La fin de la semaine se profila petit à petit. En ce vendredi, le soir était presque tombé sur Konoha. Une jeune femme aux cheveux roses marchait dans la rue, visiblement dans l'intention de rentrer là où elle était attendue. Elle avait le dos voûté et regardait ses pieds plutôt que devant elle et cela malgré le risque de bousculer quelqu'un ou de se cogner à un poteau. En l'observant bien, on pourrait penser qu'elle faisait tout pour paraître la plus petite possible et passer inaperçu. Oh, elle aurait bien accepté l'invitation de ses amies à boire un café, mais encore une fois, elle avait décommandé, prétextant son travail. Cependant, la vérité était qu'elle ne se sentait plus du tout à sa place parmi elles. Même celle qui lui était la plus proche n'avait réussi à la faire changer d'avis. De toute façon, dans le cas où cela aurait eu envi, cela aurait était toujours impossible. Elle était attendue ailleurs de toute manière, comme tous les jours de toute façon. D'ailleurs, sa destination se dessina bientôt pour s'approcher un peu plus pour enfin la voir s'arrêter devant. Empoignant la poignée, elle allait rentrer qu'elle fut devancée.

"- Sakura, ce n'est que maintenant que tu rentres. Tu en as mis du temps pour rentrer de l'Université.

- Pardon, maman, mais Ino m'a retenue. Elle voulait m'inviter au salon de thé avec les autres filles.

- Comme si tu n'avais que ça à faire. Si ta copine veut faire la frivole et louper son année, c'est son problème. A toi de ne pas te laisser entraîner par sa paresse et celle des autres. Je compte sur toi pour finir brillamment tes études et d'être la meilleure.

- Je sais, maman, mais... C'est ma meilleure amie. Je ne pouvais pas partir comme une voleuse. Je vaux mieux qu'une sale lâcheuse. Tu ne crois pas ? Tu m'a élevée pour ne pas l'être.

- ... C'est vrai, tu as raison sur ce point, croisa les bras madame Haruno. Heureusement que je t'ai bien élevée, sinon où en serais-tu aujourd'hui. Dommage que cela ne t'a pas aidé à te trouver quelqu'un ou à garder l'Uzumaki. J'espère maintenant que tu trouveras mieux ou que tu te décideras à te réveiller pour te l'accaparer.

- Maman..., souffla Sakura.

- C'est pour ton bien que je te dis ça, tu sais. Tu as intérêt à mieux valoir que cette pimbêche de Huyga, sinon je ne vois pas en quoi mes efforts pour bien t'élever vont servir. Je veux que tu réussisses dans la vie et que tu sois considérée. Tu en as les capacités et je serais très déçue si tu ne les utilises pas.

- Merci pour tes encouragements, maman, ironisa la rose en s'éloignant de sa mère. Bon, si tu veux bien m'excuser, je vais voir comment papa se remet de son mal de dos, puis je me retourne à mes études.

- Mmm, tu fais bien, ma fille," lui lança sa génitrice qui se retint de la réprimandait sur le ton employé à son encontre.

Ainsi, Sakura s'enfonça dans le couloir sous le regard inquisiteur de celle qui lui donna le jour. Pendant ce temps, Ino avait du mal à faire face à l'énième refus de sa meilleure amie. Elle n'arrêta pas de vociférer et se montrait très vindicative, mais surtout susceptible. Ses compagnes se regardaient dans l'incompréhension totale, enfin pas totalement car elles comprenaient un peu la blonde. Elles-mêmes n'arrivaient pas à comprendre la rose, enfin pas toute. En effet, Hinata se doutait un peu que cette dernière était toujours sous le coup de sa solitude et de savoir toutes les filles du groupe en couple. Encore une fois, elle se sentit coupable et voulut quand même faire quelque chose, malgré le fait que les pamphlets la mettaient en tête de la liste des personnes qui convenaient le mieux à Naruto. Sakura n'en était pas responsable. Elle désirait que celle-ci retrouve ce sentiment de bien-être qu'on ressentait quand on renouait ou renforçait les liens avec des amies, comme à l'image de Tenten et elle.

"- Nous pourrions lui amener quelques friandises. Qu'est-ce que vous en pensez ? Cela lui remontera peut-être le moral et lui fera lâcher un moment ses livres. Les mettre de côté quelques minutes la fera sûrement décompresser.

- C'est une idée, admit Ino. Moi je suis partante."

Leurs camarades se rendirent à la suggestion et ce fut ainsi que toutes se dirigèrent vers l'appartement de l'Haruno. Cependant, la sonnerie sonna dans le vide. C'était bizarre car sa voiture était garée devant le logement, prouvant que leur amie était présente. Pensant au lumbago de son père, la Yamanaka proposa de tenter leur chance chez les parents de Sakura. En peu de temps, les jeunes femmes se retrouvèrent à sonner à leur porte. Ce fut la maîtresse des lieux qui leur ouvrirent d'un air suffisant alors qu'elle sourit à la vue des amies de sa fille, notamment la dulcinée de Saï qu'elle connaissait depuis les couches.

"- Bonsoir, madame. Excusez nous de vous déranger, la salua Ino.

- Bonsoir, lui rendit madame Haruno en les dévisageant. Que puis-je pour vous ?

- Nous cherchons Sakura. Nous voudrions lui apporter quelques douceurs. Comme dit le proverbe, si la montagne ne va pas à toi, va à la montagne. Cependant, elle n'est pas chez elle. Nous avons donc pensé qu'elle serait peut-être ici.

- En effet, confirma leur interlocutrice. Rentrez donc. Elle est dans sa chambre."

Suivant l'indication, le groupe s'avança dans l'entrée, mais à la surprise d'Hinata qui était la dernière à vouloir franchir le pas, la porte faillit se fermer sur elle. Son nez ne dut son salut qu'à l'intervention d'une main salvatrice qui intercepta la planche de bois à temps. La petite-amie de Naruto remercia ses réflexes de lui avoir protégé le visage de cet affront. Madame Haruno fasse à cela se plia en excuses, prétextant ne pas l'avoir vue. Cette explication sonna si faux que l'aînée de Hiashi en eut le souffle coupé quelques secondes. Cependant, elle ne montra pas sa déstabilisation, se sentant pas du tout la bienvenue. La mère de la rose lui faisait-elle payer d'avoir pris à cette dernière Naruto ? Peut-être. Si c'était ça, elle était bien rancunière. Enfin, cela n'empêcha pas Hinata de prendre la suite de ses amies qui froncèrent les sourcils à un tel accueil.

Arrivées finalement devant la chambre d'enfance de Sakura, Ino toqua avant de rentrer. Là, toutes virent leur camarade à son bureau, la tête enfoncée dans ses mains alors que ses coudes étaient appuyés sur le plan de travail. Elles auraient pu penser qu'elle révisait, mais aucuns livres n'étaient ouverts devant elle. Elle semblait plus lutter contre une puissante migraine. Le groupe franchit le seuil en la saluant. Cela la fit sursauter, écarquillant les yeux en les voyant toutes devant elle. Cela permit à ces dernières de constater, de bien plus près, ses joues creusées et ses cernes plus que visibles. Sans maquillage, ce n'était pas joli, joli à voir. Se tournant vers sa meilleure amie, la Haruno voulut connaître les raisons d'une telle entrée en scène que les mots restèrent au fond de sa gorge.

"- Nous sommes venues te remonter le moral, lui sourit la Yamanaka en désignant un sac en papier dont des auréoles de sucres et de graisse en avaient marqué la surface.

- ... Je... Merci beaucoup les filles," se leva Sakura avant de l'enlacer et d'inviter toutes ses amies à prendre place sur le lit et les sièges présents.

