Chapitre 49 : Jalousie

Ce matin, il fait très beau. Je suis assise au bord du lac avec Alice et Grace pour profiter du magnifique soleil. Rayan, Jason et Dean sont plus loin sur la pelouse et se font des passes avec le Souafle.

- Merci de m'avoir permis de faire ce tour de balai à ta place, me dit Grace.

- Les amies, c'est fait pour ça. Si on ne s'entraide pas alors à quoi sert-on ? dis-je en lui souriant.

Elle me sourit à son tour et échange un regard complice avec Alice. Celle-ci sourit également. Je crois qu'elles sont sincères.

Dean me regarde entre deux passes. J'essaie de doser mon attention. Je ne veux pas avoir l'air complètement accro à lui et je ne veux pas non plus avoir l'air totalement indifférente. C'est une situation délicate dans laquelle je suis, mais c'est ainsi que je vais m'assurer leur confiance…

Très tôt ce matin, je suis allée voir Severus. Il m'a conduite au bureau de Dumbledore. Celui-ci m'attendait derrière son bureau. Il m'a demandé comment allait mon intégration. Je lui ai parlé que je n'avais pas d'information intéressante à lui donner, mais que mon infiltration se déroulait bien. Dumbledore se dit heureux de mes efforts et qu'il me contactera plus tard pour avoir mes rapports. Entre-temps, si j'apprends quelque chose, je dois me référer à Severus.

Après dîner, tout le monde veut retourner à l'extérieur, mais je leur explique que je dois aller à la bibliothèque pour trouver une référence pour le devoir sur les sortilèges d'Apparition. Je m'attendais à y aller seule, mais mon idée intéresse soudainement tout le monde.

Nous entrons donc tous dans la bibliothèque. Le regard foudroyant de Mme Pince suffit à nous faire taire. Nous nous installons à une table et commençons notre recherche dans les rayons. Les livres que chacun a rapportés apportent différentes propositions et je retranscris les informations dont j'ai besoin. Je relis un passage avec mon doigt afin de bien la mémoriser lorsque ma main entre en collision avec celle de Dean. Le contact est bref et je retire ma main aussitôt. Nous échangeons un court regard et je peux comprendre que ce n'était pas vraiment un accident. Je retourne à mes notes et je termine de recopier puis pendant que les autres en font de même, je vais chercher un autre livre pour le cours de potion.

Je marche entre les allées en cherchant la bonne rangée lorsque soudain, on m'attrape par le bras et on me tire dans une rangée. Je suis d'abord surprise de me faire tirer ainsi alors que je ne m'y attendais pas, puis voyant que c'est Fred, je me mets à paniquer.

- Qu'est-ce que tu fais ? chuchoté-je en regardant autour de moi pour m'assurer que nous sommes seuls.

- Il faut que je te parle ! me dit-il sèchement.

Son visage est dur et tendu. J'aimerais savoir ce qu'il a, mais ce n'est pas l'endroit approprié.

- Ce soir, 21h, dis-je

Je me retourne pour trouver ma rangée avant que l'un des Serpentard ne vienne me chercher, mais Fred m'attrape à nouveau par le bras. Je me tourne vers lui. Son air change, il a maintenant l'air triste. Je lui souris doucement, puis je pars.

- Ça été long ! me dit Alice, lorsque je rejoins enfin la table.

- Tu n'as pas idée ! répondé-je. Ils ont mal classé ce livre.

- Et tu en as besoin pourquoi ? me demande Dean.

- Je voulais vérifier par quoi je pouvais remplacer les baies de gui demain pour le cours de potion.

J'ai enfin réussi à m'éclipser de la salle commune. Ce n'était pas facile ce soir parce que les filles m'ont parlé de leurs devoirs de sortilège toutes la soirée. Elles croient que je peux les aider à avoir de bonnes notes, mais c'est loin d'être aussi facile. Enfin, elles ont fini par décider de s'arrêter et elles ont commencé à écouter Drago et Rayan raconter l'une de leurs histoires fantastiques. C'est un avantage pour moi, parce qu'ils racontent très bien les histoires et ça me permet de partir sans être vue.

J'arpente les corridors en étant très prudente. Je repère un piège de Peeves dans l'un des corridors. Je suis déjà en retard, alors je décide de passer habilement par-dessus et par en-dessous le labyrinthe de fils qu'il a ingénieusement posé. Heureusement, je réussis à passer au travers sans déclencher de pièges.

Je tourne enfin dans le corridor du quatrième étage et j'ouvre la porte du local 420-B. Fred est déjà là. Il est assis sur une chaise qu'il a tournée face à la table. Il se balance sur les deux pattes arrière, les bras croisés. Son regard est froid comme tantôt à la bibliothèque.

Je m'avance vers lui, bien que je sente qu'il a quelque chose à me reprocher.

- Qu'est-ce qu'il y a entre toi et Warrington ? me demande-t-il à brule pour point.

