Disclaimer: cf chapitre 1

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Bisous à Mistycal !

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Réponses sur mon forum aux commentaires de : - Lion - Yzeute - Huguette - Guest -

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Pièges 3 / 5

Acte 7 : Le Poisson Mord A L'Hameçon

Léger retour en arrière dans le temps...

Harry

Carrow père frappe à la porte et Voldemort lui ouvre d'un geste de la main, avant de jeter un coup d'œil sur l'horloge. Ce qu'il fait assez souvent, depuis qu'il est revenu de Suède. Il attend sûrement quelque chose. Un message ou quelqu'un…

Est-ce en rapport avec le trou de 40 à 45 minutes dans son emploi du temps de ce matin ?

C'est dans le domaine du possible…

Carrow avance jusqu'au bureau, se ployant profondément, pour présenter le journal à son maître, qui le prend sans lui accorder un seul regard. Et Carrow repart, de son petit pas trottinant.

Soupir de Voldemort, qui pose le journal sur le bureau, en gardant l'œil rivé sur l'horloge, durant une ou deux secondes. Un peu pensif. Puis il reporte son attention sur son grimoire, dont il tourne la page, lisant les trois dernières lignes de son chapitre, avant de le fermer. Enfin, il déploie le journal et parcourt rapidement les gros titres, l'air dédaigneux, avant que son regard tombe sur la photographie de la Gentilhommière.

Son expression et son attitude changent aussitôt. Il hausse les sourcils, l'air un peu surpris, plutôt agréablement semble-t-il, puis il plisse les yeux, en se laissant aller contre le dossier de son fauteuil…

« Il est accroché… » murmure Ron, un sourire dans la voix…

« Vous croyez ? » demande Griborg, sur le qui-vive

« Oh oui ! Je n'ai aucun doute là-dessus ! » s'exclame Ron, avec un bel optimisme…

A peine a-t-il dit cela, que Voldemort retourne son journal, pour lire directement la dernière page, lui donnant ainsi raison.

« Qu'est-ce que j'avais dit ! Il va pile où on le voulait ! » s'exclame Ron, le regard brillant de satisfaction…

« Oui ! Vous aviez raison, Ron ! Il semble effectivement intéressé ! » acquiesce Griborg, sans quitter l'écran des yeux, le regard souriant.

Il ne faut pas longtemps à Voldemort pour lire l'article consacré à la Gentilhommière et aussitôt l'a-t-il fini, il délaisse la Gazette sur son bureau et se lève pour faire les cent pas…

« Je suis bien curieux de savoir ce qu'il pense… » murmure Bill, en se mordillant l'ongle du pouce…

Je suis tout aussi curieux que lui et j'en viens à regretter que Voldemort ne s'exprime pas au travers de Nagini, qui dort confortablement enroulé sur le sofa…

Et tandis que nous gardons notre souffle suspendu, l'affreux réfléchit durant quelques minutes, jetant de temps en temps un petit coup d'œil en direction de la Gazette, qu'il reprend parfois en main, pour relire un passage ou examiner les photographies. Puis il regarde une fois de plus l'heure sur l'horloge et soudainement, il prend sa cape et sort à grand pas pressés…

« Bingo… L'histoire a fait mouche ! Il a mordu à l'hameçon ! Pour la forme, il va aller vérifier sur place que cela va bien lui convenir, bien sûr ! Mais l'affaire est déjà dans le sac ! » souris-je, vers Ron et Bill…

« Comment pouvez-vous en être aussi certain, Harry ? » demande Griborg, l'air prudent…

« J'ai un radar intégré, pour ce genre de choses… » réponds-je, en lui faisant un clin d'œil, tandis que Ron fronce les sourcils…

J'évite son regard. Il vient de deviner ce qui me rend aussi sûr de moi et il n'apprécie pas vraiment…

Oui, j'ai fait quelque chose que je n'ai pas fait volontairement depuis très longtemps et que j'avais juré de ne plus jamais faire. J'ai un peu ouvert mon esprit, à la recherche de celui de Voldemort. Pas suffisamment pour saisir clairement ses pensées, mais assez pour avoir une idée de son état d'esprit. Sa curiosité, son désir sont titillés. La Gentilhommière l'attire. Il est déjà séduit. Complètement. Et il est impatient également. Si impatient, qu'il a pris la décision de se rendre sur place, alors même qu'il attend quelque chose ou quelqu'un…

Quoi ou qui, je ne sais pas. Nous le saurons très bientôt sans doute. En attendant, je guette son arrivée, sur l'un des nouveaux écrans consacrés à la Gentilhommière…

« Tu n'espères tout de même pas qu'il aille là-bas en plein jour, alors qu'il pourrait y avoir d'autres curieux se pressant déjà devant les grilles ? » demande Ron, avec une minuscule pointe de raideur dans le ton de sa voix…

Je ne vais certainement pas couper à une remarque réprobatrice, sur le risque que j'ai pris, quand nous serons seuls. Il faudra cependant qu'il comprenne que je n'en ai pris aucun. Voldemort était plongé dans ses pensées et ne risquait pas de sentir mon intrusion. A peine l'ai-je effleuré, toutes mes propres pensées et mes émotions complètement bloqués…

« Si. Oh, il ne s'approchera pas sans avoir vérifié au préalable qu'il n'y a personne. Il est assez malin aussi, pour avoir déjà calculé où il pouvait Transplaner sans risque, grâce à la vue aérienne et aux coordonnées fournies par la Gazette. Il pourrait très bien le faire dans le petit bois par exemple. » réponds-je, scrutant les écrans donnant sur le parc de la Gentilhommière, à la recherche de la silhouette de Voldemort…

A sa place, le petit bois, c'est ce que je choisirai. Il s'étend tout autour de la Propriété, ce qui est idéal, pour n'être vu de personne. Mais il peut aussi décider d'arriver directement plus près de la bâtisse, à l'abri d'un bosquet…

Je ne vois rien qui trouble la tranquillité des lieux, durant quelques secondes encore, puis un oiseau s'envole soudainement dans le ciel et il me semble saisir un bref éclat de lumière, au loin, dans les arbres, sur l'un des écrans. Je le scrute aussitôt attentivement…

« Tiens ! Qu'est-ce que je disais ! Il vient de jeter un Sortilège pour vérifier qu'il n'y a personne dans les alentours, depuis le petit bois de la façade avant de la Gentilhommière ! » m'exclame-je, excité comme une Ciseburine, en montrant l'écran concerné…

« Il n'y a rien… » répond Bill, un peu penché en avant, pour mieux examiner l'image que je désigne du doigt…

« Si ! Regarde, là ! C'est lui. Il est à demi caché par les branches d'un arbre bas… » insiste-je, en posant carrément mon doigt sous ce que je souhaite qu'il regarde…

Une petite tâche pâle. Le visage de Voldemort, j'en suis certain…

Et je cherche sur la tablette de réglage, le bouton de la Caméra concernée, pour pouvoir zoomer sur les détails, amélioration apportée depuis peu par notre équipe de Recherche Technomagique. Quand je le trouve, je le pousse à fond.

