfiction XD ! Ta rewiew m'a fait très plaisir ! En effet, Roy pourrait se faire tatouer son sceau d'alchimie, tout serait tellement plus simple XD Mais justement, on ne s'amuserait pas sans ça :P
Bonne Lecture !
]Chapitre Cinquante-Trois[
POV Edward Elric
De nouveau cette maison aux murs jaunes.
Je me tenais droit comme un "i" devant la porte d'entrée que je craignais de franchir. Je baissais les yeux au sol et remarquais le tapis sous mes pieds.
"Bienvenue"
Un rire démesuré s'échappa de mes lèvres pendant que je lisais ce mot totalement inapproprié. J'avais l'impression de lire "Bienvenue dans ta tête, connard ! Viens faire bagarre ! Viens ! Et si tu perds... Tu l'a dans le ..."
J'inspirais à fond en relevant les yeux sur la porte. Un grognement rauque se fit entendre derrière moi et je me retournais vivement pour me retrouver nez à nez avec l'ours.
"- Entre donc, me dit-il"
Je soupirais. Le fait qu'il me parle et qu'il soit tout prêt ne semblait pas me gêner, encore une fois. Mais si je rentrais, qu'allais t-il se passer cette fois ? Étais-je moi et non pas l'un des deux autres ? Mais il fallait que je me décide... J'avais comme l'impression que si je ne le faisais pas, je ne me réveillerais pas de sitôt. Alors je poussais la porte et rentrais à l'intérieur, déterminé. L'odeur de fer inonda mes narines et je me bouchais le nez en observant la pièce, dégoûté; la chaise au fond de la pièce qui avait servit à me ligoter dans mon rêve précédent était à présent vide de son assise et les pieds avaient été coupés. Du sang perlait le long du dossier et un corps inerte était allongé sur le ventre à côté de la chaise. Ainsi, avec de tels cheveux, cette personne me ressemblait presque.
Je continuais de me boucher le nez et avançais vers le cadavre immaculé. Le bruit de mes pas résonnaient dans la pièce et faisait grincer le plancher en sueur. L'atmosphère était pesant et avec la lumière du soleil voilée par les vitres à double vitrage, j'avais l'impression d'être dans un paradoxe de ce qu'aurait pu être Resembool et sa maison d'auto-mail...Sauf que dans cette version, il régnait puanteur de chair et sang à foison. Je m'agenouillais en face du cadavre et d'une main métallique, je redressais sa tête par les cheveux. Je m'attendais bien à y voir mon visage mais j'ignorais encore si se serait celui de la Luxure ou de l'Avarice. En revanche, je ne m'attendais pas du tout à ce que ce visage me sourit en me voyant. Surpris, je laissais sa tête retomber sur le sol dans un "POMB" sourd et reculais, à moitié à genoux. Le cadavre, qui n'en était pas un, se mit à ricaner sans pour autant relever la tête et j'en oubliais de me reboucher le nez. Je me redressais précipitamment et reculais de quelques pas sans interrompre ma fixation sur le cinglé du plancher. Soudain, je sentis un pression sur mon bras gauche et me retournais pour apercevoir un nouveau reflet de ma personne, un peu amoché mais bien pétillant d'énergie;
"- Tu es revenu pour me donner ton cœur ? Fallait pas..."
D'un geste rapide, il entreprenait de viser ma cage thoracique dans l'espoir de la faire casser avec ses doigts. Je l'avais deja vu faire avec Lust la dernière fois et je n'avais pas l'intention d'attendre pour savoir ce que ça donnait. Rapidement, je retenais son poing avec ma main métallique. Si c'était un rêve, j'aurais pu comprendre pourquoi mes membres semblaient engourdis et mous à tel point que ma prise sur la sienne ramenèrent nos bras vers le bas comme si nos muscles nous avaient lâchés dans le même temps. Je reculais vivement en me tenant le poignet. Que se passait-il ?
Greed ne bronchait pas et il tendit la main vers moi. Ses grands yeux étincelèrent quand il susurra;
"- Ton cœur ! Je le veux !"