Ce fut un moment de détente et de rire absolu qui apporta un baume au coeur de la rose qui ne s'était pas sentie aussi bien depuis longtemps. Toutes se goinfrèrent de pâtisseries, bien qu'Hinata fut une des rares à n'en manger qu'une. A la vue de tant de calories, elle avait eu un mouvement de recul, se rappelant les moqueries sur son poids et lui prédisant la perte de Naruto si elle osait prendre encore plus de bourrelets qu'elle en avait déjà. Cependant, ne voulant pas inquiéter les autres, et notamment Tenten qui avait espionné son hésitation, elle avait saisi une tarte aux abricots, mais refusa d'en prendre plus. Bizarrement, Sakura fit de même, prétextant une perte d'appétit à cause du stress pour ses examens. Cette excuse permit au groupe de trouver leur premier sujet de conversation avant d'enchaîner par bien d'autres, notamment sur leur ami masculin.

Contrairement, à ce qu'Ino pouvait bien penser, en parler n'était pas si pénible pour sa soeur de coeur qui se surprit à rire aux idioties des copains respectifs. Visiblement, elle le vivait au final plutôt bien, malgré une nostalgie bien visible dans ses pupilles émeraude à la nomination de Naruto et de ses espiègleries. Enfin, si elle pouvait appeler cela ainsi. En effet, au travers les récits d'Hinata qui n'étaient pas aussi nombreux que pour ses amies, le portrait du blond ne faisait pas honneur à sa joie de vivre habituelle. Cela chagrina encore plus Sakura, mais elle n'en fit pas grand cas. Il fallait aussi dire qu'encore une fois, la Huyga garda pour elle ses problèmes et ses indécisions, rendant ses anecdotes assez incomplètes et vides. Heureusement, leurs camarades n'en rajoutèrent pas, soit par respect pour son intimité, soit parce que cela ne les intéressait pas. Hinata espérait que la première possibilité soit la plus viable.

"- En tout cas, je vous remercie d'être venue, dit la rose. Ca m'a fait du bien.

- C'est surtout une idée d'Hinata, intervint Tenten. D'ailleurs, ta mère a failli lui fermer la porte au nez.

- Oh, je suis désolée. En ce moment, ma mère est assez perturbée par l'état de mon père, s'excusa Sakura. En tout cas, merci Hinata.

- Pas de quoi," lui répondit cette dernière.

Le peu d'enthousiasme se lisait dans cette répartie, faisant un peu froncer les sourcils des convives, mais sans pour autant déclencher une réplique. Disons, que cela les interpella quelque peu, car cela contrastait avec l'empathie habituelle dont elle les avait habituées. Pourtant, les remerciements de la rose étaient des plus sincères. Elle était touchée par le geste de la Hyuga. Son coeur tambourinait dans sa poitrine et reconnut que celle-ci valait bien mieux qu'elle, malgré les dires de sa maternelle. Elle n'était qu'une misérable égoïste, qui mériterait de plus souffrir. Elle allait continuer pour renforcer ses remerciements qu'une voix stridente, qui parvenait du salon, la coupa et elle n'était pas du tout affable.

"- Sakura ! Tu viens mettre le couvert, s'il te plaît ?! Ce n'est pas parce que tu as réaménagé ici que tu dois te tourner les pouces, alors dis au revoir à tes amies et vient m'aider !"

A cette annonce, les filles se regardèrent, les yeux écartés d'étonnement avant de reporter leur regard sur la concernée. Celle-ci avait mis sa tête de côté, trouvant le sol des plus intéressants, le rouge de gêne colorant ses joues, alors qu'elle tentait de s'enfoncer entre ses épaules. Elle aurait voulu se cacher sous terre pour ne pas faire face à une telle humiliation devant ses amies. D'ailleurs, ce fut Ino qui rompit le silence qui venait de s'abattre en réalisant ce que madame Haruno venait de révéler.

"- C'est vrai ça, comment se fait-il qu'on ne t'ai pas retrouvée à ton appart, mais chez tes parents ? Tu as vraiment réaménagé chez eux ?!

- Oui, à cause de mon père, tu sais pour son dos," lui répondit sa soeur de coeur.

A cette affirmation dite d'une petite voix, les filles virent en effet de nouveau les tiroirs de la commode remplis, la penderie contenant manteau, chemises et robes, mais surtout des photos souvenir, comme si elles avaient toujours été là. Elles retrouvaient la chambre de la rose comme du temps de leur enfance et de leur adolescence. C'était loin de ressembler à un aménagement temporaire. En tout cas, sa réponse donnait une explication sur le pourquoi elles l'avait vue tenter de travailler ses cours ici et non chez elle.

"- Mais je croyais que ton père allait mieux," s'étonna une nouvelle fois la Yamanaka.

Un peu gênée et ne sachant pas trop quoi dire de plus, Sakura mit un peu de temps pour lui donner une réponse, mais finit par le faire.

"- Et bien, c'est vrai qu'il y a du mieux pour papa, mais ce n'est pas encore ça. Ma mère m'a demandée de lui apporter encore un peu de mon aide. Comme j'étais fatiguée de faire des allers-retours, surtout quand elle m'appelait de nuit, j'ai préféré ramener des affaires ici et de m'y installer le temps que ma présence ne soit plus nécessaire.

- Elle exagère quand même, se mit à dire cette fois Karui. Ma mère aussi est envahissante, mais c'est culturel chez nous. Le pouvoir maternel est très puissant dans nos familles, mais jamais elle ne m'a demandée de me lever la nuit pour une quelconque course.

- A la différence, et je te rappelle, que tu habites toujours chez tes parents, Karui, lui fit remarquer Temari. Et que tu as une tripotée de frère et de soeur. Petite dernière que tu es, ce n'est pas à toi qu'elle fera appel. Chouchoute, va.

- Oh, ça va ! S'offusqua la petite-amie de Choji. Ce n'est pas ma faute si dans nos traditions, une fille ne doit pas quitter le domicile parental sans être mariée... Et je l'avoue..., de un, cela ne me dérange pas, ni Choji d'ailleurs, et de deux,..., j'aime me faire chouchouter par ma petite maman."

Face à sa bouille contrariée, toutes se mirent à rire, emplissant la chambre de joie, bien qu'Hinata et Sakura ne fussent pas les plus expressives. Toutes deux avaient visiblement des raisons de ne pas se fondre dans l'atmosphère du moment. La première car elle savait que bientôt allait sonner un week-end sans voir Naruto alors qu'elle l'avait espéré pendant des jours. La seconde, pensant à tout ce qu'elle a raté et aux regrets d'avoir fait les mauvais choix pendant son adolescence, ainsi qu'à l'image que sa camarade aux cheveux bleutés lui renvoyait. Celle de la vie qui aurait pu être la sienne, c'est-à-dire passer deux jours idylliques avec l'amour comme compagnon. Malheureusement, ce n'était pas le cas et la rose allait devoir encore vivre des heures à se morfondre et à regretter d'avoir écouté son orgueil et sa fierté mal placés. Enfin, pour le moment, la voix de madame Haruno se fit de nouveau entendre, réprimandant sa fille ne pas lui avoir obéi dans la seconde.

Se sentant donc de trop, toutes les jeunes femmes prirent congé de leur amie qui les raccompagna jusqu'à la porte. A la différence de leur arrivée, ce fut Ino qui en ferma la marche. Elle en profita pour lui demander la faveur de rester un peu plus longtemps. Sakura allait refuser, mais face à son insistance, elle céda avec l'accord préalable de sa maternelle qui en avait haussé les épaules en lui accordant une petite heure, mais pas plus. A ses dires, sa demeure n'était ni un club, ni un hôtel, alors il leur fallut se plier à son exigence. Sa réponse positive avait détendu la rose dont la tension avait augmenté d'un coup quand elle avait dû avec hésitation soumettre la question de la blonde à son suffrage. Ainsi après avoir salué leurs camarades qui rentrèrent chez elle, Hinata se vit accompagner par Tenten qui portait le sac contenant ses affaires pour le week-end prévu ensemble. Quand à elle, la Yamanaka se trouva devant la commode qui contenait les nappes. Elle était résolue à aider Sakura à réaliser sa tâche. Elle allait s'en saisir d'une qu'elle fut interrompue par cette dernière, d'une voix un peu paniquée.

