Disclaimer : Les personnages des chevaliers du zodiaque ne m'appartiennent pas, mais l'histoire, si !

Couple : Nan, je vais pas faire la liste, ou sinon, c'est po rigolo :p

Rating : M.

Hello !!

Lys : Bijour.

Bientôt le bac... Bon courage en avance à tous ceux qui le passeront !

Lys : On se demande pourquoi t'y pense ! XD

...

Lys : Bac de français et de svt le jour de ton anniversaire XD

Pourquoi ils ont choisi le 20 juin ? T.T

Lys : Bref, passons :p Nouveau chapitre.

Kiki s'est trouvé une copine !! XD

Lys : XD

Avec un petit lemon en prime !

Lys : N'empêche que t'es po sympa... T.T

Pas ma faute, j'aime po Saori !

Lys : Quand même T.T

:p

Bonne lecture !


Chapitre 52

Tentative

C'était… comme si elle émergeait. Des ténèbres profondes. Pour se hisser dans la lumière. Les yeux clos, elle se sentait revenir sur Terre, quittant ce monde de souffrances qu'elle avait trop longtemps côtoyé. Son cœur battait à un rythme régulier, et ses membres, allongés sur l'épais matelas, ne lui faisaient plus aussi mal. Elle allait bien, en fait. Très bien.

Quand ses paupières se soulevèrent, c'était comme si le soleil l'agressait. Il voulait la blesser, lui faisant comprendre qu'elle devait protéger ses yeux. Se reposer. S'endormir. Rester là.

Aucune pensée ne naviguait dans son esprit étonnement clair. Mais, peu à peu, une sorte d'objectif s'imposa à elle. Il n'y avait aucun bruit dans la pièce. Seuls les battements de son cœur parvenaient à ses oreilles. Sereine, elle décida à se redresser sur le lit, écartant doucement ce drap blanc taché de rouge qui avait été posé délicatement sur son corps. Ses yeux parcoururent vaguement son corps, ou plutôt cette longue chemise de nuit d'un bleu roi qui cachait sa peau blanche, et ses poignets rougis, à demi cachés par ces lourds bracelets. Ses mains blessées n'attirèrent nullement son attention.

Elle fut débout. Ses pieds étaient nus, elle n'eut pas la pensée de les chausser. Lentement, presque par mécanisme, elle s'avança vers la salle de bain. La porte entrouverte s'ouvrit à elle, ses yeux se posèrent sur un homme, ou plutôt son dos, debout devant le lavabo. Leurs regards se croisèrent, dans le miroir. Son gardien n'eut pas le temps de dire quoique ce soit qu'il s'effondra sur le sol, assommé. Par son poing. Sans un regard de plus, elle partit. Sortit de la chambre. Parcourut le palais.

Personne ne la vit traverser les douze temples du zodiaque. Personne ne la sentit descendre ces longs escaliers, ses pieds nus se posant pas à pas sur la pierre qui se réchauffait. Personne ne vit cette âme se déplacer avec lenteur, tel un fantôme, les yeux fixes, la démarche souple, ses longs cheveux se mouvant dans son dos.

Le soleil la réchauffait, attaquait sa peau, son visage, ses pieds. Mais ces douleurs éphémères, elle ne les sentait même plus. Elle ne pensait à rien, personne n'aurait pu savoir où elle se dirigeait. Personne. Sauf lui. Elle entendait presque des cris de surprise, son corps secoué, puis son réveil. Sa panique. Des mots qu'elle ne comprenait pas. Mais une pensée. Fixe. La chercher. La ramener. L'empêcher de…

Elle y était. Elle avait mis du temps, mais elle y était. Le Cap Sounion était là, tout en bas. Elle, elle était tout en haut. Sur la falaise. Et elle allait sauter. Son corps allait se briser. Elle allait… mourir…

OoO

« Non, je ne viendrai pas.

- Edha !

- Chérie, s'il te plait…

- Je ne veux pas quitter l'Inde !

- Vous avez été encore une fois attaqués par les spectres hier soir, il s'en était fallu de peu ! »

Shiryu, posa sa main sur l'épaule de Seiya qui leva les yeux au ciel, excédé. La jeune fille était en danger, et elle préférait rester ici que ce mettre en sécurité. Princesse ou non, Perséphone désirait la récupérer, et la prochaine fois qu'elle enverrait ses spectres, ils n'auraient peut-être pas le temps de joindre le Sanctuaire avant qu'elle ne se fasse enlever.

Leur arrivée en catastrophe sur les lieux, grâce à Mû qui les avait téléportés. Seiya, Shiryu, Hyoga et Ikki avaient repoussés les spectres. Ils n'étaient pas biens puissants, ou du moins, pas de quoi les mettre en danger, surtout qu'ils avaient été suffisamment intelligent pour battre en retraite en voyant débarquer ces quatre chevaliers divins. Ils reviendraient plus tard, avec des renforts.

Cependant, bien qu'ils aient pu s'en débarrasser la veille, ils auraient certainement plus de difficultés la prochaine fois, s'il y en avait une. Car Edha n'était pas en sécurité, ici, avec des chevaliers trop faibles pour se mesurer aux puissants spectres que Perséphone n'hésiterait pas à envoyer pour récupérer sa servante. Et la jeune hindoue refusait de partir, d'abandonner son pays.

« Je ne cèderai pas à Perséphone !

- Edha, il y a au Sanctuaire une femme qui a elle aussi été une servante d'Hadès et de Perséphone, expliqua calmement Hyoga. C'était un chevalier d'or, Grand Pope de surcroît, et comme toi, elle ne voulait pas céder. Nous l'avons ramené des Enfers, et elle est aujourd'hui torturée physiquement et mentalement par cette déesse.

- Qu'importe ta puissance, tu ne pourras pas te défendre éternellement contre elle, ajouta Ikki.

- Mais je ne… »

Le téléphone sonna. Jabu prit la communication, puis fit signe à Shiryu de venir. Le Dragon attrapa le combiné. C'était apparemment Shun qui appelait, et les autres chevaliers divins purent voir leur demi frère pâlir en écoutant ce que lui disait Andromède. Ils surent que c'était de Lys qu'il était question, car Shiryu posa des questions sur son état. Bientôt, il mit fin à la communication, et se tourna vers ses compagnons d'arme.

« Lys a essayé de se suicider, en se jetant de la falaise du Cap Sounion.

- Comment ?!

- Elle a assommé Rhadamanthe, qui était dans la salle de bain quand elle s'est réveillée. Personne ne l'a vu descendre et s'en aller. En fait, c'est les apprentis qui l'ont vu partir, « comme un fantôme », mais ils n'ont donné l'alerte que quand on a découvert Rhadamanthe.

- Rhadamanthe s'est fait assommé ? Fit Ikki, incrédule.

- Il faut croire que oui. Il était furieux, il n'a rien vu venir. Lys va bien, mais c'était limite, elle a failli sauter.

- Alors tout va bien, soupira le Cygne.

- Sauf que quand ils l'ont interceptée, ils ont voulu l'empêcher de sauter. Il y a eu un combat, elle s'entourait d'un bouclier.