Il crispa ses doigts dans le vide et semblait attraper quelque chose d'invisible. Je compris soudainement ce que c'était quand je sentis mon cœur battre les limites de pulsations par micro-secondes. Brusquement en manque d'air, j'haletais et me pliais en deux. Mon thorax était en feu et je pouvais presque sentir mon cœur s'arracher de ma poitrine. Il tapait contre l'os avec frénésie et je m'effondrais sur le dos en retenant mon t-shirt et ma peau comme un même ensemble. C'était impossible qu'il puisse avoir ce pouvoir ! Il était dans ma tête ! Il fallait que je me ressaisisse, que je me batte. Il fallait que moi aussi j'arrive à rentrer dans sa tête...
"- Ce n'est pas vrai... C'est une illusion, c'est une il... Euurg... C'est une illus... !"
Je hurlais de douleur sans pouvoir finir de m'en convaincre sous les rires macabres de Greed et de Lust qui rampait vers moi. Pouvais-je réellement me faire tuer comme ça ? C'était purement fictif que de se faire arracher le cœur de cette manière. Scientifiquement parlant... S'il tapait contre mon os, cela voulait dire que l'artère principale était déjà rompue et que je faisais une hémorragie interne au mieux ! Au pire, cela voulait aussi dire que j'étais déjà mort. N'est-ce pas ?
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N'est-ce pas ?
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Ma vue se brouillait comme si la vie elle-même commençait à me quitter. Les contours du visage de Greed s'amenuisaient petit à petit et son sourire se dissipait dans le trouble de mon imagination. C'était forcément une illusion, sinon quoi ? Comment pouvais-je contre-carré ça ? Je n'avais aucune propriété magique ou surnaturelle de mon vivant qui me permettait de riposter. A part taper dans les mains et les poser au sol si tenter que je puisse me tourner... Comment faisaient-ils pour s'immiscer dans ma tête sans que je ne puisses faire de même ? Avaient-ils seulement un esprit ? Qu'est-ce qui les guidaient dans leurs actions ? Une volonté propre... Même si pour le coup, la sensation d'engourdissement était plus intense. Elle me permettait de réfléchir sans ressentir mon cœur qui traversait ma poitrine.
Lust qui veut toujours embrasser quelqu'un. Même pour reprendre de la force, il lui avait fallut embrasser Kimblee... Ce souvenir ne devient que plus répugnant.
Greed. Il veut tout. Tout simplement. Le cœur n'est qu'une manière d'ôter la vie. Mais Greed ne tue pas pour tuer. Il tue pour prendre. Il laisse en vie pour prendre. Il m'en veut personnellement car je suis l'hôte et qu'il n'est pas le proprio, c'est tout ! La location pour lui, c'est proscrit ! Que pouvais-je faire à part marteler le plancher avec ma tête en suffoquant ?
Est-que je criais ? C'était tellement vague.
Lust. Greed. Luxure, nom féminin qui désigne l'envie de se livrer sans retenue aux plaisirs sexuels. Avarice, nom féminin, qui désigne un état d'esprit qui consiste à refuser l'idée de se séparer de ses biens et de ses richesses.
Une envie...
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Un état d'esprit ?
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Mais bien-sûr ! Les homonculus étaient la preuve d'une émotion ou d'un sentiment distinct sans une once d'esprit ou d'âme. Ils ne réfléchissaient pas à ce qui était bien ou mal mais faisaient simplement ceux pourquoi ils étaient nés. Ils ne sont pas des personnes. La seule chose qui restait impossible à comprendre, c'était... Pourquoi ils obéissent à Dante au doigt et à l'œil s'ils ne vivent que pour ressentir une seule chose ? Comment peuvent-ils ressentir la gratitude d'être né grâce à elle ? Ou bien était-ce le miracle qui souhaite que dès qu'un bébé lion ouvre les yeux, la première personne qui est désigné par ses pupilles larmoyantes, devient celle qu'il aimera. Non... Les sept péchés capitaux regroupent des centaines d'autres émotions. La Luxure souhaite le désir sexuel à tout prix mais pour ça, elle choisit une catégorie très précise de personnes selon quelques affinités... Dans ce cas précis, elle s'aventurait à persister pour prendre mon contrôle afin de transformer Roy mais elle n'hésitait pas à reluquer Maes et Kimblee...
