Disclaimer : Tous les personnages et les lieux que vous connaissez appartiennent à JK Rowling et à la Warner Bros. Seuls le scénario, Cloé, et quelques autres persos que vous n'avez sûrement pas remarqués sont à moi.
Venez tous sur le Forum Francophone ! On commente, on papote, on rigole !
Goten Askil a désormais une page facebook (on n'arrête pas la mégalo !)
Liens sur mon profil, n'hésitez pas !
Note de l'auteur : Salut tout le monde, et merci pour vos reviews ! Me revoilà avec un nouveau long chapitre, et la réponse que vous attendiez tous (enfin, l'une des réponses que vous attendez, en tout cas) ! Bonne lecture !
RàR anonyme : Merci à yonmi, Gab, La Prof, les trois Guest, Volta et Hinata Uzumaki pour leurs reviews et leurs encouragements.
Chapitre 54 : Dragon VS loup VS Potter, qui gagne ?
— Si je n'ai pas de réponse dans les cinq secondes, je vous montre le genre de contre-sort que j'utilise contre la stupidité, ça vous tente ?
Ignatius Prince était peut-être –sans doute, selon l'avis de Harry– un imbécile imbu de sa personne, mais même lui avait compris qu'il valait mieux ne pas contrarier un Potter qui avait ce regard là. Il hocha donc la tête et répondit docilement :
— Non, Miss Weasley n'a pas été mordue. C'est tant mieux, d'ailleurs, parce que la magie de la lycanthropie aurait pu réagir avec la magie du Dragon, et les deux phénomènes se seraient mutuellement amplifiés, comme cela a été le cas…
Mais Harry n'écoutait déjà plus ses élucubrations. Son soulagement devant l'annonce que Ginny n'était pas devenue une louve-garou avait fait naître un léger sourire sur ses lèvres, et il pouvait à présent se concentrer sur la guérison de ses brûlures. Enfin, dès qu'il se serait débarrassé de l'autre idiot, bien sûr, il ne faudrait pas qu'il aille raconter à tout le monde qu'il avait quelque chose à voir là-dedans.
— Très bonne nouvelle, déclara-t-il sans se soucier de ce que racontait à présent le guérisseur. Bon boulot, dans ce cas, Ginny, ce n'est pas tous les jours qu'on bat Greyback en un contre un.
— Vous avez dit qu'il est… mort ? fit-elle en se tournant vers Prince, le sourire qu'elle arborait elle-même s'évanouissant en même temps qu'elle parlait.
— C'était lui ou toi, tu n'avais pas le choix, Ginny, la rassura Harry.
— Potter a raison, dans un cas comme celui-ci, il n'y aura aucune poursuite, confirma Tonks. Je vous recontacterai si jamais j'ai encore besoin de vous, Miss Weasley. Je vais vous laisser vous reposer. Potter, viens avec moi, j'ai quelques questions à te poser sur ton implication dans cette affaire.
— D'accord, je passerai au ministère en retournant à l'école.
— Non, tu viens tout de suite.
Harry échangea un regard avec l'Auror et soupira légèrement en voyant qu'elle ne changerait pas d'avis. Il acquiesça donc d'un signe de tête et se détourna des Weasley qui discutaient tous ensemble, partageant leur joie qu'aucun des leurs n'ait été mordu par un loup-garou. Ginny était la seule à ne pas avoir l'air heureuse, en fait, mais il supposa que c'était à cause du choc. Harry fit comprendre à Daphné qu'il revenait d'ici peu et lança en direction de Prince, qui avait semblait-il récupéré de son choc et était à présent occupé à expliquer au père Weasley qu'il ne le croyait pas quand il disait avoir un contre-sort :
— Hé, vous. Appelez une infirmière et arrangez-vous pour enlever les bandages de Ginny, et la pommade qu'il y a en-dessous, tant que vous y êtes.
— Quoi ? Et pourquoi ça, je vous prie ? s'insurgea-t-il.
— Parce que je pourrais le faire d'un simple Evanesco, mais elle risquerait de se retrouver dans une tenue, disons, inadéquate, et même si je n'ai rien contre, je ne pense pas que sa famille apprécierait.
— Je n'ai pas d'ordre à recevoir dans mon propre service !
— Comme vous voudrez, conclut Harry d'un ton lourd de menaces.
Il quitta ensuite la pièce sans écouter la réponse, dont il n'avait de toute façon strictement rien à faire. Si l'autre crétin préférait qu'il ramène Ginny à Poudlard avant de la guérir, c'était son problème. Dès la porte passée, il interpela la première infirmière qui passait, et lui dit du ton le plus innocent dont il était capable –Cloé réussissait ça bien mieux que lui, mais il était quand même plutôt doué– que le guérisseur Prince avait demandé une infirmière dans cette salle. Tonks, qui l'avait suivi, le regarda faire un sourcil levé, mais ne fit pas de commentaire. Elle l'entraîna dans un autre couloir un peu moins fréquenté et commença immédiatement d'un ton professionnel :
— Potter, quelles sont tes relations avec Ginny Weasley ?
— Qu'est-ce qu'il y a, tu es jalouse ?
— C'est pour les besoins de l'enquête. Jusqu'à preuve du contraire, elle a été blessée par un maléfice notoirement connu pour n'être lancé que par des membres de ta famille, donc a priori, tous ceux qui portent le nom de Potter sont suspects. Question de procédure.
Harry était parfaitement au courant, bien sûr, mais il ne fallait pas compter sur lui pour laisser passer une occasion de flirter.
— C'est une amie, répondit-il donc.
— Une amie, c'est tout ?
— Là, je vais vraiment finir par croire que tu es jalouse, Nymphadora. Lupin est si peu satisfaisant que ça ?
— Réponds, Potter, insista-t-elle en le foudroyant du regard pour l'emploi de son prénom.
— Oui, juste une amie.
— Elle a dit avoir lancé elle-même le maléfice du Dragon. Comment l'a-t-elle appris ?
— Je lui ai donné des cours, éluda-t-il.
— Pourquoi ça ?