« Putain, tu as raison ! C'est bien lui ! Tu as sacrément l'œil dis donc ! Je comprends d'autant mieux maintenant que tu sois si bon attrapeur ! » s'exclame Bill, d'un ton joyeux…

« A moins que ce ne soit son radar intégré spécial Voldemort, qui lui ait indiqué où chercher exactement… » glisse Ron, avec un sourire goguenard

Il contrôle parfaitement le ton de sa voix, mais je sens son reproche s'insinuer jusque dans mon cœur…

Ouais. C'est bien ce que je pensais. Je ne vais pas y couper tout à l'heure…

« Nan. Cette fois, c'est mon œil. » souris-je, en tâchant de l'apaiser d'une vague de douceur séductrice…

Mais à son haussement de sourcil, je sais qu'il ne va pas se laisser amadouer comme ça…

« Alors félicitations, Harry. Vous avez un œil d'aigle ! » intervient Griborg, avant d'ajouter, sur un soupir d'aise : « Eh bien il semble que nous sommes en bonne position pour faire l'affaire que nous espérons… »

« Elle est déjà faite, Griborg ! Vous pouvez en être assuré ! » souris-je, avec grande satisfaction

Voldemort est déjà tombé dans le filet que nous avons tendu et dès son retour au Manoir, il convoquera Bulstrode, j'en suis sûr à cent pour cent…

Le voilà maintenant qui avance de quelques pas, sortant du couvert des arbres. Son regard court à la ronde, puis il Transplane non loin de la fontaine qui trône dans la cour de la Gentilhommière. Il a l'air satisfait, tandis que ses yeux glissent sur la bâtisse et ses deux ailes, s'avançant d'un pas résolu vers le perron.

« Bon, ben, pendant qu'il fait le tour du propriétaire, peut-être pourriez-vous finir votre histoire, Griborg ? » propose Ron, en se tournant à demi vers le Gobelin qui ne rate pas une miette des mouvements de Voldemort…

« Oh ! Oui, bien sûr, le détail que je ne vous ai pas révélé tout à l'heure… » répond Griborg, avec un sourire un peu espiègle

« Oui. Je suis vraiment curieux de le connaître… » acquiesce Ron, tandis que sur l'écran, l'affreux commence à faire le tour du rez-de-chaussée de la Gentilhommière

« Eh bien, je vous ai dit que Drognuk n'avait jamais revu Sicarius. Et c'est la vérité. Le vieil homme chenu et édenté n'est jamais revenu dans sa boutique. En revanche, il a eu l'occasion de voir Serpentard, au cours d'un voyage d'affaire, deux ans environ après son fracassant départ de Poudlard. Et il a été formel, il ne s'agissait en aucun cas, de Messire Salazar. Bien que son demi-frère Artemus en ait pris l'apparence et l'imitait fort bien, il y a deux choses qui ne pouvaient tromper Drognuk : un petit tic que Sicarius avait systématiquement, lorsqu'il était mécontent et son odeur. Certes, il a fait des efforts, pour maîtriser son tic, mais celui-ci lui a échappé à deux ou trois reprises au cours de la soirée qui les a mis en présence. Très discrètement, mais cela a été suffisant, pour que Drognuk ait un sérieux doute et s'approche suffisamment de lui, pour vérifier son identité grâce à son odorat. Salazar, avait selon lui une odeur finement boisé, mais l'homme auprès duquel il se rendit, avait l'odeur un peu aigre-douce qu'il a toujours associée à Sicarius…. » explique Griborg, avant de piocher un petit gâteau, sur le plateau posé entre Ron et lui…

Ils se font sérieusement concurrence à ce propos. Et je ne sais pas lequel des deux est capable d'en manger le plus, sans être finalement écœuré, par le goût de tout ce sucre…

« Oh ! Eh bien connaissant la réputation de l'odorat des Gobelins, je m'incline. Sicarius ou plutôt… Euh… Artemus ?… C'est bien comme cela que vous l'avez également appelé, n'est-ce pas ? » demande Ron, en haussant un sourcil vers Griborg qui acquiesce, avant qu'il poursuive : « Donc cet Artemus a usurpé l'identité de Salazar Serpentard… Et d'après ce que j'ai compris, c'est lui qui lui aurait fait sa détestable réputation ? En êtes-vous certain ? Ne l'avait-il pas déjà avant ? »

Quel bon comédien mon Ron ! Il vient de poser sa question avec un air dubitatif tout à fait convaincant !

« Oui, vous avez bien compris, Ron. Selon Drognuk, Messire Salazar était un Sorcier affable, qui avait de l'esprit et plaisantait volontiers. Il aurait également été fiancé à une jeune fille Moldue, de très bonne famille, qui est morte dans un tragique accident… Un accident de transport, me semble-t-il… » répond Griborg, en acceptant le thé que Bill lui propose, d'un signe de tête, avant d'ajouter, sourcils froncés sur la réflexion : « Mmmm… Oui, c'est bien cela. La voiture qui l'emmenait voir une parente dans les Pennines, a versé dans un ravin, quand les chevaux se sont emballés après avoir été effrayés par la foudre d'un orage… »

« Vraiment ! Voilà qui est extraordinaire… Et tragique… » commente-je, en gardant un œil sur les écrans…

Voldemort a fini de visiter le rez-de-chaussée de la bâtisse principale et de l'aile droite. Il revient sur ses pas, l'allure conquérante. Ce qui confirme ce que je sais déjà au fond de moi : il a pris une décision ferme et définitive…

Il veut cette propriété. Il la veut à tout prix. Et il fera tout pour l'avoir…

Il se dirige maintenant vers l'autre aile, mais une horloge sonne la demie de dix heures, quelque part dans la Gentilhommière et Voldemort sursaute, avant de soudainement Transplaner…

« Que… » commence Bill, dans un sursaut, son regard s'affolant à la recherche de Voldemort, sur les nombreux écrans…

« Là ! Il est revenu aux portes du Manoir ! » s'exclame Ron, quelques trente et quelques secondes plus tard…

« Il doit avoir un rendez-vous, pour être revenu aussi brusquement. Je me demande avec qui. Il n'a envoyé aucun messager ce jour. Vous croyez que c'est en rapport avec ce matin ? » demande Bill, sourcils froncés, sans quitter Voldemort des yeux…

« Peut-être. En tout cas, là, il attend quelqu'un c'est sûr. Et à mon avis, c'est une personne qui ne doit pas pouvoir entrer dans la propriété. » répond Ron, sourcils tout aussi froncés que son frangin…

« Ouais. Et ça doit être un personnage vachement important, sinon pourquoi se gèlerait-il lui-même les fesses à l'attendre aux grilles, pour lui donner l'adresse de vive voix, quand il pouvait envoyer le planton avec un mot écrit de sa main ? » renchérit Bill, en plissant cette fois les yeux