Ma luxure préférait les bruns et alors ? Je ne voyais pas en quoi ceci avait un rapport avec Dante, sauf peut-être le fait qu'elle était brune...Et pour mon Avarice quand était-il ? Je l'entendais dire qu'il voulait m'arracher le cœur et même celui de Dante... Pour le coup, je lui laisserais volontiers cette tâche. Dante leur avait rentré dans le crâne que les humains étaient inférieurs et qu'ils étaient un désastre pour la planète. Comment, sinon, un homonculus pouvait-il ressentir cette haine envers les humains ? A part peut-être Wrath...
Si ma théorie était juste alors... Cela voulait dire qu'il ne fallait plus avoir peur de Lust et de Greed. Il fallait que je les accueille comme on se résout à un chagrin. Tant qu'ils n'auraient pas de pierres rouges sous la main, je pouvais me fondre en eux avec insouciance car ils étaient faibles. Ils me torturaient l'esprit pour pouvoir mieux prendre le contrôle. Oui... Il fallait que je me résigne.
Des sentiments, des envies, des émotions sur quatre jambes avec une volonté propre mais faillible. Car j'étais le seul détenteur de mon corps et j'avais en contre-partie, plus d'humanité et d'esprit qu'eux. Les homonculus. Depuis le début, je ne faisais que résister. Les premières fois, ça n'avait fait qu'empirer les choses et j'avais bien faillis tuer Roy. Et les autres...
Alors je lâchais prise. Ma respiration se fit plus calme et je tentais tant bien que de mal de reposer mes épaules contre le plancher et de fermer les yeux. Dans mon propre rêve, j'imaginais vaincre. L'ours à mes côtés me murmurait à l'oreille;
"- Bas-toi... Bas-toi... Bas-toi..."
Mais il ne fallait pas l'écouter. N'était-il pas une représentation de leur cruauté à eux ? Je pensais que c'était un allié au départ et non un ennemi. Je sentais sa bave sur mon front et son haleine putride au dessus de ma tête;
"- Bas-toi ! fit-il plus fort, sinon je te manges !"
Il allait me mordre au visage mais je rouvrais subitement les yeux et fourrait ma main métallique dans sa gueule. Mon cœur avait cessé de cogner contre les rebords de ma cage thoracique. Je jetais un coup d'œil autour de moi et voyait Greed, frustré qui avait croisé les bras. Lust, rampant vers moi, s'était arrêté et me fixait avec hargne.
"- Mange-toi ça ! répliquais-je"
J'enfonçais mon poing plus profond encore et l'animal se mit à régurgiter du sang qui me giclait au visage. Je retirais violemment mon bras et me redressais. Le corps de l'ours s'effondra au sol en faisant trembler les meubles et la vaisselle à l'intérieur. Peu à peu, son corps s'évapora et il ne resta plus rien de lui.
Une illusion. Rien de plus. J'étais dans une illusion totale.
"- Vous n'êtes que des illusions ! fis-je à l'attention des deux autres
- Ah oui, vraiment ? rétorqua Lust, comment explique-tu que je puisse contrôler ton vrai corps dans ce cas-là ?
- Non... répondis-je, vous n'êtes que des illusions dans ce rêve. Tu es peut-être bien réel en dehors de tout ça, mais tu es si faible que tu en viens à m'harceler dans mes rêves pour reprendre le contrôle !"
Lust se relevait en frottant le dos de sa main contre sa joue, silencieusement. Greed esquissait un petit sourire et s'approcha de moi;
"- On va reprendre des forces... Ne t'en fais pas pour nous. "
Je souriais et lui adressais un regard victorieux;
"- Tant que tu n'as aucune pierre rouge sous la main, il n'y a rien que tu ne puisses faire !"
Il se mit à rire avec acharnement et j'en perdais mon sourire conquis.
"- Tu crois avoir tout compris, l'alchimiste ?"
Je le regardais, dubitatif. Il pointa son index contre ma tempe;
"- N'oublis pas qu'on est dans ta tête, le génie. Tout ce que tu penses, je le pense. Tout ce que tu vois, je le vois. Tout ce que tu fais...(il haussa un sourcil) Je le fais !"