— Elle m'a demandé de lui apprendre à se battre en duel, donc je lui ai appris quelques trucs.
— Et pourquoi est-ce que Miss Weasley t'a demandé ça ? s'étonna-t-elle.
— Comment tous ceux qui étaient présents pendant mon duel avec Nott le savent, ce malade passait la moitié de son temps à la menacer, et l'autre moitié à menacer ma sœur qui se trouve être la filleule de Ginny. Ça me parait une raison plus que suffisante.
— D'accord. Que faisait ta chouette sur place ?
— Elle livrait une lettre. De la part de Cloé, si tu veux tout savoir. C'est bientôt fini ? Parce que j'ai autre chose à faire.
— Encore une question. Je compte la poser aussi aux Weasley quand ils se seront un peu remis du choc, mais est-ce que tu as la moindre idée de la raison pour laquelle elle a été attaquée ?
— Peut-être parce que Greyback voulait un casse-croûte de minuit ?
Il trouvait beaucoup plus facile de plaisanter sur ce sujet maintenant qu'il était certain que Ginny était hors de danger.
— Arrête de te faire passer pour plus bête que tu ne l'es. Tu sais parfaitement qui est Greyback, et la seule raison pour laquelle tu n'es pas encore parti te venger, c'est que tu ne sais pas qui sont ses complices. Alors réponds-moi : as-tu la moindre idée de qui a pu l'engager ?
— Non, je ne vois pas. Et c'est bien pour ça que je voulais que tu me dises où il était.
— Là où plus personne ne pourra plus lui poser de questions, malheureusement, fit-elle avec un air sombre. Je te conseille de ne pas te mêler de tout ça, Potter. Laisse les Aurors faire leur travail et occupe-toi de consoler ta petite amie, ça vaudra beaucoup mieux pour tout le monde.
— Mais je n'ai jamais eu l'intention d'arrêter qui que ce soit, je te rassure. Et pour ton information, je n'ai pas de petite amie à consoler en ce moment, donc si ton petit loup ne te convient pas… acheva-t-il avec un clin d'œil.
— Étant donné que nous allons nous marier cet été, je me passerai de tes services, merci bien, répliqua l'Auror. Bonne journée, Potter, il se trouve que j'ai du travail.
— Ouais, salut, Nymphadora.
Elle s'éloigna en lui lançant un dernier regard furieux, et Harry retourna dans la chambre pour constater que l'infirmière qu'il avait piégée pour entrer n'était plus là, même s'il ne l'avait pas vue sortir –elle ne devait pas l'avoir vu non plus, sinon il supposait qu'elle lui aurait reproché de l'avoir baladée comme ça. McGonagall aussi était partie, laissant probablement aux parents Weasley le soin de ramener leur progéniture à l'école. La grande majorité des frères Weasley était en train de cuisiner Daphné et son petit copain, tandis que Ginny et Cloé parlaient avec bonne humeur avec Granger et la blonde, probablement à cause du ventre proéminent de cette dernière, que Harry venait de remarquer. Les parents Weasley, eux, avaient une discussion semblait-il houleuse avec Prince :
— Puisque je vous dis qu'il est impossible de guérir ces brûlures ! se défendait-il avec exaspération. Ce maléfice existe depuis des dizaines et des dizaines d'années, ne croyez-vous pas que si un contre-sort avait existé, un guérisseur ou l'autre l'aurait découvert ?
— Bien sûr que non, puisqu'utiliser ce contre-sort serait contraire à votre code de déontologie, répondit tranquillement Harry en arrivant derrière eux.
— Comment ça, contraire à notre code ? Ne soyez pas stupide, mon travail est justement de soigner les brûlures !
Harry faillit lui répondre que le contre-sort relevait de la magie noire, mais se retint à temps. Il était entouré d'une bonne dizaine d'imb… de Gryffondor qui considéraient que magie noire était synonyme de "maléfice pour psychopathe dangereux". Il valait donc mieux garder ce détail sous silence un peu plus longtemps histoire de ne pas faire de scandale.
— Parce que les lois sont faites par un tas de crétins qui n'y connaissent rien, les éclaira-t-il donc à la place.
— Les experts du ministère savent ce qu'ils font, rétorqua vertement Percy Weasley –surnommé le Préf-erceval selon certaines sources proches de sa famille–, défendant comme on pouvait s'y attendre son employeur. Les seuls sorts classés comme interdits sont ceux considérés comme noirs.
— Ne parle pas de ce que tu ne connais pas, Weasley. Les sorts que le ministère interdit sont considérés comme noirs parce qu'ils sont interdits, nuance.
— Vous êtes en train de dire que ce prétendu contre-sort est de la magie noire ? suspecta Prince.
— Ce n'est pas ce que j'ai dit, contra Harry. J'ai dit que les idiots du ministère ont interdit ce genre de sorts, et donc qu'ils le classaient dans la catégorie des sorts noirs. Ce n'est pas de ma faute s'ils ne comprennent rien à la magie.
— Les experts…
— Oui, on sait ce que tu penses des experts du ministère, Perce, le coupa son frère William. Est-ce que, oui ou non, tu peux soigner Ginny, Potter ?
— Ça fait environ vingt-cinq fois que je vous dis que je peux enlever les traces de magie noire qui empêchent les soins classiques de marcher, oui. Donc si vous voulez bien enlever ces foutus bandages, je pourrai faire ce pour quoi je suis venu.
— Miss Weasley est ma patiente, je ne laisserai pas un gamin qui se prend pour un génie lui lancer un sort interdit ! protesta Prince.
— Et vous allez faire quoi pour m'en empêcher ? Vous ne pouvez forcer personne à être soigné dans cet hôpital, donc rien n'oblige Ginny à rester une seconde de plus ici alors que vous ne pouvez rien faire pour elle. Elle peut parfaitement aller où elle veut, en particulier à un endroit où vous allez me foutre la paix, et me laisser lancer ce contre-sort.
— Encore faudrait-il qu'elle le veuille, insinua le guérisseur, se raccrochant aux branches qu'il pouvait. Et je suis certain qu'elle a plus confiance en un guérisseur qualifié qu'en un gamin n'ayant pas encore passé ses ASPIC. N'est-ce-pas, Miss Weasley ?