Il a à peine fini de parler, qu'un autre Plop retentit devant le Manoir, en dehors de la limite de la propriété. Et, tandis que Voldemort avance pour accueillir ses visiteurs, qui se sont précipitamment agenouillés dans la neige, Ron et moi nous exclamons d'une même voix…

« Que vient donc foutre ici, Brutus le p'tit Merdeux ! »

« Brutus le p'tit Merdeux ? Vous voulez dire Brutus Brandburgy ? » demande Bill, en haussant un sourcil…

« Ouais… » répondons-nous en chœur, Ron et moi-même

Je fronce les sourcils, de concert avec Ron et je regarde Brutus se faire accueillir comme un petit prince par Voldemort. Brutus baise la main du ténébreux, avec une dévotion certaine et Voldemort en est visiblement très flatté ! Quand Brutus lui rend sa main, il pose délicatement le bout de ses doigts sous son menton et l'incite à lever les yeux vers lui, avant de l'inviter à se relever. Puis il lui tend la main, pour l'aider à le faire, comme on le ferait par galanterie avec une fille et Brutus redresse le dos avec fierté quand il est debout.

Son Maître est attentionné avec lui et il se sent visiblement important. Très important. Et satisfait…

« Vous savez qui c'est, lui ? » demande Ron, en désignant le grand type efflanqué, que Voldemort invite lui aussi à se lever.

« Nan… » répondons-nous, Bill et moi

« C'est Anselmus Latton… » intervient Griborg, sans détourner son regard de l'écran.

Maintenant l'affreux remercie son coursier pour avoir amené Brutus Brandburgy jusqu'à lui, avec une formule qui lui donne en même temps congé, ce que l'autre comprend au quart de tour. Il salue son maître d'un signe de tête et fiche le camp sans demander son reste, tandis que Voldemort pose une main sur l'épaule de Brutus et l'entraîne vers le Manoir, aussitôt lui en a-t-il révélé l'adresse…

« Ah. Le fils d'Edgar sans doute. Il n'y a pourtant aucun air de famille… » commente Ron, sous le hochement de tête positif de Griborg…

Brutus, qui porte son cartable sur le dos et son Balai dans la main droite, lutte un peu contre le vent qui s'est levé et souffle par rafale, amenant des tourbillons de neige qui lui cinglent le visage. A mesure de leur avancée dans l'allée du Manoir, Voldemort et lui se rapprochent d'une Caméra qui nous permet de mieux les détailler. Je note aussitôt que Brutus est un peu débraillé et j'ai l'impression qu'il y a un bel accroc sur sa cape…

Mon regard croise celui de Ron et je lis dans ses yeux, la même appréhension qui étreint maintenant ma poitrine.

« J'appelle Poudlard, pour prévenir le professeur Dumbledore de l'arrivée de Brutus au Manoir… « déclare-je, d'un ton un peu nerveux…

Et ma main glisse aussitôt vers le Miroir Magique qui nous relie à Poudlard. Mais au moment même, celui qui me maintient en liaison avec Draco et les Membres du C.C.S.A.B.P.M., se met à vibrer dans ma poche…

Je le sors aussi sec, en proie à une sourde angoisse.

« Oui ? Que se passe-t-il ? » jette-je, avec urgence…

« Harry ! Préviens Richard, Mondingus et Tantine Augusta qu'on a besoin d'eux de toute urgence à Poudlard ! Tante Molly et ma mère aussi ! Il y a eu une attaque au bord du Lac ! Toute la classe de SMC a sacrément morflé ! Il y a des blessés graves ! Très graves ! Il nous faut le max de monde ! » me répond Draco, le souffle un peu court

Ses cheveux sont mouillés, il est cerné, il a des tâches de sang sur le visage et il court de toute évidence, comme un dératé…

« Je m'en occupe ! » s'exclame Ron, en bondissant hors du QG

« Merci ! Je reprends contact plus tard ! » s'exclame Draco, avant de mettre fin à la Transmission, tandis que Bill essaye déjà de contacter le professeur Dumbledore avec l'autre Miroir.

Je suis inquiet, terriblement. Mon frère n'avait pas l'air d'aller bien. Et il a été si laconique ! Mais si précis en même temps… Les Ânes Bâtés ont donc attaqué. Et je ne doute pas un instant qu'il y ait de graves blessés. Draco n'est pas le genre de gars à s'affoler pour quelques égratignures.

Est-ce donc cela qui explique le trou dans l'emploi du temps de Voldemort ce matin ? Il est allé donner l'ordre à son petit Espion de jeter Brandburgy et ses petits toutous hargneux à l'attaque ? Et de dire à Brutus de le rejoindre après au Manoir Malfoy ?

Ou était-ce convenu avant déjà et a-t-il fait autre chose ?

Tant de questions… Si peu de réponses certaines…

Le professeur Dumbledore ne répond pas tout de suite et Bill renouvelle son appel au bout de quelques secondes impatientes, durant lesquels nous échangeons des regards inquiets. Griborg aussi est tendu et aux aguets. Enfin, après un silence lourd de notre angoisse, qui m'a semblé presque aussi long qu'une éternité, le contact avec le bureau du professeur Dumbledore s'établit…

« Albus, nous allions vous contacter pour vous prévenir que Brutus Brandburgy vient d'arriver au Manoir, quand nous avons reçu un appel d'urgence de Draco ! Il a demandé qu'on envoie Richard, Mondingus et Augusta à Poudlard ! Que se passe-t-il ? Faut-il d'autres renforts ? Augustus Pye par exemple ou Madame Prewitt ? » demande Bill, avec inquiétude

« Un instant voulez-vous, Bill ? » répond avec douceur le professeur Dumbledore, avant de se retirer du Miroir.

Ron revient déjà dans la Base.

Nous échangeons un regard lourd d'anxiété. Avant de venir au Manoir, Brandburgy a jeté ses chiens à l'attaque, alors qu'il était en classe avec Hagrid. Tel que j'imagine les choses, ils ont pris les autres par surprise au moment où ils ne s'y attendaient pas. Ils étaient au bord du Lac. Que faisaient-ils là-bas ?

Peu importe… C'est ce qui est arrivé qui est important…

Putain… Les Ânes Bâtés ont dû prendre position dans les rochers, tandis que les autres élèves étaient coincés à découvert sur la rive. Et je suis prêt à parier, que ces petits salopards les ont frappés dans le dos…

Combien d'élèves sont tombés alors ? Combien ont volé dans la flotte glacée ?…

Et Ginny… Est-elle blessée ?

Je pense que oui. Mes tripes qui se tordent dans mon ventre, me le disent. Draco nous aurait tout de suite rassurés, si ce n'était pas le cas. Et il n'aurait pas demandé que Molly et Narcissa viennent à Poudlard…

Ginny a dû morfler. Brutus lui a fait payer la mort de son frangin, avant de filer pour venir au Manoir.