Je ne savais pas quoi penser de ça et j'en fus plutôt décontenancé. Il poursuivit sans que je n'ajoutes quoi que ce soit;
"- On est pas en mesure de t'empêcher de faire quoi que ce soit pour l'instant... Mais on est comme ton ombre, ne l'oublis pas. Tu ne pourras pas te séparer de nous. Contrairement à ton esprit, nous avons toute l'éternité devant nous ! Ton âme pourrira sans que ton corps ne meure et alors... A ce moment, il m'appartiendra !"
Lust lui décocha un regard meurtrier que Greed ignora totalement. Il rajouta en se frottant le menton;
"- Tu a définitivement bien fais de me donner ton corps, le génie, car maintenant que tu as mon pouvoir... Tu reste le seul capable à soutirer l'eau rouge des autres. Mais qu'en est t-il de toi ? Ah ? Héhé..."
Les yeux dans le vide, je demandais à voix basse;
"- Et si je meurs ?
- Alors je prend ton corps ! AHAHAH !
- Non, je veux dire... Et si mon corps meurt ?"
Je le regardais alors qu'il palissait de seconde en seconde. De le voir tirer une tête de six pieds de long en disait beaucoup sur la réponse à ma question. Je levais l'index devant ma bouche;
"- Ah ! Je vois... Tu ne fais que confirmer mon futur plan..."
Récupérer tout les homonculus... Et...Et quoi ?
J'avais l'impression de me réveiller de la mort elle-même. La position dans laquelle j'étais ne pouvait pas être plus inconfortable bien que je ne savais pas du tout où j'étais et même qui j'étais durant quelques secondes.
"- Hmm ! fit une petite voix à côté de moi"
Je me retournais vivement vers le porteur de ce son et constatais dans le même mouvement que je n'avais pas eu le réflexe de ramener mes bras cette fois. Avec effroi, je constatais la séquestration de mon frère à mes côtés et le fait que j'étais tout aussi désavantagé que lui. Alphonse m'adressa un regard rassurant mais j'étais complètement paumé et affolé. Je ne distinguais son visage que grâce à la raie de lumière qui passait en travers de la trappe du plafond. Alors que je m'apprêtais à lui dire " ON EST OU, LA ?!", je ne put que lui dire;
"- HM HEM HU MA ?!"
Il haussa les épaules en levant la tête au plafond. Je gigotais si fort sur ma chaise que mon estomac se contracta et que je sentais une douleur me traverser de toute part. Subitement, je me souvenais du coup bas que Jean Havoc m'avais infligé et tout le reste me revint en mémoire. Indubitablement, nous avions été ligotés et enfermés.
"-MMMMMMEEEEEMMMMMEEE"
Ou MMMMMMEEEEERRRRRDEEE. Pour plus de clarification. J'espérais fortement qu'ils m'entendraient là-haut et constateraient à quel point j'étais échauffé. J'en oubliais mon monologue avec mes démons intérieurs et tentais de faire pivoter mon bras droit dans la corde. Celui qui l'avait attaché savait à quel point j'étais tenace mais apparemment... Il avait eu pitié quand je constatais que même mon poignet gauche n'était pas le moins du monde douloureux. Je haussais un sourcil en pensant illico à Roy Mustang. Parce que clarifier son nom de famille dans un tel moment était foutrement important ! Je me sentais comme une mère qui crevait d'envie d'appeler son gosse pour lui en foutre une !
"- EDWARD ELRIC et ALPHONSE ELRIC ! Venez donc par là et expliquez moi ce que fais ce cheval de bois totalement incrusté dans le beau sol de notre cuisine ?! disait ma mère, le front plissé et une main sur les hanches."
Ouais sauf... Que j'étais pas la mère de Roy et que celui qui était cloué à quelque chose actuellement, c'étais moi ! La trappe du plafond s'ouvrit à la volée et je cessais immédiatement de me débattre avec le cordage. Des yeux, je suivais les bottes noires qui descendaient les quelques marches et relevait la tête vers leur détenteur. Roy.
Sur le coup, je n'avais rien d'autre en réserve pour lui que de la rage et... De l'amour, putain ! Quelle belle gueule ! Il semblait inquiet mais tentait de masquer ça sous un masque de fermeté. Après l'avoir côtoyé depuis des années et appris des choses sur lui dont je ne soupçonnais pas l'existence, j'étais à présent capable de savoir quand est-ce qu'il mettait son masque de guignol. Il passa devant nous sans un mot et fit le tour de nos chaises. Je croisais le regard interrogateur d'Alphonse et lui rendit l'appareil.