— Vous me demandez si j'ai plus confiance en vous ou en Harry en ce qui concerne le maléfice du Dragon ? répéta-t-elle, ne semblant pas en revenir. Vous plaisantez, j'espère ?
— Vous voyez, Potter ? fit fièrement Prince. Fin de la discussion. J'en suis navré, Miss Weasley, mais il n'existe aucun…
— Évidemment que je préfère Harry ! coupa Ginny avec force. Enfin, je veux dire que j'ai plus confiance en lui !
Bien qu'elle ait ajouté la seconde phrase presque avant d'avoir fini la première, Harry ne put se retenir de sourire en entendant le lapsus. En face de lui, Prince semblait comme frappé par la foudre, sans que Harry ne puisse déterminer s'il avait l'air moins stupide que le Goyle moyen. Ça ne devait pas être tous les jours qu'il se faisait désavouer de la sorte par une de ses patientes.
— Ne dis pas n'importe quoi, Ginny, cingla cependant la mère Weasley, ôtant du même coup son sourire à l'héritier Potter. Le guérisseur Prince est un professionnel, bien sûr que nous allons faire comme il dit. Ce sort doit être dangereux, s'il est interdit.
— Mais c'est pas possible, ils le font tous exprès, ou quoi ? marmonna Harry.
Pendant que Ginny et sa mère se disputaient pour savoir qui avait droit de parole pour décider si Harry pouvait ou non utiliser son contre-sort –il était vaguement accusé d'avoir ensorcelé Ginny pour qu'elle fasse confiance à "un horrible mage noir"–, Harry réfléchit à ce qu'il allait faire. De toute évidence, il n'allait pas pouvoir soigner Ginny ici, il y avait trop de perturbateurs. En plus, l'autre imbécile en blouse verte serait bien capable de s'attribuer tout le mérite. Il allait donc être obligé d'emmener Ginny ailleurs, ce qui risquait de s'avérer compliqué si toute sa famille prenait ça pour un enlèvement. Il allait encore devoir la jouer fine…
— Bon, c'est pas tout ça mais on n'a pas la journée, intervint-il d'une voix forte. Ce n'est pas que je me fiche de votre avis, Mrs Weasley, mais… je m'en fiche. Donc Ginny, est-ce que tu es d'accord pour que je te lance ce contre-sort ?
— Mais évidemment. Tu crois peut-être que j'ai envie de rester dans cet état toute ma vie ?
— Bien dit, continua-t-il sans faire attention aux protestations. Tu es donc d'accord pour venir autre part avec moi, étant donné qu'apparemment, personne ne veut me laisser faire ici ?
— Oui, et par pitié, arrête de me poser des questions stupides.
— Parfait, sourit Harry. Donc vous êtes tous témoins qu'elle vient d'accepter, n'est-ce-pas ?
— Elle n'a pas les idées claires !
— Oui, oui, on est témoins, Potter, acquiesça Georges –ou en tout cas, le jumeau qui ne tenait pas la main de Daphné, on ne savait jamais avec eux–, coupant sa mère.
Les jumeaux avaient l'air relativement intéressés par ce qu'il préparait, tout comme la blonde qui accompagnait l'aîné Weasley, d'ailleurs. Il n'eut donc aucun mal à imaginer le visage déçu qu'ils arborèrent sûrement quand il tourna les talons pour quitter la salle.
— Alors ne t'en fais pas, Ginny, je m'occupe de tout, lança-t-il en sortant, son sourire se faisant carnassier.
Ça lui faisait mal, mais pour une fois il pouvait remercier Nott pour son idée. Il quitta la salle et entra dans la première salle de stockage déserte qu'il put trouver. Évidemment, il n'y avait que de la literie, pas de potions, il y avait donc peu de chances que quelqu'un ne tombe sur lui tout de suite.
— Misti, appela-t-il sans faire trop de bruit.
— Oui, Maître Harry ? répondit son elfe en apparaissant dans un "pop" retentissant.
— Est-ce tu pourrais transplaner à la maison en m'emmenant avec toi ?
— Bien sûr, Maître Harry, si le maître l'ordonne. Où Misti doit-elle emmener le maître ?
— Chez moi, pas au manoir. Tu n'as qu'à me déposer dans le salon.
— Bien, Maître Harry.
Misti prit ensuite le bras de Harry et transplana immédiatement. Après l'habituelle sensation d'étouffement, il se retrouva dans son salon, pour l'instant passablement dénudé –il n'y avait qu'un canapé et une table basse devant la cheminée–, très satisfait que cela ait fonctionné. Il se tourna vers son elfe, qui attendait patiemment ses nouveaux ordres :
— Tu pourrais emmener quelqu'un d'autre que moi en transplanant ?
— Seulement si la personne le sait et est d'accord, Misti ne peut pas transporter quelqu'un qui ne le veut pas, fit-elle en baissant la tête, craignant sans doute de le décevoir.
— Et si la personne est dans un lit ?
— Misti peut aussi amener le lit.
— Parfait !
Harry fit apparaitre d'un sortilège de quoi écrire un minimum et rédigea une petite note demandant à Ginny si elle voulait bien que son elfe l'emmène. Il donna ensuite ses instructions à Misti et parcourut le petit couloir jusque dans la chambre d'amis en attendant. Le reste de sa maison était pour l'instant tout aussi dépouillé que son salon : préférant parer au plus pressé, il s'était jusqu'ici contenté de meubler sa chambre et celle de Cloé. Ils auraient bien le temps de faire ce qu'il fallait pour le reste pendant l'été, et en plus sa sœur serait présente et pourrait choisir.
Il fut interrompu dans ses pensées quand Misti réapparut avec un nouveau craquement encore plus retentissant que les précédents. Et pour cause, elle était revenue avec rien de moins que le lit d'hôpital de Ginny tout entier, son occupante toujours à l'intérieur tenant le parchemin que Harry lui avait écrit. Ginny lâcha un petit gémissement de douleur en arrivant, mais Harry ne s'en inquiéta pas outre-mesure. Transplaner dans son état, en traversant deux couches de protections Antitransplanage qui plus est, ne devait forcément pas faire que du bien.