- Et comment ça s'est terminé ? Demanda Seiya.

- Elle est devenue folle. Perséphone s'est à nouveau attaquée à elle.

- Edha, il vaut mieux que tu partes.

- Jabu !! Je ne veux pas m'en aller !

- Tu veux mourir ?! C'est ça que tu veux ?! Tu ne seras en sécurité qu'au Sanctuaire ! Là-bas, il y aura des chevaliers pour te protéger, alors qu'ici, tu es en danger ! Ne fais pas l'idiote, et pars. »

Edha sentit un poids lui tomber sur le cœur. Elle voulait rester ici, en Inde, et ne pas aller aussi loin, en Grèce, où elle ne connaissait personne. C'était injuste, pourquoi elle ? Elle aurait aimé être comme les autres, ne pas être une servante de cette déesse folle qui voulait la prendre de force. Personne ne pouvait rester ici pour la protéger ? Il fallait croire que non. Si elle était si importante, ils n'avaient qu'à venir ici ! Elle aurait voulu exiger cela, mais le regard de Jabu l'en empêcha.

« Je vous suis. »

Les chevaliers divins poussèrent un léger soupir. Edha partit faire ses affaires, les adolescents attendirent alors qu'elle revienne. Kiki ne tarda pas à apparaître, répondit à l'appel télépathique de Shiryu. Il n'avait pas l'air en force, une certaine tristesse pouvait se lire dans ses yeux bleus. Ce que Lys avait tenté de faire ne lui était pas inconnu, c'était lui qui avait demandé aux apprentis s'ils avaient vu quelque chose. Ce qui s'était révélé utile.

Seiya posa quelques questions à l'enfant à propos de la blonde, qui ne s'était toujours pas endormie, quand il avait été envoyé ici. Elle était toujours sur la falaise, il était impossible de la déplacer tant elle se débattait. Impuissants, les chevaliers attendaient qu'elle se calme pour la ramener au temple. Ikki se renseigna à propos du spectre, Kiki lui avoua que Rhadamanthe avait été à deux doigts d'étriper Lys tellement il était furieux. Ce qu'il s'était bien sûr abstenu de faire.

Après une dernière étreinte, un dernier baiser, Edha quitta Jabu et l'Inde, pour atterrir au Sanctuaire. C'était comme si elle avait attéri dans une autre dimension, surtout quand elle vit ce long chemin des douze maisons. Vraiment, c'était très différent de l'Inde. Pourtant, elle eut comme une impression de déjà-vu. Oui, elle connaissait cet endroit. Elle y était déjà venue. Quand ? Elle ne le savait plus. Mais ce paysage… Oui, elle le connaissait.

Devant les premiers escaliers se trouvaient un jeune homme avec une longue chevelure mauve. Il vint à leur rencontre, saluant poliment Edha qui se sentit rougir. Ce dénommé Mû les informa que Lys s'était calmée il y avait quelques minutes, et elle se trouvait au treizième temple.

La montée des marches fut longue et épuisante pour Edha, même s'il elle essayait de ne pas le montrer. Cette longue ascension, elle l'avait déjà faite par le passé. Des flash-back lui revenaient pas instant. Quand elle pénétrait dans un temple, elle s'attendait à voir quelqu'un, un visage flou qu'elle avait connu mais qu'elle n'aurait pu décrire. Et ce nom qui revenait toujours, Lys, il lui disait quelque chose. C'était une servante, elle l'avait sans doute connue en Enfers. Elle voulait la voir, et peut-être se souviendrait-elle… Ou peut-être que non. Ce n'était peut-être qu'une illusion, elle ne connaissait pas du tout cette femme. Elle avait le temps.

Les chevaliers et la jeune fille marchèrent dans les couloirs frais du treizième temple. Edha se sentait nostalgique, et étonnement excitée. Bientôt, ils furent devant la porte de la chambre, et ils entrèrent. Les autres étaient là, regardant le corps endormie de la torturée.

Edha s'arrêta. Son visage pâlit brusquement, ses yeux s'écarquillèrent. Un flot d'images traversèrent son esprit, des bruits, sa voix, son visage, ses mots, ses… bras… Ses longs cheveux si blonds flottant au gré du vent, cette épaisse et étincelante armure dorée, ces yeux d'un bleu presque trop clair comme de l'eau pure, ses mains fines et gracieuse, ce visage… magnifique…

Des larmes coulèrent. Edha tomba à genoux, incapable de tenir sur ses jambes.

« Grand Pope… »

OoO

Une chaleur à crever. Rajoutez à cela une tension presque palpable qui demeurait dans tout le Sanctuaire, contaminant tout le monde comme une maladie. Sans compter les hurlements incessants de l'Ancien chevalier du Bélier. Victoria n'en pouvait plus.

Les jours passaient. Inlassablement. Du moins pour elle. Elle ne se sentait pas concernée par ce qu'il se passait au Sanctuaire. Hadès, Perséphone, Lys… Non, rien de tout cela n'avait d'importance pour elle, c'était comme si elle s'est fichait. Ce qui n'était pas loin de la vérité. Car, en effet, elle s'en fichait. Ce n'était pas bien, elle le savait. Mais elle sentait le futur. Elle sentait ce qui allait se passer. Et cela la mettait dans une rage folle.

Alors le chevalier du Peintre avait essayé d'oublier, en réfléchissant. En regardant les autres, ces chevaliers d'or, d'argent et divins qui allaient et venaient dans le Domaine Sacré, elle se disait qu'ils étaient bien bêtes. Personne n'avait donc remarqué ? Personne n'avait donc fait attention ? Pourtant… Non, elle était la seule. Lys n'était plus en état de s'en rendre compte. Mais… elle savait. Victoria en était sûr.

Les apparitions avaient cessé. Toutes. C'était des chevaliers d'argent qui apparaissaient aux yeux de ceux qui les avaient connus. Argol, Mozès, Jamian… Ces hommes morts, tués par de simples chevaliers de bronze qui avaient réussi à s'élever au point d'être capable de les mettre hors d'état de nuire. Ces fantômes avaient cessé d'apparaître. Personne ne l'avait vu ? Il semblerait que non. Victoria sentait qu'ils avaient oublié cela, sans pouvoir l'expliquer. C'était ainsi. En fait… Oui. Il n'y avait que Lys qui s'en était rendu compte. Et elle avait compris. Cette femme était trop intelligente, trop terrifiée pour ne pas y avoir fait attention, pour ne pas avoir compris.