"- Non pas celle-ci. C'est celle des fêtes. Si maman la voit, elle va criser et nous faire tout un cinéma.

- Je prends laquelle alors ?

- Voyons, on va prendre celle-ci," en désigna la rose.

Les deux amies se dirigèrent dans la salle à manger et commencèrent à mettre le couvert qu'elle trouva dans le tiroir de cette même commode. Elles en avaient presque terminé que madame Haruno pénétra dans la pièce et s'exaspéra en voyant la table ainsi apprêtée.

"- Mais voyons, quelle mouche t'a piquée, Sakura. C'est quoi cette nappe et ses assiettes. Tu veux donc qu'on salisse le service de ta grand-mère ainsi que sa nappe préférée pour un repas des plus ordinaires.

- Oh, pardon, s'excusa sa fille, les yeux brillant d'affolement. Je ne les avais pas reconnus.

- Voilà, pourquoi quand tu doutes, tu viens me demander, au lieu de croire tout savoir de toi-même, en rajouta la maîtresse des lieux. Tu vois que tu avais besoin de revenir à la maison. Tu es perdue sans nous. Une vraie petit fille, n'est-ce pas Ino ?

- Euh, ne sut quoi répondre l'interpellée.

- Enfin, bon. Ce n'est pas bien grave. Tu n'as qu'à recommencer Sakura, en prenant la nappe bleue et le couvert ordinaire dans la cuisine.

- Je vais t'aider, s'empressa de dire la Yamanaka.

- Merci, la remercia son amie.

- Tu fais travailler tes invités maintenant, l'accusa madame Haruno. Ce n'est pas comme ça que je t'ai élevée. Tu ne me fais pas honneur dis-moi...Après on se demande pourquoi tu n'as toujours pas de petit-ami et encore moins un mari. Ce n'est pas en étant si irrespectueuse des convenances que cela arrivera.

- Mais cela ne me dérange pas", insista Ino, en regardant du coin de l'oeil sa soeur de coeur se recroqueviller et n'osant plus ouvrir la bouche.

Elle avait même l'impression de la voir se frotter les mains entre elles dans un geste nerveux et compulsif. Cela ne dura pas suffisamment longtemps pour en avoir confirmation, tellement elle se mit à s'afférer à réparer sa boulette, enfin aux yeux de sa mère. Ne voulant pas la laisser seule à cette tâche, la blonde s'opposa donc aux dires de cette dernière et l'aida. Elle en reçut un sourire de remerciement. Ce fut ainsi que l'heure accordée se déroula sans que les deux jeunes femmes puissent échanger plus que des banalités sous le regard inquisiteur de la maîtresse de maison. Ainsi, Sakura finit par raccompagner Ino à la porte. Cette dernière profita de l'absence de cette surveillance pour parler afin d'un sujet qui la titillait depuis qu'elle avait découvert que la rose n'habitait plus au sein de son propre appartement.

"- Sakura, je n'arrive pas à m'empêcher de penser que ton père n'est pas la vraie raison de ton arrivée chez tes parents. Je l'ai vu dans le salon quand il est rentré du travail alors qu'on installait le couvert. Je reconnais qu'il a l'air un peu raide, mais j'ai l'impression que cela va mieux.

-...

- Tu peux me le dire, tu sais. Je n'en parlerai à personne, si cela peux te rassurer.

-... Tu as raison... Cela fait plusieurs semaines que ma mère me tarabuste avec ça... alors le mal de dos de mon père en était le meilleur prétexte... Cependant, en réalité, je... j'ai ressenti le besoin de nouveau être entourée par ma famille, se résout à répondre la rose. Mon appart est si vide que je ne supportais plus la solitude... Je suis toujours un peu perdue par rapport à tout ce qui s'est passé, tu vois.

- En effet, mais tu es sûre que d'aller habiter chez tes parents est la meilleure solution, s'inquiéta la Yamanaka. Ta mère est assez spéciale, à s'appuyer un peu trop sur toi ou à exiger que tu te plies à ses volontés. Elle ne te laisse pas vraiment respirer avec sa manie du quand dira-t-on.

- Mais elle reste ma mère, et puis j'ai quand même le devoir de me préoccuper d'eux... Tu sais, elle n'est pas si mesquine qu'elle le montre... C'est sa façon de se donner l'image d'une grande dame. Elle veut tellement bien paraître que je ne peux pas lui en vouloir, surtout quand on sait qu'elle a connu pire avec ma grand-mère... Enfin, c'est le bruit qui circule dans les réunions de famille. Et puis, mon père est présent. Il m'aide beaucoup.

- Ouais, heureusement qu'il est là, mais quand même, fait attention à toi et n'hésite pas à me parler si tu as besoin.

- T'inquiète, la serra dans ses bras Sakura. Bon, je vais devoir te laisser. Le tigre qui me sert de mère me rappelle à l'ordre."

En effet, derrière son dos, madame Haruno la réprimandait de mettre autant de temps pour dire au revoir à sa meilleure amie. Compatissante et un sourire aux lèvres au surnom qu'elles donnaient durant leur adolescence à cette dernière, Ino lui rendit son étreinte et la salua une dernière fois avant de rejoindre son propre domicile où l'attendait un père aimant et plus tolérant que madame Haruno. Alors qu'elle s'était engouffrée dans sa voiture et qu'elle roulait en direction de l'arcade qui la ramènerait chez elle, elle était si préoccupée qu'elle ne fit pas vraiment attention à ce qui passait autour d'elle. Ainsi, elle ne réalisa pas, que devant elle s'avançait sur la voie contraire, une moto au couleur orange et noir. Ce bolide portait un motard à la combinaison harmonieusement assortie à sa carlingue. Ce fut au moment où il était sur le point de passer à côté d'elle que cela fit tilt dans sa tête. La Yamanaka connaissait cette silhouette. Elle lui disait quelque chose, mais qui ?

Elle en fut si estomaquée qu'elle se tourna vers sa fenêtre, mais pas assez rapidement, puisque la moto passa en trombe avant. Elle reporta alors son attention sur son rétroviseur et voulut se concentrer sur les motifs décorant la carrosserie du deux roues. En effet, alors que cette dernière était à son niveau, elle avait cru voir une sorte de renard. Elle tentait maintenant d'avoir confirmation de sa vision fugace, mais en vain. Bientôt et à une vitesse fulgurante, le cheval de métal s'enfuit loin de son regard. De plus, le miroir du rétroviseur ne donnait pas vraiment une image très nette. Elle abandonna donc pour se concentrer de nouveau sur la route. Elle fit bien car elle s'était décalée de sa trajectoire et faillit rentrer dans un autre véhicule. Ino jura entre ses dents et cette peur soudaine lui fit oublier ses doutes, se promettant de ne plus se voir avoir par son imagination. En effet, elle se persuadait d'avoir rêvé. Il ne pouvait pas être là, puisqu'Hinata leur avait apprises qu'il était puni à l'école préparatoire. Et puis, il en existait des milliers de moto orange de ce type. D'ailleurs, une autre la dépassa à l'instant même alors... Elle finit donc par rentrer chez elle, mettant de côté cette "rencontre".

De son côté, Sakura avait soupiré de soulagement et s'était félicitée d'avoir su donner le change à ses amies. Plus d'une fois, elle avait failli éclater en sanglot, mais avait réussi à se retenir. Elle était donc retournée dans l'arène en espérant passer une meilleure soirée, même si ce début ne présumait rien de bon. Alors que sa meilleure amie faisait sa mésaventure bizarroïde, l'heure du repas sonna. Ses parents et elle s'étaient donc installés pour savourer les plats préparés par ses soins et qui avaient mijotés pendant la visite de ses amies. Pendant tout ce temps, après être arrivée chez elle, Hinata se félicitait d'avoir invité Tenten à lui tenir compagnie en ce week-end qui aurait dû être celui de douces retrouvailles et qui avait failli avoir le goût de la solitude. Les deux jeunes femmes rigolaient et s'étaient lancées dans la conception de cookies qui avait fini par se transformer en bataille de farine et de pépites de chocolat.

