Je tiens d'abord à m'excuser pour cet immense retard! Les vacances, la grippe et un manque d'inspiration en sont les seules causes, malheureusement. Je plaide coupable!

Que cela ne vous empêche pas de profiter de ce chapitre! Merci à vous! et Joyeuse Pâques!


Il pesta encore une fois alors qu'il gesticulait sur son siège inconfortable, tentant en vain d'avoir un peu d'air frais. A l'interieur de l'habitacle, une chaleur étouffante leur enserrait la gorge. Il lança un regard envieux à son ami qui, comme d'habitude, ne semblait pas souffrir de la température ou même de l'inconfort des sièges. Bordel que son Impala lui manquait! Il serait bien retourné chez ses parents juste pour les supplier de la lui donner!

Retenant un soupir à la pensée de sa famille, il se reconcentra sur ce qu'ils épiaient, c'est-à-dire la maison face à eux. Il avait toujours du mal à croire que Chuck habitait dans cette maison digne des Desperate Housewives...Une maison blanche, fleuries aux fenêtres, avec une balancelle bruyante sur le perron. Une pelouse coupée aux millimètres encerclait la maisonnette et une voiture flambant neuve, reposait dans l'allée.

C'était assez étrange de s'imaginer que Chuck, abonné aux pizzas surgelées, au sexe en ligne ou aux fans hystériques, avait grandi dans un envirronnement aussi classique que celui-ci. Son don avait plus endommagé sa vie qu'il ne le pensait...

D'après ses calculs, le jeune homme devait être légèrement plus âgé que lui. Peut-être 17 ou 18 ans. Il n'avait jamais demandé à Chuck son âge. Et Castiel avait eut la brillante idée d'aller lui poser une ou deux questions...Même si l'ange n'était pas certain que les dons de Chuck soient intactes vu les troubles qu'ils avaient occasionnés.

Au bout d'un certain temps, deux personnes quittèrent la maison. Une femme d'âge mur, brune et pimpante de la tête au pied et un homme auquel Chuck ressemblerait vaguement dans quelques années. Ils échangèrent quelques mots sur l'allée les menant à la voitutre avant d'y embarquer. Ils attendirent encore dix bonnes minutes avant de descendre de l'Impala et d'aller sonner à la porte.

C'est un adolescent déguingandé qui vint leur ouvrir. Le même visage fin aux traits moins tirés, les yeux moins lourds, plus pétillants mais toujours aussi perçants. Le visage du jeune homme se décomposa à leur vue. De pâle, il passa à translucide alors qu'il les regardait avec une expression vide.

- C'est impossible! Balbutia-t-il dans sa barbe inexistante. Vous n'existez pas! Asséna-t-il d'une voix où perçait la peur. Vous êtes justes des...

- Produits de ton imagination? Des visions? Compléta Dean pour lui.

- Vous ne pouvez pas exister. Claqua Shuck d'une voix presque mécanique.

- C'est ce que tu crois ou ce dont tu essayes de te persuader depuis toujours? Lança Castiel de son eternelle voix calme.

- C'est impossible. Ce n'est pas un ange, lança-t-il en indiquant Castiel. Et tu n'es pas le leader de la résistance contre la grande guerre...

- Vraiment Chuck? C'est réellement ce que tu penses? Reflechis bien et cherches au fond de toi-même...Souffla Cass. Tout ce que tu vois, n'est-ce réellement que les divaguations d'un garçon un peu trop rêveur?

Chuck se pinça la lèvre inférieure en les regardant songeusement. Son visage exprimait tant de choses qu'il était difficile de dire exactement ce qu'il ressentait, ou ce qu'il pensait. Après une minute de silence, il s'écarta pour les laisser entrer.

- Donc...Tu es réllement Dean? Demanda-t-il finalement, une fois la porte fermée, le détaillant grossièrement du regard.

- Oui. Je suis Dean. Et c'est Castiel. Mais tu dois déjà le savoir, non? Lança Dean en plaisantant.

- Admettons que ces visions soient réelles, proposa Chuck d'une voix légèrement tendue, je veux bien croire qu'il est Castiel. Lança-t-il en pointant l'ange du menton. Mais tu ne peux pas être Dean.

- Ha non? Et pourquoi? Se vexa Dean, en haussant les sourcils.

- Le Dean que je vois est plus agé. Répondit franchement Chuck.

- Plus agé? Répéta le plus jeune, interloqué.

- Oui, vraiment plus âgé. Dans la dernière vision que j'ai de toi...Tu dois avoir une petite quarantaine, peut-être moins...

- Pardon?!

- Mais je connais ton visage. Tu...Tu ressembles vraiment à Dean quand il était plus jeune. Presque traits pour traits, en fait. Admit Chuck.

- Dis-moi, Chuck, dans cette dernière vision, que se passe-t-il? Demanda posément Castiel.

- Juste...C'est pas...Je...Bredouilla l'autre avant de soupirer lourdement. Dean meurt. Dans vos bras. Souffla-t-il plus bas. Mais ça ne veut rien dire parce que tout cela n'existe pas! Repris le jeune homme en se détournant d'eux.