Car Lys était terrifiée. Victoria avait commencé à sentir son angoisse croissante quand elle s'était souvenue de cette lointaine partie de son passé, qu'on lui avait fait oublier. Bien sûr, on ne leur en avait pas parlé, mais elle avait écouté les autres. Et elle avait eu pitié. Oui… pour la première fois de sa vie, elle avait eu pitié de quelqu'un. Victoria n'aimait pas Lys, pourtant, après cette humiliation qu'elle leur avait infligée. Pourtant…

Victoria aimait ses yeux. Elle aimait se plonger dans son regard azur. C'était apaisant. Elles s'étaient rencontrées peu de fois, et jamais elles ne s'échangeaient de mots. Pourtant, la jeune fille ne la quittait jamais avec de la colère, de l'énervement, ou de la rancœur à son encontre. Ce n'était pas le cas d'Esteban qui ne pouvait pas la voir en peinture. Mais elle, le chevalier du Peintre, elle aimait la voir. Juste la voir. Sentir ses émotions, sentir sa souffrance, sa peine, sa peur… son amour…

C'était étrange. Lys était étrange. C'était comme si… comme si… non, elle ne savait comment l'expliquer. Mais Lys avait une étrange perception des sentiments, et beaucoup de difficultés à les exprimer. Elle était amoureuse. Dans son cœur, Victoria voyait que ce sentiment était scellé, elle ne pouvait réellement le sentir, le vivre. Était-ce intentionnel ? Se privait-elle toute seule de… comme… comme elle… ?

Elle sursauta. La jeune femme la vit marcher en bas, sur la plage de sable fin. Vêtue d'une longue chemise de nuit azur. Ses longs bracelets travaillés brillaient à ses poignets, Victoria les ignora. Avec dédain. Elle regarda plutôt son visage blanc, encadré par ses longs cheveux blonds presque trop clairs qui flottaient dans son dos. Ou plutôt ses yeux bleus, deux aigues marine qui brillaient étrangement.

Victoria la trouva belle. Tellement belle, qu'elle fouilla en elle. Cherchant ses sentiments. Elle n'en avait pas. Seul un désir animait ses jambes qui se mouvaient sous le tissu clair. Mourir. De n'importe quelle façon. Mourir. Disparaître. Loin, très loin. Où on ne pourrait plus jamais la trouver.

Le chevalier du Peintre trouva cela étrange. Son désir de mourir était immense, elle pouvait le comprendre, après ce qu'elle vivait. Mais… c'était vain. Dans le fond, Victoria le savait. Elle se mordilla la lèvre.

Bondissant de là où elle se trouvait, elle fut devant la blonde, qui cessa de marcher. Victoria plongea son regard dans les yeux de cette femme si vieille dans la tête et si jeune dans le corps. Elle eut l'impression que la blonde la regardait vraiment, malgré ce masque qui recouvrait son visage. Mais elle ne comprenait pas. Elle était comme Victoria, elle ne comprenait pas. Elle n'osa baisser les yeux vers les bracelets qui entouraient ses poignets. Des bracelets si différents des siens. Victoria haussa un sourcil, elle ne voyait pas où elle voulait en venir.

Oublie, Victoria. Et vit. Ignore tout. Avance. Et, surtout, vis. Vis…

OoO

Une chaleur torride régnait à l'extérieur, et aucune personne sainte d'esprit n'aurait osé mettre le bout du nez dehors. Bien qu'autrefois on ne se serait même pas posé la question, il fut décidé que les apprentis resteraient à l'abri. Les chevaliers en avaient connu, des températures élevées, mais cela faisait bien longtemps qu'il n'en avait pas ressenti de pareil, alors inutile de faire attraper aux enfants une insolation. Ils avaient déjà suffisamment de soucis comme ça.

En nage, Kiki entra dans le dortoir des apprentis, où il faut accueilli en héro. De suite, la petite Élise lui apporta de l'eau, elle rougit fortement à son sourire éclatant. Kiki avala goulûment son verre, ignorant les autres enfants qui lui posaient mille et une questions. D'abord, il buvait, après, il répondrait à leurs questions. Quand il fut rafraîchi, un sourire béat apparut sur son visage, ses camarades éclatèrent de rire.

« Alors ?? Fin Jin. Ils ont pu retrouver Lys ?

- Oui, elle était vers la plage. C'est Aiolia qui l'a trouvé.

- Il est suicidaire, le Lion ! S'exclama Ludwig. Il fait tellement chaud !

- Et en plus, on ne peut plus se téléporter dans le Sanctuaire, soupira l'enfant. Mais Aiolia est grec, il est habitué aux fortes chaleurs.

- Quand même ! S'écrièrent les jumeaux Rei et Reiji. Il fait plus frais au Japon !

- Et comment va Lys ? Demanda calmement Lilo, près de Kiki.

- Elle n'a pas fait de crise. C'est étonnant, la dernière fois, elle a souffert quand on a voulu la ramener. Mais là… non, elle s'est laissée ramener. En fait, elle s'est évanouie. »

C'était d'ailleurs un fait très étrange. Bien sûr, Kiki n'avait pas été présent à la scène, mais Aiolia avait assuré, alors qu'il ramenait Lys, qu'elle se trouvait seule sur la plage, comme si elle était perdue, et quand il avait essayé de lui parler, elle s'était comme endormie. La blonde lui était donc tombée dans les bras, et il avait été stupéfait que ce soit si facile de la ramener dans sa chambre.

« Elle dort, alors ? Lui demanda Niguel.

- Maintenant, oui.

- J'espère qu'elle va vite s'en remettre », souffla Michael, tout triste.

Lys était très appréciée parmi les enfants, au même titre que Seika qui s'occupait beaucoup d'eux ces derniers temps. Cette dernière était partie en catastrophe vers le chemin des douze maisons avec Kiki pour rejoindre le treizième temple, quand Aldébaran leur avait appris que la blonde se retrouvait à présent dans sa chambre.

D'ailleurs, en parlant de la jeune fille, les enfants gloussèrent. Ils n'avaient malheureusement pas raté la rougeur traîtresse sur les joues de Seika quand Aldébaran était arrivé. Il avait beau être très grand et impressionnant, il n'en demeurait pas moins sympathique, et les enfants l'appréciaient pour cette gentillesse qu'il cachait derrière ses airs bourrus.

« Je suis sûr que Seika et Aldébaran sont amoureux ! S'exclama Ludwig.

- Ils sont mignons et puis… commença Rei.

- Ils vont trop bien ensemble, finit Reiji.

- Aldébaran est peut-être pas amoureux, y'a que Seika qui a rougi, répliqua Jin.

- Je suis d'accord avec lui, approuva Niguel.

- Ils vont peut-être se marier, un jour… »

Un silence suivit les paroles de Michael, dont les yeux rêveurs laissaient imaginer ses pensées. Aussitôt, la conversation se ranima, allait de Seika et Aldébaran qui allait se marier jusqu'à Maître Esteban qui regardait souvent Shina en passant par Aiolia qui embrassait Shaka. Élise demeurait rêveuse, regardant Kiki à la dérobée en rougissant, alors que Hoa, assise sur son lit en hauteur, écoutait les bavardages, plus intéressée qu'elle ne le laissait voir.

Kiki écoutait cette conversation animée en buvant un autre verre d'eau, assis sur un des lits, auprès de Lilo. La petite fille au teint bronzé demeurait près de lui, ses yeux habituellement clos, les mains posées sur ses cuisses. L'apprenti de Mû poussa un soupir, il avait encore soif et son verre était vide. Il se leva donc pour le remplir, suivi de Lilo. Il fut une fois de plus agréablement étonné de la voir marcher toute seule. Dohko lui avait été d'une précieuse aide, la petite fille pouvait maintenant se déplacer sans avoir besoin d'aide, malgré l'infirmité de ses yeux.