J'ouvre la bouche pour lui répondre qu'il n'y a rien, mais il me lance un regard accusateur comme s'il avait lu dans mes pensées. Je me ravise aussitôt.

- C'est vrai que j'ai remarqué qu'il semblait me trouver à son goût, avoué-je.

- C'est pour ça que tu montes sur son balai et que tu te jettes à son cou ?

Je me mords la lèvre. Il a dû me voir en revenant se changer dans les vestiaires. De toutes les personnes au monde, c'est bien le dernier qui aurait dû me voir sur le balai de Dean.

- Tu l'aimes ? me demande-t-il avec un air de dégoût.

- Quoi ? Es-tu fou ? Non, Fred, je ne suis pas amoureuse de Dean Warrington. Mon cœur t'appartient et ça c'est pour toujours ! dis-je en m'agenouillant face à lui.

Il a l'air toujours renfrogné, mais ma réponse a allumé une étincelle dans ses yeux. Je me sens soulagée.

- Je n'aime pas te voir faire ce genre de chose avec d'autres garçons, me dit-il avec un air triste.

- Et je ne le fais pas de gaité de cœur. J'aimerais mille fois plus être avec toi. Il n'y a qu'une seule place où je me sens heureuse et c'est dans tes bras.

- Alors arrête tout, dit-il simplement. Arrête tout et partons d'ici. Nous n'avons pas besoin d'ASPIC ni de BUSE pour ouvrir le magasin.

- J'aimerais tellement, mais pense à toutes ces vies que ma mission pourrait épargner. Et toi de ton côté, que dirait ta mère si tu quittais l'école maintenant ? N'est-elle pas déjà assez bouleversée comme ça avec ton frère qui joue le lèche pompes du Premier ministre ?

- Hélène…me supplie Fred.

- Je t'aime. Ne complique pas les choses, je t'en prie. Je vais garder mes distances avec Dean. Je te le promets ! supplié-je, en blottissant ma tête contre son torse.

Il attrape ma tête dans ses mains et me donne un baiser sur les cheveux. Il passe ensuite ses bras autour de mes épaules et me serre très fort contre lui.

Nous n'échangeons pas d'autres mots, comme si une parole pouvait briser cette paix précaire. Je me lève et je prends ses mains dans les miennes. Je le tire et il se lève. Je le guide vers les coussins où je m'étends à côté de lui. Nous nous regardons comme si l'autre était un reflet, puis je me blottis au creux de son épaule et je m'y endors paisiblement.

- Mademoiselle, couine une voix familière. C'est l'heure de vous réveiller.

J'entrouvre les yeux pour voir cette curieuse elfe de maison au-dessus de moi.

- C'est bon, merci, je me lève, marmonné-je.

Je me retourne lentement en entendant le « crac » de l'elfe qui vient de transplaner.

- Tu te sers d'un elfe de maison pour te réveiller ?

En attendant la voix de Fred, je sursaute et je tombe en bas des coussins. Heureusement, je ne suis pas tombé de haut. Je me relève en regardant autour de moi. Je suis dans le local 420-B. Oh non ! Je suis restée toute la nuit ! J'espère que personne ne va remarquer mon escapade !

- Il faut que j'y aille avant que quelqu'un ne s'aperçoive de mon absence, dis-je en vérifiant que ma robe ne soit pas trop froissée et l'état de mes cheveux.

Fred s'agenouille face à moi et il me tire les poignets vers lui. Je ne résiste pas et je tombe à plat ventre sur lui. Nous nous embrassons un moment, puis je tente de me relever.

- Je vais avoir des ennuis, dis-je alors qu'il m'embrasse à nouveau.

- Ah oui ? Ça vaut la peine de prendre le risque…me dit-il d'un ton charmeur.

Comment lui résister ? Quand il me regard avec ces yeux-là, j'ai l'impression d'être la seule chose qui compte dans tout l'univers. Je me jette donc à son cou et je le couvre de baiser. Il rit et je suis heureuse de le voir ainsi. Il m'embrasse et nous nous collons l'un à l'autre. Je suis bien, la tête dans son cou et ses bras protecteurs autour de moi.

- Je t'aime…souffle-t-il.

- Je t'aime, répondé-je

Après un moment, bien trop court, nous nous levons. Comme si la réalité nous avait rejoints. Nous nous regardons, mais cette fois, c'est avec tristesse. Nous savons tous les deux qu'il faut retourner dans la vraie vie, mais aucun de nous n'ose franchir le pas.

- On se voit cette après-midi, dis-je, en guise de consolation.

- Oui, à cette après-midi, répond-t-il.

Il s'avance vers moi et m'embrasse une dernière fois avant de reculer à contre cœur pour sortir de la pièce. J'ai besoin d'une bonne respiration avant d'être capable d'accumuler assez de courage pour sortir à mon tour de la pièce.