Le regard de Ron glisse vers Bill. Et je réalise que celui-ci n'a certainement pas percuté, qu'il est fort probable que sa sœur est l'une des victimes de cette attaque. Comment le pourrait-il ? Il ne connait pas l'emploi du temps de Ginny à Poudlard. Il ignore qu'elle était en classe de SMC avec Brandburgy et ses Ânes Bâtés…

Depuis le Miroir, nous entendons soudainement le professeur Dumbledore demander à Sir Nicholas d'aller prévenir Pompom qu'elle va devoir accueillir des blessés dans quelques minutes et le remercier de faire diligence. Puis il présente de nouveau son visage devant le Miroir.

« Bill, je viens tout juste moi-même d'apprendre que des élèves de cinquième année ont attaqué leurs camarades sur les rives du Lac, alors que ces derniers aidaient Hagrid à soigner le Calmar Géant. L'alerte a été donnée par Draco, aux élèves de septième année qui étaient en classe dans les serres et qui se sont immédiatement portés à leur secours. Dès lors, l'attaque a pris fin rapidement et j'allais me rendre dans le Hall pour accueillir les blessés. J'ignore combien il y en a et quel est leur état. Mais si Richard, Mondingus et Augusta doivent arriver, alors je les attends. Mais vous… Ah ! Un instant ! Les voilà ! » déclare le professeur Dumbledore, avant de se retirer de nouveau.

La Cheminée de son bureau ronfle en arrière-plan et le professeur Dumbledore accueille Richard, Mondingus et Augusta avec urgence, les invitant à aller à l'infirmerie, où il les rejoindra plus tard…

« Votre mère et Narcissa sont également arrivées, Bill. Si nous avons besoin d'autres renforts de Ste Mangouste, je vous appellerai. Mais vous disiez de votre côté que Brutus Brandburgy vient d'arriver au Manoir ? » reprend le professeur Dumbledore, le ton soucieux

« Oui. Il est arrivé par Transplanage d'escorte, avec le fils de Latton qui est reparti aussitôt son colis livré. Là, Voldemort vient de laisser le jeune Brandburgy aux bons soins de Carrow père, pour qu'il le mène dans une chambre ! Il a invité Brutus à prendre une douche pour se réchauffer, avant de venir prendre un thé avec lui dans son bureau. Voldemort a l'air très satisfait de le voir et le gamin est visiblement heureux d'être là ! Apparemment ils avaient rendez-vous ! Ils n'ont rien dit cependant qui nous renseigne davantage ! Mais je vous tiendrai au courant dès que j'ai du nouveau ! Je vous passe Ron ! Il a un message pour vous ! » répond Bill, avant de laisser place à Ron, qui lui a fait signe de lui passer le Miroir.

« Harry et moi revenons à Poudlard et je pense que Bill va nous suivre également. Alors ce sont Lee et Olivier qui vont venir nous relayer et vous tiendront au courant de la suite des évènements. » dit-il, avec fermeté…

« Entendu, Ron. A tout de suite… » répond le professeur Dumbledore, d'un ton doux…

Ron pose aussitôt le Miroir sur le bureau et prends déjà sa cape, tandis que Bill hausse un sourcil vers lui…

« Et pourquoi penses-tu que je vais venir aussi à Poudlard ? En quoi pourrais-je y être utile ? » demande-t-il, avec surprise…

« Brandburgy qui arrive ici et Draco qui demande qu'on envoie vite des renforts, dont Maman, parce qu'il y a eu une attaque au bord du Lac pendant la classe de Soins aux Créatures Magiques, j'ai tout de suite fait le rapport, Bill. C'est la classe de Ginny, qui a été attaquée et si elle était saine et sauve, Draco nous l'aurait tout de suite dit. Alors j'ai également alerté Papa au Ministère et les jumeaux. Ils se chargent de prévenir Charly. » répond Ron, l'air sombre.

Bill, qui était déjà pâle, devient plus livide encore et se lève d'un bond. Griborg saute aussitôt de son fauteuil également…

« Je vais vous laisser. Merci à vous trois, pour votre aimable accueil. Tenez-moi informé de l'état de santé de votre sœur, William. J'espère qu'elle se remettra très vite. Prenez également votre journée demain, si vous le jugez nécessaire. De mon côté, je vais prévenir Mademoiselle Fleur Delacour de la situation et lui dire de vous rejoindre à Poudlard… » décide Griborg, avant de Transplaner, sans même attendre de réponse de la part de Bill

Je ne sais même pas si Bill l'a entendu, de toute façon. Il fixe Ron, le regard terriblement inquiet…

« Allez-y tout de suite tous les deux. Je vous rejoins dès que Lee et Oliver seront là… » dis-je doucement, en fourrant la cape de Bill dans ses mains et le poussant vers la porte…

Et espérant que mes amis viendront très vite me relayer…

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Quelques minutes avant 10H30…

Actes 8 : Blessures

Théo

Ma boite crânienne explose contre un rocher, dans un éclair éblouissant, puis je vois des étoiles durant quelques secondes. Je sens du sang couler, chaud et poisseux, dans mon cou. J'ai mal dans le dos aussi et je suis transis, dans mes vêtements trempés d'eau glacée. Mais des Sortilèges sifflent et craquent dans tous les coins. La bataille dure encore. Je dois me relever et aider mes amis !

Je tente aussitôt de me redresser, avant de prendre conscience qu'un poids lourd m'entrave…

Ginny !

Elle s'est pris un Maléfice et elle est tombée rudement sur moi !

« Ginny ! » appelle-je donc, en essayant de la soulever un peu, pour me dégager…

Elle ne répond pas. Et mes bras sont trop faibles pour la faire bouger seulement d'un pouce.

Un ricanement mauvais vient de ma droite. Je tourne vivement la tête…

« Nott et sa petite copine ! Vous êtes morts cette fois, c'est sûr ! » ricane Randy Jugson en levant sa Baguette vers nous, une lueur de plaisir cruel traversant son regard…

Je cherche aussitôt désespérément la mienne à tâtons. En vain. Cette fois, c'est foutu. Je ne vais pas m'en sortir et Ginny non plus. Mais au moment où je ferme les yeux pour ne pas voir venir le Sortilège qui va bientôt nous frapper, ma Ginny et moi, une ombre bondit en criant au-dessus de nous et quand j'ouvre à nouveau les yeux, c'est Jugson qui vole en arrière…

« Ne bouge pas, Théo ! Je reviens m'occuper de vous deux dans une minute ! » s'exclame Marian, qui bondit en avant, en jetant un autre Sortilège

Ok… Je ne bouge pas.