- Tu sais que c'est faux. Lâcha calmement l'ange. Parce que si tu vois la mort de Dean, alors tu dois aussi voir votre rencontre. Et les révélations qui ont suivi sur ta nature et ta mission.

Le visage de Chuck se ferma un instant avant que son regard perçant ne se tourne totalement vers eux. Castiel savait que Chuck ne doutait pas vraiment de la véracité de ses visions, qu'il savait, d'une manière ou d'une autre, que c'était vrai. Que chaque question avait trouvé sa réponse dans une vision ou l'autre. Mais que cela était dure à encaisser. Il avait vu la fin du monde, la vie ratée qu'il aurait pu avoir, le sang et la peur qui s'étaient propagés comme une traînée de poudre...

- C'est vrai...Admit Chuck, confus...Je me souviens de tout. De notre première rencontre, de la bande dessinée, de l'implosion de Castiel dans mon salon, de la libération de Lucifer par Sam, de tout...J'ai tout vu, de manière décousue et incohérente. Mais cela n'avait pas de sens. Les vampires, les démons, les dames blanches...Juste des histoires pour s'effrayer au coin du feu...Marmonna-t-il entre ses dents.

- Tout était vrai. Lui souffla Castiel d'un air confident. Et je pense que tu l'as toujours su...

- Comment cela pourrait-il était vrai? La fin du monde n'existe pas, je...je ne suis pas un écrivain raté qui gribouille ses visions en les faisant passer pour des BD et...Et Dean n'est pas mort. Argua-t-il d'une voix presque plaintive.

- Je pense que tu vois notre passé. Lança Dean en fronçant les sourcils. Après ma... mort, commença-t-il à expliquer en avisant la mine confuse du garçon, Castiel a fait un tour de force. Il nous a permit de remonter dans le temps afin d'empêcher l'apocalypse de se produire. J'ai éviter la mort de ma mère et ainsi changer le cours de l'histoire.

- Changer le cours de l'histoire? Répéta Chuck, hébété.

- Mon père est toujours mécano, mon frère n'est pas un psychique, ni l'habit de gala de Lucifer. Récita fièrement Dean, un sourire plein de malice sur les lèvres.

- C'est...C'est complétement délirant! S'exclaffa Chuck en enfonçant sa tête dans ses mains.

- C'est vrai...Mais ça n'en est pas moins réelle. Rationalisa Castiel d'un ton docte.

- Je sais que c'est difficile, Chuck...Souffla Dean, compatissant. Je sais que c'est absolument incroyable et fou mais c'est la vérité. Mais nous avons besoin de savoir si tu as des visions de cette ligne du temps-ci? Nous devons savoir quand et comment Lilith va saortir de son trou. Qui va l'y aider?

L'autre garçon releva doucement la tête, le regard perdu et désolé avant de murmurer du bout des lèvres qu'il ne savait pas.

- S'il-te-plait, réfléchis. Le pria Dean. Est-ce que tu as eu des visions où mon frère n'était pas un chasseur? Réfléchis bien...

- ...Non...Je ne crois pas. Il n'y a que ces visions, floues et désordonées, d'apocalypse et...et..et de chasses.

La discussion dura encore une bonne demi-heure avant que Castiel ne parvienne à une conclusion. Selon Chuck, ses visions étaient imprécises et fugaces, à tel point qu'il lui fallait plus d'une vision d'un même évenement pour le comprendre pleinement. Il n'avait pas vraiment fallu longtemps à Castiel pour se rendre compte que ces visions étaient obsolètes et sans utilités. C'étaient les visions d'un ancien monde, un monde qui n'existait plus. Chuck était un prophète, instrinsèquement, donc gardait son don mais les visions y étant reliées n'étaient plus correctes. Et il n'avait pas de visions récentes. N'avait jamais vu un Sam en écolier banal ou un Dean rebelle aux injonctions de ses parents.

- Donc, souffla Chuck d'une voix curieuse, ton père n'est pas chasseur?

- Non. Juste mécano.

- C'est...Bizarre. Répondit-il finalement en fronçant les sourcils.

- Ne me le fait pas dire. Avait soupiré Dean.

Lui et Castiel étaient reparti bredouille mais malgré tout content d'avoir revu Chuck. Le jeune garçon ne ressemblait pas à son autre version. Il paraissait plus à l'aise, plus sur de lui, moins solitaire que le Chuck adulte qu'ils avaient connu. Quand Dean lui avait en fait trivialement la remarque, Chuck avait haussé les épaules en disant qu'il avait vu l'exemple à ne pas suivre. Il ne voulait pas devenir l'écrivain d'une BD modérement connue, se contentant de pizzas surgelées et de sexe par téléphone.

Si les retrouvailles avaient fait plaisir à Castiel et à Dean, elles ne les avaient en rien avancer. ls n'avait toujours aucune idée de comment comptait procéder Lilith. Tout ce qu'ils pouvaient faire en attendant c'était de surveiller Jake, Ava, Andrew, Ansem, Scott et Max.