Personne ne fit attention à eux, à part Élise et Hoa, mais devinant que Kiki allait se désaltérer, elles s'en désintéressèrent, revenant à la conversation qui devenait plus intéressante encore car Ludwig et Niguel leur assurèrent qu'ils avaient aperçu Maître Andréa et Maître Hiroshi se faire des papouilles. Et avec la langue en plus !

Les deux enfants entrèrent dans la salle de bain et Kiki remplit son verre d'eau avec l'eau du robinet, qui était potable. Lilo, debout derrière lui, ouvrit les yeux, et sentit son cœur se serrer. Là où elle regardait, tout était noir. Elle ne voyait rien. Rien du tout. Elle s'était faite à cette idée, mais quand même, elle aurait voulu… elle aurait voulu le voir… juste une fois. Pour savoir quel visage il avait. Qu'importe si Kiki soit mignon ou non, ce n'était pas le plus important. Juste le regarder une fois.

Soudain, Kiki se retourna. Elle ne pouvait le voir, mais elle avait senti son corps se tourner vers elle. Elle referma ses yeux instantanément, très gênée, les joues rougies, la lèvre pincée. La petite fille ne put voir son ami rougir à son tour, mais elle le sentit se rapprocher et ses lèvres se poser timidement sur sa joue.

Ses joues s'embrassèrent, mais un sourire heureux se dessina sur ses lèvres. Timidement, Lilo leva les mains vers le visage de Kiki pour le découvrir, traçant les lignes de sa figure. Ses petits doigts dessinèrent ses yeux qu'elle savait bleus, ses paumes touchèrent ses joues pleines, ses mains caressèrent ses cheveux bruns décoiffés.

Un autre baiser sur son front. Lilo se réfugia dans les bras de Kiki.

OoO

Lys dormait. Allongé sur le lit, le drap posé sur son corps jusqu'à sa poitrine, elle semblait sereine, le visage pâle et doux. Vaguement, Aioros regardait ses bras longs et blancs allongés sur le tissu clair qui laissait imaginer par transparence la couleur sombre de la chemise de nuit. Une longue chemise de nuit en soie d'une couleur vert sombre. C'était Edha qui la lui avait enfilée, avec beaucoup de soin, comme si elle avait peur de la blesser.

Aioros demeurait le plus de temps possible dans la chambre de la blonde, veillant sur son sommeil, sur ses accès de folie. Il remplaçait Rhadamanthe, quand celui-ci était trop fatigué, ou quand Kanon ne supportait plus de le voir là à attendre, à écouter ces hurlements inhumains que Lys poussait. Aioros n'aimait pas les entendre, ils lui brisaient le cœur, mais il voulait être là, qu'importe qu'elle le sache ou non. Être près d'elle, la regarder, la veiller.

Ses frères venaient également souvent. D'ailleurs, ce fut eux qu'elle assomma avant de s'enfuir vers la plage, pour être récupérée par Aiolia. Ils s'étaient sentis blessés, dans le fond, qu'elle ait levé la main sur eux, dans le désir de mourir. Ils pouvaient à présent comprendre Rhadamanthe, quand il avait crié de rage une fois revenu à lui. Mais la blonde avait été retrouvée, et on pouvait s'en estimer heureux.

Par la suite, Edha avait fortement insistée pour s'occuper elle-même de l'Ancien Grand Pope. Shina et June l'avaient aidée à laver le corps endormi, mais c'était l'adolescente qui avait fait quasiment tout le travail, nettoyant doucement la peau pâle et le sang séché qui coulait de temps à autre de ses poignets. C'était un tableau étrange, une jeune fille de quatorze ans habillant une femme de vingt-six ans.

Au début, personne n'avait compris. Edha avait tout appris de la chevalerie par Jabu, et n'avait pas reconnu Lys la première fois qu'elle l'avait vu, quand la blonde l'avait soignée. Sion et Dohko, quant à eux, n'avait pas du tout oublié cette gamine, un chevalier d'argent du Peintre, que Lys avait sorti de la mouise plus d'une fois. Edha était certainement l'un des chevaliers d'argent les plus fidèles qu'elle ait pu avoir dans cet ordre. Elle était censée avoir été tuée par le spectre du Papillon au cours de la bataille contre Hadès, il y avait plus de deux siècles. Malgré son âge, elle était très puissante, et les deux amants n'étaient guère étonnés qu'elle soit devenue une servante du Roi des Enfers.

Après une petite discussion, Edha avait avoué être revenue au monde sans aucun souvenir, atterrissant en Inde, son pays, sans qu'elle ne sache qui était ses parents, ses amis, sa vie d'autrefois. En réalité, c'est après la venue de Lys que de légers souvenirs avaient réellement refait surface. Une vie familière qui lui était inconnue, des hommes, des femmes, des enfants… un endroit… Elle avait des souvenirs du Grand Pope, mais très légers, son visage ne lui revenait plus à l'esprit. Lys avait été comme une vision divine. La revoir… allongée sur ce lit… une cascade de souvenirs plus intenses les uns que les autres.

Si Edha semblait plutôt gentille, certes moins douce que la tendre Seika et plus calme que l'énergique Shina, Aioros avait de suite senti son antipathie à son égard. Il était vrai qu'il restait beaucoup dans cette chambre, parfois seul, le regard dans le vague, ou détaillant le visage magnifique de celle qu'il aimait. C'était sans doute pour cette dernière chose que l'ancien chevalier ne pouvait le supporter, parce qu'il éprouvait des sentiments pour celle qu'Edha admirait le plus. Elle était au courant, Seika le lui avait dit. Mais le grec se fichait pas mal de ses regards énervés, hautains, froids. Elle aurait voulu le chasser de cette chambre, mais ce n'était pas comme si elle en avait la possibilité.

Aioros fut arraché à ses pensées. La blonde remuait dans le lit. Ses traits tirés se crispèrent, son front se plissa de peur, alors que son corps tremblait. Des gouttes de sueur perlèrent à son front soucieux. Elle se mit à gigoter sous le drap, en proie à un mauvais rêve, pas assez violent pour la faire hurler, suffisamment douloureux pour la faire délirer. Le Sagittaire n'eut même pas la présence d'esprit d'appeler Rhadamanthe, ou Sion, ou Dohko. Doucement, il lui prit la main, et après s'être assis sur le lit, il prit le corps crispé et tremblant à la fois, caressant avec toute sa tendresse la longue chevelure blonde. Elle semblait avoir pâli, cette chevelure.

Savait-elle que c'était lui qui lui caressait les cheveux ? Il en doutait, mais pourtant, il la serrait contre lui, caressant ses longs cheveux, humant son parfum délicat. Elle tremblait dans ses bras, sa main tâtonnait son torse, pour attraper maladroitement sa chemise, et la serrer avec force, à la déchirer. Jamais il ne se risquait à embrasser ses tempes, son front, ses cheveux soyeux. Un amour à sens unique qui demeurerait certainement sans réponse.