— Tu es dingue, Harry. Me faire sortir de Ste Mangouste comme ça, sous les yeux de mes parents… La prochaine fois que ma mère te voit, elle va t'étriper, c'est sûr, déclara-t-elle, ayant quand même l'air passablement amusée par la situation.
— Si tu veux mon avis, elle va surtout me remercier en voyant que tu seras guérie. Bon, maintenant dis-moi exactement où est-ce que tu penses être brûlée, Ginny, entama-t-il immédiatement.
— Un peu partout sur le haut du corps, je crois que c'est là que Greyback m'est tombé dessus. Après, je pense que je m'en suis bien tirée au niveau des jambes, donc ce sera déjà ça.
— Bien. Le mieux, ce serait qu'on t'enlève tes bandages et les potions qu'ils t'ont sans doute mis sur les blessures. Ça te fera sans doute beaucoup plus mal, mais il faut que j'aie accès aux brûlures.
— Euh, Harry ? Je n'ai rien, en-dessous des bandages, répondit-elle d'une voix timide.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, Harry n'y avait pas pensé. Réfléchissant rapidement, il finit par hausser les épaules –de toute façon, ce n'était pas lui que ça dérangeait pour commencer.
— Si tu veux, Misti peut t'aider à les enlever. Après, ne t'inquiète pas, ça devrait aller assez vite. Misti, aide Ginny à enlever ses pansements et ses médicaments. Fais attention à ne pas lui faire mal.
— Bi… bien, Maître Harry, fit l'elfe d'une voix essoufflée.
Harry la regarda un instant d'un air intrigué avant qu'un léger toussotement de la part de Ginny ne lui rappelle qu'il était censé s'éloigner, et qu'il ne quitte la chambre d'amis un moment. Il aurait dû se douter que faire transplaner plusieurs fois d'affilée Misti dans des lieux protégés, et en transportant des charges de plus en plus lourdes en plus, la fatiguerait grandement. Il devrait se rappeler de lui dire d'aller se reposer ensuite. Quand elle revint lui annoncer que Ginny était prête, il ne la renvoya donc pas au manoir, mais lui conseilla d'attendre dans le coin, au cas où il aurait encore besoin d'elle.
Revenant auprès de Ginny, il fit de son mieux pour ne pas réagir en la voyant allongée là. Comme il l'avait demandé, elle avait retiré les bandes qui recouvraient auparavant la moitié supérieure de son corps, et baissé ses couvertures jusqu'à sa taille. Misti devait avoir fait apparaitre la petite serviette pour cacher pudiquement sa poitrine, mais cela n'empêchait pas Ginny d'être absolument sublime. Elle était également rouge de honte, ce qui ne gâchait rien, de son point de vue. À moins que ce ne soit à cause de la peau embrasée qui recouvrait son visage.
— Harry, s'il-te-plait, dépêche-toi, gémit-elle d'une voix serrée par la douleur. Ça fait un mal de chien, sans potion.
— Je sais.
Sa réponse était totalement inutile, il le savait, mais il fallait qu'il dise quelque chose pour reprendre ses esprits. Ce n'était pas bon pour sa santé de voir des filles aussi sexys que Ginny à moitié nues devant lui sans pouvoir en profiter. Il s'approcha quand même du lit où elle était pour voir de plus près où, exactement, elle avait besoin de soins.
Le résultat n'était pas fameux : de grosses plaques rouge vif s'étalaient sur ses bras, son visage, et à peu près tout ce qu'il voyait au-dessus de son nombril. Et encore, c'était sans compter les trois grosses estafilades qui couraient de son épaule gauche à sa hanche droite, ou encore les quelques autres traces de griffures sur ses flancs et le côté droit de sa tête. Harry se souvint que Ginny avait dit s'être fait griffer plusieurs fois par Greyback, ce qui expliquait pourquoi les coupures ne s'étaient pas refermées le moins du monde, même si elles ne saignaient heureusement plus.
— C'est normal si ça pique un peu au début, mais ça devrait quand bien faire diminuer la douleur après coup.
— Alors vas-y, qu'est-ce que tu attends ?
Génial, après s'être fait agresser et traiter de mage noir pendant plus d'une heure parce qu'il voulait la soigner, maintenant il allait se faire agresser parce qu'il ne le faisait pas assez vite. Choisissant de ne pas relever, Harry pointa sa baguette sur le bras droit de Ginny et murmura la formule du contre-sort en la passant sur toute la longueur de la brûlure. Il s'occupa ensuite de l'autre bras, puis du visage de Ginny. Extérieurement, elle avait toujours l'air d'avoir passé la nuit dans une cheminée allumée, mais son expression de douleur s'était un peu atténuée.
Il respira donc un bon coup –mine de rien, ce n'était pas de tout repos d'aspirer autant de magie noire pour l'empêcher de ronger la chair– avant de se remettre au travail sur le ventre et les épaules de Ginny. Quand ce fut fait, il hésita une seconde en s'apercevant que Ginny semblait endormie –ce qui n'avait rien d'étonnant, au vu de la nuit qu'elle avait passée. Il pouvait simplement retirer la petite serviette, s'occuper tranquillement des dernières blessures de Ginny, et s'en aller sans qu'elle n'en sache rien. Ce n'était peut-être pas très éthique, mais il pourrait être tranquille en la soignant –et prendre son temps pour l'admirer, aussi.
— Ça y est, tu as terminé ? l'interrompit-elle dans ses pensées, le faisant presque sursauter.
Bon, au moins, ça réglait son problème de moralité quant à ce qu'il devait faire.
— Presque, il ne reste plus que les brûlures, comment dire, sous ta serviette.
— Oh, fit-elle en rougissant –cette fois, il était sûr que ce n'était pas une impression due aux plaies. Il faut absolument que tu les voies pour les soigner, je suppose ?
— Oui, sinon ce sera difficile de pointer ma baguette dessus.