Je ne risquerai pas d'aller loin de toute façon. Je commence à être dans un brouillard cotonneux et le courant d'air froid qui passe par ici, me pique les yeux. Je les ferme, pour plus de confort. Le poids de Ginny me réconforte. Mais cela m'inquiète qu'elle ne se réveille pas…

« Ginny… Réveille-toi ma princesse… » souffle-je, en caressant tendrement ses cheveux…

Ils sont tout emmêlés. Poisseux aussi, à cause de l'eau du Lac. Je sens quand même encore un peu leur odeur de pomme, sous celle de la vase. Ma Ginny respire doucement. Je sens son souffle léger chatouiller mon cou. Elle est vivante. C'est tout ce qui compte pour mon cœur. Les renforts sont là et on va nous soigner bientôt. Elle va guérir. Oui, elle va guérir. Il ne peut en être autrement.

Saleté de Brandburgy qui a tenté par deux fois de la tuer d'un Avada ! Il n'y aura pas de troisième fois. Si je viens à croiser de nouveau sa route durant cette guerre, je le tue. Il ne m'enlèvera pas Ma Ginny…

Non, il ne me l'enlèvera pas. Jamais. Je ne laisserai jamais personne me l'enlever…

J'entends les pas de Marian rouler vivement sur les cailloux. Il jette encore deux Sortilèges, puis son ombre tombe à nouveau sur moi. Il est essoufflé. Il a couru.

« Elinor ! Cho ! Par ici ! » l'entends-je s'écrier avec urgence.

Il pose sa main chaude sur la mienne qui est glacée.

« Théo ? Tu es toujours là, mon pote ? » demande-t-il, d'un ton inquiet…

« Ouais. C'est juste le vent qui me pique les yeux. Alors je préfère les fermer… » réponds-je, tandis que des pas s'approchent en courant…

« Ok. Fais comme ça, tu as raison. On s'occupe de tout, mon pote. » déclare Marian, en serrant brièvement mes doigts gourds…

Sa voix est douce. Elle chante presque comme une berceuse dans mes oreilles.

La bataille se calme on dirait. Ouais. Il n'y a plus que quelques Sortilèges qui fusent un peu plus loin…

Des gémissements de douleur et des pleurs aussi, au-delà des rochers.

Et des ordres, pour que les Ânes Bâtés se tiennent tranquilles.

Ils vont se faire renvoyer cette fois. C'est certain. Peut-être même qu'ils iront en prison. Quelle bande de cons ! Pourquoi ont-ils fait ça ?

« On s'occupe de Ginny d'abord. » déclare Marian, quand deux autres ombres viennent s'agenouiller auprès de Ginny et moi.

Un éclair de lumière jaune éclaire mes paupières closes. Je crois que c'est un Sortilège de Diagnostic…

Il y a un autre Sortilège après, puis un troisième…

« Va falloir laisser faire les pro, là... » souffle Marian, sur un débit rapide

Il est très inquiet, je l'entends au son de sa voix…

« Ginny… Qu'est-ce qu'elle a ? Dis-moi Marian ! » demande-je, la gorge brusquement serrée, en m'agrippant à la robe de Ma Ginny…

« Ça va aller, mon pote. Ginny va s'en tirer rassure-toi. C'est juste qu'elle a reçu plusieurs maléfices et que son épaule est salement fracturée. On ne peut pas réparer ça nous même. Alors lâche-là, vieux, faut qu'on l'emmène à l'infirmerie… » répond Marian, d'un ton doux, presque rassurant, en essayant de détacher mes doigts

Mais ils sont trop serrés, malgré le coton qui les envahit de plus en plus…

Comme le reste de mon corps.

« Allez Théo, laisse nous faire… Nous allons prendre grand soin d'elle, c'est promis. » m'encourage Elinor, en passant une main douce sur mon front…

« Ok… » accepte-je, au bord des larmes…

Marian ne m'a pas tout dit. C'est plus grave qu'une épaule cassée. Je le sais bien…

« C'est bon, on peut la bouger, maintenant. Retourne là doucement, Elinor. Voilà, immobilise-la bien dans un Brancard enveloppant, Cho. Prends soin que sa tête ne bouge pas d'un poil et emmène-là vite fait à Poudlard. » murmure Marian, tandis que je sens qu'on soulève ma Ginny…

Dès que mon corps est libéré de son poids, je frissonne. Je me sens plus glacé que jamais. Engourdi. Embrumé. Epuisé aussi. Mais je ne veux pas perdre conscience. Je ne veux pas m'endormir, aussi longtemps que je ne serai pas rassuré sur l'état de santé de Ma Ginny…

Un éclair jaune… Cette fois c'est moi la cible du Sortilège de Diagnostic…

« Toujours là, Théo ? » me demande Elinor, de sa voix la plus douce…

« Oui… » souffle-je, en ouvrant à peine les paupières, que je sens se gonfler peu à peu…

Je les referme aussi vite. On dirait qu'elles font rouler du sable sur mes yeux. Ça pique et ça brûle terriblement. Je dois avoir pris un Maléfice de Conjonctivite ou quelque chose comme ça…

« Bien. Faut rester avec nous. Ne t'endors pas surtout. Ce n'est pas le moment. » déclare Elinor, en caressant mes cheveux, tandis qu'un autre Sortilège est jeté sur moi…

« C'est bon, mon pote. Tu es un peu en hypothermie et tu as une légère commotion cérébrale mais ça va vite s'arranger. Pour le reste aussi ça ira bien. Tu t'en sors pas mal du tout, vieux. Elinor va te faire prendre une Potion ou deux et te filer un Sortilège de Réchauffement avant de t'emmener voir Pompom…» explique Marian, avec un sourire dans la voix…

Ouais, là je le crois. Je ne suis pas en grande forme c'est sûr. Mais je ne me sens pas près de partir.

Elinor s'active et je la presse de m'emmener vite.

Je veux vite être auprès de Ma Ginny…

C'est tout ce qui compte à mon cœur…

OoOoOoO

Draco

Les derniers fracas de l'attaque s'éteignent peu à peu, à mesure que les Ânes Bâtés se font avoir par les septièmes venus à notre secours. Pour ma part, je jette l'éponge. J'en ai fait assez pour le moment et j'ai besoin de souffler un peu. Et puis je suis gelé jusqu'aux entrailles, avec mes vêtements tout trempés…

Je jette un coup d'œil à la ronde, en revenant vers la berge du Lac, poussant devant moi Robert Ramsey, que j'ai capturé alors qu'il essayait de se carapater vers la Forêt Interdite…

Quel carnage, putain…

Nous avons été faits comme des rats. Pris en tenaille entre le Lac glacé et les Ânes Bâtés. Ces petits salopards ont descendu la moitié d'entre nous, avant que nous ayons pu riposter. Et un autre quart l'a été, alors que nous sortions péniblement de la flotte, remontant avec nous les blessés, pour les mettre assez haut sur le rivage, afin qu'ils ne soient pas emmenés par les grosses vagues provoquées par le Calmar Géant…

Petit fumier de Brandburgy !