Pourtant, dans le fond, il espérait. Il espérait qu'elle puisse l'aimer en retour, mais malgré sa jeunesse mentale, il n'était pas suffisamment naïf pour croire qu'une femme pareille puisse répondre à ses sentiments. Elle avait vécu vingt-six années dans son corps, avant d'être enfermée en Enfers pendant plus de deux siècles. C'était une femme mature, qui avait souffert. Lui n'était qu'un jeune homme mort à ses quatorze ans, réincarné dans un corps de vingt-sept ans. Treize années avaient sauté, et même s'il ne le montrait pas, ça lui faisait quand même un sacré trou.

Finalement, Lys finit par se calmer. Ses spasmes s'espacèrent, la jeune femme finit par ouvrir les yeux, avec une lenteur extrême, comme si cet effort lui coûtait énormément. Un instant, elle vit le visage serein d'Aioros, qui la serrait dans ses bras protecteurs. Un instant, elle l'embrassa des yeux, avant de retomber dans un profond sommeil.

Le jeune homme la rallongea avec précaution, la recouvrit du drap, après avoir jeté un œil à ses poignets, qui ne saignaient pas. Lys semblait avoir retrouvé sa sérénité, et c'était bien mieux ainsi. Le grec nota mentalement de signaler cette petite crise au spectre, qui lui avait demandé, en cas d'absence, de l'informer à ce propos. Cela s'espaçait, la blonde en serait bientôt libérée, mais ce n'était pas pour autant qu'elle cesserait de tenter de se suicider.

Soudain, la porte s'ouvrit. Aioros, en pleine contemplation du beau visage de celle qu'il aimait, sursauta et leva vivement le regard. C'était Saori qui venait prendre de ses nouvelles. À peine il l'eut reconnu, il baissa à nouveau les yeux vers la jeune femme qui dormait à nouveau. Saori se mordilla la lèvre et entra dans la pièce, refermant la porte derrière elle.

L'adolescente lui demanda s'il allait bien, et si Lys se portait mieux. Il fallait le croire, puisqu'elle dormait. Il ne lui parla pas de cette petite crise, d'une manière ou d'une autre, Saori le sentait quand Lys n'allait pas bien. C'était Shaka qui le lui avait fait remarquer, Saori n'était jamais là quand Lys souffrait, mais elle semblait mal à l'aise dans ces moments-là. Sorente était du même avis, c'était même lui qui avait trouvé ça bizarre le premier. Julian avait tendance à rester beaucoup avec Saori, laissant temporairement la place à Poséidon, et Sorente l'accompagnait partout où il allait.

« Pourquoi me demandes-tu ce genre de chose alors que tu sais bien qu'elle va mal ?

- Mais je m'informe de son état, c'est normal !

- Saori, sors, s'il te plait. »

La déesse voulut répliquer, mais elle ne put rien dire, face à ces deux émeraudes qui lui ordonnaient presque de quitter la pièce. Elle lui jeta un regard froid et sortit, furieuse, claquant la porte derrière elle. Aioros poussa un soupir.

Ah, les filles… Mais qu'est-ce qu'elles avaient toutes avec lui, en ce moment ?

OoO

Shiryu entra dans la chambre, ouvrant doucement la porte qui grinça légèrement. Mais cela ne réveilla pas pour autant Seiya endormi profondément dans le lit qu'ils partageaient. Un doux sourire apparut sur ses lèvres, alors qu'il rentrait dans la pièce assombrie par les rideaux tirés négligemment sur les grandes fenêtres. Son regard voyagea sur le chevalier divin allongé sur le ventre sur le matelas, froissant les draps sous lui.

C'est à pas de loup que le chevalier du Dragon s'approcha du lit, où il s'assit. S'appuyant sur ses mains posées sur les draps, Shiryu se pencha en avant et effleura de ses lèvres le cou découvert de son amant, embrassant la base de sa nuque bronzée par le chaud soleil de Grèce. Il sentit Pégase frissonner sous la douce caresse.

Avec tendresse, Shiryu laissa distraitement ses doigts s'égarer sans la chevelure indomptable et brune, réveillant Seiya avec toute la douceur possible. Le jeune homme finit par ouvrir ses yeux noisette et se tourner un peu sur le côté, quémandant un baiser qui lui fut vite accordé. Pégase se laissa aller sur le dos, levant les bras pour enserrer les épaules du Dragon, l'attirant à lui. Shiryu s'allongea sur lui, glissant sa langue entre ses lèvres, pour un baiser sensuel, où leurs bouches se livraient à un combat des plus langoureux.

Un moment de tendresse qui dura plusieurs minutes, tantôt passionné, tantôt sensuel, puis sauvage, et enfin langoureux. Tant de sentiments dans leurs baisers, leurs caresses, que leur bonheur semblait presque irréel. Ces instants de leur vie où plus rien d'existait à part eux-mêmes leur donnaient la fausse impression que plus rien ne pouvait les atteindre. Mais c'était faux. Et ils le savaient.

Doucement, ils s'écartèrent l'un de l'autre, mais ils ne se quittèrent pas des yeux, puis un sourire vint orner leurs lèvres rougies. Shiryu l'embrassa une dernière fois avant de se redresser, suivi de Seiya. Il interrogea son compagnon du regard, en se demandant si ça venue de cette chambre était simplement faite dans le but de le voir ou si c'était pour lui annoncer quelque chose. Vu les circonstances, il s'attendait à tout.

« Il se passe quelque chose ?

- Non, rien de spécial. Je me demandait où tu étais passé, tu es plutôt calme.

- Il y a de quoi. »

Pégase fit un mouvement de tête vers le mur, en parlant de la chambre de Lys, qui se trouvait quelques couloirs plus loin, auprès des appartements du Grand Pope, à savoir ceux de Sion. Shiryu poussa un léger soupir en pensant à la jeune femme qui tentait depuis la matinée de se suicider.

« Quand est-ce que ça va s'arrêter ? Fit Seiya. Je n'en peux plus de la savoir comme ça. Avant, elle se contentait d'hurler, maintenant, elle essaie de mourir aussi !

- Trop de souffrances. Rhadamanthe ne peut rien faire pour elle, nous sommes tout aussi impuissants.

- J'aimerais l'aider… Surtout que la situation empire.

- Que veux-tu dire ? S'étonna Shiryu.

- Comment, tu n'as pas remarqué ? Il n'y a plus de fantômes. »

Shiryu ouvrit de grands yeux, regardant son ami avec surprise, ce qui vexa Pégase. Bon, d'accord, il n'était pas très réfléchi, et il avait tendance à se jeter tête la première dans les ennuis, mais quand même ! Le Dragon lui fit un sourire désolé, il ne pensait pas que Seiya aussi le remarquerait, ou aussi vite. Car il en avait parlé avec Marine, récemment, et elle avait oublié les ombres que plus d'un dans le Sanctuaire avait aperçu. Et sans vouloir vexer son ami, Marine était un peu plus attentive que son apprenti.

« Peut-être, Shiryu, mais elle a d'autres chats à fouetter, moi je te le dis !

- Pardon ?

- Tu dois être fatigué. J'en reviens pas ! T'as pas remarqué pour Marine ?