— Tu sais, elles ne me font pas si mal, tu n'es pas obligé de…
— Ginny, si on les laisse comme ça, la magie va continuer à te ronger jusqu'aux os, donc en gros soigner toutes les autres n'aura servi à rien.
— Prince a dit que j'étais hors de danger, pourtant…
— À part le fait que ce type soit un parfait crétin, il voulait dire qu'en te donnant des potions et des pommades tous les jours jusqu'à la fin de ta vie, il pouvait empêcher la brûlure de s'étendre. Si tu étais atteinte plus profondément, ce ne serait pas possible.
Ginny déglutit visiblement, enregistrant le fait que si Harry ne la soignait pas, elle était bonne pour passer quotidiennement à l'infirmerie puis, plus tard, à l'hôpital, sous peine de finir brûlée de l'intérieur. Pour autant, il était visible qu'elle ne voulait toujours pas se montrer seins nus à Harry si elle avait le choix.
— Et si on faisait comme l'autre jour, quand j'ai refermé tes coupures ? demanda-t-elle avec espoir. Tu fermes les yeux, je guide ta main et tu lances le sort ?
— Ça pourrait marcher, acquiesça-t-il à contrecœur. Mais dans ce cas, passe bien sur toute la brûlure, pas trop vite, comme j'ai fait pour les autres. Si on laisse une petite trace, ça continuera à faire effet.
— Ce sort a vraiment l'air d'être une saleté à soigner.
— C'est bien pour ça qu'on ne laisse pas le secret sortir de la famille, on ne veut pas voir quelqu'un nous le renvoyer un jour. Tu es sûre que tu veux essayer en dirigeant ma baguette ? Ce n'est pas le mieux, pour être efficace.
— Oui, je préfère. Désolé, tu ne pourras pas te rincer l'œil plus que tu ne le fais déjà, répondit-elle avec un petit sourire moqueur, signe qu'elle souffrait beaucoup moins que juste après qu'elle ait retiré ses bandages.
Harry ne répondit rien et demanda à son elfe de lui mettre un bandeau devant les yeux afin de ne plus rien voir. Il aurait de loin préféré voir ce qu'il faisait –et sur quoi il le faisait, également– mais bon, ce n'était pas lui qui décidait, apparemment. Il sentit Ginny lui prendre la main qui tenait la baguette et se laissa faire, même si c'était plutôt contre son instinct premier. Quand elle lui dit être prête, il prononça la formule du contre-sort et sentit sa main bouger lentement, tout en maintenant sa concentration pour ne pas arrêter le sort. Quand ce fut terminé, il put retirer le bandeau de ses yeux, Ginny ayant remis la serviette pour cacher sa poitrine.
— Bon, qu'est-ce qu'on fait, maintenant ? demanda Ginny. Enfin, je veux dire, une fois que tu m'auras laissé remettre la blouse de Ste Mangouste. Il va falloir que je retourne à l'hôpital un jour ou l'autre, non ?
— Je te le déconseille. Quand ils vont s'apercevoir qu'il n'y a plus rien qui empêche les soins classiques de marcher sur toi, tu risques de finir en rat de laboratoire. Il vaut mieux que tu ailles voir Pomfresh à Poudlard, si tu veux mon avis. Il y a moins de chances qu'elle fasse une crise, elle ne doit pas savoir quel sortilège t'a touchée au départ.
— En fait, je disais plus d'aller à Ste Mangouste pour rendre le lit que tu as emprunté. Pourquoi tu veux que j'aille à l'infirmerie ? Tu m'as soignée, non ?
— Pas tout-à-fait, corrigea Harry. J'ai juste retiré le maléfice qui empêchait les potions classiques de marcher, c'est tout. Maintenant, on peut te guérir comme si tu t'étais brûlée normalement.
— Va pour l'infirmerie, alors. Je me débrouillerai pour ramener mes affaires au château, je suppose. On est où, ici, au fait ?
— Chez moi. Ne fais pas attention à la déco, on s'en occupera cet été avec Cloé.
— Tu as une maison à toi ? s'étonna Ginny. Je croyais que tu habitais dans un manoir ?
— C'est le cas, mais il y a juste le petit problème que mon père y habite aussi, en ce moment, donc il a bien fallu que je trouve un autre endroit.
— Je comprends. Ça ne nous aurait pas dérangé que Cloé revienne au Terrier, tu sais.
— Et tu vas me faire croire que j'aurais aussi été le bienvenu, peut-être ? répondit-il, amusé.
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
— Je ne pense pas que j'apprécierais l'ambiance au manoir si j'y retournais, donc Cloé n'est pas la seule à avoir besoin d'une nouvelle adresse.
— Oh. Désolé.
— Pas la peine, tu n'y es pour rien, haussa-t-il les épaules. Allez, habille-toi, on va essayer de ne pas trop tarder.
— J'arrive.
Harry retourna dans le salon en attendant que Ginny remette la chemise de nuit des patients de Ste Mangouste. Elle revint quelques minutes plus tard en compagnie de Misti, qui était restée l'aider au cas où. Ginny avançait lentement en jetant des regards tout autour d'elle –admirant probablement la décoration inexistante– et en grimaçant de temps à autres, signe qu'elle avait toujours un peu mal.
— Qu'est-ce que tu vas faire du lit ? demanda-t-elle alors qu'il s'inclinait ironiquement pour lui indiquer la sortie.
— Je le renverrai demain, ce n'est pas mon style.
— Tu m'étonnes. On rentre comment ?
— On transplane. Sauf si tu as peur de venir dans mes bras ? sourit Harry.
— Le jour où j'aurai peur de toi, Potter, fais-moi plaisir et mets-moi une bonne gifle pour me réveiller, répliqua-t-elle en se plaçant entre ses bras tendus.
Harry en profita bien sûr pour la serrer contre lui quelques instants avant de transplaner dans une ruelle de Pré-au-Lard. Cependant, quand ils furent arrivés, ce fut Ginny qui le retint.
— Ginny ? Ça va ?
— Merci, Harry. Pour tout, murmura-t-elle.