Les deux amies en étaient couvertes et si des anciens avaient vu leur héritière dans cet attroupement, il était certain qu'une leçon de savoir-vivre aurait été leur récompense. Heureusement, les plus radicaux d'entre eux étaient absents, tandis que les autres vivaient tranquillement leur vie sans se préoccuper des affaires des autres. Ainsi protégée et libérée, la petite-amie du blondinet se lâcha complètement et noya dans le Léthé, le fleuve de l'oubli des Enfers, ses soucis durant ce temps d'insouciance retrouvée. Cela faisait si longtemps, réalisa-t-elle. Cependant, tout avait une fin et une sonnerie en sonna le glas. Le son provenait de la poche de Tenten qui en extirpa son portable. S'en suivit une discussion avec Neji qui l'éloigna du champ de bataille. La jeune femme aux macarons était bien plus qu'heureuse que son petit-ami la joigne elle en toute priorité. Cela fit également plaisir à Hinata qui en sourit. Cette dernière ne se sentit pas le moins du monde offusquée par cette "retraite". Elle comprenait le besoin d'isolement et de discrétion quand un couple désirait parler en toute confidentialité. C'était leur moment, après tout.

Cela lui fit penser à Naruto et à son propre souhait de l'entendre bientôt l'appeler à son tour. Elle n'avait qu'une hâte, imiter sa meilleure amie qu'elle en glissa la main dans son propre pantalon pour s'assurer de la présence de l'outil adéquat à toute communication à distance. Elle le serra comme si bientôt il se mettrait à vibrer. Malheureusement, rien ne vint. Désireuse de suivre pour une fois son plus profond souhait, elle prit ainsi les devant et l'appela. La tonalité arriva bien vite pour sonner néanmoins dans le vide. Apparemment, personne n'était là pour décrocher. Cela la désappointa sans pour autant que cela ne l'attriste qu'à peine une seconde. La Hyuga laissa un message et rangea de nouveau son téléphone. Son aimé devait être occupé à se défouler comme il avait l'habitude de le faire quand il était contrarié. Il devait l'être certainement après avoir assisté au départ de Sasuke et réaliser qu'il était maintenant face à la solitude de sa punition.

Le soir tomba ainsi bien vite et l'heure du repas sur le point de sonner. Là encore, elle n'espérait pas ni recevoir, ni espérer le voir décrocher. Ce n'était pas non plus maintenant qu'il allait la gratifier d'un coup de fil. Peut-être plus tard, après avoir rempli le puits sans fond qui lui servait d'estomac. En tout cas, Hinata l'espérait. Pour l'heure, elle laissa Tenten à son bonheur pour aller se débarbouiller et réchauffer quelques mets pour leur dîner comme à l'exemple de la population de Konoha, la pensée de Naruto ne la quittant pas un seul instant. D'ailleurs, en parlant de ce dernier, il était bien loin de l'école où sa dulcinée le pensait dégoûter et aigri. Oh, il l'était, mais pas vraiment pour les raisons qu'elle soupçonnait. Il l'était, pas parce qu'il était puni, mais parce qu'il ne pourra pas serrer dans ses bras sa douce et la sentir frisonner sous son touché. Il l'était car il s'apprêtait à tenir une promesse faite, mais qu'il commençait à regretter, au vu des événements.

Il aurait mille fois préféré rouler en direction de la demeure Hyuga pour kidnapper sa princesse et l'amener dans son antre, mais non. Au lieu de ça, il était plutôt entrain de garer son bolide dans une allée pour se diriger, son sac sur l'épaule, vers une maison certes spacieuse, mais qui ne valait pas celle de sa belle ou de Sasuke. Même la sienne, lui parut plus grande alors qu'elle était loin d'égaler les deux autres. Arrivé à la porte d'entrée, le blond sonna et attendit patiemment qu'on vienne lui ouvrir. A l'intérieur de la bâtisse, on sursauta presque au son de la sonnette au point que le bruit d'un couvert se fit entendre. Une personne se leva et se dirigea vers le hall d'entrée. Ainsi, l'Uzumaki n'attendit que quelques instants quand enfin, la lumière provenant de l'intérieur perça à travers l'ouverture pour éclairer son visage.

"- Oh, Naruto, tu es donc venu. C'est une joie de te voir enfin arriver.

- Bonsoir. Je tiens toujours une promesse.

- C'est vrai. Excuse-moi, mais je ne l'espérais plus compte tenu de l'heure... et puis, j'aurai parfaitement compris ton refus ou que tu changes d'avis à cause d'Hinata et de...

- N'en parlons plus, coupa Naruto, dont le faciès s'assombrit au nom de sa belle. Je sais que j'arrive un peu tard, mais le trafic ne m'a pas trop laissé le choix.

- Je comprends, mais rentre donc. Ne reste pas dehors. Cela leur fera plaisir de te voir. J'avoue que j'ai gardé l'information pour moi. Je n'ai pas voulu donner de faux espoir."

A cette remarque, le blond se demanda dans quel traquenard il s'était embarqué. Enfin, pour l'heure, il n'allait pas rester camper dans le jardin toute la nuit. Oh, il était encore temps pour lui de revenir en arrière et de franchir les quelques kilomètres qui le séparaient d'Hinata en chevauchant son cheval à moteur. Cependant, après un moment d'hésitation, il prit une toute autre décision. Il s'exécuta en franchissant le seuil de la maison quand on lui en libéra l'accès. Son guide lui indiqua tout d'abord sa chambre où il put y déposer blouson, casque et barda, en gros toutes ses affaires. Puis, Naruto demanda l'autorisation d'aller à la salle de bain pour se débarbouiller un peu avant de se rendre à la salle à manger où des voix se faisaient entendre. Cela lui fut accordé pendant qu'on fit patienter les autres résidents.

L'Uzumaki en profita pour se regarder dans le miroir et espérant d'avoir fait le bon choix. Enfin, ce qui était fait, était fait. Heureusement qu'il pouvait compter sur la douceur et la compréhension d'Hinata. Elle était merveilleuse de lui avoir pardonné son annulation et de l'avoir cru. Il n'arrivait toujours pas à croire qu'elle puisse autant lui accorder son pardon à chacune de ses bévues. Jusqu'où s'étendait sa clémence ? Il n'en savait rien, mais cela lui semblait illimité. Il était vrai qu'il s'en voulait encore un peu d'avoir dû mentir, mais il avait craint que savoir la vraie raison de son mensonge lui brise le coeur et il le refusait. Il espérait juste que le jour où on lui autorisera à tout lui révéler arrivera vite et qu'elle comprendra son souci d'avoir accepté d'être ici au lieu d'être à ses côtés. En tout cas, il était certain de pouvoir compter sur sa compassion et d'être doublement pardonné à ce moment-là. C'était un tel ange qu'il ne pouvait pas en douter.

Une dernière giclée d'eau sur le visage lui fit grand bien, malgré quelques doutes encore présent sur sa présence. Sortant enfin de la pièce d'eau, il retrouva son guide qui lui indiqua le chemin. Quand Naruto fit son apparition, des cris à la fois stridents et étouffés féminins se firent entendre. Bon, ce n'était pas assez fort pour lui faire exploser les tympans, mais il avait l'impression d'être accueilli telle une star de show-biz. Il prit le temps de dévisager les personnes présentes. Quand il s'attarda sur un visage, ses dernières traces de culpabilité fondirent et disparurent dans le néant, renforçant ses convictions qu'il sera pardonné. Au moment où il s'installa à table, acceptant le siège qu'on lui présenta, des petites mains s'affairèrent pour lui donner le couvert et le servir en nourriture, alors que derrière lui, la porte de la pièce se fermait derrière lui.