- Qu'est-ce que j'aurais dû remarquer ?

- Bah son nouvel amoureux ! »

L'adolescent haussa un sourcil, un peu étonné, aussi bien par le fait que la jeune femme ait fini de maudire Aiolia et Shaka que par le fait même que Seiya soit au courant d'une chose pareille. On ne pouvait pas dire que les filles, au Sanctuaire, soient très démonstratives, si on oublia la jeune Andréa visiblement amoureuse de Hiroshi de l'Oiseau de Paradis, et June également, qui semblait avoir oublié Shun. Enfin, de toute façon, elle n'avait pas vraiment le choix.

Seiya affichait un sourire triomphant, qui rappela aux Dragon un passé pas si lointain que ça, où son ami n'hésitait pas à sourire. Aujourd'hui, il n'y arrivait plus, il avait plus de mal. L'affrontement qui approchait n'était pas vraiment un sujet très joyeux.

« Enfin une chose que je sais et que tu ne sais pas ! S'exclama-t-il.

- Marine a un nouveau soupirant ?

- Heu… côté soupirant, elle est mal barrée, il est pas du tout branché, en fait. C'est elle la soupirante. Mais si tu veux mon avis, c'est pas vraiment du sérieux.

- De qui tu parles ?

- D'Aioros.

- Pardon ?!

- C'était pas fait exprès ! Mais je l'ai surprise en train de le draguer. Il n'en revenait pas, tu aurais vu sa tête ! Surtout qu'il n'est pas trop d'humeur en ce moment, si tu vois ce que je veux dire.

- Attends une minute, Aioros aime Lys, et ce n'est un secret pour personne.

- Je sais. Mais crois-moi, il s'est vraiment fait dragué par Marine. Mais c'est des bêtises, j'en suis sûr. Elle n'a pas réussi à avoir Aiolia, elle saute sur Aioros.

- Seiya !

- On parie ?

- Marine n'est pas comme ça ! »

Shiryu leva les yeux au ciel. Vraiment, mais quelle idée ! Marine, faire les yeux doux à Aioros ? Non, il en doutait fortement. Le Sagittaire semblait très amoureux de Lys, même si ce ne devait pas être réciproque, et même sans parler de ça, il y avait une certaine différence d'âge entre eux. Une bonne dizaine d'année. Et puis, vraiment, quelle idée !

Mais Pégase semblait vraiment sérieux quand il disait ça, ne doutant pas de ses affirmations. Il était sûr de ce qu'il avançait. Certes, il avait un peu de mal à imaginer Marine faire cela, mais Shina lui avait avoué qu'elle avait beaucoup souffert en apprenant qu'Aiolia aimait un homme, Shaka qui plus est. Elle aurait pu rivaliser avec un homme, mais pas avec le blond, et elle avait fini par abandonner la partie.

« Tu sais, Shina pense pareil. Mais tu le dis à personne, ou elle va me frapper.

- Quelle idée de…

- Aioros est malheureux. Ça ne lui ferait pas de mal de décompresser dans les bras d'une autre fille. C'est ce qu'elle doit se dire, mais il est coriace ! En plus, il est mort quand il avait quatorze ans, et s'il avait besoin d'être avec une fille, il aurait cherché tout seul. Il est grand et il a du retard à rattraper ! Mais il n'en a pas besoin. Moi, je dis « respect ».

- Le pauvre…

- Et tu connais pas la meilleure ?!

- Parce qu'il y a autre chose encore ? Allez, dites-moi tout, Mr J'ai-les-oreilles-qui-traînent-partout.

- Oh, tu exagères ! Je n'étais pas tout seul, Aiolia était avec moi, et on n'avait pas l'air bête dans le couloir ! En fait, on allait voir Sion dans son bureau, on l'a entendu crier sur Dohko, enfin, il était pas vraiment en colère après lui, mais il était très, très, trèèès énervé.

- Il est sur les nerfs en ce moment, c'est normal. Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Oh, pas grand-chose, sauf qu'il a surpris Saori faire les yeux doux à Aioros quand il sortait de…

- Pardon ?!

- Si tu voyais ta tête Shiryu !! »

Seiya était mort de rire. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas ri comme ça. Shiryu passa sa main dans ses cheveux en se demandant ce qui arrivait aux filles, en ce moment.

« Rassure-moi, il n'a pas d'autres prétendantes ?

- Non, c'est tout, Edha peut pas le voir comme il est amoureux de Lys. Sérieusement, Saori a vraiment essayé de draguer Aioros. Je comprends pourquoi il ne veut plus quitter la chambre de Lys. Sion hurlait, je cite : « Après avoir essayé de draguer Mû, la voilà sur Aioros ! Elle a une montée d'hormones ou quoi ?! »

- Parce qu'en plus…

- Ouais. Mais sur ce coup-là, elle est vraiment mal tombée, c'est du sérieux entre Mû et Saga. Moi, elle me laisse tranquille, mais c'est pas le cas des autres. Surtout qu'elle semble vraiment attirée par Aioros.

- Sans vouloir le vexer, il est un peu trop vieux pour elle.

- Ça c'est sûr, quatorze ans de différence, c'est pas rien quand même. Enfin, on verra bien. En tout cas, je le plains, moi. Saori, c'est quand même pas un cadeau, crois-moi. »

Shiryu acquiesça. Seiya n'avait toujours pas digéré quand elle avait accepté de laisser Lys à Perséphone, qui l'avait tué devant leurs yeux. Le Dragon non plus n'avait pas apprécié, mais Seiya s'était senti particulièrement concerné, il appréciait beaucoup la jeune femme. C'était une sorte d'ange tombé du ciel, qui semblait ne pas avoir sa place sur cette Terre. Bien qu'il soit plus réservé, Shiryu appréciait particulièrement Lys, car derrière sa grande beauté, étaient cachés une intelligence et un esprit de réflexion qui la rendait très intéressante. De plus, on ne pouvait pas dire qu'elle se vantait particulièrement de son beau visage.

Concernant Saori, Shiryu avait de la rancune, qu'il gardait caché dans son cœur, d'abord parce qu'elle avait osé pensé au sacrifice de Lys, décision avait d'ailleurs été adoptée, mais aussi par cette ancienne attirance qu'elle avait provoquée chez Seiya. Certes, c'était une très jolie fille, Shiryu ne pouvait lui retirer cela, mais lui aimait Seiya, bien avant qu'elle n'ait un, gros, faible pour lui. Saori était sa déesse. Mais c'était aussi l'un des premiers amours de Seiya. Une certaine jalousie remontait par moments, sans qu'il ne puisse la contrôler. C'était plus fort que lui.

Mais en fin de compte, ce n'était pas vraiment important. Seiya semblait largement le préférer à celle qu'il était censé protéger de toute son âme, et cela le soulageait. Énormément.

OoO

Assis sur le canapé des appartements du chevalier du Lion, Shaka lisait tranquillement un roman, ses jambes croisées gracieusement. Son visage détendu reflétait une sérénité fragile qui pourrait disparaître au moindre bouleversement. À savoir quand Aiolia se déciderait à rentrer.