— Bah ! J'aurais été déçu si tu n'avais pas pu jouer au Quidditch. Qui est-ce que j'aurais pris comme poursuiveur, sinon ?
— Je ne parlais pas que de ça. Je parlais des cours de duel. Et d'être sorti sans autorisation de l'école pour venir me voir.
— De rien, tu sais bien que je suis incapable de résister à une occasion d'enfreindre le règlement.
— En tout cas, je suis bien contente que tu ne sois Préfet-en-Chef que quand ça t'arrange, sourit-elle en s'écartant. Bon, pourquoi on n'est pas arrivés juste devant le portail ? C'est long à remonter, à pied, jusqu'au château.
— On ne rentre pas par la grande porte. Je n'ai pas envie de supporter Rusard tout le trajet, merci bien. On va prendre le passage secret sous Honeydukes, plutôt.
— Quel passage secret ?
— Tu verras.
Ce ne fut pas simple de se rendre à la cave avec le magasin presque vide, mais ils finirent par s'y introduire sans se faire voir. Ils traversèrent le passage secret en silence et Harry ouvrit la statue pour sortir, assez content comme à chaque fois d'en avoir fini avec la longue montée. Quelques minutes plus tard, ils passaient la porte de l'infirmerie, surprenant au passage Pomfresh. Après lui avoir servi un énorme mensonge selon lequel Ginny avait eu l'autorisation de quitter l'hôpital, mais qu'elle avait commis l'erreur de prendre une douche, faisant partir toute la pommade, l'infirmière accepta de soigner les brûlures de la jeune femme, à la seule condition de la garder pour la nuit.
— Dis, Harry, tu peux me rendre un service ? demanda Ginny quand Pomfresh fut retournée dans son bureau –non sans ajouter ses habituelles menaces si Harry venait à s'éterniser, ou quelques insinuations sur ce qu'ils ne devaient pas faire seuls dans cette pièce.
— Dis toujours.
— Tu pourrais prévenir Ron que je suis là et que je vais bien ? Avec un peu de chance, ça évitera à mes parents de demander aux Aurors de me chercher aux quatre coins du pays.
— D'accord. Allez, il faut que j'y aille, ajouta-t-il à voix basse, ou l'autre cinglée va me jeter dehors à coup de sortilèges. À demain, Ginny.
Harry la quitta et se mit en route en direction de sa chambre pour récupérer la Carte du Maraudeur. Il n'avait pas hâte du tout de voir la réaction de Weasley quand il lui confirmerait qu'il venait de passer les dernières heures seul en compagnie de sa sœur. Il apparut cependant que Harry n'aurait pas besoin de l'artefact pour le trouver : tous les élèves qui étaient allés voir Ginny à l'hôpital étaient à présent rassemblés dans la salle commune des Préfets-en-Chef. Et vu ce qu'il venait d'entendre, il tombait bien…
-~~AP~~-
Quand Harry sortit de la chambre d'hôpital en disant qu'il s'occupait de tout, je sus immédiatement qu'il allait faire quelque chose de radical. Un seul regard échangé avec Daphné m'apprit qu'elle était arrivée à la même conclusion et que, comme moi, elle attendait avec impatience ce que mon frère avait préparé, alors que ceux qui le connaissaient moins bien ne comprenaient pas son départ.
— Très bien, maintenant que ce perturbateur est parti, commença le guérisseur d'un ton satisfait, je vais pouvoir vous laisser sans crainte, jeune fille. Une infirmière changera vos pansements après votre déjeuner.
— Vous voulez dire que vous n'allez même pas essayer de la soigner ? s'horrifia Ron.
— Désolé jeune homme, mais on ne peut pas plus soigner les brûlures causées par ce maléfice que les blessures qu'a infligées le loup-garou. On ne peut que soulager la douleur. Je ne sais pas ce qu'imaginait le jeune Potter en prétendant le contraire tout-à-l'heure, mais c'était un mensonge éhonté. Je suis vraiment navré qu'il vous ait donné de faux espoirs. Très bien, vous m'excuserez, mais j'ai du travail.
Et il s'en alla, comme ça. Pour qui se prenait-il ? Harry n'était pas un menteur ! S'il disait qu'il connaissait le moyen de soigner Ginny, je le croyais.
— Bravo, maman, j'espère que tu es contente de toi ? lança Ginny. Grâce à toi, je vais garder ces brûlures pendant une éternité !
— Ne me parle pas sur ce ton, jeune fille ! Comment peux-tu écouter ce garçon ? De la magie noire pour soigner, non mais vraiment !
— Je ne connais pas beaucoup Potter, mais je ne pense pas qu'il veuille faire du mal à Ginny, le défendit celui des jumeaux qui tenait la main de Daphné.
— Évidemment, on voit bien qu'il est amoureux, ajouta Fleur. Il n'empêche, en France, on n'interdirait jamais un sortilège qui peut soigner d'aussi horribles blessures.
Avant que qui que ce soit n'ait pu réagir à ce que venait de dire la future maman, nous fûmes interrompus par un craquement sonore marquant l'apparition d'une elfe que je connaissais bien.
— Misti ? Qu'est-ce que tu fais là ?
— Misti doit donner cette lettre à la Miss dans le grand lit, répondit notre elfe, à mon frère et moi, en tendant un parchemin vers Ginny.
— De qui est-ce que ça vient, Ginny ? fit sa mère d'un air suspicieux.
Ginny ne répondit pas, trop occupée à déplier le parchemin pour le lire. Je vis un sourire s'étendre sur son visage pendant qu'elle avançait dans sa lecture, et quand elle eut terminé, elle se tourna vers sa mère.
— Alors, Ginny, de qui était-ce ? demanda encore cette dernière.
— Oh, c'était juste… Aïe, maman, ça me fait mal quand tu es assise là, grimaça-t-elle soudain en portant la main à sa hanche.
— Oh, je suis désolée, ma chérie, je n'ai pas fait exprès, s'écria Mrs Weasley en se levant brusquement du lit où elle était installée aux pieds de Ginny.
— Ne t'inquiète pas pour moi, maman. Misti, je suis d'accord.