La nuit finit par s'abattre sur Konoha et y était présente depuis un moment qu'à la fenêtre de sa chambre, Hinata regardait la lune qui y scintillait. Elle était ronde et si lumineuse que les passants pourraient bien se passer des lampadaires pour déambuler dans les rues de la ville. Elle avait le menton appuyé sur ses mains, ses yeux se noyant dans le crépuscule, son portable posé sur le rebord, près d'elle. La jeune femme était plus nostalgique que triste. Visiblement, une énième tentative de joindre Naruto avait fini une nouvelle fois dans le néant, mais la soirée passée avec Tenten avait adoucie la déception. Un vent froid se leva, la faisant frissonner. Elle se résout donc à rejoindre son lit et la chaleur de sa couette. Au moment où elle allait se saisir de ses volets pour les fermer, une vibration se fit entendre, ainsi qu'une lumière pâle lui attira l'oeil. Le coeur battant de joie, Hinata en oublia sa tâche et se saisit de son smartphone.

"- Naruto ! Enfin. J'ai eu peur que tu n'ais pas reçu mes messages."

En effet, son aimé lui rendit enfin l'appareil en se décidant à l'appeler. Le blond s'était isolé au fin fond du jardin de la demeure qui l'accueillait. Il avait bien vu que sa dulcinée lui avait laissé plusieurs messages, mais il avait préféré attendre d'être seul, et plus particulièrement dans la certitude de n'être ni espionné, ni dérangé. Il ne serait pas bienvenu que sa belle puisse entendre des voix en fond, trahissant le fait qu'il aurait dû se trouver seul, enfin selon son excuse. Ce fut donc assez tard qu'il s'était décidé à la joindre. Il avait même eu peur de la déranger en plein sommeil. Heureusement, ce n'était pas le cas et il en était enchanté. Pas qu'il était mécontent de sa soirée. Cette dernière s'était bien déroulée, bien que ce ne fussent souvent que des monologues. En tout cas, il s'était félicité au final de l'utilité de sa présence en cette demeure, mais il garda cela pour lui.

"- Je les ai reçus, rassure-toi, finit-il par dire. Je n'ai pas entendu mon téléphone vibré à cause du bruit des appareils de muscu, et puis, ensuite, je suis parti au restaurant pour me consoler de ne pas être avec toi. Malheureusement, mon phone est resté dans ma piole. Je l'y avais oublié.

- Je m'en doutais un peu, lui répondit Hinata. Te savoir tout seul me fait un peu de peine."

Oui, elle était désolée pour lui, se sentant toujours aussi responsable. De son côté, à cette sollicitation, Naruto en sourit. Pour la rassurer, il lui raconta que d'autres punis lui tenaient compagnie, dont celui sur qui il s'était défoulé pour défendre son honneur. S'en suivit une discussion des plus banales jusqu'au moment où, n'y tenant plus, le blond coupa court à leur conversation à cause de l'air frais de printemps. Après avoir raccroché, il souffla soulager. Le regret de ne pas être à ses côtés, la laissant seule fut balayé par la perspective que la présence de Tenten faisait entrevoir. Grâce à cette dernière, il était rassuré. Sa belle n'allait pas se morfondre au fin fond de son lit à cause de son absence. Heureux d'avoir entendu la voix de leur moitié, les deux tourtereaux se laissèrent enfin aller au sommeil. Enfin, pas vraiment pour un certain jeune homme qui fut réveillé durant la nuit par une sollicitation bien perturbante pour ses sens.

Le lendemain, Hinata se félicita encore plus d'avoir invité Tenten. Elle passa une très bonne journée entre activité de filles, mais pas trop. Ne pas oublier que sa meilleure amie, un peu garçon manqué sur les bords, aimait bouger. Celle-ci l'avait donc emmenée au sein d'un salon de beauté pour un massage, après un petit passage au dojo de son père adoptif qui s'était fait une joie de leur prêter une petite pièce pour qu'elle puisse échanger quelques passes. Bon, c'était surtout une initiation pour la Hyuga. Certes, Neji était un véritable champion, mais ce n'était pas le cas de sa cousine. Oh, il lui avait montré quelques enchaînements, mais une fille qui faisait des arts martiaux n'était pas très bien vue dans sa famille. Hinata avait dû se contenter de la danse de salon et de l'art du thé. En tout cas, le déroulement de ce week-end se déroula plutôt sous les meilleures hospices, bien qu'elle aurait aimé marcher main dans la main avec Naruto.

Pensant à lui, Tenten crut être atteinte de vision surréaliste. En effet, un phénomène étrange s'était produit quand les deux soeurs de coeur étaient sorties de leur séance de détente absolue. Elles s'étaient dirigées vers un bar pour y boire une boisson altérante avant de rentrer. Alors qu'elle sirotait la sienne pendant que sa camarade allait satisfaire un besoin des plus naturels, les yeux de la dulcinée de Neji se tournèrent vers la vitre. Au travers, elle crut voir, de l'autre côté du trottoir, une chevelure blonde et hérissée passée. De plus, elle avait l'impression de connaître cette silhouette masculine, même très bien en fait. Son coeur se mit à tambouriner dans sa poitrine à cause de l'angoisse de voir Hinata être victime d'une quelconque manipulation. La jeune femme tenta de suivre des yeux cette ombre en se concentrant au maximum. Malheureusement, la fenêtre ne renvoyait pas une image très nette. C'était plutôt le contraire. Pendant un moment, elle resta comme figer, n'en revenait pas car pour elle, ce n'était pas possible.

"- Tenten,..., Tenten, l'appela Hinata interpellée. Tout va bien ? Qu'est-ce que tu regardes ?"

En posant cette interrogation, l'aînée de Hiashi se retourna et tenta d'entrevoir ce qui avait autant accaparé l'attention de sa meilleure amie. D'ailleurs, cette dernière tenta de la dissuader à son geste, mais en vain. La bleutée avait déjà plongé son regard dans le spectacle de la vue. Elle vit à son tour cette carrure qui lui renvoya l'image de son aimé, surtout cette blondeur qui couronnait le sommet. Tout comme sa compagne, les battements de son coeur s'emballèrent et oscillèrent entre l'anxiété d'avoir été trahie et la joie de le voir débarquer en criant surprise. Ce dernier point lui ressemblerait assez bien d'ailleurs. Hinata en plissa les yeux pour rendre sa vision plus nette, mais à l'exemple de Tenten, l'image resta floue. De plus, elle resta bien éphémère puisque le responsable de l'agitation des deux amies s'éloigna assez rapidement, en compagnie d'une silhouette plus petite portant également une coiffe d'une couleur qu'elle n'arrivait pas à définir, lui prenant le bras. Cela lui confirma son idée qu'elle se trompait. C'était tout simplement un couple se baladant. Elle devait vraiment l'avoir dans sa peau pour le penser ici, mais surtout, elle se traitait d'idiote de croire qu'il lui ait osé lui mentir.

"- Ce n'était certainement pas Naruto. N'est-ce pas ? Demanda un peu hésitante Tenten.

- La silhouette avait un air de ressemblance, mais il n'est pas le seul à avoir cette carrure.

- C'est vrai, tu as certainement raison, se mit à rigoler son amie. Je me rappelle qu'au début de notre couple, j'avais l'impression de voir Neji partout. On est bien bête parfois.

- Bêtement amoureuse, oui," l'imita Hinata.

Après s'être calmée, la Hyuga sourit, alors que la compagne de son cousin priait que la vérité lui était sortie de la bouche de sa voisine. Elle savait pertinemment que cela la détruirait si l'Uzumaki lui avait mentie. Ainsi, même si le bénéfice du doute était du côté du blond, Tenten se promit de faire un peu sa fouineuse en sondant ce dernier subtilement à la moindre occasion. Oh, pas qu'elle voulait entraîner de la zizanie dans le couple de sa soeur de coeur, mais elle voudrait savoir si la méfiance de Neji était justifiée. Si c'était le cas, elle allait devoir se plier en excuse et refaire le portrait au responsable pour se défouler, ainsi que lui faire regretter d'avoir mis sa propre romance en difficulté. Le week-end se poursuivit sans d'autres surprises, autant pour les deux jeunes femmes que pour Naruto qui quitta quand même inquiet ses hôtes. S'en suivirent d'autres journées et des fins de semaines studieuses autant pour les universitaires que pour les futurs officiers.