De nouveau, il se posta devant nous et nous observait, silencieux. Il commença à faire demi-tour et hésitait entre monter la marche ou rester de dos devant nous. Intérieurement, je priais pour qu'il décide de remonter afin que je puisse continuer là où je m'étais arrêté...
Mais il fit demi-tour et s'agenouilla devant moi. Il lança un regard au coin vers Alphonse comme s'il était gêné. Presque immédiatement, je l'étais aussi.
"- Demain matin, à la première heure, je te promet que tu sortira d'ici. Mais s'il te plait, essaye de comprendre..."
Il me regardait dans les yeux comme s'il essayait de chercher ma réponse au plus profond de mon cerveau.
"- J'ai hâte de revoir tes yeux...Tes vrais yeux."
Je ne savais pas quelle attitude adopter. Il y avait bien celle du type en colère, mais tout de suite, je ne me sentais pas l'envie de lui sauter à la gorge en repensant à notre conversation au fond des bois. Il se releva et je le suivait du regard alors qu'il sortait sa montre de sa poche;
"- Il est vingt-trois heures, trente. Je reviendrais dans une heure."
Sans un regard de plus, il remonta et referma la trappe. Je tournais la tête pour regarder mon frère qui sur l'instant, m'adressa un regard bizarre. Il ne se ferait jamais à l'idée de nous voir tout les deux ensembles, c'est sûr... Il avait beau avoir entendu des choses, son imagination innocente pouvait très bien être certaine qu'on est fait de la boxe et non... Autre chose.
Pour l'heure, il fallait que je me concentre pour défaire mes liens très peu élaborés. A vrai dire, avec la jointure de mes phalanges métalliques, il m'étais tout à fait possible de faire céder la corde au bout de ... Quelques centaines de frottements qui durèrent au moins une demie-heure. Sous le regard médusé de mon frère, je faisais enfin craquer mes liens avec tellement de force que mes bras partirent en avant. J'étouffais, ou plutôt, mon bout de scotch étouffa mon soupir de soulagement et je défaisais les liens de mes chevilles. Enfin debout, j'enlevais la chose répugnante qui me collait aux lèvres et me tournais vers Alphonse pour faire de même avec lui. Je m'arrêtais dans mon geste en le scrutant dans les yeux. Il haussa un sourcil, curieux de savoir ce que je pouvais bien penser...
Et si... Et si c'était le moment idéal pour essayer ?
Je restais une minute face à Alphonse sans rien dire, ni faire puis m'agenouillais devant lui, comme Roy l'avait fait avec moi;
"- Al... murmurais-je, ne cris pas s'il te plait, je vais te sauver.
- Hm ?"
Je prenais dans ma main son bras par lequel je l'avais autrefois transformé en homonculus;
"- Si j'y arrives, Al, tu sera de nouveau toi.
- Hmmmm!
- T'inquiète pas pour moi."
Il allait hurler plus fort alors je barrais sa bouche un peu plus avec ma main de métal.
"- S'il te plait, Al, ne bouges pas !"
Comment Greed avait fait déjà ? Il avait tendu sa main devant lui et faisait comme s'il attrapait ce qu'il désirait. Je repensais à mon rêve... Est-ce que je songeais réellement à tous les abriter dans mon corps ? Arriverais-je à les contrôler ?
Pour le savoir, il fallait que je sauve mon frère. Cette envie, je l'avais toujours. Homonculus de l'avarice ou pas, je souhaitais plus que tout qu'il soit normal et en sécurité. Mais je devais penser à l'homonculus en lui et non pas à le sauver. Je devais désirer cette eau rouge plus que tout...
"- Plus jamais... murmurais-je"
Plus jamais dans une armure. Plus jamais entravé. Plus jamais en danger.