J'espère qu'il se fera bien profondément enculer par Voldemort tiens ! C'est tout ce qu'il mérite le saligaud ! Graine d'assassins !

Des remous violents, du côté du Lac attirent soudainement mon attention. Le Calmar est énervé. Non seulement il a été salement blessé par je ne sais quoi, mais en plus il a dû se prendre en prime quelques Maléfices perdus. Je doute qu'ils aient pu lui faire beaucoup de mal, mais sûr que ça l'a foutu en rogne.

Un tentacule surgit brusquement de l'eau, à demi-enroulé autour d'un corps qu'il fait un peu tournoyer, avant de le rejeter avec brutalité vers la berge.

C'est probablement celui de l'Âne Bâté dont je l'ai vu se saisir tout à l'heure, au tout début de l'attaque…

Le corps tombe lourdement, puis roule deux ou trois fois sur lui-même sur les cailloux, avant de s'immobiliser à deux pas de Ramsey et moi-même. Ce n'est pas celui d'un garçon, comme je l'ai pensé tout à l'heure, mais celui d'une fille. Je pousse Ramsey dans sa direction et d'une pression ferme et brutale sur son épaule, je le flanque à genoux auprès du corps, avant de me pencher et de dégager les longs cheveux blonds qui masquent le visage…

Ramsey émet un hoquet. Carla Patroni. Une Ânesse Bâtée pure et dure. Sa famille est pro-Voldemort, depuis la première guerre. Et elle est morte. Noyée dans les eaux glacées du Lac Noir, par le Calmar en colère.

A moins que ce ne soit d'hypothermie…

Et je crois bien qu'elle était la petite copine de Ramsey.

« C'est la fille avec laquelle tu fricotais, non ? Regarde où tout ça l'a menée et dis-moi maintenant Ramsey, toujours content d'avoir obéi à cette lopette de Brandburgy qui vous a laissé tomber au moment où ça a commencé à tourner vinaigre pour vous ? » crache-je, avec colère et mépris…

Ramsey ne répond pas. Il n'est plus aussi fier qu'il l'était il y a quelques secondes encore. Il est pétrifié maintenant. Son regard reste fixé sur la dépouille de Carla Patroni.

Et je n'ajoute rien. Je me contente de l'inciter à se relever en le tirant brusquement vers le haut et je le pousse cette fois en direction des Ânes Bâtés rassemblés par mes amis, laissant mon regard courir autour de nous, tandis que j'avance.

De tous côtés, nos renforts commencent à s'activer auprès des blessés. Hagrid est entouré de Ben, Gabe et Philippa, qui ont l'air très inquiets pour lui. Hugh immobilise Colin dans un Brancard enveloppant, avant de courir en le faisant Léviter devant lui. Puis c'est Cameron qui en fait autant, avec Swan Griffin qui me semble très salement mal en point…

Un peu plus loin, Kate a les deux jambes fracturées, les yeux de Martha sont bandés, Geoffrey et Stuart semblent en proie à une sacrée fièvre de cheval, Cygnus tousse et crache comme un crevé et rejette dans des hauts le cœur puissants, des choses immondes et gluantes…

Quant à Victoria et Karl, plusieurs élèves s'affairent autour d'eux, pour stopper les hémorragies de longues et larges plaies ou envelopper des brûlures profondes. C'est le cas aussi pour Diamond Casey, dont le corps secoué de frissons est vivement réchauffé d'un Sortilège avant d'être enveloppé dans un Brancard.

Les secouristes posent aussi pas mal d'attelles sur des membres fracturés. Des fractures ouvertes. Celles de Dan McAllister, ne sont vraiment pas belles à voir. Ses deux jambes et ses deux bras sont hérissés d'esquilles d'os qui lui déchirent la peau et il gémit à fendre l'âme…

Comment des cinquièmes années ont pu causer de telles blessures ?

Putain ! Ils ont dû être entraînés à jeter ces Maléfices depuis longtemps. Ça ne fait aucun doute dans mon esprit…

Ouais… Ils ont été entraînés à ça. Par leurs parents. Comme je l'ai été. Par mon Géniteur et par Bellatrix…

Mon regard tombe sur Blaise. Il sort de derrière des rochers, soutenant son poignet gauche. Il s'arrête et son regard parcourt les environs. Un peu hagard. Puis il titube vers Croquemitaine qui gémit et pleure et se laisse tomber à genoux à côté de lui. Il lui caresse la tête et je le vois soudainement s'allonger, contre son flanc…

Mon pote ne va pas bien du tout, pour réagir comme ça…

« Greg ! Viens avec moi ! » demande-je, en laissant Ramsey sous la garde d'Elys March, Keith Petrie, Nathanaël Johnson et quelques autres septième, qui ne risquent pas de les laisser s'échapper ses comparses et lui…

Ils ont l'air d'avoir la haine. Leurs regards assombris, leurs mâchoires crispées.

« T'es blessé dans le dos, Draco ! Faut te faire soigner ! » s'exclame Greg, dès que je tourne les talons, pour rejoindre Blaise…

« Ce n'est rien, Greg. Juste une égratignure… » assure-je, me souvenant à peine comment c'est arrivé…

Un Maléfice m'a frôlé et quand j'ai reculé, mes vêtements se sont déchirés sur l'arrête d'un rocher, je crois. Peu importe. De toute façon, cela n'est pas grand-chose. Ça picote à peine et il n'y a vraiment pas de quoi en faire tout un plat.

Il sera bien temps de s'occuper de ça plus tard. Il y a bien plus urgent…

Greg se porte à ma hauteur et nous courrons à demi vers Blaise, sous les premiers petits flocons de neige qui tombent du ciel, tandis qu'au loin, la récréation de dix heures trente sonne et que Cho sort en vitesse de derrière les rochers, un Brancard enveloppant au bout de sa Baguette.

Oh merde ! C'est Ginny qu'elle emmène ! Elle a une minerve autour du cou et même sa tête a été immobilisée complètement dans un carcan. Cho jette en passant à Magnus, de venir avec elle, pour la relayer quand elle ne pourra plus courir…

« C'est grave ? » m'enquiers-je, le cœur soudainement très lourd, revenant en arrière, pour courir à ses côtés …

« Deux vertèbres cervicales brisées, sans compter tout le reste. Elle est drôlement mal en point et faut vraiment que je fasse vite là ! » grimace Cho, en redoublant sa course, tandis que je stoppe la mienne…

Putain ! Des vertèbres brisées. C'est mauvais ça. Très mauvais…

« Il va nous falloir Richard… » murmure-je, ma main gauche partant déjà à la recherche du Miroir Magique du C.C.S.A.B.P.M., qui me maintient en liaison avec Harry…

Il est à la Base d'Espionnage du QG. Il va pouvoir alerter Richard très vite…

Mais alors que je vais activer la liaison, le Calmar rugit avec colère et jette une grosse gerbe de flotte glacée en direction des Ânes Bâtés prisonniers. Des gouttelettes tombent sur mon Miroir et je l'essuie machinalement sur ma robe, en regardant une nouvelle fois autour de moi…

Ouais, il nous faut Richard. Mais pas seulement lui. Pompom et Richard, ce ne sera pas suffisant pour soigner tout le monde. Il nous faut un max de renfort.