Etrangement, le blond resta très discret sur les deux jours qu'il aurait passé avec Hinata, se concentrant sur le séjour de Sasuke à la mer. A chaque fois que ce dernier tentait d'approfondir le sujet, son meilleur ami coupait cours en détournant la conversation. Bien que cela lui paraisse étrange, le ténébreux n'insistait pas, pensant à tous les coups que Naruto avait dû encore faire face à la frustration. D'ailleurs, parfois, le comportement de son frère de coeur n'était pas du tout habituel. Il l'espionnait de temps en temps entrain de murmurer à son téléphone le soir dans l'ombre d'un coin, en grande confidence. Il arrivait même que le blond raccrocha précipitamment dès qu'il le surprenait en l'abordant ou en rentrant dans la chambre, comme s'il arrivait au mauvais moment. Au début, Sasuke avait pensé à Hinata, mais bien vite, cette idée partit en fumée. En effet, quand il avait sa dulcinée au bout du fil, l'Uzumaki ne se cachait pas, bien que sa voix trahissait une petite gêne, une sorte de honte dissimulée. Un jour, un peu inquiet, il tenta d'avoir le fin mot de l'histoire.

"- Tout va bien avec Hinata ?

- Bien sûr, répondit Naruto. Pourquoi ?

- Je ne sais pas trop. C'est une impression. Le week-end que tu as passé avec elle n'a pas l'air de t'avoir enchanté. D'habitude, tu me rabâches les oreilles avec tes rendez-vous. Alors je me pose des questions. Et puis, c'est quoi ces coups de fil en douce ?

- Quels coups de fil en douce ?

- Naruto, ne me prends pas pour un con, tu veux ! S'exaspéra Sasuke. Je te rappelle qu'on partage la même piole et qu'il est facile de voir que tu me caches quelque chose.

- Ecoute, Sasuke, en ce qui concerne ce week-end là, ça s'est bien passé, comme à chaque fois que je suis avec Hinata... Bon, j'avoue que j'en suis encore sorti frustrer car..., enfin,..., tu vois quoi.

- Ouais, je vois très bien. Tu es rentré la queue entre les jambes...

- Ne remue pas le couteau dans la plaie, tu veux, le coupa le blond.

- Ok, mais cela n'explique pas le téléphone, insista le ténébreux.

- Je... je ne peux pas t'en parler. Il faut que tu me fasses confiance sur ce coup-là... J'ai promis de garder ma langue dans ma poche, mais un jour, peut-être que je pourrais tout te dire.

- Tu ne me laisses pas vraiment le choix," souffla l'Uchiwa avant acquiescer.

Ainsi, les deux amis retournèrent à la préparation du concours dont l'échéance s'était réduite à deux semaines. Sasuke resta donc sur sa faim, mais émit tout de même une hypothèse. Peut-être qu'enfin, Hinata et Naruto avaient eu une conversation sur leur intimité et qu'ils s'étaient mis d'accord. Finalement, il avait peut-être plus d'une fois espionné des appels plus qu'intimes, une sorte de téléphone rose. Bon, il imaginait mal la Hyuga asticoter son petit-ami par ce biais, mais c'était une possible solution pour le faire patienter. Cela expliquerait le sceau du secret s'il prenait en compte la timidité de la demoiselle. Cependant, c'était risqué car le dérapage n'était pas loin et il était connu que plus en donnait, plus on en voulait. Son ami arriverait-il à s'en contenter ? Pas sûr, mais il était vrai qu'à part faire confiance au blond, le ténébreux ne pouvait pas faire grand chose. Il pensa à le pousser à la confidence. Cependant, vu ses virulentes réactions par le passé dès qu'une personne s'occupait de leur intimité de couple, il se résigna à ne pas aller plus loin. Et puis, au fil du temps, ce fameux timbre gêné avait disparu, comme si la cause de ce dernier ait disparu comme par enchantement, comme s'il s'était fait à l'idée. Cela renforça son soupçon. Son ami et sa copine s'adonnaient à des échanges téléphoniques des plus chauds.

Loin de ces pensées quelque peu déplacées, Hinata et ses amies avaient aussi repris le rythme universitaire. Elle dut faire face encore aux murmures, aux pamphlets qu'elle trouvait de plus en plus sur sa voiture sous forme de P.V ou complètement dépliés dans son casier pour être sûr d'être lus. Cependant, contrairement, aux jours précédents, grâce au soutien de Tenten et à leur lien renouvelé, ce fut plus facile pour elle d'y faire face, même si chaque mot l'enterrait un peu plus sous terre. Elle se surprenait bien souvent à regarder dans le vide, en y réfléchissant, ou à sourire faussement à ses camarades. Le doute avait réussi à rentrer en son coeur et à creuser, une fine entaille, certes pas plus petite qu'une aiguille, mais qui était tout de même présente. Une autre chose surprenante se présentait.

Depuis le week-end annulé, Sakura se faisait plus discrète encore qu'avant. C'était à peine si la rose côtoyait le groupe et avait même tendance à les fuir. Seule Ino semblait conserver un contact, mais c'était assez sporadique. Elle annulait souvent à la dernière minute, prétextant ses études, mais à sa voix tremblante, elle semblait presque aux abois. Il fallait avouer qu'entendre en fond le timbre réprobateur de sa mère n'arrangeait rien. La situation chagrinait les amis, mais il fallait avouer que La Hyuga avait autre chose en tête que de se pencher sur la silhouette un peu amaigrie de leur camarade de médecine. En réalité, elle attendait avec impatience que son aimé en ait fini avec son concours afin qu'ils puissent tout deux se revoir. Ce dernier arriva promptement.

Les épreuves durèrent une bonne semaine où son aimé devait faire face à sa copie dans plusieurs matières comme le français, les mathématiques, les langues... Ces jours-là, elle n'était pas du tout concentrer sur ses cours et y pensait en croisant les doigts. Le soir, elle se retenait de l'appeler pour ne pas le distraire, le sachant réviser quelques derniers points. Lui-même l'avait prévenue qu'il ne la joindrait pas forcément durant cette période précise. Ce qu'elle comprenait parfaitement, lui envoyant quelques SMS d'encouragement. A quoi, il y répondait assez sporadiquement et succinctement, confirmant selon son assiduité à se concentrer sur ces examens. Et pourtant, Sasuke le surprit quelques fois, son portable à l'oreille, à murmurer des choses qu'il ne percevait pas, alors que sur ses genoux trônaient ses notes. Songeant à Hinata, le ténébreux se contentait de secouer doucement la tête de gauche à droite, en signe d'inquiétude et de désapprobation. Ce n'était pas en restant au téléphone avec sa belle, que son meilleur ami allait réussir le concours, mais il garda cela pour lui.

Cette semaine de pure douleur intellectuelle passée, l'Uzumaki put souffler. Il avait franchi la première étape. Il fallait maintenant attendre les résultats pour savoir s'il allait être admis aux épreuves d'admission à l'école militaire. En effet, il ne venait de passer que celles d'admissibilité. Ces dernières consistaient à un passage oral devant un jury et en ces fameux tests sportifs. Ceux-ci étaient éliminatoires. S'ils les échouaient, même s'il avait obtenu des notes suffisantes, il ne sera jamais admis et devra tenter sa chance l'année suivante. Cette perspective ne l'enchantait guère, surtout qu'il savait que Sasuke, Neji et Shino seraient certainement admis dès la première session. Il refusait de faire distancer et laisser en arrière. C'était pourquoi, il s'entraînait tous les jours dans l'attente de ce match pour son futur. Sa patience fut ainsi récompensée car bientôt, il sauta dans les couloirs devant ses amis débités d'un tel comportement immature avant de s'éloigner pour crier sa joie dehors. Il avait besoin de se défouler. Au bout d'un moment, l'Uchiwa le rejoignit, une feuille dans sa main, et le retrouva encore son portable à l'oreille, un grand sourire afficher sur le visage.