Je passais mes doigts sur son bras, là où la seringue l'avait piqué et crispais mes ongles contre sa peau. La mâchoire serrée, je ne cessais de me répéter "Plus jamais, plus jamais, plus jamais !" Alphonse se cambra contre le dossier de sa chaise et j'étouffais toujours ses plaintes le plus possible car déjà, il gémissait de douleur. Je fixais le petit point dans sa peau qui se rouvrait doucement et une lueur rougeâtre apparut. Je levais furtivement la tête vers Alphonse dont les yeux convulsaient dans leurs orbites. Ils passaient de la couleur blanche à violette avant de devenir totalement noirs. Inquiet, j'essayais de ne pas lâcher prise. Le liquide rougeâtre se dégageait de sa peau avec une lenteur déconcertante et s'engageait dans la paume de ma main. Subitement, je sentis une douleur me traverser le bras alors que l'eau rouge décolorait ma main et s'infiltrait à l'intérieur. C'était comme une éponge et je sentais les battements de mon cœur à l'intérieur de mon poignet tellement j'étais crispé. Je serrais les dents et les entendait grincer pour ne pas hurler. Mais je lâchais le bras d'Alphonse avec précipitation et me cambrait sur le sol en passant mes mains sur mon visage pour retenir mes larmes. L'eau rouge me traversait le corps et la douleur était insoutenable. C'était comme quand j'avais fais ça avec Greed...
Pourquoi est-ce que ça n'avait pas fait mal avec Lust ? Était-ce parce que c'était le premier ? Est-ce que mon corps ne supportait pas le poids de toutes ses vies en moi ? Je suffoquais en silence et tentais de reprendre mes esprits le plus clairement possible.
"- Al !"
Je me relevais rapidement, ou du moins aussi rapidement que possible car mon corps était tout endolori. A quatre pattes devant lui je me hissais sur lui en l'attrapant par les épaules mais je le fit basculer, lui, la chaise et nous tombâmes dans un bruit sourd.
"- Merde, sifflais-je entre mes dents."
Alphonse était inconscient et je me précipitais sur ses yeux pour soulever sa paupière droite. Son œil clair et gris était magnifique. J'en aurais pleuré de joie si je n'avais pas si mal. Mais j'étais heureux sur l'instant que la douleur s'enfonçait au plus profond de moi et me laissait juste le temps de prendre mon petit frère dans mes bras. Je posais mon oreille contre sa poitrine et entendait son cœur qui martelait sa cage thoracique.
"- Vivant... soufflais-je, vivant !"
Les phrases ne sortaient plus de ma bouche et se formulaient à peine dans ma tête. La fatigue irriguait mon cerveau et il fallait absolument que je bouge avant que quelqu'un ne descende. Convaincu de ma décision de partir, je prenais la tête d'Alphonse entre mes mains et lui baisait le front avec ardeur;
"- Fais pas le con, Al ! Fais pas le con ! Je t'aime !"
Je reposais sa tête au sol dans un mouvement contrôlé et me redressais aussitôt. La trappe du plafond s'ouvrit et la lumière artificielle m'aveuglais quelques secondes. Elles furent suffisantes à Roy et Riza qui descendirent les marches dans un martèlement de bottes et j'entendis le "clic" familier d'une arme pointée dans ma direction;
"- Plus un geste ! entonna Riza"
Je m'habituais à la lumière et voyais Roy dont le regard médusé passait de mon frère inconscient et toujours ligoté à moi, totalement debout et dépourvu de lien.
"- Ed, qu'est-ce que tu fais ... ? me demanda t-il"
Au moins, il étais convaincu que c'était bien moi. Je faisais un pas dans sa direction mais de nouveau la douleur se fit présente au rendez-vous. Je me pliais en deux et expirais bruyamment. Je sentais mes tripes se retourner dans mon estomac et la sueur perler sur mon front. Je tombais à genoux, prêt à vomir sans sommation, mais contrairement à ce que je pensais, ce ne fut pas mon dîner que je régurgitais mais du sang. Ma vue se brouilla et je m'effondrais dans les bras moelleux de l'inconscience.
J'adore ce genre de cercle vicieux = Inconscient, conscient, inconscient !
En tout cas, gros chapitre vis à vis des autres ! J'ai enfin trouvé où m'arrêter ouf ! XD bien que ce ne soit pas ici que je le voulais au départ... Mais...
A la suite!
PS; Au niveau du rêve... C'est très psychologique. Alors ne cherchez pas forcément de raisonnement logique.