Et j'active mon Miroir, courant de nouveau vers Blaise avec Greg, en tâchant de réguler mon souffle, qui est un peu court…

Le froid sans doute, me dis-je. Il est si vif, qu'il me bloque la respiration et je commence à claquer sérieusement des dents…

« Oui ? Que se passe-t-il ? » demande Harry, avec urgence…

« Harry ! Préviens Richard, Mondingus et Tantine Augusta qu'on a besoin d'eux de toute urgence à Poudlard ! Tante Molly et ma mère aussi ! Il y a eu une attaque au bord du Lac ! Toute la classe de SMC a sacrément morflé ! Il y a des blessés graves ! Très graves ! Il nous faut le max de monde ! » m'exclame-je tout aussi urgemment…

« Je m'en occupe ! » entends-je Ron s'exclamer, au-delà du Miroir…

Est-ce que je dois lui dire pour Ginny ? Non… ça va me coûter du temps et du souffle que je dois garder pour amener des blessés là-haut le plus vite possible…

« Merci ! Je reprends contact plus tard ! » m'exclame-je donc, mettant fin aussitôt à la liaison, en me promettant de rappeler Harry et Ron, dès que je serai arrivé à l'infirmerie…

« Blaise ! Comment tu te sens mon pote ? » demande-je, avec une vive inquiétude, en m'agenouillant un peu brutalement aux côtés de mon ami…

Descente de l'adrénaline. Mes genoux ont lâché et durement cogné sur les cailloux. Mais je m'en tamponne le haricot. Blaise est gris. Il tremble de tous ses membres et il claque des dents, bien plus que moi…

« Moi ça va. Juste froid, une fracture du poignet et un peu mal à la tête. Mais j'ai connu bien pire n'est-ce pas ? C'est Croquemitaine qui ne va pas bien. Occupe-toi de lui. Je ne peux pas le faire, avec mon poignet cassé… » répond-il, en tournant vers moi un regard un peu vitreux…

J'examine son visage de plus près. Son front et les ailes de son nez perlent de sueur. Il a de la fièvre. Et il saigne au niveau de sa tempe aussi. Tout à coup, je m'aperçois également qu'il a un petit trou aux bords irréguliers juste au-dessus. Et quand j'y regarde de plus près, je frémis d'horreur…

Putain ! Le trou semble assez profond et je jurerai qu'il y a quelque chose qui ne devrait pas y être dedans ! Et puis il y a aussi du liquide qui lui sort de l'oreille !

Bordel ! Mon pote a une fracture du crâne ! Ça c'est une urgence ! Une sacrée urgence !

« Tiens-toi tranquille, Blaise. Je te mets dans un Brancard et je t'emmène à l'infirmerie ! » déclare-je, avec une vivacité que j'adoucis du mieux que je peux, afin de ne pas l'inquiéter…

« Non, c'est bon, t'inquiète pas de moi. Ça va bien. Je t'assure. Occupe-toi plutôt de Croquemitaine. Lui il en a besoin. » répond Blaise, en me repoussant mollement, avant de tourner son regard vers le chien de Pa.

Son regard s'éclaire brièvement d'un éclat joyeux et il ajoute sur un ton guilleret : « Oh ! Regarde, il y a des lucioles qui dansent autour de lui. C'est joli, hein ? »

Il commence à divaguer…

C'est la fièvre ou sa fracture du crâne qui fait ça ?

Les deux, me souffle une petite voix à l'intérieur de ma tête.

« Greg va s'occuper de Croquemitaine, Blaise. Il va l'amener à Vincent… » déclare-je, avec le plus de douceur possible, en ajustant déjà le Brancard autour de mon pote…

A mes côtés, Greg acquiesce et il hèle Megan qui vient d'en finir avec un autre élève, pour lui demander de faire un Brancard Enveloppant pour le chien de Pa, car il ne sait pas le faire…

C'est vrai qu'il n'est pas bien, Croquemitaine, réalise-je, lorsque je jette un bref coup d'œil vers lui. Mais je ne m'attarde pas. Je sais que Vincent est le mieux placé pour le guérir et je soulève déjà le Brancard de Blaise avec un sort de Lévitation.

Et je me presse vers le sentier, notant machinalement en passant à côté d'eux, que les Ânes Bâtés, bien que trempés, les lèvres bleues et tremblants de froid, échangent des regards fiers et satisfaits, en voyant passer le défilé de Brancards…

Je me charge de leur faire ravaler ça à la première occasion ! me promets-je, en me pressant, vers le sentier menant au Château

Je n'ai pas fait vingt mètres cependant, que je réalise que cela va être dur de grimper jusque là-haut, avec ma robe et mon froc trempés. Mon regard tombe de nouveau sur la tempe de Blaise, puis il glisse sur le liquide qui s'échappe toujours de son oreille. Ça va être dur, oui. Mais je vais le faire. Je vais réussir à atteindre le château.

Ouais ! Je vais le faire pour Blaise. C'est mon ami et je vais le sauver !

Et je cours. Comme les autres sauveteurs. Ceux qui me précèdent et ceux qui me suivent. Je cours machinalement, sentant mes jambes devenir de plus en plus lourdes et molles à la fois, à chacun de mes pas. Je perds progressivement du terrain sur Claryce, que je bats pourtant à la course plus qu'aisément d'habitude.

Je commence aussi à voir des mouches. Putain. La grimpette est vraiment dure. Je n'avais jamais réalisé à quel point jusqu'ici.

Mes efforts ne me réchauffent pourtant pas. Je reste gelé. Mon cœur cogne sourdement dans ma poitrine. Je trébuche parfois. Mais je cours toujours. Pour mon pote. Pour qu'il soit sauvé. Je cours. Avec tout mon cœur. Heureux arrivé au tiers du parcours, de voir arriver Nev avec d'autres copains sur des Balais, car ma main commence à trembler de fatigue et de froid à la fois et que le Brancard de Blaise tangue un peu à cause de ça…

« Eh ! Ursula ! Ma beauté ! Tu es venue me chercher ? Qu'est-ce que tu es belle ! Tu m'as manqué tu sais ! » s'exclame soudainement Blaise, alors que Nev se penche vers lui en lui demandant comment il va…

Putain !

Blaise hallucine de plus en plus ! Ça va vraiment mal !