"- Tu sais quoi, l'entendit-il d'un ton plus que joyeux. J'ai réussi. Je suis admissible. Plus que l'oral et le sport. Je serai bientôt admis à l'école militaire, je le sens !

-...

- Merci beaucoup, remercia Naruto. Bien sûr qu'on fêtera ça.

-...

- Oh arrête, fronça les sourcils le blond, mais sans se débarrasser de son ton jovial. Toi aussi, tu vas finir cette année haut la main, j'en suis sûr.

-...

- Bon, je dois te laisser. Il y a Sas'ke qui m'attend. Apparemment, il a une bonne nouvelle à m'annoncer.

-...

- Je lui transmettrais. Salut."

Sa conversation finit, le blond se tourna comme annoncer vers son meilleur ami qui sourit en coin en brandissant son courrier. En ne pas en douter, Naruto était en pleine conversation, surement avec Hinata. Qui pourrait-il appeler d'autre en premier pour une telle annonce ? En tout cas, pour le moment, son frère de coeur lui prit des mains son papier et le lut alors que le ténébreux faisait de même pour le sien.

"- Super, tu as aussi réussi !

- Pourquoi, tu en doutais ?

- Non ! Cela aurait été bizarre de te voir échouer. En plus, tu es à la pôle position.

- Par contre, toi c'est étonnant. Tu as réussi, mais tu n'es pas dans les meilleurs. Tu as pourtant eu des notes bien meilleures durant l'année et tu as énormément bossé. Cela ne reflète pas vraiment tout ton labeur.

- Mouais, je sais. Certainement, le stress du concours... Et puis, tu es au courant que toutes ces matières, ça n'est pas le top pour moi... L'important est que je sois admissible.

- Tu n'as pas tord, mais quand même.

- Bah, laisse tomber, fit désinvolte Naruto. Je me rattraperai à l'oral et au sport. Je vous éclaterai tous.

- Si tu le dis, ricana Sasuke. Ne t'attends pas à ce que je me laisse faire, baka.

- Je n'attendais pas moins de toi, mon cher Sas'ke, le défia son ami. Cela donnera du piment à cette épreuve."

Les deux jeunes hommes continuèrent à se charrier gentiment en marchant vers leur chambre pour terminer leurs affaires. En effet, ils avaient décidé d'aller la réussite de cette première étape en rentrant à Konoha le lendemain. Ils partirent d'ailleurs tôt afin d'y arriver le plus promptement possible. En ville, ou plutôt chez elle, Hinata était devant son tableau noir entrain de donner son cours particulier face à ses petits élèves. Et oui, au cours des semaines précédentes, elle avait eu la surprise de voir débarquer en sa demeure Astrid avec ses parents accompagnés d'autres couples et leurs enfants. Elle avait eu devant elle, en plus de la soeur d'Hélène, un garçon et deux autres filles d'à peu près son âge. Elle en avait été plus qu'étonnée, mais se reprenant, avait invité ses visiteurs à rentrer dans sa classe improvisée. Hiashi avait même suivi le mouvement face à autant d'adultes étrangers en sa maison. D'ailleurs, ce fut lui qui avait ouvert le bal de la discussion.

"- Mesdames, messieurs, que pouvons-nous faire pour vous ? Je suppose que vous vous n'êtes pas déplacés à plusieurs pour rien.

- Bonjour, monsieur Hyuga, était intervenu le père d'Astrid. Les personnes qui m'accompagnent sont des amis à notre famille. Comme nous, ce sont des parents d'enfants souffrant d'un handicap sensoriel. Ils étudient tous dans des classes conventionnelles, mais rencontrent, comme notre fille, quelques difficultés à faire leurs devoirs ou à comprendre leur leçon. Nous aimerions demander à mademoiselle Huyga de les accepter au sein de son cours particulier.

- Oui, monsieur Hyuga, avait dit à son tour un des visiteurs. Nous n'avons pas les moyens de payer un professeur particulier pour chacun parlant le langage des signes. Notre ami nous a parlé que votre fille ne demandait pas à être payée, donc,..., nous avions pensé que... peut-être, elle accepterait de prendre aussi nos enfants.

- Je vois, avait fermé les yeux Hiashi avant de les ouvrir à nouveau pour parler des plus sérieusement. Bien que je puisse vous comprendre, cela ne concerne plus un enfant et savoir que ma fille ne sera pas rémunérée, alors qu'elle prend sur son temps de travail universitaire, me gêne un peu. Je pense que vous en conviendrez.

- Tout à fait, avait déclaré une des mères. Nous sommes prêts bien sûr à convenir d'un prix, si cela est nécessaire, mais nous voudrions tant que nos enfants puissent bénéficier des même chances que les autres non handicapés."

Face à cette tirade, le chef des Hyuga était resté silencieux, conscient que c'était à Hinata de prendre cette décision, mais il n'arrivait pas à s'empêcher à y mettre son grain de sel. En entrepreneur, il ne tolérait pas que sa fille se fasse exploiter. C'était généreux de sa part, mais il ne fallait pas pousser mémé dans les orties. Il avait failli reprendre la conversation, prêt à défendre les intérêts de son aînée qu'elle l'avait devancée.

"- Cela ne me dérange pas du tout. Je serais heureuse d'avoir d'autres petits élèves. Cela fera des compagnons pour Astrid et si cela peut les aider pour leur avenir, alors je veux bien les accueillir. Je ne manque de rien, donc ce ne sera pas nécessaire de me payer.

- Hinata...

- Père, ne vous inquiétez pas... C'est ma décision.

- Je vous remercie, affirma la mère d'Astrid. Mais votre père a raison et...

- Très bien, la coupa la petite-amie de Naruto. Veuillez vous installer. Nous allons en discuter pendant que les enfants iront dehors jouer."

Aussitôt dit, aussitôt fait, Hélène aussi présente avait été chargé de les surveiller alors qu'Hinata avait gentiment invité son père à la laisser gérer cette affaire. Elle avait été quelque peu gênée qu'il ait pu intervenir, prenant les rênes de cette entrevue. Elle aurait tant voulu s'en charger seule depuis le début, mais elle l'avait encore laissé faire, enfin jusqu'à avoir assez de courage pour reprendre le fil de la discussion. Cependant, elle avait encore quelque peu cédé à l'autorité de son paternel en acceptant d'être rémunérée alors que son coeur lui criait le contraire, mais bon, il avait quand même en partie raison. Ce fut donc sous son regard inquisiteur et sérieux que tous se décidèrent sur le tarif qui fut un véritable soulagement pour les parents. C'était vraiment un grain de sable dans leur budget. Ensuite, ils ne s'étaient pas faits prier pour prendre congé. Il fallait avouer que les autre parents n'avaient su où se mettre en regardant le duel entre le père et la fille, alors dès que la voie fut libre, ils étaient partis, convenant du jour et de l'heure du prochain cours avant. Ainsi maintenant, Hinata se retrouva avec quatre petits élèves qui buvaient ses paroles, enfin ses gestes.

En ce samedi matin, elle avait commencé son cours, alors qu'Hélène, qui avait été désignée comme chaperonne de ces polissons, attendait dans un coin en étudiant ses propres matières. Encore une fois, elle travaillait sur un article que la Hyuga avait encore une fois traduit pour l'aider. Oh, son anglais s'était amélioré, et elle avait eu beaucoup moins besoin de son aide, mais parfois, cela avait été appréciable. Tous étaient concentrés et consciencieux quand soudain la porte s'ouvrit avec fracas et qu'une silhouette se déplaça à une vitesse folle vers la professeure particulière. Deux bras puissants la soulevèrent de terre pour ensuite la faire tourner dans les airs alors qu'une voix joyeuse s'éleva.

"- Hinata ! Comme je suis heureux de te revoir enfin !