Plus d'une fois, Shaka avait tenté de méditer dans son temple, en essayant de retrouver cette quiétude qui le caractérisait autre fois, mais c'était peine perdue, il en avait bien conscience, malheureusement, car s'il lui était possible de retrouver un certain calme intérieur, il n'était malheureusement, ou heurtement suivant les points de vue, capable de retrouver cette sérénité qui avait fait de lui l'homme le plus proche de Dieu.

Et les raisons étaient somme toute assez simples. Autrefois, il ignorait ce qu'était l'Amour. L'amitié, la solidarité… Tout ce qui pouvait se regrouper sous ce grand mot, il n'en connaissait que les noms, mais les effets lui étaient inconnus. C'était en revenant à la vie qu'il avait vraiment compris ce que tout cela représentait. Et tout ce qu'il avait perdu, en se concentrant sur sa propre personne.

Aiolia en était un exemple flagrant. Certes, autrefois, il se souvenait avoir éprouvé une certain attirance pour ce fougueux chevalier, mais le jeune homme avait tout simplement rejeté cet étrange sentiment, qu'il prouvait pour quelqu'un, mais surtout, pour un homme. En revenant, en ayant cette nouvelle chance, toutes ses barrières étaient tombées d'un seul coup, et ses sentiments l'empêchaient aujourd'hui de redevenir cet homme si puissant aux yeux clos. Le redevenir signifierait renier Aiolia, l'oublier, ce qui lui était insupportable.

Redevenir l'homme le plus proche de Dieu… Abandonner Aiolia, oublier cette amitié qui le liait aux autres, rayer de sa mémoire cette solidarité affective entre eux tous… Non. Shaka en était incapable. Et c'était cela qui l'empêchait d'arriver, aujourd'hui, à ce qu'il avait été autrefois. Il n'en avait parlé à personne, sauf à Mû, qui craignait le début de ce nouvel affrontement. Il approchait, inexorablement.

La porte des appartements s'ouvrit. Shaka, plongé dans ses pensées, sursauta, et chercha le nom du possesseur de ce cosmos si perturbé, qui n'était autre que Aiolia. Le blond se leva et sortit du salon. Le chevalier du Lion retirait ses chaussures d'un mouvement rageur, ce qui étonna son amant. Appuyé contre l'encadrement de la porte, Shaka l'interrogea du regard, en silence.

« Il s'est passé quelque chose ? Lys a fait des siennes ? Aioros se sent mal ?

- Lys dort. Aioros est allé se coucher.

- Tout va bien, alors.

- Oui, tout va bien, si on oublie qu'il était prêt à passer la nuit à son chevet.

- Aiolia…

- Quand tu en connaîtras la raison, tu ne lèveras plus les yeux au ciel. »

Shaka fronça les sourcils. En effet, Aiolia paraissait particulièrement énervé. Il rentrait dans le salon et se laissa tomber sur le sofa, et il n'était pas prêt d'être calmé. Lentement, le saint de la Vierge le suivit, en se demandait ce qu'il pouvait bien se passer encore. Il s'assit près du grec et attendit qu'il se détente un minimum pour lui parler. Sauf qu'il n'attendit pas pour se détendre et commençait déjà à parler.

« Tu devineras jamais la meilleure.

- Non, mais je sens qu'une certaine personne ne va pas tarder à m'en parler.

- Aioros se fait draguer par Marine. »

Silence. Dire que Shaka était étonné était un euphémisme, bien que cela ne transparaisse pas totalement sur son visage délicat. Si Aiolia avait été d'humeur, il en aurait ri, sauf qu'il était loin d'avoir envie de plaisanter.

« Tu plaisantes, là.

- Pas du tout.

- Mais je ne…

- Je n'ai pas envie de penser de mauvaises choses sur elle, mais je suis sûr que comme elle n'a pas pu m'avoir, elle a porté son dévolu sur lui. »

Ses yeux noisette brillaient de colère. Ses traits crispés reflétaient son envie d'étrangler la jeune fille qui avait osé importuner son frère de la sorte. Dans cette situation, il n'avait pas besoin de ça. Juste de la tranquillité. Et pas d'une gamine déçue en amour. Peut-être se trompait-il, mais le regard que Seiya avait lancé à son ancien professeur était sans équivoque.

Shaka était troublé. Il avait du mal à saisir, en fait, si son amant était furieux parce qu'elle avait décidé de séduire son grand frère en remplacement, ou si c'était parce que le cœur du Sagittaire était déjà pris, et que dans l'état actuel des choses, il avait besoin de tout sauf de ça.

« Que s'est-il passé, au juste ?

- J'allais chercher Aioros, il n'était pas dans son temple, et j'ai rencontré Shiryu et Seiya. Quand je suis arrivé à la chambre de Lys, Marine et Aioros se disputait. Tu ne vas peut-être pas me croire, mais il était bord de la crise de nerfs.

- Elle lui faisait des avances ?

- Oui. Il lui ordonnait de partir, elle n'avait pas à faire ça devant Lys. Il l'aimait, et ce n'était pas prêt de changer. J'avais envie de l'étriper.

- Je vois… Et comment va Aioros ?

- Mal. Il est fatigué, et furieux après elle. Et pas seulement elle, Saori s'est jointe à la partie.

- Il a bien besoin de ça ! Qu'est-ce qu'elles ont toutes ? »

La question resta en suspens. Shaka sentait que son amant était crispé, sa main qui prit soudain la sienne le témoignait. Une sourde colère l'animait. Il avoua soudain que ce qui l'énervait le plus, dans cette histoire, c'était qu'elle en ait parlé dans la même pièce que Lys. Aioros était auprès d'elle tellement souvent, la veillant respectueusement avec tout l'amour qui animait son cœur, et elle osait lui faire des avances dans ce lieu presque sacré qu'était devenu sa chambre. Même Saori n'avait pas eu l'audace de le faire dans cette pièce.

Aioros était un bel homme, qui derrière ses airs sages et réfléchi, cachait une certaine innocence, due à toutes ces années qu'il avait perdues. D'un coup, son corps avait grandi de treize ans, mais son esprit, lui, n'avait pas autant évolué, même si on avait tendance à l'oublier. Et c'était peut-être cela qui avait séduit Saori, ou peut-être Marine, mais de cela, Aiolia en doutait. Il pensait plutôt à une vengeance, envers lui. Envers eux deux.

Shaka l'écouta en silence, secrètement soulagé qu'aucune jalousie ne se soit mêlée à la fureur du Lion. Aussi, le jeune homme fut déçu par la réaction de Marine. Il la croyait plus intelligente que ça, et bien qu'il admette lui avoir fait du mal en lui ravissant l'homme qu'elle aimait, l'hindou trouvait sa réaction puérile. Terriblement puérile…

« Vous avez mis longtemps à les faire sortir ?

- Disons que je n'étais pas d'humeur à prendre des gants, mais Shiryu et Seiya ne voulaient que ça dégénère. Mais Rhadamanthe, Sion et Dohko sont arrivés.

- Rhadamanthe n'a pas dû être doux !