« Je prends le relai, Draco. Et toi, grimpe derrière Lav… » déclare aussitôt Nev, en jetant illico un Sortilège de Lévitation sur le Brancard…

J'acquiesce d'un simple signe de tête, lâchant mon Sortilège aussitôt le sien a-t-il pris le relai. Et je grimpe maladroitement derrière Lavande, mes quatre membres secoués de frissons, la pressant de rattraper Nev, qui n'a pas attendu que je sois en place pour partir. Devant nous, Dean a pris le relai de Claryce et Seamus celui de Cameron. D'autres en font autant derrière et c'est bientôt une procession de Balais, qui emmènent les Brancards…

Les Grands Portes sont ouvertes, quand nous arrivons au Château. Elèves et professeurs font la haie, dans les escaliers et les couloirs, pour nous laisser passer. Les nombreux regards que je croise à peine sont vivement inquiets. Puis je vois Dennis courir à toute vitesse pour tâcher de rester à hauteur du Brancard qui emmène son frère, mais il se fait rapidement distancer. Alors je me penche pour le chopper en passant…

Nous sommes légers, Lavande et moi. Et Dennis est aussi un poids plume. Le Balai supportera bien notre poids à tous les trois, n'est-ce pas ?

Mais moi j'ai du mal à soulever Dennis. Mes bras sont mous et raidis par le froid. Ils tremblent trop. Et finalement Dennis fait tout le boulot, en s'agrippant à mon épaule et en sautant derrière moi…

Lav file entre les murmures qui enflent. Et enfin elle prend un dernier virage et nous arrivons à l'infirmerie. Elle stoppe et se gare pour laisser passer les autres. Je descends aussi vite que je le peux de son Balai. Mais mes membres transis sont de plus en plus maladroits et je manque me ramasser la figure. Je ne dois mon salut qu'à Dennis qui m'aide à me rattraper. Puis je m'engouffre derrière Mathilda, qui amène Sophie Faucett…

Et j'ai la surprise de tomber sur Ron, à peine suis-je entrée. Comment peut-il être déjà là ? Ginny vient seulement d'arriver…

« Comment t'as su pour Ginny ? » demande-je aussi sec, en stoppant net devant lui.

Un éclair blanc vif traverse soudainement mes yeux et je vacille. Ron me saisit le coude et me permet de me stabiliser sur mes jambes…

« Parce que tu ne nous a pas rassurés à son propos. Mais ne parlons pas de ça, vient plutôt t'allonger. Tu n'as pas l'air brillant du tout… » dit-il en même temps, avec douceur…

« J'allais te rappeler pour te le dire, tu sais. Mais fallait que je garde mon souffle pour ramener les blessés ici en vitesse… » murmure-je, en passant une main dans mes cheveux, avec un ton d'excuse…

Je me sens terriblement las tout à coup. Transis et flageolant. Je brûle de froid à l'intérieur. J'ai l'impression que petit à petit, ma cage thoracique prend feu et que tous mes os se congèlent. Mon ventre commence à se tordre un peu de douleur également…

Et je me sens un peu lâche aussi, de n'avoir rien dit à Ron tout à l'heure. Décidément, c'est une habitude chez moi. J'ai fait comme ça avec Blaise aussi. Je ne lui ai pas dit, qu'Ursula était morte. Oui, je suis lâche. Dès qu'il y a une mauvaise nouvelle à annoncer à un pote, je me défile…

« Je sais. Mais à ta manière, tu nous as dit que Ginny était blessée, Draco. Je l'ai deviné, car tu ne nous as pas rassurés à son propos et que tu as demandé que ma mère vienne, ainsi que la tienne. Alors ne te fracasse pas la tête avec ça. Il n'y a aucune raison de le faire. Allons viens. Tu es tout pâle, cerné, épuisé et complètement gelé. Faut te mettre au lit et te soigner, mon ami… » répond Ron, en posant sa main sur mon épaule.

Je frisonne de la tête au pied. C'est convulsif. Et je n'arrive pas à bouger. Mon regard se brouille une nouvelle fois d'un éclair blanc éblouissant. Et sans crier gare, Ron saisit ma frange et la soulève, puis il m'attrape comme une plume et me mène dans un lit, avant de jeter deux ou trois Sortilèges. Et il appelle Bill qui rapplique en vitesse. Ils me déshabillent complètement et me couvrent. …

Je ne comprends rien à ce qu'ils murmurent, mais je me reçois encore deux Sortilèges…

« Il est stabilisé. Frictionne le vigoureusement avec ça, en attendant que je revienne. Et donne-lui ces Potions dans trois minutes exactement… » déclare Bill, avant de partir dans une envolée de rideau…

« Qu'est-ce que j'ai ? » demande-je à Ron, vaguement inquiet, tandis qu'il me découvre …

Ça ne peut pas être si grave. Je n'ai reçu aucun Maléfice…

« Rien qui ne puisse être soigné. Faut juste qu'on te réchauffe. Allez, détends-toi et si tu t'endors, laisse-toi aller. Je te filerai les Potions par les narines… » répond Ron, qui me frictionne vigoureusement le corps avec une Potion.

Ça me réchauffe la peau. Mais l'intérieur de moi reste glacé comme un cadavre, me dis-je soudainement…

Tiens. En pensant à ça, à part Carla Patroni, je ne sais pas s'il y a des morts. Mais je ne suis pas sûr de vouloir le savoir maintenant. En tout cas, j'espère bien que non, il n'y en a pas. Et qu'aucun des blessés ne va mourir…

Blaise. Ginny. Comment vont-ils ? Richard va les sauver n'est-ce pas, maintenant qu'ils sont ici.

Le visage tout gris de mon pote me traverse les yeux. Et j'entends sa voix me dire de ne pas m'occuper de lui mais de Croquemitaine…

« Pa… Faut que je lui dise que Croquemitaine a été blessé lui aussi. Je l'ai fait mener à Vincent par Greg… » murmure-je, avant de boire docilement les Potions que Ron me fait ingurgiter…

De la Pimentine. La seconde, je n'ai pas eu le temps de voir ce que c'est et je suis sûr de n'en avoir jamais bu auparavant. La troisième, c'est de la Potion de Sommeil. …

« T'inquiète, je lui dirais. Faut que tu dormes maintenant… » répond Ron, tandis que je me sens déjà piquer du nez…

Mais je réalise soudainement qu'il y a quelqu'un dont je veux absolument des nouvelles tout de suite…

« Théo… Je n'ai pas vu Théo… Où est-il ? » demande-je, en me redressant tant bien que mal, pour le chercher des yeux.

Je lutte pour qu'ils restent ouverts. Mais je ne peux rien voir. Les rideaux de mon lit sont fermés…

« Théo est arrivé quelques secondes après toi et Harry s'occupe de lui. Ne t'inquiète pas. Il n'avait pas l'air trop blessé. Allez, dors maintenant. Tu l'as bien mérité… » répond Ron, en m'incitant à me rallonger, d'une douce pression sur les épaules…

Pourquoi veut-il tellement que je dorme ? me demande-je soudainement…

Mais je n'ai guère le temps de m'appesantir sur cette question, car les brumes du sommeil m'emportent rapidement…

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