. . .

- Non, pas comme ça...Tu te crispes trop, détend-toi légèrement...

La petite fille fit comme demandé, respirant calmement, maîtrisant les tremblements inévitables de ses mains autour de l'arme encore un peu lourde pour elle. Après une dernière respiration, elle appuya sur la gachette mais, quelques mètres plus loin, la cannette resta debout et intouchée.

- J'y arriverai jamais! Râla-t-elle avec l'impatience caractéristique de son âge.

- C'est tes premiers essais, Jo...Lui rappela joyeusement Dean.

- Quand même! Ca n'a pas l'air aussi difficile quand c'est toi ou papa qui tirez!

- On a l'habitude Jo, laisses-toi du temps princesse...

- Mais j'ai 10 ans!

- Ouaip, 10 ans. Et tu sais ce que fait une grande fille de 10 ans quand elle ne réussit pas quelque chose? Demanda-t-il avec un sourire.

- Elle recommence? Tendit Jo avec une moue entre l'amusement et la frustration.

- Exacte! Pieds bien campés au sol, mains fermes mais pas crispées sur l'arme, regard fixe et alerte et surtout...

- Rester calme, maître de soi-même. Récita la plu jeune avec justesse.

- Et pourquoi?

- Parce que le stress est le meilleur moyen de se faire avoir.

- Et bien! Qu'est-ce que tu attends? Lui lança-t-il gentiment. Cette cannette te nargue de toute sa hauteur!

La gamine éclata de rire devant ses pitreries et Dean passa une main joueuse dans ses cheveux blonds. Dix secondes plus tard, toute trace d'amusant s'était envolée alors qu'elle visait avec précision la cannette. Jo avait maintenant 10 ans et Bill avait décidé qu'il était temps qu'elle apprenne à tirer. C'était un âge raisonnable selon Dean. Ses premières séances de tire à l'âge de 7 ans avaient été une torture pour lui. L'arme était trop lourde, ses bras encore trop faibles pour la porter et son père ne voulait pas entendre une seule plainte...en même temps, ce n'était pas comme s'il aurait piper le moindre mot de son inconfort s'il lui avait demandé. Dix ans était bien plus raisonnable...

Bill lui avait demandé de s'en charger quand il n'était pas là. Et Dean avait accepté avec joie. Il ne reproduisait certainement pas la méthode d'entraînement de son père. Dure, intransigeante et sans pitié. Il était plus souple avec Jo que John ne l'avait jamais été avec lui. Mais il ne se voyait pas agir autrement. Jo était encore une enfant et si elle devait abandonner une partie de son innocence à cause du monde dans lequel elle vivait, personne n'avait jamais dit qu'elle ne devait plus en être une.

L'entrainement dura encore une petite heure et à la fin de celle-ci, Jo était toute fière de pouvoir dire qu'elle touchait ses cibles une fois sur deux. Dean la félicita joyeusement avant de lui rappeller qu'il était aussi important de nettoyer son arme et de savoir la démonter et la monter que de pouvoir tirer avec. Ils s'installèrent donc à l'interieure de Road House pour briquer consciencieusement les armes. Mais Jo n'était pas le genre de petite fille à rester assise tranquillement pour se concentrer sur une seule chose donc, bientôt, Dean fut engloutis de questions.

- Tu as un petit frère, toi, hein? Lança Jo, en le regardant à la dérobée, au-dessus de l'arme qu'elle nettoyait.

- Oui, de deux ans plus agé que toi. Lui répondit Dean.

- Comment il s'appelle?

- Samuel mais je l'appelle Sam.

- Et tu lui apprend aussi à tirer? Demanda encore Jo, lançée dans sa tirade de questions.

- Non...Répondit Dean après quelques secondes. Sam ne...Sam ne vit pas dans le même monde que nous.

- Quoi?! S'étonna la petite en fronçant ses sourcils.

- Il ne sait pas la vérité sur la chasse. Clarrifia-t-il. Il vit avec mes parents...

- Et eux non plus ne savent pas?

- Non. Ils ne savent rien.

- Mais alors...Ils ne te connaissent pas vraiment! S'alarma la petite fille. Tu devrais le dire à tes parents! Ils s'inquiètent surement beaucoup pour toi!

- Tu ne penses pas qu'ils auraient peur en apprenant la vérité? Ou qu'ils ne me croiraient pas?

- Mmmm...Peut-être. Oui. Mais c'est tes parents! Ils doivent savoir où tu es. Conclut Jo, catégorique. Ils vivent où? Demanda-t-elle ensuite.

- A Lawrence, dans le Kansas. Un quartier résidentielle.

- Je pourrais le rencontrer un jour? Ton frère?

- Je ne sais pas, princesse. Peut-être un jour, qui sait? Lui répondit Dean en priant silencieusement de n'avoir jamais le besoin de présenter ces deux-là.

- Hey, Dean! Lança la voix de Bill qui venait d'entrer dans la pièce. Ca te dit une chasse?