- Il a pris Marine par les cheveux et la traînée dehors. Elle hurlait, tu l'aurais entendue…

- Il l'a prise par les cheveux ?!

- Ouais. Il faisait peur à voir. Il aime bien Aioros, et il a pas apprécié la scène qu'elle nous a faite. »

D'un autre côté, Shaka avait du mal à imaginer le spectre demander courtoisement à l'Aigle de bien vouloir sortir de la chambre. Il était continuellement sur les nerfs, il n'allait pas lui faire de cadeaux. Le blond imagina la scène, un Rhadamanthe bouillonnant de colère tirant la tignasse rousse de la jeune fille hurlant au scandale. Ce devait être du joli.

Un sourire satisfait étira les lèvres du Lion. Shaka fronça les sourcils, il n'y avait rien d'amusant à cela. Mais c'était une sorte de vengeance, Rhadamanthe avait fait sans scrupule ce que lui n'aurait pu faire. Pour faire disparaître ce sourire qu'il trouvait peu agréable, Shaka se pencha vers lui et l'embrassa. Douce caresse, qui se fit humide, quand le chevalier de la Vierge y mit la langue, voulant pénétrer cet antre chaud et mouillée qui n'appartenait qu'à lui.

Aiolia finit par se détendre un peu, et laissa le blond envahir sa bouche. C'était rare, d'habitude, c'était lui qui dirigeait ce genre de baiser langoureux, en possédant cette bouche et ces lèvres dont il ne pouvait se rassasier. C'était tout de même agréable, quand son amant si réservé prenait ce genre d'initiative. Et il avait envie d'oublier. Oublier Marine qui sourit malicieusement. Oublier Aioros dont les yeux lancent des éclairs.

Les mains de Shaka se posent sur ses épaules, l'insistant doucement à se laisser aller en arrière, ce que le Lion fait. Son dos rencontre le cuir frais sous sa chemise, lui envoyant des frissons, alors que le corps chaud de Shaka s'allonge sur lui, leurs lèvres scellées dans un baiser sulfureux, auquel Aiolia ne peut rester plus longtemps inactif. Bientôt, ce fut lui qui le dirigeait, plongeant sa langue dans la bouche chaude de Shaka, qui gémit. Un gémissement calculé. Il ne fut pas étonné en sentant des mains larges et qu'il savait bronzées se poser sur ses fesses.

Soudain, le baiser cessa. Aiolia l'interrogea du regard, se regard se voila de désir quand Shaka, d'un mouvement de tête, rejeta quelques mèches de ses cheveux blonds en arrière. Le Lion aimait sa longue chevelure dorée qui tombait dans son dos gracieusement. Shaka plongea son regard bleuté dans yeux noisette de son amant.

« Tu m'as l'air tendu.

- Mais tu vas tout faire pour me détendre. »

Un sourire séducteur prit place sur les lèvres du Lion. Shaka sembla amusé. Mais une lueur de tristesse apparut dans ses yeux. Aiolia fronça les sourcils.

« Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai fait quelque chose qui fallait pas ?

- Tu as déjà éprouvé du désir pour Marine ? »

Cette question le prit complètement au dépourvu. Voilà autre chose. Enfin, c'était plutôt normal de se poser cette question, il était tellement énervé après elle.

« Non.

- Tu es sûr ?

- J'ai été attiré, je ne le nie pas. Mais je n'ai jamais désiré quelqu'un comme toi. »

Son visage respirait la sincérité, et un léger sourire flotta alors sur les lèvres de l'hindou. Une vieille jalousie qui ressortait de temps à autre. Mais il la rangea rapidement au placard, pour plutôt se concentrer sur les lèvres entrouvertes du Lion. Ce dernier se dit que le blond n'avait rien à envier au chevalier de l'Aigle. Aiolia l'aimait. Vraiment. Ce n'était pas qu'une passade.

Et il n'y avait que de l'amour dans leurs gestes. Dans les mains qui retiraient leurs vêtements, dans les doigts qui caressaient leur muscles saillants, dans leurs peau qui se frôlaient délicieusement… Shaka ondulait sur lui, son corps presque nu électrisant ses sens. Ses lèvres semblaient être partout à la fois, embrassant le creux de son cou, léchant sa clavicule si bien dessinée, effleurant ses tétons plus sombres que sa peau dorée par le soleil de Grèce. Aiolia se laissait aller à ces sensations agréables. Il lui rendrait la pareille. Plus tard…

Puis ils furent nus. Aiolia aurait voulu le renverser sous lui, pour le préparer, le faire sien, prendre son sexe dans sa bouche, le pénétrer avec le sien. Des idées peu catholiques qui les menaient au septième ciel, un monde qu'ils ne pouvaient atteindre que lors d'une extase qui les laissait tous les deux pantelants, des étoiles brillantes devant leurs yeux entrouverts.

Mais Shaka affermit sa poigne, restant allongé de façon langoureuse sur lui. Agréable perspective, Aiolia passa sa langue sur ses lèvres, lui lançant un regard brûlant de désir. Shaka lui répondit par un sourire bien à, ce qui ne put qu'accentuer encore son envie de lui, son envie de l'aimer plus complètement, plus profondément.

Ils ne songèrent même pas que quelqu'un puisse rentrer chez eux, en ce moment même, et les voir ainsi. Aiolia confortablement allongé sur le canapé, son corps brillant sous la lumière du plafonnier, préparant avec douceur et application l'entrée étroite de son amant. Ses yeux rivés sur le visage de Shaka, ses joues rougies, à genoux au-dessus de lui, ne retenant de gémir sous cette caresse si intime de son être. Non, ils n'y pensèrent même pas, leurs regards et leurs pensées tournées vers l'autre. Et uniquement l'autre.

L'union. L'union si intime de deux êtres, cette pénétration douloureuse et si grisante leur arracha un râle de plaisir, un plaisir qui coula bientôt dans leurs brûlantes veines, au rythme de leurs cœur et des coups de reins de plus en plus profonds, de plus en plus brutaux. Un doux murmure de cris de jouissance parvenait du salon chaleureusement éclairé, alors que leurs corps luisants de sueur se mouvaient avec une étrange concordance, offrant des sensations sans nom à l'autre sans retenue, leurs pensées envolées vers un lieu lointain, les yeux à peine ouverts, leurs lèvres laissant passer leur souffle chaud et saccadé.

Un même cri se répercuta sur les murs, semblant résonner dans leur esprit irrationnel. C'était comme si cette jouissance qui avait pris possession de leur corps explosait dans leurs veines, détruisant leur corps qui ne formait plus qu'une seule et même chair.

À bout de souffle, Shaka se dégagea et se laissa tomber sur le torse musclé d'Aiolia, qui l'entoura tendrement de ses bras, savourant cette sensation de bien-être qui avait capturé son corps, comme Shaka avait capturé son cœur. Il faisait extrêmement chaud, mais il n'aurait repoussé le corps de son amant pour rien au monde. Deux peaux moites qui glissaient l'une sur l'autre, son souffle saccadé dans son cou…

Aiolia lui embrassa tendrement le front, les yeux toujours clos.


Merci de m'avoir lue ! J'espère que ça vous a plu !