Je ne compris pas cette dernière phrase, mais dès que ma marraine eut terminé, Misti agrippa le montant du lit le plus proche d'elle et… disparut dans un craquement tonitruant en emportant le lit d'hôpital, et Ginny avec. Il y eut un long moment de flottement où tout le monde se demanda ce qui s'était passé avant que la mère de Ginny ne pousse un hurlement d'horreur assourdissant. Pratiquement au même instant, Daphné fut prise d'une crise de toux assez forte pour la plier en deux, mais pas pour couvrir les cris de Mrs Weasley :
— Où est ma fille ? Arthur, appelle les Aurors, cet elfe a kidnappé Ginny !
— Molly, calme-toi, essaya son mari.
— C'était l'elfe des Potter, je l'ai reconnue ! Il l'a enlevée pour utiliser de la magie noire sur elle, il faut absolument le retrouver !
— Maman, tu as entendu Ginny, elle a dit elle-même à l'elfe qu'elle était d'accord, la raisonna Bill.
— Elle n'est pas elle-même, il doit lui avoir jeté un sort pour la manipuler.
— Mais arrêtez de parler de Harry comme ça ! éclatai-je. Ce n'est pas un criminel, tout ce qu'il veut c'est soigner Ginny et personne ne veut le laisser faire ! Vous devriez être contents qu'elle aille mieux, au lieu de lui en vouloir !
N'en pouvant plus de les entendre critiquer mon frère, et encore moins alors qu'il voulait juste aider Ginny, je sortis de la chambre d'hôpital et m'appuyai contre le mur dans le couloir. Je m'en voulais d'avoir crié comme ça sur Mrs Weasley, elle avait été tellement gentille avec moi à Noël. Seulement, je n'avais pas supporté qu'elle insinue toutes ces choses sur Harry. Cela faisait un moment que je voulais réagir –depuis qu'elle avait commencé à donner raison au guérisseur Prince, en fait–, mais d'entendre encore une fois qu'il aurait ensorcelé Ginny pour qu'elle lui fasse confiance, c'était la goutte d'eau qui faisait exploser le chaudron.
— Cloé, est-ce que ça va ? entendis-je, et je reconnus la voix de la meilleure amie de Harry.
— Qu'est-ce que tu veux ? répondis-je plus vivement que je n'aurais voulu, sans tourner la tête pour la regarder.
— On t'a déjà dit que tu avais le même caractère que ton frère ?
— Merci.
— Ce n'était pas un compliment. Je n'y suis pour rien si Molly Weasley est trop butée pour comprendre que ton frère a raison. Je sais bien qu'il serait incapable de toucher un cheveu de Ginny.
— C'est vrai. Je suis désolée, je n'aurais pas dû te parler comme ça, m'excusai-je.
— Ne t'en fais pas pour ça, je suis habituée. Viens, on rentre au château.
— Non, je préfère attendre que Harry revienne, il va finir par ramener Ginny.
— Si tu veux mon avis, il ne reviendra pas ici après avoir voler un lit à l'hôpital, surtout avec l'accueil qu'il recevrait, me dit-elle. Si Ginny a besoin d'un guérisseur, il l'emmènera directement à l'infirmerie de Poudlard.
— Si tu le dis.
À ce moment, je vis un guérisseur rentrer précipitamment, accompagné de plusieurs infirmières. Ils croisèrent les jumeaux, ainsi que Ron et Hermione, qui sortaient justement en même temps.
— Bon, les autres sont occupés à expliquer aux guérisseurs où est passée Ginny, on va en profiter pour vous ramener à l'école, dit un des jumeaux. Tu viens, ma belle ? Et toi, aussi, Cloé, bien sûr.
— On est parfaitement capable de rentrer tous seuls, Fred, ronchonna Ron. Mais je continue de dire qu'on ferait mieux de rester là et d'attendre que Ginny revienne.
— Crois-moi, Weas… Ronald, Harry la ramènera directement au château, assura Daphné. On y va, Fred ? Je n'ai pas envie d'être là si tes parents font venir les Aurors.
— Pourquoi, tu as quelque chose à te reprocher ? répliqua vivement Ron. Ça m'étonne, venant d'une Serpentard.
Georges mit une grande claque derrière la tête de son petit frère et l'emporta vers la sortie en compagnie de Hermione. Fred coula un regard embarrassé à Daphné, qui semblait se retenir de sourire, en nous faisant signe de partir.
— Désolé pour lui. Il finira par s'y habituer, il est encore sous le choc, je suppose.
— Oh, ce n'est rien, j'ai l'habitude avec lui. En plus, je ne lui en veux pas trop, il doit s'inquiéter pour votre sœur.
— Il n'y a pas de quoi, elle est avec Harry, repris-je.
— Pour sa santé, elle n'a rien à craindre, c'est sûr, mais on peut avoir peur pour autre chose en les laissant seuls tous les deux, ricana Daphné.
— Fais attention à ce que tu dis de ma sœur, toi, surtout devant une petite fille, et viens, il faut qu'on y aille, répliqua son petit ami en ouvrant la porte du hall d'entrée.
— Je ne suis pas une petite fille ! me plaignis-je en lui donnant un coup de poing dans l'épaule.
Nous rejoignîmes les deux autres, et Georges demanda immédiatement à son jumeau où est-ce qu'il fallait nous déposer.
— Eh bien, à l'entrée, pourquoi aller ailleurs ? répondit tout de suite Hermione.
— En fait, je me demandais comment on allait passer le portail si on arrivait par là.
— Le professeur McGonagall les aura prévenus de notre arrivée, il y aura quelqu'un pour nous attendre, raisonna la Préfète-en-Chef. Et puis de toute façon, où veux-tu aller d'autre pour retourner au château ?
Personne n'avait d'autre idée, même si je vis les jumeaux échanger un bref regard avant d'acquiescer. Je préférai ne pas parler du passage secret que j'avais utilisé la fois où j'étais sortie avec Harry pour aller voir la maison de Godric's Hollow. Je ne savais pas qui était au courant de son existence, mais connaissant Harry, il n'aurait pas voulu que je révèle à Hermione qu'il pouvait quitter le château comme il le voulait. Je m'accrochai donc à un bras de Georges pour transplaner, alors que Fred prenait Daphné dans les siens et que Ron et Hermione partaient de leur propre initiative.