- Na... Naruto ?! Mais...

- Ma princesse, j'ai réussi. Je suis admissible, continua le dit jeune homme qui finit par la poser sur ses pieds à sa demande avant de l'enlacer sous les yeux médusés des autres occupants.

- Fé... Félicitation," lui offrit sa bien-aimée après avoir compris de quoi il était question et qu'il l'ait déposée au sol.

Les enfants gloussèrent et commencèrent à signer de façon frénétique, avançant des hypothèses plus folles les unes que les autres. Les trois filles voyaient en cet homme grand et blond un beau chevalier sauvant sa bien-aimée. Astrid fut la plus enthousiaste, en racontant à ses copines les rares rencontres qu'elle avait faite avec le dit soupirant. Le seul garçon de leur petit groupe admirait cette force qui lui permettait de lever dans le ciel une personne sans apparent effort. C'était comme si Hinata ne pesait pas plus qu'une plume. Il se joignit à ses camarades. Face à cela, la Hyuga en rougit, comprenant la discussion des enfants. Même Hélène se retint de rire quand elle sortit de sa surprise et qu'elle admirait le beau couple que les deux amoureux formaient. Il fallait bien qu'elle le reconnaisse, la faisant souffler de désespoir et d'incompréhension. Pourquoi leur mettait-on des bâtons dans les roues ?

Par contre, un second individu afficha un visage contrarié, fronçant les sourcils. Elle se trouvait dans le couloir et ne comprenait pas pourquoi Naruto annonçait ainsi ses résultats comme si la soeur d'Hanabi n'était au courant de rien. Si c'était cela, alors, ce n'était pas à elle que le blond l'avait annoncé en premier. A qui donc l'avait-il crié au téléphone si ce n'était pas à sa dulcinée ? Iruka ? Peu probable puisqu'il se rappelait bien l'avoir entendu parler de la réussite de son interlocuteur ou interlocutrice. C'était donc une personne qui suivait encore des études. Déstabilisé par toutes ces incohérences, l'espion ne se fit pas connaître, mais préféra prendre l'air. De son côté, embarrassée par cette étrange intrusion, la soeur d'Hanabi cacha son visage dans le torse de son petit-ami avant de le réprimander.

"- Naruto, voyons. Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Quoi ?! Tu n'es pas heureuse de me voir ?!

- Bien sûr que oui, tu le sais bien, mais..., je ne suis pas toute seule," lui montra Hinata en lui désignant les autres occupants.

Suivant son mouvement, le futur officier jeta enfin un oeil à ce qui l'entourait. Un sourire gêné lui barra le visage quand il vit ceux si jeunes qui le fixaient avec des étincelles dans les yeux. Une main derrière la tête, il les salua. Son propre air enfantin fit rire les petits élèves qui tentèrent de se présenter, mais à leur manière. Le blond s'excusa en articulant bien qu'il ne comprenait pas le langage des signes. Devant leurs bouilles déçues, il leur proposa alors de lui servir de professeurs. Ce fut donc avec enthousiasme que les enfants sollicitèrent à leur institutrice de sonner la récréation à l'instant. Hinata voulut refuser tout d'abord. Le cours n'était pas si avancé, mais vu l'excitation ambiant, elle en décida autrement. Leur esprit n'était plus à l'étude et elle accepta finalement. Heureux, les gamins se précipitèrent dans le jardin. Là, ils tombèrent sur Sasuke que salua Hinata, ne comprenant pas.

L'Uchiwa lui expliqua donc que son meilleur ami avait décidé de partir directement vers chez elle quand il avait constaté qu'elle n'était pas chez lui à l'attendre comme à son habitude. Sachant la maison de l'Uzumaki vide de vie après son départ, il avait suivi le mouvement. A sa vue et à son attitude altière, en plus de yeux aussi sombres que la nuit, les enfants en eurent un mouvement de recul. Son visage sans expression ne les aidait pas vraiment à vouloir faire plus ample connaissance. Après s'être éloignés, ils attendirent leur nouveau compagnon de jeu. Cependant, il tardait. En effet, ce dernier était occupé avec sa petite-amie qui avait besoin de lui parler un instant. Elle les laissa donc à la surveillance d'Hélène qui en était plutôt heureuse. En effet, elle était très mal à l'aise face au regard du ténébreux qui la fusillait du regard sans aucune raison, juste par curiosité. Elle s'était donc précipitée sur cette occasion pour éviter d'être en sa compagnie.

"- Ils ont l'air mignons tes petits élèves.

- Oui, acquiesça Hinata qui s'était vue devancer par le blond.

- Dit, ça te dirait d'annuler ton cours et de venir chez moi pour le reste du week-end.

- Je... Je ne peux pas. Tu le vois bien, refusa la jeune femme. J'ai un engagement envers eux. Tu m'avais dit qu'on se verrait que le week-end prochain.

- Hein, s'étonna son copain. Euh, je ne m'en rappelle plus. J'étais certain que c'était aujourd'hui, surtout que l'oral se déroule dans quinze jours. Je pensais travailler le week-end prochain.

- Ah, ne put que dire Hinata, un peu déçue à cette perspective alors que son espoir était tout autre.

- J'ai dû me mélanger les pédales avec mes révisions. Désolé... Raison de plus pour qu'on se consacre l'un à l'autre tant que je suis là, puisque nous ne nous verrons pas la semaine prochaine, insista-t-il. Allez, Hinata, je suis sûr que cela ne vas pas les déranger et...

- Naruto, le coupa-t-elle. Comprend-moi. Les enfants ont besoin de moi. Ils n'ont pas à payer nos erreurs.

- D'accord, souffla le blond, résigné. Je vais t'attendre alors."

A cela, la Huyga lui sourit reconnaissante et le vit rejoindre les enfants qui l'attendaient depuis un moment. Ils avaient tous un calepin dans la main pour qu'il puisse lire leurs pensées et discuter, si on pouvait le dire ainsi, avec lui, mais surtout, ils avaient hâte de faire son initiation au langage des signes. Ce fut donc sous le regard attendri de sa belle qu'il commença à gesticuler des mains dans tous les sens. Près d'elle, Hélène le jaugeait très beau et aurait été prête à tomber sous son charme s'il avait été célibataire et elle aussi. Cependant, ce n'était pas le cas et elle n'était pas de celle qui piquait l'homme d'une autre, ou à briser son couple même si cette dernière ne lui revenait pas.

"- Il a l'air gentil, ton petit-ami

- Pardon, sursauta Hinata qui ne l'avait pas vu s'approcher d'elle.

- Je disais que ton copain a l'air d'un mec gentil.

- Il l'est.

- Il doit être bien amoureux de toi pour arriver ainsi pour te voir malgré l'importance de son concours."

Un silence suivit cette déclaration, avec une Hinata aussi rouge que possible. Gênée, elle se concentra sur son petit-ami. Alors qu'elle le fixa en prise avec les enfants, ses pupilles brillèrent d'un amour profond pour lui, attendrie par la douceur dont il faisait preuve avec eux. Ce regard perça le coeur d'Hélène. Elle avait l'impression que les sentiments de sa voisine la transperçaient de part en part. Tout son être s'illuminait à la vision de son aimé et une aura chaude, lumineuse l'entourait, l'irradiant. C'était magnifique de la voir aimer ainsi. La soeur d'Astrid la comprenait plus que tout. Soudain, un petit gloussement s'échappa de la bouche de sa camarade. Toutes deux observèrent Naruto entrain de tenter toujours sa chance sous les rires infantiles devant ses maladresses. La Hyuga se décida d'aller le rejoindre pour l'aider. Les deux amoureux se montrèrent ainsi dans leur meilleur jour devant les yeux d'Hélène. Cette dernière n'arrivait pas à s'empêcher de trouver le couple harmonieux et magnifique. Tous deux souriaient à l'autre avec une telle lueur d'amour dans les yeux que c'était impossible de passer à côté de la puissance de leurs sentiments. Ils étaient tous deux des astres qui se complétaient.