Je vacillai légèrement en arrivant, mais Georges me rattrapa avant que je ne tombe. J'avais déjà transplané des dizaines de fois, mais je ne m'y habituais toujours pas. En tout cas, nous étions arrivés devant les grilles de Poudlard, évidemment fermées. Contrairement à ce que pensait Hermione, personne ne nous attendait. Ce qui n'avait pas l'air de déranger Fred et Daphné, trop occupés à s'embrasser pour le remarquer.
— Tu t'étais trompée, Hermione, fit remarquer Georges en me lâchant. Et Fred, ça te dérangerait d'arrêter deux secondes ? Il y a des gens mineurs ici. Et pire, il y a des gens célibataires, alors merci de ne pas afficher ton bonheur de gars casé, s'il-te-plait.
— Trouve-toi quelqu'un, alors, au lieu de te plaindre, rétorqua Daphné. De toute façon, on ne peut pas entrer, alors autant s'occuper, non ?
— Pas de problème, pour ça, le professeur Black nous a appris a envoyé un message par Patronus en début d'année, intervint Hermione. J'ai prévenu le professeur McGonagall, quelqu'un ne devrait pas tarder à arriver.
— Tu vois Georges, on a le temps, lança Fred avant de recommencer à "s'occuper".
Son jumeau secoua la tête d'un air dépité, mais ne fit pas d'autre commentaire. Je discutai un peu avec Ron, Hermione et lui en attendant, et nous ne tardâmes pas à voir arriver une silhouette voutée qui ne pouvait appartenir qu'à Rusard. Bien entendu, Fred et Georges ne purent entrer, et nous ne fûmes donc que quatre à devoir subir les récriminations du concierge sur le chemin remontant au château. Heureusement pour nous, il nous quitta dans le hall, et nous partîmes vers l'infirmerie, sauf Daphné qui, à ma surprise, descendit dans les cachots.
— Où tu vas, Daphné ? Tu ne vas pas à l'infirmerie ?
— Ça ne sert à rien. Si Ginny y est, Pomfresh ne nous laissera pas entrer, et si elle n'y est pas, c'est inutile d'y aller. Non, je vais voir directement Harry, et il est soit dans la salle commune, soit dans sa chambre.
— Pas bête. Je vais aller l'attendre là-haut, alors. À plus tard, Daphné !
— Au revoir.
Ron et Hermione n'avaient pas attendu pendant que je discutais avec l'amie de mon frère, je remontai donc seule jusqu'au tableau cachant l'entrée des appartements des Préfets-en-Chef, et m'installai dans un canapé en attendant. Après quelques minutes, j'étais en train de me demander ce que je pouvais bien trouver à faire quand Ron et Hermione entrèrent, suivis presque aussitôt par Daphné qui revenait de sa salle commune.
— Vous êtes là aussi ? Bon, donc apparemment ils ne sont pas encore arrivés. Vous ne m'en voulez pas, j'attends directement à l'intérieur.
— Une minute, Greengrass ! la rappela Ron. Qu'est-ce que tu faisais avec Fred ?
— Ron, le prévint sa petite amie.
— Non pas que ça te regarde, Weasley, mais je sors avec lui. D'autres questions aussi intelligentes ?
— Oui. Depuis quand et qu'est-ce que tu cherches en faisant ça ?
— À peu près depuis le premier de l'an, et franchement, tu ne veux pas que je te donne des détails.
— Le premier de l'an ? n'en revint pas Ron. Vous êtes ensemble depuis si longtemps, et je n'en savais rien ?
— Écoute, mon grand, si tu as un problème avec le fait que je sorte avec Fred, il va falloir que tu voies ça avec lui. Après, si tu veux vraiment savoir pourquoi il ne t'a rien dit, peut-être que c'est parce qu'il ne voulait pas voir la réaction que tu as en ce moment.
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
— Ron, tenta de s'immiscer Hermione.
— Je veux dire qu'il serait peut-être temps de grandir et de te rendre compte que tous les Serpentard ne sont pas pourris par nature ! Au cas où tu n'aurais pas remarqué, c'est grâce à un Serpentard que ta sœur n'est pas un loup-garou, ou pire, à l'heure qu'il est !
Ce fut cet instant que choisirent le tableau pour pivoter et Harry pour passer le seuil. Il souriait, mais avait l'air totalement épuisé, ce qui ne s'arrangea pas quand il nous vit tous réunis.
— Alors, Daphné, des problèmes avec ton beau-frère ? ricana-t-il.
— Ça va, je gère, haussa-t-elle les épaules. Comment va ta petite amie ?
— J'en ai pas en ce moment. Weasley, ta sœur m'a demandé de te dire qu'elle va bien, qu'elle attend à l'infirmerie, et que ce serait pas mal si tu empêchais ta mère de me mettre les Aurors sur le dos.
— À l'infirmerie ? Qu'est-ce que tu lui as fait ? paniqua Ron.
— Tu es sourd, ou quoi ? Je viens de te dire qu'elle va bien. Elle est allée soigner ses brûlures, si tu veux savoir.
— Je croyais que c'était pour le faire que tu l'avais emmenée ?
— C'est trop compliqué pour que je t'explique, donc va plutôt lui demander directement. Et n'oublie pas d'écrire à ta mère au passage.
— Il vaut mieux pour toi qu'elle n'ait rien d'autre, menaça Ron en sortant, suivi de Hermione.
— Sa parano ne s'arrange pas, à celui-là. Vous n'allez pas voir Ginny, toutes les deux ?
— Pomfresh va sûrement nous mettre dehors, haussai-je les épaules.
— Sans doute, et c'est à toi que je voulais parler, Harry, ajouta Daphné avec un petit sourire mesquin. Alors comme ça, il n'y a pas que les Potter de sang qui peuvent lancer le Dragon, hein ?
